Bonjour tout le monde !

Il fait beau, il fait chaud, le week-end est radieux mais je n'oublie pas de poster le nouveau chapitre !

Enjoy !


Chapitre 8 : L'aide de Dante

Lexa se trouvait dans le salon d'une maison, assise sur un canapé. Comment le savait-elle ? Elle n'en avait aucune idée. A quelques pas d'elle, Hermione dinait en compagnie d'une femme. Non, de la Femme. Cette dernière avait une chevelure rousse qu'elle devinait soyeuse. Le visage de l'inconnue était le plus beau qu'elle ait jamais vu. Des traits harmonieux, un teint divin, et des yeux d'une couleur sublime. Son port était altier, royal, et chacun de ses gestes était tout en grâce, dans un contrôle constant. Lexa se demanda un instant qui était cette femme avant que la réponse lui vint comme une évidence.

- Ca te plait, ma chérie ? demanda Hermione en désignant du menton le contenu de son assiette.

Aliénor eut un sourire éblouissant mais Lexa devina à l'éclat dans les yeux verts qu'une moquerie allait sortir.

- Dire qu'il a fallu cent ans de relation pour que tu apprennes à cuisiner quelque chose de délicieux. Comme quoi, il ne faut jamais désespérer... répondit la rousse d'une voix douce.

Hermione éclata de rire.

- Mais tu as bien d'autres qualités, mon amour. Tu sais que ce n'est pas pour ta cuisine que je t'aime, ajouta la femme.

La brunette tendit sa main et noua ses doigts à ceux de son alter-ego. Lexa n'avait jamais vu un tel sourire éclairer le visage de son aînée. Le regard noisette contemplait sa vis-à-vis comme si c'était la plus belle chose du monde, parfait miroir des expressions qui passaient dans les yeux verts de la rousse. Le lien qui unissait ces deux femmes était unique, fort, indestructible et Lexa ressentit une pointe de jalousie. Elle donnerait tout pour que quelqu'un la regarde avec une telle adoration. Mais Costia n'était plus là.

Hermione se leva et entraîna à sa suite Aliénor qui eut juste le temps d'attraper sa serviette qui glissait pour la poser sur la table.

- J'ai envie de danser, avoua la brunette dans un sourire timide.

La rousse claqua des doigts et une musique douce retentit dans la pièce. Hermione posa sa main gauche sur la hanche de la rousse qui posa sa main sur l'épaule de la Source. Les doigts se nouèrent et les deux femmes virevoltèrent en rythme, avec aisance et grâce. C'était magnifique à voir et Lexa comprit la frustration que pouvait éprouver la trentenaire à ne pas retrouver ce genre de chose dans leur monde. Quand la musique s'arrêta, Aliénor prit délicatement le menton d'Hermione et l'attira dans un baiser sensuel.

- Et si nous passions au dessert ? proposa la rousse d'une voix légèrement rauque, son regard plongé dans celui de la brunette.

Lexa se réveilla avec l'estomac noué. Ce qu'elle venait de voir l'avait retournée. Tant de complicité et d'accomplissement, tant d'amour… mais rien qui avait vaincu la mort malgré la puissance immortelle. La commandante soupira doucement. Elle avait toujours su qu'elle commanderait seule après la disparition de Costia, et visiblement la présence d'Hermione à ses côtés ne changeait en rien cette certitude. Lexa avait définitivement fait le bon choix en décidant de ne plus jamais se lier.

Le lit était vide à ses côtés et les draps étaient encore tièdes, signe qu'Asalhir s'était levée depuis peu. La commandante quitta la couche à son tour et, tout en passant ses vêtements de la veille, se demanda quelle attitude adopter avec son aînée.

"Je suis la Heda, une déesse comme elle, mais elle seule a la maitrise de notre puissance. Je dépends d'elle et ça, c'est dangereux en plus d'être un signe de faiblesse qui ne doit pas être révélé..." pensa-t-elle en accrochant un poignard à sa ceinture.

Cet état de fait la tracassait toujours alors qu'elle franchissait le seuil de la hutte. Le point du jour éclairait à peine le camp des Triku, mais Lexa devinait à la petite agitation qui régnait dans le village qu'Anya était déjà au travail avec ses lieutenants.

Cependant, elle s'arrêta net après quelques pas, son regard gris se posant sur la place du village, au centre de laquelle Hermione se battait contre cinq hommes sous le regard appréciateur d'Anya. La brunette évitait souplement les attaques de ses assaillants et paraissait danser entre les guerriers qui cherchaient la moindre faille dans la garde de la Source. Cette dernière distribuait peu de coups mais chacun d'entre eux portait. Les muscles roulaient sous la peau d'Asalhir et la commandante trouvait ce spectacle merveilleux. Mais un regard en direction Anya lui apprit qu'elle n'était pas la seule.

- Dis-moi ce qu'il se passe, ordonna fraichement Lexa en s'approchant de son ancien mentor.

- Mes hommes l'ont défiée, répondit la chef des Trikrus. Ils voulaient savoir ce que ta conseillère a dans le ventre.

- Eux ou toi ? Insista sèchement la commandante. Je n'apprécie pas, Anya.

