Je m'étais donc immédiatement dirigée vers la bibliothèque, mais quelque chose attira mon attention l'œuf d'or dans les bras de Diggory. À ce moment, je ne savais pas trop pourquoi, mais je m'étais rapprochée lentement de l'entrée du dortoir, avait, machinalement frappé les planches avec le même rythme que les autres et, quand j'entrais, un cris strident agressa mes oreilles.

- « REFERME ÇA ! » hurla une voix presque entièrement noyée dans les hurlement suraigus de cette chose. Les mains plaquée sur les oreilles, je vis un œuf rouler vers moi et, immédiatement, je le saisis et le fermai le silence revint.

- « C'était quoi ça !? » s'indigna une élève en se débouchant les oreilles.

- « J-je sais p- » commença-t-il en relevant la tête. « as... » finit-il l'air médusé. À ce moment, certains se tournèrent vers moi en me lançant tour à tour, des regards hostiles, inquiets, surpris ou indifférents. Je restai là un moment, l'œuf dans les mains et le regardai Il n'était pas si lourd pour un œuf en or et, à bien y regarder, on pouvait reconnaître le château de Poudlard gravé sur les côtés. En haut, en guise de fermoir, il y avait une tête de chouette ou hibou avec trois plumes

- « Rend le lui, Smithen ! C'est lui le champion. » ordonna une fille qui était en sixième année.

- « C'est vrai ! » ajouta un autre. « Il doit trouver la réponse tout seul c'est le règlement ! » expliqua-t-il en s'avançant quelque peu.

- « Alors qu'est-ce que vous faites tous agglutinez autour de lui, hein ? » demandai-je en les regardant un à un ils ne bougèrent pas d'un yota.

- « Et bien ? C'est le règlement pourtant. » appuyai-je sachant parfaitement à quel point tous étaient soit attachés au règlement ou bien trop peureux pour me faire face à moins de cinq. Beaucoup échangèrent des regards et, peu à peu, la salle se vida ne laissant plus que quelques élèves de première année qui, en me voyant avancer vers eux, repartir lentement vers le dortoir.

- « Tu manques d'autorité pour un préfet. » remarquai-je en lui posant l'œuf dans les bras.

- « Tu n'avais pas à leur faire peur... » marmonna-t-il au bout d'un moment.

- « Je n'ai rien fait de particulier. » répondis-je en croisant mes bras sur mon torse. « sacrée brûlure... » dis-je après quelques secondes. À cet instant, je ne savais pas ce que je faisais pourquoi j'étais encore là ? Qu'est-ce que j'en avais à faire de sa brûlure ? Rien ! Voilà, j'en avais rien à faire !

- « Ouais... » répondit-il en passant sa main à quelques centimètre de la pâte orange répugnante qu'il avait sur une bonne partie du visage. « Alors, qu- qu'est-ce qui t'amène ? » demanda-t-il au bout d'un moment.

- « La curiosité. » répondis-je simplement en tournant les talons.

- « Eehhh attend ! C'est le couvre f- »

- « Je suis pas d'la maison j'ai rien à faire ici. » répondis-je avant de frapper les planches au bon rythme. « Et puis, tu devrais savoir que violer le règlement c'est mon sport préféré. » ajoutai-je en posant un pied dehors. « Ah et tant que j'y pense tu t'es bien débrouillé. » murmurai-je avant de partir à grand pas dans le couloir.

Toutefois, je dus bifurquer pour me cacher derrière les armures car, à la lumière des quelques flambeaux, j'avais cru repérer la silhouette de Miss Teigne.

- « Étrange, j'avais cru entendre du bruit... » grogna Rusard en passant l'angle du couloir.

Soudain, le bruit des planches se fit entendre et, de là où j'étais, je vis Diggory, la main crispé sur la porte avec un pied en dehors du dortoir.

- « Vous, là-bas ! » aboya Rusard en pointant un doigt vers Diggory. « Vous n'avez rien à faire dans les couloirs à cette heure ! »

- « J-je désolé j- » hésita-t-il en regardant à droite puis à gauche je me collai un peu plus au mur. « j'avais cru entendre un bruit alors je-je suis venu voir... » balbutia-t-il un peu désorienté.

