Ces jours-ci, Sebastian ne semblait n'avoir qu'un mot à la bouche : je t'aime.
Ciel en avait assez de ce genre de démonstration.
Le matin, Sebastian réveilla Ciel.
-Je vous aime, petit chaton.
-Tu peux arrêter avec ce surnom.
-Ah ce n'est pas le je t'aime qui te gêne ?
-Si tu n'arrêtes pas de le répéter, matin, midi et soir.
-Tu ne comprends pas pourquoi ?
-Tu espères que je te le dis ?
-Oui une fois me suffirait.
-Non, je l'ai déjà dit une fois.
-Faites-moi plaisir, dites-le une fois par jour.
-Non.
-Allez pour me faire plaisir, sinon je ne garantis pas te cuisiner quelque chose tous les jours.
-Tu n'oserai pas, tu es obligé, tu es à mon service.
-Je suis celui qui fait les choses pour toi, si tu veux que j'assure, je demande un retour.
-C'est idiot, tu es obligé.
-Non, dans le pacte il était stipulé 3 choses : te protéger, ne pas mentir et une obéissance totale aux ordres. Pas de cuisine ou d'autres choses.
-Tu n'oserai pas ?
-Je vais me gêner.
Puis Sebastian parti.
-Il n'oserait pas tout de même.
Sebastian ne savait pas s'il allait mettre son plan à exécution. Après tous les humains sont obligés de manger, il ne voulait pas tuer Ciel tout de même.
-Je ne devrais pas le laisser sans manger, mais si je ne le fais pas, il ne saura pas.
Ciel arriva dans la cuisine.
-Tu réfléchissais à mes compétences culinaires ?
-Non tu n'en as aucune.
-C'est méchant de dire cela. Tu comptes vraiment ne plus cuisiner.
-Je pourrais mais tu serais rapidement mort. Les humains doivent manger contrairement à nous, démons.
-Tu ne comptes donc pas me priver de nourriture ?
-Non évidemment mais je peux ne plus dormir avec toi, t'embrasser et rester distant.
-Je ne comprend pas pourquoi tu insistes tant pour que je te le dise.
-Une fois par jour, ce n'est rien, si tu le penses.
-Non je ne le dirai pas.
-Très bien alors, j'en resterai à des rapports normaux.
-Normaux ?
-Oui plus d'attentions de ma part jusqu'à que tu me le dises.
-Tu rêves.
Ciel partit.
L'après-midi, Ciel prenait son thé.
-Sebastian, tu comptes rester distant ?
Sebastian ne répondit pas et il partit.
-Espèce d'idiot, tu es obligé de me répondre.
-Non pas du tout.
Le soir pas un mot non plus.
Quant au moment du couché, Sebastian parti sans un mot.
-Imbécile.
Ciel ne trouva pas le sommeil.
-Il les veut ses mots, il les aura.
Il alla vers la chambre de Sebastian et entra sans frapper.
-Monsieur a oublié ses bonnes manières apparemment.
Ciel gifla Sebastian.
-Tu penses pouvoir agir comme cela te convient ? C'est méchant et décevant. Tu m'as ignoré pendant tout ce temps, pas une seule attention rien.
-Tu sais ce que je veux entendre non ?
-Oui mais je n'aime pas ta méthode pour obtenir les choses. Va te faire voir.
Ciel voulu partir mais Sebastian l'en empêcha.
-Je ne savais pas si tu appréciais mes intentions et au final, je vois que oui, et ce surnom il te plait.
Ciel rougissant répondit.
-Oui évidemment même si je ne le montre pas, après toutes ses années, tu devrais le savoir.
-Dis-le et je ferai tout ce que tu veux.
Ciel n'avait plus le choix, une fois par jour n'allait pas le tuer.
-Je t'aime.
-Je t'aime encore plus, petit chaton sauvage.
-Sauvage ?
-Oui puisque tu me fuis souvent et on ne t'apprivoise jamais vraiment.
-Je ne peux nier.
-Tu veux rester dormir ou bien faire autre chose ?
-Je veux bien dormir mais tu ne dors pas toi, je vais te gêner.
-Non je te regarderai dormir.
-Que fais-tu de tes nuits ?
-Je pense, j'écris des fois.
-Sur qui ?
-Sur pleins de choses dont toi.
-J'aimerai bien lire.
-Non hors de question, je veux garder un peu de mystère sur moi.
-Tu caches des choses graves ?
-J'ai un bon vécu, tu n'imagines pas.
-Je lirai quand tu seras loin.
-Ok quelques pages.
Sebastian sorti un carnet.
-Ecoutes bien alors.
« Jamais je n'ai vu quelqu'un de si décidé à se venger et à vivre dans les ténèbres. Son âme doit être si délicieuse et si sombre.
En un temps infini, je n'ai vu tel personne. J'ai envie de la manger quand elle sera à maturité. »
-Sebastian, cela parle de mon âme, là pas moi.
-Je sais, écoutes la suite.
« Je souffre d'un mal incurable que seuls les humains ont, je crois que je suis amoureux de lui. Homme ou femme, ce sentiment est hors norme pour un démon, devoir le dire est un dilemme. Le rejet serait pire que la mort ».
-Tu as écris cela quand ?
-Il y a un moment déjà.
-Vous n'avez pas ce sentiment d'amour ?
-Non un démon ne doit pas aimer un humain, c'est assez rare.
Puis il continua.
« Tout son être m'intéresse, devoir le toucher sans rien faire est un supplice. Chaque jour avec lui est un bonheur mais me dire que devoir le tuer un jour est un malheur. Pourquoi dois-je le tuer si je l'aime ? Tel est le devoir du pacte. »
-Tu parles de luxure dans ce passage ?
-Oui en effet, tu es perspicace.
-Du coup je culpabilise te faire attendre des années, je suis horrible.
-Mais non, la luxure fait partie de moi. Si cela me gênait, je ne serais plus là.
-Tu pourrais trouver mieux, Claude ou une femme bien plus expérimentée que moi.
-Une femme non merci et Claude, il ne m'a jamais plus sans compter qu'il est avec Alois.
-Tu n'as rien contre attendre des années, vraiment ?
-Non il faut que cela vienne de toi, et puis tout le monde peut changer d'avis. Tu m'as aussi promis d'y réfléchir à cette histoire de mariage.
-Pourquoi tu veux te marier avec moi ?
-Parce que je ne l'ai jamais voulu avec personne juste vu pour d'autres. Vous humains, vous faites ce genre de chose pour prouver votre amour. Si tu as toujours des sentiments pour moi après tout ce temps, accordes le moi et donnes moi le plus important.
-Quoi donc ?
-Vous humains, vous appelez cela première fois.
-A qui tu veux que je la donne d'autre ?
-A personne d'autre que moi. Tu devrais dormir maintenant, demain tu as un programme chargé.
-J'ai de la chance, Sebastian.
-De quoi ?
-T'avoir.
-Moi beaucoup plus que vous, bonne nuit petit chaton.
-Bonne nuit, Sebastian.
