Bonsoir à tous ! Excusez-moi pour cette publication tardive mais j'ai été prise tout le week-end :( D'ailleurs, à ce sujet, je veux d'avance m'excuser pour les trois prochaines semaines si je n'arrive pas à tenir mon rythme de publication hebdomadaire. Je vais avoir des rendus pour mon école qui vont me prendre un peu de temps, et je ne suis pas certaine de la manière dont j'arriverai à avancer mon écriture... En tous cas, après le 15 mai, y aura plus de problèmes, promis !

Ceci étant dit, merci encore aux lecteurs, aux reviewers et aux nouveaux followers sur cette histoire !

PlumedeSorbier, je ne pouvais pas t'envoyer de message perso donc je te remercie ici pour ta review ! Et bien sûr que des trucs vont tomber sur les jumelles, ce ne serait pas drôle sinon ;)

Mysty, merci pour ta review sur "No, you had a choice", et ravie de te retrouver sur cette fic !

Tout de suite, le nouveau chapitre.

Enjoy !


The Destiel Trap

Chapitre 4

Samedi 3 août, 17h57, Aéroport International de Newark-Liberty

Claire a atterri, récupéré ses affaires, envoyé un message à Jay – qui doit être en l'air à l'heure actuelle – et elle scanne la foule pour essayer de repérer… Papa. Dans l'avion, elle s'est refaite la galerie de photos de sa sœur pour s'assurer de ne pas se planter sur les visages, mais malgré cela, elle ne peut pas s'empêcher d'être… Inquiète ? Excitée ? Morte de trouille ? Peut-être un mélange de tout ça qui lui donne un peu mal au cœur à dire vrai…

Elle avance et maudit Jay sur quarante-deux générations d'avoir cette stupide habitude de mettre des talons. Alors, certes, elle est plus grande, mais ses pieds hurlent leur mécontentement et…

« Jane ! »

Elle tourne la tête et…

Son of a bitch.

Papa.

C'est à ça qu'il ressemble en vrai ?!

Un mètre quatre-vingts, des épaules larges, des traits taillés au couteau, une barbe de trois jours, des cheveux bruns en bataille, des yeux bleus perçants et un sourire à vous illuminer votre journée. Il est…

Bordel.

« Hey ma grande ! »

Et sa voix. Elle qui pensait que la voix de dad était déjà profonde, grave et sensuelle – oui, sensuelle – force est de constater que celle de papa est d'un autre niveau. Et que malgré ça, elle dégage une chaleur qui lui donne envie de se fondre dans ses bras et de le laisser la bercer avec des mots tendres.

Son cœur vibre et, non, ce n'est pas de l'émotion.

« Salut papa. »

Bon peut-être bien que c'est l'émotion alors que sa propre voix tremble et qu'elle se jette dans les bras de papa. Et qu'elle serre à s'en faire mal.

Papa…

Papa est là.

« Jane ? Tu trembles. Tout va bien ? »

Elle s'écarte et prend une profonde inspiration, évitant de fixer trop longtemps les foutus yeux bleus de papa. Parce qu'elle a l'étrange sensation que si elle le fait, il sera capable de reconnaître la supercherie.

« Oui ça va je… Ca doit être la différence de température, rien de plus. »

Elle ne croit pas trop à son mensonge et se mord l'intérieur de la joue quand papa plisse les yeux et penche la tête sur le côté. Ha, donc c'est de lui que Jay tient cette habitude.

« Tu es sûre ? demande-t-il encore en posant une main chaude sur son épaule gauche et elle acquiesce, Très bien. Passe-moi ta valise, on va prendre un taxi. »

Claire acquiesce à nouveau et confie son bagage à papa qui passe un bras autour de ses épaules, l'autre occupé à tirer la valise alors qu'ils se mettent en mouvement. Et s'ils ne disent rien, le silence n'est pas désagréable. Elle n'a même pas honte d'admettre qu'elle en profite pour l'étudier avec encore plus d'intensité. Alors certes, peut-être que le trench-coat et le costume ne lui font pas réellement justice, mais elle sourit. Parce qu'il est impossible que dad résiste à ça. Pas étonnant qu'il n'ait trouvé personne pour rivaliser avec Castiel Novak.

