-Pourquoi on n'a pas fait les choses dans l'ordre ? demanda Ciel.
-Quel ordre ? demanda Sebastian.
- Ben oui les gens ont un premier rendez-vous, ils font connaissance, se mettent en couple et couchent ensemble, dit Ciel.
-Ton ordre, il se modifie. On a couché ensemble, on va être parent et on fait connaissance maintenant. On peut passer au premier rendez-vous si tu veux. Quand à savoir si l'on est ensemble, on construit un couple disons.
-Ben en fait j'ai déjà eu des copains avant toi, mais je n'ai couché avec aucun d'entre eux, sauf avec toi.
-Ah je n'aurai pas cru, déjà cette histoire de ne rien avoir fait à 18 ans. Pourquoi avoir attendu aussi longtemps d'ailleurs ? demanda Sebastian.
-Je voulais attendre le bon et au final voilà les conséquences.
-Une bonne conséquence, Ciel.
-Tu ne disais pas cela au départ.
-Je sais mais j'ai changé d'avis au final. Choisis le lieu pour le rendez-vous.
-Ne te forces pas pour moi.
-J'en ai envie, je ne me force pas.
-Je ne sais pas trop.
-Ce n'est pas grave. Tu veux quoi un cinéma, un restaurant ou un bar ?
-J'ai une idée mais je n'ose pas te la dire. Tu vas te foutre de moi.
-Je ne suis pas comme cela, c'est vrai que tu ne sais pas beaucoup de chose de moi mais de là à me moquer des gens. Dis ce que tu veux faire.
-Eh bien j'aimerai aller dans un parc d'attraction mais c'est cliché je sais.
-Ah je te pensais moins classique, j'ai cru que tu m'aurais proposé un happening bar.
-Imbécile, répondit Ciel.
-Cela je m'y attendais comme réaction. Je ne te connais pas mais tu sembles avoir du mal avec mon humour.
-Pas que moi sans doute, je sais au moins ou tes idées sont placées.
-Ah oui ? Tu crois ?
Ciel se décida à bouger mais Sebastian prit le dessus sur lui.
-A ton avis sur qui est mon intérêt ?
-Quoi plutôt. Le sexe sans hésiter.
-Non toi et le bébé. Tu as remarqué que j'ai arrêté de te demander tout le temps comment tu vas et comment vas le bébé ?
-Oui parce que je suis ici mais après.
-Tu ne veux pas rester avec la naissance ? On est un couple.
-Un couple en devenir plutôt. Je ne sais pas si je resterai, je ne vois pas si loin.
-Tu m'as dit que tu m'aimais pourtant, tu es mon petit copain et tu attends notre fille. Moi je vois loin, toi et moi, le bébé et de longues années ensemble. Et peut-être un autre enfant après.
-Certes mais je ne te considère pas comme mon petit ami encore et si tu reparles de cette histoire de mariage, je te tue. Un autre ? N'y comptes pas.
-Mais je compte bien devenir ton mari, parce que j'en ai envie pas pour le bébé. Un, deux, trois, peu importe tant que je les ai avec toi.
-Je ne veux pas me marier ni avec toi ni un autre.
-Je te ferai changer d'avis d'ici plusieurs mois.
-Bonne chance, je suis obstiné.
-Moi aussi, cela tombe bien, bon on se le fait quand ce premier rendez-vous ? demanda Sebastian.
-Tu veux vraiment le faire ?
-Oui, je veux que l'on ait un premier rendez-vous.
-Ok ce week-end si tu veux.
Le week-end suivant, Ciel et Sebastian allèrent donc dans un parc d'attraction.
-Il y a beaucoup de monde aujourd'hui.
-Oui on est samedi, tu n'aimes pas la foule ? demanda Sebastian.
-Non je n'aime pas quand il y a beaucoup de gens.
-Encore un truc que je ne savais pas sur toi, j'aime bien apprendre petit à petit des choses sur toi, répondit Sebastian.
-Cela ne t'effraie pas de ne rien savoir sur moi alors que l'on va avoir un enfant ?
-Non je sais deux choses : on s'aime et j'aime déjà notre fille.
-Ne repars pas sur cette histoire de mariage, répondit Ciel.
-Je ne veux pas t'épouser par obligation pour l'enfant mais parce que j'en ai envie, réellement.
-Je ne veux pas me marier, répondit Ciel.
-On a le temps pour que tu changes d'avis.
-Rêves toujours.
Sebastian prit la main de Ciel, ce qui le mit mal à l'aise.
-On ne devrait pas faire cela, les gens vont nous regarder bizarrement.
-Et alors ? On s'en fiche non ? demanda Sebastian.
-Non on me remarque déjà à cause du bébé, alors un couple gay …
Sebastian prit Ciel vers lui et l'embrassa.
