Bien le bonjour, gentil-le-s lecteur-trices ;)
Link est presque de retour ! en attendant, pas question de laisser passer une semaine sans mise à jour, alors le voici, le nouveau chapitre ^^
Profitez de la vie avant et après la lecture ;))
L'armée des glaces
Hermione sortait de la douche et s'enroulait dans une serviette quand quelques coups furent frappés à sa porte.
- Si c'est Lexa, je la cogne ! maugréa la brunette en allant ouvrir sa porte, prête à déverser sa fureur.
Cependant, les mots ne franchirent pas ses lèvres, trouvant sur le seuil Abby Griffin. La Skaikru était visiblement épuisée, et frigorifiée, en témoignait ses bras enroulés autour d'elle.
- Bonsoir Asalhir.
- Docteur Griffin, salua la déesse, sur la défensive.
- Désolée de vous déranger, mais il n'y a plus aucune paillasse de libre, toutes les chambres de votre hôpital sont occupées et la route est trop longue jusqu'à Arkadia. Cela vous dérangerait-il de m'héberger pour ce qu'il reste de la nuit ?
Sans un mot, Hermione s'effaça pour laisser entrer la Skaikru dans sa maison, refermant la porte derrière elle. Puis elle se rendit dans sa chambre, se désintéressant de la présence de la médecin.
Planté sur le seuil, Abby était désemparée. Elle s'avança lentement et se dirigea vers la cuisine.
- Est-ce que ça vous dérange si je me fais chauffer de l'eau pour un thé ?
- Faites comme chez vous, lança la Source sans se déplacer.
La médecin sentit plus qu'un soupçon d'ironie dans la voix de la déesse et en fut peinée.
- Vous devez être fière d'avoir sauvé tous ces gens… en tous cas vous devriez...
- Pas spécialement. Ce n'est que mon travail. J'espère que vous trouverez le canapé confortable. Bonne nuit, Docteur Griffin.
Abby grimaça et se tourna pour voir la lumière s'éteindre dans la chambre de la déesse. Elle se massa les tempes, se demandant comment arranger la situation.
- Personne n'a dû vous le dire, mais merci, lança la médecin. Merci pour nous avoir tiré du piège d'Alie. Merci d'avoir sauvé ma fille aujourd'hui, je ne l'oublierai jamais. Et merci de me prêter votre canapé.
- Comme je vous l'ai dit plus tôt, j'ai été mère, se contenta de répondre Hermione.
- Oui, première nouvelle. Vous ne m'en aviez jamais parlé.
Le silence suivit et s'étira, faisant doucement soupirer la Skaikru. Elle prit le parti de s'organiser dans le salon tout en réfléchissant à la situation.
- Fille ou garçon ? relança-t-elle.
- Cinq filles. Quatre sont sorties de mon utérus, répondit la déesse.
Abby sourit, heureuse d'avoir une chance de dialogue.
- Ca a dû vous tenir occupée effectivement. A qui ressemblaient-elles ? Elles avaient votre force de caractère ?
- Je n'ai pas envie d'en discuter. Bonne nuit.
La médecin délaissa la préparation de son thé et se rendit d'un pas décidé dans la chambre. Elle alluma la lumière d'un geste sec et la déesse grogna.
- Bordel, mes yeux ! Vous pourriez prévenir !
- Et vous pourriez être aimable ! rétorqua Abby. C'est comme ça que vous traitez vos amis ?
- Mes amis ? Deux mois que je ne vous ai pas vue ! fit Hermione en se redressant contre son oreiller.
- J'étais débordée, contra la médecin.
- Ouais, par le problème de pilules pour lequel vous auriez dû venir me trouver !
- Et vous, quelle est votre excuse pour ne pas être venue me voir ? Les déesses ne se déplacent pas ?
- Je… là n'est pas la question ! Vous n'avez pas cru bon de me parler du problème mais je suis sure que vous l'avez largement partagé autour de vous ! Je suis quoi pour vous ? Une roue de secours ? Parfait, alors laissez-moi tranquille dans le coffre arrière et oubliez-moi jusqu'à la prochaine crevaison ! Sur ce, éteignez cette putain de lumière que je dorme!
- Non. Vous avez le teint légèrement grisâtre, fit remarquer la médecin. Je dois vous ausculter.
- J'ai pas mal forcé aujourd'hui, j'ai juste besoin de dormir.
- Soit, fit Abby en éteignant la lumière.
Dans la pénombre, Hermione vit la médecin retirer ses chaussures avant de s'avancer vers le lit.
- Abby, le canapé est dans le salon.
- Je sais, répondit la médecin en s'asseyant sur le matelas avant de s'étendre aux côtés de la déesse.
- Mes draps sont propres et vos vêtements dégueulasses. Vous ne vous allongerez pas ici ainsi !
- Aucun problème, fit indolemment la Skaikru en se déshabillant.
Une fois en sous-vêtements, elle se glissa sous la couette.
- Vous avez une literie absolument divine, soupira d'aise la médecin.
- Surtout ne vous gênez pas.
- Vous m'avez dit de faire comme chez moi.
