Bonjour tout le monde !
Voici la suite de l'histoire, que va devenir Hermione ?
Bonne lecture !
Chapitre 11 : Le châtiment de la régicide
Cela faisait deux heures qu'Hermione attendait dans un cachot humide et insalubre. Près de la porte, Indra était assise sur un petit tabouret en bois et ne quittait pas la brunette des yeux. Un rat à cinq pattes fila le long du mur et la Source recula autant qu'elle put, gênée par la chaine fixée à sa cheville. Elle aurait pu s'échapper à la minute où Lexa avait demandée à ce qu'on l'emmène. Mais Hermione avait décidé de faire confiance à son amante. L'Heda réussirait à la tirer de ce mauvais pas.
Du bruit se fit entendre dans le couloir et Anya arriva quelques instants plus tard, accompagnée de deux guerriers.
- Vous êtes demandées en salle du Conseil, annonça la blonde. Détachez la prisonnière.
Un des gardes se pencha et retira la chaine de la cheville de la Source avant de la lever.
- A quoi dois-je m'attendre ? demanda froidement Hermione.
Anya ne répondit pas, affichant un air détaché, et le chemin vers la salle du Conseil se fit dans un silence pesant. Dans l'ascenseur, la chef des Trikrus se plaça à côté de la brunette et lui effleura discrètement la main avant de mêler brièvement ses doigts aux siens. Les deux femmes échangèrent un court regard avant que les portes de la cabine s'ouvrent et les gardes escortèrent Asalhir jusqu'à la salle du Conseil. Les Ambassadeurs la dévisagèrent alors que les guerriers l'emmenèrent devant le trône et la forcèrent d'une pression sur les épaules à se prosterner devant Lexa. Cette dernière se leva, solennelle, et ramena sa cape écarlate contre elle.
- Asalhir, après décision des Ambassadeurs, et au regard de ce que vous avez apporté à l'Alliance, vous êtes condamnée à trois semaines de cachots. Chaque jour de votre détention, quand le soleil sera au plus haut, vous recevrez vingt coups de fouet. Enfin, vous êtes déchue de votre statut de Conseillère politique auprès de ma personne. Gardes, emmenez la prisonnière et préparez-la pour sa sentence.
Hermione sentit son coeur tomber dans sa poitrine. Lexa l'avait trahie. Anya avait raison, l'Heda avait fait passer son peuple avant elle. La déception se mêlait à la rage et la brunette voulut se relever pour exprimer le fonds de sa pensée dans un flot d'injures. Mais les deux gros bras qui l'encadraient l'empêchèrent de bouger.
- Quelque chose à ajouter, Asalhir ? s'enquit la Commandante de son habituel ton neutre.
La Source se contenta d'un regard assassin et se laissa embarquer sans desserrer les lèvres. Elle fut conduite à l'extérieur de la tour, sur la grande place de Polis. Les gardes lui attachèrent les poignets à deux poteaux et l'un des guerriers déchira l'arrière de sa chemise à l'aide d'un poignard.
Hermione se raisonna. Tant que le premier coup de fouet n'était pas donné, tout espoir n'était pas perdu. Tout ceci ne pouvait qu'être un malentendu, la Source en était persuadée. Jamais Lexa ne laisserait faire ça. La Commandante devait avoir un plan en tête. Elle lui avait demandé de lui faire confiance, de croire qu'elle saurait gérer la situation. Elle le lui avait promis en la sauvant sur ce parking puant. Cependant, quand l'Heda vint s'asseoir sur l'estrade, accompagnée des Ambassadeurs et chefs de clan, la Source sentit toute sa confiance s'effriter.
- Commençons, ordonna Lexa.
Le premier coup claqua et Hermione se cambra, une douleur cuisante naissant entre ses omoplates. Elle n'eut le temps de prendre une inspiration que le fouet s'abattit à nouveau, giflant avec force sa peau nue. La brunette se mordit l'intérieur de la bouche quand le fouet la cingla une troisième fois et le goût cuivré du sang s'invita sur ses papilles.
Lexa observait le spectacle, imperturbable, tandis que Clarke n'osait regarder, contemplant ses chaussures avec un intérêt feint. Wallace détournait pudiquement les yeux et Anya couvait la brunette d'un regard bienveillant qui semblait dire "Ne leur montre pas que tu souffres, sois forte".
Au bout de ce qui sembla être une éternité, les gardes détachèrent la Source qui réussit à rester debout.
Lexa se leva et invita les Ambassadeurs à faire de même.
- Même chose, demain, quand le soleil sera au plus haut dans le ciel, fit la Commandante d'une voix forte.
- Midi ! On dit midi, espèce de sauvage inculte ! ne put s'empêcher de rugir la Source.
Roan descendit de l'estrade d'un pas vif et gifla la brunette de toutes ses forces.
