Immédiatement, j'avais repris tout ce dont j'avais besoin ; deux fioles de potion pare-feu, une pour le bois et une pour moi, ma veste dont la poche agrandie abritait une bonne partie de mes instruments de récolte et finalement, un caillot d'élixir d'Ailuro...

Bien sûr, j'avais du le diluer pour lui permettre de retourner à son état liquide, mais je ne pouvais qu'espérer que les effets n'en seraient pas trop affectés. 'Allez, demain au moins, je pourrai dormir' me dis-je en rebouchant l'entrée de l'entrepôt ; cette fois-ci, il n'y aurait qu'une marche arrière, et ce serait avec les réponses à es tests dans mes mains, qu'elles soient brûlées, balafrées et sang ou en cendre !

Ma vision était plutôt mauvaise et des tâches noirs apparaissaient de ci-delà avant de disparaître au profit d'autres... mais ça ne m'empêcherait pas de continuer. J'étais donc arrivée devant la même clairière et, cette fois-ci, comme lorsque j'avais fuis dans les bois avec mamie, seules des flammèches résiduelles brûlaient le tapis de feuilles mortes. 'Non ! Concentration ! Reste concentrée !' m'ordonnai-je intérieurement avant de sortir tout ce dont j'aurais besoin.

- « Santé, professeur. » murmurai-je avant de boire le contenu de ma fiole d'un trait puis, juste pour être sûre, j'ignifugeai mon corps, mes vêtements et espérai que ça marcherait aussi pour la pauvre paille qui servait de cheveux. J'avais très froid à présent et avec ma vision défaillante, j'aurais été tentée de dire que j'étais à deux doigts de tomber dans les pommes, mais il y avait dans ma tête quelque chose qui me poussa à m'approcher des dragons stupéfixés quand mon cerveau me disait de me barrer, à poser les morceaux de bois un peu moins d'un mètre devant le museau de l'un d'eux quand la simple idée de revoir des flammes, entendre des cris ou même être déchiquetée étaient purement et simplement refoulées.

Je devais le faire, j'avais à le faire.

Énervatum

murmurai-je en pointant ma baguette vers un endroit 'tendre' ; les yeux. Ils s'ouvrirent lentement. Clignèrent plusieurs fois. Un grondement retenti puis les flammes m'engouffrèrent. J'avais peur... ou peut-être pas... non, si ; j'avais peur. J'étais même terrifiée ; c'était comme avec le Feudeymon... mais je devais garder la tête froide ! Ce n'était pas pour ma survie !C'était pour un projet plus grand, plus ambitieux, moins égoïste donc noble et juste !

C'était comme une explosion qui m'envoya en arrière au milieu du sol enflammé mais rapidement, des cris arrivèrent à mes oreilles ;je pris immédiatement les morceaux de bois, mais me rendis compte qu'il n'y en avait plus qu'un seul ; celui de gauche avec le pare-feu... mais une fois derrière une butte, je pus me rendre compte de l'état exact de ce bout de bois.

Un liquide étrangement poisseux s'était répandu dessus et, là où il y en avait la plus grande quantité, le bois était devenu totalement noir ; je grattai à cet endroit là et vis qu'il n'y avait plus que du charbon. Cette chose avait dissout la solution de pare-feu !

Je me retins de jurer ; je ne pouvais pas laisser le balai à la merci de ce liquide ! J'avais déjà trop travaillé sur cette protection, je ne pouvais pas m'avouer vaincue !

Mais j'étais encore dans une impasse ! La pare-feu empêchait le choc de température mais ne résistait pas au liquide inflammable. L'Impervius le faisait, mais l'accumulation des deux était impossible...

- « Charlie ! » cria soudainement une voix. « Le Magyar saigne ! »

- « Mince ! Bon, occupez-vous du Boutefeu, je vais chercher de quoi faire. » répondit l'autre. En effet, maintenant qu'il y avait un peu plus de lumière, je parvenais effectivement à distinguer une silhouette énorme et noire pas loin de celui que j'avais réveillé.

C'est alors que je me rendis compte de quelque chose, à l'endroit où une espèce de liquide sombre s'étalait sur, le sol, le feu ne s'était pas propagé et, une étrange fumée blanche semblait s'échapper des bords... Est-ce que c'était le sang en question ?

