Le lendemain, je me réveillai vers six heures et commença à sortir les quelques vivres que j'avais pris à Poudlard puis fis le ménage jusqu'à ce que toute la poussière qui c'était accumulée sur le sol, les meubles et les murs, soient enlevée. Puis, je levai Barty, l'amenai dans la salle de bain et fis sa toilette avant de l'amener dans le salon pour commencer à déballer ce qu'il fallait pour le déjeuner.

Poc, poc,

Immédiatement, je relevai la tête derrière la vitre, une chouette trempée portait une lettre d'une couleur criarde. Soupirant, j'allai lui ouvrir puis retournai à la cuisine pour lui offrir un peu d'eau.

- « Voilà pour toi. » murmurai-je en posant la sous-coupe devant elle et, quand elle commença à boire, je détachai la lettre c'était pour les Jumeaux.

- « Les garçons vous avez du courrier. » appelai-je en allant vers la chambre de mamie mais rien ne bougea. Soupirant, j'entrai et ouvris la lettre avant de refermer la porte derrière moi.

- « Fred et George Weasley ! » hurla une voix de femme que j'avais entendu assez souvent. « Comment avez-vous pu ?! Quitter Poudlard sans même passer vos ASPICs mais qu'avez-vous en tête ?! N'avez-vous donc aucun bon sens ?! J'attends d'autant plus des explication quant à cette histoire d'argent ! » acheva-t-elle sans doute avant de se déchirer 'Mh, elle en avait écrite des plus virulentes...' me dis-je en haussant les épaules. « Vous êtes réveillés ? » me moquai-je en rouvrant la porte.

De part et d'autre du lit, s'élevaient des jambes velues entourées de draps.

- « 'Bonjour' à toi aussi. » grogna une voix plus bas. « En fait, t'es pire que notre mère... » dit une autre, sa tête à peine visible sous la couette je ne pus me retenir de rire et, retournai, le souffle laborieux dans le salon pour donner à manger à Barty.

Quelques minutes plus tard, des pas lourd et lents entrèrent dans la pièce avant de s'arrêter pour se diriger vers la table et se laisser tomber sur les deux seules chaises restantes.

- « Allez, quand vous aurez fini de déjeuner, on ira au 93, on a pas mal de pain sur la planche avec l'aménagement et le nettoyage... » dis-je en essuyant la bouche de Barty avec une serviette.

- « Ok... » grogna George en attrapant un couteau et le beurre, encore endormi.

- « Et lui ? On va se le trimbaler ? » grogna Fred en prenant une portion de harengs.

- « Non je vais le laisser ici... mais je rentrerai à midi... » dis-je en vérifiant qu'il n'aie pas de nourriture coincée dans sa barbe naissante il faudrait que je pense à la raser...

- « T'as pris ça à Poudlard ? » demanda George en pointant vers son assiette j'acquiesçai.

- « Bon, vu qu'on est à quatre... » dis-je en regardant les quantités qu'ils se servaient. « Il va falloir faire les courses plus tôt que prévu... » continuai-je en levant Barty.

- « Mh tu sais, tu pourrais utiliser ta baguette pour le déplacer. » fit remarquer George après avoir avaler ce qu'il avait dans la bouche.

- « J'ai pas encore dix-sept ans et j'ai perdu mon autre baguette... » ajoutai-je en faisant tituber Barty dans la pièce. « Et de toute façon, il faut qu'il bouge sinon ce sera encore pire... »

Ils se contentèrent de reporter leur attention sur leur nourriture et, après une trentaines de minutes, je fermai la porte à double tour, avec trois balais et des sceaux avec des chiffons et autres sous le bras.

- « Pourquoi tu prends tout ça ? » s'étonna Fred en glissant ses mains dans ses poches.

- « Parce que cet endroit est encore plus crade que la Tête de Sanglier. » répondis-je en lui collant le sceau dans les bras.