- Vous venez d'insulter l'Heda. Je rajoute cinq coups de fouet à votre sentence, fit le Roi des glaces.
- Et bien, tu peux en rajouter dix de plus, connard ! siffla Hermione avant de lui cracher au visage.
- Ca suffit, ramenez la prisonnière dans sa cellule ! tonna Lexa.
Quelques minutes plus tard, elle fut jetée à même le sol du cachot humide et insalubre qu'elle avait quitté une heure plus tôt. Les gardes l'enchainèrent au mur avant de quitter la pièce, fermant derrière eux la porte dans un grincement sinistre. Hermione ramassa péniblement la paille éparpillée dans la pièce et, après s'être constitué un matelas de fortune, s'allongea sur le ventre et ferma les yeux.
"Tout ceci n'est qu'un cauchemar, je vais finir par me réveiller..." tenta-t-elle de se convaincre tandis qu'elle glissait dans l'inconscience.
La nuit était tombée depuis plusieurs heures quand Lexa, escortée d'Indra et d'Anya, s'aventura dans les cachots. Les gardes présents déverrouillèrent une petite porte et la Commandante pénétra dans la geôle chichement éclairée par un rayon argenté de lune, filtrant à travers la seule ouverture. L'odeur âcre d'urine mêlée à la transpiration lui prit la gorge.
- Restez ici, murmura-t-elle aux deux femmes avant de s'avancer vers la silhouette allongée sur le sol.
Son coeur se serra tandis qu'elle s'approchait d'Hermione. Cette dernière était inconsciente, face contre terre, son dos blessé exposé à la vue de tous. La Commandante ramassa sa cape contre elle avant de s'accroupir. Elle posa sa main sur le front de la brunette qui gémit dans son sommeil.
- Hermione, réveille-toi, chuchota Lexa.
La brunette papillonna des paupières et posa ses yeux ensommeillés sur sa cadette.
- Tu viens me sortir d'ici ? murmura la Source d'une voix rauque.
L'espoir se lisait dans le regard noisette et Lexa se maudit de devoir le tuer dans l'œuf.
- Non. Je suis seulement venue voir comment tu te portais. Tu vas devoir purger ta peine entièrement.
Lexa lut dans le regard de la Source la détresse se partager à la peine et la douleur.
- Va-t'en, laisse-moi, murmura la brunette, la voix brisée.
- Ne m'en veux pas, reprit la Commandante. Tu as tué un chef de clan. Crois-moi, ta peine aurait pu être pire.
- Et tu aurais dû me tuer sur le parking de la centrale plutôt que de me faire torturer, répondit Hermione, une larme s'échappant pour rouler le long de sa joue.
- Ce n'est pas de la torture, répliqua doucement la Commandante. C'est un châtiment.
- Ouais, la nuance est de taille, ironisa la trentenaire, amère. Tu m'as baisée et tu m'as trahie.
- L'Alliance repose sur moi, je te l'ai déjà dit. Si mon autorité venait à être contestée, nous irions au-devant de graves ennuis. Je ne pouvais pas le permettre. Tu sais que je fais passer les intérêts de mon peuple avant les miens.
- Et dire qu'Anya m'avait prévenue et que je ne l'avais pas crue.
- Pardon ? s'enquit sèchement Lexa.
- Je me suis trompée sur toute la ligne, lança la Source, la colère s'emparant d'elle. Tu es une moins que rien, Heda Lexa, une dirigeante de pacotille. Regina aurait tué tous ceux qui auraient osé la contredire, Viviane ne se serait pas laissé piéger par des sauvages crasseux et Aliénor aurait manœuvré en coulisse pour éviter un châtiment aussi barbare. D'ailleurs, Aliénor a eu l'intégrité de ne pas me faire battre comme plâtre après m'avoir trahie. Elle s'est jetée dans la bataille, pour son peuple, et l'a payé de sa vie !
- Tu me compares à tes anciennes conquêtes ? demanda la jeune femme, surprise par ce que ça laissait entendre.
- Ouais... elles avaient leurs défauts, mais elles n'étaient pas lâches au point de faire prendre les coups qui leur revenaient par une tierce personne. Quel genre de leader es-tu pour laisser torturer ceux qui se tiennent debout à tes côtés ? Ni regret, ni émotion, c'est ton crédo ? Tu m'as baisée, tu m'as utilisée, maintenant dégage, Heda. Je ne veux plus jamais te voir. Mais je vais te faciliter la suite de ton règne, ta Majesté...
- Que vas-tu faire ? demanda Lexa. T'échapper ?
- J'aurais pu le faire dès ton premier ordre de m'incarcérer, rétorqua Hermione d'une voix glaciale. Et j'aurais dû plutôt que de te faire confiance. Tu as décidé de me sacrifier de la plus vile des façons, autant que ce ne soit pas pour rien. Maintenant casse-toi, te voir m'insupporte.
