Le lendemain, j'eus l'impression d'avoir dormi sur une planche. Cependant, ce fut la seule chose déplaisante de la matinée car, en sortant pour aller prendre mon petit déjeuner, je trouvais une petite boîte devant le rocher de l'entrepôt.
Par prudence, je pris ma baguette et l'ouvris à l'aide d'un Alohomora puis, comme rien ne semblait se passer, je m'en approchai et y trouvai un pendentif accompagné d'un morceau de parchemin.
Joyeux Noël
Précautionneusement, je le fis venir jusqu'à moi et le laissai reposer dans ma main.
'Les jumeaux... ? ' me demandai-je en regardant le médaillon sous toutes les coutures non, il ne l'auraient pas laissé ici s'ils savaient où j'étais, je les aurais retrouvés assis près du feu.
Enfin, ce n'était peut-être rien... mais je préférais le garder juste dans ma poche et en parler au professeur Maugrey. Mais tout d'abord, je jetai un œil à la recette pour la potion du Skinwalker le prochain ingrédient était la rosée d'un lieu qui n'a pas été touché par l'homme pendant une semaine... Et là, j'avais un problème l'hiver était encore bien présent et je n'étais pas sûre de pouvoir utiliser de la neige ou le givre comme de la rosée... et si je devais attendre qu'il fasse plus chaud, il n'était précisé nulle part que je pouvais attendre avec ma feuille de Mandragore dans une fiole...
Il m'était alors venue l'idée de créer une sorte de microcosme dans la roche... mais je n'avais ni les connaissances pratiques, ni l'argent pour faire pousser quoi que ce soit... Enfin, tout d'abord, il me fallait trouver les Jumeaux pour réclamer mes chrysalides.
Je passai donc une bonne partie de ma matinée à chercher les frères Weasley qui, au final étaient une fois de plus dans leur ancienne échoppe dans laquelle je me faufilai.
- « Faut diluer les carapaces en poudre avec du sang de salamandre si vous voulez que le goût soit moins prononcé. » dis-je en entrant dans la salle.
- « Ah ! Rogue II le retour. » s'exclama George qui continuai à touiller le mélange d'un geste lent et régulier.
- « Tu abandonnes ce pauvre Fol œil pour nous c'est touchant. » dit Fred après s'être levé.
- « Pas pour longtemps mais je crois que tu m'avais promis quel- qu'est-ce que tu fais ? » demandai-je en voyant Fred se pencher sur mon côté droit.
- « Bah quoi ? J'ai pas le droit à la bise ? » demanda-t-il en se redressant je ne dis rien mais mes sourcils se levèrent à l'unisson sérieusement ?
- « Fallait l'inviter au bal pour ça, Forge. » rit son frère en arrêtant de touiller. « Ah ! Les chrysalides sont dans la boîte là bas. » expliqua-t-il en pointant une vieille étagère. Sans perdre de temps, j'allai vers cette boîte, l'ouvris, regardai les étiquettes et pris trois chrysalides que je glissai dans ma poche je n'avais pas besoin de plus.
- « Par Merlin ! Freddie, reste pas planté là faut de l'eau ! »
Immédiatement, je me retournai et, instinctivement, dégainai ma baguette et conjurai un Aguamenti ; une fumée épaisse s'échappa alors du chaudron dans un souffle vert, puis la potion, dans un bruit de bouillonnement réconfortant, se tinta d'un rouge profond.
- « Bon, si vous n'avez plus besoin de moi. » dis-je en rangeant ma baguette. « Allez, salut. » ajoutai-je en repartant par là où j'étais arrivée.
- « Eh ! Tu veux pas au moins jeter un œil à ce qu'on fait ? » demanda Fred en tenant ouvert le dessus d'un vieux coffre en bois. Mes yeux restèrent un moment fixés sur la bouche par laquelle j'étais passée, puis ma montre... et comme j'avais encore pas mal de temps avant que le professeur Maugrey ne commence le cour de duel, je me dis que rester un peu ne pouvais pas me faire de mal.