Lentement,je contournai quelques arbre et me dépêchai d'approcher du 'Magyar' ; il y avait effectivement un îlot qui n'avait pas été brûlé. Soudain, une idée me vint ; et si j'imprégnai le balai de sang de dragon ? C'était fou et dangereux... surtout pour moi... et le dragon... mais il fallait tenter.

Heureusement, j'avais toujours dans ma poche des fioles, chaudrons, alambiques et outils, mais j'avais peut-être vu un peu petit pour un moment pareil... Sans perdre de temps, je jetai un sort d'extension sur l'une de mes fioles puis un Accio sur le sang du dragon qui commença à sortir en grande quantité de la plaie. Assurément,celui sur le sol vint avec, et, après dix secondes, je stoppai mon sort et fuis dans l'ombre de la forêt avec la solution tant attendue.

Je serais sans doute allée me coucher... en temps normal, mais avec unetelle panacée dans les mains et si peu de temps devant moi ; je me mis au travail de suite ! Un bac rectangulaire que j'avais agrandi et rempli avec le sang de dragon, le balai plongé dedans... et maintenant, il n'y avait plus qu'à espérer... mais juste pour être sûre, je fis usage d'un autre morceau de bois que je fis tremper dans le même récipient.

En temps normal, j'aurais d'abord procédé au traitement seul du morceau de bois, mais avec un délai si réduit, je ne pouvais pas me permettre de prendre plus longtemps. Malheureusement, à partir de ce moment là, il ne me restait plus qu'à attendre alors, je tentai de dormir ; trois heures plus tard, mes yeux se fermèrent finalement mais, je ne pouvais pas me lever trop tard... donc, après quatre heures de sommeil, je me levai, mis mes vêtements après avoir vérifié leur bon état, et après une toilette expresse, me précipitai dans la Grande Salle où encore peu d'élèves déjeunaient.

- « Je tiens à rappeler, Miss Smithen, que les bagages doivent rester dans les dortoirs. » dit une voix traînante devant moi.

- « C'est que j'étais extatique à l'idée d'entendre le doux son des grains qui remontent dans le sablier des Poufsouffles. » répondis-je après avoir avalé ma gorgée de jus de citrouille.C'était saoulant de lui répondre à chaque fois... lourd de lui lancer des pics... de me justifier... j'avais des cernes et alors quoi ?! C'était pas ça qui allait faire de moi l'ennemi publique numéro un, non ?

- « Bonjour Smithen. » salua une voix graveleuse qui me coupa dans ma réflexion.

- « Bonjour professeur. » répondis-je en souriant faiblement au professeur Maugrey ; j'avais tellement hâte de voir si le sang avait marché...

- « Eh bien ? Vous comptez camper ici ? » grogna Maugrey en fixant Rogue de ses deux yeux.

- « Avec tout le respect que je vous dois, » commença Rogue dont les paroles étaient elle-même un venin plus corrosif que celui du basilic.« je m'apprêtais à assigner Miss Smithen à quatre heures de colle pour manque de respect envers un professeur. À partir de maintenant. » ordonna-t-il en tournant immédiatement ses yeux crispés vers moi. « Je suppose que vous savez où son les éponges... » ajouta-t-il quand je me levai.

- « Vu l'état des cachots, vous devez pas les avoir vues depuis bien longtemps. » ajoutai-je sans même réfléchir. 'ANDOUILLE!' me hurlai-je intérieurement. 'TU T'ENFONCES TOI-MÊME !'

- « Sept heures, Smithen ! » vociféra-t-il en plantant fermement ses deux mains à plat sur la table. « Vous allez récurer ses cachots pendant sept. heures. »

- « Malheureusement, vous devrez remettre les quatre autres heures à un autre jour car il se trouve que Miss Smithen a quatre heures de colle à passer dans ma classe. » intervint Maugrey d'un ton ferme. En réponse, le regard venimeux de Rogue glissa vers moi... personnellement, je ne savais pas trop si c'était un air soupçonneux ou de l'hostilité pure et simple... « Elle a blessé un élève pendant un entraînement. »

- « Le danger publique a encore frappé... » lança-t-il de sa voix traînante, son regard plus condescendant que jamais. « Très bien, vous ferez ces quatre heures lundi après les cours. Vous mangerez dans les cachots. » dit-il avant de tourner les talons ; il s'arrêta. « Et je veux deux rouleaux de parchemin demain matin sur les propriétés du sang de licorne. » ajouta-t-il en partant d'un pas décidé vers la table des professeurs. Si la peste et le choléra avaient eu un enfant, d'abord ils en auraient eu peur et ce serait lui.