Blessée, la Commandante tourna les talons et quitta le cachot. Indra ferma la porte derrière sa supérieure qui se tourna vers Anya.
- Que lui as-tu dit ? demanda furieusement la brune.
- Rien qu'elle ne savait déjà, Heda, répondit la blonde, un brin provocatrice. Tu m'as donné raison. Plus tôt que je le pensais... Mais tu vas t'en remettre, après tout, ce n'était qu'une Conseillère.
Lexa arma son poing et l'expédia dans le visage de son ancien mentor qui encaissa sans broncher.
- Retourne à Tondc. Je ne veux pas te voir à Polis avant la prochaine lune, ordonna la Commandante.
- Désolée Heda, mais maintenant que la guerre contre les Skaikrus est avortée, je vais rester ici quelques jours. 21, pour être précise, brava Anya.
- Tu veux te retrouver toi aussi dans un cachot ? lança Lexa, à bout de nerfs.
- Tu veux que ton propre clan déserte l'Alliance et parte en guerre contre ta cité ? Car je n'hésiterai pas. Je me suis retenue de donner le fond de ma pensée pendant le Conseil, par égard pour toi, mais sache que je suis contre le traitement infligé à Asalhir. Nia était une salope qui nous aurait tous anéantis. Sa mort est une excellente chose pour notre peuple.
Anya tourna les talons et partit, plantant là Lexa et Indra.
- Et toi, quelque chose à me dire ? maugréa la Commandante à son bras-droit.
- Non Heda, répondit la guerrière à la peau d'ébène.
Lexa jeta un dernier regard à la silhouette allongée sur le sol du cachot avant de remonter le couloir menant aux étages supérieurs. Poings et mâchoires serrées, la jeune femme s'empêchait de pleurer.
Hermione ne savait plus comment elle survivait. Elle n'avait aucune idée du nombre de jours de captivité qu'elle avait effectués. Tout ce dont elle avait conscience était la douleur cuisante qui irradiait son dos.
Elle sentit un souffle chaud sur son visage et ouvrit les yeux pour croiser un regard familier inquiet.
- M... Maura ? balbutia la Source.
- Ma chérie, tu as contracté une infection, fit doucement la médecin en posant sa main sur le front brûlant de la brunette. Emily doit t'examiner et te soigner.
- Ce n'est pas important, gémit Hermione tandis que la légiste l'auscultait dans des gestes doux et précautionneux. Un peu de repos et ça ira mieux.
- Si tu ne veux pas que la dragonne le fasse, utilise tes pouvoirs, insista Maura. Tu ne peux pas rester dans cet état. Soigne-toi ou enfuis-toi, mais ne reste pas dans cet endroit. Tu vas y laisser la vie. Et même si tu me manques, je ne veux pas que tu me rejoignes tout de suite. Tu as encore beaucoup à faire dans cet univers.
- Je ne vais pas mourir ici. Je suis plus résistante que j'en ai l'air, grommela la Source. Je vais montrer à cette pisseuse ce qu'est la Source.
Hermione fut prise d'un vertige sévère et se sentit partir mais une petite tape sur la joue la fit revenir à elle. Elle rouvrit les yeux et fronça les sourcils en découvrant que Maura s'était effacée, laissant la place à Minerva. L'Ecossaise eut un sourire chaleureux pour son ancienne élève et l'attrapa délicatement pour placer sa tête sur ses genoux.
- Tu es de plus en plus têtue en vieillissant, remarqua l'Ecossaise avec un sourire, sa main caressant la chevelure sale de son ancienne préfète.
- Ouais, la vieillesse est un naufrage. La preuve, je me suis encore fait rouler par une paire de seins affriolants.
- J'en connais une autre qui se serait laissée embobiner, confia Minerva.
- Pansy ! firent les deux sorcières en chœur.
- Hermione, reprit sérieusement l'ancienne Directrice de Poudlard. Tu sais combien je respecte le courage et l'honneur, qui sont deux valeurs que j'ai fait mienne tout au long de ma vie, mais je suis d'accord avec le Docteur Isles. Tu dois fuir d'ici. Si tu venais à mourir dans ce cachot, ta magie serait libérée et la ville serait détruite dans l'explosion.
- Ce serait bien fait pour leur gueule, à ces pécores. Ils peuvent bien crever, j'en ai rien à carrer...
- Je sais que ce n'est pas vrai, tu n'es pas comme ça, chuchota Minerva en se penchant pour embrasser la brunette.
Cette dernière ferma les yeux pour profiter du baiser de sa première épouse, se délectant de la sensation de bien-être qui tranchait avec la douleur qu'elle ressentait. Quand elle rouvrit les yeux, elle croisa le regard sombre de Regina. L'inquiétude se reflétait dans les yeux noirs de la reine, chose suffisamment rare pour qu'Hermione le note.
