Je ne savais pas depuis combien de temps j'étais là à me demander ce qui m'avait pris j'avais réussi à passer inaperçu même sans cette transformation... et j'aurais très bien pu échapper à Peeves avec ma Glace à l'ennemi. Alors pourquoi m'étais-je lancé là dedans ?!
Ça ne pouvait pas juste être pour passer inaperçu ! Non, ça n'aurait eu aucun sens. Je jetai alors un coup d'œil à ma réflexion un cou long, un museau garni de dents comme des crochets et des crins plus sel que poivre qui me tombaient devant les yeux... j'avais dû rater quelque chose... peut-être que la rosée n'était pas assez bien ! Peut-être que la cuillère était plaquée argent mais pas en argent pur ! Peut-être que j'avais trop attendu entre le moment où j'ai prononcé l'incantation et celui où j'ai bu... Et si je ne pouvais plus me retransformer une plainte aiguë m'échappa
Soudain, j'entendis quelque chose racler contre la roche ça venait de l'entrepôt. Je me tus immédiatement et, après quelques secondes, j'entendis deux claquements réguliers... Un hoquet de surprise m'échappa et le son s'arrêta net.
Je ne savais pas si c'était le professeur Maugrey, ou si c'était lui, s'il voyait à travers la paroi... mais je ne voulais pas qu'il me voit comme ça ! Quand les sons reprirent, je me levai et partis me réfugier derrière les arbres où l'ombre était plus dense.
Étrangement, j'entendais le tissu se plier au moindre mouvement, le bois taper contre le sol.. mais surtout, le bruit d'une main passant sur la roche. J'aurais dû être contente que quelqu'un ce soit inquiété... ou bien avait-il juste besoin de moi pour une autre 'mission'... j'aurais dû être soulagée de pouvoir compter sur un professeur en qui j'avais confiance... mais il y avait toujours cette honte que je ressentais... j'avais travaillé dur pour devenir plus forte, j'avais laissé mes regrets derrière moi... j'avais fait mon deuil... alors pourquoi étais-je si vulnérable ?!
Clac
Instinctivement, je me reculai un peu plus jusqu'à être totalement collée au mur et regardai la la paroi s'ouvrir sur la silhouette du professeur Maugrey. Son œil magique semblait sonder la pièce et, lorsqu'il arriva à mon niveau, il se figea.
- « Smithen ? » appela-t-il la voix incertaine. Je me figeai mais, après plusieurs secondes de délibération, une sensation de brûlure se répandit sur mon torse. Hésitante, je fis un premier pas hésitant, la tête basse... puis un deuxième.
Je sentais les feuilles frotter contre mes bras et jambes lorsque je sortis de derrière les arbres, à vrai dire, je ne savais pas si j'avais de la fourrure, des écailles ou juste de la peau... mais je me sentais affreusement dénudée... comme si on m'avait écorchée vive...
Il ne dit rien et se contenta d'avancer puis, tout à coup, je sentis une main se poser sur mon épaule je voulus alors relever la tête, mais je faillis me cogner au professeur. Voyant cela, il s'écarta et, pour la première fois, je pus relever la tête... timidement.. avant de me retrouver à une trentaine de centimètres au dessus de celle du professeur Maugrey.
- « Si je m'étais attendu à ça... » murmura-t-il en passant une main sur ce qui, je pense, était un museau. Il semblait observer, souleva ma lèvre supérieure avec son pousse et passa se même doigt sur mes dents moi qui avait horreur d'aller chez le dentiste...
Mais, malgré mon malaise, je restai immobile et laissai sa main remonter sur mon front et dégager les crins gris, noirs et blancs qui me cachaient partiellement la vue.
C'était étrange, je savais que j'avais une espèce de peau sur le corps... mais sous ses doigts, j'avais juste l'impression qu'il touchait mes os... et pour tout dire, je n'aimais, mais alors pas du tout cette sensation. Mais j'avais peur de faire quelque chose de stupide en m'écartant alors j'attendis patiemment que ce soit lui qui s'écarte.
- « Bon, il va falloir réparer ça, hein ? » grogna-t-il en me donnant deux trois tapes sur l'épaule avant de retourner dans la pièce principale de l'entrepôt je le suivis.
Là, je vis le désordre que j'avais causé les fioles étaient par terre, brisées pour la plupart, les livres étaient tombés des quelques meubles et certains avaient même été piétinés. J'avançai tout de même mais, quand j'entendis du verre craquer sous mes pas, je baissai la tête uniquement pour voir la même tête squelettique.
Les yeux blancs et inexpressifs, les os apparents sous une peau noire et transparente qui me rappelait les ailes d'une chauve-souris mais où avais-je planté ma potion ?!