Résultat des courses, j'avais passé la matinée entière à récurer, frotter, rincer, nettoyer des sols que les Serpentards s'amusaient à salir juste après... Cependant, leur lancer un sort de chauve-furie ou juste d'immobilisation pouvait me revenir plus cher qu'autre chose... alors pour être tranquille à midi, je m'étais éclipsée avec mon plateau au plus profond des cachots, là où seul le Baron Sanglant allait...

Sa conscience a pris le large,ne lui faites plus confiance ;

elle est barges.

Voilà ce que tout le monde en pense ;

Smithen ? c'est un drame !

Un danger, une tragédie.

On verse bien des larmes ;

Mais c'est parce qu'on en rit !

'J'ai toujours eu... beaucoup de chance... ' me dis-je fermant les yeux ; Un troll des montagnes mais pas lui !

- « Ouuu~ mais c'est la petite Serpentie ! » caqueta l'esprit frappeur en passant sa tête horriblement souriante à travers le bois de la porte.

- « Tu sais que le Baron n'est pas loin... » menaçai-je ; ça avait toujours marché...

- « Pas aujourd'hui Serpentie ; il est dans l'aile Sud. » expliqua-t-il avec en me tournant autour. « Alors, t'as des pétards ? »

- « Non. » répondis-je sans même le regarder ; plus vite je finirai de manger, plus vite je pourrais retourner chez le professeur Maugrey et à mon balai.

- « Des Amulettes Cocorico ? »

- « Non. »

- « Des bombabouses concentrées ? »

- « Non. »

- « Du tomb'oeil ? »

- « Non. »

- « Du sang de licorne~ ? »

Mes yeux s'ouvrirent en grand ; sont rire résonna dans mes oreilles.

- « Non. » répondis-je encore plus fermement ; je devais garder les idées claires ! Rester focalisée ! Le balai, le sang de dragon, le professeur et la sécurité de Potter. C'était tout ce que je devais avoir en tête ! Il ne m'aurait pas. Aucun d'eux ! Ni Rogue, ni McGonagall, ni Dumbledore et certainement pas Peeves !

- « T'en es sûuuure ? » demanda-t-il en faignant de nager sur le dos. « Alors, t'allais faire quoi dans le château le soir ? » demanda-t-il ; je sentis de la sueur couler le long de mon dos ; merde ! « Un nouveau hobby ? Une fringale du soir ? Des amiiiis ? » demanda-t-il en plantant son immonde tête devant la mienne. « Ah ! Mince ! Mauvaise taquinerie ; t'en as pas. » dit-il en faisant semblant de rayer quelque chose dans un livre.

- « Au revoir Peeves. » dis-je en me levant ; j'avais enfin fini mon assiette. Ce n'était pas le moment de penser à ça. J'avais du travail, quelqu'un qui comptait sur moi. Je n'avais pas le droit de flancher ! Potter, sang de dragon, balai !

Mais malgré mon silence et mes efforts pour rester calme et supporter cette énergumène, je sentais de la colère monter en moi mais aussi de la tristesse car, une partie de moi savais bien qu'il avait en partie raison... enfin, pour mes trois premières années... mais maintenant ; je n'étais plus seule... Un sourire s'étala sur mon visage ; j'étais enfin dans l'aile sud.. en espérant que le Baron y soit toujours...

Malheureusement, je ne le trouvai pas ; je je pouvais pas me permettre de rester trop longtemps à errer dans les couloirs,j'aurais fini par tomber sur Rogue... Après un bon moment, je vis un groupe de première années passer à côté de moi et tous, sans exception, portait un insigne vert criard sur leur robe de sorcier ;

À BAS POTTER

Calvorio

murmurai-je en les fixant du regard ; un instant plus tard, des masses de cheveux tombèrent au sol et un rire suraigu émergea de derrière moi ; mission accomplie. Je profitai du moment pour me défiler et, grâce à quelques raccourcis, je me retrouvai bientôt devant la porte du cours de Défense contre les forces du mal.

- « Par Merlin ! J'ai pas pris mes affaires ! » m'exclamai-je en me retournant.

