Décembre était là. Après l'installation des tentes tout le monde avait pu admirer la neige commencer à tomber et à se déposer dans le parc. Des couloirs invisibles avaient été créés pour protéger les gens de leurs déplacements entre chaque tentes. Lorsque la neige tombait ces couloirs étaient magnifiques. C'était presque comme de l'eau qui coulait constamment, empêchant la neige de traverser leurs murs.
Ron s'apprêtait à sortir du château. La reconstruction avançait à pas de géant. La directrice supposait que l'on pourrait réintégrer les lieux avant les examens de BUSE et d'ASPIC. La bibliothèque était terminé, quelques salles de classes avançaient bien, la grande salle était presque fini, les différents étages se montaient petit à petits : escaliers, tours, ogives… Tout cela restait une architecture complexe et on ne devait pas oublier aucun élément, au risque de devoir tout reprendre de A à Z. Ron avait passé l'après-midi sur le chantier de la grande salle avec son équipe, lorsque le professeur Vance l'avait intercepté rapidement, prétextant un devoir à revoir avec lui. Aussitôt entré dans une salle terminé, Ron s'était retrouvé le corps pressé contre un mur, en situation de plaisir extrême. Car ce jeune homme que Merlin avait conquis était bien Ron. Il se laissa faire et profita du moment de détente que lui offrait le professeur.
Mais toujours après leurs escapades à tous les deux, il se sentait coupable. Pas d'être avec un homme, ou avec un homme plus vieux que lui, même si au début de leur relation c'était souvent le cas. Non, il se sentait coupable d'éviter ainsi ses amis depuis le début de l'année. Il ne se souvenait même pas de quand était sa dernière conversation avec Hermione, que ce soit au sujet de leurs devoirs ou au sujet de la S.A.L.E. Il ne savait pas non plus si Harry avait une petite amie, ou bien quelqu'un en tête, ou encore si il faisait toujours des cauchemars, comme c'était le cas cet été. Ils se voyaient en cours, aux repas, aux entraînements et matchs de Quidditch (ils avaient d'ailleurs gagné leur premier match contre Poufsouffle). Ils n'échangeaient plus rien. Il se demandait comment faire pour débloquer la conversation, sans trop en dire sur ses pérégrinations, lorsqu'il croisa Luna et Théodore Nott en train de discuter. Il les regarda avec des yeux ronds quelques instants, puis semblant avoir une idée, partit dehors vers la tente centrale, espérant y trouver ses amis.
...
Théodore Nott était un noble respectable. Sa famille avait toujours respecté les règles, suivit le consensus commun sans en faire, il avait perdu sa mère assez jeune, et son père lui avait appris à vivre comme un sang pur de manière digne.
De son côté il suivait le rang, respectait les règles de l'école, faisait de son mieux pour arriver dans les premiers de sa classe, faisait de son mieux encore pour paraître discret et rusé.
Selon lui, Luna Lovegood était tout sauf discrète. Elle ne respectait pas les normes communes dans sa façon de s'habiller, sa façon d'agir, sa façon de penser, sa façon d'étudier. Et pourtant elle était à Serdaigle c'est donc qu'elle avait un minimum requis d'intelligence. Il l'évitait donc un maximum la trouvant trop … trop… En même temps il l'épiait constamment, espérant comprendre qui elle était, pourquoi ce si grand sourire, ce bonheur qui semblait tout les jours autour d'elle alors qu'elle ne respectait rien. Alors qu'elle aussi avait perdu sa mère. C'était devenu une obsession pour lui depuis maintenant deux ans, lorsqu'il ne la voyait plus durant les vacances, il se languissait, lorsqu'elle avait disparu pendant la seconde guerre, il s'était inquiété… Il avait dû à un moment se rendre à l'évidence : il était irrémédiablement tombé fou amoureux d'elle. Et le grand drame de sa vie, c'est qu'elle ne le connaissait pas. Il avait eu une étincelle de joie en apprenant qu'il y aurait une nouvelle année scolaire à Poudlard pour tout le monde, bien évidemment sans en montrer une once face à son père. Il se prépara simplement, comme toutes les années, pour avoir un niveau légèrement au dessus de la moyenne mais pas trop, pour passer entre les lignes du plus populaire ou du harcelé. Et dans sa tête il s'était fait une promesse : essayer de parler avec Luna. Oh il n'espérait absolument rien, simplement un échange verbale sur la pluie et le beau temps, ça suffirait.
