Bonjour !

La grève des auteurs est temporairement suspendue, mais elle pourra reprendre quand bon leur semble!

Parce que oui, ok, c'est les vacances, on sait. Mais 153 personnes sont venus lire le dernier chapitre, et nous n'avons eu que 4 reviews en plusieurs semaines. Je rappelle que cette histoire qui dure maintenant depuis 2008 est écrite à titre bénévole. Que notre seule rétribution est vos commentaires.

Bonne lecture !


Chapitre 17 : Le plan d'Asalhir

Anya connaissait par coeur les habitudes d'Asalhir. Plus de six mois que la déesse vivait à Tondc et la chef de clan savait exactement où trouver la Source à toute heure de la journée. Aux premières lueurs, Hermione ouvrait ses fenêtres et, pendant qu'elle aérait sa maison, elle en profitait pour faire une demi-heure de sport. Ensuite, elle prenait une douche, puis un copieux petit-déjeuner agrémenté d'une tasse de thé et d'un expresso serré. Enfin, elle passait un coup de balai et de serpillière avant de se rendre à son dispensaire.

Aussi, Anya s'inquiéta de trouver les volets de la brunette toujours clos alors que le jour était levé depuis plus d'une heure. La chef des Trikrus frappa plusieurs coups à la porte d'entrée et finit par pénétrer dans la maisonnette sans attendre la permission de la propriétaire. Elle la trouva endormie sur son lit, des livres et des feuilles noircies d'encre étalés autour d'elle. Un cendrier débordant de mégots se trouvait en équilibre précaire sur le rebord du matelas, un de ses bords reposant contre une bouteille d'alcool vide. La blonde fronça les sourcils en détaillant le fatras et surtout en envisageant l'état alcoolisé de la Source.

- En plus, ça pue, fit-elle en reniflant avec dégoût l'odeur du tabac froid, s'avançant dans la pièce pour pousser toutes les ouvertures et aérer.

Ce faisant, elle fit rentrer le soleil dont les rayons vinrent frapper la Source dans son lit. La brunette remua mollement, grogna et poussa un soupir douloureux.

- Chier... fit la Source d'une voix d'outre-tombe avant de se redresser contre son oreiller.

Elle papillonna des yeux et dévisagea un instant la chef de clan qui s'installait à l'envers sur une chaise.

- Tu me racontes ta nuit ? demanda Anya en croisant les bras sur le dossier. Je la devine agitée.

- J'ai défait l'armée des glaces, j'ai frôlé l'arrêt cardiaque et j'ai passé le reste de la nuit à chercher une solution pour vous sauver de l'apocalypse nucléaire.

- Je suppose que la cigarette c'est pour la solution à l'apocalypse. Mais l'alcool, c'est pour fêter la victoire sur les Azgedas ou pour oublier la Heda que tu as sauvée hier ?

- Les deux.

- Et ça marche ? questionna la guerrière.

- Merveilleusement, grommela la brunette en passant une main sur son visage fatigué.

La brunette ramassa plusieurs parchemins et en fit une pile.

- Tu as réussi à trouver une solution au problème nucléaire ? s'enquit Anya.

- Ouais...

La Source attrapa une cigarette et l'alluma dans un claquement de doigt.

- Mais je vais avoir besoin d'aide et d'un peu de temps, reprit-elle. Tu pourrais demander aux Skaikrus s'ils ont pu affiner leur prévision ?

- Bien sûr. Je comptais aller les voir ce matin car mes espions m'ont signalé un début de soulèvement dans le camp. Tu veux venir avec moi ? Tu auras l'occasion de compter fleurette au Docteur Griffin. Elle avait l'air triste que tu sois partie en coup de vent hier...

- Jalouse... la nargua la Source.

- Pas vraiment. Tu pues plus que mon cheval...


Il y a des matins qu'on n'a pas envie de vivre. C'était un peu le sentiment de Lexa lorsque son esprit reprit le contrôle de son corps. Elle avait mal. Partout. Et en plus elle ne se sentait pas du tout confortable, le corps pressé contre elle lui donnait trop chaud. Lentement, elle s'autorisa à bouger, se souvenant au fur et à mesure de sa presque mort, transpercée par une lame qui la maintenait debout contre un arbre. Un frisson violent la parcourut.

