C'était déjà la mi-janvier, je m'étais fait coller une fois de plus par Rogue et en profitai pour lui rendre sa cuillère et, pour la première fois depuis longtemps, je pu retrouver le goût délicieux des plats servis pendant les repas plus de cette chose gluante et ignoble ! Quand à l'affaire dont j'avais été chargée ça n'allait pas exactement comme je l'aurais espéré.
De ce que je savais, Potter n'était toujours pas allé chez Hagrid... Quelle manque de compassion ! Et de plus en plus, je m'étais demandé pourquoi il rechignait tant à suivre les indication de Diggory... après tout, il était préfet, un Poufsouffle pure-souche et n'avait jamais fait la moindre crasse à qui que ce soit...
Peut-être était-ce le fait d'avoir aidé... purement et simplement... après tout, c'était contre le règlement... et les deux le savaient... mais Diggory avait déjà omit des choses m'avait permis de sortir après le couvre-feu... Il y avait donc eu quelque chose entre les deux... un service rendu peut-être...
Sand doute, c'était bien le genre du petit Diggory de plier le règlement pour rendre la pareille... Mais ça n'expliquait toujours pas pourquoi Potter boudait ses indications...
- « Fais gaffe Liz, tu vas te fouler un neurone. » rit soudainement une voix derrière moi.
- « Ils ont l'habitude d'êtres sollicités merci. » dis-je en refermant mon livre de potion. Mon regard se leva alors vers les Jumeaux qui semblaient être bien déterminés. « Vous deux, vous avez quelque chose derrière la tête... »
- « Oui, ça s'appelle des cheveux. » répondit George en offrant sa meilleure imitation de Percy.
- « On va aux Trois Balais ça te tente ? » demanda Fred en glissant ses mains dans ses poches. Je m'apprêtai à refuser quand, dans le lointain, je vis Potter et sa clique se diriger vers Pre-au-lard c'était l'occasion.
- « Pourquoi pas ? » murmurai-je en me levant du rocher sur lequel j'étais assise en plus, il commençai à faire un peu froid.
C'est donc à trois que nous nous dirigeâmes vers le Pub où je crus reconnaître quelqu'un...
- « C'est pas Verpey là-bas ? » dis-je en m'arrêtant à une cinquantaine de mètres de l'entrée du hameau.
- « Où ça ? » dirent les Jumeaux à l'unisson.
- « Au Trois Balais il y est entré. » dis-je en désignant l'endroit d'un mouvement de tête. Les deux se regardèrent un moment puis se mirent à marcher de plus en plus vite vers l'établissement. C'est deux là me tueraient...
Peu après, j'arrivai devant la porte du pub au moment où le chef du département des sports en sorti
- « Excusez-moi. » dit-il précipitamment avant de partir dans la direction de la Tête de Sanglier.
- « Veuillez nous excuser. » dit alors une autre voix et, surprise, je me mis encore plus sur le côté, laissant ainsi passer un groupe de Gobelins qui semblaient suivre Verpey de près... Tout le monde n'avait pas des Gobelins aux fesses... et ce type m'intriguait de plus en plus... en fait, la seule autre personne que j'avais vu être suivie par des Gobelins, c'était un vieil escroc dans l'Allée des Embrumes... ce type avait-il des dettes si conséquentes ?
Haussant les épaules, je rentrai dans le pub et m'installai avec les Jumeaux à une table dans le fond gauche de la salle Potter et les autres y étaient encore.
- « Qu'est-ce qu'il voulait ? » entendis-je Weasley demander à Potter.
- « Il a proposé de m'aider pour l'œuf d'or » répondit-il.
- « Je ne pense pas que Dumbledore serait très content s'il savait que Verpey a voulu t'inciter à tricher ! » dit Granger, que j'entendis à peine. « J'espère qu'il essaye aussi d'aider Cedric ! »
- « Non, je lui ai déjà posé la question. »
Voilà qui était très intéressant... alors comme ça, Verpey avait ses favoris et voulais faire gagner Potter...
- « Eh ! Tu prends quoi ? » demanda soudainement Fred en me donnant un petit coup de coude.
- « Euh... » dis-je précipitamment en fouillant mes poches juste pour me rappeler que j'avais tout claqué dans le gâteau pour approcher Hagrid.
- « Je reviens. » annonça-t-il en sortant quelques Mornilles de plus.
- « Arrête, c'est pas la peine ! » vociférai-je en essayant de l'attraper par la manche je n'avais vraiment pas besoin d'avoir une dette envers lui... mais il était déjà au bar.