- « Vous avez un livre avec les indications ? » grogna le professeur, me sortant ainsi de mes pensées je hochai la tête et, regardant un peu partout, je vis le livre en question. Avec précaution, je marchai entre les affaires qui étaient au sol et penchai la tête, l'attrapai entre mes dents le plus délicatement possible puis le lui donnai. J'aurai bien tourné les pages moi-même... mais je n'avais pas de main pour ça... et je n'avais pas envie de me rendre ridicule... encore plus ridicule...
- « Alors, voyons voir... » murmura-t-il en ouvrant le livre puis en le posant sur mon bureau. Il tourna les pages et, pour voir laquelle c'était, je passai derrière lui et tendais mon cou vers l'avant pour pouvoir lire...
Il passa un certain temps à tourner ces pages, mais quand je vis les mots 'Skinwalker', je voulus parler mais une sorte de cris d'oiseau discordant sortis. Il sursauta, mais il resta sur la même page et rapidement, je me mis à lire les dernières lignes.
Se représenter une image la plus précise de possible de son corps humain
De suite, je voulu fermer les yeux pour mieux me concentrer, mais mon Animagus n'avait pas de paupières ! Je partis donc dans un coin plus sombre de la pièce, la tête face au mur et me concentrai sur ma forme humaine. C'était plus difficile que je ne le pensais tous ces bruits parasites, la peur d'avoir planté mon expérience et de ne pas pouvoir revenir... tout cela passait dans mon esprit alors que mon image se dessinait peu à peu dans ma tête...
C'est alors qu'une vague douleur me reprit je sentis la partie supérieur de mon corps se soulever du sol et vis les crins rétrécir enfin, l'ombre revint à mes yeux.
Cependant, mon soulagement fut de courte durée et, quand le bruit d'un livre que l'on ferme arriva à mes oreilles, je me raidis puis, lentement, je me tournai, la tête basse.
- « Désolée... » murmurai-je si bas que je n'étais même pas sûr de l'avoir moi-même entendu.
- « Levez la tête. » dit-il en s'arrêtant juste devant moi. « Prenez vos responsabilités et levez la tête ! » ordonna-t-il mon cou s'enfonça entre mes épaules puis, lentement, je levai la tête vers lui.
- « Qu'est-ce que vous cherchiez à faire avec ça ? Qu'est-ce que vous comptiez prouver ? » grogna-t-il avec un regard dur que je n'avais encore jamais vu.
- « Je.. je pensais... que ça pouvait aider... » murmurai-je en me tassant un peu plus sur moi-même.
- « Oui, en effet, c'est bien d'aider c'est noble... mais comment comptez-vous aider les autres quand vous vous mettez vous-même dans des situations dangereuses ?! » demanda-t-il, sur un ton entre l'exaspération et l'énervement. « Comment ferez-vous si jamais quelqu'un découvrait que vous êtes un Animagus non-déclaré ? Vous iriez à Azkaban ! » cria-t-il, son œil bleu électrique fixé sur moi mes yeux s'écarquillèrent 'un Animagus... ?' pensai-je incrédule.
C'est alors que je compris, cette impression de déjà vu, ça venait des cours de métamorphose... Comment avais-je pu l'oublier ?!
- « À Azkaban... » répétai-je en me laissant aller contre le meuble derrière moi, une main devant la bouche.
- « Je ne veux pas entendre le moindre élève parler d'un Sombral dans le parc du château, me suis-je bien fait comprendre ? » demanda-t-il, en me tendant mon livre de potion.
'Sombral ?' me demandai-je sans pouvoir répondre quoi que ce soit.
- « Compris ? » demanda-t-il sur un ton un peu plus cassant j'acquiesçai timidement. « Bien. » dit-il en me donnant le livre. Après ça, il tourna les talons et se dirigea d'un pas lent vers la sortie. « Potter à réussi, il est ex-aequo avec Diggory. » informa-t-il avant de refermer le passage.
Bientôt, le silence emplit la pièce et, seule, je sentis une brûlure au niveau de mon torse.
- « Potter... » murmurai-je en agrippant le collier, les dents serrées. « Toujours... TOUJOURS POTTER ! » hurlai-je en frappant mon poing sur le meuble à côté de moi. Pourquoi c'était toujours lui ! ¨Pourquoi n'y avait-il que lui qui recevait l'admiration des autres ?!
Non, pas l'admiration la considération ! Pourquoi lui, en se faisant aider par tout le monde, récupère la gloire alors que les autres n'ont rien ?!