- Tout va bien, ma chérie, chuchota Clarke d'un ton apaisant. Reste allongée et repose-toi, tu en as bien besoin.

- Je n'ai pas le temps. Le Conseil pour le couronnement de Luna...

- Ne commencera pas avant quelques heures, coupa la Skaikru. Rendors-toi.

- J'ai déjà assez dormi. Mon peuple a besoin de sa Heda.

- Notre peuple a besoin de sa Heda en pleine possession de ses moyens. A vouloir trop tirer sur la corde, elle se casse. Repose-toi encore un peu, s'il te plait.


Anya était accroupie, dissimulée derrière un buisson. Son regard acéré ne quittait pas l'agitation qui régnait dans le clan des Skaikrus. Hermione, à ses côtés, s'était allongée sur le sol et contemplait le ciel d'un regard absent.

- Effectivement, le vent de la révolte souffle sur Arkadia, murmura la chef de clan. Cet homme, Charles Pike, est très remonté. Ca va mal se terminer.

- Tu veux que j'y aille pour le calmer ? s'enquit la Source.

- J'ai envoyé un messager au petit matin, Lexa et Clarke doivent déjà être au courant de ce qui se trame. Laisse-les se démerder.

- Et donc, que fait-on là ? On ne va pas attendre qu'elles se pointent, j'ai autre chose à faire.

- Comme draguer le docteur Griffin ? se moqua la blonde sans bouger de son poste d'observation. Il serait temps que vous passiez aux choses sérieuses. J'en ai marre de vous voir vous tourner autour.

Hermione lui renvoya un regard torve avant de reporter son attention sur le ciel.

- J'pensais plutôt menacer Raven d'une main au cul si elle ne me donne pas ses prévisions sur le délai avant l'explosion des centrales.

- Tu parles d'une menace. Ca va l'inciter à retarder le rendu de ses conclusions, plaisanta Anya avant de reprendre plus sérieusement. C'est comment, la mort ?

- C'est à dire ?

- Comment ca fait, de mourir ? Et il se passe quoi après ?

- Pour moi, ce fut douloureux les deux fois. Mais ça ne dure que quelques secondes, répondit la Source.

Anya tourna légèrement la tête pour voir un mince sourire étirer les lèvres de son amie.

- A ma première mort, je suis descendue chez Hadès. Je n'y suis heureusement pas restée longtemps grâce à des complices en interne. Personne ne voulait voir l'Initiale régner sur les mondes et mon évasion a été facilitée. La deuxième fois...

Elle se tut un instant, son regard se perdant sur l'immensité bleue parsemée de quelques nuages épars.

- La deuxième fois, je pensais être au bon endroit.

- Le bon endroit ?

- Il n'y a pas de paradis ou d'enfer. Mais si on doit schématiser d'un point de vu manichéen, il y a un bon endroit et un mauvais endroit. Je pensais être dans un des quartiers du bon endroit. Mais mes proches, mes anciens amis, n'étaient pas dans ce quartier, ce qui n'était guère satisfaisant. L'architecte du quartier, un certain Michaël, m'a dit que j'avais été aiguillé dans le mauvais quartier et qu'il allait se charger de mon transfert dans les plus brefs délais. En attendant, je devais profiter du nouveau quartier construit dans le bon endroit.

- Quartier ? Le bon endroit est divisé en quartiers ? s'étonna Anya.

- Et le mauvais endroit aussi. Enfin, mes couilles, c'était du flan, j'étais au mauvais endroit avec d'autres humains et nous nous "torturions" mutuellement. Le Michaël était un démon et surtout, un bon gros taré qui a appliqué à la lettre la maxime : "L'enfer, c'est les autres".

- Ils t'ont torturé comment ? demanda la chef de clan.

- Déjà, on ne pouvait pas jurer. Quand tu voulais dire "putain de bordel de merde", tout ce que tu pouvais prononcer était : "lutin de bretzel de merle". C'était usant.