Elle sourit plus largement encore et remarque alors qu'ils sont arrivés à l'emplacement des taxis.

Ils n'ont pas à attendre longtemps pour qu'un chauffeur sorte de son véhicule jaune, ouvre la porte de la banquette passager et se saisisse de la valise pour la ranger dans le coffre, les encourageant d'un sourire à s'installer.

Une fois assise, Claire essaie de se calmer. Elle est à New-York. Avec papa. Tout. Va. Bien. Se. Passer.

« Alors ? interroge soudainement papa et elle ne peut s'empêcher de se plonger dans son regard, Comment ça s'est passé à Duluth ? Parce que je n'ai pas eu tant de nouvelles que ça de ta part. »

Il termine sa phrase avec un léger sourire en coin qui lui donne des palpitations. Il y a tant d'affection dans ce sourire, tant de bonté, tant d'amour… Elle ne sait pas comment Jay fait pour le supporter.

« C'était… Une expérience très intéressante. »

Le taxi démarre et elle se souvient du moment dans la chambre où Jay et elle ont découvert qu'elles étaient sœurs.

« Des gens sympas, des cours plutôt intéressants, et puis le Lake Superior est plutôt chouette.

- Oui, j'ai vu les photos que tu m'as envoyées. »

Claire sourit mais n'ajoute rien.

« Je suis vraiment heureux de savoir que tu as apprécié ton séjour… reprend papa et quelque chose dans sa voix l'interpelle

- Papa ? Ca va ? Tu as l'air…

- Non, ne t'inquiète pas ma grande. »

Papa la regarde et ses yeux bleus la transpercent. Sérieusement, comment c'est possible un regard pareil ?!

« C'est juste que tu m'as manqué, avoue-t-il doucement, C'est… C'est dur d'avoir ma fille loin de moi pendant si longtemps… »

Et l'espace d'un instant, Claire se demande s'il y a plus derrière ses paroles… Est-ce que l'absence de Jay aurait pu lui rappeler son absence à elle dans la vie de papa ?

Elle s'approche et se blottit contre lui sans un mot. Elle ferme les yeux quand elle sent le bras de papa se poser autour de ses épaules.

« Tu m'as manqué aussi papa… J'ai l'impression que ça fait une éternité que je ne t'ai pas vu… »

Elle sent le rire de papa et se mord la lèvre pour retenir ses larmes quand sa main vient caresser tendrement ses cheveux.

Une éternité…

oOo

Papa fait tourner la clé dans la serrure et pousse la porte. Il entre, suivi de Claire, et elle reste bien immobile trente secondes à l'entrée du loft.

Elle pensait être prête mais…

Elle essaie de cacher son admiration alors qu'elle jette un regard à l'appartement. Un parquet brut, des murs aux couleurs clairs et de larges fenêtres type industriel qui laissent entrer une quantité considérable de lumière et offrent une vue imprenable sur les buildings alentours. L'entrée donne sur l'espace salon, un grand canapé de cuir et plusieurs fauteuils accompagnent une table basse translucide. A gauche, l'espace cuisine, moderne, en bois clair et blanc, avec un îlot central faisant également office de bar. L'espace salle à manger est juste à côté, une table contemporaine, au plateau de verre, accompagnée de quatre chaises en contreplaqué blanc. A droite, un mur pavé gris foncé percé d'une porte fermée lui fait supposer que le bureau et la chambre de papa sont juste là.

« Jane ! »

Elle tourne subitement la tête pour voir une jolie brune au sourire trop grand dévaler les escaliers.

« Eileen… »

La femme la prend dans ses bras et Claire se hâte de lui rendre son étreinte sans hésiter. Eileen finit par s'éloigner et, tout en signant, se met à babiller.