- « Mais on peut utiliser la magie tu sais ? » fit remarquer Fred je lui lançai un regard noir. Nous n'étions pas encore sur le Chemin de Traverse. Enfin,heureusement pour moi, il avaient gardé les vêtements Moldus qu'ils avaient probablement porté lorsqu'ils avaient embarqué sur le Poudlard Express je n'osais même pas imaginer les regards et questions que les passants poseraient s'ils les voyaient en robe de sorcier...

- « Et tu vas me dire que tu sais l'utiliser pour nettoyer ? » grognai-je en ouvrant la porte du Chaudron Baveur.

- « Ça doit pas être compliqué.. un Récurvite là dessus et tout sera comme neuf ! » dit-il en haussant les épaules.

- « C'est ça, tu vas mettre des bulles en contact avec du plancher... tout ce que tu vas faire, c'est attirer des Bandimons et faire gondoler le bois... »

Vers sept heures, nous arrivâmes devant la porte du local et, en entrant, je crus avoir une attaque c'était encore plus sale à l'intérieur qu'à l'extérieur !

- « On a prévu de prendre tout le bas pour boutique, et juste au dessus, y'a une appartement normalement on devrait tous tenir. » dit George en posant le sceau sur le plancher. « Bon, c'est sale... mais au moins rien n'est cassé... » dit-il en regardant l'escalier de bois qui menait sans doute à l'étage supérieur.

- « Très bien, mais d'abord il va falloir se débarrasser de toute cette poussière. » marmonnai-je en distribuant les balais.

- « Mais on peut le faire avec la magie.. » rit Fred. Mais, avant que je ne puisse dire quoi que ce soit, le balai ce mit à trembler puis tournoyer sur lui-même avant de foncer dans toute la boutique en slalomant entre les poutres. Par réflexe, je sortis ma baguette et, peu avant qu'il ne fracasse la vitre, je jetai un Immobilus sur le balai qui s'arrêta à quelques centimètres seulement de la vitrine.

Finite Incantatem

prononçai-je en rattrapant au vol le balai désenchanté.

- « Euh... oups... ? » dit Fred en se passant une main dans les cheveux.

- « Vous allez me nettoyer ça à la main ! Et avec le sourire ! » dis-je en lui jetant le balai dans les bras.

La matinée se passa plus ou moins bien, dans un concert d'éternuements, de grincements et de grognements de la part des deux jumeaux qui avaient certainement pensé qu'un simple coup de baguette allait tout résoudre.

- « Attend que j'invente un attrape poussière... » grogna George en faisant disparaître d'un Evanesco le tas de poussière qu'il avait réuni.

- « On appelle ça un aspirateur. » fis-je remarquer en revenant de ce que nous avions pensé utiliser comme arrière boutique.

- « Un inspirateur ? » s'étonna Fred en passant la tête par dessus le garde fou de l'étage supérieur.

- « Laissez tomber... » murmurai-je en allant vers les vitrines. « George, tu peux me passer ta baguette ? » demandai-je en regardant la crasse qui empêchait la lumière d'entrer.

- « Alors ? Tu veux plus jouer les Moldus ? » ricana-t-il en me jetant sa baguette. Les sourcils froncés, je me concentrai sur la surface à nettoyer et la formule du sort que je voulais lancer... ou du moins, si c'était la bonne...

Tergeo

prononçai-je en pointant ma baguette sur les vitres qui, quand je passai au dessus, se nettoyaient d'elles-mêmes.

- « Attend ! Ça fait une heure qu'on passe le balai et tu savais faire ça depuis le début ?! » s'indigna Fred que la soudaine luminosité avait partiellement aveuglé.

- « La dernière fois j'ai cassé l'objet que je voulais nettoyer. » répondis-je en lui rendant sa baguette. « Et puis, j'étais pas sûre de m'en souvenir. » ajoutai-je en montant à l'étage.

Jusqu'à midi, nous continuâmes à traquer la moindre présence de poussière, crasse ou même, dans l'arrière boutique, de Bandimons. Mais je dus bientôt rentrer et laissez donc les garçons prendre une collation au Chaudron Baveur.

