Tout c'était passé à merveille jusqu'aux vacances les devoirs avaient été faits, ma note de potion reflétait, comme à l'accoutumé, le ressentiment et l'amertume de Rogue plutôt que la qualité de mon antidote et, pour les trois premiers jours je passai l'essentiel de mon temps dans la bibliothèque, devenue un peu plus calme, et l'entrepôt.

En effet, seuls ceux qui ne se demandaient pas quelle tenue porter, avec qui aller au bal ou qui en avait eu soupé des devoirs de fin de trimestre étaient dans les couloirs ou dans leurs salles communes à jouer, rire et discuter. Moi, de mon côté, je luttai chaque instant contre une envie ignoble de vomir. La feuille que j'avais déjà gardé pendant dix-sept jours dans ma bouche, était devenue aussi molle et gluante qu'une algue à marrée basse.

Cependant, il fallait que je me concentre sur les ingrédients suivants... mais bien sûr, même Barjow ne pouvait pas me trouver de la rosée d'un lieu sombre qu'aucun être humain n'avait foulé... et il me faudrait attendre un mois entier avant d'avoir une réponse pour mes chrysalides de sphinx...

Et en effet, je savais déjà que c'était un ingrédient que les jumeaux pouvaient me fournir je leur avais demandé en faisant passer ça pour de la pure curiosité... Mais leur prix était trop élevé et un échange avec eu était hors de question j'avais autre chose à faire que de me retrouver couverte de plumes ou à faire de la corde à sauté avec ma langue qui était déjà bien trop occupée à garder cette horrible feuille dans ma bouche.

Toutefois, il y avait autre de chose de dérangeant qui se produisit cette semaine... et ce n'était pas vraiment en rapport avec le bal depuis le dix neuf, j'avais dû échapper aux Jumeaux... je ne savais pas vraiment lequel c'était... j'avais juste reconnu la silhouette, les cheveux et le rythme des pas derrière moi... j'avais l'impression d'être pistée alors je faisais en sorte de ne jamais rester au même endroit trop longtemps et, juste pour être sûre, je me mis à dormir dans les cachots, la réserve, les cuisines ou mon pot chez les Poufsouffles... je ne pouvais pas risquer de les voir débarquer dans l'entrepôt !

Mais ça, c'était avant que Maugrey ne m'ouvre la porte de son bureau plus souvent... Au moment où il m'avait proposé de rentrer prendre un thé ou même de travailler dans la salle de classe, je m'étais jetée sur l'occasion jamais Fred ni George ne se seraient permis d'entrer dans la classe de l'ex-Aurore sans invitation...

- « Smithen. » avait appelé le professeur Maugrey.

- « Professeur ? » demandai-je en levant les yeux de mon livre d'enchantement.

- « Venez, le repas va être servi. » grogna-t-il en ouvrant la porte qui menait au couloir j'aurais préféré rester là, à l'abri... mais, en faisant bonne figure, je refermai mon livre, le posai, me levai et suivi le professeur dans les couloirs. Nous ne parlions pas et ça m'allait... en temps normal... mais là, j'aurais préféré qu'il attire mon attention, même si c'était pour refaire la liste complète de mes défauts, me dire que j'étais nulle... tout, sauf me laisser dans le silence à regarder dans tous les coins... à sursauter à la vue de cheveux roux... à serrer mes poings et mes dents quand des bruits de pas derrière moi semblaient vouloir passer inaperçu...

- « Un problème, Smithen ? » avait-il demandé en descendant lentement les escaliers j'avais nier ma nervosité en essayant de faire passer ça pour un mal de ventre dû à la faim... mais je savais qu'il ne me croyait pas... et je détestais lui mentir...

Mais il ne me posa pas d'autres questions. Nous nous séparâmes une fois dans la Grande Salle et, même si je n'avais pas touché à mon assiette je restai à ma place sur le banc des Poufsouffles... Espérant que le professeur Maugrey aie bientôt fini de manger je ne voulais pas retourner dans les cachots ou courir dans les couloirs et me faufiler des les tuyaux en espérant que les Jumeaux se lassent... non, je voulais juste être tranquille lire, me détendre, continuer mes recherches et fuir le bruit...

