On était déjà en juin et le soleil tapait fort sur nos tête mais la mienne se contentait du feu éternel de l'entrepôt et celui de la cheminée de Maugrey quand il faisait chauffer du thé... Je n'avais pas revu les Jumeaux depuis un bon moment, mais passer du temps à me perfectionner en duel ainsi que travailler sur les finissions de mon balai avec le professeur Maugrey ne faisaient que me donner le sourire... et pourtant, je n'arrivai pas toujours à me concentrer sur ce que je faisais et ça me rendait malade !

- « Professeur ? » demandai-je en ouvrant une nouvelle boîte de fioles que je m'étais offertes avec une partie de l'argent de Skeeter.

- « Toujours en train de penser à l'affaire Croupton ? » demanda-t-il sans pour autant lever son œil normal de son livre j'acquiesçai, sachant qu'il pouvait me voir.

- « Je me demandais juste... pourquoi il parlait de son fils... je veux dire, qu'est-ce qu'il avait à voir avec Bertha Jorkins, le retour de Voldemort et Dumbledore... ? » dis-je en reposant celle que j'étais en train d'examiner, à la recherche de la moindre fissure.

- « Pour ça, il faut que je vous parle de la fin de la Guerre et des Longdubas, » commença-t-il après un soupire. « Quand Vous-savez-qui a disparut, les Mangemorts se sont divisés. Il y avait donc ceux, comme les Lestranges, qui partirent à la recherche de leur maître, et d'autres, comme Karkaroff ou Malefoy, qui trahirent tout ceux qu'ils pouvaient pour rester en dehors des murs d'Azkaban. » expliqua-t-il en étendant sa jambe. Voyant cela, j'envoyai mon vieux tabouret vers lui pour qu'il puisse se mettre à son aise.

- « Merci » grogna-t-il en posant sa jambe de bois dessus.

- « Et les Longdubas dans tout ça ? » demandai-je impatiente de savoir ce qui s'était passé.

- « J'y vient. » dit-il en s'adossant à la paroi contre laquelle mon lit était disposé. « Donc, ceux qui lui étaient restés fidèles, partirent à sa recherche et c'est là que les Longdubas entrent en jeu Alice et Frank, tous deux Aurors ont subi le sortilège Endoloris tellement de fois, qu'ils en ont perdu la mémoire... il ne reconnaissent personne... pas même leur fils. » expliqua le professeur d'un ton lugubre.

À ce moment, je me demandai ce qui pouvait être pire perdre son seul parent ou les avoir, sans qu'ils ne reconnaissent leur propre enfant... Probablement le fait de les voir en vie, sans pour autant pouvoir vivre une vie normale avec eux... La mort, était moins cruelle pour tous les partis... Son manque de confiance était peut-être une résultante de ça... ?

- « Ceux qui ont fait ça ont été arrêtés au moins ?! » vociférai-je.

- « En effet, tous les quatre sont passés devant la justice et c'est Croupton lui-même qui prononça la sentence... envoyant ainsi les Lestranges et son propre fils à Azkaban. » sa langue passa plusieurs fois sur la commissure de ses lèvres.

- « Attendez ! Son propre fils ?! C'était un Mangemort ?! » m'exclamai-je en me retournant immédiatement les yeux fixés sur le professeur Maugrey.

- « On a jamais su. » répondit-il en sortant sa flasque de sa veste. « Mais qu'il ai été un Mangemort ou au mauvais endroit au mauvais moment, le vieux Croupton l'a fait enfermer. » dit-il avant de boire une longue gorgée.

- « Attendez, Croupton a la soixantaine et c'était il y a treize ans... alors son fils devait au maximum en avoir vingt ! » m'exclamai-je en retombant sur ma chaise.

- « Vrai, pendant toute la séance il n'a pas arrêté de supplier son père de ne pas le condamner, il hurlait qu'il n'avait rien fait... et un an après son entrée à Azkaban, il est mort. » expliqua-t-il, son tic nerveux de plus en plus présent.

À ce moment, je sentis une sorte de vide glacé dans ma poitrine ça me rappelai le sentiment que j'avais eu en début d'année... quand je m'étais rendue compte qu'aucun de ses profs ne me faisaient confiance... que j'étais juste là par commodité... pour me surveiller... au final, j'avais été seule moi aussi... condamnée pour une erreur de discernement... de jugement... ?

Je sentis mes yeux se charger de larmes et mon regard se troubla, mais je retins un hoquet en plaqua une main sur ma bouche.

