Pendant plus d'une demie-heure je passai d'élève en élève, soignant, donnant des tapes amicales sur les épaules, souriant quand tout allait bien... je n'avais pas le temps de leur faire de grand discours comme Ginny ou Granger... je n'avais pas de temps à perdre, il fallait les soigner tous le plus vite possible... mais, malgré tout, mes sorts n'étaient pas toujours suffisants et les potions de Pomfresh se faisaient rares...
Soudain, le ciel nocturne s'illumina de rouge et d'argent et, dans la nuit, des hurlement de joie retentirent puis, quelques minutes plus tard, la voix magiquement amplifiée de Voldemort arriva à nos oreilles.
- « Harry Potter est mort. Il a été tué alors qu'il prenait la fuite, essayant de se sauver pendant que vous donniez vos vies pour lui. Nous vous apportons son cadavre comme preuve que votre héros n'est plus. La bataille est gagnée. Vous avez perdu la moitié de vos combattants. Mes Mangemorts sont plus nombreux que vous et le Survivant est fini à tout jamais. Il ne doit plus y avoir de guerre. Quiconque continuera à résister, homme, femme, enfant, sera éliminé ainsi que tous les membres de sa famille. Sortez maintenant du château, agenouillez-vous devant moi, et vous serez épargnés. Vos parents, vos enfants, vos frères et vos sœurs vivront, ils seront pardonnés, et vous vous joindrez à moi pour que nous reconstruisions ensemble un monde nouveau. »
Parmi le silence glaçant, je vis que certains tentaient de retenir leurs larmes et sanglots... c'était un choix difficile... surtout pour ceux qui avait une famille, des amis, toute la vie devant eux...
Je repris un gorgée de Polynectar moi je n'avais plus qu'une chose à perdre.. et aucun des Weasley ne se rendrait. Quand à McGonagall, je voyais bien les couleurs tomber par morceau de son visage, mais je sentais qu'elle n'y croyait pas encore... après tout, jamais Potter ne se serait enfui... il avait dû vouloir jouer les martyrs et se laisser tuer dans la forêt pour arrêter la bataille...
Mais sa naïveté me fit grincer des dents comment avait-il pu croire en la parole de Voldemort ?! Comment avait-il pu penser que tout serait fini à partir du moment où il serait mort ?!
Mais quelque chose me fit presque sourire à ce moment là j'aurais l'occasion de lui montrer à quel point Voldemort n'en avait rien à faire de lui.
- « Aïe ! » vociféra une voix devant moi un troisième année... les cheveux châtain et la cheville tordue en un angle plutôt singulier.. Andromac ?
- « Attends. » dis-je en m'approchant de lui.
Episkey
prononçai-je en lui tenant l'épaule pour qu'il ne bouge pas trop.
- « Tu t'es bien battu. » dis-je en lui lâchant l'épaule les yeux ronds, il me regarda.. mais je savais qu'il ne me reconnaîtrait pas alors, sans un mot, je le poussai à descendre et allai, comme les autres dehors, la mort dans l'âme.
Tirant Barty de ma poche, je lui lançai un Enervatum. Il se mit à bouger faiblement puis, quand il leva ses yeux vers moi, il sembla amusé je lui souris en retour d'un sourire mauvais.
NON !
Hurla la voix de McGonagall, dans un hurlement terrible... Curieuse, je me rapprochai plus et du contenir mes ricanements lorsque je vis la paupière de Potter bouger Barty avait une meilleure vue que je ne l'aurais espéré. Mais le tumulte ne s'arrêta pas là et, bientôt, tous ceux qui étaient présents ici se mirent à hurler leur désespoir et injures jusqu'à ce qu'ils soient tous forcé, par Voldemort, à garder le silence.
