Bien le bonjour gentes dames et beaux messieurs ! Link est au fond du bateau en train de ramer et moi je "burn out" tranquillement … du coup, on a eu comme un retard, mais ce n'en sera que meilleur !
bonne lecture, cher(e)s lectrices et lecteurs ;)
Chapitre 10 : Négociation chez les Skaikrus
Lexa se réveilla en baillant largement. Elle cligna des yeux, encore abrutie de sommeil, se demandant un instant pourquoi elle ne se trouvait pas dans son lit. Elle frotta ses paupières et les souvenirs de la nuit passée remontèrent dans son esprit. Elle afficha un léger sourire et s'assit sur le matelas, légèrement hagarde.
- Rendors-toi, Lexa, fit doucement la voix d'Hermione.
La Commandante leva la tête et devina la silhouette de son amante dans la pénombre de la chambre. Le jour n'était pas encore levé mais la jeune femme sentit que ce n'était qu'une question de minute. N'écoutant pas les conseils de son aînée, la cadette repoussa les couvertures et alla rejoindre la Source qui finissait de s'habiller.
- Tu comptes aller où, comme ça ? chuchota Lexa en emprisonnant la brunette dans ses bras.
- Et bien, j'obéis à l'Heda qui m'a demandé de servir de médiatrice entre les Trikrus et les Skaikrus. Et comme ta blondasse voulait les éclater dès les premières lueurs de l'aube, je dirais que je suis déjà en retard.
- Ce n'est pas ma blondasse, rétorqua Lexa. Et tu pensais partir sans m'embrasser ?
Hermione passa sa main sur la joue chaude de la Commandante.
- Je ne voulais pas te réveiller.
- Je t'en aurais voulu si tu étais partie sans me souhaiter une bonne journée.
Hermione attrapa doucement la Commandante par les hanches et la poussa gentiment vers le lit. D'une pression sur les épaules, elle la força à s'asseoir puis à s'allonger. Enfin, la brunette rabattit les couvertures sur la jeune femme et posa un doux baiser sur les lèvres de sa moitié magique.
- Je serai normalement de retour ce soir. D'ici là, essaie de gérer l'accueil des hommes des montagnes.
Lexa se saisit du col d'Hermione et tira dessus pour attirer la Source dans un baiser impatient.
- La journée sera longue sans toi, confia la Heda.
- Tu n'auras pas le temps de t'ennuyer, promit Hermione. A ce soir, Lexa.
Sur ces mots, la Source disparut dans un craquement sonore et la Commandante se retrouva seule dans l'immense chambre. Après un haussement d'épaule, elle attrapa l'oreiller de son amante et, enfouissant son nez dedans, se rendormit paisiblement.
Anya avait positionné ses troupes durant les dernières heures de la nuit et sentait maintenant l'adrénaline monter en elle. Elle aimait cette sensation d'excitation précédant une bataille. Ses hommes étaient prêts au combat et la consigne était claire : aucun prisonnier. Ce matin, leurs morts seraient vengés et leurs terres, récupérées. Les hommes du ciel seraient exterminés jusqu'au dernier.
La dernière torche fut éteinte et la chef de clan ferma les yeux quelques secondes pour profiter du silence des bois qui s'éveillerait d'ici quelques minutes avec la chevauchée de sa cavalerie.
Un craquement sonore retentit, brisant le calme de la forêt, et le cheval d'Anya se cabra en hennissant, manquant de la désarçonner. La chef de clan se cramponna à sa monture et ouvrit les yeux pour les poser sur une femme qui se tenait devant elle, les bras croisés sous sa poitrine. Un fin rictus étira les lèvres d'Anya. Elle se pencha sur son cheval pour se mettre à hauteur de sa visiteuse.
- Mais qui voilà ? La Conseillère déchue. Désireuse de liberté ? Je peux comprendre cela. Attendez-moi donc dans ma hutte, je serai à vous d'ici deux heures... susurra la blonde.