- Je ne l'aurais pas parié, mais elle se débrouille très bien. Elle en a déjà mis trois au tapis. Ta guérisseuse s'occupe d'eux et... Ah, et de quatre !

Effectivement, Lexa vit que son ainée avait projeté son pied sur la tempe d'un des guerriers qui s'écroula au sol, inconscient.

- Pourquoi ? gronda la commandante. Tu sais qu'elle a été blessée hier. Tu n'aurais pas dû autoriser ce combat. A une contre huit, de surcroit. C'est tout sauf honorable pour notre clan.

Anya ne lâchait pas la brunette des yeux, observant sa technique avec intérêt. Le regard sombre de la chef brillait d'une lueur de luxure qui déplut fortement à Lexa.

- Dans le monde actuel, commenta Anya, ou bien tu es un guerrier ou bien tu es mort. Je m'assure que ceux qui conseillent mon Heda sont à la hauteur. Et puis, mes hommes avaient besoin d'entrainement, conclut-elle en voyant le dernier des combattants faire un vol plané jusqu'aux pieds d'Emily qui sortait à l'instant de la hutte qui servait d'hospice pour les blessés.

La dragonne observa les quatre guerriers inconscients et pesta pour la charge de travail supplémentaire. Hermione regarda autour d'elle sans baisser sa garde et, ne remarquant plus d'assaillants debout, relâcha la tension dans son corps.

- Je peux aller me laver maintenant ? souffla Asalhir en essuyant son front à l'aide de sa manche.

- Je vais vous emmener au lac, répondit Anya avec un fin rictus pour la brunette. Heda, je te vois tout à l'heure.

Lexa regarda les deux femmes s'éloigner, estomaquée de l'aplomb de la blonde. Avant même qu'elle ne fasse un geste pour les rejoindre, le second d'Anya se présentait à ses côtés pour l'entretenir de la stratégie à adopter pour négocier avec les Skaikrus.

- Heda, Lincoln est arrivé il y a une heure avec un message des hommes du ciel. Leurs leaders veulent rencontrer Anya ce jour. Nous pensions à une escorte armée de trois personnes et des archers postés prêts à intervenir.

Lexa lui fit signe de se taire.

- Je ne me mêlerai pas des négociations, dit-elle. Voyez cela avec votre chef. Je vous l'envoie de ce pas.

Heureuse d'avoir une excellente raison pour mettre fin au tête-à-tête des deux femmes, Lexa allongea le pas pour les rejoindre avant qu'elles n'atteignent le lac. Elle ne pouvait tolérer que la Source trouve d'autres intérêts que l'aider à développer sa puissance. Malheureusement, le sort en avait décidé autrement et ce fut Emily qui vint l'interrompre dans sa progression.

- Heda, j'aurais besoin que vous ...

- Plus tard.

La commandante contourna la vieille femme et se pressa de rejoindre le lac. Sur la rive, elle vit deux amas de vêtements et sentit ses poings se serrer. Levant les yeux, elle remarqua les deux femmes dans l'eau, l'une intéressée tandis que l'autre semblait ignorer être le centre d'attention.

- Anya, Lincoln et ton second t'attendent pour débattre de la stratégie à employer avec les Skaikrus. Maintenant.

La blonde s'apprêtait à rétorquer mais se ravisa. Elle sortit de l'eau et offrit un clin d'oeil à la Source avant de s'approcher de son Heda.

- Tu as des vues sur elle ? s'enquit Anya dans un murmure tout en ramassant ses vêtements.

- C'est ma conseillère et je ne tolèrerai pas que...

- Alors il n'y a pas de problème, l'interrompit Anya avec un sourire. Tant qu'elle n'est pas appareillée ou marquée, la voie est libre...

La chef des Trikru s'éloigna et Lexa se déshabilla à la hâte pour aller rejoindre Hermione qui nageait tranquillement dans l'eau.

- Merci pour cette nuit, lança Asalhir alors que sa cadette mettait les pieds dans l'onde.

- Rien de bien compliqué, répondit Lexa, le regard sombre.

- De mauvaise humeur ? fit la brunette, surprise.

- Non.

Hermione haussa les épaules sans rien demander de plus. Lexa, quant à elle, réfléchissait. Elle ne voulait voir personne tourner autour de son aînée. Si quelqu'un parvenait à s'attirer ses grâces et devenait une source d'influence, elle ne ferait pas le poids, juvénile dans sa maitrise de la magie. Mais selon les règles de leur peuple, tant qu'une personne n'appartenait pas à une autre, n'importe qui pouvait tenter sa chance. Et le fait qu'elle soit l'Heda ne la dispensait pas de cette loi.

- Hermione...

- Lexa...

Les deux femmes avaient parlé en même temps et se turent de concert.

- Quoi ? demanda Lexa.

- Merci vraiment pour cette nuit. Pour la chaleur et parce que ça m'a fait du bien de te parler.

- Tu m'as offert ta confiance, j'en prends soin, répondit la commandante.

- En tant que deux moitiés d'une entité surpuissante, il vaut mieux que nous nous entendions bien, fit Asalhir. Car j'ai déjà donné avec Viviane dans le côté guerre fratricide, je ne veux pas recommencer.