J'avais passé deux heures sur ce banc... Presque tous les élèves étaient déjà sortis... sauf les Jumeaux qui discutaient à la table de Gryffondors... juste derrière moi ils riaient. C'était tout ce que j'entendais... leurs rires et les battements de mon cœur mais tout à coup, le bruit du bois contre la pierre me sorti de cet état. Immédiatement, je me levai, enjambai le banc et sortis en me temps que le professeur.

- « Ça ne vous ressemble pas. » avait-il grogné en ouvrant la porte qui menait vers la salle de défense contre les forces du mal.

- « Pardon ? » avais-je demandé un peu gênée.

- « Coller un professeur pour ne pas avoir d'ennui avec les élèves. » clarifia-t-il, son œil magique fixé sur moi.

- « J-j'ai l'impression d'être suivie tout le temps... ça fait depuis samedi... je suis pas retournée à l'entrepôt depuis et je fais en sorte de changer de place le plus souvent possible... » balbutiai-je en baissant la voix un peu plus après chaque mot j'avais l'impression que j'allai pleurer.

- « Des Gryffondors ? » demanda-t-il après un moment je relevai immédiatement là tête, les yeux grand ouverts. « Vous sursautez quand vous en voyez. »

Je ne savais pas pourquoi je m'obstinais à lui mentir de temps à autres... au final, ça ne m'apportait rien et ça ne faisait que lui montrer que ma confiance n'était pas parfaite... Comme s'il n'avait pas fait suffisamment pour moi... comme si je trouvais ça présence inutile et gênante... mais je ne voulais pas qu'il pense ça ! Je ne voulais pas qu'il me prenne pour une ingrate...

Alors, à partir de ce jour, je m'étais promis de toujours lui dire la vérité plus de secrets... juste la confiance.

Ce soir là, je sortis de la classe après le couvre feu et me dirigeai silencieusement vers les toilettes des filles du deuxième étage où je passai une nuit blanche à écouter les jérémiades de Mimi... apparemment, Peeves avait encore jeté des pétards du Capitaine Flibuste dans les canalisations... La pauvre ne pouvait-on pas juste la laisser tranquille ?

Ce petit manège continua jusqu'au mardi soir mais, dès mercredi matin je ne sentis plus cette impression d'être constamment épiée.

Soudain, quelqu'un me bouscula puis, une main attrapa mon épaule et me tira vers un mur. Immédiatement, j'attrapai ma baguette, me dégageai en donnant un coup de coude dans les côtes de mon assaillant. Il me lâcha et, utilisant tout mon poids, je le plaquai au mur en le menaçant de la pointe de ma baguette Weasley.

- « T'es plutôt rentre dedans comme fille, non. » ricana-t-il après avoir retrouvé son souffle.

- « Qu'est-ce que tu me veux ! » demandai-je en enfonçant la pointe de ma baguette dans sa joue avant de me rendre compte que quelque chose n'allait pas ce n'était pas ma baguette.

- « Ah, et avant que tu ne me changes en théière pense que McGonagall est très à cheval sur la tenue... » fit-il remarquer en pointant vers la gauche d'un mouvement de tête je suivis le mouvement et vis, à une vingtaine de mètres de nous, la vieille McGonagall en train de vérifier des papiers qu'elle avait en main sans doute des préparatifs pour le bal de ce soir.

- « Qu'est-ce que tu veux ? » vociférai-je en le lâchant je reculai de quelques pas.

- « Tu es réquisitionnée pour m'accompagner ce soir. » dit-il simplement en s'époussetant.

- « J'ai dit que je n'irais pas à ce- »

- « Et, je t'offre des chrysalides de sphinx tête-de-mort... » ajouta-t-il en agitant devant mon nez un petit bocal en verre si McGonagall n'avait pas été là...

- « Et tu me rends ma baguette avant que je ne m'énerve pour de bon. » ajoutai-je en fronçant les sourcils son sourire s'élargit d'autant plus.

- « Alors, ce soir, huit heures moins dix devant la Grande Salle. » résuma-t-il en faisant tourner ma baguette entre ses doigts avant de me la rendre je l'attrapai d'un geste sec.

- « Je te hais. » vociférai-je en le regardant partir.

- « Moi aussi j'ai hâte. » répondit-il en me faisant un signe de la main sans même se retourner.

'Achevez-moi...' murmurai-je en sortant ma vieille robe de dentelle noire de mon chaudron. J'avais pendant un moment pensé lui poser un lapin après tout, il trouverait au moins quelqu'un sachant danser... mais j'avais mieux en tête.