J'avais l'impression de l'entendre, crier, appeler à l'aide, implorer la clémence, demander le bénéfice du doute... mais il n'y avait rien après, juste l'isolation et les Détraqueurs...

- « Allez, vous n'allez quand même pas pleurer pour un Mangemort ! » grogna-t-il en rangeant sa flasque.

- « N-non, j-j'ai juste.. j'ai eu un coup de froid, d'un coup... » dis-je en regardant la chaire de poule qui s'était propagée sur mes bras.

- « Un coup de froid ? » j'acquiesçai. « Bien, » dit-il après plusieurs secondes de silence. « Je vais y aller, j'ai un cours à préparer... » dit-il en se relevant, poussant au passage le tabouret que je lui avais envoyé, hors de son chemin.

- « Vous aurez besoin d'aide ? » demandai-je en me levant. Ça n'aurait pas été la première fois que je l'aidais à mettre des créatures dangereuses dans des bocaux ou même tester des sorts il se tourna, le sourire aux lèvres.

- « Ça ira je n'ai qu'une armoire à déplacer les troisième années vont enfin voir leur premier Épouventard. » grogna-t-il en ouvrant le passage. « À plus tard. » dit-il avant que le passage ne se referme.

Une fois de plus, je me retrouvai seule avec mes pensées dans l'entrepôt. Le balai était presque fini, juste les marchepied à fixer et tout serait au poil... mais je ne parvenais pas à me débarrasser de cette pointe de peine que je ressentais pour le fils Croupton...

Peut-être me faisais-je des idées sur ce qu'il avait fait... peut-être avait-il mérité d'aller à Azkaban... de ne pas être soutenu par sa famille... mais... s'il avait dit vrai.. ? S'il n'avait qu'été au mauvais endroit au mauvais moment... si lui aussi avait été jugé pour quelque chose qu'il n'avait jamais voulu... quelque chose qui avait sali à jamais son image... détruit sa vie et rêves...

- « Il faut juste espérer que c'était un salop... » murmurai-je en fixant le dernier boulon.

Les jours passèrent de plus en plus vite et, perdue dans mes révisions, ce n'était pas vraiment quelque chose que je redoutais... non, ce que je redoutais le plus, c'était la fin de l'année... et ne pas revoir le professeur Maugrey. Ça ne prenait pas toute ma tête, pas toute ma concentration, mais dès que je ne pensais pas aux dates et noms des différents Gobelins des cours de Binns, mon esprit se demandait si je pourrais lui rendre visite de temps à autres... ?

Après tout, je n'avais pas à m'inquiéter pour la maison... ni pour la famille d'ailleurs... personne ne m'y attendait.

Après l'épreuve d'Histoire de la magie, je me rendis compte que des parents étaient venus se joindre aux élèves... et plus précisément, les parents des champions... quoi que je ne comprenais pas pourquoi la mère des Jumeaux ainsi que l'un de leurs grands frères étaient venus à la place des parents adoptifs de Potter... Bah ! Pour ce que j'en avais à faire...

Par contre, tant je me moquais de si les Weasley s'étaient invités ou non, mais le père de Diggory... ! Le père n'avait pas élevé son fils ! C'était juste impossible ! Ce type passait son temps à faire l'éloge de son rejeton et remettait sans cesse sur le tapis qu'il avait fait gagner un match de Quidditch contre les Gryffondors... une fois... mais pour nous, c'était au moins la millième édition.

Soudain, le silence s'installa dans la Grande Salle.

- « Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, dans cinq minutes, je vous demanderai de vous rendre au terrain de Quidditch pour assister à la troisième et dernière tâche du Tournoi des Trois Sorciers. Les champions sont priés de suivre Monsieur Verpey qui les accompagnera sur place. »

Diggory, Delacour, Krum et Potter se levèrent sous un tonnerre d'applaudissements et quittèrent rapidement la salle. Plus tard, nous quittâmes à notre tour le château et nous installâmes dans les gradins du terrain de Quidditch qui avait été transformé en un véritable labyrinthe.

Dans le stade, avec les champion, je vis les professeurs, Maugrey, Flitwick, McGonagall coiffés de chapeau comportant une grosse étoile rouge et, pour Hagrid, cette même étoile était sur son dos.

- « Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, la troisième et dernière tâche du Tournoi des Trois Sorciers est sur le point de commencer ! Permettez-moi de vous rappeler le classement actuel des concurrents ! A la première place ex aequo, avec quatre-vingt-cinq points chacun : Monsieur Cedric Diggory et Monsieur Harry Potter, de l'école Poudlard ! » énonça Verpey. « A la troisième place, avec quatre-vingts points : Monsieur Viktor Krum, de l'institut Durmstrang ! Et à la quatrième place : Miss Fleur Delacour, de l'académie Beauxbâtons ! »

- « Il n'y a plus qu'à espérer que rien de grave ne se passe là dedans... » murmurai-je, penchée en avant et une main devant la bouche. Soudain, deux paires de jambes passèrent à côté de moi et, de part et d'autre, je me retrouvai au milieu des Jumeaux.