- Je suis bien contente de te l'entendre dire, enchaina la Heda trop heureuse de s'accorder sur ce sujet avec la brunette. Et désolée pour ce matin, j'ai dit ma façon de penser à Anya.

- Pour les combats qu'elle a encouragés ou pour sa drague éhontée ? s'enquit l'aînée, goguenarde. Plus rentre dedans, j'ai rarement vu ça. Enfin si, avec Regina. Mais ma femme y avait mis plus de classe.

Lexa se renfrogna à nouveau.

- Je vais lui ordonner de cesser.

- Si ça l'amuse, répondit la Source avec un haussement d'épaules blasé qui fit froncer les sourcils de la commandante.

La Source appréciait-elle ses avances pour tolérer sa façon de faire ?

- Lexa... Je ne veux pas risquer un incident diplomatique pour si peu. Tant qu'elle garde ses mains loin de moi, tout ira bien. Et n'oublie pas que j'ai choisi la voie de la chasteté. Ce n'est pas cette femme qui m'en fera dévier, poursuivit la brunette avant de s'immerger dans l'eau.

Ça n'était pas pour rassurer la commandante, et Anya ou une autre pouvait tout aussi bien la convaincre de changer d'avis. La tête de la brunette ressortit quelques instants plus tard et elle s'ébroua comme un chien, arrosant de gouttes la commandante.

- Tu en as encore pour longtemps ici ? demanda Asalhir.

- Je pensais partir en fin de matinée. Pourquoi ?

- Je te rejoindrais à Polis. J'ai deux, trois choses à faire, répondit la brunette.

- Je peux t'attendre, proposa la brune en réagissant à l'image d'Anya tournant autour d'Hermione qui s'imposa à son esprit.

La Source s'approcha un peu plus de la commandante et lui donna une petite pichenette sur le nez.

- Anya perd son temps, alors ne perds pas le tien. Rentre à Polis et occupe-toi de calmer l'autre reine des frigides. Et ce que j'ai à faire ne se trouve pas à Tondc.

Lexa grimaça en se sentant si transparente.

- Qu'est-ce que tu vas faire ? Et où ? continua-t-elle en regardant la Source sortir de l'eau.

Hermione se retourna vers elle et eut un sourire qui semblait las et triste à Lexa.

- Je dois réfléchir à la Source que je veux être. Mais je viendrai te trouver quand j'aurai une idée de quoi faire. Nous en discuterons ensemble, si tu veux bien.

- Je suis la moitié de ta puissance, tu peux toujours compter sur moi, répliqua la commandante en sortant à son tour de l'onde pour s'approcher de la brunette et poser sa main sur son épaule. Tu le sais au moins ?

- Et sois assurée que la réciproque est vraie, répondit sérieusement la Source.

Lexa hocha la tête avec toute la gravité que requérait cette promesse.

- Bon, on va déjeuner ? C'est pas tout, mais le sport, ça creuse ! lança la Source sur un ton bien plus enjoué.

La commandante acquiesça et s'habilla sans quitter son aînée des yeux. Hermione semblait acquise à sa cause, mais elle n'avait pas l'impression de maitriser quoi que ce soit.


Dante Wallace servait deux tasses de thé d'une main légèrement tremblante. Son regard bleu ne quittait pas la femme qui se tenait debout au centre de la pièce, observant les dessins et les tableaux qui ornaient son bureau. Le Président n'arrivait tout simplement pas à croire que l'inconnue qui avait pénétré de force le Mont Weather pour libérer une poignée de sauvages avait benoitement sollicité une entrevue. Elle s'était soumise sans rechigner à tous leurs protocoles de sécurité et de décontamination et maintenant, Dante allait prendre le thé avec elle.

"C'est tout bonnement surréaliste..." songea-t-il en posant une assiette de petits biscuits entre les deux tasses.

Il remarqua que le regard de la brunette s'illumina à la vue d'une guitare posée dans un coin de la pièce et qu'elle se faisait visiblement violence pour ne pas s'emparer de l'instrument.

- Musicienne ? demanda-t-il en espérant que sa curiosité ne contrarierait pas la jeune femme.

- Oui, avoua-t-elle. Et la musique me manque dans ce monde. Je suis heureuse de constater que, contrairement aux autres habitants qui peuplent cette terre, vous n'avez pas oublié tout ce qui faisait la beauté de l'humanité.

- Je préfèrerais mourir que tourner le dos à l'Art, confia Dante. De quoi vouliez-vous me parler, Docteur Granger ? Vous comprendrez que je suis surpris, et un peu méfiant, de vous savoir ici.

Ne pouvant résister plus longtemps, Hermione s'empara de la guitare et alla s'installer dans le fauteuil que lui désignait le vieil homme. Elle pinça quelques cordes, prit le temps d'accorder l'instrument, et joua trois accords en affichant un air satisfait et comblé.

- Comme je vous l'ai dit hier, ce monde est une nouvelle fois sous la menace d'un feu nucléaire. Et je crains que personne n'y échappe. Le mont Weather et ses habitants ne feront malheureusement pas exception, fit-elle doucement avant d'entamer une douce mélodie.