- « Liz ! » appela soudainement une voix derrière moi je me retournai et, aux pieds de l'escalier, je trouvai la concierge.

- « Madame Lund. » dis-je en essayant de passer à côté d'elle.

- « Qui étaient ces garçons ? » demanda-t-elle, les bras croisés.

- « Des camarades de classe. » répondis-je en passant sur le côté.

- « Et ils comptent vivre ici ? »

- « Non, je les héberge juste le temps qu'ils emménagent. » répondis-je en arrivant au bout du premier pallier. « Pourquoi ? Y'a un problème ? » demandai-je les sourcils froncés.

- « Votre voisine s'est plainte d'un bruit sourd ce matin et a apparemment entendu crier. » répondit-elle.

- « Problèmes personnels ça n'arrivera plus. » dis-je en ouvrant la porte.

- « J'y compte bien ! » entendis-je avant de fermer la porte le plus doucement possible.

- « Pisse vinaigre. » vociférai en avançant vers le salon. « Si je m'étais plainte à chaque fois que son petit-fils faisait ses dents la nuit... » grognai-je en arrivant devant le fauteuil où Barty était encore assis, le regard vide et inexpressif, la tête légèrement penchée en avant. « T'as raison, je devrais pas m'énerver pour si peu... » murmurai-je en m'approchant de lui. Là, je pris ses deux mains et le levai doucement avant de l'amener jusqu'à la table et de l'asseoir.

Une fois installé, je pris ce qui restai des provisions que les Jumeaux avaient laissé et préparai de quoi nourrir Barty. C'était lent de le faire manger, surtout quand à chaque fois, il fallait lui ouvrir la bouche, remplir, fermer et induire le mouvement de mastication avant de le 'forcer' à avaler en passant lentement mon pouce sur sa gorge de haut en bas.

Quand ce fut fait, je l'amenai dans la salle de bain et, un peu après, je le remis dans son fauteuil et repartis vers le Chaudron Baveur si on continuai sur la même lancé, on finirait le nettoyage ce soir et de là, il ne nous resterait plus qu'à préparer le stock, les étales, étagères et installer les affaires des Jumeaux.

La première partie fut simple, même si les ingrédients n'étaient pas tous donnés, mais grâce à l'argent que les Jumeaux avaient gagné en vendant leurs boîtes à flemme, nous parvînmes à produire une centaines de ces boîtes, des assortiments de feu d'artifices dont les éditions simples ou de luxe qu'ils avaient utilisé peu avant notre départ de Poudlard.

Les chapeaux sans tête aussi furent produit tout d'abord en une centaine d'exemplaires et ne parlons même pas des fausses baguettes. Enfin, tout ça n'était rien comparé à l'ultime problème aller chercher les affaires des Jumeaux... chez eux.. avec leur mère dans les parages...

Je leur avais d'ailleurs demander de lui envoyer une lettre pour que, si jamais elle nous trouvait là-bas, avec tout ce qui s'était passé ces derniers mois, elle ne pense pas qu'elle aie été attaquée... mais rien à faire ils ne voulaient rien savoir.

Il fallut tout de même attendre un bon mois avant qu'ils ne se décident à faire quelque chose et, le soir, ils revinrent à l'appartement avec quelques autres affaires, le teint allant du livide au rougeâtre.

- « Alors ? » demandai-je en donnant à manger à Barty.

- « Ouffff ! » dit Fred en se laissant aller sur l'un des fauteuils. « on a eu droit à tout... mais elle verra bien ! On va mettre Zonko sur la paille ! » grogna-t-il en levant son poing vers le ciel je secouai la tête lentement.

- « Mais bien sûr, peut-être même que vous pourrez faire de Zonko une extension de ce local. » dis-je en essuyant la bouche de Barty.

- « Vous ? » demanda George en s'asseyant sur la chaise en bout de table.