- Vous savez quoi, feula la brunette en s'asseyant sur le matelas, je suis peut-être devenue la propriété de votre Heda parce que j'ai un minimum de sens éthique et que j'ai fait passer la tribu de Luna avant ma petite personne, mais là c'est trop. Je...
- Je m'excuse, la coupa Abby. Vous avez raison, en tant qu'amie j'aurais dû vous en parlé. Mais...
- Mais quoi ? fit abruptement la Source.
- Mais justement je n'ai pas voulu que vous vous sentiez utilisée au moindre problème qui pointe son nez. Et j'ai péché par excès de confiance en croyant que nous serions capables de nous sortir d'une situation que nous avions créée.
- Les humains sont d'une arrogance... souffla la brunette, agacée.
- Asalhir, je suis vraiment désolée. Je ne voulais que vous protéger. Vous êtes une déesse ressuscitée, vous avez des pouvoirs au-delà de ce que je peux concevoir mais, paradoxalement, vous êtes la personne la plus humaine et la plus normale de ce monde. Je vous apprécie beaucoup... plus que cela même, et je ne voudrais qu'il vous arrive quoi que ce soit.
- Mouais, grommela Hermione, exaspérée.
- Allongez-vous, vous avez besoin vous aussi de repos, fit doucement la blonde en la tirant par le coude.
- Pourquoi tout est toujours compliqué ? bougonna la Source en se rallongeant.
- C'est la vie, sourit Abby. Bonne nuit, Asalhir.
- Je m'appelle Hermione. Hermione Granger.
- Hermione Granger... Comme dans Harry Potter ? s'enquit Abby.
- Vous avez lu les livres ?
- Oui, on les avait dans l'Arche.
Hermione ouvrit les yeux pour les poser sur la femme qui la dévisageait avec intérêt.
- C'est vraiment le plus grand succès littéraire de tous les temps... Bref, je suis cette Hermione Granger.
- Et tout ce qui est écrit dans ces ouvrages est vrai ? demanda Abby, intéressée.
- Oui. Sauf la fin... Et elle aurait pu écrire 18 autres tomes supplémentaires, sourit Hermione.
- Donc vous venez d'un autre monde. Vous en avez visité d'autres, en dehors du notre ?
- A peu près cinq cents, confia Asalhir.
- Quel est celui que vous avez préféré ?
- Le mien, sourit Hermione en repensant à toutes les aventures qu'elle y avait vécues, et à tous ses amis.
- Et le pire ? En dehors du notre, bien sûr...
Hermione réfléchit quelques instants et afficha une grimace.
- Il y avait un monde dans lequel un démon primordial avait fait croire aux sorciers que ces derniers détenaient leur pouvoir de lui. Il se faisait appeler Satan et les sorciers lui prêtaient allégeance et inscrivaient leur nom dans un registre. Le démon avait fondé un ordre appelé "l'Eglise de la nuit" qui pratiquait toutes sortes de rituels barbares : sacrifices, cannibalisme... Quand je suis arrivée dans ce monde avec mes amis, nous avons interrompu le... baptême d'une jeune fille. Une certaine Sabrina. La gosse avait tout juste 16 ans et les sorciers la forçaient à inscrire son nom dans le registre. J'ai mis fin à ce cirque...
- Les sorciers vous ont laissé faire ? S'étonna Abby.
- J'ai tué leur grand prêtre, le démon est sorti des entrailles de la terre. Et il s'est chié dessus en reconnaissant sa Créatrice. Je l'ai buté sans autre forme de procès, j'ai cramé le registre, j'ai fait une petite démonstration de pouvoirs aux sorciers pour leur faire peur et je leur ai dit qu'à la prochaine connerie, je reviendrai pour tous les exterminer.
- J'imagine qu'ils se sont tenus à carreau après ça.
- Effectivement. Nous sommes restés dans ce monde quelques mois pour nous en assurer et nous sommes partis vers d'autres aventures, conclut Hermione en baillant.
- Et bien, c'est une vie bien remplie que vous avez eu, sourit la blonde. Et vos filles, de qui tenaient-elles ?
- De mes différentes compagnes...
- Elles devaient être extraordinaires elles aussi.
- Mes compagnes ?
- Vos filles … vos compagnes aussi à n'en pas douter.
- Oui... Elles me manquent tous les jours.
- Vous voulez en parler ?
- Je n'y tiens pas particulièrement.
- Vous parlez de vos compagnes. Vous n'avez jamais été mariée à Ron Weasley, comme il est écrit dans le dernier tome ?
Hermione se redressa comme si on l'avait piqué et dévisagea avec horreur la médecin.
- Jamais. Jamais de la vie. Quelle horreur !
- Veuillez excuser ma curiosité qui vous empêche de dormir.
- Bonne nuit Abby. A demain.
- Bonne nuit, Hermione, répliqua la médecin en déposant sa tête sur l'épaule de la Source, avant de déposer délicatement sa main sur le ventre souple de la déesse. Déesse qui cessa un instant de respirer.