Le simple fait que ce soit moi qu'il aie invité allait amener des railleries, des regards insistants et peut-être aussi, dans insultes et, étrangement, j'espérais que ce soit le cas ça lui apprendrait à ne pas trop s'approcher.

Commença alors le long processus de préparation du Lisse en plis pour mes épis qui, pour la première fois dans toute ma vie, tombèrent en un rideau blond grisâtre... mais lisse. Cependant, je ne savais pas trop quoi en faire... ils avaient trop poussé pour être une coupe courte pouvant être considérée 'propre'... et n'étaient pas assez longs pour être attachés ou autre...

Je tentai donc le tout pour le tout et décidai de coupé l'arrière et les côtés, au niveau des oreilles, très courts et juste laisser le reste comme il était.

Ce n'était ni un pas vers l'extrême féminité ni même une coupe transcendante, mais au moins, elle avait le mérite de faire propre. Après ça, je me préparai une pâte approchant la couleur de ma peau et, après dix minutes, je pus l'appliquer en petite quantité sur mes cernes. Je m'étais alors dit, que je pourrais faire la même chose pour mes cicatrices... ou au moins pour celle qui allait de la racine de mes cheveux et rejoignait mon sourcil gauche... mais elles étaient des souvenirs des marques représentant mes erreurs passées. Les effacer, c'était les oublier... et je devais les garder en mémoire leur donner un sens, puis m'en servir pour moi, elles étaient les reliquats de mon expérience.

Il était dix-sept heure quand j'eus fini de préparer mes affaires mais il y avait encore une chose que je ne parvenais pas à trouver les bottines à lacets que j'avais jeté dans ma valise le jour où Rogue était venu me chercher...

Une heure plus tard, je les trouvai entre des fioles vides et morceaux de bois calcinés participer à une soirée avait clairement été ma seule raison de venir cette année...

Maladroitement, je pris la robe, l'ouvris au maximum, glissai dedans, mais me rendis compte que mes épaules rentraient à peine... Enfin, ce n'était certainement que pour une ou deux valses, je n'aurais pas à trop lever les bras.

Avec précaution, je m'assis sur mon lit et enfilai mes chaussures. Quand mes lacet furet faits, je relevai la tête et mon cœur s'arrêta mais qu'est-ce que je faisais ?! Pour y allais-je ? Je pouvais très simplement lui poser un lapin... ce serait pire que de lui faire honte.

Après tout, ce ne serait pas la fois je m'étais très souvent défilée... mais peut-être que c'était ça le problème...

Peut-être que sortir, imposer ma présence... c'était une partie de mon apprentissage... peut-être que c'était une épreuve... oui, une épreuve pour voir si j'allais me dégonfler au dernier moment...

'Allez, t'es allée chasser l'Acromentule et récupérer du sang de Dragon seule... aller à un bal pendant une ou deux heures te tuera pas.' m'étais-je dit avant de me lever.

La robe était longue, jusqu'à mes chevilles et les manches entièrement en dentelle, laissaient transparaître la peau de couleur disparate en dessous... En dessous, heureusement, il y avait une doublure noire satinée sans manche qui donnait l'impression d'être un bustier...

'On dirait un troll avec une voilette...' dis-je amèrement en regardant mon reflet dans un morceau de glace au mur. En effet, la robe sombre faisait disparaître mon corps en dessous des épaules tout en les magnifiant, donnant ainsi l'impression que j'étais taillée comme un batteur de Quidditch.

'Bah, au moins je dépareillerais pas de George...' ricanai-je en prenant ma cape d'hiver. Il était déjà dix-neuf heures trente quand je déambulais dans le dédale des bajoues. J'étais nerveuse, résignée mais également déterminée c'était comme pour les flammes du dragon, il fallait réfléchir avant à la meilleure approche, y aller, et se poser le reste des questions après coup.

Et c'est ce que je fis une fois arrivée devant le portrait qui menait au Grand Hall je me défis de ma cape ainsi que de mes pensées, les laissai dans l'entrée du passage que j'avais découvert plus tôt et sortis.

Le Hall était bondé et toutes ces couleurs éclatantes commençaient sérieusement à me faire mal aux yeux, mais c'était un test d'endurance alors, prenant sur moi, je me mis à chercher une tête rousse qui dépasserait éventuellement de la foule.