- « C'est bon, t'en fait pas pour ça on peut bien t'offrir un verre... » dit George en se laissant aller en arrière sur sa chaise.
- « Oui mais je suis vraiment à sec... » dis-je précipitamment. « J'ai rien pour rembourser et vous avez besoin de cet argent pour le projet ! » ajoutai-je en serrant le tissu de ma jupe j'avais horreur de laisser les autres me donner sans rien pouvoir rendre en retour.
- « T'en fait pas pour l'argent les friandises se vendent bien et puis notre poule aux œufs d'or aura beau fuir, elle ne pourra pas se cacher pour toujours... » dit Fred en posant une bouteille de Bièraubeurre devant moi. « Et pour la bière on va dire que c'est pour nous avoir aidé avec le marécage portable. » ajouta-t-il en s'asseyant à son tour.
- « Allez, à notre collaboration ! » dit George en levant sa bière.
- « Et à l'entre-aide. » ajouta Fred un peu hésitante, je levai également ma bouteille. Ça pourrait toujours m'être utile...
- « Au fait quand vous parliez de la 'poule aux œufs d'or'... vous parliez de Verpey ? » demandai-je en reposant ma bière tous deux acquiescèrent.
- « On a fait un pari avec lui à la Coupe du Monde si Krum attrapait le Vif d'or mais que l'Irlande gagnait quand même, alors il nous introduisait aux fournisseurs de Zonko et nous refilait un petit pactole. » expliqua-t-il avant de prendre une grande gorgée de sa Bièraubeurre.
- « Et je suppose qu'une plainte serait inutile... » dis-je en posant mon menton sur mon poing les deux acquiescèrent.
- « Les paris oraux sont jugés illégaux on s'est renseignés... » dit George un peu maussade.
- « Et c'est pour ça que vous lui courrez après... » murmurai-je en finissant ma bière ils acquiescèrent.
- « Enfin, il pourra pas fuir... en insistant suffisamment, on finira bien par avoir notre dû. » dit Fred en retrouvant son sourire. J'aurais alors voulu leur dire que c'était sans doute peine perdue que ce type avait sans doute plus de créanciers aux trousses que de dents... mais je ne savais pas trop pourquoi, je n'avais pas envie de les voir avec un visage triste... je n'avais vraiment pas besoin de voir ça. Alors, sans un mot, je me contentais de les écouter parler de nouvelles recettes, des résultats des tests qu'ils avaient fait sur les élèves de Gryffondor qui avaient accepté de jouer les cobaye... D'un côté, j'avais envie de m'amuser et c'était agréable de les entendre... mais mon cerveau suivait également Potter à la trace.
- « Verpey n'avait pas l'air très content de nous rencontrer, tu ne trouves pas, Bozo ? Pour quelle raison, à ton avis ? Et qu'est-ce qu'il fabrique avec une bande de gobelins accrochés à ses basques ? Il dit qu'il leur fait visiter le village... Quelle idiotie... Il a toujours été incapable de mentir convenablement. Tu crois qu'il mijote quelque chose ? On devrait peut-être faire notre petite enquête ? Imagine un peu : Déshonneur pour l'ex-directeur des sports magiques, Ludo Verpey... Pas mal comme accroche, tu ne trouves pas ? Il suffit de dénicher une histoire qui aille avec... » débita une voix désagréable qui me rappelait étrangement quelque chose.
- « Vous essayez encore de briser la vie de quelqu'un ? » lança soudainement Potter je me retournai et vis que cette bonne femme était la même que celle qui m'avait poursuivi pour me poser des questions... celle de l'article sur Hagrid...
- « Harry ! » s'exclama-t-elle avec un grand sourire. « C'est merveilleux ! Pourquoi ne viens-tu pas te joindre à... »
- « Je ne m'approcherais pas de vous même avec un balai de trois mètres ! » répliqua Potter visiblement furieux. « Pourquoi est-ce que vous avez fait ça à Hagrid ? » ça s'annonçait bien...
- « Nos lecteurs ont le droit de connaître la vérité, Harry, je ne fais que mon... »
- « On s'en fiche qu'il soit un demi-géant ! » s'écria Potter. « Il n'y a strictement rien à lui reprocher ! »
C'est marrant, d'un côté, j'étais contente de voir que Hagrid n'était pas vu comme un danger public même par ses amis.. mais il y avait toujours un petit côté amer à ça... pourquoi n'avais-je pas eu ça ? Pourquoi Dumbledore m'avait directement dit que je l'avais profondément déçu, alors qu'il défendait les autres sans rien attendre d'eux ? Même moi, il ne m'avait gardée que pour avoir un œil sur mes activités...