Il avait essayé plusieurs fois. Le premier coup il s'était enfui avant même de l'approcher à plus de dix mètres, et on était déjà début Octobre. Le deuxième c'était au bal de Halloween. Ça avait été un peu plus facile grâce à son costume : Zorro, un justicié masqué des moldus. Mais pas possible de faire autre chose que de lui tendre un verre et de repartir. Ce jour de Novembre peu après, il avait enfin fait un pas vers elle. Mais il s'était dégonflé à la première minute où son regard a croisé le sien. Il s'était retrouvé si près de ses yeux, il les voyait pour la première fois, et il en était subjugué. Il la trouvait si belle que cela lui avait coupé le souffle.
Le lendemain il retentait la chose et cette fois-ci il réussi à lui dire bonjour. Et chaque fois qu'il la croisait maintenant il n'hésitait plus à la saluer. Et cette dernière, ayant senti une ouverture était venu lui parler plusieurs fois. C'était surtout elle qui parlait, lui qui écoutait mais parfois elle lui posait des questions et il essayait de lui répondre le plus honnêtement possible. Comme aujourd'hui où ils s'étaient croisés dans le château et qu'elle lui avait demandé en regardant à travers une fenêtre, combien de personnes il avait dû tuer durant cette guerre.
"Trois." Dit-il en n'ajoutant rien d'abord. Chacune de ces morts sont ancrés dans ma mémoire.
L'émotion ne lui permit pas d'aller plus loin. Luna le regardait, les yeux larmoyant, prête à pleurer dans ses bras. Mais il préféra déposer un baiser bref sur son front et la laisser là, ses habitudes de discrétion prenant le pas sur ses sentiments.
...
Ginny vit Ron débarquer comme une furie à la table des Gryffondor. La soirée démarrait plutôt calmement, chacun terminant ses leçons, ou dans la tente centrale ou dans leur tente commune. Harry, Hermione et elle étaient là tous les trois. Il sortit le chicaneur de son sac à dos et déclara :
"Et si on jouait à un jeu ?"
"Mais de quoi tu parles ? Quel jeu ?" s'exclama Hermione, surprise par son arrivée éclair et son entrain si peu habituel ces derniers temps.
"Oui, un jeu," dit-il."C'est un jeu dans le chicaneur de ce mois. Il permet de mettre en activité nos capacités de mémoire et de stratégie tout en liant des liens d'amitiés très forts avec les personnes qui y participent."
Il avait plus lu cette dernière phrase qu'autre chose, essayant de comprendre lui même ce que le journal proposait.
Chacun accueilla cette idée de manière dubitative en premier lieu, et puis plus le jeu avançaient plus ils comprenaient, plus ils s'amusaient. Ils passèrent la soirée à jouer, avant et après le dîner, rentrant pour la première fois dans leur tente respective juste avant l'heure limite. Chacun avait retrouvé un sourire authentique et le souvenir de cette amitié qui les liait tous.
…
Hermione souriait. La dernière semaine avait été parfaite : Harry, Ron et elle se retrouvaient doucement. Elle avait récupéré de la force après le discours d'excuse de Draco. Les cauchemars s'étaient arrêtés aussi mystérieusement qu'ils étaient apparus. Son sourire durait depuis le début de la semaine, et avait rasséréné tout le monde. Même Draco s'était surpris lui même en échangant quelques banalités avec elle durant leurs après-midis.
Le weekend était arrivé plus vite que d'ordinaire. Et ce weekend était spécial : ils allaient à Pré-au-Lard pour les courses de Noël. Depuis la fin de la guerre, le village avait commencé à se reconstruire lui-aussi. De nombreuses familles avaient décidés de venir s'installer là car leurs maisons avaient été détruites. Elles voulaient redémarrer dans un lieu auquel ils n'étaient pas encore habitué mais qui leur étaient tout de même familier.
Hermione avait hâte de voir ce que les sorciers avaient construit, et de passer quelques temps avec ses amis dans la bonne ambiance de Noël. Ils partaient tous à 11h : Harry, Ron, Neville et Hannah, Ginny, Luna et même Astoria. Hermione avait invité cette dernière car elles passaient beaucoup de temps toutes les deux le soir à discuter de leurs cours, de leurs joies et leurs tristesses. Elle avait aussi remarqué que Harry l'appréciait beaucoup.