- « Ça vous arrive de ne pas me coller ? » demandai-je en me redressant.

- « 'Sais pas... George ? »

- « Pas souvenir. Ah ! Tu peux nous tenir ça ? » demanda-t-il en me collant une banderole de tissu dans les mains je la dépliai partiellement et me rendis compte que c'était une bannière aux couleurs de Gryffondors.

- « Attention... A mon signal, Harry et Cedric ! reprit Verpey. Trois... deux... un... »

Soudain, un coup de sifflet retentit. Potter et Diggory furent les premiers à pénétrer dans le labyrinthe dont l'entrée se referma sur eux.

Tous étaient dans le labyrinthe, et ça faisait pas moins de quinze minutes que les Jumeaux se levaient sur les gradins pour mieux voir ce qui se passait.

- « C'est pas juste on voit rien ! » s'exclama Fred en se laissant retomber sur le banc. D'un côté, je devais bien avouer que c'était énervant de ne rien voir... juste quelques lumières, deci-delà...

- « Liz, monte sur mes épaules et dis-nous si tu vois un truc. » dit George l'air déterminé.

- « Ok... » dis-je après plusieurs secondes à rechigner. Lentement, je me levai, montai sur le banc sur lequel nous étions assis et pris place sur ses épaules. Jamais je n'avais été aussi haute... ou du moins, pas sous forme humaine...

- « Alors ? Tu vois quoi ? » cria Fred.

- « Un bestiau plutôt imposant ! » dis-je en me penchant un peu en avant, mes mains posées sur le sommet du crâne de George.

- « Et Harry, tu le vois ? »

- « Non... » dis-je en cherchant Potter... mais il y avait trop de branches dans le passage... « juste des éclairs de temps à autres... »

- « ATTENTION ! » hurla une voix dans la foule. Des sortilèges venaient de passer les branchage et, de peu, nous parvînmes à l'éviter.

- « Euh... Liz je vois plus rien... » dit George qui était à présent accroupi sur le banc.

- « Ah ! Oui désolée. » dis-je en enlevant mes mains de devant ses yeux puis descendis.

On attendit patiemment le reste du temps, parlant de choses et d'autres, de sortilèges, potions, friandises, améliorations qui pouvaient leurs être apportées et ainsi de suite... mais ça commençai à faire long quarante-cinq minutes déjà...

Ça sentait le roussi...

Soudain, Potter et Diggory apparurent là même où l'entré du labyrinthe se trouvait... mais aucun d'eux ne bougeait...

Beaucoup se levèrent pour mieux voir, mais les professeurs entourèrent les deux très vite... il fallut alors attendre que ces quelques mots se propagent

Cedric Diggory est mort

Sous le choc, je faillis retomber sur mon siège, mais me tint à la manche d'un des Jumeaux Diggory était... Je secouai la tête et lâchai le tissu que je tenais c'était ça l'extérieur dont m'avait parlé Maugrey.

Les parents de Diggory s'étaient précipités vers le cadavre de leur fils et, du coin de l'œil, je vis le professeur Maugrey emmener Potter vers le château l'infirmerie ?

Immédiatement, je sautai de gradin en gradin et me frayai un chemin vers le professeur qui portait à moitié un Potter complètement sonné.

- « Professeur ? » appelai-je en m'arrêtant à son niveau.

- « Ça va faire trop loin pour lui, allez chercher de quoi faire à l'infirmerie je l'emmène dans mon bureau. » dit le professeur Maugrey j'acquiesçai.

Je montai les escaliers quatre à quatre et me dirigeai vers l'infirmerie qui malheureusement, était fermée à clef.

Alohomora

pensais-je en pointant ma baguette vers la serrure, puis je me dirigeai vers les différentes armoires toutes remplis de flacons semblables... et l'écriture de Pomfresh qui était épouvantable...

Je ne savais pas trop quoi prendre Potter ne semblait pas blessé, mais juste sonné... je me mis alors à chercher un remontant... Pendant trente minutes je cherchai une potion contre les étourdissements, mais il n'y avait que celui pour les maux banals...

- « Ça fera l'affaire... » me dis-je avant de repartir vers le bureau du professeur Maugrey. Mais quand j'entrai dans la salle, j'entendis une voix étrange... un homme...

