Hey hey !
C'est samedi, c'est nouveau chapitre !
Avec un peu d'action pour le plaisir !
Bonne lecture!
Chapitre 5 : Le Mont Weather
Hermione était dans l'escalier en colimaçon menant sur les remparts de la forteresse d'Avalon. Vivianne grimpait les marches à sa suite et la Source se retourna pour éviter un coup qui risquait de lui couper les tendons. Elle coinça la lame en marchant dessus avec son pied droit tandis qu'elle expédiait sa semelle gauche dans le visage de la blonde. Vivianne perdit l'équilibre et se rattrapa de justesse à la rampe.
- Fais un effort, Vivianne, sinon je vais être obligée de croire que tu ne veux pas me tuer, se moqua l'Origine de toutes magies.
- Toi non. Mais ton passager noir, oui, grimaça la blonde en retournant à l'assaut de la Source, le sabre fendant l'air.
Hermione esquiva et reprit son ascension dans l'étroit passage.
- Tu sais bien que tu ne fais pas le poids face à l'Origine de toutes magies.
- Elle a déjà essayé de me tuer en m'envoyant ses larbins et elle a échoué. Elle est trop lâche pour m'affronter en face-à-face. Et aujourd'hui encore, elle préfère prendre possession d'une innocente que de se mesurer à moi !
Les deux combattantes arrivèrent sur les remparts du château et le duel reprit de plus belle. Les lames s'entrechoquaient dans un fracas métallique assourdissant. Des étincelles crépitaient dans l'air. Les coups étaient donnés avec rage et violence, les adversaires donnant toute leur énergie dans les passes d'arme.
Vivianne profita d'une faille dans la défense de la brune pour placer un coup de sabre qui coupa en deux l'arcade sourcilière de la Source. Le sang coula abondamment et Hermione dut fermer son œil pour ne pas être gênée.
- C'est maintenant que tu me supplies ? se moqua la Dame du lac.
- Pas vraiment, marmonna la Source en serrant le poing droit pour frapper un mur.
Le château se mit à trembler violemment et les fondations cédèrent. Le sol se déroba sous leurs pieds et les deux sorcières furent emportées dans l'éboulement de la cité noire. Quelques secondes plus tard, Hermione sortit des décombres du château, le visage couvert de sang et de poussière. Gagnant enfin l'air libre, elle toussa difficilement avant de respirer profondément.
- Bon sang, ça secoue… murmura-t-elle en réussissant à décoincer sa jambe gauche prise entre deux blocs de pierre.
Elle rampa à la surface et finit par s'arrêter quelques instants pour reprendre son souffle. A quelques mètres d'elle, le manche de son katana était visible, la lame fichée dans les débris.
Elle se mit debout avec difficulté, essuya son visage du revers de sa manche déchirée et tendit la main vers son arme. Elle n'eut cependant pas le temps de l'arracher des décombres qu'une vague de magie l'atteignit dans le dos, la propulsant contre un des rares pans de murs encore debout. La violence du choc la laissa quelques instants sonnée. Ce court laps de temps fut suffisant pour que Viviane la rejoigne et lui balance un coup de pied dans les côtes, la faisant plier de douleur, cherchant l'air. La Dame du lac l'attrapa par le cou et la souleva, plongeant son regard déterminé dans celui apeuré d'Hermione. La brune porta les mains à sa gorge et tenta de desserrer la prise.
- Dans deux minutes, tu seras à genoux et tu imploreras ma pitié, Origine de toutes magies.
- Dans deux minutes… tu… ne seras plus… qu'un lointain… souvenir… haleta la Source en posant ses mains sur le visage de Vivianne.
- Hermione, je suis désolée... murmura la blonde alors que ses doigts resserraient leur étreinte mortelle. Mais au fond de toi, tu sais que la Source ne peut plus régenter le monde...
- Et toi, tu ne le feras pas à sa place... hoqueta la brune.
Les pouces de l'ancienne Gryffondor trouvèrent les yeux de la blonde et elle appuya de toutes ses forces, explosant les globes oculaires de l'enchanteresse qui hurla de douleur, relâchant sa prise. Hermione tomba à genoux sur le sol et inspira une grande bouffée d'air.
Elle roula rapidement sur le côté pour échapper aux coups frappés en aveugle par l'ancienne Conseillère qui lui entaillèrent profondément le dos.