« Je suis tellement heureuse de te revoir. Tu n'imagines pas comme ton père était insupportable pendant ton absence. »

Claire a honte mais il lui faut un léger temps d'adaptation à la voix d'Eileen.

Jay l'a prévenue pourtant.

Et elle sait qu'Eileen est sourde. Mais sa voix en… En… En sourdine, elle n'a pas d'autres mots, est un peu déroutante.

Malgré ça, elle ne peut s'empêcher de sourire en voyant ses yeux marrons pétiller, en devinant sa générosité derrière chacun de ses rires… Elle repense à ce que lui a raconté Jay. Qu'à son arrivée à New-York, peu après son divorce, papa avait trouvé refuge chez grand-père. Pendant un temps. Le temps de retomber sur ses pieds. Puis il a rencontré Eileen par hasard et elle a fini par lui confier qu'elle cherchait un colocataire. Il n'avait qu'un petit boulot, envoyé un manuscrit à plusieurs éditeurs sans retour positif, sa situation était précaire, mais elle l'a accueilli sans mal. Lui et sa fille. Sans poser de questions.

Eileen a vu Jay grandir.

Eileen a forcé papa, découragé, à envoyer encore et encore son manuscrit à d'autres maisons d'édition.

Eileen a vu Castiel Novak devenir James Collins, le romancier à succès.

Eileen a aidé papa à choisir ce loft.

Eileen n'a pas eu son mot à dire quand papa lui a annoncé qu'une des chambres était pour elle.

Eileen a choisi avec papa chacun des meubles de cet appartement.

Et quand grand-père a eu besoin, cette fois, du secours de son fils, Eileen l'a aussi accueilli ici comme s'il était de la famille.

C'est ça, Eileen est de la famille.

« Je suis certaine que tu l'as supporté sans trop de mal, plaisante-t-elle en jetant un coup d'œil à papa qui lève les yeux au ciel alors qu'il se débarrasse de son manteau et dépose sa veste de costume sur un fauteuil.

- Toujours. » confirme Eileen

Claire fait un pas de plus dans le salon et c'est là qu'elle le voit. Roulé en boule dans un large aquarium décoré de larges galets et de pousses de végétation, des écailles rouges et noirs, de toute évidence endormi

Félix.

Elle dépose ses affaires et avance prudemment vers l'aquarium.

« Tu as manqué à Félix, annonce papa à côté d'elle, Il avait l'air déprimé pendant ton absence. »

Claire déglutit et, avec une incertitude qu'elle essaie de dissimuler, elle approche sa main de l'animal. Félix ouvre les yeux, cligne des paupières, paresseusement, et redresse la tête. Et, sans déconner, Claire peut jurer que le serpent la fixe. Elle n'est pas spécialement à l'aise, mais ces yeux jaunes la rassurent, inexplicablement.

Félix penche la tête sur le côté et Claire choisit d'approcher davantage sa main.

Le serpent plisse les yeux. Sérieusement. Il plisse les yeux avant que sa tête ne vienne frôler, presque suspicieusement, sa paume. L'instant d'après, Claire s'oblige à retenir un cri parce que Félix a semble-t-il décidé que s'enrouler autour de son poignet et remonter le long de son bras est un plan fantastique. Le serpent grimpe jusqu'à son épaule, il contourne son cou et sa tête pointe, à quelques centimètres de la sienne.

Si elle osait, Claire dirait que Félix la juge.

Une longue minute passe, minute pendant laquelle elle ne peut se détourner des prunelles jaunes, et finalement, Félix ferme à nouveau les yeux et semble se rendormir. Là. Sur ses épaules.

Son of a bitch.

Mais comme elle ne peut pas s'empêcher de trouver ça mignon, d'une certaine façon, et aussi bizarre que cela puisse être, sa main droite vient caresser gentiment la tête du serpent assoupi.

Claire sourit, attendrie.