- Navrée de vous décevoir, mais je suis toujours la conseillère de notre Heda. Et non, je ne suis toujours intéressée à m'allonger dans votre crasse. Ordre de Lexa, je suis ici pour négocier la paix entre les Trikrus et les Skaikrus. Et comme votre état d'esprit actuel ne vous permet pas de participer à la discussion, vous allez m'attendre dans votre hutte..
- Vous ne me voulez pas dans les pattes ? se moqua Anya en se redressant. Vous ne savez pas ce que vous perdez. En attendant, les Ambassadeurs de l'Alliance ont donné leur accord pour cette guerre et Lexa ne peut plus rien faire pour l'empêcher.
- C'est pour ça qu'elle envoie son électron libre, rétorqua froidement Hermione en brandissant la bague de la Heda. Rembarquez vos troupes et rentrez à Tondc. Je vous y retrouverai plus tard.
- Sinon quoi ?
- Sinon je vous mets une dérouillée devant vos hommes et vous perdrez toute crédibilité.
L'éclat dans les yeux de la brunette décida Anya à obtempérer. Pour le moment du moins.
- Bien, Conseillère, souffla la chef de clan. Je te fais un dernier point de situation. Un vaisseau a atterri il y a deux nuits, à quelques lieux d'ici. Le temps que mes éclaireurs arrivent sur position, les Skaikrus avaient déjà sécurisé le périmètre. Il y aurait 70 hommes et femmes de plus. Des adultes.
- Pourquoi n'en avez-vous pas parlé hier ? s'enquit Hermione.
- Leur nombre ne change rien. Mais je n'avais pas encore le rapport de mes éclaireurs quand je parlais au Conseil.
La brunette acquiesça, songeuse, et sortit de la poche de sa veste une cigarette qu'elle alluma d'un claquement de doigt.
- Qui es-tu ? murmura Anya, fascinée.
"Je suis une déesse, à l'origine de toute vie sur cette terre. Lexa m'a tirée de mon sommeil il y a de cela quelques lunes car ce monde est en péril. Je suis votre dernier recours."
La voix avait retenti dans l'esprit de la chef de clan qui frissonna. Une voix millénaire, puissante, sombre et... fascinante. Anya déglutit difficilement et décida de mettre pied à terre.
- Comment dois-je vous appeler ? demanda-t-elle en s'agenouillant devant la femme.
- Enfin une qui me montre le respect qui m'ait dû, sourit Hermione. Asalhir sera parfait.
- Je dois vous avertir. Nous avons renvoyé un otage dans le camp des Skaikrus hier soir. Il est porteur d'une maladie et est très contagieux.
Hermione passa sa main sur son visage avant de rouler des yeux.
- Tout pour me compliquer la vie. Si j'arrive à arracher la paix entre vous, je pourrais prétendre au prix Nobel... Sur ce Anya, retirez-vous avec vos troupes. Je vous vois plus tard à Tondc.
- Vous ne voulez pas une escorte au cas ça tournerait mal ?
- Ces stupides mortels ne peuvent rien contre moi, grogna Hermione avant de disparaître dans un craquement sonore.
Anya remonta à cheval et son regard se perdit à l'endroit où se trouvait quelques secondes plus tôt la Source.
- Quelle femme ! soupira-t-elle avant de lever le bras. On lève le camp ! ordonna-t-elle à ses hommes. Retour à Tondc !
Lexa s'était réveillée une heure avant la séance du Conseil, et elle avait décidé de mettre ce temps à profit pour en découvrir plus sur son amante. Après s'être habillée en quatrième vitesse, elle avait commencé à fouiller la pièce. Ce qui ne lui posait aucun problème de conscience. Elle était l'Heda, et elle était chez elle.