- Surtout pour toi qui passe ton temps à jurer, sourit Anya.

Hermione acquiesça avant de reprendre.

- Ensuite, pour me torturer, ils ont utiliser l'arme administrative. Tous les jours pendant des centaines d'années, ils m'ont fait refaire le formulaire de transfert. Soit il manquait un tampon, ou une photocopie, ou la signature n'était pas dans la bonne case, ou quelqu'un reversait du café sur mon formulaire. Bref, au bout d'un moment, avec mes compagnons d'infortune, on s'est rendu compte qu'on était au mauvais endroit et on était en pleine évasion pour rejoindre le bon endroit quand Lexa m'a ressuscitée.

- Je ne vois absolument pas de quoi tu parles mais ça a l'air terrible. Comment as-tu pu te retrouver en enfer... euh, au mauvais endroit ? Toi ? La Source ?

- J'suis pas un parangon de vertu et de bonté... grogna Hermione, amère. Et le fait que j'ai sauvé plusieurs fois l'humanité n'est apparemment pas suffisant pour racheter les conneries que j'ai pu faire.

- Il devait y avoir pire que toi, dans cet endroit.

- Ouais... finit par répondre Hermione, ses lèvres s'étirant en un mince sourire attendri. Eleanor Shellstrop.

- Une copine à toi ?

- Une collègue d'évasion. Comme j'avais "atterri par erreur dans le mauvais quartier", je n'avais pas d'endroit où dormir, et Michaël lui a demandé de m'héberger dans sa petite maison. C'était une connasse égocentrique au langage de charretier dont le job, de son vivant, consistait à vendre des placebos à des vieux malades. Elle était brillante, dans le style "pur génie machiavélique"... Et drôle. Et c'était une buveuse de tequila hors pair. Elle me manque, par moment.

- J'ai le sentiment qu'elle a réussi à toucher ton coeur. Et peut-être plus... sourit la chef de clan.

Hermione se contenta d'un sourire énigmatique et ferma les yeux, se plongeant dans de vieux souvenirs. Anya reporta son attention sur Arkadia. Elle n'en saurait pas plus pour le moment, mais elle avait tout son temps.

- Tu veux qu'on y aille ? proposa la chef de clan.

- Ouais. Car si je dois mettre en œuvre le plan que j'ai imaginé cette nuit, je n'ai pas de temps à perdre...


Lexa écoutait depuis près d'une demi-heure les inquiétudes exprimées par les différentes tribus. Toutes angoissaient au sujet des centrales nucléaires qui allaient exploser dans les prochaines semaines, mais aucune ne proposait la même solution. Plusieurs tribus voulaient fouiller les terres à la recherche d'abris étanches tandis que les Skaikrus, par la voix de Clarke, proposaient de réparer leur Arche et de la renvoyer dans l'espace. Luna, quant à elle, n'osait pas intervenir, son couronnement ayant provoqué quelques crispations en début de séance. Emily, qui avait exceptionnellement assisté à la séance, demanda la parole.

- Qu'en pense Asalhir ? demanda la Guérisseuse.

- Elle travaille de son côté à trouver une solution à notre problème. Mais elle aidera l'Alliance, quelle que soit la décision des Ambassadeurs, répondit prudemment Lexa.

Dante leva la main et prit la parole.

- Mes ingénieurs se mettront en contact avec Raven des Skaikrus. Pour ce qui est des abris étanches, s'il y en a dans la région, nous pourrons vous en dire plus dans 72 heures.

- Parfait, fit Lexa avec un hochement de tête. Pour les réparations de l'Arche, je vais demander au Trikus d'aider les Skaikrus. Autant mettre toutes les chances de notre côté. La séance est levée. Clarke, tu peux rester quelques minutes s'il te plait ?

Les Ambassadeurs se levèrent dans un brouhaha d'échanges de points de vue quant à leurs chances de survie et Clarke s'avança vers le trône, affichant un regard surpris.

- Un problème ? demanda la jeune femme.

- Ta proposition de renvoyer l'Arche dans l'espace est intéressante mais combien de personne peut-on sauver ?