Un émissaire était arrivé de Tondc pour prévenir d'une réunion imminente des Ambassadeurs de l'Alliance. Aussi Clarke avait-elle grimpé dans l'un des véhicules disponibles et Bellamy la conduisait en direction de Polis. Clarke observait le paysage qui défilait, songeuse. Elle n'avait pas de nouvelles de Lexa depuis qu'elle était partie pour le village Trikus, la veille, et un mauvais pressentiment s'était installé depuis.
- Tout va bien ? demanda Bellamy sans quitter la route des yeux. Tu es étrangement silencieuse.
- Oui... je me demande juste pourquoi Lexa n'est pas venue à Arkadia m'annoncer elle-même cette réunion impromptue. Nous aurions pu la véhiculer.
- Elle se déplace avec toute une escorte, cela aurait été compliqué d'emmener tout le monde, fit Bellamy avec un sourire.
- Escorte réduite à cause d'Alie1. Elle n'avait qu'Indra avec elle, rectifia Clarke. Et je n'ai pas non plus de nouvelles de ma mère depuis qu'elle est partie en catastrophe.
Décidemment, quelque chose ne tournait pas rond depuis que la Commandante était sortie du programme informatique. Elle soupira douloureusement. Dès que l'occasion se présenterait, elle en discuterait avec Lexa.
Hermione avait laissé le soleil se lever tout seul, contrairement à son habitude. Aujourd'hui, elle paraissait au lit. Elle souriait tranquillement en regardant sans le voir le plafond de sa chambre. Sa main caressait légèrement le bras d'Abby toujours déposé sur elle. La Skaikru n'avait pas remué depuis qu'elle s'était endormie et la Source avait fait attention de ne pas bouger un cil pour ne pas perdre ce contact, simplement humain.
Elle était bien, Abby endormie contre elle, et elle se laissait bercer par la respiration tranquille de la Skaikru. Elle ferma les yeux et se rendormit paisiblement, heureuse de profiter de ces instants de calme.
La chevauchée vers Polis durait déjà depuis deux heures. Lexa avait maintenu son idée de rentrer à la capitale avec Luna afin de clarifier son statut. Cette dernière ne serait plus une paria, une Natblida qui avait fui le Conclave. Elle serait une chef de clan reconnue pour avoir tout fait afin de sauver les siens. La tâche s'annonçait difficile pour la Heda. Aller contre les lois qui justement protégeaient ses semblables, ne laissant qu'un seul sang d'ébène comme régnant, sans possibilité de coup d'état. Titus ne serait pas content. Mais Luna avait démontré une sagesse qu'elle-même avait piétinée. La Natblida avait choisi de se sacrifier plutôt que de continuer une tuerie qui lui avait couté son frère. Et pour cela, elle méritait de vivre.
La brune fit signe à Indra qui les accompagnait de passer devant, tandis qu'elle ralentissait pour se mettre à la hauteur de Luna.
- Ca va ? attaqua-t-elle tout de go.
- Pas vraiment, non.
- Il ne t'arrivera rien.
- Si tu le dis.
- Je t'en donne ma parole.
Les mots tournèrent dans sa bouche comme quelque chose de difficile à avaler et voir Luna hausser les épaules ne put que la remettre devant ses erreurs.
- Je te demande juste une chose Heda. Si les Ambassadeurs décidaient de me mettre à mort, promets-moi de ne pas abandonner les gens qui m'ont fait confiance. Ils ont besoin de quelqu'un à leur tête. Promets-moi que tu leur donneras un leader.
- Tu as ma parole Luna, et ce leader ce sera toi. J'ai failli une fois, alors que mon rôle de protecteur doit s'étendre à tous. Je ne ferai pas la même erreur une autre fois. Et puis, tu le sais, j'ai d'autres ambitions pour toi.
La paria hocha la tête, peu convaincue que les projets de l'Heda aboutissent à autre chose qu'à lui faire perdre la vie.
- J'ai besoin de toi, conclut Lexa pour donner plus de poids à son engagement.
Un bruissement bizarre attira l'attention des deux femmes, de même que celle d'Indra qui venait de stopper son avancée. Un bouquet d'arbres s'anima violemment jusqu'à laisser passer deux mastifs énormes qui effrayèrent les chevaux. Lexa se trouva désarçonnée, tandis que les deux chiens faisaient reculer les montures d'Indra et Luna contre la volonté de leurs cavalières. A la suite des molosses déboulèrent de toutes parts des malandrins armés jusqu'aux dents qui fondirent sur les trois femmes. Lexa s'étaient déjà remise sur pied, armes au poing, lorsque le premier assaillant croisa le fer avec elle. Rapidement il n'y eu plus dans l'air que les bruits de l'acier se frappant sans relâche et les coups atteignaient plus souvent les rebelles que la Heda et ses guerrières. Pour autant, les trois femmes n'arrivaient pas à se rejoindre pour affronter les assaillants de concert, deux groupes distincts s'étant formés au moment de l'attaque.
Les cris et les coups pleuvaient sans relâche, le sang coulait, rouge ou noir, et les bras commençaient à fatiguer sous les assauts sans cesse renouvelés. La Commandante cherchait comment les sortir de ce guet-apens mais les brigands semblaient sans cesse se renouveler et toute son énergie passait dans le combat. Et puis soudain, tous les assaillants s'écartèrent de Lexa. Interloquée, la Commandante tournait sur elle-même, les épées menaçantes. Et son regard accrocha une scène surréaliste. Indra et Luna avaient visiblement fini par être acculées vers un piège qui les attendaient. Elles se balançaient en l'air, suspendues par les chevilles, désarmées. Un homme massif s'approcha de la brune avec un sourire édenté et malsain.