Elle ouvrit le tiroir d'un secrétaire qui servait de table de repas à la brunette et sourit en découvrant le contenu. Elle sortit précautionneusement plusieurs feuilles de papier et retint une exclamation impressionnée. Hermione avait dessiné des villes modernes souterraines, sous différentes coupes, avec des systèmes qui permettaient d'avoir de l'eau filtrée, de l'air recyclé et de la lumière. Une liste de sorts était annotée sur la marge. Les autres feuillets représentaient des villes à ciel ouvert, protégées par un dôme de magie empêchant les radiations de tuer les habitants. Chaque croquis était numéroté et portait la mention "Si primefire n°2".
Les dessins étaient magnifiques, précis et techniques. Lexa les roula et les glissa à sa ceinture. Ces œuvres devaient être montrés aux Ambassadeurs. Et si ces derniers découvraient l'acte régicide de la Source, ils n'oseraient pas condamner à mort la femme qui leur apporterait la vie sauve en cas d'explosion des centrales.
"C'est à jouer en deux temps. En premier lieu, leur faire prendre conscience de l'importance d'Asalhir dans la société. Ensuite, jouer cette corde s'ils décident de lui faire payer son crime." songea-t-elle en continuant l'exploration de la chambre.
Elle ouvrit l'armoire et trouva des vêtements qu'elle n'avait jamais vus dans son monde. Des pantalons en toile solide de couleur bleue, des hauts blancs à manche longue et des vestes noires qui devaient arriver au-dessus des fesses de la brunette.
"Des jeans, des chemises et des vestes en cuir." lui souffla Becca.
- Mais où a-t-elle trouvé ça ? se demanda la Commandante. Hmmm, elle les a fabriqués.
Elle attrapa une chemise et huma le tissu, affichant un sourire libertin. Le vêtement était imprégné de l'odeur de son amante. Son regard se baissa sur une petite boite longue posée sur le plancher de l'armoire. Reposant la chemise, elle se saisit de la boite et l'ouvrit, découvrant un long tube métallique orné de clés. Sur le tube était posé un petit carton où les mots "Vous m'avez dit aimer la flûte traversière, ceci est un présent des habitants du Mont Weather" étaient inscrits d'une écriture soignée.
- Une flûte traversière ?
Lexa prit l'objet et l'observa sous tous les angles. Repérant un trou, elle souffla dedans et grimaça alors qu'un son strident en sortit. Elle rangea l'objet et la boite avant de poursuivre son inspection. Un petit paquet reposait sur la table de chevet et elle l'ouvrit, se saisissant d'un des tubes qu'Hermione avait allumé la veille. La Commandante coinça la cigarette entre ses lèvres et, imitant son amante, l'alluma d'un claquement de doigt. Quelques secondes plus tard, elle recrachait le tube en toussant, la gorge en feu.
- Elle est masochiste, grommela la jeune femme en écrasant la cigarette fumante sur le sol.
Ne remarquant plus rien d'intéressant, elle quitta la pièce pour gagner ses appartements. Elle devait se concentrer sur la séance du Conseil à venir. Elle allait jouer la première manche d'une partie qu'elle ne devait pas perdre.
Hermione apparut au milieu du camp des Skaikrus et haussa les sourcils, ne s'attendant pas au désordre et à l'agitation qui régnait en ces lieux. Des adolescents étaient allongés à même le sol, en proie à une forte fièvre, du sang s'écoulant de leurs yeux et de leur nez. Près des restes d'une navette spatiale, des adultes en uniforme tenaient en joue de leurs armes une jeune femme blonde en tenu de médecin.
Un jeune homme passa près d'elle et elle l'attrapa par le coude. Ce dernier se retourna, surpris, avant de la dévisager et de pointer un fusil sur elle.
- Qui êtes-vous ? demanda l'homme, sa voix légèrement aigüe.
Hermione sentit la tension qui animait l'homme du ciel et elle le gratifia d'un sourire aimable.
- J'ai été envoyée par la Commandante pour vous aider.
