_ « Elle est complétement cinglée ta copine Quatre ! » s'écria Éric entre deux soupirs de douleurs.

Quatre décida de l'ignorer et de s'occuper de Daisy.

_ « Daisy calme-toi. Tu viens de tirer sur Éric. Il saigne beaucoup. » Expliqua-t-il calmement. La jeune fille semblait hors de la réalité, dans un passé lointain. Il lui fallut plusieurs minutes pour réaliser où elle était et ce qu'il venait de se passer. Puis d'un coup elle se leva pour examiner la blessure d'Éric d'une main experte.

_ « C'est superficiel, rien n'a été touché. Si je le soigne tous les jours à la fin de la semaine ça sera comme si rien ne s'était passé ». Conclu Daisy en épongeant le sang avec sa veste.

_ « Et c'est celle qui me tire dessus qui me dit ça ? Laisse-moi avoir un doute » répondit l'instructeur.

_ « Tu l'as bien cherché aussi. Et elle est la seule à pouvoir te guérir sans que personne ne le sache ». Fit remarquer Quatre.

_ « Si j'en parle, elle dégage. J'ai tout à gagner.

_ Si tu en parles, tout le monde saura que tu t'es fait tirer dessus par une novice. Laisse la te soigner.

Après cet incident, Quatre la vit tous les soirs pour s'assurer qu'elle allait bien. Qu'elle n'allait rien faire de mal. Il avait vu la fureur dans ses yeux et jusqu'où elle était capable d'aller. Il s'inquiétait pour elle bien que le coup de feu semblât avoir changé quelque chose en elle. Elle avait l'air plus sereine. Les tensions avec Éric s'étaient calmées, il faut dire qu'il avait désormais un moyen de pression non négligeable. Un soir après un cours de tire où elle avait encore eu ce drôle de moment d'hésitation avant de tirer, il décida d'aller lui parler.

Elle lui expliqua ce qu'il savait déjà plus ou moins. Son père était mort d'une blessure par balle. Cela, il le savait mais elle lui assura que ce n'était pas elle qui avait tiré mais bien son père lui-même qui avait voulu se suicider. Depuis, elle ne voyait que son père mourant essayant de se donner la mort.

Et en tenant cette arme à la main et en tirant, elle avait l'impression de le tuer à nouveau. Elle ne pouvait pas le faire. Mais les provocations d'Éric l'avait tellement fait enrager, qu'elle voyait maintenant toute la souffrance et la colère qu'il y avait en elle. Et elle avait tiré. En un sens cela l'avait libéré.

Quatre était heureux qu'elle se soit livrée à lui, elle qui renfermait tant de secrets. Il la sentait mieux que jamais et les séances de soin à Éric semblait se dérouler sans trop d'encombres.

_ « Le pansement tiens bien et la cicatrice est belle, d'ici quelques jours ça sera comme si rien ne s'était passé. » lui annonça Daisy. « Tu pourras recommencer les abdos, si tu veux ».

_ « Bien ! Je suis content que cette histoire se termine ». Déclara l'audacieux.

_ « Et je voulais te dire … désolée et merci … de m'avoir donnée une chance de me racheter » Balbutia-t-elle. Il eu un petit rire satisfait.

_ « Ce petit air soumis te rends carrément sexy. Quatre a bien de la chance » soupir a-t-il.

Ce ton « soumis » comme il avait dit, disparu bien vite pour une fureur.

_ « Tu ne vas pas remettre ça ! On n'est pas ensemble ! » Cria la jeune soignante.

_ « Arrête un peu ! Je vous ai vu vous embrasser ! » commença-t-il à s''énerver.

_ « Mais c'était un baiser pour voir, pour voir si c'était bien fini » s'expliqua Daisy.

_ « Prends moi pour un con ! On n'embrasse pas les gens pour voir ! ». Exaspérée, la jeune fille s'approcha de son mentor avec une idée derrière la tête. Elle l'embrassa avec une grande hargne pour lui prouver, qu'un baiser n'était qu'un baiser et rien de plus. Pourtant, ce n''était pas juste un simple baiser dans ce cas. Leurs lèvres s'entrechoquèrent dans un éclair foudroyant de plaisir. Leurs langues semblaient se chercher depuis toujours. Elle mit tout de même fin au baiser. Et se retrouvant haletant l'un en face de l'autre, ils ne purent se quitter des yeux.

_ « Un baiser ce n'est qu'un baiser » répéta-t-elle, plus pour se rassurer elle-même avant de quitter la salle.

Depuis cette fameuse nuit, elle l'avait évité. Elle avait déposé la crème pour sa blessure devant sa porte mais elle ne voulait pas le voir. De toute façon, à chaque fois où elle l'entrapercevait en dehors des cours, il était en bonne compagnie.

Ce n'était qu'un baiser mais durant ce moment, il lui avait parut tellement humain qu'elle en avait été troublée.

Sans qu'il n'y paraisse, lui aussi avait été troublé. Chaque instant passé avec elle avait désormais une autre signification. La douceur de ses gestes, sa peau contre la sienne, le son de sa voix quand elle lui sortait des remarques acerbes … tout en elle éveillait son désir. Il avait essayé par tous les moyens de calmer son désir mais il n'y aurait rien d'autre qu'elle qui pourrait l'assouvir. Elle n'était pas venue le voir les jours suivants et une distance semblait s'être installée entre eux même durant les cours.