- « Noooon ! » s'exclama une voix derrière moi avant que l'on ne me tire sur le bras je me retournai uniquement pour voir les deux filles qui avaient malmené mini-Krum... et leur cavaliers. Deux grands gaillard à l'air pas très éveillé les batteurs de Poufsouffle. « J'y crois pas elle est quand même venue ! » s'étonna celle avec la robe vaporeuse pourpre.

- « Tu sais, faut au moins un cavalier pour la soirée » commença-t-elle en regardant la foule. « Tu t'attends à ce que quelqu'un ai pitié de toi ? » demanda celle avec la robe à bustier orange.

- « Crabbe et Goyle sont seuls je crois... » intervint alors l'un des batteurs ils se mirent à pouffer de rire.

- « Navrée, mais je tiens à mes pieds d'ailleurs j'ai déjà un cavalier... il me faut juste le trouv-ah ! » m'exclamai-je en repérant deux touffes de cheveux roux dans la foule dont une accompagnée d'une jeune femme habillée, elle aussi, d'une robe orangée.

D'un pas décidé, je m'avançai vers les Jumeaux et passai sur la gauche de George qui, comme d'habitude, laissai un peu plus de son poids sur sa jambe gauche quand Fred penchait légèrement en arrière.

- « George. » appelai-je.

- « Oui ? » répondit Fred avec un sourire.

- « Fred, tu sais que ça marche jamais. » dis-je en m'arrêtant à côté de George légèrement agacée.

- « Et je ne sais toujours pas comment tu fais... » rit George en posant une main sur mon épaule c'était... singulier... la pression n'était pas forte et la sensation n'était pas du tout la même que quand le professeur Maugrey posait sa main sur mon épaule...

Ce n'était pas vraiment dérangeant alors je la laissai et me contentai de regarder un peu autour de moi. Beaucoup de couples, de filles qui regardaient les autres d'un air envieux, de garçons qui jetai des regards aux filles qu'ils n'avaient pas réussi à inviter et ainsi de suite jusqu'à ce que je vois les Serpentards sortir de leur cachots.

Malefoy était en tête, raide comme un piquet dans son costume de croque-mort et, à son bras, Pansy Parkinson qui ressemblait à s'y méprendre à un Murlap dans sa robe à froufrous rose... le côté mignon et sympathique en moins.

- « Ah, il semblerait que même eux n'étaient pas assez désespérer pour demander à Millicent... » fit remarquer Fred en faisant un mouvement de tête vers Crabbe et Goyle qui, dans leurs costume vert, ressemblaient à des rochers couverts de limon.

- « Mais pourquoi sont-ils venus ? » murmurai-je un peu déconcertée. Franchement, je ne voyais pas quelle pouvait être la raison derrière leur présence. Ils n'avaient pas de cavalière, n'en trouveraient certainement pas pendant la soirée... alors pourquoi être venus ?

- « Bah, ils auront qu'à danser l'un avec l'autre. » rit Angelina Johnson, suivi des Jumeaux.. cependant, je n'avais pas très envie de les rejoindre dans leur moquerie j'aurais très bien pu être dans ce cas... 'sauf que moi, je ne serais pas venue.' pensai-je en jetant un coup d'œil à George.

Soudain, les grandes portes de chêne s'ouvrirent pour laisser passer les élèves de Durmstrang avec Karkaroff et Krum en tête. Ce dernier était d'ailleurs accompagné d'une fille dont les yeux brillants me rappelaient quelqu'un...

Granger ?

me demandai-je au bout de quelques secondes ? Elle ne ressemblait pas du tout à celle que je voyais toujours traîner avec Potter et Weasley ses dents étaient petites et droites, ses cheveux lisses et sa posture droite... S'il y avait une Cendrillon ce soir, c'était bien elle.

Mon regard dériva alors vers le visage de Krum il semblait aux anges et jetait des coups d'œil à sa cavalière... et je ne pus m'empêcher de sourire j'aimais le voir comme ça..

- « Les champions, par ici, s'il vous plaît. » appela McGonagall dont l'habit écossais était tout bonnement... folklorique...

Peu après, les portes de la Grande Salle s'ouvrirent et ce fut à nous d'entrer en premier et, guidée par George, je pus revoir cette joie dans les yeux de Krum ainsi que celle de Hermione... mes lèvres s'étirèrent aussi j'espérais qu'ils puissent profiter de cette soirée.