- « TAISEZ-VOUS ! » s'exclama Voldemort. « C'est fini. Pose-le par terre, Hagrid, à mes pieds, c'est là qu'est sa place ! » dit-il pendant que Hargid, avec toute la douceur du monde, déposait Potter sur l'herbe. « Vous voyez ? » continua-t-il en contournant Potter à grandes enjambées. « Harry Potter est mort ! Comprenez-vous maintenant, vous qui vous êtes bercés d'illusions ? Il n'était rien, n'a jamais rien été, qu'un jeune garçon qui voulait voir les autres se sacrifier pour lui ! »
- « Il vous a battu ! » s'écria Ronald. Le sort avait enfin été levé et, tous recommencèrent à vociférer et hurler jusqu'à ce qu'ils soient réduis au silence.
- « Il a été tué en tentant de s'enfuir subrepticement dans le parc du château, » reprit Voldemort. « il a été tué en essayant de sauver sa propre vie. »
Soudain, je sentis quelqu'un me pousser Neville. Immédiatement, j'attrapai son bras le fou voulait se battre contre Voldemort.
- « Arrête ça ne fait pas l'idiot ! » cria-je pour couvrir les autres voix, mais il me regarda avec des yeux noirs, se dégagea en me donnant un coup dans les côtes et se précipita vers les Mangemorts avant d'être touché en pleine poitrine par un Expelliarmus sa baguette vola dans la main de Voldemort tandis que lui, s'affalait à terre.
- « Qui est-ce ? » demanda-t-il de sa voix douce semblable a un sifflement de serpent. « Qui s'est porté volontaire pour montrer à quel sort doivent s'attendre ceux qui poursuivent le combat lorsque la bataille est perdue ? »
- « C'est Neville Londubat, Maître ! Le garçon qui a causé tant d'ennuis aux Carrow ! Le fils des Aurors, vous vous souvenez ? » dit Bellatrix l'air absolument ravie.
- « Ah, oui, je me souviens... » dit Voldemort en regardant Neville.
- « Mais tu es un Sang-Pur, n'est-ce pas, mon garçon, toi qui es si courageux ? » demanda Voldemort à Neville qui lui faisait face sans la moindre arme ni défense.
- « Et alors ? » répliqua Neville d'une voix sonore.
- « Tu as montré du caractère et de la bravoure et tu es issu d'une noble lignée. Tu feras un précieux Mangemort. Nous avons besoin de gens comme toi, Neville Londubat. »
- « Je me rallierai à vous quand il gèlera en enfer ! » répondit Neville. « L'armée de Dumbledore ! » s'écria-t-il.
En réponse, des acclamations s'élevèrent de la foule que les sortilèges de Mutisme de Voldemort n'arrivaient pas à faire taire j'en profitai pour m'éclipsai et, dans le plus grand silence, fit le tour pour me retrouver du côté des Mangemorts qui, apparemment, n'avaient rien remarqué ils étaient sans doute trop satisfaits et sûrs d'eux pour ça... et puis, j'avais le laissez-passer sur le bras.
- « Très bien. » dit Voldemort. « Si tel est ton choix, Londubat, nous allons revenir au plan d'origine. Ce sera sur ta tête, » dit-il à mi-voix. « que ça se passera. »
Tout à coup, passant par une fenêtre, un petit tas informe arriva vers Voldemort qui l'attrapa du bout des doigts et le laissa se déplier le Choixpeau ?
- « Il n'y aura plus de Répartition au collège Poudlard. » annonça Voldemort. « Il n'y aura plus de maisons. L'emblème, le blason et les couleurs de mon noble ancêtre, Salazar Serpentard, suffiront à chacun, n'est-ce pas, Neville Londubat ? » dit-il en pointant sa baguette sur lui.
Un instant plus tard, le Choixpeau prit feu l'élément qui déclencha tout. Au loin, des cris de guerre lancés par des centaines de personnes escaladant le mur d'enceinte résonnèrent autant que le bruit des pas d'un géant de petite taille qui venait d'apparaître au coin du château.