- Tu es toujours aussi belle, souffla la brunette, se rendant compte qu'elle serait toujours émerveillée par la magnificence de Regina Mills.
- Et toi, toujours à te fourrer dans les ennuis. Et dire que je ne suis pas là pour pouvoir t'aider à t'en tirer, répondit l'ancienne maire avec regret.
- Toi aussi tu vas me dire de fuir comme une pleutre ? demanda la Source.
- Non. Je te conseillerai plutôt de te soigner, de te lever et de montrer à ces arriérés ce qu'il en coûte de contrarier une déesse, confia Regina, une lueur dangereuse brillant dans les yeux. Fais-leur voir de quoi la Source est capable. Exige le respect qui t'ait dû.
Hermione sentait derrière ce discours séduisant la patte de la Méchante Reine. C'était une option tentante et la Source sentait qu'il n'en faudrait pas beaucoup pour que son ancienne épouse la convainque de punir les sauvages de ce monde.
- Ne dites pas n'importe quoi, pintade sur talons, asséna une voix peu aimable.
Hermione tourna la tête et ne put s'empêcher de sourire en voyant une femme s'avancer dans le cachot. Aliénor écrasait l'endroit de sa prestance royale et Regina leva les yeux au ciel.
- Je te laisse avec la reine des emmerdeuses. Mais si tu as besoin de quoi que ce soit, appelle-moi.
Regina disparut dans un nuage de fumée violette et Aliénor vint s'agenouiller au côté de la Source.
- Mon amour, commença la rousse en français, s'il y a un point que je partage avec toutes tes anciennes conquêtes, c'est que tu ne peux pas mourir ici.
- Je refuse de demander de l'aide à ces gens.
- Je comprends.
La main droite d'Aliénor s'illumina d'un bleu clair et se posa sur la poitrine de la brunette. Une douce chaleur se répandit dans le corps de la Source qui avait l'impression que sa fièvre baissait légèrement.
- Ca va t'aider à tenir un peu plus longtemps. En espérant que ces barbares vont se rendre compte que tu as besoin de soins. Car tu n'es pas loin de la septicémie.
Aliénor prit sur elle et, tentant d'oublier la répugnance qu'elle éprouvait, s'allongea sur le sol pour étreindre celle qui fut sa moitié dans une autre vie.
- Rendors-toi, mon amour, chuchota la rousse en déposant un baiser sur la nuque d'Hermione. Je serai avec toi autant que tu en auras besoin.
Hermione se laissa bercer par la voix de la reine et glissa dans un sommeil dont elle savait qu'il serait sans douleur.
Anya observa avec inquiétude Asalhir qui délirait sur le sol du cachot, parlant à des ombres.
- Indra, où est Heda ? murmura la chef de clan.
- Elle dîne avec la chef des Skaikrus, répondit la guerrière.
La femme à la peau d'ébène sembla hésiter et le regard d'Anya se fit insistant.
- Vu les regards qu'elles se jetaient, elles vont en avoir pour la nuit, confia Indra.
- Il lui a fallu dix jours pour passer à la suite. Je pensais que ça lui prendrait plus de temps. Mais nous allons profiter qu'elle soit occupée pour faire venir Emily. Tu sais où est la guérisseuse ?
- Avec Titus, ils sont dans la salle du Gardien de la flamme.
- Ok, va chercher Emily. Fais vite et sois discrète.
La guerrière acquiesça et fila silencieusement dans le dédale de couloirs. Anya déverrouilla la porte de la geôle et entra pour s'approcher de la déesse. Cette dernière avait la peau du visage grise et couverte de sueur. Elle regarda autour d'elle et avisa une bassine d'eau croupie qui traînait dans un coin. La chef de clan retira sa tunique et la trempa dans l'eau pour l'appliquer sur le front moite d'Asalhir.
- La guérisseuse arrive, chuchota Anya en lui serrant doucement l'épaule. Ca va aller. Ton combat n'est pas terminé.
Les doigts de la brunette se crispèrent sur une petite pierre noire qu'elle portait en pendentif. Anya plissa les yeux et remarqua des symboles gravés sur le galet sombre, mais n'avait aucune idée de leur signification.
- Asalhir, qu'est-ce que c'est ? demanda la blonde.
La brunette ouvrit des yeux fiévreux et regarda derrière la chef de clan, son regard se perdant dans le vague.
- Désolée Aliénor... mais je vais laisser Lexa gérer seule ce monde. Et tant pis s'il court à sa destruction. Ce n'est plus mon problème.
Lexa avait quitté sa chambre peu après le départ de Clarke. La brune parcourait les différents étages de la tour de Polis, sans savoir où ses pas la mèneraient. Elle avait passé une excellente soirée en compagnie de la leader des Skaikrus mais avait maudit la pudeur de la blonde qui n'avait accepté qu'un seul baiser. Frustrée d'un désir inassouvi installé durablement au creux de ses reins, elle avait décidé de prendre l'air pour se changer les idées.
