Cette fois-ci, c'était la guerre. Pas une seule ligne concernant un incendie et même pas une allusion à une boule verte dans le ciel ! Et la liste qui était déjà arrivée. Mais je rechignai de plus en plus à laisser Barty seul la journée... il faisait très chaud et, comme je ne savais absolument pas ce qu'il pensait ni se qu'il 'sentait', comment pouvais-je savoir quand il avait soif ?

Au final, avec lui, c'était un peu comme se retrouver avec une grosse plante carnivore à la maison... une plante illégale pouvant être aussi utile qu'encombrante. Je décidai donc d'aller acheter mes affaires le plus rapidement possible, pris uniquement ce dont j'avais vraiment besoin et le strict minimum pour les potions... mais j'avais une dernière chose à prendre un harnais pour le cavalier.

Arrivée dans ma chambre, je rangeai les affaires que je venais d'acheter puis, jetant un coup d'œil à mon lit, je me souvins de quelque chose j'avais un labo là-dessous... mais impossible de trouver la combinaison.

Je disposai alors mes vieilles mouchbruits puis pointai la baguette d'ébène sur mon tiroir.

Bombarda

murmurai-je. Le cadenas sauta dans un 'crac' sonore mes vieilles affaires étaient à nouveau en service. Je sortis le tiroir, le réduisis et rangeai le tout dans mon médaillon.

Vers midi, les valises furent faites et, pendant que je préparai le repas, je pesai le pour ou le contre pour aller sur la tombe de ma grand-mère... peut-être cet après-midi...

Je décidai finalement d'y passer quand nous partirions vers le château, dans les alentours de cinq heures. En attendant, je m'efforçai, comme chaque jour, à le faire marcher un peu dans l'appartement. J'avais souvent entendu ma grand-mère parler de sa mère qui avait 'perdu le sens de la marche'... ou, en d'autres termes, son aptitude à marcher et si je voulais me faciliter la vie je devais faire en sorte de le garder en forme.

- « Allez, encore dix minutes. » murmurai-je en le tirant légèrement en avant par ses mains. Il ne marchait que par réflexes... ou plutôt, perdait l'équilibre avant que son pied ne parte en avant pour le rattraper. Ça lui donnait une démarche étrange et mécanique, mais au moins ça lui faisait travailler les muscles. Quant aux bras... disons juste que je faisais semblant de lui donner des baffes et autres coups de poings... même s'il m'arrivait, parfois, de ne pas m'arrêter attend... et ça faisait du bien.

Quand le ciel commença à s'assombrir, j'habillai Barty avec les lunettes de moto, un pull, rentrai son pantalon dans ses bottes et fermai sa veste jusqu'au col. Une fois chose faite, je lui enfilai le harnais et vérifiai les attaches ça irait.

Avant le départ, je fermai les volets et la porte à double tour puis descendis les escalier en le portant à moitié sur mon dos je ne savais si c'était moi, mais je le trouvais de moins en moins lourd... il fallait que je revoie son alimentation.

Silencieusement, je me dirigeai vers un immeuble vide, montai sur le toit et passai une sangle par le harnais et l'entourai en 'X' autour de moi. Là, je lançai ma transformation, ramassai la baguette d'ébène entre mes dents et pris mon envole.

Je ne pus cependant pas me poser dans le cimetière car des idiots y étaient déjà. Je me contentai donc d'une pensée et continuai sur ma lancé. Deux heures plus tard, nous arrivâmes devant le portail du château on voyait d'ailleurs les barques des première années sillonner le lac noir. En silence, je décrivis des cercles dans le ciel jusqu'à ce qu'ils partent et atterris peu après à côté de l'entrepôt.