« Devrais-je me sentir vexé que ma petite-fille préfère son reptile à moi ? »

Elle se détourne et découvre enfin son grand-père, Chuck. Elle ne sait pas pourquoi, mais elle l'imaginait plus grand. Cependant, quelque chose dans sa posture, dans son regard bleu perçant si identique à papa, traduit une véritable force tranquille. Ses cheveux bouclés argentés, sa barbe poivre et sel et ses rides ne cachent pas son âge, mais ses yeux brillent d'un éclat joueur qui le rajeunit mystérieusement. Ses mains sont rangées dans les poches de son jean, et il porte une chemise élégante qui semble faite sur mesure.

« Tu as laissé tomber la robe de chambre aujourd'hui ? » plaisante Claire, se souvenant de ce que lui a confié sa sœur, alors qu'elle repose délicatement Félix dans son aquarium

Grand-père rit, et c'est comme un soleil qui vous réchauffe la peau.

« Viens-là petite impertinente. »

Il ouvre ses bras et Claire n'hésite pas à s'y jeter.

Cela la surprend d'ailleurs. Elle qui n'est pas spécialement tactile se retrouve à déverser de l'affection à des inconnus sans y réfléchir à deux fois. Peut-être parce que la famille de Jay est, de toute évidence, bien plus portée sur les démonstrations d'affection que la sienne. Cela semble… Plus naturel. Plus facile. Dad et Sam… Elle les aime. Et ils l'aiment. Il n'y a même pas de questions à se poser là-dessus. Mais les grands élans affectifs ne sont pas réellement leur fort. A eux trois. Leur amour, et le sien, sont plus… Réservés ? Oui, cela semble adapté.

Et alors qu'elle se retrouve enveloppée dans les bras de grand-père, et de papa, et d'Eileen – oui ils se sont tous rajoutés pour un énorme câlin collectif –, elle réalise qu'il faudrait qu'elle s'ouvre plus à dad. Et à Sam. Parce que cette proximité… Lui fait du bien. Et si elle a conscience qu'elle a été celle qui refusait d'offrir et recevoir de l'affection, elle ne veut plus l'être. Elle veut pouvoir prendre dad et Sam dans ses bras plus souvent.

« Quelque chose a changé chez toi, non ? »

Ils se sont tous éloignés, et Claire dévisage grand-père qui l'observe avec attention, les yeux plissés.

« Euh… Non ? répond-t-elle avec prudence

- Je ne sais pas… reprend grand-père, Mais tu dégages… Une aura différente.

- Une aura différente… Tu es sûr que Carver ne s'approche pas trop de toi ? intervient papa, amusé

- Certain, confirme grand-père sans la lâcher du regard, Mais… Jane, je crois que tu m'inspires quelque chose là.

- Père ? Père ! s'exclame papa alors que grand-père remonte les escaliers à toute vitesse, Ne te perds pas trop profondément dans ton projet, rappelle-toi qu'on sort ce soir !

- Oui, oui fils ! »

Une porte claque et un silence retombe dans le salon.

« Wow, finit par lâcher Claire, pas certaine d'avoir bien saisi ce qu'il vient de se passer

- Ne t'inquiète pas, intervient Eileen à ses côtés, Tu connais ton grand-père. Intenable quand l'inspiration le frappe. »

Claire ne fait que hocher la tête avant de réaliser…

« On sort ce soir ? demande-t-elle à papa qui s'est approché de sa valise et semble prêt à la monter

- Evidemment. »

Et son sourire est si large qu'elle ne peut que sourire en retour.

« Tu ne pensais quand même pas qu'après un mois d'absence, on n'allait pas célébrer ton retour ? poursuit-il en levant le bagage et commençant son ascension de l'escalier

- C'est… C'est super. »

Elle finit par avancer pour suivre papa.

« Et on va où ? demande-t-elle en grimpant les marches à sa suite

- A ton avis ? Ton restaurant préféré. »

Et Claire retient à peine le « Mais encore ? » qui menace de franchir ses lèvres. Parce que Jay est supposée savoir quel est son restaurant préféré.

« J'ai réservé pour 20 heures. » conclue papa alors qu'il ouvre l'une des portes

La chambre de Jay, donc, en déduit Claire. Elle s'avance dans l'embrasure et…

Bon sang.