- Nous vous avons fourni hier la carte des emplacements des centrales. Pardonnez-moi, mais je ne vois pas ce que je peux faire de plus pour vous aider. Surtout que, comme tous les habitants du mont Weather, je suis prisonnier de mon refuge.

Hermione prit le temps de finir son morceau, puis posa la guitare, attrapa sa tasse de thé et en but une courte gorgée.

- Voilà exactement ce qui m'amène, fit doucement la brunette. Je peux vous faire sortir d'ici. Et j'ai peut-être la solution à votre problème de centrales. En fait, j'ai deux options et je n'arrive pas à me décider. Et vu que vous êtes la personne la plus raisonnable et sensée que j'ai croisée depuis que je suis dans ce monde, je voulais votre opinion.

Dante ouvrit grand ses yeux de stupéfaction. Cette femme pouvait-elle vraiment leur faire quitter le mont Weather ?

- Je suis tout ouïe et j'espère pouvoir vous aider, s'empressa-t-il de répondre. Cependant, une question me taraude. Pourquoi dites-vous toujours "ce monde" ?

- Et c'est maintenant que notre conversation va prendre une tournure intéressante mais surréaliste, répondit la brunette. Je suis une déesse qui a été tirée de son sommeil il y a seulement quelques jours. Je suis à l'origine de cet univers, et de tous les mondes parallèles. Je suis l'Alpha et l'Oméga de toute vie, de toute créature, qu'elle soit magique ou sans pouvoir. Je suis l'Origine de toute magie. Mais vous pouvez m'appeler la Source, Ashranak ou Asalhir, comme vous préférez.

Dante la dévisagea, se demandant si la femme devant lui se moquait ou était simplement folle.

- Je sais que c'est difficile à avaler, poursuivit la brunette. Croyez que cela l'a été aussi pour moi quand j'ai pris la fonction. Car, pour parodier Simone de Beauvoir, on ne nait pas déesse, on le devient.

- Et en quoi puis-je aider une déesse ? demanda Dante en plissant les yeux.

Cette femme devait être complètement folle, il ne voyait pas d'autres possibilités.

- Pour vous faire sortir d'ici et espérer sauver cette humanité qui périclite, j'envisage de lancer un sort à tous les résidents du mont Weather. Ma magie protégerait votre organisme des radiations présentes dans l'air, tant qu'elles restent à un faible niveau, comme c'est le cas actuellement. Pour résoudre le problème des centrales, soit je vous donne une connaissance technologique suffisante, soit je fais de tous les humaines présents sur cette terre des sorciers... Bref, science ou magie, mon cœur balance. Une opinion ?

- Pas pour le moment, répondit Wallace. Pardonnez-moi, mais la magie n'existe pas et...

Une boule de feu planant au-dessus de la paume ouverte de la femme le fit taire instantanément. Il observa le phénomène avec intérêt et crainte.

- Comment est-ce possible ? murmura-t-il, fasciné.

- C'est magique, répondit Hermione.

Cette dernière fit apparaître une cigarette et l'alluma à l'aide de sa boule de feu qu'elle fit ensuite disparaître.

- Désolée, j'en mourais d'envie. Et je ne peux pas ouvrir de fenêtre pour évacuer la fumée, dit-elle en désignant la pièce dépourvue d'ouverture sur l'extérieur.

- Quel serait le moyen le plus sûr de nous mettre à l'abri de la menace nucléaire ? La magie ou la science ? Demanda Dante.

- La magie, assurément.

- Libérez-nous de notre prison, faites de nous des sorciers et nous vous jurerons une fidélité éternelle, annonça le Président avec solennité.

La Source prit le temps de tirer deux bouffées sur sa cigarette, dévisageant le vieil homme.

- Avant de faire quoi que ce soit, je dois en parler à la commandante Lexa. Cependant, je mets une condition à votre liberté.

- Tout pour vous agréer.

- Si je vous libère, je veux que vous envoyiez une délégation à Polis et que vous demandiez audience à la commandante Lexa en vue d'intégrer l'alliance en qualité de treizième clan. Vous participerez à l'effort de modernisation de société que l'Heda entreprend. Que cela se fasse par la science ou la magie.

- Ca me paraît légitime.

- Et vous livrerez le Docteur Tsing à la justice des clans. J'entends que votre survie dépendait du sang des natifs, mais ce qu'elle a fait ne se justifie aucunement.

Wallace tiqua et se raidit sur son fauteuil.

- Ils vont l'exécuter, souffla-t-il.

Le regard de la femme se vida de toute émotion humaine et ses lèvres se retroussèrent dans une expression dégoutée.

- Elle le mérite. Qu'avait-elle besoin de saigner ces pauvres gens comme des animaux à l'abattoir ? Elle n'avait pas à les tuer dans ces conditions. C'est un monstre et la nouvelle humanité que veut construire Lexa ne peut s'embarrasser de tels individus.

Wallace croisa ses mains sous son menton. Devait-il sacrifier une personne qui avait tant fait pour la survie de son peuple au profit dudit peuple ?

- Je plaiderai pour elle l'enfermement à vie, pour éviter la peine de mort. C'est tout ce que je peux vous promettre, ajouta la Source.

- Je vous crois. C'est d'accord, j'accepte toutes vos conditions. Mais pensez-vous que la commandante Lexa nous acceptera après ce que nous avons fait à son peuple ?