Soudain, je sentis mes pieds quitter le sol et être tirée rapidement en arrière ; la porte se referma devant mon nez. Immédiatement, je me retournai et vis le professeur Maugrey dans l'entrebâillement de la porte qui menait à son bureau ; il descendit les marches.

- « Allez Smithen, y'a encore du boulot. » grogna-t-il en me faisant signe d'approcher ; j'obéis.

- « J-j'ai oublié mon matériel... » répondis-jeun peu gênée mais il n'y prêta pas attention et me poussa vers les escaliers que je montai et finalement, dans son bureau ; toutes mes affaires y étaient.

- « Je ne savais pas vraiment de quoi vous auriez besoin,alors j'ai pris le bac et tous les outils que j'ai trouvé. » grogna-t-il alors que je vérifiai si tout était là. En effet, il avait pris tous mes outils, dont beaucoup qui ne me serviraient pas vraiment pour cette opération, mais au moins, je ne manquerais de rien...

- « Merci. » murmurai-je avec un sourire avant de me remettre au travail. Je n'avais jamais vraiment travaillé avec quelqu'un à côté de moi... encore moins un professeur... ou du moins, pas sur des sujets hors programme... Mais étrangement, ça ne me dérangeait pas tant que ça... au contraire, j'avais l'impression d'être importante... de savoir parfaitement ce que je faisais ; d'avoir finalement carte blanche... d'être libre...

Clac.

Je me retournai et vis le professeur passer le seuil de sa porte ;il s'arrêta.

- « Je vous confie le bureau » grogna-t-il simplement avant de refermer la porte. Une fois de plus, j'étais seule... mais même s'il faisait tout aussi sombre que dans mon entrepôt ; rien ici, à part mes outils n'était à moi... mes habitudes, les endroits où je rangeais certains outils, tout était bouleversé... mais ça faisait du bien...

Je continuai donc mais, après avoir sorti le balai et morceau test du bac et les avoir laissé sécher, je me rendis compte d'une chose ; le sol était totalement recouvert de bois et il me fallait tester la résistance du bois 'imbibé' au feu...

Je répugnai à l'idée de déplacer des affaires du professeur...mais si je ne le faisais pas, je risquais de les abîmer... je mis un bon moment avant de me décider ; plutôt bouger des affaires et les mettre en lieu sûr, que de devoir expliquer pourquoi l'une d'elle a été endommagée !

Cette opération me pris environ trois quarts d'heure tellement il y avait de chose à déplacer ; il y avait ce que j'avais cru reconnaître comme étant des détecteurs à magie noire, j'en avais vu un très ancien chez Barjow mais il l'avait rangé dans le sous-bassement car il était totalement affolé. Il y avait également beaucoup de malles différentes et extrêmement lourdes que je ne pus déplacer qu'à l'aide de sorts aussi, je me rendis compte, pour la première fois, qu'il y avait une glace à l'ennemi au mur... tous étaient si proches...

- « Allez ! C'est pas le moment ! » dis-je en déplaçant la dernière malle. Juste pour être sûre, je jetai un sort d'imperméabilité sur les objets les plus proches et le sol puis, une fois chose faite ; je m'attelai à mes tests.

Tous furent concluent, même si j'avais eu quelques réserves pour les réaction au choc de température... mais ça n'avais rien fait,le bois n'avait pas noircit, ne s'était pas fissuré et le plus important, le sang semblait faire à présent partie du bois et n'avait, contrairement à celui que j'avais vu sur les feuilles, pas fumé.

Cependant, il me faudrait tester les deux en présence du liquide que les dragons crachaient... Mais je ne pouvais pas le faire en journée... dragons comme gardiens... ils me verraient... Je décidai donc d'attendre que le soleil soit presque couché et en profitai pour écrire mes deux rouleaux de parchemin sur ce maudit sang de licorne.

Six heures, ma main était raide d'avoir trop écrit, mais devant l'enclos des dragons, il n'y avait plus de place pour les simagrées et enfantillages, ce serait sans doute ma dernière chance et je devais la saisir.

Une fois de plus, je bu ma potion de pare-feu et imperméabilisai mes vêtements avant de m'avancer, accroupie vers l'un des dragons. Une fois de plus, ils avaient été endormis.