Si personne ne lui avait soufflé d'utiliser son balai, il ne l'aurait jamais fait ! Si Diggory n'avait pas été aussi fair-play, jamais il n'aurait eu l'idée de mettre l'œuf sous l'eau ! Et peu importait la façon dont il avait réussi cette épreuve ! J'étais certaine que 'papa Maugrey' était derrière !
'Tu parles d'un survivant ! Ce type est le plus grand assisté que je connaisse ! Même Malefoy n'est pas aussi aidé !' vociférai-je.
- « CE TYPE EST UN PUTAIN DE BOULET ! » hurlai-je en jetant le livre à l'autre bout de la pièce. Je restai comme ça toute la nuit et, lorsque l'aube pointa le bout de son nez, je m'étais fixée un objectif prouver que Potter avait encore plus de casseroles au cul que moi !
Dans cette optique, je surveillai sa correspondance après tout, ce n'était pas bien compliqué... ce garçon ne regardait jamais qui le suivait et n'était pas matinal... pas le moins du monde.
Trouve-toi devant la clôture, au bout de la route de Pré-au-Lard (après Derviche et Bang) samedi après-midi à deux heures. Apporte autant de provisions que tu le pourras.
-Sirius
Ce nom me disait quelque chose... et ça ne ressemblait pas à un rendez-vous galant... 'Très bien, alors rendez-vous là-bas à deux heures...' pensais-je en laissant la chouette aller à la volière.
Après ça, je partis en cours et passai une journée horriblement ennuyeuse jusqu'à ce qu'elle en devienne agaçante.
- « Smithen ! » lança la voix haineuse de Rogue. « Dans mon bureau ! Maintenant ! »
- « Et c'est reparti pour un tour... » vociférai-je en marchant d'un pas las vers cet oiseau de malheur. Nous marchâmes un moment jusqu'à arriver à la salle de potion, puis dans son bureau et là, il se retourna d'un coup, ses cheveux longs en gras collés sur son front.
- « C'est pour quoi cette fois-ci ? » demandai-je en glissant mes mains dans mes poches.
- « Vous semblez être très proche de Maugrey Fol Œil... » dit-il en réajustant lentement sa cape sur son torse.
- « Et ? C'est normal de chercher des renseignements auprès d'un professeur. » rétorquai-je.
- « Des renseignements ? » demanda Rogue en levant un sourcil inquisiteur.
- « Oui pour devenir Aurore. » répondis-je sans le quitter des yeux.
- « Vraiment ? » demanda-t-il d'un ton condescendant. « Mais laissez-moi vous dire, Mademoiselle Smithen, » commença-t-il en posant ses deux mains à plat sur son bureau. « Si je vous reprend à voler mes ustensiles ou à flâner le soir dans la réserve je vous garanti que vous n'aurez même pas assez de BUSEs pour être femme de ménage dans l'Allée des Embrumes. » cracha-t-il en se penchant au dessus de son bureau.
- « Bah, vous savez, vu les professeurs qu'on a eu en Défenses contre les forces du mal les années précédentes, je pense que, même sans BUSEs, j'aurais plus de chance d'avoir ce poste que vous. » rétorquai-je en forçant le sourire le plus innocent que je pouvais avoir son regard me lança des éclairs.
- « Écoutez-moi bien, Smithen, jouer les Ersatz de Potter ne vous mènera nulle part. » lança-t-il en mordant presque ses propres mots... et c'était la goutte d'eau.
- « Ne me comparez pas à ce boulet. » grognai-je en imitant sa posture il sembla surpris l'espace d'une milliseconde.
Toc, toc !
- « Entrez ! » dit-il en retrouvant son intonation habituelle je me redressai et, en me retournant, je vis Karkaroff passer le seuil de la porte, une main crispée sur son bras gauche. « Dehors, Smithen. » ordonna alors Rogue. J'obéis et passai l'ex-Mangemort avant de refermer la porte derrière moi.
Ce soir là, je tentai de travailler sur le balai de mini-Krum, mais mes mains tremblaient tellement que je dû m'arrêter avant de faire une coupure irréparable dans le bois me comparer à Potter... manquait plus que ça !
Le lendemain, je fis un tour à la bibliothèque pour chercher ce qu'était un 'Sombral'. Apparemment, c'était un cheval squelettique originaire des îles britannique et d'Irlande, que seuls ceux qui avait vu et compris le sens de la mort, pouvaient voir... je suivis le groupe de Potter de loin et m'apprêtai à passer le portail quand je vis les Jumeaux au loin, s'enfoncer dans la forêt, non loin de là où la première épreuve avait eu lieu bizarre...