- « T'as dix minutes. » dis-je en avançant vers eux puis en m'asseyant en tailleur à côté du chaudron qui dégageait à présent une fumée orangée. Patiemment, je me laissai embarqué dans l'énumération de toutes ses potions, friandises ensorcelées, objets de farce et attrape... au même titre que les balais ces choses étaient des objet d'art mes connus dont les gens se servaient tous les jours sans pour autant se dire qu'il y avait de la sueur, du sang et des larmes derrière...
- « Et ce paquet ? » demandai-je en pointant un objet étrange, marron et pyramidal.
- « Un marais portable... mais on arrive pas à faire pousser les plantes ça nous donne que de l'eau... » expliqua George en ajoutant de la poudre de pâtes de corbeau.
- « Et elle est même pas buvable. » ajouta Fred en reposant l'objet dans la boîte.
- « Et vous avez une idée de pourquoi ? » demandai-je en posant mon menton sur mon poing.
- « Pas de bon engrais ? Ou bien le sortilèges n'est pas assez puissant ? Enfin, on a déjà essayé avec des graines et une potion de pousse rapide... mais le résultat est le même... » expliqua George en éteignant le feu sous le chaudron puis en cherchant un ensemble de moules à formes cubiques.
- « Ça fait deux mois qu'on piétine dessus... »
- « Et vous avez pensé à ajouter de la bile animale ? » demandai-je ils se tournèrent vers moi un peu surpris.
- « De la quoi ? » demandèrent-t-ils en chœur.
- « Jamais entendu parlé de l'endozoochorie ? » demandai-je avant de me rendre compte que les deux n'avaient sans doute jamais révisé pour la Botanique. « Bon, pour faire simple certaines plantes ont besoin d'être 'digérée' pour pouvoir mûrir et devenir des plantes... c'est peut-être pour ça que les vôtres ne font rien... » proposai-je en espérant qu'ils aient compris ce que je voulais dire.
- « On doit les faire macérer dans de la bile ? »
- « Basiquement, oui... ça pourrait march- » commençai-je avant que mes yeux ne dérivent vers ma montre j'allais être en retard ! « Je dois y aller salut ! » dis-je précipitamment en prenant mes affaires puis en filant comme l'éclaire à travers le passage étroit. « Prenez des sucs gastriques d'oiseau ce sera mieux ! » ajoutai-je en remontant partiellement par le trou avant de disparaître, une fois encore, dans le conduit.
Le souffle court, j'arrivai avec deux minutes de retard devant la porte du cours de défense contre les forces du mal, mais un sourire sur le visage si les Jumeaux avaient réussi à créer un marécage portable, alors je pouvais me servir de ça pour créer une clairière portable... Rapidement, je toquai à la porte qui resta fermement close.
Surprise, je toquai une fois de plus mais rien ne sembla bouger de l'autre côté de la porte donc, patiemment, je restai à côté de la porte attendant que le professeur Maugrey arrive un livre dans les mains.
- « Moi qui pensais que vous préféreriez dormir. » grogna une voix devant moi.
- « Bonjour professeur. » dis-je en souriant. Je me levai rapidement et le laissai ouvrir la porte.
- « Allez, il va y avoir beaucoup de choses à faire. » dit-il en passant le seuil de la porte.
- « Quelles choses ? » demandai-je en refermant la porte derrière moi.
- « Potter... » répondit-il simplement en posant une sacoche sur son bureau je fronçais les sourcils encore Potter...
- « à ce niveau là, autant lui donner une notice pour nouer ses lacets. » dis-je d'un ton amère en m'asseyant sur mon bureau.
- « C'est presque l'idée. » dit-il gravement. « La date approche et Dumbledore se fait du soucis... »
- « Donc il vous a demandé de lui faciliter la tâche ? » demandai-je sur un ton relativement plus proche d'une constatation que d'une interrogation.