Je ne pris pas vraiment le temps d'installer toutes mes affaires de suite et me contentai juste d'enlever les 'multicouches' de Barty, le coucher pour éviter qu'il ne tombe, mettre mon uniforme, puis sortis pour rejoindre les autres élèves mais il n'y avait encore personne devant les portes en chêne alors, pour paraître moins suspecte, je regardai attentivement les diligences et, quand celle des Jumeaux arriva, je courus, sautai et montai dedans.

- « Salut ! » dis-je simplement en me laissant tomber sur une place vide à l'arrière de la carriole.

- « Hghdkf ! » s'exclama une personne que je ne connaissais pas.

- « M-mais ont peut p-pas transplaner dans l'enceinte du- mon père me l'a d- »

- « Qui a parlé de transplaner ? » demandai-je en relevant la tête vers un garçon dont je ne me souvenais pas il dégluti.

- « Arrête Lizzy, tu lui fais peur. » rit George en me tapant sur l'épaule.

- « Allez, on a encore un peu de temps avant d'arriver alors la proposition par lettre ça te tente ? » demanda Fred en se penchant en avant sur ses genoux.

- « En attendant d'avoir le poste de prof de Défense contre les forces du mal, pourquoi pas ? J'ai promis à Rogue de lui piquer la place de toute façon. » dis-je en ajustant ma robe de sorcier.

- « J'aurais presque envie de retourner un an à Poudlard rien que pour voir tes cours, et ça tête ! » rit George accompagné de son frère.

- « Vous ne trouvez pas bizarre que même Skeeter n'aie pas parlé de la mort de Diggory ou du retour de Voldemort ? » demandai-je d'un air détaché plusieurs semblèrent apeurés.

- « Aucune idée » dirent les Jumeaux en chœur mauvais menteurs.

- « Mais... I-il est mort.. »

- « Barty Croupton jr aussi était mort. » répondis-je en me tournant vers une fille qui semblait être en troisième année elle ne semblait pas comprendre. « C'est lui qui nous faisait cours l'année dernière en Défense contre les forces du mal... vous savez le ''faux-Maugrey Fol Oeil'' » ajoutai-je un peu agacée.

- « Mais lui il est mort... » murmura-t-elle en regardant ses pieds, les yeux grand ouverts on venait de s'arrêter.

- « Le problème avec les morts, » commençai-je en me levant. « c'est qu'ils le sont jamais assez. » dis-je en descendant de la calèche. Il y avait déjà foule devant les portes en chêne, il me fallut donc patienter sur les marches.

- « T'essaie d'effrayer les élèves maintenant ? Je croyais que les Poufsouffles s'en chargeaient déjà ? » ricana Fred en passant un bras autour de mes épaules.

- « Non, je veux juste que la vérité écrase Fudge. » répondis-je en glissant mes mains dans mes poches.

- « Ah au fait, t'as entendu ? Ils voulaient virer Harry de l'école pour usage de la magie. » dit George en glissant ses mains dans ses poches.

- « Devant un Moldu ? Mais il est stupide?! » m'exclamai-je en me tournant, la main de Fred toujours sur mon épaule. « Il sait que Fudge ne ratera aucune occasion de le faire enfermer ! »

- « Il avait pas le choix y'avait des Détraqueurs. » expliqua Fred l'air sombre.

- « En dehors d'Azkaban... et ils auraient juste attaqué Potter ? » m'étonnai-je ils acquiescèrent.

- « On en sait pas plus mais Harry a été innocenté. Dumbledore a mis le paquet. » ajouta Fred.

On arriva devant les portes de la Grande Salle et, une fois dedans, on se sépara et je retournai à la table des Poufsouffles qui ne m'avaient pas du tout manqué. Heureusement pour moi, ils me laissèrent tranquille et je pus ainsi jeter un coup d'œil à la table des professeur pour voir quel autre fou ils nous avaient dégoter pour la Défense contre les forces du mal... à croire que quelqu'un avait jeté une malédiction sur ce poste.