- Anya ? Cette garce qui tente de tous nous tuer ? cracha l'homme, son doigt se crispant sur la gâchette.
- Non, la supérieure d'Anya. L'Heda Lexa. Je suis médecin et...
Des éclats de voix retentirent dans le camp et la jeune femme blonde se disputait avec une femme bien plus âgée.
- Je dois voir les deux leaders. Un... Bellamy et une Clarke. Pouvez-vous me conduire à eux ?
- Je suis Bellamy. Mais vous voyez, on est dans une situation merdique. Cette vieille peau de Diana Sydney, notre ancienne Chancelière, a débarqué hier avec ses gros bras et veut diriger le camp. Et elle a des armes pour nous soumettre à sa volonté. Elle a déjà tué deux de mes potes. Et là, si j'y vais pas, elle va flinguer Clarke.
- Laissez, je m'en occupe. Pendant ce temps, recensez les malades.
Hermione détourna son attention de Bellamy et marcha d'un pas vif vers Diana et Clarke qui se jetaient des amabilités. Après avoir sondé l'esprit de la femme âgée, la brunette leva la main et fit un quart de tour sec du poignet. Un craquement sinistre retentit et Diana s'affala comme une poupée de chiffon, la nuque brisée.
- Quelqu'un pour contester les directives de Clark et Bellamy ? tonna la Source.
Un silence de mort lui répondit et la brunette afficha un sourire satisfait. Elle s'approcha de Clarke et lui tendit la main.
- Bonjour, vous devez être Clarke, je présume. Asalhir, enchantée ! Je constate que vous êtes sous le coup d'une épidémie de... fièvre typhoïde. A première vue.
- Oui, répliqua la blonde, méfiante. Toutes les heures on déplore de nouveaux cas.
- Je vais les soigner. Et ensuite, nous irons discuter d'un traité de paix entre vous et vos sauvages de voisins. Cela vous convient ?
- Qui êtes-vous ? questionna-t-elle, suspicieuse, tandis que les adolescents se rassemblaient autour d'elle avec leurs armes et des intentions belliqueuses.
Hermione regarda autour d'elle et soupira.
- Comme je vous l'ai dit, je suis Asalhir, Conseillère politique de l'Heda Lexa. Médecin de formation. Et sorcière à mes heures perdues...
Clarke ouvrit la bouche, puis la referma.
- Une folle irradiée, on la bute moi je dis, fit une voix anonyme.
Hermione se retourna lentement, fixant chaque jeune à son tour, les faisant frissonner sous son regard sombre.
- Un problème ? demanda-t-elle d'une voix froide. Préférez-vous que je m'en aille et que je vous laisse crever comme des chiens ?
Seul le silence lui répondit. Aussi elle marcha jusqu'au premier malade, se pencha sur lui et passa sa main au-dessus de son corps.
- Il se réveillera dans quinze minutes, en pleine forme. Vous pouvez me conduire aux autres ?
- Qu'est-ce qui nous dit que vous n'êtes pas en train de les tuer ?
- Vous croyez à la magie finalement ? ironisa la Source. Bien, on progresse ! On a donc le choix. Soit on attend de voir si celui-ci se réveille dans un quart d'heure, ce qui va en laisser mourir d'autres, soit je continue.
- Au pire, si c'est des foutaises, argumenta Bellamy pour Clarke qui restait sur la défensive, ça ne changera rien, ils sont déjà en train de mourir.
- Exact, sourit Hermione. En plus, je vous fais aimablement remarquer que je me propose de les soigner sans rien avoir négocié avant. C'est plutôt aimable de ma part…
Clarke acquiesça gravement et Hermione suivit Bellamy, faisant la tournée des malades. Une heure plus tard, elle essuyait son front sur sa manche et soupira.
- Avez-vous une salle ou nous pouvons négocier la trêve ? Nous pourrons interrompre nos pourparlers si d'autres de vos hommes tombent malades, proposa aimablement la brunette.