Énervatum

avais-je murmuré et, un instant plus tard, mes yeux virent, entre les taches sombres, des yeux jaunes et brillants. Une fois de plus,un grondement se fit entendre et les flammes m'engouffrèrent. Cette sensation était familière mais contrairement à la dernière fois, il n'y avait pas cette peur de mourir... mais juste celle de ne pas réussir... de ne pas être à la hauteur...

Une fois de plus, des cris retentirent et, rapidement, je récupérai mon morceau de bois et vérifiai son état une fois à l'abri des regards derrière une vieille souche d'arbre ; il n'avait rien...bon, il fumait un peu... mais ça devait être une réaction normale quand en contact avec cette substance inflammable... Est-ce que je pouvais seulement espérer mieux ?

Oui, que ça marche aussi bien avec le balai... Après tout, il avait subi certaines préparations que le morceau de bois n'avait jamais connu... et, franchement j'espérais que ça ne change rien...

Les sorciers s'était un peu calmés alors, passant à un autre dragon, je rééditai l'opération mais cette fois-ci, ce n'était pas juste un léger sentiment d'inquiétude ; j'avais carrément la boule au ventre !

Les flammes m'entouraient, passaient entre mes cheveux et serpentaient entre mes vêtements mais je m'en moquai et, le regard inquiet, faisais de mon mieux pour garder mes yeux grand ouverts et fixés sur le balai... je n'avais plus le droit à l'erreur ! Plusieurs fois, mon cerveau divagua et s'imagina comment serait le reste de l'année si je ne parvenais pas à atteindre mon but, si je n'arrivais pas à satisfaire mes attentes... si je le décevais...

Tout à coup, les flammes s'arrêtèrent et, dans la nuit, je vis des ombres s'approcher en hurlant.

- « Charlie ! Là bas ! » hurla l'un d'eux en pointant vers moi ; immédiatement, je pris le balai et sprintai vers les bois.

- « Hey ! Vous là bas ! » hurlèrent plusieurs d'entre eux... mais je en me retournai pas et me mis à courir encore plus vite. Heureusement pour moi, ma petite taille fut un avantage et me permis de me glisser dans un tronc d'arbre qui avait sans doute pourrit de l'intérieur... il y avait d'ailleurs une odeur horrible qui me rappelait la fois où, Rusard m'avait assigné à l'éradication de Bandimons dans les cachots de l'école... quelle horreur !

- « Par Merlin ! On l'a perdu ! » dit une voix non loin de là où j'étais.

- « Flint ! Laisse tomber et vient nous aider ! »cria un autre qui semblait être bien plus loin. Après un moment et,au bout milieu de la débandade, je pris mes jambes à mon coup avec le balai à la main et ne m'arrêtai pour reprendre mon souffle que lorsque je pus voir la lune à travers les arbres ; l'odeur de brûlé, les claquements contre les carapaces et le son d'une flûte... j'étais déjà à côté de la cabane de Hagrid...

J'étais déjà à bout de force, mais je ne pouvais pas me permettre de rester sous les fenêtres de la cabane ; il aurait pu me voir... déjà que j'avais failli me faire chopper par les autres...

Au final, je pris sur moi et retournai à l'entrepôt en prenant bien soin de vérifier que je ne sois pas suivie...

Une fois le rocher en place, je marchai d'un pas lourd vers mon lit,laissai le balai sur une caisse et m'effondrai sur mon matelas.

- « Dormiiiiiir... » gémis-je en calant ma tête dans mon oreiller... Jamais je ne m'étais sentie aussi vidée... ou du moins, ça ne m'étais pas arrivé depuis des années... Toutefois, mon regard se sortit de l'ombre qu'octroyait le tissu et se posa sur le balai... je n'avais pas fini les vérifications... ni même refixer les cales pieds...

Je soupirai longuement et, après m'être laissé glisser hors du lit, je m'avançai d'un pas lourd vers la caisse, passé pas moins de deux à vérifier la moindre parcelle du manche, des cale-pieds que j'avais du refixer... des brindilles... Heureusement pour moi, mon jeu de tournevis n'avait pas fait partie des très nombreux outils que le professeur Maugrey avait réussi à trouver.

J'étais à bout, mais dans un élan de professionnalisme, je passai une heure de plus à tout vérifier une fois de plus... que toutes les visses soient au bon endroit, que les cale-pieds soient bien là où ils devraient êtres et, pour finir, je passai un coup de chiffon...