Là, je trouvai juste Dumbledore dans une robe encore plus clinquante qu'à l'accoutumé et, à côté de lui, une petite bonne femme toute habillée de rose avec des cheveux courts coiffés d'un ruban, lui parlait à l'oreille.

Mon attention alla alors sur tous les autres professeurs... ils étaient tous là, sauf Hagrid qui avait étrangement laissé place à Gobe-Planche... Non, cette bonne femme était notre prof de Défense contre les forces du mal ?!

La vieille McGonagall arriva peu après avec les première années et, une fois de plus, le Choixpeau nous fit le plaisir de nous chanter une nouvelle chanson

Aux temps anciens lorsque j'étais tout neuf

Et que Poudlard sortait à pein' de l'œuf

Les fondateurs de notre noble école

De l'unité avaient fait leur symbole

Rassemblés par la même passion

Ils avaient tous les quatre l'ambition

De répandre leur savoir à la ronde

Dans l'école la plus belle du monde

« Ensemble bâtissons et instruisons ! »

Décidèrent les quatre compagnons

Sans jamais se douter qu'un jour viendrait

Où la destinée les séparerait.

Toujours amis à la vie à la mort

Tels étaient Serpentard et Gryffondor

Toujours amies jusqu'à leur dernier souffle

Tell's étaient aussi Serdaigle et Poufsouffle.

Comment alors peut-on s'imaginer

Que pareille amitié vienne à sombrer ?

J'en fus témoin et je peux de mémoire

Vous raconter la très pénible histoire.

Serpentard disait : « Il faut enseigner

Aux descendants des plus nobles lignées »,

Serdaigle disait : « Donnons la culture

À ceux qui ont l'intelligence sûre »,

Gryffondor disait : « Tout apprentissage

Ira d'abord aux enfants du courage »,

Poufsouffle disait : « Je veux l'équité

Tous mes élèv's sont à égalité. »

Lorsqu'apparur'nt ces quelques divergences

Elles n'eur'nt d'abord aucune conséquence

Car chacun ayant sa propre maison

Pouvait enseigner selon sa façon

Et choisir des disciples à sa mesure.

Ainsi Serpentard voulait un sang pur

Chez les sorciers de son académie

Et qu'ils aient comme lui ruse et rouerie.

Seuls les esprits parmi les plus sagaces

Pouvaient de Serdaigle entrer dans la classe

Tandis que les plus brav's des tromp'-la-mort

Allaient tous chez le hardi Gryffondor.

La bonn' Poufsouffl' prenait ceux qui restaient

Pour leur enseigner tout ce qu'ell' savait.

Ainsi les maisons et leurs fondateurs

Connurent de l'amitié la valeur.

Poudlard vécut alors en harmonie

De longues années libres de soucis.

Mais parmi nous la discorde grandit

Nourrie de nos peurs et de nos folies.

Les maisons qui comme quatre piliers

Soutenaient notre école et ses alliés

S'opposèrent bientôt à grand fracas

Chacune voulant imposer sa loi.

Il fut un temps où l'école parut

Tout près de sa fin, à jamais perdue.

Ce n'étaient partout que duels et conflits

Les amis dressés contre les amis

Si bien qu'un matin le vieux Serpentard

Estima venue l'heur' de son départ.

Et bien que l'on vit cesser les combats

Il laissait nos cœurs en grand désarroi.

Et depuis que les quatre fondateurs

Furent réduits à trois pour leur malheur

Jamais plus les maisons ne fur'nt unies

Comme ell's l'étaient au début de leur vie.

Maintenant le Choixpeau magique est là

Et vous connaissez tous le résultat :

Je vous répartis dans les quatr' maisons

Puisque l'on m'a confié cette mission.