- « Je l'ai transporté dans la forêt et je l'ai recouvert de la cape d'invisibilité. J'avais la carte avec moi. J'ai suivi la course de Potter jusqu'au château. Il est tombé sur Rogue, puis Dumbledore est arrivé. J'ai vu ensuite Potter amener Dumbledore dans le parc. Je suis alors sorti de la forêt, je les ai contournés puis je les ai rejoints en arrivant derrière eux. J'ai fait croire à Dumbledore que c'était Rogue qui m'avait dit où ils étaient. Dumbledore m'a demandé de partir à la recherche de mon père et je suis retourné auprès de son corps. J'ai regardé la carte et quand j'ai vu que tout le monde était parti, j'ai métamorphosé le cadavre de mon père. J'ai usé d'un sortilège pour le réduire à un os unique... que j'ai enterré, caché sous ma cape d'invisibilité, dans le carré de terre fraîchement retournée, devant la cabane de Hagrid. . »

Je m'arrêtai immédiatement le tueur de Croupton... le cadavre de... son père... ?

- « Et ce soir... » demanda la voix de Dumbledore.

- « Avant le dîner, j'ai proposé d'aller placer le trophée dans le labyrinthe, » murmura la voix. « Je l'ai transformé en Portoloin et le plan de mon maître a marché. Il a retrouvé le pouvoir et me récompensera au-delà de tous mes rêves. »

- « Minerva, puis-je vous demander de monter la garde pendant que j'emmène Harry là-haut ? »

- « Bien sûr. » répondit le professeur McGonagall.

- « Severus, pourriez-vous demander à Madame Pomfresh de descendre ici ? Il faut transporter Alastor Maugrey à l'infirmerie. »

Mon cœur s'arrêta un moment le professeur Maugrey avait été blessé ?

- « Vous irez ensuite chercher Cornélius Fudge dans le parc et vous le ramènerez dans ce bureau. Il voudra sûrement interroger Croupton lui-même. S'il a besoin de moi, dites-lui que je serai à l'infirmerie dans une demiheure environ. »

Alarmée, je me cachai tout au fond de la pièce, sous une table et arrêtai ma respiration le temps que Rogue sorte. Je voulus alors sortir, mais j'entendis Potter et Dumbledore arriver alors je restai un peu plus longtemps sous mon bureau puis, quand ils furent suffisamment loin, je me levai et, d'un pas lent et silencieux, j'allai dans le bureau du professeur Maugrey.

- « Qu'avez-vous fait de Smithen ? » demanda soudainement McGonagall.

- « Je l'ai envoyé à l'infirmerie. » répondit-il mes mains se serrèrent sur la fiole que je tenais. C'était le professeur Maugrey qui m'avait demandée de... « Une gentille fille je ne m'y serais pas attendu avec une telle réputation.. vraiment très serviable... »

- « Abuser d'une enfant qui a perdu sa famille... » entendis-je McGonagall murmurer.

- « C'est ça votre problème vous ne voyez pas plus loin que le bout de votre nez et négligez ceux qui méritent votre attention... » vociféra-t-il. « moi j'étais là... »

En haut des marches, je trouvai le professeur McGonagall, dos à moi et, au sol, gisait un homme d'une trentaine d'années, les cheveux en bataille et jaunâtre, le teint blafard et ses habits...

Inconsciemment, je laissai tomber la bouteille que j'avais encore dans les mains. Le tout se brisa en mille morceaux sur le sol, là où l'œil magique et la jambe de bois reposaient déjà.

- « Mademoiselle Smithen ! » s'étonna le professeur McGonagall. « Retournez immédiatement avec les autres- »

- « Laissez-la... » rit l'homme à terre. « je ne ferais pas de mal à mon élève préférée... » ajouta-t-il en laissant sa tête tomber sur son épaule, un sourire comme cousu sur son visage. Je sentis quelqu'un m'attraper le bras et tirer, mais mes pieds restèrent fermement ancrés dans la sol. Je ne pouvais plus bouger, en fait... je ne savais même pas si je respirais encore...

- « Smithen, m'avez-vous entend- »

- « Non. » dis-je finalement, les yeux toujours fixés sur l'homme au regard dérangé devant moi. « Je veux des réponses... » murmurai-je, la voix un peu tremblante.

- « Il serait plus sage- »

- « Fermez-la ! » criai-je le silence ce fit. « Je veux savoir pourquoi vous m'avez embarquée dans cette histoire ! Pourquoi m'avoir laissée en vie si longtemps ! Pourquoi avoir répondu à toutes mes questions... juste pourquoi... ? » demandai-je, la voix brisée.