- Je m'occupe de la convaincre. Monsieur le Président, je vais vous laisser. Mais la prochaine fois que nous nous verrons sera le jour où vous quitterez le mont Weather pour marcher à l'air libre.

Sur ces mots, la femme disparut dans un craquement sonore et Dante s'affaissa dans son fauteuil, relâchant toute la tension de l'entretien. Il se mit à pleurer, de soulagement, d'excitation, de voir son rêve presque devenu réalité.

- Ne nous décevez pas, Ashranak. Et nous serons un soutien indéfectible en retour.


Lexa était debout au pied de son lit et toisait Anya d'un regard sévère.

- Ce n'est vraiment pas le moment de mobiliser ton armée contre ces enfants. Si Nia attaque et que tu n'es pas en soutien, Polis risque de tomber.

- Il y a dix autres clans qui peuvent t'aider, rétorqua la chef des Trikru.

- Non, deux soutiennent Nia, et les autres ont leur territoire trop éloigné pour intervenir rapidement.

- Les Skaikrus m'ont attaquée, je réplique. Dès demain, je lance l'offensive ! répliqua la chef de clan.

Un craquement sonore se fit entendre et Hermione apparut dans la pièce, faisant sursauter les deux femmes. La brunette eut comme un léger étourdissement et, se prenant les pieds dans une dalle déchaussée, tomba en avant en bousculant Anya dans le mouvement.

- Merde, maugréa-t-elle rendue à quatre pattes. Ras le cul des centrales. Désolée, ajouta-t-elle en se remettant sur ses pieds, époussetant ses genoux sans se préoccuper plus de la chose.

- Que... Quoi... Qui est-elle ? hoqueta Anya. Elle a surgi... de... de nulle part !

- Oui, bon ben on va pas en faire tout un plat, lança Hermione en se rendant jusqu'à la table pour se servir un grand verre d'eau. Putain, la chaleur était vraiment insupportable. Lexa, la prochaine fois, fais-moi penser d'y aller légèrement vêtue.

- Tu ne devais pas y retourner seule ! gronda la commandante. Anya, laisse-nous, je dois sermonner ma conseillère.

- Non, répondit la blonde. Elle m'a bousculée, je suis chef de clan, j'exige réparation.

- Et que veux-tu donc ? s'agaça Lexa.

- Un combat.

Le mot tomba et si la commandante resta silencieuse, toisant son ancien mentor avec circonspection, Hermione de son côté hésitait à recracher sa gorgée d'eau pour rire ou pour pleurer. Finalement, elle toussa après avoir avalé de travers.

- Quel est l'enjeu ? demanda calmement Lexa. Le sang n'a pas coulé, il ne sera pas versé.

- Si ta conseillère gagne, j'oublie l'incident, répondit Anya. Si je gagne, elle passe la nuit avec moi.

- Non, répliqua la commandante. Trouve autre chose.

- Tu n'as pas à t'opposer.

- Est-ce que je peux..., tenta Hermione.

- Je n'ai pas à l'autoriser non plus.

- Et pourquoi ça ?

- C'est ma conseillère, elle a autre chose à faire que de te satisfaire, surtout avec deux conflits qui risquent d'éclater.

- A mon avis..., essaya de nouveau la Source.

- Sauf ton respect, Heda, ton argument ne tient pas. C'est la jalousie qui te fait parler.

- Absolument pas, rétorqua la commandante, son regard gris s'assombrissant.

- Tu l'as dit toi-même, tu n'envisages pas de la marquer, encore moins de t'appareiller avec elle. Et même si c'était le cas, ce n'est pas fait. Elle est donc disponible.

- Marquer ? Appareiller ? Disponible ? Va falloir m'expliquer... grogna Hermione qui n'aimait pas la tournure que prenait la conversation.

- Asalhir ne t'a pas attaquée. Aucune des lois que tu invoques ne s'appliquent ici, argumenta Lexa.

- Je comprends rien, je vous laisse, je vais me coucher... se lassa finalement Hermione.

- Toi, la conseillère, tu restes ici. Il y a affront, tu ne peux le nier. Heda, j'aurais pu demander dix coups de fouet pour cette offense ! rétorqua Anya.

- Ca me semble déjà plus acceptable, répondit Lexa.

- Pas pour moi, si je puis me permettre... marmonna Hermione.

- Tu n'as qu'à gagner le combat, Conseillère, lâcha Anya. Sinon, tu seras à moi jusqu'au lever du soleil.

- Lexa, c'est quoi ce bordel ? s'inquiéta Hermione. Je l'ai bousculée soit, mais je me suis excusée !

Le poing d'Anya fusa et percuta durement le plexus de la Source qui, surprise, ne put éviter le coup. Le souffle coupé, la trentenaire tomba à genoux et porta la main à sa poitrine.

- Anya, je n'ai pas lancé le combat, grogna Lexa.

- Tu tardais, Heda. Et j'ai hâte d'emporter mon trophée dans ma chambre.

- C'est pas du jeu, j'suis pas en forme, haleta Hermione.

- La faute à qui ? s'enquit sèchement la commandante. Tu ne devais pas y retourner seule. Tu n'as qu'à t'en prendre à toi-même.