- « Oui et bien retournez dans votre dortoir ! » aboya Rusard en secouant la lanterne qu'il tenait sans même s'en rendre compte.

- « Oui Monsieur. » répondit rapidement Cédric avant de refermer lentement le passage derrière lui. J'attendis encore un peu, juste le temps que Miss Teigne parte sur la piste d'un élève un peu moins silencieux que moi et, juste après, je chatouillai la poire du tableau qui menait aux cuisines et me glissai rapidement dans le passage c'était moins une.

Après ça, j'allai dans la cuisine et pris un autre raccourci, celui qui menait devant le Grand Hall puis le dédale des Bajoues et enfin, j'étais dans mon entrepôt ! Certes j'avais besoin de trouver un moyen de me débarrasser de la surveillance de Peeves, Rusard, Rogue et plus ou moins tous les professeurs qui pouvaient être susceptibles de faire des balades nocturnes... sauf Maugrey... 'Après tout, si je n'avais pas pu lui faire confiance..' pensai-je à voix haute en regardant mon foyer toujours encombré d'outils, fioles pleines et vides mais surtout en désordre je n'aurais plus rien...

Mais tout d'abord, il me faudrait quelques heures de sommeil en plus j'aurais tout le temps de faire ça mercredi après-midi.

Le mois de décembre arriva à une vitesse affolante même si, je devais bien avouer que le temps passé hors des cours particuliers de duel avec le professeur Maugrey me semblaient toujours interminable... De plus en plus, je parvenais à lui tenir tête sans trop me disperser mais, comparé à lui, j'étais extrêmement brouillonne et quand je tentais d'incorporer des sorts dont je n'avais pas l'habitude dans mes tactiques, je me prenais les pieds dans le tapis !

- « Les sorts informulés c'est bien, mais le niveau de vos enchantements est pitoyable. » avait-il dit et... je devais bien avouer que jusque là, je m'étais simplement contentée d'utiliser les sorts dont je m'étais servie le plus durant mes précédentes années à Poudlard...

D'un côté, ça me faisait mal, mais au moins j'avais une piste je savais par où commencer, quoi faire pour lui montrer qu'il ne perdait pas son temps avec moi. Alors, entre mes recherches pour passer incognito, je m'entraînai à lancer des sort s de plus en plus puissant, à repousser mes limites, voir si je pouvais les lancer sans même prononcer leur nom...

Ce chemin fut un échec presque complet... au final, j'aurais pu mettre ça dans ma poche et m'asseoir dessus... juste... me contenter de mes potions, des balais... mais ce n'était pas suffisant ! Je ne pouvais le laisser penser que j'étais faible ! Que j'étais du genre à abandonner à la première difficulté ! C'était hors de question !

Alors je continuai encore en encore ma baguette me répondait de mieux en mieux, mes mouvements étaient plus précis et rapides, mes sorts plus forts, mais ce n'était jamais assez !

'Calme toi...' m'étais-je répété encore et encore... Et ainsi, l'âme plus sereine, je retournais à mes recherches.

Cependant, je constatai une chose plutôt intéressante mais extrêmement gênante une femme toujours habillée avec des couleurs à écorcher la rétine, passait de plus en plus de temps dans le parc du château... Elle s'était plusieurs fois présentée comme reporter de La Gazette du sorcier... mais vu sa ressemblance avec un vautour, j'aurais plutôt parié sur Sorcière Hebdo...

Et apparemment, elle avait décidé de rendre la vie dure à Potter, Hagrid mais surtout, à Hermione Granger... Cette femme avait l'air d'une... comment disait mamie ? Ah oui ! Une 'fouille merde'.

Je m'étais alors mise à jour sur ce qu'était cette bonne femme et, sa plume avait l'air aussi vicieuse que ses ongles elle n'en avait peut-être qu'après les champions et ceux qui lui faisaient des 'crasses', mais juste pour être sûre, je fis en sorte de l'éviter le plus possible.

Toutefois, ça n'avait pas toujours marché et, une fois dans le parc, pendant que je retournai à l'entrepôt, je la croisai et elle me dévisagea la chasse était ouverte.