J'avais dû m'endormir sur ma chaise car, le lendemain, je me réveillai avec une tonne de courbatures, les yeux dans les chaussettes et seulement mes deux rouleaux de parchemin de fait pour Rogue...

Ce manquement, me valut d'ailleurs des gros yeux de la part de Flitwick qui, apparemment, n'avais jamais imaginé que je puisse ne pas faire mes devoirs... mais de toute façon, j'en avais rien à faire de son stupide livre et je savais déjà me servir de l'Accio ! Mais bien sûr, pour lui, il n'y avait que les livres qui pouvaient nous aider... ça et attirer des dictionnaires... mais ce n'était pas assez ! Il fallait se mettre en situation ! Se mettre en danger ! Tester les réactions.. mais bien entendu, on était juste en classe ici... on était pas dehors... on avait tout notre temps... un nombre incalculable d'essais... alors pourquoi se donner la peine de réussir du premier coup...

Enfin, à présent, mon travail était terminé et le balai de retour dans la chambre de Potter... Le reste ne dépendait plus que de lui et bizarrement, ça me rendis un peu triste... je n'avais plus de challenge... pas de limite à repousser... non, juste l'attente... et des cerveaux de crapauds à mettre dans la saumure... apparemment, j'avais échappé aux cerveaux de rats... bah, de toute façon, j'en avait déjà enlevé des murs... y'avait pire...

Le mardi matin, le jour du de la première tâche, Potter fut conduit, après le déjeuné, dans une salle, sans doute avec les autres champions... Quand aux autres ainsi que moi-même, nous fûmes tous amenés dans un stade qui avait sans doute été monté tôt ce matin. Le sol était constitué d'un unique bloc rocheux et escarpé en certains endroits. Ça n'annonçait rien de bon... et tous ces idiots qui riaient, se vantaient et disaient savoir ce qui allait se passer... à quel point ils me tapaient sur le système !

- « Oh ! Pardon. » s'excusa soudainement la personne qui venait de me bousculer ; Hagrid.

- « C'est rien. » marmonnai-je bien trop inquiète pour en avoir quelque chose à faire.

- « Alors, ils sont prêt ? » demanda-t-il alors ; je me retournai, ne sachant pas pourquoi il avait dit ça et, à ce moment, je vis un homme roux dont je reconnu immédiatement la voix ; Bill...

- « Oui, mais je pense que vous devriez faire une battue dans la forêt... » dit-il d'un air sombre.

- « Ah ? »

- « On a eu des problèmes avec les dragons... »

- « Ils ont blessé quelqu'un ? » demanda alors Hagrid.

- « Non, enfin... pas que je sache, mais y'avait une créature bizarre qui traînait autour de la clairière... elle passait son temps à les réveiller... on a eu un mal de chien à tous les calmer... surtout le Magyar... » ajouta-t-il visiblement agacé ; je déglutis.

- « Et ça ressemblait à quoi ? » demanda Hagrid avec un air absolument fasciné.

- « Je sais pas trop ce que c'était ; ça avait les yeux qui brillaient... et c'était rapide... on l'a perdu dans le noir... et ça n'avait pas peur du feu... » expliqua-t-il d'un air songeur.

- « Un Licheur ? » proposa Hagrid après quelques secondes.

- « Que ce soit un Erkling ou une Goule... le fait est, il y a quelque chose qui traîne dans cette forêt et il faudrait faire en sorte que les élèves ne soient pas en contact avec ... » ils'arrêta soudain et se retourna. « Ah ! Je dois y aller,ça va commencer. » dit-il avant de rejoindre les autres gardiens.

- « C'était flatteur comme comparaison... » grogna une vois derrière moi ; je me retournai pour voir Maugrey assis sur le banc derrière moi. Pour le coup, il avait pas tord ; un cochon démoniaque, un esprit à l'apparence horrible et un elfe mangeur d'enfants... ça laissait quand même un goût amère...

- « J'ai déjà eu pire... » répondis-je d'un ton las... j'avais pas vraiment la tête à m'énerver pour ça...

Pendant plusieurs minutes, j'attendis que quelque chose se passe et sus que la tâche allait commencer quand un grondement familier arriva à mes oreilles. Juste après, il y eu un tonnerre d'applaudissement quand Diggory entra dans l'arène... Mais tout s'arrêta quand un museau court sortis d'une cavité dans la roche ;Un Suédois à museau court ! J'avais lu quelques petites choses sur eux, mais les faiblesses restaient les mêmes que pour les autres ; les yeux.