- Quel intérêt avez-vous à négocier une trêve ? Nous sommes affaiblis, vous pourriez tous nous tuer sans perte de votre côté, objecta Bellamy.
- La Commandante Lexa souhaite voir les hommes qui peuplent ce continent unis. Une seconde apocalypse nucléaire menace et nous aurons besoin de toutes les bonnes volontés pour l'empêcher, répondit la Source.
Un brouhaha s'éleva dans les rangs des jeunes.
- On se calme les moufflets, on n'en est pas encore là, et l'Heda réfléchit à une solution pour que cela n'arrive pas. Mais elle a besoin de vous tous.
La brunette reporta son attention sur Clarke et Bellamy.
- Donc, cette paix ? On se la négocie ou on se fout sur la gueule ?
La blonde eut un rictus amusé.
- Allons négocier. Vous semblez posée, pour une native.
- C'est parce que je n'en suis pas une, avoua Hermione, une lueur espiègle dans les yeux.
Un brouhaha inhabituel se faisait entendre dans la salle du Conseil et le mal de tête de Lexa revint à la charge. Elle conserva néanmoins son masque neutre, légèrement teinté d'ennui, et continua d'écouter les joutes verbales entre Ambassadeurs. Entre ceux qui voulaient exterminer les hommes des montagnes, et les autres qui souhaitaient les intégrer dans l'Alliance, la tension était à son comble dans la pièce. Dante Wallace, au milieu de la salle, restait calme et détaché, ce qui força l'admiration de la Commandante.
- Silence ! tonna Lexa en se redressant légèrement sur son trône.
Les Ambassadeurs se turent aussitôt et le président Wallace adressa à la jeune femme un léger sourire.
"A croire que lui aussi en a assez de ce boucan..." songea la Commandante en se levant, ramassant sa cape dans le mouvement.
- Le président Wallace n'a fait qu'assurer la survie de ses hommes, comme chacun d'entre nous. Oui, des crimes abominables ont été commis contre notre peuple, mais que celui qui n'a jamais tué un ennemi lui jette la première pierre, commença Lexa en dévisageant chacun des émissaires des tribus. Et si vous voulez juger le coupable des exactions de ces dernières années, ce n'est pas Dante Wallace qu'il faut châtier, mais le Docteur Lorelei Tsing.
- Qu'on amène cette femme alors ! lança l'émissaire de la Tribu des Sables.
- Demain, assura Lexa. En attendant, les Maunons ont un savoir qui nous serait précieux. Si nous tuons leur chef, nous ne mettrons jamais la main sur leur technologie et nous continueront à végéter dans nos villages insalubres. Je vous propose donc de débattre d'un châtiment autre que la peine de mort.
L'émissaire du clan des Glaces demanda la parole et Lexa la lui accorda d'un geste de la main.
- Heda, je suis prêt à soutenir votre position d'épargner la vie des hommes des montagnes. Cependant, cet appui est conditionné à la libération du fils de Nia, Roan, qui pourrit dans une de vos geôles à la demande de sa mère. La Reine n'étant plus, c'est notre Roi que vous détenez.
- Accordé, répondit Lexa après un instant de réflexion. Indra, je te charge de libérer immédiatement le Roi Roan. S'il le souhaite, il pourra assister à cette séance du Conseil.
Bien qu'elle ne le montrait pas, Anya se sentait mal à l'aise, oppressée, dans cette salle aseptisée de la navette des Skaikrus. Asalhir était venue la chercher peu après midi pour poursuivre les négociations avec les hommes du ciel et depuis la chef de clan jouait avec son poignard sous les regards noirs et méfiants des deux leaders Skaikrus. Asalhir, quant à elle, avait retroussé les manches de sa chemise et fumait une énième cigarette. La brunette semblait fatiguée et pressée d'en finir, mais cela ne se ressentait pas sur la qualité de sa prestation.