- Un problème, Heda ? ricana-t-il.
- Que voulez-vous ? fit-elle en le menaçant de la pointe de ses armes.
- Toi.
L'homme tournait tel un vautour autour de la Commandante qui suivait le mouvement sans que son attention ne quitte les deux femmes en mauvaise position.
- Mais je vais être bon seigneur, je te donne un choix. Tu jettes tes armes et tu te rends ou bien…
- Ou bien ?
- Tu continues à te battre. Mais dans ce cas-là, on les égorge comme des cochons et on finit par te tuer de toute façon.
- Parce que vous les relâcher si je vous obéis ? ironisa la Commandante.
- On ne va pas les égorger, nuance importante. Ce n'est pas après elles qu'on en a. C'est après toi.
- Pourquoi ?
- Voilà une excellente question, Heda. Tu n'as pas d'idées ?
La brune sentait des sueurs froides descendre le long de sa colonne, tandis que plusieurs individus maintenaient immobiles les deux guerrières, le tranchant d'un poignard posé sur leur gorge.
- Le sang appelle le sang. Le peuple des Glaces veut réparation pour les meurtres commis.
- Les cas ont été débattus par les Ambassadeurs. Les sentences ont été prononcées. Les peines ont été appliquées, répliqua la brune sans cesser de se mouvoir.
L'homme lui rit au nez.
- Notre Ambassadeur, tu l'as tué. Notre reine, tu l'as fait tuer. Notre roi, tu l'as laissé assassiner. Tu es la responsable mais qui t'a condamnée ? asséna-t-il en la pointant d'un doigt vengeur. Tu n'as rien d'un Heda, tu es un assassin et tu t'es condamnée toi-même. Alors, tu meurs seule ou accompagnée ?
- Ne l'écoute pas Heda, cria Indra. Tu peux les battre.
- Tu peux encore atteindre Polis, renchérit Luna.
Lexa regardait ses amies, hésitante. Devait-elle les sacrifier pour se sauver ? Elle avait déjà fait ce choix quelques lunes auparavant. Que devait-elle décider aujourd'hui ? Deux guerrières contre un Heda… Le temps semblait s'étirer pour tout le monde sauf pour Lexa qui sentait l'urgence de décider. Les lames sur les gorges des deux guerrières allaient mordre les chairs et les gouttes noires qui perlaient déjà au cou de Luna devenaient la seule chose qu'elle voyait encore. Le choc du métal sur les pierres résonna dans le bois lorsque les armes de la Commandante touchèrent le sol.
Le rictus qui se peignit sur la face hirsute du leader de la bande fit mal à la brune. Jamais elle n'avait abandonné un combat. Et elle s'était toujours imaginé qu'elle mourrait les armes à la main… ou que son règne comme Heda durerait plus de six mois. La réalité allait être toute autre. Elle se redressa et carra ses épaules en arrière en faisant face à l'homme tandis que Luna et Indra regardaient la scène dans un silence morbide.
- Bon choix, susurra la brute qui arma son bras et se lança de toute sa force à la rencontre de la jeune femme.
La lame affutée entra dans son abdomen sans coup férir, lui coupant le souffle. Mais l'homme continua sur sa lancée et enfonça l'arme jusqu'à la garde repoussant la brune qui finit par buter contre un arbre alors que l'épée rentrait profondément dans le bois.
Les hurlements de Luna et Indra couvraient avec peine le cri de guttural de l'assaillant tandis que Lexa prenait appui sur la garde de l'arme pour se soutenir.
- Pour la gloire du Royaume des Glaces, hurla-t-il les mains en l'air, provoquant un hourra général de ses hommes encore vivants. Au plaisir de se revoir en enfer, Heda, lâcha-t-il avec un rictus avant de rejoindre les deux guerrières qui se démenaient sans succès au bout de leur corde.
- Sale porc, râla Lexa dans un hoquet sanglant, luttant pour rester debout.
- On s'en va ! s'exclama la brute en fichant un coup de dague dans l'abdomen de Luna et d'Indra.
Il ne fallut que quelques instants pour que le silence revienne dans le bois. Seuls les râles de la brune qui peinait à respirer s'entendaient. Indra avait perdu connaissance tandis que Luna, plus chanceuse dans le coup reçu, tentait de soutenir la brune de la voix.
« Hermione… » lança Lexa dans sa tête, peu sûre de savoir si cela suffirait. « J'ai besoin de toi. »
« Je t'envoie Emily. » répondit une voix ensommeillée et peu aimable.
« Elle ne peut rien pour moi...»
Lexa n'eut pas la force de formuler une autre pensée, concentrant le peu d'énergie qui lui restait à ne pas basculer dans l'inconscience. Si elle perdait connaissance, elle glisserait le long de la lame et sentait que c'en serait fini encore plus vite. Elle ne devait pas mourir avant qu'Hermione soit là avec une pierre magique pour enfermer sa puissance. C'était la seule chose qui occupait son esprit.