- « Et si tu me parlais un peu du Hagrid que tu connais, Harry ? » dit-elle sur un ton mielleux. « De l'homme qui se cache derrière les muscles ? Des raisons de votre amitié si improbable ? Est-ce que c'est un substitut du père, pour toi ? »
Soudain, Granger se leva, sa bouteille à la main comme si elle voulait la jeter à la figure de cette affreuse gargouille.
- « Vous êtes horrible ! » dit-elle entre ses dents serrées. « Vous n'avez aucune considération pour personne, tout ce qui compte pour vous, c'est de trouver quelque chose à écrire sur n'importe qui. même sur Ludo Verpey... »
- « Assieds-toi donc, espèce de petite sotte et ne parle pas sans savoir. » répliqua froidement Skeeter, avec un regard féroce. « Je pourrais te raconter sur Ludo Verpey des choses à te faire dresser les cheveux sur la tête... Ce qui leur ferait peut-être du bien, » ajouta-t-elle en regardant la tignasse de Granger.
- « Venez, on s'en va. » dit sèchement Granger en rangeant sa chaise. Tous trois sortirent et, ils n'avaient même pas passé le pas de la porte que la Plume de Skeeter glissait d'un côté à l'autre d'un morceau de parchemin sur sa table.
À ce moment, une idée me vint.
- « Excuse Freddie. » murmurai-je en attrapant sa bouteille à moitié vide.
- « Hey ! » dit-il en se retournant pendant que je me dirigeai vers le bar. Cependant, je m'arrangeai pour passer devant la table de Skeeter et trébuchai sur une dalle qui dépassai du sol inégal.
- « Ah ! » s'exclama la vieille goule en se recevant la Bièraubeurre sur elle. « Mais regardez où vous marchez ! » hurla-t-elle en sortant sa baguette.
- « Toutes mes excuses » avais-je balbutié en essayant de l'aider.
- « Éloignez-vous de moi, vous en avez déjà fait assez ! »
Après ça, je sortis du pub et m'adossai contre la paroi de l'établissement, le sourire aux lèvres.
- « C'était quoi l'embrouille ? » demanda soudainement la voix de George qui venait de passer la porte, suivi de son frère.
- « Tien ! » dis-je en jetant deux Mornilles à Fred ils se regardèrent un moment.
- « Mais t'étais pas à sec ? » demanda George l'air incrédule je ris.
- « Moi oui... Skeeter non. » répondis-je avant de me décoller de la paroi et me diriger vers Poudlard.
- « Tu sais quoi, » commença George en posant une main sur mon épaule après m'avoir rattrapé. « je crois que les Poufsouffles ont tort. » ajouta-t-il en continuant à marcher à côté de moi.
- « Ouais t'es pas une Serpentard. » pointa Fred en posant, lui aussi une main sur mon autre épaule ils commençaient déjà à m'exaspérer et pour la première fois depuis quelques jours, je sentis la sensation glacée du pendentif que j'avais gardé.
- « Vrai tu fais des crasses qu'aux empêcheurs de tourner en rond. » rit George Je ne dis rien, mais les fixai à tour de rôle avant de me dégager et partir vers le château seule je n'avais pas besoin d'une analyse psychologique de cinquième zone ni même de quelqu'un pour me dire à quelle maison ou groupe j'appartenais... ça ne faisait tout simplement pas la personne qu'on était.
Enfin, comme j'avais envie de voir si mon petit plan avait marché, j'allai directement à la lisière de la forêt, attendis un petit moment avant d'aller à l'arrière de la cabane de Hagrid pour voir s'ils étaient toujours là dedans.
- « Tu sais ce qui me ferait plaisir, Harry ? Que tu gagnes. C'est vraiment ce que je souhaite. Ça leur montrerait un peu, à tous... qu'on n'a pas besoin d'avoir le sang pur pour y arriver. Et qu'on n'a pas à avoir honte de ce qu'on est. Ça leur montrerait que c'est Dumbledore qui a raison en acceptant tous ceux qui ont des dons pour la magie, d'où qu'ils viennent. Au fait, comment tu t'en sors, avec cet œuf ? »
- « Bien, » assura Potter. « Très bien. »
- « Ça, c'est une bonne nouvelle... Montre-leur un peu, Harry, montre-leur. Sois plus fort que tous les autres. »
Un rictus s'étala sur mes lèvres et, sans perdre de temps, je me mis à suivre Potter et faire des rondes devant le portrait de la salle commune des Gryffondors l'ancienne entrée de la boutique des Jumeaux n'en était pas loin... comme quoi, ils avaient toujours été plus utiles qu'on le pensait.