- « Mhm moi je suis juste employée. C'est vous les patrons. » répondis-je en emportant la vaisselle.

- « Euh, je crois que t'avais pas bien compris t'es propriétaire d'un tiers du local, comme nous, donc t'as autant de poids que nous dans l'affaire. » fit remarquer Fred en se penchant en avant.

- « J'ai pas le sens des affaires... » dis-je après quelques secondes.

- « Mais tu t'y connais en sorts, potions, enchantement et, si je me souviens bien, le vieux Barjow t'as à la bonne ça peut toujours être utile. » dit-il en me donnant une tape dans le dos.

- « Vous avez pas à vous trompez là dessus alors... »

- « T'en fais pas on a pris l'habitude de parier sur le bon cheval- »

Cling

Le verre que j'étais en train de nettoyer m'échappa des doigts et s'écrasa sur le sol.

- « Ça va ? » demanda Fred en se levant précipitamment du fauteuil j'acquiesçai avant de lancer un Réparo sur les morceaux et ramassai le verre une fois reconstitué.

- « Ça doit être la fatigue... » marmonnai-je en le rangeant. « Bon, je vais mettre Barty au lit, bonne nuit les garçons. » dis-je en passant à côté d'eux, pris Barty par les mains et l'emmenai vers la salle de bain.

'Parier sur le bon cheval...' pensai-je en lui brossant les dents. 'Toi aussi tu m'avais dit ça...' murmurai-je en enlevant une mèche trop longue de son visage.

Cloc

Surprise, je baissai les yeux et, tanguant dans le vide, je vis le pendentif que j'avais reçu pour Noël... Je ne savais toujours pas de qui il était... ni pourquoi, mais j'avais presque oublié sa présence... En fait, je ne me souvenais pas l'avoir jamais enlevé... 'Bah, s'il ne me gêne pas...' me dis-je en le glissant sous mon T-shirt.

Cette nuit là et les deux autres qui suivirent, je ne parvins pas à dormir et attendis, les yeux grand ouverts, que les rayons du soleil arrive dans la chambre... Pourtant, la respiration de Barty était calme, tout comme la mienne... je n'avais pas 'peur'... je n'avais pas l'impression d'être observée contrairement aux première fois où j'avais dormi à côté de lui... mais je n'y arrivai juste pas... j'avais beau me tourner, enlever la couverture, tourner mon oreiller dans l'autre sens pour avoir moins chaud, fixer le plafonds, fermer les yeux pendant plusieurs minutes... mais au final, quand je regardais mon réveil, ça ne faisait que quelques secondes...

- « Fais chier... » grognai-je en me tournant vers Barty. Lui aussi avait les yeux ouverts... mais bon... c'était toujours le cas... Soudain, des bourdonnements commencèrent à envahir mes oreilles, des cris, de plus en plus distincts à se graver dans mes tympans... Je revoyais encore le Détraqueur, sa grande silhouette noire.. son râle...

Je me levai en sursaut et passant une main dans mes cheveux, je me rendis compte qu'une sueur froide me coulait le long de la nuque je ne pourrais pas dormir. Je décidai donc de travailler sur les uniformes de travail dont George m'avait parlé et, prenant du papier, un crayon et une gomme, je commençai à faire des designs... puis, un autre soir, je vérifiai le coût d'importation de la poudre d'Invisibilité dont Fred parlait si souvent... mais il fallait encore mettre au point la quantité qu'on voulait importer, quand et comment la rapatrier dans le local et surtout, quel fournisseur choisir pour avoir une bonne marge...

- « Qu'est-ce que tu fais ? » demanda soudain une voix derrière moi.

Dans l'encadrement de la porte je vis Fred, en pyjama avec un verre d'eau à la main.

- « Ah c'est toi... » marmonnai-je en me laissant aller en arrière sur ma chaise de bureau. « Je bosse... » répondis-je, la bouche pâteuse quand il arriva à mon niveau.