- « HAGGER ! » hurla-t-il en s'élançant vers nous. Les rugissements des géants du côté Voldemort déchirèrent alors la nuit avant de s'élancer vers celui qui venait d'arriver. La terre tremblait déjà sous nos pieds, mais des bruits de sabots supplémentaires vinrent se rajouter et des nuées de flèches s'abattirent sur les Mangemorts j'en pris une dans l'épaule, mais l'arrachai rapidement avant de me soigner et me joindre à la bataille.
- « Croupton ?! » s'étonna une voix paniquée derrière moi. « Aides moi ! » ordonna-t-il alors qu'il était aux prises avec un Centaure.
Avada Kedavra
criai-je l'homme masqué s'effondra sur le sol, inerte mais l'arc du Centaure était à présent tourné vers moi.
- « Traître ! » rugit une autre mais, avant que je ne puisse me retourner, une flèche siffla à mes oreilles avant d'aller se planter dans le torse du Mangemort. Je retournai et vis le Centaure trépigner sur place... sa tête me disait quelque chose...
Mais je n'avais pas le temps d'autres créatures arrivaient. Me transformant en Sombral, je fonçai sur les groupes de Mangemorts dont certains ne semblaient pas me voir. Tête baissée, sabots fendant les airs et piétinant le sol ainsi que les corps, je sentis bon nombres d'os se briser, de cris être poussés et de derniers soupirs être pris... mais les géants prenaient toujours une place incroyable sur le champ de bataille !
Defodio
Lançai-je sur la jambe d'un géant qui se précipitai vers le plus petit dans un rugissement glaçant, il perdit l'équilibre et, avant qu'il ne tombe à terre, je lui lançai un Arresto Momentum. Je ne pouvais pas risquer d'écraser des alliés... Toutefois rien ne m'empêcha de réduire ses Jambes en pulpe sanguinolente à l'aide d'un Reducto.
Mais tout à coup, quelque chose sembla avoir explosé dans le château 'Fred !' pensai-je en m'élançant vers l'entrée.
- « HORS DE MON CHEMIN ! » hurlai-je en conjurant un autre Feudeymon qui s'enroula autour du géant et, en un instant, le transforma en une pluie de cendres. Couverte de suie, j'arrivai dans le Hall qui était remplis de Centaures, Elfes de Maison et, du plafond Peeves jetai sur les Mangemorts tout ce qui lui passait sous la main.
Impedimenta
criai-je. Une corde sortis alors de ma baguette et, s'enroula autour du cou d'un sympathisant que je tirai en arrière les Elfes s'occupèrent du reste.
- « Qu'arrivera-t-il à tes enfants quand je t'aurai tuée ? » railla la voix de Bellatrix dans la Grande Salle. « Quand maman sera partie de la même manière que Freddie ? »
Mon sang se glaça immédiatement et, courant le plus vite possible, je vis Fred, acculer contre un mur, Bellatrix sa baguette pointée sur lui.
- « Tu… ne… toucheras… jamais… à nos… enfants ! » hurla Madame Weasley. D'un geste rapide, elle lança un sort à Bellatrix qui la figea sur place sans la tuer... ma langue passa furieusement sur ma lèvre.
Reducto
criai-je avant qu'un éclair ne la touche et, dans un bruit de porcelaine brisée, Bellatrix tomba sur le sol, en mille morceaux. C'est alors que Voldemort cria et, repoussée par une onde de choc, je fus propulsée dans les airs avant de retomber lourdement sur les marches qui faisant face à la salle mon bras était cassé... encore...
Le souffle coupé et les dents serrées, je me lançai un Episkey en me promettant de proposer des cours de Soin aux élèves de Poudlard. Mais je peinai à me relever, et assise sur les marches, le regard dans le flou, j'entendis des exclamations et acclamations venir de la Grande Salle.
« Harry ! IL EST VIVANT ! »
Mais, tout aussi rapidement, la foule se tu, laissant un silence de mort dans le château.
- « Que personne n'essaye de m'aider ! » lança Potter avec force. « Il faut qu'il en soit ainsi. Il faut que ce soit moi. »
- « Liz ! » s'exclama soudainement la voix d'un des Jumeaux George.