- Clarke, sommes-nous parvenus à un accord ? soupira la Source.
- Merci de me considérer comme un meuble, se moqua Bellamy.
- Désolée mon cher, mais dans ce monde, le double chromosome X prime sur le XY, répondit Hermione, provoquant un petit rire de Clarke.
Anya planta la lame de son couteau dans la table et dévisagea de ses yeux sombres les deux adolescents.
- Qu'est-ce que je gagne dans l'histoire ? Je vous cède une partie de mes terres, celles que vous occupez illégalement depuis votre arrivée. Que me donnez-vous en échange ?
Hermione passa sa main sur son visage las et tira longuement sur sa cigarette.
- Tu ne les cèdes pas, Anya des Trikrus. Les Skaikrus se sont engagés à les cultiver et à reverser une partie de leur production agricole à ton peuple. Tu auras même ton mot à dire sur les semences.
- Oui, ça, j'ai suivi, grogna la chef de clan. Mais tu as négocié qu'on leur construise des huttes sur un autre terrain, assez près de Tondc.
- Oui, car il faut bien qu'ils vivent quelques parts. Et en échange, ils se sont engagés à construire un dispensaire pour soigner tes malades. Tu as bien dit que tu n'avais plus de guérisseur à disposition ?
Anya retira sa lame de la table et rangea le poignard à sa ceinture.
- Asalhir, je peux te parler en privé ? s'enquit pour la forme la chef de clan.
Elle sortit de la pièce sans attendre de réponse et Hermione roula des yeux.
- Excusez-moi quelques minutes, je reviens de suite pour la signature de cet accord. Je vous laisse le relire, fit la brunette en écrasant son mégot dans un cendrier improvisé.
Elle alla rejoindre Anya à l'extérieur de la navette et trouva la blonde adossée dans un coin isolé. Hermione balaya du regard les alentours et, ne détectant aucune menace, s'approcha de la chef de clan.
- Pourquoi fais-tu ça ? attaqua Anya. Tu n'es pas de notre peuple. Pourquoi tiens-tu tant à la paix ?
- Lexa me l'a demandé, répondit doucement la Source. Et j'ai vu les ravages qu'une guerre provoquait. Je ne veux pas de ça pour vous.
Le regard sombre de la chef de clan sonda les yeux noisette de la Conseillère politique.
- Tu vas me relire cet accord de paix et je le signerai. Mais, Asalhir, je voulais te prévenir. Méfie-toi de Lexa. Je l'apprécie, c'est mon ancien second mais... elle fera toujours passer les intérêts de notre peuple avant toi.
- J'en ai parfaitement conscience.
- Je ne crois pas que tu mesures vraiment. Elle peut être dure. Et je crains qu'un jour tu en fasses les frais. Tu n'es que sa Conseillère, et tu es une étrangère.
Hermione fronça les sourcils. Etait-ce une mise en garde sincère et désintéressée ou bien l'expression d'une manœuvre pour l'amener dans son lit ?
- Merci de ta sollicitude, Anya. Si je me fais piéger, j'espère que tu viendras à mon secours, sourit la Source.
- Comptes sur moi, déesse.
Anya tendit la main et Hermione n'hésita pas à la serrer. Elle aimait penser qu'elle connaissait Lexa et que jamais la Commandante la mettrait dans une situation délicate.
- Si tu as une dette envers moi, sache que j'accepte les paiements en nature, ajouta la chef de clan avec un rictus.
La Source partit dans un grand éclat de rire et donna une grande tape dans le dos d'Anya.
- Allons signer cet accord de paix, veux-tu ? Il me tarde de rentrer à Polis.
Titus faisait les cents pas dans la chambre de la Commandante. Cette dernière était confortablement assise dans un fauteuil et lisait un livre qu'elle avait trouvé dans les caves de la tour.