- « Tu devrais dormir... on a tout le temps pour lancer tout ça. » dit-il en jetant un coup d'œil aux papiers et parchemins qui étaient étalés sur mon bureau. « Si on regarde bien, on est même en avance. » rassura-t-il en posant une main sur mon épaule.

- « Si tu le dis... » marmonnai-je en me relevant lentement puis le pas lourd, je retournai de mon côté du lit et me glissai sous la couette. « Bonne nuit. » dis-je en éteignant la lumière.

- « 'nuit » répondit-il en sortant de la chambre inutile de dire que la nuit fut longue.

Le temps fut long jusqu'au matin et, les yeux embrumés, je m'affairais, comme d'habitude à m'occuper de Barty, préparer le déjeuner, aller au local... on devait déballer leurs affaires aujourd'hui. Ce fut facile et l'appartement, contrairement à ce qu'on aurait pu penser, était plutôt grand... mais je me faisais du soucis pour Barty... je n'arrivais même pas à me souvenir de si j'avais bel et bien fermé à double tour... et si la concierge montait et le trouvait là ? Mais elle n'était pas sorcière... une Cracmol ? Peut-être, peut-être pas... mais je ne lui avait parlé que de camarades de classe... Barty avait depuis longtemps dépassé le stade d'être à l'école...

- « Liz ! » appela soudainement un voix je sursautai à moitié. « Tu peux m'aider avec les cartons ? » demanda George au bas de l'escalier j'acquiesçai et, à mesure qu'il faisait léviter les cartons vers moi, je les prenais et les posais dans l'appartement, mais contre la paroi pour pouvoir encore passer après.

- « Ahhhh~ Enfin à la maison ! » soupira Fred en tombant sur son lit. « Liz ? Tu vas où ? » demanda-t-il quand je poussai la porte de l'appartement.

- « Je rentre, il se fait tard. » dis-je la main fermement resserrée sur la clenche.

- « Mais on s'était dit qu'on pourrait aller au Chaudron Baveur pour fêter l'installation- » dit-il en se levant de son nouveau lit, l'air incrédule.

- « J-je vais juste mettre Barty au lit et je reviens. » dis-je en descendant rapidement les escaliers. Dix heures du soir jamais je n'étais rentrée si tard ! En cours de route, je me mis à courir, montai les marches quatre à quatre, pestai contre a porte que j'avais fermé à double tour et, une fois à l'intérieur, j'allumai la lumière et trouvai Barty sur son fauteuil, assis... comme d'habitude.

Là, je lui donnai rapidement à manger, fis sa toilette, le couchai et

Soudain, je sentis quelque chose sur mon épaule j'ouvris les yeux et, quand je voulus me lever, je me pris les pieds dans quelque chose

- « Eh ! Attention ! » cria la voix d'un des Jumeaux on m'avait rattrapée.

- « Tu nous as fait peur on a bien cru que t'avais eu un problème » dit George en s'approchant du lit.

- « J-je sais pas.. j'ai... j'ai dû m'endormir.. » dis-je en regardant un peu partout je ne me souvenais même pas avoir éteint la lumière.

- « M-mais comment vous êtes rent- »

- « Alohomora. » répondit rapidement Fred en me ramenant en avant et sur mes deux jambes. « Tu couve quelque chose ? T'as pas l'air bien.. » dit Fred en pressant le dos de sa main contre mon front.

- « Non ça va.. » dis-je en enlevant doucement sa main. « J-j'ai juste pas beaucoup dormi ces derniers jours... ça doit être l'émotion. » dis-je en tentant un sourire mais ils ne parurent pas satisfaits.

- « C'est parce qu'il te fixe la nuit ? » demanda George en regardant Barty dont les yeux étaient toujours fixés sur le plafond.

- « Non, sinon je n'aurais pas dormi de l'année ! »

- « Gred ! » appela-t-il en se tournant vers son frère. « T'as toujours ton somnifère sans rêve ? »

- « Non, mais ça va aller- »

- « Discute pas on veut pas que tu te bouffes la santé. » dit-il en me tenant par le bras. « Allez, t'en fais pas, on se débrouillera. » dit-il en me passant une fiole.