- Je sens ta douleur, siffla Viviane, et tu transpires la peur. Ca sera largement suffisant pour que mon arme te trouve et mette fin à ton règne, rugit-elle en se tournant vers la brune qui gisait toujours au sol.
Hermione se releva, envoya un sort vers la Dame du lac et profita de la seconde qu'il fallut à la blonde pour l'esquiver pour se diriger vers les falaises. Vivianne pouvait certes la repérer grâce à son aura mais elle ne voyait plus. Et un terrain escarpé et glissant serait un atout pour elle. La Source grimaça de douleur et se dépêcha d'avancer, délaissant son arme dans les ruines du château.
- Ca ne sert à rien de fuir, Origine de toutes magies, tu crèveras sur cette île ! s'exclama Vivianne en suivant la brune.
- Toi aussi, j'en fais la promesse…
La bataille entre les deux sorcières reprit avec rage sur les falaises d'Avalon. Un vent violent soufflait, tirant sa source des pouvoirs déployés qui s'entrechoquaient.
La Source se baissa difficilement pour éviter un coup de sabre et allongea son bras pour décrocher une droite dans le visage de la Dame du lac. Cette dernière en lâcha son arme et recula d'un pas.
- Tu veux faire ça à mains nues ? Pas de soucis… marmonna la blonde en donnant un coup de pied qui atteignit le menton de l'Origine de toutes magies.
L'ancienne Gryffondor tituba et réussit à s'arrêter avant de basculer dans le vide.
- Je vais te tuer… gronda Vivianne. Pour tout ce que tu as fait, c'est le juste châtiment.
- C'est possible, mais je t'emporterai avec moi.
Vivianne s'approcha vivement de la Source et tenta un coup de poing. Hermione para l'attaque et, saisissant le poignet de son adversaire, passa derrière elle en lui faisant une clé de bras. Elle maintint la pression infligée à la blonde et posa sa main de libre sur l'épaule de la Dame du lac.
- C'est maintenant que tout s'arrête… chuchota Hermione en collant son corps contre celui de Vivianne. Je t'ai toujours été fidèle, ma reine, mais nos immenses pouvoirs sont de trop dans ce monde.
Elle les emmena au bord de la falaise et sauta en priant que l'impact ne soit pas trop dur. Les deux corps plongèrent dans l'eau et s'enfoncèrent dans l'obscurité de l'océan, avant qu'une immense boule de magie blanche implose dans l'onde agitée.
Lexa se réveilla au petit matin, le jour naissant baignant sa chambre d'une belle lumière orangée. La commandante resta allongée, son esprit se repassant le souvenir qu'elle venait de vivre. Encore un souvenir de son alter-ego. La jeune femme se promit de ne plus provoquer son aînée qui, définitivement, avait énormément à lui apprendre. Que ce soit en matière de magie ou de bataille.
Des coups furent frappés à la porte de ses appartements et la brune s'éclaircit la voix avant d'ordonner à son visiteur d'entrer. Titus pénétra dans la pièce, son visage encore plus sombre qu'à l'accoutumée.
- Heda, je suis navré de vous importuner, mais un messager des Trikrus est arrivé il y a peu. Les hommes du ciel ont envoyé des missiles qui ont rasé un village entier. Anya ne pourra se rendre à votre convocation, elle lève son armée pour attaquer les Skaikrus.
La commandante se leva et s'habilla rapidement.
- Prépare ma garde, demande à Indra de se joindre à nous et fais seller ma monture, je pars dans vingt minutes. Et fais prévenir Asalhir que je ne pourrais pas assister à ses leçons aujourd'hui.
Titus s'inclina et sortit à reculons tandis que la jeune femme se passait de l'eau fraiche sur le visage. Elle s'essuya puis appliqua son maquillage de commandante. Elle plaça le signe sur son front, au-dessus de la naissance de son nez. Elle chaussa ses bottes, passa sa cape de fourrure et fixa ses deux épées dans son dos. Quelques minutes plus tard, elle remontait le couloir en direction de l'ascenseur, sans s'arrêter devant la porte de la chambre de la Source. Elle n'avait pas le temps de discuter avec son alter-ego et Lexa savait que la brunette comprendrait.
Dix minutes plus tard, accompagnée de cinq gardes et d'Indra, plongée dans un profond mutisme, la commandante chevauchait à toute allure en direction du village d'Anya.