- « Ça va... » dis-je en essayant de me relever mais mon Episkey n'avait pas fonctionné correctement et bon bras se déboîta. Sous la douleur, je laissai échapper un gémissement et retombai sur la marche, mes jambes faibles et finalement, le manque d'air se fit sentir j'étais à bout.
- « Attends, j'vais t'aider. » dit-il en passant son bras derrière moi et mon bras valide sur ses épaules.
- « Qui vas-tu utiliser comme bouclier, aujourd'hui, Potter ? » demanda Voldemort dans un sifflement.
- « Personne ! » répondit-il simplement. « Il n'y a plus d'Horcruxes. Il n'y a plus que vous et moi. Aucun d'eux ne peut vivre tant que l'autre survit, et l'un de nous va partir pour de bon… »
- « L'un de nous ? » ricana Voldemort.
- « Tu penses que c'est toi qui vas l'emporter, n'est-ce pas, celui qui a survécu par hasard et parce que Dumbledore tirait les ficelles ? »
- « C'était un hasard quand ma mère soit morte pour me sauver ? » rétorqua Potter pendant que je me faisais traîner vers un coin de la Grande Salle, là où les autres Weasley se trouvaient.
- « Lizzy ! » s'exclama Fred qui, lui aussi sembla en bien piètre état. Du coin de l'œil, je vis sa mère nous regarder dubitativement avant de reporter son attention sur le face à face contre Voldemort.
- « Le hasard et la chance et aussi le fait que tu te réfugiais et pleurnichais dans les robes de sorcières et de sorciers plus grands que toi, des hommes et des femmes que tu me laissais tuer à ta place ! »
- « Vous ne tuerez personne d'autre, cette nuit. » assura Potter.
Dans ma poche, je sentis quelque chose bouger et, en y mettant a main, je sentis des petits doigts s'agripper au mien. Sans un mot, je sortis Barty, encore enserré par ces liens.
- « Mais c'est ? » dit Fred en regardant le petit personnage.
- « Je lui avais promis qu'il serait aux premières loges. » dis-je me lançant un Revigor,me donnant ainsi juste assez pour pouvoir me lever et lui montrer que son Maître n'avait d'yeux que pour Potter.
- « Vous ne tuerez plus personne, plus jamais. Vous ne comprenez donc pas ? J'étais prêt à mourir pour vous empêcher de faire du mal à ceux qui sont ici… »
- « Mais tu n'es pas mort ! »
- « J'en avais l'intention et c'est cela qui a tout déterminé. J'ai fait ce que ma mère avait fait. Ils sont protégés, vous ne pouvez plus les atteindre. N'avez-vous pas remarqué qu'aucun des sortilèges que vous leur avez jetés n'a eu d'effet ? Vous ne pouvez pas les torturer. Vous ne pouvez pas les toucher. Vous n'avez rien appris de vos erreurs, Jedusor, n'est-ce pas ? »
- « Tu oses… »
- « Oui, j'ose ! » affirma Harry. « Je sais des choses que vous ne savez pas, Tom Jedusor. Je sais des choses très importantes que vous ignorez complètement. Vous voulez que je vous en dise plus, avant que vous ne commettiez une autre grande erreur ? »
- « S'agit il d'amour, encore une fois ? » demanda Voldemort, une expression railleuse sur son visage de serpent. « La solution préférée de Dumbledore, l'amour, dont il prétendait qu'il était plus fort que la mort. Mais l'amour ne l'a pas empêché de tomber de la tour et de se briser comme une vieille figure de cire. L'amour, qui ne m'a pas non plus empêché d'écraser ta Moldue de mère comme un cafard, Potter… mais cette fois, personne ne semble t'aimer suffisamment pour courir à ton secours et recevoir mon sortilège à ta place. Alors, qu'est-ce qui te protégera de la mort lorsque je frapperai ? »
- « Une simple chose.. » dit Harry. Ils tournaient toujours en cercle... pour la rencontre ultime, un Ersatz de danse médiévale couplé à un débat d'idée sur l'amour... c'était vraiment.. décourageant...