- « D'où vous viennent ses blessures ? Sont-elles dues à une attaque de Scouts à têtard ? L'infirmière est-elle à court de dictame ?... »

J'avais mis un bon moment à m'en débarrasser, mais heureusement, elle ne connaissait pas tous les recoins du château. Raison supplémentaire pour passer inaperçu et vite.

Bien sûr, il y avait les capes d'invisibilité... mais elles coûtaient cher, et les seules qui étaient bon marcher, étaient soit en poil de Demiguise... et donc en piteux état ou avaient été volées...

Après, je m'étais renseigner sur des sorts capables de faire disparaître quelqu'un... mais Evanesco était essentiellement pour des objets inanimés... Merlin seul savait ce qui pouvait arriver à une personne qui se le jetterait... de plus... j'avais un peu trop de lacunes en métamorphose pour me permettre une telle folie...

Au pire, j'aurais pu utiliser un sortilège du même genre que le Repousse-Moldu de la Coupe du Monde... Cependant, je ne préférais pas sous-estimer ceux que je fuyais. Pour Rusard, ça marcherait certainement, mais pour Rogue et cette femme... il me fallait bien mieux et de toute façon, il me faudrait hisser cette barrière dans tout le château ça me prendrait trop de temps et je finirai par me faire avoir...

- « Eh Gred ! Regarde un fantôme ! » s'étonna une voix avant que quelqu'un ne s'assaille sur la table à côté de moi. « Ouhlà ! » s'exclama-t-il quand je relevai la tête vers lui.

- « Quoi ? » demandai-je agacée je n'avais pas que ça à faire.

- « Elle est vraiment pale, hein ? » fit remarquer George en penchant sa tête sur le côté comme pour mieux voir. « t'en penses quoi Gred ? » son frère fit de même.

- « Manque de sucre ? » demanda Fred en se frottant le menton un sourire mal contenu aux lèvres.

Soudain, une personne se racla la gorge je me retournai vaguement c'était Miss Pince.

- « George. Descend de cette table... » murmurai-je en me replongeant dans mon livre.

- « Hein ? » demanda-t-il en se rapprochant. « tu peux répéter ? »

J'entendis le bruit singulier de la chaise de Pince racler contre le plancher. Immédiatement, je jetai un faible Repulso sur la chaise à côté de moi et agrippai George par la manche avant de le tirer vers le bas ce n'était vraiment pas gracieux, mais il se retrouva tout de même sur la chaise au lieu de la table.

- « Eh ! T'aurais pu me faire mal. » se plaignit-il en s'asseyant mieux.

- « Si tu préfères te faire sortir de la bibliothèque alors retourne sur la table, je t'en prie. » dis-je en tournant la page de mon livre de sorts c'était au moins la cinquième fois que je cherchais dedans, mais j'avais l'espoir de finalement y trouver une solution à mon problème.

Tous les deux me regardèrent un moment puis vers le bureau de Pince.

- « Eh, Feorge t'as failli te faire pincer. » fit remarquer Fred avant de ricaner son frère fit de même et j'avoue avoir laissé échapper un soufflement de nez.

- « Bon, c'est pas tout ça, mais faut que j'y aille. » dis-je après m'être rendue compte que c'était bientôt l'heure de mon entraînement au duel.

- « Eh attend, t'es sûre que t'en veux pas un ? » demanda George en se levant rapidement, une boîte remplie de caramels en main.

- « Je suppose que je vais pouvoir utiliser ma langue comme lasso ? » demandai-je en jetant un coup d'œil à l'assortiment.

- « Nan, juste te donner des ailes. » expliqua Fred en posant sa tête sur ses bras qu'ils avaient croisé sur le dossier de sa chaise je me contentai de les fixer du regard.

- « Je passe mon tour pour aujourd'hui. » répondis-je au bout d'un moment j'avais l'étrange impression que cette friandise allait soit me faire flotter dans les airs jusqu'à ce que l'effet s'estompe, ou bien me transformer en piaffe... et c'était vraiment pas le moment...

'Transformer... ? » pensai-je à voix haute en passant le pas de la bibliothèque. Mais j'étais mauvaise en métamorphose... Mais pour le moment, le plus important était d'aller à mon cours avec le professeur Maugrey.