"Si les Trikrus entrent en guerre contre les hommes du ciel, leurs troupes seront mobilisées sur un front et ne pourront pas intervenir en cas d'attaque de l'armée de la Nation des Glaces. Je dois calmer les velléités d'Anya le temps d'en savoir plus sur les projets de Nia." songea Lexa en poussant l'allure de son cheval.
Une corne de brume retentit dans la forêt et les gardes levèrent le nez vers l'horizon.
- Le brouillard toxique ! s'exclama l'un en pointant l'horizon du doigt. Il vient vers nous !
- Il y a une entrée des mines pas loin, allons nous réfugier en attendant que ça passe, ordonna Lexa en dirigeant sa monture vers la forêt.
- On risque d'être attaqués par des démons, grogna Indra, desserrant enfin les dents.
- Et ce sera la dernière chose qu'ils feront, répliqua Lexa. En route !
Les six cavaliers galopèrent jusqu'à leur abri et pénétrèrent dans les mines, tenant leurs montures par la bride.
- Quelqu'un a une torche ? demanda la commandante en s'enfonçant dans l'obscurité.
- Il doit y en avoir un peu plus loin, j'aperçois une petite lumière là-bas, répondit un des soldats.
- On y va. Restez sur vos gardes, je ressens une présence, murmura Lexa en dégainant une de ses épées.
La troupe avança prudemment en direction de la lumière et la commandante fronçait les sourcils. Son sixième sens lui soufflait que quelque chose n'allait pas. Ses cheveux se dressaient sur sa nuque et l'obscurité semblait faite d'ombres immobiles.
Elle échangea un regard entendu avec Indra et cette dernière désigna du doigt deux guerriers avant de leur intimer de passer devant leur Heda. Un grondement rauque retentit dans les mines et Lexa lâcha la bride de son cheval pour pouvoir tirer sa deuxième épée de son fourreau.
Les démons paraissaient sortir des murs, du plafond, du sol, et les surpassaient au nombre. Le regard gris de la commandante analysa la situation et son visage se fit de marbre. Ils étaient à un contre dix dans un espace qui ne permettrait pas de se battre avec aise.
- Nous sommes tombés dans un piège, grogna Indra en se mettant en position de défense. Heda, nous allons couvrir votre retraite.
Mais Lexa ne l'entendait pas de cette oreille. Elle n'allait pas fuir. Elle était la commandante, elle était la moitié d'une divinité, elle ne partirait pas en laissant ses hommes en proie à ses monstres.
"Si seulement je savais me servir de ma magie..." songea-t-elle avec amertume, maudissant Hermione et ses cours de politique.
- Montez sur votre cheval et partez, Heda, insista Indra. Vous viendrez nous chercher avec des renforts.
Quelque chose siffla dans l'air et alla se planter dans le cou de la femme à la peau d'ébène. Les yeux de cette dernière roulèrent dans leur orbite et la guerrière s'effondra sur le sol, évanouie. Aussitôt les quatre gardes se jetèrent sur leurs assaillants tandis que Lexa sautait sur la selle de sa monture et, baissant la tête, partait au galop.
- Ne la laissez pas s'enfuir ! Attrapez-la ! ordonna une voix d'homme, bien éloignée des grognements des démons. Il nous les faut tous, et vivants !
"Les hommes des montagnes... C'est bien un piège."
Elle entendit une détonation, suivie d'une piqure dans son cou. Lexa retint une grimace et sa main se posa sur sa nuque. Ses doigts retirèrent une sorte de petite fléchette qu'elle jeta au sol dans un geste agacé.
Sa vision se troubla et elle sentit que son équilibre devenait précaire. Aussi, elle s'assura rapidement que son cheval ne pourrait pas la désarçonner et enroula la bride autour de ses mains.
- Ramène-moi à Polis, marmonna-t-elle avant de poser sa tête sur le cou de l'animal.
Elle ferma les yeux et, sachant qu'il ne servait à rien de lutter contre le produit qui se diffusait dans son organisme, se laissa submerger par les ténèbres.
Lexa se réveilla avec un mal de tête épouvantable. Mais rien qui ne pourrait l'empêcher de se défendre si la situation l'exigeait. Elle ouvrit les yeux et se redressa brusquement, regardant autour d'elle. Elle fut surprise de se retrouver dans sa chambre à Polis et fronça les sourcils en voyant Emily qui s'approchait d'elle avec un linge humide.
- Je suis heureuse de vous voir réveillée, Heda, fit la Guérisseuse avec un soulagement visible.