- « Aujourd'hui, ce n'est pas l'amour qui te sauvera. » reprit Voldemort. « Tu dois croire que tu possèdes une magie dont je serais dépourvu, ou peut-être une arme plus puissante que la mienne ? »
- « Les deux, je pense. » répliqua Potter. Voldemort se mit à rire et son rire sans humour, vide de sentiments qui résonna en écho dans la Grande Salle silencieuse.
- « Toi, tu penses connaître davantage de magie que moi ? » lança-t-il. « Que moi, Lord Voldemort, moi qui ai accompli des actes de sorcellerie dont Dumbledore lui-même n'aurait jamais rêvé ? »
- « Oh si, il en a rêvé, » répondit Harry. « mais il en savait plus que vous, il en savait suffisamment pour ne pas faire ce que vous avez fait. »
- « Tu veux dire qu'il était faible ! » s'écria Voldemort. « Trop faible pour oser, trop faible pour s'emparer de ce qui aurait pu être à lui, de ce qui sera à moi ! »
- « Non, il était plus intelligent que vous, » dit Harry, « meilleur que vous, comme sorcier, et comme homme. »
- « C'est moi qui ai provoqué la mort d'Albus Dumbledore ! »
- « Vous croyez cela, mais vous vous trompez. » affirma Harry. Pour la première fois, il y eut un mouvement de foule : les centaines de personnes alignées le long des murs avaient pris en même temps une profonde inspiration...
- « Par Merlin, on dirait un cours de Binns.. » grognai-je à voix basse quelque chose me mordit le doigt. Je baissai le regard sur ma main et vit que Barty me laissai des regards noirs. « C'est ça, je te laisse à ta messe... » ajoutai-je en le regardant se pencher en avant, le regard plein d'espoir... et de larmes ?
- « Dumbledore est mort ! »
- « Son corps se décompose dans sa tombe de marbre, dans le parc de ce château, je l'ai vu, Potter, et il ne reviendra pas. »
- « Oui, Dumbledore est mort, » dit Harry d'une voix calme. « mais ce n'est pas de votre fait. Il a choisi sa propre façon de mourir, il l'a choisie des mois avant le jour de sa mort, il a tout arrangé avec l'homme dont vous pensiez qu'il était votre serviteur. »
- « Quel est encore ce rêve puéril ? » interrogea Voldemort.
Mon cerveau ce déconnecta partiellement à ce moment là... Rogue était une taupe depuis le début, Dumbledore avait choisi de mourir par la main de Rogue... et une histoire de baguette à coucher dehors. Non, vraiment, tous semblaient retenir leur souffle mais il n'y avait vraiment pas de quoi... et si Potter disait vrai et que la Baguette de Sureau ne répondait qu'à un sorcier aillant désarmé son ancien maître, alors il n'y avait rien à craindre... mais Barty semblait boire la moindre parole..
Soudain, la lumière éblouissante du soleil rasant passa à travers les fenêtres brisées.
- « Avada Kedavra ! »
- « Expelliarmus ! »
Mais, quand leurs deux sorts se touchèrent, la baguette de Sureau vola des mains de Voldemort et vers Potter qui l'attrapa. Le sort de mort avait ricoché et touché son lanceur de plein fouet Voldemort tomba en arrière, les yeux révulsés, dans la poussière et les morceaux de verre.
Il fallut un moment à tous pour traiter l'information mais, une fois qu'il eurent compris que Voldemort ne reviendrait plus, ils se mirent à rugir de bonheur, acclamer Potter pendant que d'autres lui sautaient au cou.
Moi de mon côté, je me rapprochai du cadavre pâle à la face de serpent et entendis Barty pleurer.