Cependant, Diggory, qui tremblait comme une feuille, transforma une pierre en chien et parvint pendant quelques dizaines de secondes à la distraire, mais, quand il fut trop proche de l'œuf ; le dragon revint vers lui et cracha une quantité non négligeable de feu dans sa direction. Il parvint à l'éviter, et tenta de jeter un sort de conjonctivite au dragon, mais il rata sa cible qui bougeait trop vite. Beaucoup de sorts y passèrent, dont Oppugno et finalement, il parvint à prendre un œuf.

Cependant, il n'était pas sauf pour autant. Le dragon se déchaîna et tous hurlèrent quand le feu fut dispersé par les gardiens qui, de justesse, avaient réussi à sortir Cédric d'un mauvais pas ; je ne voyais pas bien d'ici, mais il semblait avoir été gravement brûlé...

'Rien que Pomfresh ne puisse réparer.. ' pensai-je en croisant mes bras sur mon torse ; je n'avais pas à me faire de soucis pour les autres ; seul comptait la performance de Potter et du balai que j'avais bidouillé.

Après ça, Delacour, la pimbêche du début d'année, endormi le Vert Gallois qui lui avait été attribué, mais dû se débarrasser de sa robe car, en ronflant, le dragon avait craché du feu. Elle réussi néanmoins à prendre l'œuf et, une fois de plus, beaucoup de couples se disputèrent à cause d'elle... c'était une Vélane... ou au moins à moitié...

À ce moment là, une question me vint à l'esprit ; est-ce que les adultes aussi avaient la même réaction ? Je me retournai alors un peu et cherchai dans la foule des personnes dont je pouvais voir l'expression... Hagrid ne semblait pas très affecté.. et n'avait apparemment d'yeux que pour le dragon... ou Madame Maxime... enfin, les deux semblaient immenses et redoutables.

Bon, Weasley, comme d'habitude était en train de baver... je crois n'avoir jamais été aussi heureuse de ne pas être assise devant lui et, au bout d'un moment... mon regard alla vers le professeur Maugrey... mais je détournai le regard quand le coup de sifflet résonna ; concentration !

C'était le tour de Krum et mon estomac se retourna contre moi. Je savais déjà ce qu'il allait utiliser en priorité ; le sortilège de conjonctivite. Je me rapprochai un peu plus pour voir et, quand le

Boutefeu fit feu et qu'une nuée ardente en forme de champignon fonça sur lui, je sentis mes jambes se redresser et me pousser en avant ; il s'était poussé du chemin.

Sans plus attendre, il lança le sort sur les yeux du dragon qui se mit à rugir et, de douleur, il frappa le sol de sa queue et piétina jusqu'à la plupart des œufs qu'il était sensé protéger. Profitant de cette situation, Krum se jeta entre les pattes du dragon et, le souffle coupé, je le vit ressortir avec l'un d'eux ; mon souffle revint et, quand il sortit et que le dragon fut emmené, je me rendis compte que je n'étais plus assise mais debout. Je me rassis immédiatement ; c'était le tour de Potter et il avait intérêt à profiter de mes améliorations !

Il entra bientôt dans l'enclos où le Magyar à pointes l'attendait en raclant les pics de sa queue contre les roches qui recouvraient le sol cependant, il semblait ailleurs comme s'il ce concentrait sur autre chose que le dragon ou même le publique...

Soudain, il leva sa baguette magique et lança son sort d'attraction ; maintenant, tout ce que j'avais à espérer, c'était que son sort était suffisamment puissant pour le faire arriver jusqu'ici avant qu'il ne finisse en pulpe sanguinolente.

Heureusement pour lui, le dragon ne fit rien, il ne représentait pas un danger pour ses œufs... pas encore... mais, il me parut devenir extrêmement blafard... peut-être avait-il peur que le sort échoue... ou que son balai se soit encore retrouvé dans le Saul Cogneur... ?

'Pas encore le Saul Cogneur..' priai-je en enfouissant ma tête entre mes mains. Mais soudain, une ombre passa au dessus de nos tête et,dans un sifflement aigu, l'éclair de feu fit son apparition sur le terrain puis s'arrêta à côté de Potter ; j'étais soulagée... partiellement soulagée...