- Heda, vous ne pouvez continuer comme cela, fit le gardien de la flamme, inquiet. Les clans font trop de concessions, ils finiront par demander du sang. Le sang appelle le sang, c'est la loi de notre peuple, et vous l'ignorez volontairement.
La jeune femme leva les yeux de son bouquin et dévisagea l'homme.
- Il est temps de changer de loi. Nous ne sommes pas des barbares, répliqua-t-elle.
- Le changement est louable, mais il ne peut être instantané. Vous auriez dû offrir en sacrifice le chef des hommes des montagnes. A l'avoir épargné, je crains que vous ne deviez à terme faire une plus grande concession.
- Si cela arrive, je le ferai. Pour les intérêts de mon peuple. Mais j'ai bon espoir de ne pas me retrouver dans une situation pareille. Les Ambassadeurs adhèrent au changement de civilisation que je propose. Ils acceptent les projets de modernisation.
- Mais ils restent attachés aux lois ancestrales des clans, contra Titus. Demain, concédez l'exécution du Docteur Tsing.
- Je vais y réfléchir, gardien. Tu peux disposer, conclut Lexa.
Titus s'inclina et sortit de la chambre, fermant la porte derrière lui. Seule, la Commandante alla se poster devant la fenêtre et regarda la nuit tomber sur sa ville. Elle allait sortir son peuple de l'obscurité dans laquelle le primefire l'avait plongée.
Un bruit incongru se fit entendre à l'étage et Lexa se dépêcha de se rendre dans la chambre de la Source. Elle pénétra dans la pièce sans frapper et sourit en trouvant la brunette debout au centre de la pièce.
- C'est amusant, je n'ai pas entendu frapper, lança benoitement la brunette en déposant sa veste sur le dossier d'un fauteuil.
La Heda se renfrogna.
- Comment s'est passé ta journée ? demanda la Source en attrapant une cigarette pour la porter à ses lèvres.
- Le Président Wallace vivra. Mais rien n'est moins sûr pour le Docteur Tsing. Nous allons statuer sur le cas de cette bouchère demain. Et toi ? Ce traité de paix ?
- Signé, répondit Hermione. Anya et la leader des Skaikrus sont à Polis et prêtes à parler devant le Conseil.
- Ca mérite une récompense, susurra Lexa en s'approchant félinement de son aînée.
Hermione lui attrapa les mains et l'arrêta dans son mouvement.
- Et bien je suis vraiment fatiguée, fit-elle doucement. Je veux bien m'étendre avec toi mais par pitié, pas toute la nuit. Sinon tu vas finir par me tuer.
Lexa leva les yeux au ciel.
- Je devrais t'échanger contre une plus jeune, souffla-t-elle.
- Ma chère, je n'ai plus vingt ans, sourit Hermione en plaquant un doux baiser sur les lèvres de la Commandante.
- Je me contenterai d'un seul round ce soir, concéda la cadette. Mais demain matin, je te garantis que tu donneras de ta personne de nombreuses fois pour compenser, prévint la jeune femme en retirant ses mains de celles de la Source pour déboutonner son jean.
- Nous avons donc un accord, susurra Asalhir en se laissant déshabiller.
La médiation d'Hermione entre les Trikus et les Skaikrus avait été un succès et les Ambassadeurs en avaient eu l'information avant même de pénétrer dans la salle du Conseil. Même si certains étaient mécontents que l'Heda se soit assise sur une décision de leur assemblée, ils étaient maintenant tous réunis dans la salle du Conseil et attendaient avec impatience de voir la médiatrice et le représentant des Skaikrus qui deviendrait l'un des leurs comme représentant de la quatorzième tribu. En quelques jours, l'Heda et sa politique avaient réussi plus d'exploits que ces prédécesseurs réunis. Deux nouveaux clans et une Alliance pacifiée.