Emily apparut et resta sans voix devant la mise en scène. Elle se précipita vers la Heda, posant sa main contre son thorax. La brune sentit un peu de chaleur la parcourir, mais savait la tentative vaine.
- Sauve-les, toussa-t-elle dans son sang. Luna est l'avenir des Heda. Elle est la seule sang d'ébène de ma génération, elle doit reprendre la flamme.
- Ne parlez pas Heda, Asalhir va arriver et tout ira bien.
La Source apparut dans la seconde, arborant un air troublé. Rapidement au côté de la brune, elle laissa Emily prendre en charge les deux guerrières pour se consacrer à la Commandante.
- Que fais-tu là, épinglée comme un insecte sur un bout de bois ? gronda-t-elle en examinant la plaie et les constantes vitales de la Heda.
- As-tu... la pierre ?
- Qu'est-ce que tu racontes ? fit la brunette en fronçant les sourcils.
- Je vais mourir, je veux juste que tu aies le temps de capter la magie.
- Tu ne crois quand même pas que je vais te laisser mourir ? se fâcha la Source.
- Me pardonnes-tu ?
- Garde tes forces et tais-toi, la rabroua la trentenaire.
Hermione laissait faire la médecin en elle, ses mains auscultant magiquement les organes pour comprendre les dommages et commencer à limiter les dégâts.
- Emily, quand tu auras fini, j'ai besoin de toi. Et si l'une des filles est assez en forme, qu'elle vienne aussi, je n'aurai pas assez de mes mains.
La dragonne la rejoignit rapidement, accompagnée par Luna qui était la moins mal en point.
- La lame a perforé plusieurs organes, l'aorte et la veine cave sont tranchées mais partiellement obstruées par l'arme, ce qui limite encore l'hémorragie. Il faut que je clampe tous ces vaisseaux avant de dégager cette épée sinon elle va se vider. En attendant, soutenez-là.
La guérisseuse et la Natblida soulevèrent délicatement la brune en la prenant sous les aisselles afin qu'elle puisse lâcher la prise au pommeau de l'épée sur lequel elle était tétanisée. Le changement de position involontaire de son corps lui arracha un gémissement de douleur qu'elle ne put contenir.
- Je sais, murmura Hermione, mais ça va aller mieux bientôt.
- … froid…
- Tu t'en sors très bien, ne lâche pas.
La Source était totalement concentrée sur ses gestes et chacun d'eux semblaient d'une précision parfaite aux yeux des deux femmes qui supportaient Lexa.
- Comment est-ce arrivé ? fini par demander la brunette sur le ton de la conversation.
Lexa tenta de répondre mais un nouveau flot de sang noir qui remontait son œsophage et inondait peu à peu ses poumons se déversa à travers ses lèvres.
- Elle s'est sacrifiée pour nous, répondit Luna à sa place. Elle aurait pu se battre et les anéantir, mais elle s'est rendue pour nous sauver la vie.
Hermione fronça les sourcils.
- Lexa, je suis fière de toi, mais va vraiment falloir que tu te mettes à faire de la magie sérieusement si tu veux jouer dans la cour des grands.
La brune n'entendait plus que dans un brouillard de son, mais étrangement, un mot percuta ses tympans de façon très claire. Fière… Hermione se souciait d'elle et était fière d'elle. Elle chercha à accrocher son regard et y trouva une assurance tranquille qui la rassura. Apaisée, elle se laissa glisser dans les limbes d'une inconscience où la douleur n'existait plus.
Clarke regardait le soleil disparaitre progressivement à l'horizon. De la salle du conseil, elle avait une vue imprenable sur la ville de Polis baignée d'une douce lumière orangée. Mais la beauté de ce couché de soleil n'arrivait pas à chasser la tension que la Skaikru ressentait. Lexa avait déjà une demi-heure de retard à la réunion qu'elle avait fixée.
"Et Lexa est toujours extrêmement ponctuelle..." songea intérieurement la blonde avant de regarder sa montre.
Les portes s'ouvrirent et Titus, l'air encore plus maussade qu'à l'accoutumée, pénétra dans la salle suivi d'une femme qui n'était pas Lexa. L'inquiétude de Clarke monta d'un cran, l'absence de son amante étant vraiment alarmante.
L'arrivée d'Asalhir fit forte impression, et c'était sûrement dû à la tête fraichement tranchée que la déesse balançait au bout de son bras, au rythme de ses pas rapides. La brunette lâcha la tête sur les pieds de l'Ambassadeur du Royaume des Glaces qui blêmit subitement.
- L'Heda Lexa ne pourra se joindre à nous. Elle a été victime d'une tentative d'assassinat. Qui a heureusement échoué, tonna Hermione. Le sang appelle le sang, ses agresseurs ont tous été exterminés.
- Est ce qu'elle va bien ? demanda Clarke d'une voix blanche.
L'annonce de la tentative de meurtre de sa compagne l'avait comme foudroyée sur place. Tout ce qu'elle souhaitait, c'était quitter cette salle et se précipiter dans les appartements de la Commandante.