Un coup de pied l'atteignit dans les côtes et l'instant suivant, Hermione clignait des yeux, sonnée, à même le sol.

- Tu abandonnes ? demanda Lexa d'une voix neutre.

- Vous êtes complètement dingues... haleta l'ancienne Gryffondor en tentant de se redresser avant qu'un nouveau coup parte en direction de son abdomen, la pliant à nouveau en deux.

- A se demander comment elle a pu se débarrasser de huit de mes hommes, se moqua la blonde. Et bien, je crois que j'ai gagné. Heda, qu'attends-tu pour me déclarer vainqueur ?

La commandante posa son regard gris résigné sur son aînée.

- Asalhir, souhaites-tu arrêter le combat ?

La Source leva la tête et Lexa eut un léger mouvement de recul. Il n'y avait plus rien d'humain dans les yeux noisette qui dévisageaient les deux femmes. Anya remarqua elle aussi l'éclat métallique qui brillait dans les deux pupilles et amorça un nouveau coup de pied. Hermione bloqua l'attaque et tira sur la jambe de la chef de clan, la faisant tomber dans le mouvement. L'instant d'après, Asalhir était assise à califourchon sur la blonde et lui expédia une droite en plein visage.

- Je ne suis pas ici pour vous divertir. Aucune de vous deux, fit la brunette d'une voix glaciale en décochant un deuxième uppercut. Ce soir, ce sera juste toi et ta main. Et sois heureuse que je ne te tue pas.

Hermione attrapa le visage d'Anya entre ses mains et lui décocha un coup de boule. Laissant la femme à moitié inconsciente sur le sol, la Source se redressa et jeta un regard noir à Lexa.

- Merci pour ton aide, j'apprécie, grogna Hermione avant de tourner les talons et de se diriger vers la sortie.

- Asalhir ! la rappela Lexa, faisait se retourner la brunette sur le pas de la porte. Il y a des lois auxquelles je ne peux me soustraire, tout Heda que je sois. Elles sont peut-être primitives, ajouta-t-elle devant la moue de dégout que lui renvoya la Source, mais elles assurent un minimum d'équilibre.

- Quand ça ne penche que d'un côté, il n'est pas question d'équilibre, mais de loi du plus fort. Et à ce jeu-là, vous allez tous perdre. Réfléchis-y bien, Heda.

Hermione fit un pas vers la sortie avant de faire une nouvelle fois volte-face.

- Ah, tant que j'y pense, je ne serai jamais la propriété de personne. Rentre ça dans ta petite tête, ou bien je vais l'y faire rentrer de la même manière que je viens de le faire dans celle de ta copine.

- Ne pars pas, nous devons discuter de ce que tu as fait aujourd'hui, ordonna la commandante.

- Occupe-toi de ton mentor, lâcha la brunette avec un coup de menton vers la blonde qui reprenait conscience.

Hermione avait ancré son regard dans celui de la commandante et ni l'une ni l'autre ne déviait leur attention. Deux félins se jaugeant dans un affrontement silencieux. L'énergie dégagée finit par crépiter dans l'air ambiant sans qu'aucune s'en soucie, même si Lexa se demandait ce qui pouvait provoquer le phénomène qui créait des fourmis sur tout son épiderme.

Anya se redressa lentement dans un gémissement appuyé et la commandante prit sur elle pour l'ignorer. Elle voulait gagner cet affrontement, montrer à son aînée qu'elle ne baisserait pas les yeux, qu'elle n'était pas son inférieure, mais son égale.

- Je peux compter sur ta disponibilité ? D'ici un petit quart d'heure ? proposa Lexa d'un ton qui ne souffrait aucun refus.

- Si c'est le temps qu'il te faut pour la consoler.

- C'est le temps dont j'ai besoin pour faire venir la Guérisseuse et passer un savon à la chef de clan.

- Tu passes des savons maintenant ? Heureuse d'apprendre que l'hygiène devient un moyen de rétorsion, au moins ça aura servi à quelque chose que tu apprennes à te doucher.

Lexa ignora le commentaire et ordonna aux gardes plantés devant ses appartements d'aller chercher Emily.

- Je te rejoins dans ta chambre d'ici peu, Asalhir. Maintenant, laisse-moi.

Un rictus s'installa sur les lèvres de la sorcière. Lexa jouait de son statut d'Heda pour lui imposer de rompre l'affrontement. A gamine, gamine et demi, elle était la Source tout de même. Un claquement de doigt plus tard, Hermione était dans sa chambre et la commandante atterrissait dans un abreuvoir à chevaux, un pain de savon à la main.

- Salope... marmonna Lexa, barbotant dans l'eau.


Sa douche prise, Hermione se regardait dans le miroir au tain piqué par le temps et constatait les dommages causés par les coups d'Anya.

- Elle y est pas allée de main morte la blondasse, grimaça-t-elle en passant ses doigts sur ce qui semblait bien être des côtes cassées. Faut quand même pas être fini pour abimer la marchandise avant de s'en servir, commenta-t-elle en faisant parler sa magie pour réparer ses différentes blessures.