Le cours fut épouvantable je n'avais pas progressé. Je n'avais pas réussi à résister plus de quinze minutes et je m'étais fait avoir comme une débutante par un sort de jambe-en-coton !

- « Vigilance constante ! » avait-il dit en faisant claquer son bâton de marche sur le bois du plancher.

- « Oui Monsieur. » m'étais empressée de dire avant de jeter un finite incantatem. C'était si étrange, perdre me rendait amère ce type avait le quadruple de mon âge et j'étais pas fichue de le prendre de vitesse ! Bien sûr, c'était un ex-Aurore et il avait son œil magique... Non ! Je n'avais pas d'excuse. Je ne pouvais pas en avoir. J'allais apprendre plus, m'améliorer et il sera rassuré il ne m'aura pas entraîné en vain.

Cette fois-ci encore, pendant que je feuilletais le livre des Weasley sur mon lit, je me demandai ce que je voulais vraiment pourquoi j'y retournais à chaque fois, pourquoi je m'obstinai à m'améliorer alors que le sourire qu'il avait eu lors de la première tâche n'avais jamais été présent lors des entraînements... Est-ce que je voulais montrer que je valais autant que Potter ? Que j'étais mieux ? Que je n'avais pas besoin de la renommé pour être quelqu'un... mais c'était idiot. J'étais toujours restée dans mon coin, je n'avais jamais voulu être le centre de quoi que ce soit... Non... ça n'avait pas de sens... peut-être... peut-être que je voulais lui montrer que je pouvais être quelqu'un de bien si on m'en donnait l'occasion... mais peut-être... qu'il le savait déjà. Peut-être que c'était pour ça qu'il me reprenait tout le temps... parce qu'il avait confiance...

Il n'avait pas peur de me rendre plus forte... pas peur de mes expériences ni de ce que je pourrais devenir... Peut-être aussi, voulais-je brûler les étapes, après tout, il ne était là que pour un an... Peut-être n'aurais-je plus jamais la chance de le voir... de lui montrer mes progrès une fois ma scolarité terminée... ou même de suivre encore ses entraînements...

Non, vraiment je n'avais pas envie que cette année se termine. Quoi que, je n'avais plus personne à la maison, j'avais été confiée à une personne que je ne connaissais pas et lui serait à la retraite je pourrais peut-être m'arranger pour lui rendre visite... ?

- « Tu radotes ma vieille... » étais-ce que je m'étais toujours dit mais l'idée de ne pas le perdre totalement laissait tout de même un sourire sur mes lèvres. Il devait quand même avoir confiance en moi... après tout, il m'avait laissée seule dans son bureau. 'Mais rien te dis qu'il avait pas un moyen dérivé de te surveiller' avais-je pensé mais si ça avait été le cas, que ça n'avait été qu'un test... alors je devais l'avoir réussi...

Un sentiment de chaleur remonta jusque dans mon torse et, pour une fois, je n'avais pas le sentiment qu'il me gênait... au contraire, j'avais l'impression d'être plus rapide, plus éveillée que jamais. J'étais comme transformée.

Soudain, une idée me vint je sortis immédiatement le livre que les Jumeaux m'avaient donné, le feuilletai et, après quelques minutes, dépliai un vieux morceau de parchemin annoté de partout : Skinwalkers

Je déglutis rien que le nom me faisait froid dans le dos.

J'y jetai tout de même un coup d'œil au point où j'en étais, ça ne pouvais pas me faire de mal. Une feuille de Mandragore à garder en bouche pendant un mois entier sans jamais la retirer, une cuillère en argent remplie de rosée d'un endroit qui n'a pas été foulé par l'homme pendant sept jours, un cheveux et une chrysalide de sphinx tête de mort...

'Un mois quand même !' pensais-je en imaginant à quel point ça pourrait devenir gênant... Mais bon, en regardant une fois de plus comment préparer cette potion, je me rendis compte que, seul la partie de la Mandragore et l'attente du premier orage serait 'difficiles'... pour le lieu sombre et inhabité par l'homme... il y avait toujours la forêt interdite les Centaures, Acromentules et autres ne comptaient sans doute pas dans l'addition... ou bien je devrais me créer mon propre petit carré de pelouse et ne pas y aller pendant une semaine complète...