- « ça ne m'enchante pas de pré-mâcher le travail pour un garçon aussi insipide, mais si vous avez raison et qu'un éventuel retour du Seigneur des Ténèbres y est attaché... alors il faut le tenir à l'œil. » expliqua-t-il en sortant un parchemin de la sacoche à côté de lui.
- « Et je fais quoi là dedans ? Je suis un pigeon voyageur ? » demandai-je en croisant mes bras sur mon torse cette histoire me plaisait de moins en moins. Le professeur s'arrêta, me regarda un moment puis soupira.
- « Je sais que Diggory lui a déjà donné une indication sur comment entendre le message de l'œuf, mais je pense que Potter ne lui fait pas confiance. » dit-il en remettant une partie de sa crinière grise en arrière.
- « Pourtant Diggory n'est pas du genre à faire d'entourloupe... » murmurai-je en me redressant.
- « Et c'est pourquoi j'ai besoin de deux cerveaux valides pour mettre Potter sur la voie. » dit-il en me fixant de ses deux yeux, un sourire aux lèvres.
- « Krum et Granger sont de plus en plus proches... peut-être qu'en le mettant lui sur la piste, il finirait par lui en parler ? » proposai-je en me rappelant à quel point les deux avaient eu l'air inséparables au bal.
- « Granger est trop rigide sur le règlement elle ne lui dira rien... » marmonna le professeur Maugrey dont l'œil magique semblait s'affoler. « Qu'est-ce que vous avez dans la poche ? » me demanda-t-il.
- « Ah ! Oui... » m'exclamai-je en sortant le pendentif mystère de ma poche. « J'ai trouvé ça dans une boîte. » dis-je en le tenant par la chaîne. « C'était devant l'entrée de l'entrepôt... » expliquai-je en le laissant attraper le pendentif. Il l'examina pendant de longues minutes, le tournant en tout sens et passant son regard magique sur chaque maillon.
- « Y avait-il un nom ? » demanda-t-il en me fixant du regard se secouai la tête.
- « Pas le moindre nom... et juste un ticket avec marqué : 'Joyeux Noël'... en lettres d'imprimerie. » expliquai-je en mettant mes mains dans mes poches. « Mais je sais pas si c'est encore un mauvais coup... »
- « Je vais vérifier ça, en attendant, isolez cette salle de tout son je vais voir votre résistance au sortilège Doloris. » dit-il en claudiquant vers l'escalier qui menait vers son bureau je déglutis...
Seule dans la salle, je mis un moment avant de bouger il allait vraiment me lancer ce sort... ? Tant de choses me revenaient en tête quand je me mis à pousser les tables et chaises dans les coins puis à dresser des barrières insonorisées sur les murs... Mais qu'avait-il en tête ?
'C'est pour voir si ça me bloque toujours ?' me demandai-je en repensant à ma réaction lors de son premier cours.
- « Tout est isolé ? » demanda soudainement la voix de Maugrey je me retournai immédiatement pour lui faire face et hochai la tête. « Bien, » commença-t-il en présentant le pendentif. « Il n'a rien à se reprocher. » dit-il en le passant autour de mon coup, par la tête.
Pendant un moment je restai là à regarder le médaillon qui pendait à présent à mon cou.
- « Allez, en piste. » grogna-t-il en sortant sa baguette. « mettez-vous au milieu. » ordonna-t-il en montrant l'endroit d'un geste rapide.
- « Ah ! O-oui. » balbutiai-je avant de m'avancer vers l'endroit désigné pendant que je faisais glisser la pièce de métal sous ma chemise jamais je n'aurais pensé qu'elle serait si froide.
- « Prête ? » demanda-t-il.
Endoloris !
Je n'eus pas le temps de répondre quoi que ce soit, que je sentis tous mes muscles se contracter en même temps et mes poumons s'embraser. Immédiatement, je me retrouvai à genoux, pliée sur moi-même comme l'araignée du début d'année. J'avais envie de crier, de hurler même... quelque chose pour lui faire comprendre à quel point je souffrais, mais mes cordes vocales ne répondaient pas.