- « Je passerais sur ce manque de tenue, » dit-elle en m'agrippant par le bras et en me traînant vers la porte. « mais il est hors de question que v- »

Stupéfix !

Criai-je en pointant ma baguette vers la vieille femme elle me lâcha et tomba au sol inanimée. Les yeux ronds et la respiration sifflante, je sentis une sueur froide couler le long de mon dos qu'est-ce que j'avais fait ?!

- « Un peu d'aide ici serait la bienvenue. » dit soudainement une voix derrière moi mon regard se posa sur son visage tordu en un rictus désagréable, puis descendis le long de son bras gauche. Immédiatement, je m'approchai de lui, mais hésitait à me mettre à sa hauteur. « Un Finite Incantatem devrait suffi- »

Sans attendre, j'attrapai son avant bras et relevai sa manche découvrant sur sa peau une reproduction de la Marque des Ténèbres...

- « Si tu me sors de là... tu pourras avoir le même... » sourit-il, son tic toujours présent.

- « Vous avez tué ma grand-mère pourquoi je voudrais me joindre à vous ! » vociférai-je, mes ongles presque plantés dans son bras.

- « Non, Pettigrow l'a fait. Mais sans moi, tu serais morte depuis longtemps. » dit-il, alternant entre un ton monotone puis amusé.

- « Et quand m'auriez-vous sauvée la vie ? » demandai-je sur un ton de défi.

- « J'ai lancé le Morsmordre à la Coupe du Monde... » répondit-il simplement mes yeux s'écarquillèrent. Soudain, il agrippa mon bras il avait une poigne de fer.

- « Lord Voldemort, comprend les gens comme nous ! Il reconnaît la valeur de ses serviteurs- »

Baf

la tête du fils Croupton partie sur le côté et, finalement, il me lâcha. Je me relevai immédiatement, mes bras parcourus par la chaire de poule.

- « Je n'aiderais pas des gens qui veulent mon extermination et qui m'ont enlevé tout ce que j'ai de plus cher... » tonnai-je en sentant ma voix se morceler un peu plus à chaque mot. Sa tête se redressa et, les yeux fermés, il la laissa tomber en arrière, produisant ainsi un 'poc' en touchant le mur.

- « Tu sais... j'avais dit la même chose la première fois... 'je ne veux pas d'un monde de sang purs'... » dit-il en un soupire. « Je sais ce que c'est de vouloir être apprécié à sa juste valeur... d'avoir la considération de ceux qui nous sont proches... » continua-t-il les yeux à présent fixés au plafond. « Mais dis-moi, ta grand-mère connaissait-elle tout de toi ? »

- « Évidemment qu'elle connaissait tout de moi ! » répliquai-je les sourcils froncés. « Je ne lui aie jamais menti ! »

- « Pas même une omission ? » demanda-t-il en me fixant je me tus.

- « Elle ne te connaissait pas... elle ne pouvait donc pas t'avoir pleinement acceptée... »

- « Fermez-la ! » vociférai-je ma baguette pointée sur lui.

- « et si ça ce trouve elle ne t'aurait jamais aimée pour tout ce que tu es ! » continua-t-il, les yeux exorbités, le haut du corps penché en avant.

- « Elle n'avait pas besoin de savoir ça ! » hurlai-je il s'était tu puis, petit à petit, un ricanement s'échappa de sa gorge avant de devenir un véritable rire.

- « Vois les choses en face il n'y a qu'une personne ici qui te connais. »

Je ne savais pas quoi répondre à ça... il avait.. raison ? Mamie... n'avait jamais su pour tout ça... pour elle, la seule chose qui avait changée, c'était ma passion pour les potions et les balais... et aussi le fait que je ne soit plus là à l'année... pour elle, j'étais toujours la petite fille de onze ans souriante qui racontait ses journées en rentrant de l'école...

Même les Jumeaux...

- « Ah... c'est intéressant ça... » dit soudainement la voix de Croupton je relevai alors la tête, ma main fermement serrée sur ma baguette et vis qu'il regardait la Glace à l'ennemi au dessus de lui. J'y jetai alors un coup d'œil, et n'y vit que quelques ombre de grandes taille, sans doute le Dumbledore et Rogue... il n'y en avait qu'une dont les yeux étaient clairement visibles, et c'était la vieille McGonagall... mais je... je n'y étais pas... ?

- « C'est toujours bien d'avoir une Glace à l'ennemi... ça permet de savoir à qui on peut vraiment faire confiance... » sourit-il.