Réajustant sa cape sur ses épaules, elle s'apprêtait à s'engager dans les rues de la cité quand elle avisa Indra et Emily qui prenaient la direction des cachots. La Commandante fronça les sourcils et laissa les deux femmes prendre de l'avance avant de les suivre. Qu'Emily se rende dans les geôles à une heure aussi tardive faisait craindre le pire à Lexa, qui pria silencieusement pour que rien de grave soit arrivé à Hermione.
Son intuition ne l'avait pas trompée, c'était bien dans les derniers soubassements que la guérisseuse du palais était conduite en cachette. Lexa évita tous les cercles de lumière tremblotant des torches et s'arrêta avant de tourner le coin qui lui aurait permis de voir le cachot. Cependant, la distance ne la privait pas des dialogues qui s'y tenaient et elle s'appliqua à respirer à peine pour percevoir clairement tous les chuchotements. Elle devina au froissement d'étouffe qu'Emily s'agenouillait.
- Pourquoi avez-vous attendu si longtemps ? grondait la vieille femme.
- On ne circule pas dans le coin comme dans une rue de Polis, se justifia Anya.
- Je ne sais pas si…
- Guérisseuse, si elle meurt, je t'en tiendrai responsable.
- Là n'est pas la question, marmonna la vieille.
Elle posa ses mains sur les joues de la brunette qui entrouvrit péniblement ses yeux fiévreux.
- Asalhir, chuchotait Emily, il faut m'aider, j'ai besoin que votre pouvoir coopère avec le mien. Pour combattre l'infection qui vous tue, et pour régénérer vos tissus.
- C'est vrai que c'est moche, on voit l'os à travers les chairs déchirées, commenta platement Anya.
Mâchoire crispée, poings serrés sur les pans de sa cape, Lexa n'avait pas besoin de visuel pour se représenter l'état de la brunette. Elle se maudit. Pour des questions d'équité et de droiture, elle avait laissé faire. Elle s'était bercée d'illusions en se disant qu'elle lui avait évité le pire, mais elle n'avait fait que le rendre pire encore. Baissant la tête, honteuse, elle recula dans le couloir avant de quitter l'endroit aussi silencieusement qu'elle y était entrée. Mais un cri horrifié la fit revenir sur ses pas.
- Anya, arrache-lui la pierre qu'elle tient dans sa main ! hurla Emily.
- Je ne peux pas à moins de lui casser les phalanges ! Mais qu'est-ce qu'elle fout ?
- Elle transfère son pouvoir dans cette pierre, paniqua la guérisseuse. Elle compte se laisser mourir, cette idiote !
Anya s'évertua à lui faire ouvrir la main sans dommage, mais n'y parvenait pas.
- Pour une mourante, elle sait ce qu'elle veut, sourit-elle. Plus de caractère que dans tous mes hommes réunis, ajouta-t-elle en lui cassant finalement deux doigts sans sourciller pour relâcher la tension des autres et pouvoir en extirper les pierres alors que la brunette gémissait.
- Et maintenant ? questionna Indra. Si elle meurt quand même, il se passe quoi ?
Lexa pénétra dans la cellule et fusilla du regard les trois femmes présentes.
- Elle ne doit pas mourir, siffla la Commandante en repoussant tout le monde pour s'agenouiller auprès de la torturée.
La Commandante posa ses mains sur le dos supplicié de la brunette, se concentra et envoya sa magie pour chasser l'infection du corps de son ancienne Conseillère, s'activant pour réparer certains tissus qui commençaient à se nécroser.
- Pourquoi n'as-tu pas utilisé ton don pour te soigner ? marmonna Lexa.
- Pour te... montrer les conséquences de tes... décisions. Vire tes sales pattes de moi... lui répondit une voix d'outre-tombe.
La Commandante prit le reproche pour plus tard et continua à insuffler son pouvoir dans le corps de la Source. C'était d'ailleurs ironique que ce soit l'une des rares choses qu'elle soit capable de faire avec sa puissance magique, Hermione n'ayant jamais eu l'occasion de lui en enseigner d'autre.
- Comment fais-tu ça ? questionna Anya. Aucun Heda avant toi n'avait ce pouvoir, cela ne fait pas partie de la mémoire des anciens.
- Non... Asalhir a fait de moi une déesse, résuma grossièrement Lexa avant de se redresser. Ca devrait aller, normalement. Il faut juste qu'elle s'hydrate bien.
Si Indra ne laissa rien paraitre, Anya ne s'en priva pas.