Deux gardes ouvrirent en grand les doubles portes et les héros du jour pénétrèrent dans la pièce. Anya s'avança, accompagnée de Clarke, désignée Ambassadrice des Skaikrus, tandis qu'Hermione suivait, tentant de se faire oublier pour ne pas être reconnue comme régicide. La Commandante se leva pour les accueillir solennellement, les trois venant poser un genou à terre devant elle.
- Ce jour est historique pour notre Alliance, qui accueille deux nouveaux clans. Cependant, avant d'officialiser l'intégration des hommes des montagnes et des hommes du ciel, nous devons statuer sur le sort du Docteur Lorelei Tsing.
Le Roi Roan leva la main et la Commandante se retint de lever les yeux au ciel. Si le clan des glaces continuait à perturber toutes les deux minutes les séances du Conseil, elles dureraient des semaines.
- Heda, nous demandons un changement d'ordre du jour. Je viens d'apprendre à l'instant que mon escorte a identifié votre Conseillère politique comme assassin de ma mère, la Reine Nia. Nous demandons son exécution en réparation du préjudice.
- Quel préjudice ? rabroua Hermione avant de recevoir un regard noir de Lexa. Vous êtes sorti de prison, votre bannissement a été levé et vous êtes devenu roi !
- Silence, Asalhir ! tonna la Commandante. Poursuivez, Roi Roan. Etes-vous certain de ce que vous avancez ?
- Oui, et vous devez reconnaitre que votre Conseillère n'a pas contesté cette accusation, répondit Roan.
Lexa prit le temps de la réflexion avant de reprendre la parole.
- Conseillère, avez-vous mis fin aux jours de la reine Nia ? demanda-t-elle posément.
- Oui, Heda. Elle projetait de vous assassiner et d'envahir Polis, répondit Hermione en soutenant le regard de son amante.
Anya vit que les gardes du Roi Roan mettaient la main sur le pommeau de leur épée et s'apprêta à dégainer son poignard.
- Gardes, emparez-vous d'Asalhir et conduisez-la au cachot. Nous allons statuer sur son sort, ordonna Lexa.
Deux hommes à la corpulence d'armoire à glace attrapèrent la Source et cette dernière se raidit.
- C'est une blague ? s'exclama la brunette.
"Tais-toi et laisse-moi gérer." ordonna Lexa dans l'esprit de la Source.
- Heda, votre prédécesseur avait confié la gestion des cachots au clan des glaces, dans le cadre de la politique de Polis, intervint Anya. La sécurité d'Asalhir ne sera pas assurée.
- Nous nous moquons de sa sécurité. Le sang appelle le sang, c'est notre loi. Nous demandons sa mort ! tonna Roan.
- Si vous l'exécutez, nous reviendrons sur notre décision d'intégrer l'Alliance, prévint le président Wallace.
- Il en sera de même pour les Skaikrus, ajouta Clarke. Nous sommes venus pour faire prospérer ce monde, pas pour suivre des règles d'un autre temps.
Lexa leva les mains et tous les Ambassadeurs se turent. La rousse de la cinquième tribu demanda muettement l'autorisation de prendre la parole et la Commandante la lui accorda.
- Nous ne devrions pas poursuivre ce débat devant la principale intéressée. Mais mon clan partage l'avis d'Anya des Trikrus. Avant de mettre votre Conseillère en prison, faites remplacer la tribu qui la gère.
- C'est entendu. Les Trikrus prennent à effet immédiat la gestion des geôles. Indra, emmène la prisonnière dans une cellule.
Hermione jeta un regard furieux à sa cadette qui conservait un visage neutre. Les gardes la sortirent de la salle et Indra referma les portes derrière elle.
- Statuons donc sur le châtiment approprié pour Asalhir, proposa l'Heda, masquant tant bien que mal la tension qui l'habitait.
Et voilà, tout (ne) finit (pas) bien … !
on s'en parle en revue ?
Sygui et Link