Le village était vraiment magnifique ce jour là. La neige brillait sous le soleil d'hiver, les bâtiments avaient presque tous étaient reconstruits et étalaient dans les rues des couleurs vives : rouge carmin, jaune brillant, vert émeraude, bleu azur… Les magasins avaient été reconstruits, on retrouvait Honeydukes notamment et les Farces et Attrapes de Zonko, les Trois Balais, et Hermione avait aperçu au loin l'enseigne de la Tête de sanglier. Georges avait lui aussi ajouté sa patte au village avec une annexe du magasin Weasley, Farces pour sorciers facétieux du Chemin de Traverse.
Neville et Hannah partirent en se chamaillant amoureusement vers le Salon de thé de Madame Pieddodu, tandis que le reste du groupe se dirigeait vers la boutique des jumeaux. Les vitrines de leur magasin arboraient les couleurs rouges et vertes caractéristiques de Noël. On retrouvait également le sapin dans la vitrine de droite, mais au lieu des traditionnels décorations du sapin, on pouvait voir des boules de Noël qui éclataient en feux d'artifices, tournaient en faisant tomber une multitude de paillettes, ou bien encore des décorations de petits animaux tellement mignons qu'on avait envie de leurs faire des papouilles. Au sol du sapin, il y avait des boites de baguettes farceuses, des plumes augmentée de toutes sortes, des Boursouflet qui se promenaient tout autour… Sur la vitrine de gauche se trouvait une reproduction de cheminée et de chaque chaussettes accroché au dessus ressortaient des bonbons de la boîte à Flemme. Une phrase avait été écrit en gris sur la vitrine : "Vivez sereinement ce premier Noël de paix, dans la magie de la fête." Et c'était exactement ce que cette vitrine renvoyait : sérénité, magie et paix. A ce moment là, Ron s'était éclipsé, probablement parti rejoindre quelqu'un d'autre, et nous vous laisserons chers lecteurs, garder secrète l'identité de cette personne. Les autres mirent cela sur le compte de la souffrance face à la perte si récente encore de Fred et ne s'attardèrent pas sur la situation. Ils entrèrent tous et se retrouvèrent face à Vérity. La jeune fille avait laissé ses cheveux blonds pousser et avait un sourire magnifique. Elle portait la tenue magenta traditionnelle du magasin, et un chapeau de Noël de la même couleur. Tandis que Harry et Astoria qui étaient entrés les premiers dans le magasin étaient entraînés par Vérity à la découverte des dernières nouveautés, Ginny, Luna et Hermione tournaient dans les rayons en discutant.
"Je sais très bien sa réputation de Don Juan, et je ne veux pas céder mais il s'y prend quand même très bien pour me faire céder avec ses regards de braises et ses caresses subtiles dès qu'il me croise. Je crois que je le hais, disait Ginny en parlant de Blaise... Mais en même temps lorsqu'il est plus sérieux on peut discuter de tout avec lui. Cet homme est vraiment cultivé et j'aime bien débattre avec lui."
"Enfin Ginny, il faut savoir si tu l'aime ou pas…" avait réagi Hermione
Luna interrompit Hermione alors qu'elle ne semblait pas attentive jusque là.
"L'amour, ce n'est pas qu'une question de sensations, ce n'est pas plus une question de raisonnement, c'est aussi une question de destin"
…
Hermione ferma les yeux un instant, troublé par cette phrase, et les rouvrit ailleurs. Elle se retrouvait dans un salon aux décorations orientales, pleines de gravures de singes et d'éléphants divins, de pierres précieuses incrustés dans les murs, de tapis étalés au sol, remplis de couleurs vives : bleus, rouges, or. De grands coussins étaient étalés sur le sol. Une jeune femme et un jeune homme étaient couchés sur ces sofas à l'ancienne et semblaient se dévorer du regard. Hermione ressentait des émotions contradictoires qui la faisaient souffrir mais qui semblaient presque ne pas lui appartenir : de l'amour, un amour fort et ancien. Et en même temps de la tristesse.