- « Ça fait mal, hein ? » demandai-je, les yeux dans le vide. « Voir la personne qu'on aime le plus mourir... et ce dire qu'on a rien pu faire... je connais ça.. » ajoutai-je en tapotant son dos avec mon indexe. « Mais ma grand-mère, au moins, m'aurait accordé un regard en me voyant dans l'assemblée. » assénai-je alors qu'il tentai de sortir de ma poigne... je savais qu'il voulait être près de son 'maître'... mais je ne le laisserais pas... comme il m'avait arrachée ma grand-mère lorsque je n'étais pas là... je voulais qu'il sache à quel point c'était douloureux.
- « C'est injuste... » gémit-il en s'arrachant des cheveux.
- « C'est la vie. » répondis-je froidement en m'éloignant. « à ton avis ça passera pour une asphyxie du sommeil, ça aussi ? » demandai-je, un rictus sur mon visage.
Seule dans mon coins et tenant toujours Barty entre mes doigts, je regardai tous les survivants se presser pour pouvoir remercier Potter... personnellement, ça ne me disait rien, je préférais largement apprécier la vue du corps immobile de Voldemort sous le soleil levant... ça faisait si longtemps que je n'avais pas pris le temps d'apprécier un tel moment de calme...
Soudain, je sentis ma veste devenir un peu trop grande pour moi et, regardant mes mains, je me rendis compte qu'elles étaient à nouveau couvertes de cicatrices blanchâtres qui se superposaient, pour la plupart et des mèches de cheveux emmêlés se balançaient au gré du vent devant mes yeux.
- « Tiens, t'as arrêté de pleuré... » remarquai-je en jetant un coup d'œil Barty qui, depuis un moment, ne faisait que regarder vers la droite. Et c'est alors que je le sentis, l'odeur du repas et mon ventre se mit à gronder. Immédiatement, je me levai et me dirigeai vers la table où je pris une assiette, de la nourriture et allai m'asseoir une fois de plus dans mon coin. « Allez, mange. » dis-je en détachant un petit morceau de pain à peu près de la taille d'un grain de riz pour lui donner.
- « T'es sérieuse ? Tu vas vraiment me laisser comme ça ? » grogna-t-il avec le morceau entre ses mains.
- « Tu crois quand même pas que je vais te rendre ta taille. » dis-je en mordant dans mon morceau de pain.
- « Je te signale que je ne t'ai jamais fait subir un sort de Ratatinage ! » s'indigna-t-il, son tic toujours présent.
- « Tu m'as réduit en esclavage, c'est pire. » répondis-je sans même le regarder.
- « T'es fière de ta blague je suppose... » maugréa-t-il après quelques secondes avant de se laisser tomber sur la pierre sur laquelle il se tenait debout.
- « Parfaitement. » répondis-je simplement en prenant mon verre puis souris. « Tu veux un dé à coudre pour boire ? » me moquai-je il e lança un regard noir.
- « Rappelle-moi ce que t'as de gravé sur la main... » grogna-t-il.
- « Je respect Barty Croupton jr... mais tu n'es théoriquement que la moitié tu n'auras donc que la moitié de ma considération. »
- « Carne... » grogna-t-il en arrachant un gros morceau de ce que je lui avait donné.
- « Alors... pas trop déçus avec Voldemort... ? » demandai-je, un œil sur lui il baissa la tête sans rien répondre. « Bah tu sais, les asphyxies du sommeil ça arrive si souvent. »
- « Fermes-là ! » hurla-t-il en me jetant le morceau que je lui avait donné avant de se recroqueviller, sa tête entre ses mains.
- « Tu pensais vraiment qu'il allait tout risquer pour toi ? Qu'il allait t'accueillir comme un 'fils' ? » demandai-je.