- Que s'est-il passé ? maugréa la commandante, honteuse d'avoir été prise au piège et de paraître aussi faible.
- Asalhir est allée vous chercher, elle a senti que quelque chose se tramait. Elle vous a ramenée ici et... elle a lu dans votre esprit. Sachez qu'elle est partie il y a peu au Mont Weather pour récupérer vos gardes.
- Elle est complètement folle d'y être allée seule. Elle va se faire tuer.
Lexa quitta précipitamment le lit et attrapa sa cape pour la passer. Elle allait rejoindre son alter-ego et lui prêter main forte. Elle était l'Heda, c'était à elle de veiller sur son peuple.
- Je pense que les hommes des montagnes sont plus en danger qu'Asalhir, répondit doucement Emily en posant sa main sur l'épaule de la jeune femme, l'arrêtant dans son mouvement. L'Origine de toutes magies vous prie de vous reposer, votre corps en a besoin.
Emily se tut quelques instants, hésitante, avant de poursuivre.
- Et elle vous ordonne de prendre une douche. Elle m'a indiqué qu'à l'odeur, elle avait éprouvé des difficultés à vous distinguer de votre cheval.
Le surveillant Thomas s'ennuyait ferme devant ses écrans de contrôle. Cela faisait près d'une heure qu'il avait pris son service, et presque autant de temps qu'il faisait rebondir une petite balle en mousse sur son bureau ou au plafond. Il poussa un soupir d'ennui avant de s'avachir encore plus dans son fauteuil. Il le fit pivoter trois fois avant de reporter sans curiosité son regard sur les différents écrans. Cependant, quelque chose bougea sur le troisième et Thomas se redressa.
- Bah ça alors... murmura-t-il en tapant sur son clavier, faisant zoomer la caméra qui donnait sur la porte extérieure.
Une femme aux cheveux châtain examinait la lourde porte étanche, comme si elle cherchait une poignée.
- Carl, viens voir, on a une visiteuse, s'exclama-t-il en faisant signe à un collège de venir.
Carl Emerson quitta sa chaise et s'approcha de son pas lourd.
- Encore un de ses sauvages ? s'enquit Emerson.
- Non, elle a pas l'allure. Attends, j'vais mettre le son, qu'on rigole un coup, rit Thomas tandis que la femme fixait à présent la caméra.
Emerson croisa les bras et observa l'inconnue qui fixait l'objectif sans ciller.
- Je suppose que vous m'avez repérée et que vous devez entendre ce que je dis, commença la femme d'une voix grave, légèrement rauque. Ecoutez bien car je ne me répéterai pas. Vous avez capturé aujourd'hui quatre hommes et une femme. Je suis venue les récupérer. Si vous me les livrez d'ici cinq minutes, nous repartirons sans histoire. Dans le cas contraire, je rentrerai de force dans cette montagne et j'irai les chercher moi-même, avec perte et fracas. Le décompte commence maintenant.
Thomas et Emerson échangèrent un regard interloqué avant d'éclater de rire.
- Elle est dingue, cette nana ! se moqua Carl.
- Ouais, givrée. Tu veux qu'on envoie des soldats pour la déloger ?
- Attends, je veux voir ce qu'elle va faire dans cinq minutes... sourit Emerson.
Ils observèrent la brunette qui s'était assise sur une pierre et ne quittait pas des yeux la montre bracelet qui ornait son poignet gauche. Elle était immobile, telle une statue, et son visage ne reflétait qu'une expression neutre.
Les cinq minutes écoulées, elle se leva et se planta devant la porte. Un rictus mauvais étira subrepticement ses lèvres et elle leva la main à la hauteur de sa poitrine.
- Que va-t-elle faire ? murmura Thomas.
Emerson fronça les sourcils en voyant la femme fermer les yeux et prendre une grande inspiration. Cette dernière fit un mouvement de poignet et le sas se déverrouilla, la porte coulissant pour laisser un vaste passage. Dans le dixième de seconde qui suivit, une alarme assourdissante retentit dans la salle de contrôle.
- Comment a-t-elle fait ça ? rugit Carl tout en se ruant à son bureau.
Sans même s'asseoir, il pianota sur son clavier, enclenchant la fermeture de toutes les portes étanches du Mont Weather.
- CODE ROUGE ! hurla Thomas dans son micro. Intrus dans le bâtiment ! Que l'unité Alpha s'équipe pour intervenir !