C'était étrangement familier... et j'étais sûre d'avoir déjà vu ça dans un livre... peut-être les années précédentes... mais comment savoir ? Mes livres de deuxième année avaient été enfermés dans le tiroir sous mon lit et ceux de ma troisième année... les originaux sans doute brûlés jusqu'au dernier et ceux de remplacement rendus en fin d'année.

Bon, là n'était pas vraiment la question, mais d'après ce que j'arrivais à lire de cette recette si je parvenais à faire cette potion au poil près, je pourrais me transformer à volonté. Mais je ne savais pas vraiment sur quoi je tomberais...

se métamorphoser à volonté en l'animal qui convient le mieux à sa personnalité

Plus bas, il y avait une remarque

Pas de chance, j'ai un furet.

Lentement, je relevai les yeux et regardai mon reflet dans la cruche qui était à ma droite. 'Un insecte... un moineau peut-être...' pensai-je en me fixant du regard. 'Un rat au pire...'

Cependant, il n'y avait rien qui parlait de ce qui pouvait se produire lors d'un échec... peut-être qu'il ne se passerait rien... ou bien deviendrai-je quelque chose d'horrible jusqu'à la fin de mes jours sans pouvoir y changer quoi que ce soit...

Cependant, il n'y avait pas de raison pour que ça rate... ou du moins, pour que je me risque à boire une potion ratée. Après tout, si la potion n'était pas rouge sang au moment de la boire, alors je ne m'y risquerait pas. Toutefois, il me faudrait non seulement trouver une feuille de Mandragore, mais en plus, je n'avais plus suffisamment d'argent pour en acheter...

Je restai là un moment à me demander si me servir dans la serre des deuxième année... 'Bah ! C'est qu'une feuille personne ne s'en rendra compte...' avais-je pensé avant de me d'enfiler ma robe de sorcier. Une fois de plus, je mis une goutte d'élixir dans mon œil droit et sortis de l'entrepôt avec ma capuche rabattue sur mon visage.

Trouver la serra fut simple, mais ouvrir était plus complexe de nombreux sortilèges étaient présents sur les verrous, mais Chourave n'était pas du niveau de Flitwick ni Rogue et encore moins Dumbledore ou le professeur Maugrey. Fermement concentrée sur mon sort, je les déverrouillai tous d'un geste et, silencieusement, m'introduisis dans l'enceinte.

Il faisait bien plus chaud ici et, malgré la neige de dehors, certaines plantes semblaient encore pleines de vie. Non loin de là, derrière quelques plans de plantes trop sombre pour que je puisse les reconnaître, se trouvaient les Mandragores adolescentes que je cherchais. Rapidement, je m'en rapprochai, attrapai des caches-oreille puis une feuille de petite taille et la découpai d'un coup de baguette.

Le silence était pesant et, juste avant de sortir, j'enlevai le cache et le fit léviter jusqu'à l'endroit où je l'avais trouvé je ne pouvais pas risquer de perdre connaissance à cause de quelques élèves peu scrupuleux.

Sans bruit autre que celui de la neige qui craquait sous mes pas et du vent qui balayait le parc, je retournais dans mon entre où, juste après avoir regardé l'heure je fis une marque pour garder le compte des jours passé avec cette chose dans la bouche.

Plusieurs jours avaient passé depuis que j'avais commencé à préparer cette potion et, non seulement ça avait un goût épouvantable, mais en plus, c'était un enfer pour manger et prononcer des formules une chance que je sache lancer quelques sorts informulés.

J'avais failli l'avaler plusieurs fois, mais par chance, je m'étais mis à tousser avant qu'elle soit irrécupérable.

J'avais alors eu extrêmement peur que les autres me trouvent encore plus étrange, mais quelque chose de plus singulier semblait s'être produit plus que jamais, les filles se déplaçaient en groupe et, des garçons qui, en temps normal, ne se serraient jamais approchés de tels regroupements à moins de dix mètres, se jetaient à l'eau... J'avais dû louper un épisode.