Un soir, quand Weasley rentra étrangement tard dans la salle commune, j'entendis un bruit de parchemin que l'on froisse.. or, il n'en avait pas en main et contrairement à Granger, il n'était pas du genre à se balader avec des devoirs faits à l'avance dans ses poches.
Je décidai donc de suivre se bruit et, à force d'efforts auditifs, je parvins devant la statue de Boris le Hagar...
Au bout d'un moment, une porte s'ouvrit dans un grincement sonore et, de là où j'étais j'aperçus des robinets La salle de Bain des préfets ?
- « Potter a des goûts de luxe... » murmurai-je en disparaissant derrière une tapisserie qui donnait sur un autre raccourcis. Tout ce qu'il me fallait faire maintenant, c'était rendre compte de la situation au professeur Maugrey.
C'est donc dans cette optique que je me dirigeai vers la salle de défense contre les forces du mal, forçai la porte avec un Alohomora et allai toquer à son bureau.
Il y eu un bruit de verre entrant en contact avec quelque chose puis le son du bois contre le parquet, quoi qu'un peu étouffer, parvint à mes oreilles la porte s'ouvrit.
- « Du nouveau ? » demanda-t-il.
- « Potter est dans la salle de bain des préfets. » dis-je simplement en glissant mes mains dans mes poches ses yeux s'écarquillèrent un instant puis un sourire s'étala sur son visage.
- « Il s'est enfin décidé... » grogna-t-il en s'appuyant contre l'embrasure de la porte j'acquiesçai.
- « Le tout, c'est de jouer la bonne corde. » répondis-je avec le sourire.
- « Je devrais participer à la loterie plus souvent ... » dit-il en rejetant sa crinière grise en arrière je levai un sourcil inquisiteur.
- « J'ai de la chance d'avoir parié sur le bon cheval. » expliqua-t-il en me lançant un clin d'œil mes yeux s'écarquillèrent. « Bon, je vais faire ma ronde. » grogna-t-il en passant le seuil de la porte je me reculai pour lui laisser de la place et sortis de la salle en même temps que lui.
- « Bonne ronde. » dis-je en le regardant claudiquer vers l'escalier il me salua de la main sans se retourner et disparut dans l'obscurité peu après.
Enjouée, je passai par plusieurs raccourcis et m'affalai sur mon vieux matelas. Une chaleur agréable se dégagea alors sur mon torse et, pour une fois, je ne sentis plus le froid du métal... mais juste la fierté d'avoir accomplie quelque chose d'important jusque au bout... et cette expression sur ce visage buriné, était juste pour moi...
Le reste du mois ainsi que les dix premiers de février se passèrent plutôt bien et ne comportaient rien de vraiment notable... sauf peut-être le professeur Maugrey qui, de temps à autre, regardait une vieille carte... mais je ne lui avait jamais rien demandé ce n'était pas mes affaires.
De plus, j'avais cru voir des images bouger dessus... peut-être était-ce des photos ? Peut-être avait-il enfin mis la main sur des portraits de famille et se replongeait dans ses souvenirs... ?
Ou peut-être, était-ce une liste de tous ceux qu'il avait envoyé à Azkaban... ou bien juste de ceux qui y avait échappé à cause des failles de la justice... comme il me l'avait dit si souvent « Il n'y avait rien qu'il détestait plus qu'un Mangemort en liberté. »
Je passai donc le plus claire de mon temps à étudier, m'entraîner avec le professeur Maugrey et à bidouiller le balai de mini-Krum... Je l'avais sortis de sa boîte quelques semaines auparavant... mais, contrairement à ce que j'avais ressenti les mois précédents... il y avait quelque chose de beau, de doux... et nostalgique dans la façon dont la lumière des flammes dansaient sur le bois ciré...
Mais ce n'étaient plus des larmes qui m'échappaient quand je travaillais le bois ou sur des plans pour étudier l'ergonomie... Non, seuls des sourires venaient tirer mes traits...
Au final, je ne savais pas vraiment pourquoi j'avais décidé de m'y remettre... mais plusieurs fois en cherchant des outils, j'avais mis la main sur mes multiplettes et, au bout d'un moment, je me dis que, si j'avais voulu faire ce balai pour mini-Krum... alors peut-être qu'en faire profiter le vrai serait la meilleure chose à faire... au moins il ne resterait pas là à prendre la poussière...
Je me mis donc à étudier les ralentis que j'avais enregistré, prendre des mesures, rapporter à la bonne échelle... Avec tout ça, j'en avais presque oublié de réciter à chaque coucher et lever du soleil ma formule... tout ce que j'espérai, c'était que le prochain orage arriverait rapidement.