Ciel était dans l'embarras encore plus que depuis le début.
-Tu devrais ne pas te soucier de ce que pensent les gens, arrêtes de t'inquiéter et profites. Si les gens nous regardent, c'est qu'ils nous envient.
-Ou qu'ils nous dévisagent, répondit Ciel.
-Tu veux que je recommence ? Je peux le faire autant de fois que tu veux.
-Non merci.
Ciel et Sebastian firent plusieurs attractions et finirent par la grande roue.
-C'est bien de voir tout d'en haut, tout parait petit.
-On est si haut, si on reste coincé, répondit Ciel.
-Tu as peur d'être enfermé ici pour toujours ou de la hauteur ? demanda Sebastian.
-La hauteur.
-Encore quelque chose que j'ignorais sur toi, répondit Sebastian.
Soudain tout se bloqua.
« Veuillez-nous excusez pour la gêne, une panne empêche le manège de redémarrer, merci de votre patience. »
-Et voilà, je le savais, je veux sortir.
-Ciel, on ne peut pas, calmes toi, répondit Sebastian.
Ciel semblait paniqué.
Sebastian s'assit donc à côté de lui pour le rassurer.
-Je n'aime pas cela, on est coincé.
-Il faut attendre que cela redémarre, sois patient, répondit Sebastian.
-Tu vas découvrir pleins de choses sur moi que tu ne vas pas aimer, je suis sûr.
-Non rien ne me décevra jamais venant de toi, répondit Sebastian.
-Tu dis cela pour me faire plaisir, je suis sûr.
Sebastian prit le visage de Ciel dans ses mains et le fixa dans les yeux.
-Je ne te mentirai jamais, tu en doutes ?
-Non mais je me dis parfois que je une charge pour toi et le bébé.
-Ne dis pas n'importe quoi, Ciel. Je t'aime et l'enfant aussi.
-Tu l'as déjà dit, je crois avoir compris, répondit Ciel.
-Tu ne sais pas tout non plus, je suis assez sensible à l'écologie, je pense que pour le bébé les couches lavables, c'est mieux.
-Tu es du genre écolo ? Cela ne se voit pas directement. Tu les laveras alors, moi je trouve cela contraignant.
-Pas de souci, Ciel, tant que tu n'es pas contre mon idée, répondit Sebastian.
-Je travaille le soir, comment on va faire ? Je ne trouverai personne pour la garder pour ce genre d'horaires.
-Je travaille la journée moi, je pourrais la garder quand tu seras en train de travailler, répondit Sebastian.
-Un bébé, cela peut être contraignant, si elle ne fait pas ses nuits de suite.
-Cela fait partie des joies de la paternité, répondit Sebastian.
-Et la journée, on fera comment ? Je récupère de mes nuits.
-On peut la mettre à la crèche ou chez une nounou.
-Ce ne sont pas de mauvaises options, répondit Ciel.
-On a le temps de voir venir, il reste encore 4 mois.
-Cela passe vite, tu as idées de prénoms ? demanda Ciel.
-Non, on pourra improviser.
« Le manège va redémarrer, merci de votre patience ».
-On va pouvoir repartir, se rassura Ciel.
-Je t'ai dit que cela ne serait pas bloqué éternellement, répondit Sebastian.
Ciel pour le remercier l'embrassa, une rare initiative de sa part.
Sebastian fut surpris par son attitude très directe.
-Sois plus souvent comme cela avec moi.
-C'est un aspect de ma personnalité que je ne montre pas souvent, répondit Ciel.
-Tu devrais, j'aime bien te voir entreprenant.
Une fois sortie du manège, Ciel sourit enfin.
-Pourquoi tu souris si soudainement ? demanda Sebastian.
-Parce que tu n'es pas un connard finalement.
-Tu changes d'avis finalement, que suis-je alors pour toi ?
-Le père de l'enfant évidemment.
Sebastian semblait déçu de sa réponse.
-Tu es évidemment plus que cela, tu es mon copain.
-Et tu l'aimes à quel point ton copain ? demanda Sebastian.
-Beaucoup plus que lui m'aime, peut-être.
-Mon amour surpasse le tien, répondit Sebastian.
-Ce n'est pas une course, Sebastian.
-Si c'était une course, j'ai déjà gagné ton cœur, Ciel.
Ciel se moqua de Sebastian.
-Je savais que tu dirais ce genre de chose, mais l'entendre.
-Ne te moques pas de moi, tu peux dire que je suis ringard, mais l'amour n'aura jamais rien de ringard.
-Dit le vieux, plaisanta Ciel.
-Tu verras quand tu auras mon âge, on en reparlera dans 12 ans.
(En effet, ils ont 12 ans d'écart, j'ai beau vieillir Ciel, Sebastian parait toujours plus vieux).
