Bonjour à tous,
Petit message pour m'excuser, la première publication de ce chapitre était vraiment mauvaise.
J'espère que cette fois ci tout ira bien.
Je suis ravie de vous présenter la suite de cette fic.
N'hésitez pas à me faire des retours sur votre lecture.
A.M.E
Ce matin là, Pansy mit une fois de plus énormément de temps à se préparer. Seulement quelques semaines de passées depuis la rentrée, et elle attisait déjà la colère de ses camarades de tente, prenant son temps sous la douche magique. Il y avait plusieurs douche mais il n'empêche… Elle mit ensuite du temps pour choisir comment elle allait s'habiller, restant pensive pendant plusieurs minutes devant ses trois uniformes pourtant si similaires. Enfin elle passa du temps à revérifier son emploi du temps et les manuels qu'elle emporterait avec elle. Lorsqu'elle se rendit finalement à la table du petit déjeuner, c'était avec le plus grand calme et la plus grande lenteur, ignorant au passage les regards de colère ou de moqueries qui l'entouraient.
Elle voudrait plus de temps, oublier le temps, mais surtout oublier ce qui l'attendait à sa table.
Contrairement à ce que vous pourriez penser, à ce que tout le monde (ou presque) pensait à Poudlard, la raison de cette lenteur n'était pas futile. Non, elle n'aimait pas nécessairement prendre soin d'elle, non elle ne prenait pas son temps pour gagner quelques minutes de cours ennuyeux. Non, quelque chose n'allait pas dans la petite vie de Pansy, et ce quelque chose prenait la forme d'une enveloppe rouge. Enveloppe qui ce matin là, comme tous les matins depuis la rentrée, l'attendait presque sagement à sa table, prête à exploser sous les regards de ses camarades.
Elle avait d'abord essayé de ruser, telle la serpentarde qu'elle était : éviter le petit déjeuner, utiliser des sorts de silence, des sorts de flammes, mais rien à faire. L'expéditeur avait paré l'enveloppe de sorts divers pour empêcher toute destruction. Expéditeur qui n'était nul autre que... sa mère.
Ce matin encore, alors qu'elle s'asseyait à sa place, elle entendit la "douce" voix de sa mère résonner autour d'elle à un volume qui lui sembla bien trop important.
Sa mère, mangemort présumée, n'avait pas été inquiété à la fin de la guerre faute de preuve contre elle. Son père étant mort durant la grande bataille, sa mère avait pris la tête de la famille Parkinson. Et elle s'était mis en tête que sa fille n'irait plus à Poudlard, lieu de déshonneur pour les sang pur. Elle prévoyait pour Pansy un mariage avec un sang pur, ce dernier étant déjà choisi parmis l'une des plus grande famille de Bulgarie. L'importance de cette famille faisait d'ailleurs qu'on ne pouvait leur permettre d'attendre comme les faisait attendre Pansy. Sa mère lui ordonnait donc de rentrer à la maison dans chacune de ses beuglantes, car elle se devait d'apprendre les droits mais surtout les devoirs d'une femme noble et pure comme elle.
Voilà, dans les grandes lignes, le discours de Mme Parkinson qu'elle recevait chaque matin, si on y ajoutait les insultes qui fusaient parfois… tout le temps en fait.
Cela durait depuis la rentrée, il y a un mois, et sa mère n'était toujours pas fatiguée, ni en perte d'inspiration. Elle continuait à lui faire parvenir ses beuglantes tous les jours, et cela commençait définitivement à pourrir la vie de Pansy. Elle ne savait pas comment faire. Tous ses amis avaient eux aussi tenté un certains nombre de techniques sans avoir de résultat effectifs.
A l'approche de Halloween, l'estrade et les tables avaient été décorés, et le parc lui même voyait ses couleurs changer : rouges, oranges, jaunes, dans une multitude de colorations différentes, presque en harmonie avec cette beuglante rouge, qui déclamait son affreux discours. Ce jour là pourtant, après quelques mots l'enveloppe s'arrêta, hésita presque, pour se transformer finalement en dizaines de feuilles mortes et de paillettes. Pansy regarda ce spectacle avec beaucoup de surprise et d'admiration. Lorsque la dernière feuille se déposa sur la table, s'ajoutant au décor de la période, elle remarqua enfin son professeur de métamorphose. Il était suffisamment proche d'eux pour être le responsable et elle remarqua d'ailleurs sa baguette dans sa main. Bon d'accord, soyons honnête, c'était Théodore qui avait vu la baguette et lui avait indiqué après un coup de coude bien placé.
Sirius Black s'avança vers eux. Pansy redoutait une confrontation car le visage de leur professeur, froid et fermé, n'annonçait rien de bon. S'il avait été innocenté, il n'était pas non plus sans faire peur, ses années passées à Azkaban et derrière le voile ayant fait passer des épreuves difficiles à cet homme. Elle attendit donc qu'il arrive jusqu'à elle, retenant un frisson d'appréhension.
"Miss Parkinson, je pense qu'il serait temps de faire quelque chose pour que votre mère cesse son petit jeu."
Elle grimaça et alla pour répondre mais Sirius la coupa avant.