Elle a conscience qu'elle et Jay ont des personnalités totalement différentes, mais la décoration de la chambre est presque une nouvelle claque dans la gueule.

« Je te laisse ranger tes affaires tranquillement. Rafraîchis-toi, repose-toi, et si tu me cherches, je suis dans mon bureau. »

Papa s'approche une dernière fois pour embrasser ses cheveux et elle acquiesce distraitement pour toute réponse.

Une fois seule, elle pose ses mains sur ses hanches et laisse échapper un sifflement d'admiration. La chambre est… Immaculée. Parfaitement rangée. La pièce est baignée de lumière grâce à la vaste fenêtre à sa gauche, le sol est un parquet clair et les murs sont gris… Elle est persuadée que ce type de gris a un nom particulier. Gris perle ? Ouais, ça semble pas mal. Un épais tapis, gris perle également, protège le parquet et un vaste lit double à la structure en bois blanc est accolé au mur en face. Les draps sont blancs, divers coussins et oreillers blanc ou rose clair accompagnent un dessus de lit rose pastel. Un bureau en bois fait face au lit, envahi de divers livres et matériel scolaire parfaitement ordonnés.

Elle se saisit de l'un des livres qu'elle feuillette distraitement. Folklore scandinave. Pourquoi ça ne l'étonne pas ? Elle repose l'ouvrage et se détourne pour tomber sur l'immense placard qui fait face à la fenêtre. Elle ouvre l'une des portes, imaginant beaucoup de choses, mais certainement pas le dressing dissimulé derrière.

Elle scrute chacun des tiroirs, chaque vêtement accroché sur cintres.

Bordel, pas étonnant que Jay ait un style à toute épreuve, c'est une véritable boutique ici. Elle espère juste que sa sœur ne va pas être trop déçue en découvrant son dressing… Elle esquisse un sourire à l'idée d'une Jay horrifiée par son étalage de jeans et chemises en flanelle.

Bon, il faut qu'elle se concentre. Parce qu'elle a vraiment envie d'une douche maintenant et qu'elle a bien l'intention de se changer pour le dîner de ce soir. Même si elle n'a aucune idée de l'endroit où elle va. Et qu'elle ne sait pas quelle tenue serait adaptée. Et qu'elle ne peut pas ne pas faire honneur de sa sœur. Et qu'elle…

Ok. Respire. Une seule chose est importante. QPJ ? Que Porterait Jay ?

Elle regarde les affaires rangées là, tout en se remémorant le style de Jay pendant le stage à Duluth.

Finalement, après de longues minutes d'indécision, elle sort un haut blanc fluide, un pantalon kaki et étouffe à peine un cri de joie quand elle trouve des sandales en cuir foncé plates. Elle n'aura pas à se tuer encore les pieds ce soir ! Elle dépose les vêtements sur le lit et s'occupe enfin de vider sa valise, de ranger les vêtements qui peuvent l'être, de rassembler ceux destinés à la lessive, et de remettre à leur place les trucs comme les bouquins que Jay a amenés avec elle à Duluth.

Une fois cela terminé, elle se dirige vers la salle de bain – pas très compliqué puisque Jay a dit qu'elle était juste à côté de sa chambre – et ne fait, cette fois, pas vraiment gaffe à la décoration, trop obnubilée par la perspective d'une douche. Une fois lavée, relaxée, et qu'elle n'a plus le désagréable sentiment d'être poisseuse, elle s'habille et retourne dans la chambre. Elle s'observe dans un des grands miroirs et est surprise de voir que l'association n'est pas si mal.

Elle continue de découvrir la chambre et tombe sur la boîte à bijoux de Jay. Elle hésite une brève seconde mais finit par lui piquer un long sautoir et des boucles d'oreilles dorés. Elle se contemple une dernière fois et esquisse un sourire satisfait.

Elle sort son téléphone et prend une photo de son reflet.