Elle reconnut le jeune homme, c'était celui de son cauchemar, mais il semblait plus jeune, moins soucieux : ses cheveux étaient plus court, il n'avait pas de barbe, et ses yeux brillaient d'une certaine innocence. Il répéta mot pour mot la phrase que Luna venait de dire il y a quelques instants alors qu'elle se trouvait encore à Pré-au-lard. Il ajouta quelque chose cependant qui la tourmenta plus encore.
"Et tu es mon destin, dit-il à la jeune fille en face de lui, depuis notre enfance je ne rêve que de te revoir. Je te trouve plus belle encore que dans mes souvenirs, même si je ne peux voir ton visage."
En effet la jeune fille en face de lui était dissimulé par un voile qui recouvrait tout son visage et son corps mais ne cachait rien de sa silhouette longiligne. Les vêtements qui la recouvraient étaient somptueux, brodés d'or et d'argent, de soie et de cachemire.
Sans comprendre pourquoi, Hermione assistait à cette rencontre entre deux jeunes personnes qui semblaient amoureux. Et elle en souffrait. Elle ressentait de l'amertume, de la tristesse, comme un sentiment de trahison. Ça bouillait en elle pour devenir de plus en plus lourd. Mais elle ne connaissait pas ces deux personnes. Lorsque le jeune homme fut parti, la jeune femme se découvrit, laissant apparaître un visage fin et harmonieux, des yeux charbonneux, maquillé par une couleur similaire sur ses paupière, une peau halé mais assez claire signe de sa richesse. Ses yeux exprimaient toute sa joie. Elle se tourna alors vers Hermione et lui demanda : "Tu as vu comme il est beau? Je suis toujours aussi amoureuse de lui, quelle joie que nous soyons mariés dans quelques semaines! …"
Et elle continua ainsi tandis qu'Hermione acquiesçait à ses paroles de manière automatique mais se sentant de plus en plus faible. Elle servait le thé à la jeune fille lorsqu'elle tomba au sol.
…
"Hermione, Hermione…" criait une voix inquiète au dessus d'elle qu'elle reconnue rapidement comme étant celle de Harry.
Elle ouvrit doucement les yeux, son cœur encore souffrant comme aux souvenirs de ce rêve éveillé qu'elle venait de faire. Qu'est ce que cela pouvait bien être d'ailleurs? Un souvenir ou un rêve, une illusion ou la réalité, une histoire passée ou future? Elle n'en savait rien et n'avait jamais ressentit même un infime pouvoir de divination chez elle. Elle ne savait pas. Mais elle ne voulait pas inquiéter ses amis alors que le calme revenait à peine dans leurs vies.
Elle se releva doucement avec l'aide de Harry et Ginny et leur sourit : "Tout va bien, ne vous inquiétez pas. Je n'ai pas du manger assez ce matin."
"Bonne idée Hermione, dit Luna, allons donc aux Trois balais, je meurs d'envie de boire une bièraubeurre."
Les amis se dirigèrent tous vers le pub mythique de Madame Rosmerta. Lorsqu'ils entrèrent dans le pub, le changement de température rendit leurs visages rouges et la bièraubeurre vient embellir cette couleur. Alors que tous discuaitent de vive voix et rigolaient aux blagues de Ginny, Hermione aperçut Draco sortir du pub, la démarche déséquilibrée et un peu trop lente pour être assuré. Elle soupire, triste de voir cet homme si fier agir ainsi. Il sort et laisse la place à Ron, aussi rouge qu'eux mais pourtant Hermione sentit que le froid n'en était pas la seule cause. Ses yeux brillaient d'une joie similaire à celle innocente que Harry avait pu avoir lors des débuts de sa relation avec Ginny. Elle lui fit remarquer sa figure froissé, il lui répondit :
"Et vous alors, vous avez bu combien de verre avant que j'arrive ? Vous êtes plus rouges qu'une bande de Crabes de Feu!"
Salut à vous les amis Potterhead !
Alors, alors, des idées de couples commencent à se former dans vos petites têtes ?
Et quels sont donc ces visions d'Hermione ?
Certains ont une petite idée de où ça se passe ? A quelle époque ?
La révélation sur ces dernières visions approche à grand pas. J'ai hâte de voir vos réaction là dessus...
Bonne journée à vous !
Magiquement vôtre.
A.M.E