Je sentais les larmes monter, mes yeux semblaient trembler tellement ma vision était tremblante et, plusieurs fois, j'eus la sensation que ma langue allait se cacher au fond de ma gorge.
C'est alors que la douleur s'intensifia pour gagner des partie de mon crânes qui, de toute ma vie, ne m'avaient jamais causées aucune douleur. Mais cette fois-ci, j'avais l'impression que ma tête allait exploser et, quand je tombai en arrière, la sensation de mon crâne tapant contre le plancher ne fut rien sinon une caresse comparé à la souffrance que j'éprouvais.
J'étais couchée sur le côté, les yeux grand ouverts et les ongles raclant le bois sombre tandis que mes jambes étaient parcourues de spasmes violents. J'en oubliai presque le goût amère et la sensation visqueuse de la feuille que je devais encore garder dans ma bouche pendant huit jours.. Par contre, c'est elle qui failli me faire étouffer plus d'une fois car, en se rétractant, ma langue l'entraînait vers le fond... Tous mes efforts pour me contrôler, eurent pour résultats de ne pas étouffer à cause de mon expérience.
Soudain, tout s'arrêta et je sentis pour la première fois la brûlure de l'air qui empli mes poumons je ne savais même pas que j'étais en train d'étouffer.
- « Allez ! Levez-vous ! » grogna le professeur Maugrey en m'attrapant par le bras. D'un mouvement sec, il me releva et, d'abord sous le choc, je me mis à tituber sur mes deux jambes flageolantes... « Dix minutes de pause. » annonça-t-il en s'éloignant quelque peu.
Le souffle court, je le voyais se dandiner sur le plancher, sa baguette à la main pendant que je restai là, les mains sur les genoux, penchée en avant et les cheveux dans les yeux... mais il y avait toujours le froid du métal contre ma peau ça faisait du bien.
Les dix minutes passèrent à une vitesse incroyable et, en un éclaire, la douleur revint. Elle était plus intense et, après la troisième fois, je ne pus me relever.
Je ne savais pas combien de temps j'avais dormi... mais une légère douleur était encore présente. Lentement, je me redressai et me rendis compte que j'étais dans le fauteuil du professeur Maugrey, devant un feu de cheminée.
- « Tenez. » grogna une voix sur ma droite le professeur me tendait une tasse de thé.
- « Merci. » dis-je d'une voix brisée en en prenant délicatement la anse.
- « Vous avez bien tenu. » dit-il simplement en me tournant le dos le son de porcelaine résonna dans la salle. « Je m'attendais à ce que vous criiez... » grogna-t-il en tournant temporairement sa tête vers moi.
- « Je pouvais pas... » murmurai-je en tenant ma tasse à deux mains.
- « Et c'est une bonne chose. » dit-il en se redressant. « Si votre adversaire est sadique, crier ne fera que lui donner une raison supplémentaire de vous faire mal. » expliqua-t-il en claudiquant jusqu'au tabouret qui était de l'autre côté de la table et à gauche de la cheminée je ne pus qu'acquiescer.
Après ça, je passai le reste de la matinée dans son bureau à lire des livres qu'il m'avait prêtée puis, après le repas, je partis vers la bibliothèque quand, dans les couloirs, je vis Diggory marcher main dans la main avec une Serdaigle il me vint alors une idée.
- « Hey ! Diggory ! » appelai-je en marchant d'un pas déterminé vers eux.
- « Smithen ? » s'étonna-t-il en se retournant.
- « Tu permets ? » dis-je à la fille qui l'accompagnait avant de l'attraper par sa manche et l'emener un peu plus loin.
- « Qu'est-ce qu'il y a ? » demanda-t-il poliment, même si je voyais bien qu'il était agacé par mon intrusion.
- « Il paraît que tu as aidé Potter avec l'énigme de l'œuf... » chuchotai-je en croisant les bras sur mon torse il se mis à gigoter, visiblement mal à l'aise.