- « Tu sais pas ce que c'est de ne rien représenter pour ses parents ! »
- « C'est ça, et ton père t'a fait sortir et a laissé ta mère mourir sur place, juste pour le fun. ? » grognai-je. « Moi, ce que je pense, c'est que t'as parié sur le mauvais cheval dès le début. »
- « Lord Voldemort est comme moi ! Lui peut me comprendre ! Lui aussi détestait- »
- « Détestait tout le monde sauf ceux qu'il n'aimait juste pas. Et toi, petit ado rebelle que tu es resté, tu es tombé dans le panneaux. Il t'a mis devant le nez des ressemblances vagues entre vous deux... et toi t'as mordu à l'hameçon- »
- « C'est faux ! J'étais le seul à savoir qui il était réellement ! Même cette harpie de Lestrange ne savait pas qu'il était un Sang-Mêlé ! »
- « C'est bien ce que j'ai dit tu as mordu à l'hameçon. Jouer les journaux intimes ne fait pas de toi autre chose qu'un simple outil dont il s'est servi avant de le laisser pourrir sur place quand il n'en a plus eu besoin. »
Il ne prononça plus un mot après ça... et d'un côté, je m'en voulais un peu de l'avoir fait... mais d'un autre... c'était encore plu rangeant de le voir défendre un type qui ne lui avait jamais rien apporté ! Mais je ne voulais pas faire la même erreur que lui... il y avait des erreurs pour lesquels il lui fallait payer... et maintenant que j'y pensais... moi aussi j'avais des années à passer à Azkaban...
- « Hey, petite. » appela soudainement Barty. « ton demi-respect.. il te permettrait de me tuer ? » demanda-t-il sans pour autant me regarder. Surprise, je posai mon pain à côté de moi. « Je n'veux pas retourner à Azkaban... » murmura-t-il en relevant la tête vers moi ses yeux étaient rouges. « Tu pourrais faire ça ? » demanda-t-il, la voix de plus en plus brisée.
Je restai là pendant un moment, incapable de dire quoi que ce soit... ou même de penser logiquement... mais il y avait quelque chose... quelque chose qui me pinçait le cœur... Alors, fermant les yeux, je me levai et lui présentai ma main.
D'un pas hésitant, il s'appuya contre mon pouce et un pied après l'autre, il monta dans ma paume. Sans un mot de plus, je me mis en marche vers le Hall.
- « Hey ! Lizzy ! » appela Fred en me faisant signe de venir.
- « J'arrive de suite ! J'ai juste un truc à faire avant ! » répondis-je en forçant un sourire avant de continuer mon chemin. « Ah ! Fred ! J'a encore ta baguette ! » dis-je en me dirigeant vers lui pour la lui rendre.
- « Ah, merci. » dit-il en me rendant la mienne au même moment.
Un fois dehors, je me dirigeai vers l'entrepôt qui, depuis deux ans, n'avait pas bougé. Après avoir poussé le rocher, j'arrivai dans la salle principale où une infinité de souvenirs me revinrent joyeux comme tristes, sérieux comme futiles, anciens comme récents... mais ils étaient tous là... ma mâchoire se contracta.
Puis, continuant sur ma lancé, j'ouvris le passage menant à la clairière et là, je m'agenouillai et laissai Barty descendre.
- « Une dernière parole ? » demandai-je en pointant ma baguette sur lui. Il sembla réfléchir pendant un moment... puis, releva sa tête, un sourire étrange aux lèvres.
- « J'ai toujours parié sur le bon cheval. » énonça-t-il avant de fermer les yeux, ses mains pendant le long de son corps.
Avada Kedavra
prononçai-je et, après un flash de lumière verte, je trouvai dans l'herbe le corps inerte et miniaturisé du fils Croupton.
À la main, je creusai un trou de petite taille et profond puis, retournai dans l'entrepôt où, dans mon vieux bureau, je trouvai le pull noir et jaune de ma grand-mère avant de revenir dans la clairière. Là, j'emmaillotai Barty dedans avant de le placer dans le trou et le recouvrir.
Orchideus
murmurai-je en pointant le petit tas de terre retournée puis, sans un bruit, je sortis de la cavité pour retourner dans le Hall puis la Grande Salle où je rejoignis les Weasley.