Par instinct, je glissai ma main dans ma poche et vérifiai mon vieux poudrier... et là, je me rendis compte qu'il n'y avait que des ombres vagues...

- « Enfin Rogue, pensez qu'il s'agit d'un Mangemort. » dit soudainement la voix lointaine du Ministre de la magie. À ce moment, mon regard alla sur le corps de McGonagall et, immédiatement, je m'approchai d'elle, lui lançai un faible sortilège d'amnésie puis la réveillai à l'aide d'un Énervatum.

Là, je voulus sortir du bureau, mais un râle familier résonna, emportant avec lui toute chaleur. Derrière moi, j'entendis le professeur bouger je n'avais nulle part où aller...

Mutismus

pensai-je en pointant ma baguette sur le fils Croupton je ne pouvais pas risquer qu'il raconte quoi que ce soit.

- « Amato Animo Animato Animagus » murmurai-je paniquée en pointant ma baguette sur mon cœur. Rapidement, ma forme changea et, avant tout, je ramassai ma baguette et, le plus silencieusement possible, partis dans le coin le plus sombre de la pièce.

- « Que m'est-il arrivée.. ? » marmonna la vieille McGonagall et se relevant.

- « Professeur McGonagall, » dit soudainement la voix de Fudge. « je vous prierais de sortir- »

- « Un Détraqueur ?! » s'exclama-t-elle visiblement aussi en colère que surprise. « Monsieur le ministre, je tiens à vous rappeler que le Professeur Dumbledore- »

- « Cher professeur, je ne vais faire que l'interroger et c-cette canaille pourrait bien être dangereuse ! » affirma le ministre. Mais j'avais un mauvais pressentiment... je me rapprochai donc pour mieux voir ce qui se passait et, en effet, derrière Fudge, dans la salle de défense contre les forces du mal, se tenait le Détraqueur. Grand, filiforme et emballé d'une cape noire déchirée... j'entendais son râle comme s'il était à côté de moi.

Soudain, j'entendis un gémissement en contre-bas Croupton. Il tirait contre ses liens en jetant des coups d'œil dans la direction du Détraqueur...

Le professeur McGonagall sortit, l'air furax et, quelques instant après, le râle se fit plus intense. J'avais froid, et j'avais l'impression que je n'arriverai plus jamais à rire...

Totalement paniqué, Croupton tira sur ses liens jusqu'à ce que son bras gauche parvienne à se libérer il le tendit dans ma direction, les yeux exorbités par la peur... mais tout à coup, une ombre fondit sur lui et, dans des cris horribles, il reçut le baiser du Détraqueur.

C'était horrible il convulsait, criait, se débattait... et ce râle qui glaçait le sang... ça ne dura que quelques secondes, mais chacune semblait passer plus lentement que l'autre... repoussant un peu plus la fin de cette agonie... et sa main était toujours tendue dans ma direction...

Je ne voulais pas regarder et pourtant, j'étais incapable de tirer mes yeux de cet affreux spectacle. Je m'en voulais de ne pas l'avoir libéré... même lui ne méritait pas ça... personne ne méritait ça... personne...

Quand cette masse informe s'écarta de lui, il ne bougeait plus ses yeux était vide, ses traits relâchés et sa bouche ouverte... il lui avait tout pris... après ça, cette chose sortit du bureau et referma la porte derrière elle... me laissant ainsi seule avec la coquille vide qu'était à présent le fils Croupton...

En silence, je repris ma forme humaine, ainsi que ma baguette et m'approchait du corps laissé par le Détraqueur. Lentement, je m'agenouillai et pris son pouls il respirait.

Mais pourquoi avait-il laissez ce Détraqueur faire une telle chose ? Il, il aurait pu témoigner du retour de Voldemort, nous donner des informations sur l'endroit où il se terrait, sur ce salop de Pettigrow ou encore d'autres... alors pourquoi...

Qu'est-ce qui pouvait pousser un Ministre de la magie à faire quelque chose d'aussi irresponsable et stupide ?

En silence, je lâchai le poignet de Croupton et sortis du bureau, le pas lourd puis, suivant les éclats de voix, j'arrivai devant l'infirmerie.

- « Vous-Savez-Qui... est revenu ? » balbutia-t-il. « Ridicule. Allons, Dumbledore, reprenez-vous... »

- « Ainsi que Minerva et Severus vous l'ont sans doute rapporté, » reprit Dumbledore. « nous avons entendu la confession de Barty Croupton. Sous l'effet du Veritaserum, il nous a révélé comment il avait réussi à s'échapper d'Azkaban et comment Voldemort, apprenant par Bertha Jorkins qu'il était toujours en vie, l'a libéré de son père et s'est servi de lui pour capturer Harry. Le plan a réussi, comme je vous l'ai dit. Croupton a aidé Voldemort à revenir.