La blonde allait répondre quand les portes de la salle s'ouvrirent en grand. Un natif pénétra d'un pas rapide et s'agenouilla devant Lexa, n'osant lever les yeux vers sa Commandante.

- Heda, Anya m'a chargé de vous dire qu'un mouvement contestataire a éclaté au sein des Skaikrus. Certains hommes du ciel, dissidents, souhaitent quitter l'Alliance, annonça le messager.

Lexa fronça les sourcils et regarda la blonde.

- Tu étais au courant ?

- Non, absolument pas, répondit Clarke.

Lexa acquiesça avant de se lever de son trône.

- Fais préparer une escouade, intima-t-elle au soldat, on part pour Arkadia sur le champ.

Le soldat acquiesça et sortit à reculons.

- On peut y aller en voiture, ce sera plus rapide. Mais pourquoi veux-tu venir ? Laisse-moi gérer ça, fit Clarke.

- Sortir de l'Alliance n'est pas sans conséquence pour le reste des tribus. La survie de beaucoup d'entre nous dépend de nos ententes. Je me dois d'être là.

- Tu es été grièvement blessée hier, tu n'es pas en état de te battre si ça dégénère. Je serai plus rassurée si, en sus de ton escorte, la déesse était là pour assurer nos arrières.

Lexa n'avait visiblement cure de l'avis de Clarke et quittait rapidement la pièce en positionnant ses armes sur elle.

- Tu viens ou tu restes là ? cria la Heda depuis le couloir.

- Je sens que ca va mal se terminer... murmura Clarke avant d'emboîter le pas de sa petite amie.


Hermione frappa quelques coups à la porte de l'unité médicale et afficha un léger sourire tandis qu'Abby Griffin se tournait vers elle.

- Hermione ! Je suis soulagée de vous voir, s'exclama la médecin.

- Oui, merci. Et désolée d'être partie aussi vite hier.

- Comment va Lexa ?

- Vivante et de nouveau prête à gérer les affaires.

La brunette pénétra dans la salle, prenant soin de fermer la porte derrière elle.

- Besoin d'intimité ? demanda Abby, inquiète.

- Je viens vous parler de l'apocalypse nucléaire, répondit Hermione. Vous avez quelques instants à m'accorder ?

- Bien sûr, installez-vous, fit la femme en désignant une chaise. Je vous écoute.

- Je viens de voir Raven. Nous n'avons que quelques jours devant nous. L'état des centrales se détériore de plus en plus vite. En témoigne le sauvetage en urgence des gens de Luna avant-hier.

Hermione noua nerveusement ses doigts entre eux, hésitant à livrer la suite de sa pensée, craignant de se voir opposer une fin de non recevoir.

- Je... j'ai imaginé une solution pour nous sortir de cette situation. Mais je vais avoir besoin de vous, Abby. En toute confidentialité.


Clarke et Lexa étaient assises côte à côte dans la voiture qui les amenaient au camp Arkadia, mais aucune des deux femmes ne semblaient vouloir desserrer les dents. Bellamy jeta un coup d'oeil au rétroviseur central avant de reporter son attention sur la route cahoteuse.

La Commandante, n'ayant aucune envie de discuter, croisa les bras sous sa poitrine et ferma les yeux. Elle allait jouer son rôle d'Heda une fois au camp Arkadia pour calmer la révolte qui couvait et après, elle retournerait à Polis et prendrait un peu de temps pour elle, sans obligation politique ou militaire. Et le premier qui viendrait la faire suer se retrouverait avec une dague plantée dans la gorge. Forte de cette décision, elle inspira profondément pour se calmer et se dit qu'une petite sieste serait la bienvenue. Aussi, profitant des mouvements berçant de la voiture, elle se laissa glisser dans un sommeil qu'elle espérait sans rêve.

Cependant, elle put constater amèrement qu'elle s'était trompée. Elle se trouvait dans ses appartements, allongée sur son lit, et une silhouette féminine l'observait depuis le pas de la porte. La Commandante songea un instant à Hermione et craignit que son rêve ne tourne au cauchemar. Cependant, ce n'était pas la brunette qui s'avançait vers elle, le regard exprimant mépris et dégoût, mais une femme rousse au port altier, une femme qu'elle avait déjà vu dans les souvenirs d'Asalhir.