Quand nous fûmes tous installés aux différentes tables qui remplaçaient celle de d'habitude, les quatre champions ainsi que leur partenaire entrèrent en rang dans la salle sous une nuée d'applaudissements.

- « Eh Freddie ! Regarde où est le petit Percy. » chuchota George en donnant un coup de coude à son frère.

- « Il remplace Croupton ? » m'étonnai-je immédiatement. Je savais qui il était, où il travaillait et à quel point il pouvait être arrogant et lèche botte, mais jamais je n'aurais pensé qu'il soit choisi par le vieux Croupton comme substitut.

- « Qu'est-ce qu'il a fait pour Croupton pour se retrouver là ? » murmura Fred.

'Il a pas dû lui lécher que les bottes...' pensais-je à voix haute. Il me fallut alors quelques secondes pour me rendre compte de ce que je venais de dire et, j'étais déjà probablement rouge.

- « Il n'a pas dû que lui lécher les bottes. » tentai-je de rattraper mais ils étaient déjà tous les trois en train de mourir de rire... J'espérais juste que mon esprit ne me ferait pas imaginer des choses pareilles avant de manger.

Cependant, la sensation de la feuille de Mandragore m'avait vraiment coupé l'appétit alors je me contentai de regarder les décorations ils s'étaient surpassés. Toute la salle avait été recouverte de givre et des centaines de guirlandes de gui ainsi que de lierre s'entrecroisaient sous le plafond étoilé.

- « Tu manges pas ? » demanda soudainement une voix étouffée à ma gauche je me tournai pour voir voir les trois me regarder en mangeant.

- « J'ai... pas très faim. » dis-je en forçant un sourire j'avais pas vraiment envie de leur expliquer pourquoi. Ils se regardèrent un moment puis se mirent à rire.

- « C'est Hermione qui t'as dit de faire la grève de la faim pour la S.A.L.E ? » demanda Fred en manquant de s'étouffer de rire.

- « Si c'est ça rassure-toi » dit George en passant un bras autour de mes épaules. « Elle a pas trop l'air de suivre ses propres directives pour le moment... » ajouta-t-il en se rapprochant puis en pointant la table principale du doigt.

Mon regard alla dans cette direction et là, je vis Granger discuter continuellement avec Krum... le sourire me revint...

- « Alors tu vas me faire le plaisir de manger. » s'exclama une voix qui me sortis de mes pensées alors que mon assiette venait de se remplir de ragoût. « Et tu ne sortiras pas de table tant que tu n'auras pas fini. » ajouta George en imitant certainement la voix de sa mère.

- « Oui maman... » maugréai-je au bout d'un moment.

Il me fallut un temps incalculable pour finir cette seule assiette en faisant attention à ne pas avaler ma feuille... et franchement, entre la sauce légèrement épaisse du ragoût et la texture de la feuille... il n'y avait vraiment pas beaucoup de différences...

Heureusement pour moi, ils me firent grâce du dessert et, après que tous eurent fini de dîner, Dumbledore nous pria de faire comme lui et de nous lever. Par la suite, il envoya les tables se ranger le long des murs d'un geste de la main, dégageant ainsi suffisamment de place pour permettre aux participants de danser. Juste après, une estrade supportant une batterie, un luth, un violoncelle et plusieurs guitares ainsi que cornemuses, apparut contre le mur en face de nous. Là, huit personnes aux cheveux longs et habillées de robes noires déchirées en certains endroits, déboulèrent sur la scène sous un tonnerre d'applaudissements.

- « C'est Les Bizarr' Sisters ! » cria George qui semblait tout aussi heureux que les autres je me contentai juste de faire d'imiter au mieux la réaction générale. Peu après, les lanternes s'éteignirent et tous les champions ainsi que leur partenaire, prirent place au centre de la piste le bal était officiellement ouvert.

L'air joué était mélancolique, mais ça n'en empêchait pas moins certains de rire en voyant Potter être clairement traîné par sa cavalière.

- « S'il sort vivant de la poigne de Patil, il aura une bonne raison d'être appelé le survivant. » fis-je remarquer en continuant à les regarder.