Il ne quittait pas des yeux ses écrans de contrôle, suivant le parcours de l'inconnue qui marchait d'un pas assuré dans les couloirs de la forteresse.
- Balance les douches antiradiations ! cria-t-il à Emerson qui pressait nerveusement plusieurs touches. Et bloque cette pétasse à l'étage !
Thomas reporta son attention sur l'écran et sourit en voyant deux portes hermétiques se fermer devant et derrière la femme.
- Vas-y, douche-la ! lança-t-il à Carl.
Il ricana alors qu'une pluie de produit chimique s'abattait sur la brunette qui restait pourtant stoïque sous l'averse. Une fois la douche finie, le rictus de la femme s'agrandit et elle tendit la paume droite en direction de la porte fermée devant elle.
- Ouvrez ou je l'explose, et ce sera fini de l'étanchéité de votre bâtiment, fit l'inconnue de sa voix grave.
Thomas et Carl échangèrent un regard incrédule. Puis Emerson décrocha de sa ceinture son émetteur radio et porta l'appareil à ses lèvres.
- Equipe Alpha, vous êtes prête ? demanda-t-il.
- Les combinaisons sont passées, on prend les fusils et on part en chasse, répondit un homme.
- Capturez la vivante. Je veux pouvoir l'interroger, ordonna Carl.
- Merde ! hurla Thomas en reculant vivement.
Emerson porta son attention sur les écrans et n'en crut pas ses yeux. La porte qui empêchait l'intruse de poursuivre sa progression avait explosée, et la fumée envahissait maintenant l'étage.
- Passe sur la caméra suivante ! beugla-t-il à Thomas qui obéit. Alpha, magnez-vous le cul ! Ca urge !
Emerson coupa la communication et réfléchit rapidement.
- Ok, on lui ouvre les accès. On ne peut pas prendre le risque qu'elle nous pète toutes les portes. Sinon on sera mort dans deux jours. Flèche-lui le chemin jusqu'à ses petits copains. On va la prendre en étranglement dans la salle de prélèvement.
Thomas se rassit sur son siège et pianota furieusement sur son clavier. Il déverrouilla certaines portes et fit clignoter les panneaux de sortie pour indiquer le chemin à la brunette.
- Mais c'est qui cette nana ? marmonna-t-il en suivant la progression de l'inconnue qui avançait de son pas déterminé.
- Je sais pas, répliqua Emerson sur le même ton. Alpha, rendez-vous en salle des prélèvements. On vous envoie le colis.
- Bien reçu.
Carl attrapa le téléphone et composa rapidement un numéro.
- Docteur Tsing, une femme dangereuse a pénétré dans le bâtiment et se dirige vers la salle des prélèvements. Nos équipes se rendent sur place pour une intervention. Essayez de vous mettre à l'abri, prévint-il.
La porte de la salle de surveillance s'ouvrit et le Président Dante Wallace entra dans la pièce.
- Que se passe-t-il ici ? Pourquoi avoir fermé toutes les portes étanches ? demanda-t-il d'un ton contrarié et inquiet.
Tous les surveillants présents se mirent au garde à vous et Emerson prit la parole.
- Une inconnue de type caucasien, taille approximative d'1m65, a pénétré le Mont Weather il y a exactement 8 minutes.
- Comment est-ce possible ? s'enquit Dante.
- Aucune idée, nous vous passerons la vidéo quand l'intruse sera neutralisée.
- A-t-elle dit quelque chose ? Exprimer des revendications ? demanda le Président en allant jeter un coup d'oeil aux écrans de contrôle.
- Elle vient libérer les natifs ramenés ce jour, répondit Thomas. Nous avons envoyé l'équipe Alpha la réceptionner en salle des prélèvements. Surtout que le Docteur Tsing est sur place pour traiter la première prisonnière.
Dante acquiesça et croisa les bras sur son torse. Son regard bleu ne quittait pas la jeune femme qui avançait sans se retourner, visiblement inconsciente du piège qui allait se refermer sur elle.
- Ce n'est pas une native, fit-il remarquer. Elle n'en a pas l'allure. Elle porte des vêtements très années 1990.
- Effectivement, abonda Emerson. Et elle semble faire preuve d'hygiène. Elle n'est pas crasseuse comme les autres.
- A-t-elle donné son nom ? interrogea Dante.
- Non, répondit Emerson.
- Nous allons bientôt en savoir plus... murmura Wallace tandis que la jeune femme pénétrait dans la salle des prélèvements.