Mais cette année je vais en dir' plus long

Ouvrez bien vos oreilles à ma chanson :

Bien que condamné à vous séparer

Je ne peux pas m'empêcher de douter

Il me faut accomplir ma destinée

Qui est de vous répartir chaque année

Mais je crains que ce devoir aujourd'hui

N'entraîne cette fin qui m'horrifie

Voyez les dangers, lisez les présages

Que nous montrent l'histoire et ses ravages

Car notre Poudlard est en grand péril

Devant des forces puissantes et hostiles

Et nous devons tous nous unir en elle

Pour échapper à la chute mortelle

Soyez avertis et prenez conscience

La répartition maintenant commence.

Étonnée, je sentis un sourire s'étaler sur mon visage en voilà une chanson engagée. Après un tonnerre d'applaudissements qui ne parvenait pas à camoufler totalement les différents murmures entre voisins, commença la répartition des nouveaux dans les différentes maisons.

Une fois cette formalité réglée, Dumbledore se leva, les bras ouverts.

- « À ceux qui sont ici pour la première fois, » déclara-t-il « je souhaite la bienvenue ! Et à nos anciens, je dis : bon retour parmi nous ! Il y a un temps pour les discours et justement, ce temps n'est pas encore venu. Alors, bon appétit ! »

Beaucoup se mirent à rire de ce 'trait d'esprit' et, l'instant d'après, les assiettes se remplirent sous les yeux émerveillés de premier années qui ne devaient avoir jamais mis un pied dans le monde magique.

- « Euh.. j-vous pouvez me passer la carafe ? » demanda une voix à ma gauche je me retournai pour voir l'un des petits nouveaux. C'est alors que, plusieurs se retournèrent, anxieux et, plus particulièrement son voisin qui le tira subrepticement par la manche.

- « Avec ou sans poison ? » demandai-je en fixant temporairement la fille qui le tirait vers elle elle hoqueta et le lâcha.

- « Euh... » dit-il en se tassant sur lui-même, les yeux ronds et humides.

Accio carafe

pensai-je avant d'attraper la anse.

- « Tien. » dis-je en la posant devant lui.

- « M-merci. » murmura-t-il d'un voix à la fois aiguë et étranglée. Il ne me demanda plus rien de tout le repas et ce n'était vraiment pas plus mal j'avais déjà à jouer les baby-sitter pour un légume de trente ans, je ne voulais pas jouer les bonne fée pour un nouveau il n'y aurait pas toujours quelqu'un pour nous tenir par la main.

- « À présent que nous sommes tous occupés à digérer un autre de nos somptueux festins, je vous demande de m'accorder quelques instants d'attention afin que je puisse vous donner les traditionnelles recommandations de début d'année. » déclara Dumbledore. « Les nouveaux doivent savoir que la forêt située dans le parc est interdite d'accès il ne serait d'ailleurs pas inutile que quelques-uns de nos plus anciens élèves s'en souviennent aussi. »

Un rictus apparut sur mon visage cette forêt était mon jardin.

- « Mr Rusard, le concierge, m'a demandé de vous rappeler, pour la quatre cent soixante-deuxième fois selon lui, que l'usage de la magie n'est pas autorisé dans les couloirs entre les heures de cours et que beaucoup d'autres choses sont également interdites, dont la liste complète est désormais affichée sur la porte de son bureau. Nous aurons cette année deux nouveaux enseignants. Je suis particulièrement heureux d'accueillir à nouveau parmi nous le professeur Gobe-Planche qui assurera les cours de soins aux créatures magiques. J'ai également le plaisir de vous présenter le professeur Ombrage qui enseignera la défense contre les forces du Mal. »

Il y eut quelques applaudissements polis, mais l'enthousiasme, comme ma confiance en se crapaud rose, n'y étaient pas.

- « Les essais pour la constitution des équipes de Quidditch de chacune des quatre maisons auront lieu le… » mais il s'arrêta. Personne ne sembla vraiment comprendre pourquoi mais, je me rendis compte que 'Ombrage' s'était levée... enfin, elle aurait pu rester assise, de toute façon, c'est à peine si elle dépassait de la table elle me faisait beaucoup trop penser à Fudge dans sa façon de s'imposer aux autres.