- Oui, répondit Asalhir avec un regard pour la Skaikru. Maintenant, les peignes-cul, on va mettre les choses au clair. L'Heda veut changer les lois de ce peuple, car il est temps que vous dépassiez le stade barbare. Votre Heda voulait faire la transition en douceur mais voilà, il se trouve que j'en ai ras-le-cul de votre société de bourrins cradingues. Donc je vais accélérer le changement.
- Et qui êtes-vous pour ordonner cela ? se moqua un ambassadeur. Une meurtrière qui a connu le fouet et les cachots...
- C'est une déesse... rétorqua placidement le président Wallace.
-Merci Dante. Ambassadeurs ici présents, je vais vous expliquer comment cela va se passer maintenant. Le sang appelle le sang va être mon domaine réservé. Le premier qui ose contredire l'Heda, ou même avoir une flatulence en sa présence, je le tue. Je ne suis pas le style déesse d'amour et de pardon. J'suis plus branchée châtiment divin. Alors même si la tradition est de défenestrer les connards, je peux innover. Je tiens à vous préciser que mes méthodes sont plus longues et douloureuses qu'un stupide saut dans le vide. Maintenant que ce point est précisé, passons à la suite. Une deuxième apocalypse nucléaire va éclater d'ici quelques semaines et...
L'Ambassadeur du Royaume des Glaces leva une main tremblante et Hermione se pinça l'arête du nez en soufflant son exaspération.
- Quoi ? Tu veux une tête tranchée sur ta pompe gauche pour qu'elle soit assortie à la droite ? demanda sèchement la brunette.
- Non, Asalhir. Depuis que vous avez euh... depuis les décès de la Reine Nia et du Roi Roan, mon peuple a connu une période d'instabilité politique. Les prétendants au trône se sont entre-assassinés et nous avons maintenant un régent, à défaut de mieux, qui a décidé de lancer une guerre contre Polis et les autres clans. Notre armée marche actuellement sur la capitale et l'assaut est prévu d'ici quelques heures, pendant la nuit.
La fin de la phrase avait été prononcé dans un murmure précipité et les représentants des 13 autres clans s'échangeaient des regards effarés et inquiets. L'armée des Glaces était connue pour être la meilleure et la plus peuplée de l'Alliance. Personne ne pouvait rivaliser.
Anya demanda la parole et Hermione la lui accorda.
- Notre clan est le plus proche territorialement. Je peux dépêcher mon armée mais que je crains que cela soit insuffisant, commença la chef des Trikrus.
- Je peux demander par radio qu'on envoie un bataillon de gardes. Notre technologie fera la différence, ajouta Clarke.
Hermione réfléchit et alla s'asseoir sur le trône de Lexa. Titus manqua de faire un malaise mais la brunette s'en moquait. Oui, elle piétinait l'autorité de l'Heda. Mais les absents avaient toujours tort, et la jeune femme n'était de toute façon pas apte à gérer les catastrophes qui arrivaient. Ce monde avait besoin d'un vrai dirigeant pour les heures à venir et la Source allait remplir cette fonction.
- C'est quoi son petit nom, à votre régent d'opérette ? finit-elle par demander.
- Ontari, c'est une Natblida, répondit l'Ambassadeur avec un dégoût visible. Son bras droit s'appelle Echo. Ensemble, elles...
Il n'acheva pas sa phrase, partagé entre le respect qu'il devait à la fonction et la haine qu'il semblait éprouvée à l'encontre des deux femmes.
- Une sang d'ébène sur le trône des Glaces ? fit Hermione avec un rictus. L'Heda est une visionnaire. Gardes, faites entrer notre invitée !
Les deux guerriers postés près des portes poussèrent les panneaux de bois et Luna avança dans la pièce, la tête haute, la démarche assurée. Cependant, la Source remarquait la tension dans les muscles de la jeune rousse.
- Par ordre de l'Heda, la Natblida Luna n'est plus considérée traître à son sang. Et considérant la trahison des Azgeda, une fois le conflit avec eux terminé, Luna deviendra la régente de ce peuple.
- Et vous allez faire comment, pour régler ce conflit ? Nous n'avons pas les hommes nécessaires pour nous battre, s'enquit l'Ambassadrice de la cinquième tribu.
Hermione eut un haussement de sourcils avant d'afficha un sourire affable.
- Ma chère, je vais m'en occuper. J'ai déjà défait des armées plus conséquentes que les loqueteux congelés qui ont la saugrenue idée d'envahir votre belle cité. Croyez-moi, l'armée de Sauron avait une autre gueule. Ambassadeur des Glaces, approuvez-vous le choix de la Natblida Luna pour gérer votre peuple ?
- Oui, souffla l'Ambassadeur, soulagé d'être toujours vivant et évitant d'être choqué par la nouvelle de voir accéder au trône de sa tribu une lâche qui avait fui le Conclave.
- Et bien, nous avons un accord. Je vous propose de mettre cette résolution au vote du Conseil, et j'espère que ce ne sera qu'une simple formalité, conclut Hermione avec un rictus peu avenant en se calant sur le trône.