"C'est pourquoi je vous conseillerais d'être particulièrement attentive en cours aujourd'hui, cela pourra peut-être vous aider avec ce soucis."
Il fit un geste dédaigneux vers les feuilles mortes alors qu'il terminait sa phrase, puis repartit à la table des professeurs.
Ce que Pansy ne vit pas, ce fut le sourire espiègle de Sirius qui attendait avec impatience de leur enseigner ce sort qu'il avait appris en cinquième année, lorsqu'il était parti de la maison et que sa mère l'avait harcelé de même.
...
Ron aperçut rapidement la scène. Il était, comme tous les matins, en train d'observer silencieusement la table des professeurs. Silence qui faisait s'interroger Hermione, et même parfois Harry. Depuis la rentrée, ses attitudes étaient de plus en plus étranges et distantes.
"Je voudrais faire une recherche pour le cours de sortilège Hermione, tu pourrais m'expliquer comment ça fonctionne maintenant que la bibliothèque n'est plus accessible?"
Le silence de Hermione fut édifiant. Elle était en train de noter dans sa tête toutes ses raisons d'inquiétude : Ron ne réclamait plus tous les soirs que Harry et elle restent avec lui pour jouer aux échecs ou simplement discuter, ne faisait plus de remarques sur son attitude de miss-je-sais-tout, disparaissait parfois sans raison, et maintenant la bibliothèque…
"Qui es-tu ? Et qu'as tu fais à Ronald Weasley?" s'exclama t-elle.
Ron rougit comme une tomate. Ah, eh bien si c'était bien lui.
"Hermione, arrête, je me disais juste que je devrais travailler un peu pour terminer cette année et faire plaisir à Maman pour une fois."
Hermione fit une moue pour lui indiquer qu'elle n'était pas complètement crédule, et qu'elle ne laisserai pas là les investigations pour savoir ce qui lui arrivait.
"Chaque salle commune dans nos tentes contient une bibliothèque avec des manuels basiques, finit-elle par répondre. Toutefois si tu ne trouves pas ce que tu cherches, ou si tu as besoin d'une recherche plus poussée, il te suffit de poser ta baguette sur l'étagère vide en donnant des mots clés (nda: merci à Lord Berlioz pour cette idée merveilleuse que vous pouvez retrouver dans la fanfiction Les chroniques d'AR). Par exemple pour les sortilèges et le devoir que nous a donné le professeur Vance, je dirais "sortilèges", "histoire" et "grindelwald". Si un livre reçu ne t'est plus utile tu peux le renvoyer en le reposant sur l'étagère et toujours avec ta baguette tu prononce "retour". C'est plutôt simple."
Ron la regarda avec de grands yeux, puis s'exclama, "c'est merveilleux tu veux dire! Merci Hermione! Comment fais tu pour toujours tout savoir sur tout à Poudlard, même les nouveautés?"
Cette question n'attendait vraisemblablement pas de réponse car il se levait déjà, prêt à se rendre dans sa tente. Harry l'arrêta suffisamment tôt, s'exclamant : "Mais on a cours là Ron".
Ce dernier s'arrêta, fit demi tour à reculons jusqu'à ses camarades, "Ah oui, c'est vrai!" dit il avec un grand sourire.
Du grand Ron. Hermione sourit tendrement mais décida de rester sur ses gardes. Elle devait trouver ce qui perturbait autant son ami.
Plus tard, Pansy sortit rasséréné du cours de métamorphose. Elle avait enfin une solution pour son problème de beuglante. Le professeur Black avait tout de même relevé quelque chose d'important : cela ne réglerait pas la racine du problème, sa mère ; et qu'elle devrait lui parler à un moment ou un autre.
Elle fut déstabilisé par le gromellement de son voisin qui n'était autre que Drago.
"On peut savoir ce qui t'arrive?" demanda t-elle.
Il répondit, boudeur : "Rien, je vais encore me coltiner Granger pendant trois heures."
"Ah oui, c'est l'heure de réparation du château...
- On est sur l'aile de la bibliothèque en plus, alors Miss-je-sais-tout veille au grain. Mais si il n'y avait que ça. A chaque fois que l'on travaille côte à côte, je peux sentir une tension autour de nous. Elle ose rien me dire, mais je sens que quelque chose la travaille. J'ai pas envie qu'elle me parle.
- Et pourquoi pas?
- Parce qu'elle va ressortir son baratin de pardon, prôné par Potty et Mcgo, me dire qu'elle comprend, et bla, bla, bla… Le truc, c'est qu'elle peut pas comprendre. Elle a sa famille encore, tous ses amis, et un rôle d'héroïne. Elle ne sera jamais regardé comme je le suis aujourd'hui. Son discours serait vain, comme celui des autres copains de Dumby.
- T'as raison, ils comprennent pas. Mais ne t'inquiète pas, Granger ne tentera rien sans Potter et Weasley autour d'elle pour la protéger."
La conversation se termina sur cette phrase de Pansy, qui eut un sourire narquois en repensant au trio d'emmerdeurs.
...