- Attends, tu veux dire qu'elle t'a fait le don de ses pouvoirs et toi, toi tu la traites comme une merde ? A vous deux, vous avez les moyens de régenter l'ensemble des humains de la Terre et toi, tu t'es conduite comme une carpette devant les Ambassadeurs au nom d'une soi-disant équité qui n'est que du vent ? Tu as autorisé ÇA ?
- Anya ! tonna Lexa par-dessus l'indignation de son mentor. Ca suffit.
La Commandante dévisagea la blonde et reprit le contrôle de ses nerfs avant de reprendre d'une voix posée.
- Il me serait facile d'utiliser mes pouvoirs pour régenter le peuple. Mais ce n'est pas ce que je veux. Je ne suis pas et ne serai jamais un tyran.
Son regard gris se posa sur Hermione.
- Asalhir et moi sommes la moitié d'un tout. Je l'ai blessée mais je sais qu'elle finira par comprendre que ce n'était pas une trahison, confia-t-elle dans un murmure.
- Dans tes rêves, souffla la brunette qui tremblait de tout son long, l'inconscience bénie qui effaçait sa douleur ne faisant plus barrière à ses souffrances. Une folle s'est déjà tenue à mes côtés, aujourd'hui c'est le tour d'une sauvage sans cœur et sans conscience.
Elle ouvrit difficilement les yeux pour regarder un instant Lexa.
- Tu avais ma confiance, et je t'ai donné plus que la magie, je me suis offerte à toi. Mais je ne vaux rien pour toi, maintenant le je sais. Jamais je ne pourrais plus te croire. Tu as le coeur sec et pour ton éternité tu vivras seule avec tes principes, tes putes, et peut-être tes remords. Il me reste dix jours de supplice, et te voir drapée dans ta dignité hautaine sur ton trône de pacotille est le seul moment où je t'endurerai. Anya, ne la laisse plus s'approcher de moi. Même si je dois mourir.
- C'est une promesse que...commença la chef des Trikrus.
- Que tu ne pourras pas tenir, coupa la Commandante. Je veux être avertie du moindre problème concernant sa santé.
- Et le fait qu'on voit ses os, c'est un problème de santé ? ironisa Anya.
- Tu joues avec le feu, et ton rôle passé de mentor ne te protègera pas éternellement.
- Pour ce que vaut ta protection envers ceux qui te sont fidèles…
Lexa compta jusqu'à dix pour encaisser l'insulte, la vérité nue, sans sortir une dague pour la planter dans la gorge de la blonde.
- Sortez. Et j'interdis que vous remettiez les pieds ici sans mon autorisation. Emily, chaque jour après l'exécution de la sentence, tu lui prodigueras les soins nécessaires. Préviens-moi s'il y a des complications.
- C'est ça, achète-toi une conscience, fit la voix rauque de la brunette au sol.
Lexa sortit sans un regard en arrière et Anya poussa un soupir.
- T'aurais mieux fait de me choisir comme déesse, plaisanta la blonde pour tenter de détendre l'atmosphère.
"Effectivement, j'ai peut-être fait une erreur de casting..." songea Emily en secouant la tête.
C'était le dernier jour. Les vingt derniers coups de fouet. Hermione se laissa emmener dans la cour de Polis et attacher sans broncher. Comme les vingt derniers jours, son regard farouche défia Lexa qui était assise, stoïque, sur son trône. La Commandante était entourée de Clarke et de Roan, Anya manquant à l'appel. Outre l'absence de la chef du clan Trikru, il y avait quelque chose de différent en ce vingt et unième jour. Quelque chose de presque imperceptible. Mais Hermione connaissait la nature humaine et savait voir. Un léger frôlement de doigts sur une cuisse, une épaule qui vint en effleurer une autre, une lueur dans le regard. La Source sentit son coeur tomber quelque part dans son estomac. Lexa l'avait laissée sur le bord de sa route et l'avait effectivement remplacée par une plus jeune.
- C'est ton dernier jour, à bien des égards, murmura le bourreau à son oreille. Mon roi trouve que ton châtiment n'est pas assez cruel. Tu mourras au dernier coup, sous les yeux de tous ces gens. Ils te verront rendre ton dernier souffle, et personne ne pourra rien faire pour te sauver.
Alors que le fouet venait frapper son dos déjà à vif, quelque chose de sombre et d'ancien se réveilla en elle. Et pour la première fois en près de deux milles ans, Hermione ne lutta pas et se laissa envahir par l'esprit originel de la Source, embrassant la puissance ténébreuse qu'elle offrait. Elle ferma les yeux et se concentra sur sa magie. 4, 5, 6... La brunette se connectait à son environnement, visualisant mentalement l'emplacement de chaque personne qui assistait à la scène.
10, 11, 12... La douleur était maintenant anecdotique et Hermione échafaudait son plan. Elle n'avait plus qu'une poignée de secondes. Elle projeta son pouvoir vers son bourreau et pénétra l'esprit de l'homme.