- « Pourquoi... qui t'as dit ça ? » chuchota-t-il l'air inquiet.
- « J'ai mes secrets qu'est-ce que tu lui as dit ? » demandai-je toujours sur le même ton il regarda de tous côtés.
- « Qu'il devait prendre un bain et plonger avec... et l'ouvrir sous l'eau pour écouter... » admit-il après quelques secondes d'hésitation.
- « La prochaine épreuve sera sous l'eau ? » m'étonnai-je.
- « Des sirènes. » ajouta-t-il avant de jeter un coup d'œil à la fille qui l'attendait toujours elle nous dévisageait.
- « Ok, c'est bon vas-y. » dis-je en passant à côté de lui. « Tout le bonheur du monde. » ajoutai-je avant d'être trop loin pour qu'il ne puisse m'entendre. Maintenant, il me fallait juste trouver un moyen de faire savoir ça à Potter...
Je savais bien que ce n'était pas une idée qui marcherait à cent pour cent, mais je tentai tout de même ma chance et me mis à la recherche de Krum.
Cependant, je ne parvins pas à le trouver ni à la bibliothèque, ni dans le parc et encore moins dans les couloirs... Mais je ne me démontai pas pour autant et, entre mes visites aux Jumeaux auxquels j'avais réussi à acheté la recette du marécage portable, et mes rondes successives, je parvins à me créer, dans un renfoncement agrandi de l'entrepôt, une véritable petite clairière. Toutefois, je m'étais plantée dans les quantités d'eau et avait, sans faire exprès, ajouté une mare.
Enfin, la seule chose qu'il me restait à faire, c'était de trouver un moyen de transformer la neige qui tombait en une pluie fine qui permettrait de former la rosée dont j'avais besoin.
Je fis donc un essai et déplaçai mon feu éternel au dessus d'un trou que j'avais creusé dans la roche et juste au dessus de la partie couverte d'herbe il n'y avait plus qu'à espérer que personne ne le remarque et que l'ombre apportée par les quelques arbres soit suffisante...
Pendant cette semaine, je passais mes nuits dans mon pot chez les Poufsouffles et fis en sorte de me faire coller par ce bon vieux Rogue, ce qui n'était pas bien dur... et lui volait une cuillère en argent... enfin disons un emprunt à durée indéterminée.
Le deux janvier, je retournai dans l'entrepôt, attendis la nuit et déposai ma fiole en cristal à la lumière de la pleine lune. Dedans, je mis un cheveux, la feuille de Mandragore dont j'étais plus que contente de me débarrasser, une chrysalide de sphinx tête-de-mort et une cuillerée de la rosée qui avait pris forme dans la petite clairière que j'avais mise à l'ombre.
Ensuite, je pris la fiole et la déposai dans le premier tiroir de ma malle-bibliothèque. Et depuis cette nuit là, je me mis à réciter ces quelques mots
Amato Animo Animato Animagus
et ce, au lever mais aussi au coucher du soleil à partir de là, je n'avais plus qu'à attendre le prochain orage mais surtout le premier éclair.
Les cours reprirent le quatre janvier et c'est avec ennui que je me retrouvai avec les Gryffondors et Chourave dans une serre à me les peler. Enfin, ce n'était pas le moment de me relâcher, je devais encore trouver un moyen de pousser Potter à suivre le conseil de Cédric... Mais Krum restait introuvable, ou du moins, pas aux heures où j'avais du temps libre et j'étais de plus en plus sûre que Granger garderait ça pour elle même s'il lui en parlait...
Mais, plus tard dans la semaine, quand je passai chez les Jumeaux pour voir où en était leurs expériences, j'entendis quelque chose de très intéressant apparemment, Rita Skeeter, la femme rapace qui m'avait suivi pour avoir des 'informations', avait écrit un article sur le fait que Hagrid soit un demi-géant... Et alors, il n'était pas un monstre pour autant. Et surtout, c'était bien une idée de Crabbe de dire qu'il avait été mordu par un Veracrasse... ils n'avaient même pas de dents !