- « Merci, cher directeur, pour ces aimables paroles de bienvenue. » minauda-t-elle. Sa voix était haut perchée, presque comme si la puberté l'avait boudée jusque là. Elle s'éclaircit la gorge et continua. « Je dois dire que c'est un grand plaisir de revenir à Poudlard et de voir tous ces joyeux petits visages levés vers moi ! »

- « Eh bah, on est gâté avec ça. » murmurai-je en me passant une main sur le visage. Ça sentait l'hypocrisie et le fascisme à des kilomètres... et je n'avais pas besoin d'être en Sombral pour sentir ça... la pomme pourrie était devant nous. 'Pink Lady ça lui irait bien...' ricanai-je intérieurement en regardant son allure boulotte dans son cardigan rose bonbon.

- « J'ai hâte de vous connaître tous et je suis sûre que nous deviendrons vite de très bons amis ! »

Elle allait nous fliquer... personne ne pouvait dire une chose pareille sans ce rendre compte que la majorité des élèves se moquait d'elle. Je le voyais gros comme une maison le ministère nous envoyait une taupe... très mal dissimulée d'ailleurs...

- « Le ministère de la Magie a toujours accordé une importance primordiale à l'éducation des jeunes sorcières et des jeunes sorciers. Les quelques dons que vous avez pu recevoir à votre naissance ne se révéleraient pas d'une très grande utilité si une instruction attentive ne se chargeait de les cultiver et de les affiner. L'ancien savoir dont la communauté des sorciers est l'unique dépositaire doit être transmis aux nouvelles générations, si nous ne voulons pas qu'il se perde à jamais. Le trésor de la connaissance magique amassé par nos ancêtres doit être conservé, enrichi, bonifié, par ceux qui sont appelés à la noble mission de l'enseignement. »

Elle marqua une pose pour faire un signe de reconnaissance aux professeurs, mais tous échangèrent des regards ou ne la quittèrent pas des yeux. Même la vieille McGonagall semblait prête à lui jeter une malédiction.

- « Chaque directeur, chaque directrice de Poudlard a apporté quelque chose de nouveau en accomplissant la lourde tâche de gouverner cette école historique et c'est ainsi qu'il doit en être car l'absence de progrès signifie la stagnation puis le déclin. »

'Ah oui ! Gouverner ? Carrément ?' me dis-je en me concentrant au mieux sur ses paroles.

Mais le progrès pour le progrès ne doit pas être encouragé pour autant, car nos traditions éprouvées par le temps n'ont souvent nul besoin d'être modifiées. Un équilibre entre l'ancien et le nouveau, entre la pérennité et le changement, entre la tradition et l'innovation… … car certains changements seront pour le mieux alors que d'autres, à l'épreuve du temps, apparaîtront comme des erreurs de jugement. De même, certaines coutumes anciennes seront conservées à juste titre tandis que d'autres, usées et démodées, devront être abandonnées. Aussi, n'hésitons pas à entrer dans une ère nouvelle d'ouverture, d'efficacité, de responsabilité, avec la volonté de préserver ce qui doit être préservé, d'améliorer ce qui doit être amélioré, et de tailler dans le vif chaque fois que nous serons confrontés à des pratiques dont l'interdiction s'impose. » ânonna-t-elle avant de se rasseoir.

Il y eu un moment gênant où seul Dumbledore sembla applaudir de son grès, mais les autres, y compris les professeurs, semblèrent plus réticents je ne pris même pas la peine d'applaudir... mais ça en disait long sur ce qui allait nous arriver le Ministère allait mettre son nez dans les affaires de Poudlard et ce pantin, ne faisait qu'ouvrir le bal.

- « Merci beaucoup, professeur Ombrage, pour ce discours très éclairant » dit Dumbledore en s'inclinant vers elle. « À présent, comme je vous l'annonçais, les essais pour la constitution des équipes de Quidditch auront lieu le… »

- « Cette femme me fait peur... » murmura une petite voix à côté de moi.