Elle soupira encore en remarquant des zones brulées par les radiations de la centrale qu'elle avait éteinte juste avant de se faire sauter à la gorge.

- Dire que je fais tout ça pour des néandertaliens qui croient encore qu'on attrape les femmes par les cheveux pour les emmener dans la chambre.

Elle soupira, agacée par ce monde et ses habitants. Et leur chef.

- Si Lexa me la joue dans le même style, je lui démonte la tronche. Qu'elle a de jolie par ailleurs... se surprit-elle à sourire avant de se reprendre. Arrête Hermione, c'est une gosse à peine majeure.

Elle se surprit à soupirer encore une fois face au constat. L'éternité était une punition.

- Trouver une femme à aimer et qui aime en retour est déjà délicat en soi. Alors en trouver une de deux milles ans qui soit sensible à mes charmes et moi aux siens...

Elle secoua la tête, résignée, et gagna d'un pas las son lit.

- Avec le tour que je lui ai joué, Lexa ne se risquera pas à venir me faire chier, sourit-elle en s'allongeant sous les couvertures.

Elle tassa son oreiller sous sa tête, monta la couette jusque sous son menton et ferma les yeux avec la ferme intention de ne même pas rêver. Le coup frappé à sa porte lui fit ouvrir une paupière et serrer les dents.

- Je peux pas le croire, marmonna-t-elle. Je suis pas là ! enchaina-t-elle plus fort. Passez votre chemin. Et foutez-moi la paix, finit-elle pour elle-même, maussade.

Par elle-même ! Ce qu'elle détestait ces gens sans gêne qui venaient la déranger à tout heure de la nuit...

Les doubles portes de sa chambre s'ouvrirent et Lexa pénétra d'autorité dans la pièce, les cheveux encore humides et le regard flamboyant d'une colère que la jeune femme contenait avec peine. Et l'air furieux tranchait avec le déshabillé en soie couleur crème que la commandante portait. Un déshabillé assez prêt du corps qui rendait honneur aux formes de l'Heda.

"Ma jeunesse fout le camp..." songea la Source en affichant une moue ennuyée. "Mes 20 ans me manquent."

- C'est la dernière fois que tu rentres dans ma chambre sans y être invitée, prévint Hermione d'une voix froide.

- Et c'est la dernière fois que tu me manques de respect devant une personne de mon peuple, répondit Lexa sur le même ton. Pour une grande politicienne, tu ne comprends rien à ce qui se joue ici. Le respect dû à l'Heda est la seule chose qui fait tenir l'alliance précaire des douze clans. Si mon commandement et mon autorité sont bafoués, tu peux être sûre qu'une guerre sanglante va éclater. Alors tu peux me mépriser dans tes draps vides et froids autant que tu veux, mais une fois sortie de cette chambre, j'exige que tu te plies à nos coutumes.

- Je... commença Hermione.

- Tu te tais et tu me laisses finir, coupa la commandante.

L'ordre était impérieux, lancé d'une voix autoritaire et d'un ton sans appel. La jeune femme prit une courte inspiration et s'approcha un peu plus du lit avant de reprendre.

- Je sais que tu détestes les lois et les coutumes de mon peuple. Et tu as réussi à me faire admettre qu'il faut en changer. Mais ça prend du temps, tu dois bien le savoir, toi, être quasi immortel de plusieurs milliers d'années. Alors laisse-moi faire et arrête de me mettre en difficulté. Si cette société doit évoluer, elle le fera sur l'impulsion de l'Heda, pas d'une étrangère qui fronce le nez à la vue d'une femme de chambre crasseuse ou d'un garde qui empeste. Je veux un monde meilleur, pour mon peuple, pour mon clan, pour moi, pour toi. Mais par pitié, aide-moi au lieu de semer mon chemin d'embuches !

Hermione hésitait. Devait-elle lui apprendre le respect dû à la Source ? Cette option la démangeait énormément. Mais d'un autre côté, la jeune femme avait du cran, elle devait bien l'admettre. Et son raisonnement n'était pas dénué de bon sens. Et sa nuisette... était une erreur de jugement ! Non mais qui venait engueuler quelqu'un à moitié à poil ?

- Enfin, au même titre que toi, je suis la Source. Une Source débutante, inexpérimentée, qui n'a pas encore appris l'usage de la magie, mais qui n'attend que cela. Et toi, tu risques ton éternité à éteindre des centrales qui ne vont pas exploser dans la minute au lieu de m'apprendre pour que je t'aide. Assurer la sécurité de ce monde est de mes prérogatives d'Heda et de Source, donc j'attends de toi que tu m'associes aux actions que tu entreprends. Est-ce clair ?

Hermione prit le parti de s'installer plus confortablement en se redressant avec son oreiller, les draps calés sous ses aisselles. Après tout, elle pouvait bien écouter les progrès de son élève en rhétorique... et profiter de la vue. Vue que Pansy aurait honorée au moins d'un regard, pensa-t-elle avec nostalgie.

- Bien, je pense que le message est passé, fit Lexa, satisfaite et confiante. Maintenant, pour que tu ne sois plus importunée d'aucune manière, tu vas porter ma marque. Lève-toi et viens ici.

- Non merci.

Le regard gris se durcit.