- « Goutte du mort-viva- »

- « Bois on s'occupe du reste. » commanda-t-il les sourcils froncés surprise, je bus une gorgée et, au moment où sa main attrapa la fiole, je me sentis partir en arrière.

Tout était sombre autour de moi... seul quelques sons parvenaient jusqu'à moi une respiration calme et lente... réconfortante Barty ? Lentement, j'avançai ma main devant moi pour voir où était le bord du lit, mais dans son sillage, mes doigts en rencontrèrent d'autres je les retirai de suite. 'Minute ! Barty avait toujours les bras le long du corps !' pensai-je en essayant de voir où j'étais. Tout était flou, comme si quelqu'un avait gommé les contours... je plissai donc les yeux pour voir qui était devant moi et, tout à coup, je sentis quelque chose tomber sur mon épaule.

Surprise, je sursautai et, finalement, mes yeux s'habituèrent à l'obscurité dans laquelle je vis que ce n'était qu'un bras qui était mollement posé sur ma taille. 'un bras... un bras ?' m'étonnai-je en utilisant mon coude pour me redresser. Là, devant moi, je vis une touffe de cheveux roux et, quand je tournai rapidement la tête pour voir derrière moi, je ne vis une même touffe de cheveux.

Soudain, le bras qui était à présent posé sur mon ventre se leva et, paresseusement, ses doigts grattèrent son ventre Qu'est-ce que je fichais là?!

Un peu déconcertée, je tentai d'avancer vers le fond du lit, jambes les premières mais, tout à coup, un autre bras me frappa le torse et, entraînée par le poids, je m'affalai contre le matelas. Les yeux ronds, je tentai de me relever, mais un poids supplémentaire m'en empêchait.

Baf

- « Hjfds ! » balbutia-t-il en ouvrant les yeux, totalement désorienté avant de laisser tomber sa tête sur mon épaule. « Encore cinq minutes... » marmonna-t-il la bouche pâteuse.

- « Tu te lèves de suite ou ces cinq minutes auront raison de toi... » menaçai-je en poussant sa tête.

- « Mhhhfff. » grogna-t-il en relevant la tête il avait les paupières lourdes et le regard vide... « Qu'est-ce qui 'a » demanda-t-il, les yeux toujours dans le vague.

- « Pousse-toi. » grognai-je en le poussant par ses épaules et, à mon plus grand étonnement, il enleva son bras mais, avec l'élan, il l'entraîna un peu plus vers le bord du lit et par terre.

- « Ça va ? » m'inquiétai-je en m'avançant vers le bord par lequel il était tombé couché sur le sol, seul un pouce levé en l'air me donna la réponse. « Euh, question à deux balles qu'est-ce que je fais là ? » demandai-je quand il se redressa.

- « On s'est dit qu'il était pas terrible comme première chose à voir au réveil... » répondit une voix endormie derrière moi. Je décidai de ne pas me prononcer là dessus, mais une chose était sûre, ce n'était pas Barty qui me donnait des coups avec les bras ou roulait sur le matelas...

Enfin, la journée se passa plutôt bien cette fois-ci, mais j'avais l'impression qu'une certaine animosité régnait dans cet appartement... Cependant, tout cela fut éclipsé, plus tard dans le mois, après la deuxième semaine d'ouverture, par le bonheur qui nous anima tous les trois quand la Gazette du Sorcier nous apprit que Judge reconnaissait enfin que Voldemort était de retour.

CELUI-DONT-ON-NE-DOIT-PASPRONONCER-LE-NOM EST DE RETOUR

Dans une brève déclaration faite à la presse vendredi soir, Cornélius Fudge, le ministre de la Magie, a confirmé que Celui-Dont-On-Ne-DoitPas-Prononcer-Le-Nom est revenu dans notre pays et qu'il y est à nouveau actif.