Seulement à quelques pas d'eux se trouvait Hermione, ayant Métamorphose en commun avec eux ce jour là. Et elle avait entendu le principal de la conversation. Cela la fit réfléchir. Drago ne faisait pas erreur, c'était exactement ce à quoi elle pensait chaque fois qu'elle travaillait avec lui. Elle voudrait pouvoir lui parler, remettre à zéro la situation et partager des choses avec lui. Elle ne se comprenait pas elle même, parce que ce serait tellement plus simple de l'ignorer comme Harry agit, ou de le détester de loin comme sait si bien faire Ron. Comme fait Drago lui même.
Elle comprenait juste qu'elle voulait lui parler, l'écouter, l'aider.
Elle était de nouveau partie loin, dans son esprit, réfléchissant à ce qu'elle devrait dire, laissant son corps agir, se rendant de manière automatique dans l'air de la bibliothèque. Elle y rejoignit Drago, Anthony Goldstein de Serdaigle ; Megan Jones, une sixième année de Poufsouffle ; Natalie McDonald et Jimmy Peakes, deux cinquième année de sa maison et Eleanora Pritchard, une cinquième année de Serpentard.
Ils commencèrent tous à travailler sur les décombres, les pierres reprenant doucement leur places autour d'eux. Lorsque Hermione ressurgit de ses pensées, elle dit à Drago : "Merci."
Il la regarda, médusé.
"Pourquoi?" demanda t-il, amer.
Elle haussa les épaules.
"Tu n'acceptera rien de ma part, je le sais. Ni pardon, ni compréhension. Mais tu ne peux pas m'empêcher de te dire merci pour l'aide que tu as pu nous apporter, tout involontaire qu'il était."
Draco ne dit rien pendant quelques temps.
"Tu n'es qu'une idiote Granger, si tu crois que ça va arranger les choses de juste dire merci. Ce n'est pas toi qui subit ce que je subit et subirait chaque jour. Le jugement des autres, la difficulté que j'aurais à me faire une place dans cette nouvelle société toute "libre" qu'elle soit."
Elle haussa de nouveau les épaules.
"Je sais, et je me sens désemparée par rapport à cela parce que je voudrais que tout le monde accepte que cette guerre est finie et qu'il ne sert plus à rien de faire vivre le souvenir de nos querelles par nos jugements. Parce que même toi, tu juges toujours, tu nous regardes toujours comme tes ennemis mais nous ne le sommes plus. Quand comprendras tu cela? Nous n'avons été tes ennemis que parce que tu l'as décidé et que tu le décides toujours. Je ne te demande pas de devenir un ami Draco, simplement de me respecter, et peut-être ne plus m'ignorer, surtout lorsqu'on a un travail à accomplir ensemble."
Draco, rouge de honte et de colère mélangés, ne se rendit pas compte qu'il relâchait son sort de lévitation sur une pierre. Celle-ci tomba avec fracas à quelques centimètres de Eleanora. La pierre explosa au contact du sol, provoquant un tremblement épouvantable et envoyant des débris partout.
"Non mais quelle conne, tu vois ce que tu me fais faire? hurla Draco à Hermione. Tu crois vraiment que c'est le moment de me faire ton petit discours de respect. Respecte déjà mon choix d'être silencieux et de ne pas vouloir votre pardon."
Il sortit d'un pas pressé. Eleanora était blessé et quelqu'un devait l'emmener à l'infirmerie. Hermione s'en chargea, se sentant vraiment responsable, et n'eut pas le temps de vraiment réaliser ce qui venait de se passer.
Le soir venu, en y repensant elle ne put s'empêcher de pleurer, les larmes coulant silencieusement sur son visage alors qu'elle se recroquevillait sur un canapé de la salle commune. Elle était encore plus perdue qu'avant dans ses sensations. Elle voulait que Draco lui pardonne et soit pardonnés par les autres, mais en même temps cela n'avait aucun sens. Elle aurait du continuer de l'ignorer mais il y avait comme une force invisible la poussant à reconnaître Draco comme quelqu'un d'important, de valeur.
Elle sentit alors quelqu'un s'asseoir à côté d'elle. il s'agissait d'Astoria Greengrass. Cette dernière était en cinquième année, une serpentarde jusqu'au bout des ongles (ces derniers justement recouverts d'une superbe manucure vert et argent, avec un serpent qui se mouvait d'ongle à ongle).
Son groupe de travail, avec Harry soit dit en passant, n'était pas très loin de celui d'Hermione cette semaine. Elle avait assisté de loin à la fin de l'altercation, tout comme Harry avec qui elle avait commencé à développer une amitié. Elle avait vu le regard inquiet du jeune homme, puis, ce soir, Hermione pleurant sur le canapé.
Mais comme dit auparavant, c'était une serpentarde jusqu'au bout des ongles, et elle ne savait pas vraiment comment agir avec quelqu'un en larmes. Elle ne savait même pas pourquoi elle s'était assise là à l'origine. Elle allait pour se relever mais Hermione l'arrêta.
"Ne pars pas… Ta présence me permet de rester invisible aux yeux des autres", répondit-elle face au regard interrogatif d'Astoria. "Et ça me donne un peu de chaleur humaine." avoua-t-elle tout bas.