- Ne sois pas ridicule. Tu te plains d'être l'objet des désirs d'une chef de clan, mais tu refuses la solution qui t'en débarrasserait ? A croire que tu apprécies son rentre-dedans.

- Je crois que c'est toi qui ne comprends pas, gronda la voix de la Source. Je ne me suis pas plainte. Je ne suis pas du bétail. Et personne ne me marque d'aucune façon que ce soit.

Lexa fit un pas supplémentaire dans la pièce.

- Je ne suis pas en train de discuter avec toi. Prends-le comme tu veux, bien ou mal, cela m'importe peu. C'est un ordre de ton Heda. Je ne veux pas que quelqu'un cherche à me nuire en te sachant disponible. Et rassure-toi, je ne suis pas en train de te montrer un quelconque intérêt.

- Ravie de l'entendre. Maintenant, dégage de ma chambre et oublie ta connerie de marquage. Je ne reçois aucun ordre. Tu es peut-être Heda, mais je suis une déesse.

- Au même titre que moi. Ton bras, ordonna la commandante sans sourciller.

- Non. Pas avant deux dîners, trois cinés, et quelques verres.

La cadette fronça les sourcils, ne comprenant pas la phrase et les sous-entendus. Hermione profita de ce silence pour fermer les yeux et bailler.

- Bonne nuit Lexa. A demain.

La brune sentit sa colère prendre le pas sur sa raison. Elle avait pourtant été claire dans ses propos. Un ordre du Heda ne se discutait pas. Et là, Hermione faisait pire, elle l'ignorait ouvertement, se moquait d'elle et de ce qu'elle représentait. Il était hors de question qu'elle le tolère une seconde de plus. Sans plus hésiter, elle se rendit au lit et attrapa d'autorité le bras de la brunette.

La réaction de la Source ne se fit pas attendre et son poing libre alla percuter la joue de la commandante. Lexa recula sans lâcher sa prise et tira dessus pour se ramener et balancer à son tour un crochet ascendant qui claqua dans le menton de la brunette. Hermione encaissa sans broncher et tira la brune vers elle pour lui décocher une gifle retentissante.

- En fait, tu es une sauvage comme les autres... siffla la Source.

Lexa se propulsa sur la brunette pour lui bourrer un coup dans les côtes. Hermione répondit en lui décochant un coup de coude dans le nez et lui jeta un regard assassin.

- Je ne suis la propriété de personne, ajouta la brunette.

- Et je ne te considèrerai jamais comme telle, souffla Lexa en expulsant le sang qui descendait dans sa gorge depuis son nez cassé.

Elle quitta le lit totalement retourné et regarda la sorcière échevelée qui arborait un bleu naissant à la pointe de son menton.

- Tu ne comprends rien, lâcha la commandante avec une amertume visible. Tiens, tu en feras ce que tu voudras, ajouta-t-elle en jetant sur le matelas un bracelet tressé aux mêmes couleurs que celles présentent sur l'étendard accompagnant toujours ses déplacements. Je ne veux plus jamais à avoir à intervenir dans un problème de propriété te concernant. Et je ne veux plus te voir si tu t'obstines à me défier, claqua-t-elle avant de quitter la pièce comme une furie.

- Au temps pour les belles paroles de ce matin ! J'aurai dû me douter que c'était du vent ! aboya Hermione en retour.

Mais aucune répartie ne vint en retour.

- Mais quelle emmerdeuse ! S'emporta la brunette en s'extirpant des draps emmêlés avec la ferme intention de refaire son lit et de dormir pour oublier toute cette soirée.

Ce faisant, elle attrapa le fin bracelet tressé et le regarda au creux de sa main. L'image de la jeune femme, le visage tuméfié, le sang gouttant sur son déshabillé, se superposa devant ses rétines et un profond soupir l'envahit. Pourquoi cela avait-il tourné aussi mal ? Pour une chose aussi futile que ces brins de tissus entremêlés ? Elle était la Source, elle avait la puissance absolue, pourquoi fallait-il qu'elle continue à se battre comme un chiffonnier plutôt que de parler ? Secouant la tête, elle attrapa un pull trop grand et le passa tout en se dirigeant vers la chambre de la commandante. Elle frappa à la porte et attendit un instant.

- Lexa ?

Seul le silence répondit.

- Il faut qu'on parle... vraiment... insista-t-elle.

Aucune réponse ne vint. Un pas lourd résonna dans le couloir et Hermione vit apparaître Titus.

- Si vous la cherchez, je pense l'avoir vue se diriger vers les écuries. Un problème ? s'inquiéta le Gardien.

- Dispute de Source... Il y a des sujets sur lesquels je prends facilement la mouche et j'ai oublié d'en avertir notre jeune amie, répondit Hermione. Si vous la croisez, dites-lui que... non, rien. Bonne nuit, Titus.

La brunette tourna les talons et disparut dans un craquement sonore. Oui, elle était la Source. Une déesse responsable de l'humanité et de tous les univers. Et elle allait enfin agir comme telle.


Alors ? Que va faire Hermione ? Quel est le plan qu'elle va mettre à exécution ? Réponse dans le prochain chapitre !

D'ici là, portez-vous bien !

Bises,

Link9 et Sygui