- « Ne nous déçois pas... » vociférai-je au milieu de la foule en délire.

- « C'EST DE LA TRICHE ! » hurla un Serpentard.

- « VAS-Y HARRY ! » cria un autre.

Mais qu'ils soient pour ou contre lui, Potter ne semblait plus entendre quoi que ce soit. Il monta à une altitude vertigineuse et n'était, pour nous, pas plus gros qu'un grain de riz. Il resta là haut un moment puis, plongea en piqué ; le dragon le suivait des yeux et, au moment où les flammes commencèrent à émerger de la gueule de l'animal, il remonta en chandelle avant de décrire des cercles concentriques hors de portée du dragon.

Après un temps, il revint à l'attaque et échappa de peu aux flammes mais, en changeant de trajectoire, il n'avait pas fait attention à la queue hérissée de pointes acérées qui, de ce que j'avais pu voir, lui avaient au moins égratigné le bras. Il ralentit alors un peu et, de son balai, ou plutôt de l'extrémité des brindilles, je fis s'échapper la même fumée rose pale qui s'échappait toujours de la réaction entre le liquide inflammable et le sang de dragon... un sourire s'étira sur mes lèvres.

Cependant, le dragon, ou peut-être même dragonne, vu sa férocité à protéger ses œufs, ne bougeait pas d'un poil et préférait se contorsionner dans tous les sens et battre des ailes violemment que de s'envoler pour en finir avec Potter.

Il entreprit alors, de ce que je pouvais en constater, de jouer les 'mouches du coche' et agacer la dragonne jusqu'à ce qu'elle se décide à s'envoler pour l'écraser. Et, après avoir virevolté dans tousles sens, évité de justesse des jets de flammes et les pointes de sa queue, elle finit par se redresser sur ses pattes arrières en déployant, au même moment, ses grandes ailes noires.

Immédiatement, Potter fondit sur la couvée et, avant que la dragonne ne puisse refermer ses mâchoires dessus, il était hors d'atteinte, au dessus des tribunes, avec l'œuf d'or sous le bras.

- « Regardez ça ! Non mais regardez ça ! » hurla Verpey. « Notre plus jeune champion a été le plus rapide pour s'emparer de son œuf ! Voilà qui va faire monter les paris sur Monsieur Potter ! »

Et il avait raison, beaucoup de ceux qui avait hué Potter était à présent, soit mué de stupeur, soit en train de l'acclamer comme les autres. Au même moment, les gardiens de dragons s'activèrent et neutralisèrent le Magyar à pointes qui semblait vouloir arracher tous les membres de Potter.

Soudain, je sentis une main me taper sur l'épaule et, quand je me retournai, je vis le professeur Maugrey passer derrière moi.

- « C'est du beau boulot. » m'avait-il dit en allant, comme Hagrid, rejoindre Potter pour revenir quelques minutes après.

- « Vous aviez raison, il est plutôt bon sur un balai. » grogna-t-il visiblement enjoué ; mon regard se posa sur lui.C'était étrange, je l'avais déjà vu sourire, être en colère, sérieux, faire des reproches, être moralisateur... mais jamais je n'avais vu une telle expression de bonheur sur son visage ; son œil magique en dansait presque ! Je me contentai de hocher la tête.

Bien sûr qu'il avait réussi ; c'était 'Potter le survivant'. Il était comme comme la mauvaise herbe, rien ne pouvait venir à bout de lui... 'Pas même un lance-flamme vivant' pensai-je en regardant les traces de brûlure que le Magyar avait laissé sur les rochers.

Au final, tout finissait toujours par s'arranger... 'les amis' pensai-je en voyant Potter repartir vers le château avec Weasley... moi qui avait cru comprendre qu'ils étaient en froid. 'les rumeurs,les insultes, les difficultés... y'a pas à dire, tout s'enlève vraiment de son chemin... s'en serait presque suspect' pensai-je en le regardant passer la grande porte.

Mais je n'avais pas que ça à faire, mon travail était terminé ; il avait passé l'épreuve et, de ce que j'avais pu entendre de la bouche des autres, la deuxième ne se passerait qu'en fin février.

Ça me laissai donc du temps pour m'entraîner à l'art du duel et trouver un moyen de passer Peeves sans problème...