17, 18, 19... Plus qu'un coup à recevoir. Elle était prête et savait exactement ce que le bourreau comptait faire. Aussi, quand le lacet de cuir vint tanner une dernière fois sa peau, Hermione ouvrit les yeux et afficha un regard qu'elle devinait vide de toute humanité. Elle vit Lexa se redresser sur son trône, consciente que quelque chose se tramait.
"Trop tard..." songea la Source tandis que sa magie s'exprimait, heureuse de se libérer après trois semaines de captivité.
Ses liens se détachèrent pour tomber au sol. Hermione se retourna et évita le coup de poignard que le bourreau voulait lui enfoncer entre les côtes. Elle se saisit de la tête de l'homme et lui brisa la nuque comme si c'était une brindille. La foule se mit à crier et la brunette se retourna vers l'estrade. Elle leva la main en direction du trône et eut un regard glacial pour les Ambassadeurs.
- AVADA KEDAVRA ! hurla-t-elle, libérant toute la rage qu'elle avait accumulée ces trois dernières semaines.
Un rai de lumière verte vint frapper le roi Roan en plein torse et ce dernier s'écroula sur son fauteuil, mort sur le coup.
- Le roi est mort ! lança Hermione avant de partir dans un grand rire. Le sang appelle le sang, c'est bien ça la règle ? Et bien, voilà ce qu'il en coûte de verser le sang d'une déesse ! Vous vous êtes attaqués à la seule personne qui pouvait vous sauver d'une mort certaine ! Maintenant, démerdez-vous avec votre apocalypse nucléaire ! Soyez tous maudits ! Je vous condamne à une mort atroce, peuple de l'Alliance !
Sur ces mots, elle disparut dans un craquement sonore pour réapparaitre dans la chambre qu'elle avait occupé avant sa détention. Elle remarqua que ses affaires avaient disparu, remplacées par d'autres.
- Clarke n'a pas perdu de temps... feula la Source.
- En effet, fit une voix derrière elle.
Hermione se retourna et vit Anya accoudée contre le chambranle de la porte.
- Tous les gardes de la ville sont à tes trousses. File à Tondc, tu y seras à l'abri. Je t'y rejoindrais ce soir, murmura Anya en regardant dans le couloir pour s'assurer que personne n'arrivait. Tes affaires sont déjà là-bas, j'ai récupéré la caisse que Lexa avait balancée dans le couloir.
- Tu es sûre de vouloir une meurtrière dans ton village ? s'étonna Hermione.
- Si tu voulais tous nous tuer, tu l'aurais déjà fait. Et puis, je t'aime bien moi. Et je fais pas de promesse. Allez, pars, j'entends du bruit.
- Merci.
La brunette se volatilisa aussi subitement qu'elle était apparue au moment où des guerriers du clan des glaces émergeaient de l'ascenseur.
- Je ne sais pas ce que vous cherchez, mais ce n'est pas ici, l'étage est désespérément vide. Comme vos têtes.
La cavalcade reprit et Anya se rendit jusqu'à la salle du trône. Elle connaissait son élève. Et il ne fallut pas longtemps avant que les Ambassadeurs ne s'y rejoignent comme une volée de moineaux et que l'Heda n'y fasse aussi son apparition. La jeune femme traversa la salle pour aller s'asseoir sur son trône.
- C'était une erreur, nous aurions dû la mettre à mort tant qu'il en était encore temps, s'époumonait l'Ambassadeur Azgeda.
- L'erreur, c'était de l'avoir traitée comme l'un d'entre nous, fit plus prosaïquement Wallace. C'est une déesse, nous aurions dû la vénérer au lieu de la torturer.
- On ne peut revenir en arrière. Que fait-on maintenant ? questionna Clarke en s'approchant du trône
- Mes homme sont déjà après elle et ils vous ramèneront sa tête, éructa l'homme des glaces.
Lexa écoutait tout ce bourdonnement sans s'y arrêter, consciente seulement du dernier regard de la Source. De son dernier message. Elle n'avait pas compris tout ce qu'impliquait son choix premier d'équité devant les lois. Elle avait juste espéré qu'Hermione comprendrait, puis prié pour qu'elle ne les condamne pas. Erreur. Maintenant, elle était seule. Elle et ce peuple qu'elle voulait guider et protéger.
- Heda ! Au nom de mon peuple je demande réparation ! s'époumonait toujours l'émissaire du défunt roi.
L'arrivée dans son champ de vision d'Anya la tira de ses pensées et lui fit froncer les sourcils.
- Heda, commença la blonde en posant le genou au sol. Nous avons tous vu le bourreau et le poignard. Le peuple des glaces par la voix de son Roi et de son Ambassadeur est traitre à nos accords. Le sang appelle le sang, Asalhir s'est payée de l'affront. Nul ne peut être autorisé à la pourchasser.
Lexa dévisagea l'Ambassadeur Azgeda.