- « Elle me fait penser à ma tante... mais ça ne pourra pas être pire que le loup-garou... »

- « Un loup-garou ?! » s'exclamèrent les première années apeurés.

- « Le meilleur professeur de Défense contre les forces du mal qu'on aie eu ! » tonnai-je. « Vous avez déjà oublié à quel point il était attentionné et compréhensif ou bien préférez-vous laisser un ministre trouillard dicter votre pensée ? »

- « C'est ça ! On va prendre ton avis en compte ! » dit une fille de septième année. « Comme si on pouvait faire confiance à une fille qui traînait avec un Mangemort fou ! » asséna-t-elle tous me regardèrent certains avec un regard désapprobateur et d'autre rempli de questions.

- « Un Mangemort ? » répéta un première année.

- « Ceux qui tuaient les Moldus et Nés-Moldus il y a quatorze ans pour le compte de Vous-Savez-Qu-... »

- « Pour Voldemort. » rectifiai-je en me tournant vers eux tous sauf les non-initiés se raidirent.

- « On ne prononce pas son nom ! » vociféra un garçon de septième année juste en face de moi.

- « Je l'appellerais comme je l'entends. Moi au moins je n'ai pas peur de regarder la vérité en face ! » grognai-je en me levant partiellement du banc.

- « Il ne peut pas être en vie ! » répliqua-t-il en se redressant à son tour.

- « Et comment tu expliques la mort de Diggory ou l'apparition de la Marque des Ténèbres pendant la Coupe du Monde de Quidditch, hein ?! Des coïncidences? » vociférai-je les dents serrées.

- « Moi j'appelle ça un fou qui le croyait encore vivant ! » répliqua-t-il en tapant du poing sur la table. « Et on sait tous que c'est Potter qui a tué Diggory ! Il a jamais été norma- »

Soudain, sa langue se noua d'elle-même.

- « N'insulte... plus jamais... la mémoire de Diggory... devant moi... » menaçai-je en l'attrapant par sa cravate avant de le rejeter en arrière sur le banc.

À ce moment, les élèves commencèrent à se lever et, agacée par la vue de ma maison, je partis et fis un crochet à la cuisine avant de retourner à l'entrepôt.

Là, je retrouvai Barty, couché sur le dos, les yeux fixés, comme d'habitude, sur le plafond.

- « Allez à table » dis-je en apportant le sac de provisions que j'avais réussi à me procurer. Je m'approchai de lui, le levai et l'amenai vers l'établi avant de l'asseoir sur un tabouret.

Trente minutes plus tard, il termina son ragoût ainsi que le contenu du pichet que les elfes de maison m'avaient donnée. Je lui brossai les dents, entrepris de tailler un peu sa barbe blond sale qui recommençai à pointer le bout de son nez puis, après avoir fini sa toilette, je le mis en pyjama et au lit.

'Il me faudrait d'ailleurs penser à me trouver un deuxième matelas...' me dis-je en quittant l'entrepôt je ne pouvais pas aller le lendemain en cours sans avoir l'emploi du temps.

Comme d'habitude, je tapai les planches du passage en rythme puis me faufilai dans le dortoir. Là, je profitai de la lumière douce du feu de cheminée pour lire ce qui était écrit sur le tableau et le recopiai sur un morceau de parchemin.

- « Y'a quelqu'un ? » demanda alors une petite voix je me retournai pour voir le garçon de tout à l'heure.

- « Retourne te coucher gamin. » ordonnai-je en rangeant le parchemin dans ma poche.

- « Mon papa et moi on vous croit. » dit-il un peu plus fort je m'arrêtai sur le seuil.

- « Pense par toi-même. » dis-je au bout d'un moment avant de sortir, laissant les planches se refermer derrière moi.