La douleur. Omniprésente. Le goût du sang. Ecœurant. Le néant. Froid.
Lexa ouvrit subitement les yeux, cherchant à reprendre son souffle alors que la sensation de se noyer devenait de plus en plus prégnante. A demi redressée sur sa couche, elle gémit en portant une main à son abdomen avant de se laisser tomber sur le matelas, en sueur. Les paupières closes, la volonté tournée vers l'annihilation de la peur qui tentait encore de la submerger, elle accueillit avec soulagement une main fraiche qui se posa sur sa joue et repoussa de son front une mèche collée par sa suée.
- Asalhir, murmura-t-elle, ramenant dans sa mémoire le regard confiant dont l'avait gratifié la Source.
- Désolée, ce n'est que moi, murmura une voix familière.
Clarke. Dans sa chambre. Mais où était passée Hermione ?
Gardant les yeux fermés, Lexa se laissa aller cotre la paume qui n'avait pas quitté sa peau.
- Que s'est-il passé après..., questionna-t-elle, reprenant doucement le contrôle de son corps et de sa respiration, concentrant sa volonté vers un seul point, celui où elle sentait encore le tranchant de l'arme pénétrer ses chairs
- On en parlera plus tard. Dors, tu as besoin de te reposer. Asalhir a ordonné que tu ne quittes pas ton lit avant demain matin.
Évoquer Hermione lui fit automatiquement ouvrir les yeux.
- Où est-elle ? Je dois la remercier, je lui dois ma vie.
- Calme-toi. La déesse passera te voir plus tard. Elle a quelques affaires à régler avant, répondit doucement la leader des Skaikrus.
- Je suis calme, grogna la brune en tentant de se redresser avant de se laisser choir en se crispant de douleur. C'est quoi les affaires qu'elle a à régler ?
- Reste allongée, fit Clarke en exerçant une pression sur l'épaule de sa petite amie. Ta blessure doit cicatriser correctement.
- Que fait la déesse ? insista Lexa.
- L'Ambassadeur des Azgeda nous a informés que l'armée des Glaces allait attaquer Polis. Asalhir est partie régler ce petit souci. Sinon, conformément à tes directives, Luna a été réhabilitée. Elle prendra le trône des Glaces quand Asalhir l'aura rendu vacant... pour la troisième fois.
- Qui l'accompagne ? Combien d'hommes ?
- Personne. Elle nous a assuré gérer le problème sans aide.
- Elle ne peut pas ! fit Lexa avec force. Ce n'est pas à elle de gérer les conflits entre les tribus, c'est à moi ! Elle..., soupira lourdement la Heda. Pourquoi faut-il toujours que ça finisse comme ça ?
- Tu étais inconsciente et la situation était critique. Les Ambassadeurs ont… autorisé Asalhir à intervenir. Elle ne sera pas mise au banc des accusés cette fois.
Des cris guerriers retentirent dans la nuit et Clarke alla se planter devant une des larges fenêtres des appartements de la Commandante. Des milliers de torches illuminaient l'horizon, leur lumière déchirant l'obscurité.
- L'armée des Glaces est en place... murmura Clarke, sa main se portant instinctivement sur le revolver accroché à sa ceinture.
- Aide-moi, l'appela la brune qui avait réussi à enfiler un vêtement mais qui peinait sortir du lit.
- Non. Reste allongée, s'il te plait, insista la Skaikru. La déesse a été très claire sur ce point et je ne veux pas la contrarier.
- Je fais encore ce que je veux, marmonna la brune en se redressant.
Une fois assise, elle essuya rapidement une larme qui s'était formée contre son gré au coin de son oeil. Elle serra les dents pour ne pas gémir au moment où elle porta son poids vers l'avant afin de se lever. La Skaikru vint lui proposer de s'appuyer sur elle tandis qu'elle la prenait par la taille.
- Tu n'en fais qu'à ta tête. Un jour, ça te jouera des tours, chérie, gronda la blonde en emmenant la brune jusqu'à la fenêtre.
- Un autre jour alors, lui sourit rapidement Lexa avant de tendre son bras vers l'appui pour se soutenir.
Les deux jeunes femmes portèrent leur attention sur l'extérieur et Lexa remarqua aussitôt une silhouette illuminée d'une aura dorée qui quittait l'enceinte de la ville.
Le son d'un cor retentit dans le silence de la nuit et des tambours entamèrent un rythme militaire. Des centaines de flèches s'enflammèrent en même temps et fendirent l'air en direction de Polis. L'aura d'Hermione devint encore plus lumineuse, presque éblouissante, et les projectiles enflammés furent bloqués par une barrière invisible. La deuxième salve, tirée dans la foulée de la première, connut le même sort. Le cor retentit une seconde fois et la cavalerie s'élança dans un bruit mat et étouffé, les sabots des chevaux martelant le sol sec. Lexa s'appuya contre le rebord, se pencha plus avant, et plissa les yeux. La silhouette d'Hermione restait immobile devant l'entrée sud de Polis et il semblait à la Commandante que cette dernière avait les bras croisés sous sa poitrine. Une détonation retentit, assourdissante, et une onde de choc percuta la cavalerie ennemie. Les chevaux furent projetés en arrière et les cavaliers, désarçonnés.