Mais ce n'était pas le moment de se laisser déconcentrer je continuai mon chemin. Ils traversèrent tout le village et ne s'arrêtèrent que lorsqu'ils virent un gros chien noir sur une barrière.
- « Bonjours Sirius » entendis-je Potter dire c'était lui Sirius ? Un Animagus peut-être...
Il renifla le sac qu'ils avaient amené puis, s'enfuit vers la montagne ce fut là que je les perdis.
Si je voulais les retrouver, il n'y avait pas trente-six solutions... Rapidement, je me cachai sous une butte assez élevée et prononçai l'incantation quelques secondes plus tard, je me retrouvai à quatre pâte avec une vision tout en jaune, bleu et vert...
Je déposai alors ma baguette magique dans le creux avec de la terre par dessus, marquai l'arbre d'un coup de sabot et traquai une odeur de chien mouillé là-bas ! Me dis-je en faisant un pas en avant.
AAAHHHHH
Je m'arrêtai immédiatement et tournai la tête dans le sens opposé je ne sentais aucune odeur, le vent ne venait pas de derrière moi... mais cette voix me disait... Les Jumeaux ?!
Je ne savais pas quoi faire d'un côté, j'avais une chance pour prouver au professeur Maugrey que Potter était encore pire que moi... et d'un autre... je tapai du pied et, au galop, je traversai les champs et le village jusqu'à arriver là où je les avais vu entrer dans la forêt.
Je m'arrêtai un moment et me concentrai sur les bruits qui me parvenaient et l'un d'eux ressemblait au bruit familier d'un Chapeaurouge en colère.
Paniquée, je me précipitai dans ça direction et, après quelques minutes à me prendre des ronces et branches dans la tête, je me retrouvai dans une clairière où une trentaine de Gobelins buveurs de sang hurlaient et riaient.
Stupéfix
cria une voix familière au milieu de la clairière, l'un des Jumeaux tenait l'autre une forte odeur de sang arriva alors jusqu'à moi et, tout comme les Gobelins, ça me rendit folle.
Sans plus attendre, je chargeai les créatures et, une fois au niveau des Jumeaux, j'agrippai le col de la robe de sorcier de l'un et le jetai presque sur mon dos.
- « Qu'est-ce qui se paaaasse ! » hurla-t-il pendant que je donnai des coups de tête, sabots et queue à tous ceux qui s'approchaient de trop. Mais ils étaient trop nombreux !
Sans trop savoir comment, je parvins à déployer de grandes ailes et m'en servis pour éloigner les assaillants ce qui me permis d'attraper le deuxième frère, le balancer comme l'autre sur mon dos, puis, partir au galop dans la forêt.
Je ne savais pas vraiment où j'allai mais, en suivant l'odeur des friandises au sang de Honeydukes, je parvins à faire demi-tour et suivis la lisière de la forêt jusqu'à atteindre le mur qui entourait le Parc de Poudlard.
- « Mais qu'est-ce que c'est.. » demanda soudainement une voix je tournai la tête et sentis qu'on me tirait les cheveux. Je m'étais dit que je pouvais les laisser là... qu'il parviendrait à amener son frère jusqu'à l'infirmerie... mais en voyant le sang couler sur le front de celui qui était inconscient et sachant que j'avais promis au professeur Maugrey de ne pas parader sous cette forme dans le parc et devant les élèves, je dus improviser.
Lentement, je me couchai et, après quelques secondes, celui que je reconnus enfin comme étant Fred descendit prenant son frère avec lui.
- « Euh... merci... » dit-il un peu déconcerté en regardant l'endroit où il avait été assis. Pendant ce temps, je me concentrai sur ma forme humaine et, après un bon moment, je retrouvai mes mains.
- « Liz ?! » cria-t-il les yeux ronds. « Qu-qu'est- que »
- « Pose-le par terre on a pas le temps ! » ordonnai-je en attrapant l'autre bras de George. On le fit se coucher sur le sol et relevai légèrement sa tête.
Episkey
prononçai-je en me concentrant sur la plaie qu'il avait au front.
- « D'autres blessures ? » demandai-je.
- « Hein ? » demanda Fred encore sous le choc.
- « Est-ce que l'un de vous deux a été blessé autre part ? » demandai-je agacée.
- « N-non enfin.. peut-être pas... je... ma cheville me fait un peu mal... » balbutia-t-il.
- « Gauche ou droite. »
- « Droite... »
Episkey
prononçai-je en fixant la cheville qu'il m'avait désigné autant ne pas prendre de risque.
- « Euh... tu connais un sort pour le réveiller ? » demanda Fred qui avait l'air on ne peu plus inquiet.
- « Non... mais j'ai toujours la façon Moldu... »
- « Et c'est qu- »
Baf !