- « On pourra en dire autant de cette pauvre Sinistra ! » pointa Fred en montrant la pauvre femme danser un pas de Polka avec le professeur Maugrey... cette jambe de bois était pire qu'un Lashlabask !

- « Et de toi. » ajouta George en me traînant sur la piste.

- « Tu sais pas danser ?! » m'exclamai-je une fois face à lui.

- « Négatif. » répondit-il en attrapant ma main dans la sienne et en plaçant l'autre au milieu de mon dos.

- « Je te hais... » vociférai-je en plaçant ma main gauche sur son épaule. S'en suivi alors une trèèèès longue partie de chat-perché avec ses pied et les miens qui tentaient tant bien que mal de rester en vie. En fait, ce n'était pas tant qu'il allait vite, mais c'était plutôt que... ses pas étaient imprévisible. Ce qui me força à danser quelque chose s'approchant plus d'un pas de gigue que d'une valse.

- « T'es au courant que mes pieds ne sont pas des Cognards. » fis-je remarquer en levant temporairement la tête vers lui, un œil toujours à l'affût de la moindre attaque pédestre. Il se contenta juste de rire et le cauchemar continua de plus bel car, porté par un rythme plus soutenu, George se mit à faire comme les autres couples faire tournoyer la partenaire ou essayer de la 'renverser'... seule différence entre eux... et lui... eux n'avaient pas juré de ce venger des pieds de leur partenaire.

Enfin, ce n'était pas grand chose... ou du moins, c'est ce que je découvris en évitant de justesse la main de Johnson qui 'dansait' avec Fred... enfin, dansait... tentait inconsciemment d'éborgner ses camarades...

Donc, au prix de mes précieux orteils, je tentai, en dansant, de guider George hors de porté de la tornade de baffes que représentait Johnson et son jumeau.

Peu après, la musique s'arrêta mais, alors que j'étais persuadée qu'on était reparti pour un tour, George s'arrêta.

- « Euh, tu peux m'attendre j'en ai pas pour longtemps » dit-il précipitamment en passant à côté de moi.

- « O-Ok ? » dis-je en le regardant passer. Il s'était précipité vers un homme plutôt rondouillard vêtu d'une robe de sorcier violette avec de grosses étoiles oranges en guise de motifs Verpey ?

Je restais là un moment à me demander ce qui pouvait bien avoir poussé les Jumeaux à accoster aussi directement une personnalité haut-placée, mais c'est avec joie que je me dirigeai vers les tables pour m'asseoir.

- « Tu sais ce qu'il font ? » me demanda soudainement la voix d'Angelina.

- « Aucune idée. » répondis-je en haussant les épaules j'avais presque oublié à quel point elle étaient serrées dans cette maudite robe... enfin, mes pieds l'emportaient pour ce qui était du manque de confort le port de talons devrait être prohibé !

- « Ah d'ailleurs, samedi dernier, George est allé demander au professeur McGonagall de venir au bal avec lui ! » débita-t-elle je tombais des nues. « Et juste après, Fred est arrivé 'Comment peux-tu me faire ça ?! Tu sais ce que je ressens !' et ils se sont battus devant elle. » ajouta-t-elle en riant je la rejoignis.

Rien que d'imaginer les Jumeaux se battre devant une McGonagall essayant de garder son sérieux était de trop pour moi.

Soudain, je sentis un tissu entrer en contact avec mon dos et, après m'être un peu calmée, je regardais derrière moi et vis George l'air contrarié.

- « Vous en faites une tête qu'est-ce qui se passe ? » demanda Angelina en essayant de garder un ton léger.

- « On s'est fait dégnommé » répondit Fred en plantant son menton sur son poing.

- « Ah... et si on allait danser je l'aime bien celle-là... » tenta-t-elle... mais sans succès. Les deux avaient à présent autant d'énergie que des Veracrasses sous antalgiques...

- « On va devoir les troquer pour Crabbe et Goyle... » marmonnai-je en espérant que ça les fasse bouger sans effet... enfin si, Angelina et moi-même fûmes parcourues d'un frisson de dégoût..

- « On en est quand même pas là. » fit-elle remarquer en s'asseyant à côté de Fred. Un peu inquiète, je tentais de faire parler George, mais rien ne se passait alors histoire de détendre un peu l'atmosphère, je pris l'initiative d'aller chercher des bières au beurre.