- « Ah ! Allez Perce, pousse-toi ! »
- « George. Tu sais que je tombe pas dans l'panneau. » dis-je en contournant la table pour m'asseoir entre Fred et MacMilan.
- « Tu peux pas m'en vouloir d'essayer même maman se fait avoir. » ajouta-t-il en penchant sa tête par dessus son assiette.
- « Qu'est-ce que tu veux ? Je suis inimitable. »
- « T'as surtout de l'œuf sur le nez. » pointa Ginny immédiatement, Fred se mit à loucher mais, emporté par les rires des autres, il en oublia de l'enlever.
- « Viens là. » soupirai-je en l'attrapant par la mâchoire. « Vingt ans et tu manges comme un gamin. » maugréai-je en enlevant le morceau. « Faut que je te sorte le bavoir ? » taquinai-je.
-Hum, hum-
- « Merci George de nous gracier de ton imitation d'Ombrage. »
Mais pour seul réponse, George pointa sa mère qui me regardait toujours d'un œil méfiant.
- « Dîtes, vous êtes une Née-Moldu ? » demanda soudainement un homme avec des reliquats de cheveux roux sur un crâne presque chauve j'acquiesçai. « Fantastique ! » s'exclama-t-il, les yeux pétillants.
- « Oh non... » murmurèrent les Jumeaux.
- « Est-ce que vous savez en quoi consiste une résistance ? Comment ça marche ? » demanda-t-il avant de mettre une bouchée d'œuf brouillé en bouche.
- « Ça remonte à longtemps... mais je crois que l'électricité, passe de la prise à la résistance par un fil... et cette résistance agis comme... une sorte de barrage. » commençai-je en essayant de me souvenir des documentaires que j'avais l'habitude de regarder étant plus jeune. « Et, ce qui compose l'électricité, se retrouve 'coincé' dedans, il y a des frottement, et ça produit de la chaleur qui se propage dans la partie métallique qui chauffe l'eau... » ajoutai-je... mais j'avais l'impression de les avoir presque tous perdus... sauf Monsieur Weasley qui souriait d'autant plus.
- « Moi je l'aime bien cette petite. » dit-il en tournant sa tête de part et d'autre comme pour avoir l'approbation des autres membres de la famille la mère ne sembla toujours pas totalement emballée.
- « Ah d'ailleurs, tu vas revenir à la boutique, hein ? » demanda Fred, les yeux plein d'espoir.
- « Bon, qu'on soit clair si elle vit avec nous, vous irez tous les deux vous faire une chambre dans le bureau. Moi la nuit, je préfère dormir. »
Par réflexe, j'avais étendu ma jambe sous la table, donnant ainsi un coup de pied dans le genou de George qui, un sourire forcé sur le visage, posa ses deux coudes sur la table.
- « Ne t'en fais pas... si je n'ai pas mes heures de sommeil, » commençai-je en fouillant dans la poche intérieur de mon manteau. « j'ai ça. » dis-je en montrant la flasque que j'avais acheté.
- « Euh c'est quoi ? » demanda Fred.
- « Polynectar, avec des cheveux de Barny. » répondis-je simplement. « Et ça se conserve très bien. » ajoutai-je avec un sourire je l'entendis déglutir.
- « Tu devrais en prendre de Goyle on est jamais trop sûr- »
- « George ! » s'exclama Madame Weasley.
- « On mange, là ! » s'indigna Ginny.
Après le déjeuner, tous, parents, élèves, professeurs, fantômes ou esprits aidèrent à a réparation du château et, le soir, quand le Poudlard Express arriva à la gare de Pré-au-Lard... je ne me décidai à regarder en arrière qu'une fois assise à côté de Fred dans le compartiment.
- « Au fait, t'étais allée faire quoi avant ? » demandai-t-il en passant un bras autour de mes épaules.
- « Enterrer la hache de guerre. » répondis-je en laissant ma tête aller contre son épaule.