Claire (Jay)

ENVOYE - 03/08/19 – 19h28 – [Attached Picture]

ENVOYE - 03/08/19 – 19h29 – J'ai essayé de faire au mieux sans toi :-P

ENVOYE - 03/08/19 – 19h29 – On va à ton resto préféré ce soir. Tu peux m'éclairer ?

ENVOYE - 03/08/19 – 19h31 – Et donc je pourrai pas discuter avec toi. Je te tiens au courant quand on revient ?


Elle s'affale sans grâce sur le lit et prend une profonde inspiration. Papa a l'air génial. Eileen aussi. Et grand-père également. Elle avait, elle l'admet, un peu, mais vraiment un tout petit peu peur de se lancer là-dedans, mais maintenant qu'elle les a rencontrés, elle est totalement convaincue que le plan de Jay et elle va fonctionner sans problème. Il doit fonctionner sans problème. Parce qu'elle s'imagine mal dire adieu à cette partie de sa famille.

On toque à la porte et elle se redresse sur ses coudes.

« Oui ? »

Eileen apparaît, un doux sourire aux lèvres et Claire essaie de faire taire cet étrange instinct de protection qui naît dans sa poitrine.

« Tu es prête ? demande-t-elle, bougeant ses mains gracieusement, On va y aller.

- J'arrive. »

Elle se relève et récupère le sac de Jay qu'elle met sur son épaule avant de sortir de sa chambre.

Papa et grand-père sont déjà en bas, prêts à partir. Enfin, quasiment, si elle se réfère à papa qui peste en silence en effaçant avec un mouchoir des tâches de peintures sur la joue de grand-père. Elle se mord la lèvre pour ne pas rire.

« On est là ! les informe joyeusement Eileen

- Formidable, intervient grand-père, Eileen, peux-tu dire à mon fils qu'il surréagit ?

- Ce n'est pas surréagir que de m'assurer que tu es décent pour sortir.

- Je suis décent, fils.

- Tu avais de la peinture rose dans les cheveux !

- Et ? Tu n'aimes pas le rose ?

- Là tu t'égares. Ce n'est pas le sujet et…

- Ca suffit. »

La voix d'Eileen résonne et les deux hommes se taisent, papa roulant des yeux.

« Quand vous aurez fini de vous chamailler, on pourra peut-être enfin sortir pour fêter le retour de Jane, non ? »

Ils acquiescent et Claire reste aux côtés d'Eileen tandis que papa et grand-père prennent la tête, sortant en premier de l'appartement, murmurant entre eux quelque chose qui ressemble fortement à la continuation de leur pseudo-dispute. Elle comprend mieux pourquoi Jay adore en rire.

Elle suit, laissant à Eileen le soin de fermer la porte du loft.

Elle sent le portable vibrer dans la poche du sac.


Claire (Jay)

RECU - 03/08/19 – 19h53 – YOU ROCK SIS ! *emojicoeur*

RECU - 03/08/19 – 19h54– J'ai atterri y a cinq minutes, même pas.

RECU - 03/08/19 – 19h55– Et je ne te dirai rien. Je te laisse la surprise ;-)

RECU - 03/08/19 – 19h55 – Aucun souci, j'attends ton message. Profitez !


Claire sourit et range le téléphone, les portes de l'ascenseur se fermant devant elle.

« Avec qui discutes-tu pour sourire comme ça ? »

Elle regarde grand-père qui la dévisage, un sourcil haussé, un sourire en coin.

« Père, laisse-la tranquille, intervient papa, Sa vie privée ne te regarde pas. »

Le sourire de Claire s'agrandit et elle secoue la tête.

« Ce n'est pas un secret, annonce-t-elle, Simplement une amie que j'ai rencontrée à Duluth. »


A suivre.


Claire vient de rencontrer Castiel et prend ses marques dans la vie de sa soeur ;) Jane, elle, rencontrera Dean dans le prochain chapitre !

J'espère que cela vous a plu en tous cas, et je vous dis à la prochaine.

Fictivement vôtre,

Arielmine