Je revins peu de temps après avec quatre bouteilles de petite taille en main ils en étaient plus ou moins au même point.

- « Il va jamais le faire, hein ? » demanda George sur un ton las.

- « Je commence à douter... » répondit son frère en ignorant Angelina qui semblait avoir abandonné tout espoir.

- « C'est ça ! » dis-je en posant les bières sur la table.

- « Pas soif... » marmonna George en levant à peine la tête.

- « Tu vas me faire le plaisir de boire ça et je ne veux rien savoir. » dis-je en imitant au mieux le ton qu'il avait utilisé avant le bal un faible sourire se dessina sur ses lèvres.

- « Oui, maman. » chantonna-t-il d'un ton las avant de prendre la bouteille et une grande gorgée Fred ne tarda pas à faire de même.

Ça mit un peu de temps et au moins trois bouteilles de bière au beurre par frère, mais ils semblaient aller bien mieux... ou du moins, ils s'étaient remis à discuter de friandises et objet de farce et attrape. Apparemment, ils comptaient créer un commerce dans le même genre que Zonko, mais n'avaient ni les fonds, ni les relations nécessaires.

- « Et c'était pour ça la discussion avec Verpey, pour être mis en relation avec d'autres... » conclus-je en finissant ma deuxième bière au beurre.

- « Yup » répondit George qui jouait à faire tourner la sienne. « On y retourne ? » demanda-t-il au bout d'un moment.

- « Ok » dis-je en me levant. Angelina et Fred étaient de toute façon déjà partis on ne savait trop où et la piste s'était bien vidée depuis le début. Au final, il n'y avait pas plus de six couples qui dansaient encore sur un rythme bien plus lent et ce n'était pas pour me déplaire car un mal de tête me pris vers la fin du morceau.

- « Bon bah, bonne nuit » rit George après que ma tête ne soit tombé contre son torse.

- « Tête qui tourne... » murmurai-je les yeux fermés.

- « Je savais que je faisais tourner des têtes, mais de là à penser que je fasse tourner la tienne ! » rit-il.

- « La ferme... » maugréai-je en lui donnant un coup dans l'épaule. Une trentaine de secondes plus tard, la chanson se termina et c'est avec joie qu'on se dirigea une fois de plus vers les tables.

- « Tu remarqueras que tes pieds sont encore en un seul morceau » fit-il remarquer quand nous nous assîmes. « Je mérite des excuses. » ajouta-t-il en faisant semblant de bouder.

J'allai dire quelque chose, mais un éclat de rire attira mon attention quelqu'un venait de d'inviter Dumbledore à danser... et il avait accepté. Apparemment, quelque uns avaient trouvé drôle de faire un 't'es pas cap'.. et bien sûr, George trouva l'idée tellement amusante qu'il m'y entraîna.

Enfin, comme personne ne savait trop quelle serait ma réaction, je fus tranquille pendant un bon moment.

- « Smithen. » appela soudainement une voix que je ne parvenais pas encore à remettre je tournai mes yeux vers le garçon en question... il avait un coup dans le nez. « Je te défie... » commença-t-il en regardant un peu autour de lui. « d'embrasser George ! » s'exclama-t-il en pointant l'intéressé du doigt

Certains recrachèrent leur boisson pendant que d'autre s'arrêtaient de rire puis un silence plutôt gênant qui s'installa et je ne pus m'empêcher de lever un sourcil inquisiteur sérieusement ?

Dans le fond, j'entendis les autres dire que c'était 'trop', que j'avais plus de chance de l'étrangler que de faire ce qu'on m'avait mis au défit de faire...

Je haussai les épaules, tournai la tête, passai ma main droite sous le menton de George pour le rapprocher et plantai un rapide baiser sur sa joue c'est fou comme c'était compliqué.

La réaction des autres allait de choqué à inquiet mais je n'entendis rien de la part de l'intéressé donc je me contentais de tous les regarder, intriguée par leur surprise ce n'était vraiment pas la fin du monde.

Je restai encore quelques minutes avec eux puis, comme je commençais à fatiguer, je m'excusai, sortis de la salle, repris les affaires que j'avais laissées dans le dédale et retournai à l'entrepôt.

Là, j'enlevai ma robe, mes chaussures et enfilai un simple débardeur avant de m'affaler sur le matelas puis de remonter ma couverture sur moi je n'aurais pas fait ça tous les jours.