- « Et pour les nougats ? » demanda Fred.
- « Je vous l'ai dit diluer les carapaces avec du sang de salamandre... ça enlève le goût acide. » dis-je en glissant mes mains dans mes poches.
- « Ouais mais ça leur donne une couleur bizarre... » dit George qui tenait dans ses mains un carnet de recettes. « On a déjà essayé... »
- « Et du sang de dragon ? » proposai-je après quelques instants de réflexion.
- « Mhm, et tu me diras où t'en trouves... » répliqua Fred en réajustant son sac sur son épaule. « Rah, ce chapeau me gratte ! » vociféra-t-il en l'enlevant.
- « Messieurs Weasley ! » appela soudainement la voix tranchante de McGonagall.
- « Ne me dîtes pas que vous lui avez encore fait une farce... » vociférai-je quand nous nous fûmes tous trois arrêtés. Nous nous retournâmes et, quand elle arriva devant nous, elle me regarda brièvement comme si elle se demandait pourquoi je ne partais pas.
- « Vous pouvez y aller, Mademoiselle Smithen. » ordonna-t-elle à moitié, d'un ton que je trouvais aussi lugubre que désagréable.
- « Oui, professeur. » dis-je en tournant les talons. Je ne revins pas au château ce soir là et pris simplement quelque chose à manger puis, vers cinq heures, je récitai mon incantation et tentai de dormir un peu.
Ce temps de repos fut toutefois inutile car, au moment où j'eus l'impression de pouvoir dormir, je vis une sorte de flash... puis le tonnerre secoua les parois rocheuses...
Sans même réfléchir, je me précipitai vers le tiroir dans lequel j'avais rangé ma potion et, quand je la sortis de là, je me rendis compte qu'elle était effectivement devenue rouge sang.
Je n'avais plus qu'une chose à faire aller dans un endroit suffisamment grand pour me transformer... mais encore une fois je ne serais probablement rien de plus qu'un petit oiseau déplumé ou un furet aux poils ternes... il n'était probablement pas nécessaire de changer de lieu pour ça.
Immédiatement, je débouchai la fiole, pris ma baguette et la plaçai sur mon cœur en récitant l'incantation que je connaissais depuis longtemps par cœur... cette fois-ci, l'impression qu'un deuxième cœur battait dans ma poitrine était encore plus forte. Sans plus attendre, je posai ma baguette sur mon lit et vidai le continue du récipient. Je n'eus même pas le temps de le poser que je me mis à trembler des pieds à la tête.
Instinctivement, je me reculai, les mains crispées à cause de la douleur qui parcourrait tout mon corps c'était un peu comme lorsque le professeur Maugrey me lançait des Endoloris..
Mais cette fois-ci, mon cœur aussi s'emballa et, à genoux, je fermai les yeux uniquement pour voir se dessiner, derrière mes paupières, une forme étrange... ça avait définitivement quatre pâtes... et c'était maigre... une belette ? Non, les pâtes étaient bien trop longues par rapport au corps... un chien ?
Soudain, je sentis mes vêtements comme fondre dans ma peau et mes os craquaient tellement que j'avais l'impression qu'on me les cassait pour mieux les réarranger. C'était comme lors de la Coupe, la même sensation d'être écartelée... de ne pouvoir rien faire... et, tout à coup, ma vision commença à se troubler et les objets s'agrandir.. puis les couleurs devinrent de plus en plus fades.. à tel point que le pourpre du feu éternel devint jaune pale...
C'est alors que, d'un coup, la douleur s'arrêta. Soulagée, je restai là un moment à regarder le monde autour de moi... et, même si les couleurs étaient mornes... je n'avais pas vraiment de délimitations avec les parties plus sombres ou lumineuses de la pièce c'était déjà une bonne chose.
Lentement, j'essayai de me relever mais à ce moment là, je sentis une vive douleur me brûler je voulus alors crier de douleur, mais à la place, un hurlement perçant résonna dans la cavité et, terrifiée, je sautai debout mais me cognai à différents meubles avant que le feu éternel qui était au mur, ne se décroche et tombe au sol.
Là, dans le reflet des morceaux de miroir qui étaient au sol, je vis deux ronds blanchâtres fixés sur une longue tête décharnée. Horrifiée par cette vision, je sentis l'envie de m'enfuir prendre le dessus mais, lorsque mes yeux se posèrent sur le balai de mini-Krum, mon esprit retrouva suffisamment de lucidité pour me permettre d'aller m'enfermer dans la clairière.
'Mais qu'est-ce que j'ai fait... ?'