« J'ai le très grand regret de devoir confirmer que le sorcier qui s'est décerné à lui-même le titre de Lord – vous voyez qui je veux dire – est vivant et présent une fois de plus parmi nous », a déclaré Fudge, visiblement fatigué et ébranlé, devant les journalistes.

« C'est avec un regret presque égal que je dois vous informer de la révolte massive des Détraqueurs d'Azkaban qui se sont montrés hostiles à la poursuite de leur collaboration avec le ministère de la Magie.

Nous pensons que les Détraqueurs se sont à présent placés sous les ordres de Lord Machin. Nous demandons instamment à la population magique de rester vigilante. Le ministère publie actuellement des guides de défense élémentaire des personnes et des biens qui seront distribués gratuitement dans tous les foyers de sorciers au cours des prochains mois. » La déclaration du ministre a été accueillie avec consternation et inquiétude par la communauté des sorciers qui, pas plus tard que mercredi dernier, recevait du ministère l'assurance qu'il n'y avait « aucune espèce de vérité dans les rumeurs persistantes selon lesquelles VousSavez-Qui se manifesterait à nouveau parmi nous ».

Le détail des événements qui ont conduit à la volte-face du ministère reste encore très flou. On pense cependant que Celui-Dont-On-Ne-DoitPas-Prononcer-Le-Nom, accompagné d'un groupe de fidèles (connus sous le nom de Mangemorts), aurait réussi jeudi soir à pénétrer au sein même du ministère de la Magie. Albus Dumbledore, nouvellement réintégré dans ses fonctions de directeur de l'école de sorcellerie Poudlard, de membre de la Confédération internationale des sorciers et de président-sorcier du Magenmagot, n'a fait aucune déclaration jusqu'à présent.

Tout au long de l'année écoulée, il avait répété avec insistance que Vous-Savez-Qui n'était pas mort, contrairement aux espoirs les plus répandus et que, selon lui, il recommençait à recruter des partisans pour tenter une nouvelle fois de s'emparer du pouvoir. Dans le même temps, le jeune homme surnommé « le Survivant »…

- « Eh bien tant d'éloges... j'en serais presque jaloux. » dit George en reposant le Sorcier du Dimanche.

- « Et je suppose qu'ils nieraient savoir de quoi on parle si on disait le 'cinglé Potter'... » grognai-je en déposant le repas sur la table.

- « Pas la moindre trace en effet... » dit-il le nez collé dans le journal.

'Hypocrites...' pensai-je en nous servant tous les trois et laissai ma part dans la casserole inutile de le sortir s'il fallait le réchauffer.

- « Ah au fait, tu comptes emménager avec nous quand ? » demanda George soudain, Barty se mit à tousser sous les yeux ahuris des Jumeaux qui pointèrent tous deux leur baguettes sur lui.

- « Vous allez baissez ça, oui ?! » m'énervai-je en tapant dans son dos.

- « Ma-mais i-il tousse- »

- « Bien sûr qu'il tousse c'est un réflexe ! Son cerveau marche parfaitement ! » dis-je sèchement. Il fallut un bon moment pour que sa toux se calme et, après ça, je me promis de lui raser complètement cette maudite barbe impossible de le faire manger sans que des morceaux ne se coincent dedans ! « Qu'est-ce qu'il y a ? » demandai-je en voyant les deux lui jeter des regards étranges.

- « C'est écœurant... » dirent-ils en chœur soudain, les yeux de George s'ouvrirent en grand.

- « Eh ! C'est peut-être ça ! » s'exclama-t-il en donnant un coup de coude à Fred.

- « ça quoi ? » demandai-je un peu agacée.

- « On avait pensé juste faire des dragées qui rendent rendent malades... » commença-t-il en s'approchant rapidement de Barty puis, d'un mouvement brusque, il lui attrapa le bras et tira sa manche, révélant ainsi la marque. « mais cette forme m'a l'air plus... originale... »