- C'est prodigieux, murmura Lexa tandis que des torrents d'eau surgissaient de nulle part pour emporter hommes et chevaux loin du champ de bataille.
"Je croyais avoir dit à Clarke de te surveiller pour que tu restes au lit" résonna la voix de la brunette dans son esprit.
"J'aurais dû être sur le champ de bataille, il s'agit de la paix au sein de l'Alliance.", répliqua la jeune femme en se redressant inconsciemment.
"Tu aurais dû écouter ta femme."
"Ce n'est pas ma...", fusa immédiatement avant d'être interrompue sans égard pour ce qu'elle allait dire.
"Tu saignes", fit prosaïquement Hermione.
Lexa baissa son regard vers son abdomen et découvrit une tâche rouge qui maculait son linge et semblait s'étaler rapidement.
- Merde, siffla-t-elle, attirant l'attention de Clarke sur elle.
- Je te ramène au lit immédiatement ! gronda la Skaikru avec un regard furieux pour sa petite amie.
- Non, pas tout de suite, rétorqua Lexa. Regarde aux portes de la ville !
La silhouette auréolée de lumière disparut le temps d'un battement de sourcil, laissant place à un aigle majestueux qui s'envola dans la nuit. Des nouvelles salves de flèches furent tirées et l'oiseau slalomait gracieusement pour éviter les projectiles enflammés. Après quelques minutes de vol, l'aigle plongea en piquet derrière les lignes ennemis et Lexa le perdit de vue.
- C'est vraiment impressionnant, ce qu'elle peut faire, fit doucement Clarke.
- C'est une déesse, marmonna la Commandante, se demandant ce que son alter-ego trafiquait.
Une déflagration se fit entendre et Lexa remarqua du mouvement dans les lignes ennemies. Toutes convergeaient vers un point, en lisière de forêt.
- Elle a trouvé celles qu'elle cherchait, murmura la Commandante.
- Les Azgedas vont avoir un nouveau leader ce soir, ajouta Clarke.
Deux lumières vertes se firent voir et des cris retentirent dans la nuit.
L'armée si bien organisée face à Polis sembla s'arrêter comme une vague se brisant sur une digue avant de refluer, sans plus aucune harmonie.
- C'est fini, commenta Lexa.
- Ce fut rapide, fit la blonde. La déesse a prévu que tu couronnerais Luna demain matin devant les Ambassadeurs. Mais tu dois être en forme pour ça. Retourne au lit.
La brune hocha la tête et, chancelante, regagna sa couche. L'effort consenti pour se lever, rester debout et maintenant se rallonger lui fit crisper les mâchoires.
- Dois-je appeler Emily ? s'enquit Clarke.
- Non ça ira... répondit la Commandante en calant un oreiller sous sa tête.
Clarke leva tout de même le vêtement de la brune pour s'assurer que le saignement contenu par le bandage semblait cesser, ce qui déclencha un grognement mécontent chez la brune.
- Je ne suis pas en sucre, maugréa-t-elle.
- Non, mais tu aurais pu mourir aujourd'hui.
- Raté, bougonna encore la jeune femme.
- Heureusement, lui sourit la blonde en caressant doucement sa joue.
La Skaikru se pencha et embrassa langoureusement les lèvres de son amante qui répondit au baiser, ignorant le léger sentiment de gêne qui prenait naissance en elle. Elle décida de profiter de ce moment et encadra le visage de Clarke de ses mains.
Un craquement sonore se fit entendre, faisant sursauter les deux jeunes femmes, et Clarke mit fin au baiser pour se retourner vivement, son arme à la main, prête à tirer. Hermione venait d'apparaître dans la pièce, le visage chiffonné et une main sur le coeur.
- Visiblement, je tombe mal... haleta la Source. Juste pour vous dire que tout est sous contrôle et que les Azgedas regagnent leur terre. Bonne nuit, mesdames.
Alors que la brunette allait claquer des doigts, Lexa tendit la main vers la Source, incapable qu'elle était de se redresser.
- Merci. Merci pour tout. Tu pourras passer me voir demain, après le Conseil ? Nous devons discuter de... de l'avenir.
"Je sais que mon avenir n'est pas ici, et je ne me déplace pas pour les mariages" répondit la Source dans son esprit.
- Même les déesses doivent se reposer. Je passerai un autre jour, fit Hermione à voix haute.
Lexa ne sût quoi répondre et la Source en profita pour disparaître.
- Je m'inquiète pour elle, fit Clarke. Elle avait l'air épuisé.
La Commandante regarda son amante se déshabiller pour finir par venir s'allonger à côté d'elle.
- Repose-toi. Une longue journée t'attend demain.
Lexa soupira avant de se concentrer sur la chaleur qui provenait du corps nu de son amante lovée contre elle. Elle se sentait mal, et ça n'avait plus à voir avec son erreur de jugement qui avait mené la brunette dans ses geôles.
Et voilà ! la semaine peut commencer maintenant ;)
on vous souhaite plein de plaisir en vacances … ou pas en vacances !
pensez à nous dans une revue ;)
Sygui et Link