- Le bourreau n'a pas agi de son propre chef. C'était surement une consigne du Roi Roan. Je considère que c'est à juste titre que votre souverain a payé cette mauvaise décision de sa vie.
Mais l'homme ne décolérait pas.
- Nos deux souverains ont été assassinés par cette femme ! Si elle ne meurt pas Heda, qu'elle soit bannie à tout jamais de vos terres ! Présentes et à venir !
- Baissez d'un ton. J'ai déjà défenestré un émissaire de votre peuple, je peux recommencer, rappela calmement Lexa.
Anya regarda un instant avec une lueur amusée la Commandante, mais décida de lui couper l'herbe sous le pied. Toujours agenouillée devant le trône, et pourtant se sentant en position de force, Anya intervint.
- L'exil est une nouvelle sanction contre celle qui n'a fait que se défendre. Son premier crime a été puni, il n'y en a pas d'autre. Selon nos lois ancestrales, Asalhir a demandé l'asile et la protection d'un clan de l'Alliance. Elle a choisi les Trikus. Heda, tu dois confirmer ce choix devant les Ambassadeurs.
Lexa se leva et toisa son ancien mentor.
- La séance du Conseil est suspendue, dit-elle froidement. Tout le monde dehors, sauf toi Anya.
Les personnes présentes n'osèrent exprimer leur mécontentement, de peur de mourir de la main de la Commandante. Seule Clarke osa un regard surpris à Lexa.
- Attends-moi dans tes appartements, j'arrive dans dix minutes, murmura la Commandante à l'ambassadrice des Skaikrus.
Clarke hocha la tête et fila à la suite des autres chefs de clan, laissant en tête à tête les deux Trikrus.
- Tu la protèges ou tu l'éloignes de moi ? demanda Lexa.
- Occupe-toi de ta nouvelle propriété et laisse Asalhir se remettre de ces trois dernières semaines.
- Je ne te permets pas de me dicter mes paroles ou mes gestes, Anya.
- Je ne me l'autoriserais pas, Heda, fit la blonde avec un rictus tout en s'inclinant avant de reprendre. Mais avoue, sinon à moi, au moins à toi, que les conneries, tu les as accumulées plus vite en un mois que les radiations ne brulent les blés et que maintenant tout te pète à la face. Tu as voulu jouer la carte de la sincérité avec les représentants, mais tu as oublié que dans tous les paniers, il y a des pommes pourries. Les Azgeda nous nuisent depuis avant Nia. Et toi, tu as confondu bienveillance et aveuglement. Tu as perdu ton bien le plus précieux pour n'avoir pas écouté, prends-en à toi-même, Heda, pas à moi. Et apprends de tes erreurs.
Lexa tenta d'avaler la boule coincée dans sa gorge.
- Où est-elle ?
- Aucune idée.
- Je dois la voir.
- Elle ne le souhaite pas, elle a été claire sur ce point.
- Je n'ai pas fini ma formation, je ne pourrais pas lutter contre l'apocalypse nucléaire.
- Fallait y penser avant.
- Anya…
- Oui, Heda ?
- Dis-lui que je regrette.
- Quelle partie ?
La Commandante la regarda sans être sure de comprendre, ce que fit souffler la blonde.
- Elle t'en veut pour ne pas l'avoir défendue... non, protégée est le mot juste. Elle avait confiance en toi, et c'est pour ça qu'elle a subi le châtiment alors qu'elle aurait pu s'y soustraire dès le départ. Mais ce qui a mis le dernier clou dans ton cercueil, c'est que tu l'as trahi jusque dans ton lit. Parce que si j'ai bien compris, tu l'avais fait tienne non ? Et pourtant, deux semaines de cachot et ta couche était réchauffée par Clarke. Alors, je lui dis que tu regrettes quoi ?
La brune sentait la bile en train de remonter le long de son œsophage. L'amertume avait le goût de cendres qui symbolisaient dans son esprit ce qu'elle avait accompli avec les sentiments sincères que lui avait offerts la sorcière. Anya vit le tourment se peindre sur le visage sombre de la Commandante et, sans attendre s'inclina pour quitter la salle du Conseil.
- N'oublie pas, Heda, Asalhir est maintenant Trikru. Fais-en l'annonce aux Ambassadeurs.
- Je le ferai. De ton côté, essaie de la convaincre de me voir.
- Quand tu auras largué ta pétasse, j'organiserai une rencontre. Méfie-toi de Clarke. Elle te ressemble. Elle n'hésitera pas à se servir de toi pour les intérêts de son peuple. Et elle n'hésitera pas à te trahir pour les mêmes raisons.
La blonde franchit les portes et Lexa se retrouva dans une salle qui n'en finissait pas de résonner du pas de son mentor.
La suite la semaine prochaine !
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Bises,
Link9 et Sygui