Et ça, c'était sans compter la véritable rangé de mecs désespérés assis et soupirant comme si on venait de leur aspirer leur âme...

- « J'aimerais tellement avoir autant de succès qu'elle... » s'était lamentée une fille de cinquième année.

- « Allez vient ils diront peut-être oui maintenant... » chuchota une fille un peu plus âgée. Intriguée, je les regardai interagir et c'est là que des mots affreux résonnèrent dans mes oreilles 'Cavalier pour le Bal de Noël'

Après avoir failli m'étouffer, je passai mon chemin pour aller en cours malheureusement pour moi, le vieux Flitwick avait tout simplement laissé tomber l'idée de faire cours dans un tel chaos et se contentait juste de lire des livres. Enfin, pour mon plus grand bonheur, les cours du professeur Maugrey et de McGonagall ne s'arrêteraient qu'à la fin du trimestre et une évaluation en potion m'attendait à la fin de la semaine.

Ce n'était pas grand chose, juste des listes à retenir... alors, chaque jour, je relisais mes recettes d'antidotes, puis m'entraînais un peu plus en enchantement et défense contre les forces du mal, mangeais et buvais le strict minimum puis allais à la bibliothèque pour trouver quelque chose à faire... Mais même là, on ne pouvait pas être tranquille.

Franchement, je n'avais rien contre Krum au contraire, il était silencieux et, de ce que j'avais cru constater, studieux... mais sa suite était de pire en pire !

Ce maudit bal était dans treize jours et je ne savais même pas si j'aurais la patience de tenir jusque là. C'est alors que des gloussements supplémentaires s'ajoutèrent je n'avais même pas besoin de regarder qui venait d'entrer.

Et cette maudite bibliothécaire alors ça, quand on avait le malheur de s'asseoir sur le bord d'une table elle venait nous engueuler, mais quand la pièce devenait encore plus bruyante qu'une basse-cour...

'Mais achevez les...' vociférai-je en passant mes deux mains sur mon visage, relevant par la même occasion toutes les mèches qui étaient sur mon front, les plaquai en arrière avant de les laisser retomber à leur place initiale.

Je me tournai vers Diggory il était à une dizaine de mètres et tournait l'œuf qu'il avait arraché à la dragonne de la première tâche entre ses mains. L'expression sur son visage était entre l'intense concentration, l'incompréhension et finalement... l'agacement mal contenu.

- « Je t'avais dit qu'on la trouverait là ! » s'exclama une voix que je ne connaissais que trop bien.

'Achevez-moi...' suppliai-je en laissant ma tête s'écraser sur mon livre, ma voix légèrement étouffée par le papier.

- « Euh, tu crois qu'elle est morte ? » demanda George en tirant une mèche de cheveux je grognai.

- « Ah ! Pas encore on dirait. » fit remarquer Fred en me donnant une tape dans le dos . Je serrai les dents la feuille avait failli sortir de ma bouche.

- « Vous voulez quoi ? » grommelai-je en relevant la tête, la feuille collée contre l'intérieur de ma joue pour me permettre de parler grâce à Merlin, elle était petite.

- « Discuter avec notre oiseau de malheur préféré depuis Rogue, pas vrai Feorge ? » répondit Fred avec son habituel sourire je soupirai.

- « D'ailleurs, si tu veux on a des restes d'yeux de tritons, œufs de salamandres, une boîte de chrysalides séchées coccinelle, papillon, insectes en tous genres, y'a qu'à demander. » lista-t-il en regardant dans le vide comme pour mieux s'en rappeler.

- « J'ai plus assez d'argent. » répondis-je simplement j'aurais peut-être dû ne pas dire ça car tous deux échangèrent un sourire.

- « Non. » dis-je immédiatement.

- « Mais c'est rien... » assura George en souriant d'autant plus. « En échange, tu peux juste aller au bal avec notre frère. » proposa-t-il en s'accoudant à la table un de mes sourcils se leva, incrédule.

- « Ce sera pour toi une occasion de t'amuser, et lui pourra aller à la soirée. » argumenta George.