Dans ma tête cependant, une autre information fit tilt Potter et ses amis étaient souvent fourrés chez Hagrid... Alors, peut-être, comme il était au plus bas, ils iraient le voir... et peut-être que lui pourrait mettre la pression à Potter pour qu'il suive la piste de Cédric...
Ce plan était presque stupide, mais je tentai ma chance et profitai de mon mercredi après-midi pour aller à Pré-au-lard acheter un gâteau avec tout l'argent qu'il me restait et retournai à Poudlard. Les pieds enfoncés dans la poudreuse, je me présentai devant la cabane et toquai plusieurs fois et entendis des aboiements bruyants, avant qu'une masse de cheveux noirs et hirsutes ne dépassent de la porte.
- « C'est pour quoi ? » demanda une voix qui était clairement fatiguée.
- « Je voulais juste vous amener ce gâteau j'espère que vous n'avez pas d'allergies... » dis-je un peu gênée en lui présentant le paquet qui me pesait déjà sur les bras. Il sembla dubitatif et la porte se referma avant que le bruit de verrous ne se fasse entendre. La porte s'ouvrit peu après sur un chien noir énorme et un Hagrid qui semblait abattu et exténué.
- « Entrez...euh Smithen c'est ça ? » demanda-t-il, ça voix un peu brisée j'acquiesçai avec un sourire. Tout était très haut ici, et je n'en attendais pas moins de la part de la maison d'un garde-chasse aussi grand, mais même les tasses ici ressemblaient à des cruches...
- « Du thé ? » demanda-t-il en posant une vieille théière sur la table j'acceptai. « De mes élèves, je n'aurais jamais pensé que vous soyez la première à venir... » marmonna-t-il en pensant certainement que je ne l'avais pas entendu.
- « Potter et ses amis n'ont pas encore fini leurs devoirs, mais de ce que les Jumeaux Weasley m'ont dit, ils prévoient de venir très bientôt. » dis-je en espérant pouvoir amener la conversation sur Potter... mais surtout, sur la deuxième tâche.
- « Ah... » dit-il en se laissant presque tomber sur sa chaise. J'attendis pendant un bon moment en regardant le contenu de ma tasse qui diminuai peu à peu... mais il ne parla pas plus et je ne savais pas vraiment de quoi parler avec lui... sauf peut-être des Scroutts
- « Les Scroutts vont bien ? » demandai-je en reposant ma tasse.
- « Il y en a un qui est mort de froid... » répondit-il en faisant tourner sa tasse entre ses mains.
- « Ah mince... » murmurai-je en baissant une fois de plus les yeux sur le contenu de ma tasse elle était presque vide. « Dites, à part le calamar géant, y'a des sirènes dans le Lac noir ? » demandai-je.
- « Il y a des êtres de l'eau en effet. » répondit Hagrid en finissant sa tasse d'un trait. « Pourquoi cette question ? »
- « Et bien on m'a dit que Potter avait découvert ça en résolvant l'énigme de l'œuf d'or... » répondis-je en souriant mentalement quand son visage s'illumina partiellement.
- « Il a vraiment trouvé ? » demanda-t-il avec une voix qui trahissait sa joie j'acquiesçai.
- « Mais vous pourrez lui demander quand il viendra vous voir cette semaine. » dis-je avant de regarder ma montre il était déjà cinq heures. « Il faut que je retourne au château. » annonçai-je en me levant de ma chaise. « merci encore pour le thé. » ajoutai-je quand il se leva pour m'ouvrir la porte.
- « M-merci à vous... » dit-il une main sur la clenche je descendis les marches qui me déposèrent sur la poudreuse et me retournai.
- « Professeur ne vous laissez pas faire par cette Skeeter. » ajoutai-je avant de me mettre en route j'avais de la chance, il fallait juste que Potter aille chez son ami, soit chamboulé par son état et la joie qu'il dégageait et tout irait comme sur des roulettes... ou du moins, c'est ce que j'espérais...