- « Voyons, Dumbledore, » répliqua Fudge « vous... vous ne pouvez sérieusement croire cela. Vous-Savez-Qui ? De retour ? Allons, allons, Croupton a certainement cru lui-même qu'il agissait sur ordre de Vous-Savez-Qui mais comment pouvez-vous croire sur parole un personnage aussi fou, Dumbledore... ?

- « Lorsque Harry a touché le trophée, ce soir, il a été immédiatement transporté auprès de Voldemort. » dit Dumbledore d'une voix ferme. « Il a assisté à la renaissance de Lord Voldemort. Je vous expliquerai tout en détail si vous voulez bien venir avec moi dans mon bureau. »

- « Je ne peux malheureusement pas vous permettre d'interroger Harry ce soir. »

- « Vous êtes... heu... prêt à croire Harry sur parole, Dumbledore ? »

- « Qu'est-ce tu fais ? » chuchota soudainement une voix derrière moi je sursautai avant de me rendre compte que ce n'était que les Jumeaux.

- « Je m'emploie à détester ce Ministre ça se voit pas ? » demandai-je en m'éloignant de la porte. Ce type était buté... et trouillard... et Croupton... Immédiatement, je repartis vers le bureau de Maugrey... non, de Barty Croupton.. Les Jumeaux me suivirent.

- « Où tu vas ? » demanda Fred en chuchotant.

- « Mettre des bâtons dans les roues de Fudge. » répondis-je simplement en accélérant le pas. Peu après, nous arrivâmes dans lu bureau où le pauvre Barty était toujours attaché.

- « C'est... lui dont ils parlaient ? » demanda George pendant que je défaisais les liens qui le retenaient.

- « Oui et si Fudge met la main dessus, se sera juste sa voix et tous les moyens dont il dispose, contre Potter le fêlé et Dumbledore le sénile. » répondis-je en virant toutes les cordes sur le côté.

- « Mais il est... euh... »

- « Ils lui ont prit son âme... » vociférai-je en fermant sa bouche ça m'exaspérait de le voir comme ça.

- « Y'avait un Détraqueur... »

- « Oui. » répondis-je sèchement les deux se turent. Mais maintenant, le tout c'était de trouver un moyen pour l'amener à l'entrepôt sans se faire remarquer...

À ce moment, mon regard se posa sur un grand rideau sombre...

- « Euh... Liz ? Tu fais quoi ? » demanda Fred pendant que je dégageai le rideau de devant la fenêtre puis les ouvrais.

- « Je propose une leçon de vole à l'un de vous. » répondis-je en me tournant vers eux. « Ça tente quelqu'un ? » Tous deux se regardèrent.

- « Quoi ? » dirent-ils à l'unisson.

- « Comme dans la forêt. » dis-je en espérant que Fred comprenne.

- « Euh... galoper sur un truc invisible... ? » dit-il en haussant les épaules.

- « Bon, Fred tu prends Barty, tu le mets sur mon dos et tu montes après. » dis-je en leur tournant le dos. « Et si tu le laisses tomber t'iras le rejoindre ! » ajoutai-je en pointant ma baguette sur mon cœur.

- « Eh ! Pourquoi qu'un ? » demanda Fred.

- « Je peux pas porter trois personnes à la fois George, sort par le dédale des Bajoues, on t'y rejoindra. »

Peu après, je me transformai et me couchai pour leur permettre de mieux monter mais...

- « Elle est où ? Qu'est-ce qui s'est passé ? »

Nous n'avions pas beaucoup de temps avant que quelqu'un n'arrive alors, je ramassai ma baguette la tendis à Fred qui, avec beaucoup d'hésitation, la pris puis allai vers le jeun Croupton. Là, je l'attrapai par le colle et le soulevai en émettant ce cris strident et horrible qu'était le cris des Sombrals.

- « Bon bah, Fred à toi l'honneur... » dit George en faisant une révérence devant le corps inerte de Barty je donnai un coup de sabot au sol.

- « Lâcheur. » dit-il en regardant George se reculer.

Finalement, Fred se décida à attraper Barty sous les bras et, pour lui faciliter le travail, je me couchai en espérant qu'il ne me donnerait pas de coup de pied...