- « Et puis on préfère savoir notre frère avec quelqu'un de correct. » ajouta Fred en regardant derrière moi un peu dégoûté.

- « Mhhh... t'as pas l'air emballée... » fit remarquer George en plissant les yeux comme pour mieux lire mon expression.

- « Vous avez pas plutôt des devoirs de potion à faire... ? » grognai-je en me pinçant les sinus.

- « Roooh allez, au moins il aura quelqu'un pour avoir fière allure à sa place ! Mais qu'est-ce que maman avait en tête pour lui prendre cette horreur ? » s'exclama Fred en passant une main sur son visage, toujours le sourire aux lèvres.

- « Je sais pas, mais j'espère qu'il n'attendra pas de devoir y aller avec Millicent Bulstrode. » pouffa Fred en faisant mine d'essuyer une larme de son œil George le joignit.

- « Ah au fait, tu veux pas parce que t'as déjà prom- elle est où ? »

J'avais profité de leur fou-rire pour lancer un Failamalle sur mes affaires et m'éclipser dans la réserve juste derrière un élève de septième année heureusement, le groupe de fans était encore devant Miss Pince. Cependant, je devais faire attention je connaissais peut-être les raccourcis de Poudlard comme ma poche, mes les Jumeaux étaient comme nés dedans... quelque part, c'était plus difficile de les semer que de fuir le basilic...

C'est alors que j'eus une idée comme le soir où Colin Crivey avait été pétrifié, je me précipité vers une fenêtre au fond de la réserve, l'ouvris et, après l'avoir refermé, je descendis le long des gargouilles. J'avais de la chance, cette partie du château était recouverte de statues et les murs pleins d'aspérités qui me permirent d'escalader avec plus de facilité la paroi jusqu'à me retrouver sur la corniche en contre-bas.

Là, je marchai un moment en prenant soin de me baisser pour ne pas être vue par les fenêtres qui surplombaient de peu le rebord sur lequel je marchais et, lorsque je vis un œil de bœuf, je l'ouvris et me glissai tant bien que mal à l'intérieur.

C'était très poussiéreux et je n'y voyais pas grand chose, mais j'étais déjà venue ici et je savais que, sous l'une de ces dalles, il y avait un vieux passage qu'on ne pouvait emprunter que de haut en bas... une espèce de toboggan quoi.

Après quelques secondes, je trouvai la dalle en question, la déplaçai et commençai à me glisser petit à petit dans le conduit jusqu'à ce que je puisse reboucher le trou puis me laissai glisser.

La vitesse était impressionnante et je sentais la pierre érafler ma peau et effilocher mes vêtements, mais il n'y avait rien qu'un Réparo ne puisse arranger. L'écho se fit de plus en plus fort et, quand je sentis l'odeur des cuisines, je préparai ma baguette et jetai un Arresto momentum juste avant de toucher le sol sauvée.

Je n'étais peut-être pas douée pour le duel, mais quand il s'agissait de décamper je n'avais pas à me plaindre.

'Et une raison de plus pour compléter cette potion.' pensai-je en écoutant attentivement à la porte rien. Sans perdre de temps, j'ouvris la porte d'un Alohomora et me glissai à l'extérieur avant de refermer la porte derrière moi. Il n'y avait pas grand monde, juste deux trois couple qui se bécotaient dans les coins, mais ils ne semblèrent pas me remarquer. Profitant de ça, je me dirigeai vers le Grand Hall puis par le dédale des bajoues mais je ne pris pas la sortie habituelle. Peu de temps avant, j'avais constaté dans l'ombre qu'il y avait une fissure suffisamment grande pour laisser une personne de petite taille passer et je n'allais pas m'en priver.

Je m'y faufilai et, après quelques minutes de marche extrêmement désagréables, je me retrouvai devant une grille rouillée que je dégageai à coups de pied. Le vent et la neige envahirent alors ma vision et les fortes vapeurs de Malt des chevaux de Beauxbâtons, mes narines. Mais ce fut de courte durée car, je me réfugiai dans mon entrepôt où seul mon feu magique et quelques morceaux de bois ainsi que des livres m'attendaient enfin, eux au moins répondaient aux question à la place d'en poser d'aussi inutiles.