- « Aïeeeuh ! » cria George en se tenant la joue. « Qui a frappé ? » demanda-t-il en ouvrant finalement les yeux. « Liz ? » s'étonna-t-il.
- « J'espère que vous avez une bonne raison pour tout ça. » dis-je en secouant ma main par intermittence, les sourcils froncés. C'est idiots m'avaient fait perdre une occasion de prouver que 'Saint-Potter' était loin d'être parfait.
Mais ils se contentèrent juste de me regarder, échanger des regards entre eux et me montrer du doigt avec une incrédulité non-dissimulée. Je restai là un moment, mais voyant qu'ils n'avaient pas l'intention de me répondre, je haussai les épaules et partis vers les montagnes j'avais encore ma baguette à récupérer..
Il me fallut pas moins de vingt minutes pour retrouver ma baguette et, quand ce fut fait, je vis Potter et les autres retourner au château encore une journée gâchée.
- « Attend ! » cria une voix derrière moi je me retournai uniquement pour voir les Jumeaux s'arrêter, le souffle court, devant moi. « Attend... » dit Fred en s'appuyant sur ses genoux, visiblement fatigué.
- « J'ai pas le temps. » dis-je simplement en me remettant en route.
- « Non, vraiment... on a encore trois heures avant le dîner on va aux Trois balais ? » proposa-t-il quand son souffle revint à la normale.
- « Je t'ai dit j'ai pas le temps. » répondis-je en tournant les talons. Ils m'avaient déjà empêchée de faire ce pourquoi j'étais venue... alors si je passais une dix minutes de plus avec eux, je crois bien que je les aurais étranglés. Mais tout d'abord, j'avais quelques questions à poser.
Juste après le repas, je m'arrangeai pour aller devant la porte du cours de Défense contre les forces du mal et ne sortis que lorsque le professeur Maugrey arriva.
- « Vous n'étiez pas au cours... » reprocha-t-il en déverrouillant la porte.
- « J'ai aidé des camarades. » dis-je en le suivant dans la salle puis fermai la porte derrière moi.
- « Alors ? Que me vaut cette visite ? » demanda-t-il avant de sortir sa flasque.
- « J'étais dans le bureau du professeur Rogue quand Karkaroff est arrivé... et il se tenait fermement le bras... je suppose que s'il est venu, ce n'est pas pour une simple tendinite... » dis-je en croisant mes bras sur mon torse.
- « Son bras ? » répéta-t-il en tournant ses deux yeux vers moi. « C'est tout ce que vous avez vu ? »
- « Rogue m'a ordonnée de partir à l'instant où il est entré. » répondis-je son regard se retrouva dans le vide.
- « C'est pas bon... » dit-il en rangeant sa flasque. « Pas bon du tout... »
- « Pourquoi ? Qu'est-ce que ça veut dire ? » demandai-je de plus en plus intriguée.
- « De ce que je sais, tous les Mangemorts, quand ils prêtent allégeance au Seigneur des Ténèbres, » commença-t-il en avançant vers moi de son pas claudiquant. « sont marqués à vie par la Marque des Ténèbres. »
- « La même qu'à la Coupe du Monde ? » il acquiesça.
- « Et cette marque sur leur avant bras, » dit-il en relevant sa manche gauche, révélant ainsi encore plus de cicatrices boursouflées. « se réveille quand Il les appelle. » ajouta-t-il en sortant sa baguette. « et les brûle quand ils fuient... » ajouta-t-il en faisant passer la pointe de sa baguette sur sa peau au même moment, sa langue fit un autre tour jusqu'à la commissure de ses lèvres...
- « Donc... Voldemort est de retour... » résumai-je en déglutissant ce tic nerveux avait le chic pour me rendre mal à l'aise... et depuis le temps, j'aurais dû m'y faire.
- « Certainement. » répondit-il en rabaissant sa manche. « Il en a vendu tellement cette marque doit affreusement le brûler... » murmura-t-il un sourire mauvais aux lèvres vrai, c'était pas plus mal pour lui, il aurait dû réfléchir avant d'y adhérer. « De plus, ça prouve que vos craintes à propos du Tournoi étaient avérées... » ajouta-t-il en se tournant vers moi. « Quand je vous disais que vous pensiez comme l'ennemi. » dit-il en souriant un sentiment de chaleur se propagea alors dans ma poitrine et mes lèvres s'étirèrent d'elles-mêmes.
- « Bonne nuit professeur. » dis-je avant de passer la porte et disparaître dans les raccourcis et jusqu'à mon entrepôt finalement, la journée n'avait pas été si mauvaise.