Le Docteur Loreleï Tsing, qui avait senti un mouvement dans son dos, posa le cathéter qu'elle avait dans les mains et, après un bref regard à la caméra, se retourna sans mouvement brusque. Elle se trouva face-à-face avec une femme aux cheveux châtains qui observait la salle des prélèvements avec un dégoût certain.
- Ainsi vous êtes l'intruse qui provoque tant de grabuge ici, commença Loreleï avec ironie. Je suis le Docteur Tsing.
- Non. Vous êtes tout sauf un médecin, rétorqua sèchement la femme en désignant les natifs enfermés dans les cages qui s'amoncelaient le long des murs. Peut-être une bouchère, et encore, conclut l'intruse avec mépris quand son regard se posa sur la femme noire suspendue par les pieds, prête à être saignée.
Loreleï se vexa et toisa l'inconnue d'un regard sévère.
- Qui êtes vous pour me juger ? tança la médecin.
- Docteur Hermione Granger, se présenta la femme. Médecin généraliste, chirurgien, médecin légiste, diplômée de l'université de Cambridge.
Le Docteur Tsing cligna des yeux, incrédule. Cette femme était dérangée. L'université de Cambridge avait été rasée lors de l'apocalypse nucléaire, comme 90% de la surface du globe, près de 100 ans plus tôt.
- Vous m'en direz tant. Et donc vous veniez pour quoi ? s'enquit doucereusement la médecin.
L'intruse ne répondit pas. Une ombre passa dans son regard et elle se retourna vivement. Elle tendit rapidement la main et projeta une puissante onde de choc qui balaya les soldats qui s'étaient approchés silencieusement.
Loreleï recula, n'en croyant pas ses yeux. Son cerveau n'arrivait pas à comprendre ce qui venait de se passer. Hermione Granger s'approcha d'elle et la saisit par le col de la blouse.
- Ceci est un message du commandant Lexa. Ne vous en prenez plus aux Natifs, sinon elle me renverra ici. Et je vous tuerai, tous, murmura la femme d'une voix glaciale.
Tsing fut soulevée et propulsée contre les soldats restants qui tombèrent comme des quilles frappées par une boule de bowling. La tête de la médecin percuta dans la chute la crosse d'une arme et la praticienne s'évanouit sous le choc.
Un silence pesant régnait dans la salle de surveillance. Le Président Dante Wallace se tenait debout, les poings posés sur le bureau, son regard ne quittant pas les écrans de contrôle. Impuissant, il avait vu l'intruse défaire sans savoir comment l'équipe d'intervention. A présent, la femme déverrouillait toutes les cages et détachait la femme noire.
- Voulez-vous qu'une autre équipe d'intervention les intercepte ? proposa Emerson, blême.
- On les laisse partir, ordonna Dante. Si on oppose une résistance, nous serions perdants. Je veux préserver l'étanchéité du Mont Weather.
Thomas suivit sans la quitter des yeux la progression du groupe de natifs conduit par la femme brune. Cette inconnue marchait en tête, le regard flamboyant de colère difficilement contenue. Légèrement sur sa droite, quelques pas derrière elle, la femme noire suivait sans broncher le rythme rapide imposé par l'intruse. Le reste des prisonniers de la salle des prélèvements, une trentaine d'individus, fermaient la marche, jetant régulièrement de brefs coups d'oeil par-dessus leurs épaules, pas totalement rassurés quant à leurs chances de sortir vivants du repère souterrain.
Ils finirent par dépasser la porte que l'inconnue avait pulvérisé et cette dernière la répara miraculeusement d'un geste de la main. Puis, comme à son arrivée, elle réussit à déverrouiller le sas et le referma une fois le dernier natif sorti.
Thomas passa sur la caméra extérieure et Emerson lâcha un petit cri surpris lorsque le groupe se volatilisa dans un nuage violet.
- Putain, mais c'est quoi cette meuf ? siffla-t-il avant de se reprendre. Pardon, monsieur le Président.
- Je vous en prie, je pensais sensiblement la même chose, répondit le vieil homme, songeur. Douchez tout le bâtiment et contrôlez le niveau de radiation avant de déverrouiller les portes. Une fois cela fait, venez dans mon bureau avec toutes les images. Nous devons comprendre ce qui vient de se passer.
Hermione est vénère ! ^^
Alors ? Ca vous a plu ?
LA suite la semaine prochaine !
Bisous,
Link9 et Sygui