- « Euh... t-t'es là... ? » demanda Fred en approchant sa main petit à petit. Agacée, j'attrapai sa main entre mes dents et la guidé jusqu'à mon dos. « O-ok... » dit-il en faisant remonter sa main jusqu'à mon encolure.

Avec un peu de difficultés, il fit monter Barty sur mon dos puis, un peu hésitant, il fit de même cherchant quelque chose pour s'accrocher.

Terrifiée à l'idée qu'on se fasse choper, je me relevai en occultant les plaintes de Fred et me dirigeai vers la fenêtre. Heureusement, elle n'était pas logée trop haut, mais avait une certaine hauteur.

Je n'avais jamais utilisé mes ailes pour voler... uniquement pour 'booster' un saut... mais bon, ça ne pouvait pas être si complexe...

- « Euh... Liz ? » demanda Fred d'un ton inquiet en voyant le vide devant nous.

J'aurais volontiers fermé les yeux, mais je n'avais pas de paupière alors, préparant mon saut, je fis se mouvoir mes ailes faiblement ça marchait.

- « Euh LiiiiiiiIIIIIIIIIIIIIIIIIIZ ! » hurla Fred lorsque je me jetai dans le vide. Après quelques secondes, j'ouvris mes ailes et, dans un bruit étrange, notre chute s'arrêta brusquement j'espérais juste que Fred tenait Barty fermement.

La sensation de voler était agréable, mais je ne devais pas oublier que j'avais deux personnes sur le dos... d'ailleurs, Fred n'avait pas dit grand chose... Je tournai la tête et, sur son visage, un sourire presque enfantin s'était dessiné 'gamin...' pensai-je en secouant la tête.

Enfin, le plus laborieux, fut l'atterrissage heureusement que le parc était grand car je mis pas loin de deux cent mètres pour m'arrêter.

- « Eh ! » appela George en faisant de grands signes de bras. Profitant de ma forme actuelle, je montai sur les rochers puis quand Fred descendit avec Barty, je me retransformai et leur ouvris le passage vers l'entrepôt.

- « Wow ! » dirent-ils une fois à l'intérieur voyant qu'ils ne bougeaient pas, je leur pris Barty et, avec de la peine, le traînai vers le lit où je me couchai... même si je regrettai de ne pas lui avoir enlevé ses bottes avant.

- « Hey ! On touche pas ! » criai-je en voyant les Jumeaux approcher du balai de mini-Krum.

- « Mais c'est quoi cet endroit ? » demanda George en regardant tout autour de lui.

- « Mon entrepôt, laboratoire, potager, bibliothèque et chambre. » répondis-je en croisant mes bras sur mon torse.

- « Tu vis ici ? » demandèrent-ils en chœur j'acquiesçai.

- « Et quand je pense qu'on dort dans les dortoirs- »

- « C'était pas par choix. » dis-je, amère ils ne répondirent rien.

- « T'as dit que tu voulais mettre des bâtons dans les roues de Fudge... qu'est-ce qu'il a à voir là dedans ? » demanda George en montrant Barty d'un geste de la tête.

- « Tu l'as entendu, non ? Il ne veut rien comprendre et prend Dumbledore et Potter pour des fous. » expliquai-je. « Mais la marque de Karkaroff et de Barty est plus nette que jamais, » dis-je en prenant son bras avant de lever sa manche. « ça veut dire qu'il est de retour. Et si Fudge utilise ses pouvoirs pour empêcher l'information de se diffuser, on va droit à la catastrophe. »

- « Ouais, si on le suit dans sa politique de l'autruche, on va se faire laminer... » dit Fred en s'asseyant sur mon vieux tabouret, les coudes sur les genoux.

- « Et pour lui alors ? On fait quoi avec ? Du bouillon ? »

- « Ils lui ont pris son âme... mais je pense que ses souvenirs sont intactes... il faudrait juste trouver un moyen de les extraire... »

- « Comme une Pensine. » fit remarquer George.

- « C'est ça... mais c'est très rare... » marmonnai-je en m'asseyant au bord du lit.

- « Et hors de prix... » ajouta George.

- « On a qu'à se cotiser. » proposa Fred après quelques secondes George et moi le regardâmes.

- « Eh ! On a bien trinqué à notre collaboration, non ? Alors faisons équipe sur ce coup ! » dit Fred en se levant.

- « C'est vrai... » dit George en se levant à son tour je ne bougeai pas... il y avait quelque chose qui me coinçait.. mais... je ne pouvais pas non plus rester seule sur ce coup-là... On était contre Voldemort et sans doute toute la clique du Ministère...

- « Très bien. » soupirai-je en me levant à mon tour. « Faisons comme ça. »