Premier jour d'entrainement, premier combat. Evidemment, c'est Daisy qui est choisi par Eric pour commencer. Son adversaire n'est autre qu'un jeune garçon qui semble fort comme un bœuf et avec un regard si furieux qu'il pourrait tuer rien qu'avec ses yeux.
_ « T'abuses pas un peu, là ? » fit doucement remarquer Quatre.
_ « T'as peur pour ta petite chérie ? » le provoqua-t-il. L'ancien altruiste se contenta de soupirer. Son amie ne se laisserait pas faire c'est certain mais elle allait se faire mettre en pièce. Il se préparait à intervenir à tout moment pour la sauver.
Le combat commença. Les deux se mirent en garde et se tournèrent autours pendant plusieurs secondes. Éric finit par perdre patience et leur signaler qu'ils n'étaient pas dans un ballet mais sur une aire de combat. Il n'en fallut pas plus pour supprimer les hésitations de la brute qui fondit sur Daisy. Elle l'évita sans mal, il faut dire qu'il n'était pas très rapide. Par un tour de main d'une vitesse absolue, elle le mit à terre et l'immobilisa.
C'est là que Quatre intervint mais pas pour les raisons qu'il pensait. Il mit fin au combat en voyant cette lueur de folie dans les yeux de son amie. Elle était animée d'une telle rage qu'elle aurait pu le tuer à coup sûr. Il ne l'avait jamais vu comme ça.
Dans la salle aussi le moment était à la surprise. Certains, ses amis pour la plupart, la trouvait impressionnante et étaient fou de joie de la voir gagner son premier combat. Mais pour les autres … Les rumeurs de la mort du père de Daisy refirent surface. Elle l'avait tué cela ne faisait plus aucun doute. Et Éric n'en perdit pas une miette, il connaissait maintenant un de ses points faibles.
Les combats s'enchainèrent, jours après jours, elle augmentait sa force et sa technique. Elle s'entrainait tous les soirs, et elle aimait ça.
Les rumeurs à son encontre ne se taisaient pas pour autant. Elles semblaient même encouragées par Éric. Mais elle s'en fichait, le passé était passé. Elle était bien ici, elle avait des amis avec qui elle pouvait être elle-même, être une audacieuse. Elle avait trouvé sa place et c'est cela qui lui donnait autant de force.
_ « Miss parfaite est encore en train de travailler ? » vint l'interrompre son mentor.
_ « Tu es devenu aveugle ou c'est juste un moyen d'engager la conversation ? » Répliqua-t-elle, acerbe. Elle ne mettait plus de gants avec lui. L'amitié de Quatre et des autres recrues lui avait donné assez de force et de confiance pour ne plus s'embarrasser avec Éric. Il faut dire que ses aptitudes au combat avaient également aidé. Elle les avait acquises en travaillant avec son père, la douleur et certaines maladies peuvent vous faire devenir comme fou, et elle avait dû faire face à la violence des Hommes et avait appris à la combattre pour sa propre survie.
_ « T'es une vraie tigresse en fait » dit-il en la coinçant contre le mur avec ses bras. « Dommage que tu sois déjà prise
_ On est pas ensemble, faut que je te le répète une fois de plus ? » commença à s'énerver Daisy. Il eut un rire moqueur et se rapprocha encore mettant sa main sur les hanches de la jeune femme.
_ « Ne me touche pas » Le prévient -elle, froide comme jamais.
_ « Quatre t'as jamais touché ? » lança Éric en se rapprochant de son élève.
_ « Je t'ai dit de ne pas me toucher » répéta Daisy.
_ « Sinon quoi ? Tu vas me tuer ? » se mit-il à rire. Elle ne répondit pas se contentant juste de lui assener un coup de genoux bien placé. Il tomba au sol tandis qu'elle s'éloignait en courant.
Cette brève entrevue déchaina de plus belle la haine de l'instructeur envers sa recrue qui continuait à exceller. Le combat n'était pas son seul atout, elle maitrisait également le lancer de couteau. Éric avait bien essayé de l'intimider mais sans succès. Une « blague » courante chez les audacieux consiste à faire une démonstration en lançant avec une recrue devant la cible. Évidement il l'avait choisi elle. Il avait même tenté une petite pique à Quatre avant son lancé en lui disant qu'il aurait peut-être mieux fallut qu'il lance lui, car il n'avait jamais été très bon. Elle n'avait rien dit, pas bougé, rien. Même quand il l'avait légèrement blessée. Elle semblait inhumaine.
Pourtant, il sentit comme un malaise lorsqu'il expliqua qu'ils allaient maintenant passer à l'utilisation des armes à feu.
Il ne comprit pas tout de suite d'où venait se malaise. Mais quand il vit que tous les soirs depuis une semaine elle venait dans la salle de tir mais qu'aucune balle n'avait endommagé les cibles. Il y vit sa chance. Il entra pour contempler sa défaite à elle, sa victoire à lui.
Elle était devant la cible, l'arme à la main, concentrée prête à tirer. Elle ne dit rien, ne bougea pas quand il entra. « Je ne fais que regarder » signala-t-il. Toujours rien. Au bout de quelques instant, il comprit que le problème n'était pas qu'elle manquait sa cible mais qu'elle ne tirait pas. Il lui semblait même qu'elle tremblait. Et là, il comprit : le coup fatal était à portée de main.
_ « Pour une soi-disant tueuse c'est navrant » Commenta Éric.
Aucune réaction. L'entendait-elle ?
_ « Comment ça s'est passé pour ton père ? Tu as manqué ta cible ou c'était un coup de pot ? » la nargua-t-il. Toujours sans dire un mot, elle pointa son arme sur lui.
_ « Vas-y. Tues moi » lui ordonna le jeune homme tout en se rapprochant pour que sa poitrine touche le canon de l'arme. Il resta ainsi un moment, sentant l'arme tremblée dans les mains de Daisy. « Tu es incapable de le faire » dit-il en lui tournant le dos pour partir. Une fois de plus, elle ne bougea pas. Il se retourna une dernière fois, pour lui faire part de son humiliation du lendemain devant l'ensemble de ses camarades.
_ « Je me ferais une joie de … BANG ». Elle avait tiré. Éric s'écroula sur le sol hurlant de douleur, saignant de toutes parts. Quatre arriva à ce moment-là, alerté par les vidéos de surveillance. Il trouva son collègue baignant dans son propre sang et son amie effondrée à terre, tenant encore l'arme du crime.
_ « Je l'ai pas fait, j'ai pas pu » Dit-elle avant de fondre en larmes.