- Vous êtes Aliénor, fit Lexa en fronçant les sourcils.

- Bien vu pour une sauvageonne.

Lexa lui jeta un regard dédaigneux et s'efforça de conserver son calme.

- Faites preuve d'imagination, Hermione m'a déjà tenu ce discours. Que faites-vous dans mes rêves ? Et comment y arrivez-vous, puisque vous êtes morte ?

- On vous a octroyé ma magie, imbécile, rétorqua la Reine. Vous êtes en possession d'une partie de mon essence. Je suis restée en retrait ces derniers mois pour vous observer, mais aujourd'hui, je me devais d'intervenir. Vous portez préjudice à mon image et à la Source que j'ai été. Et vu qu'Hermione semble baisser les bras avec vous, je consens à vous accorder une dernière chance d'être une Origine de toutes magies convenable, à défaut d'être exceptionnelle.

- Je passe mon tour. Sur ce, je ne vous retiens pas, la rembarra la brune, excédée d'être dérangée jusque dans son inconscient.

- Ce n'est pas une option, sauvage mal dégrossie. On parle de magie, d'une puissance millénaire, sombre, envoûtante, qui a perverti des sorciers sages et aguerris. Vous avez le pouvoir de détruire cette terre en un claquement de doigt. Vous ne pouvez pas laisser votre puissance sans maîtrise.

La brune décida de l'ignorer et ferma les yeux pour enfin se reposer. Un claquement de doigt se fit entendre et, sentant un léger courant magique la frôler, la Commandante daigna ouvrir une paupière. Elle se rassit dans son lit, paniquée, en découvrant qu'un cercle de flammes l'entourait.

- Vous êtes folle ! s'exclama l'Heda.

- Maintenant que j'ai votre attention, vous allez m'écouter.

Le cœur battant à tout rompre dans sa poitrine, Lexa tenta de se raisonner.

- Vous êtes le fruit de mon imagination, un rêve, vous ne pouvez pas m'atteindre.

- Vous êtes la plus pathétique de ses coucheries. Et pourtant, avec Regina Mills, je pensais qu'Hermione avait touché le fond. Enfin, je suppose que vous avez l'excuse de votre condition de sauvage.

- Et c'est quoi votre excuse à vous pour faire chier le monde ? siffla la brune. Allez donc hanter votre ancienne moitié !

- Aucun intérêt, nous avons l'une et l'autre tourné la page. En revanche, je m'inquiète pour elle. Votre non maitrise de votre pouvoir finira par la tuer. Car je la connais, elle ne laissera pas votre peuple se faire éteindre. Elle s'occupera seule de votre problème de centrales et y laissera la vie. Vous avez remarqué qu'elle commençait déjà à avoir des problèmes cardiaques...

La mention attira favorablement l'attention de l'Heda.

- Je sais que je n'ai pas pu l'aider, ou poursuivre avec elle mon apprentissage, mais mes journées ont été plus qu'occupées...

- Inutilement, coupa l'ancienne reine. Et nous allons rectifier cela, car il y a urgence. Et ne vous avisez pas à me faire perdre mon temps, vous le regretteriez amèrement.

Lexa devait reconnaitre que la rousse avait une prestance et une autorité naturelle qui ferait pâlir plus d'un chef de clan. Elle-même en était presque jalouse. Elle présentait bien, elle parlait bien, elle était une femme admirable. La Commandante comprenait ce qu'avait aimé Hermione chez cette sorcière.

- Bien, finit par dire Lexa, conciliante. Comment comptez-vous faire de moi une source convenable ?

Un rictus victorieux transparut sur le visage de la rousse.

- Je vais implanter dans votre cervelle sous-développée mes connaissances.

- C'est tout ?

La rousse afficha un rictus des plus narquois.

- Vous allez recevoir un savoir millénaire et gigantesque. Vous allez ressentir la pire migraine de votre vie.

- Mais je pourrais aider Hermione.

- Ne mettez pas la charrue avant les bœufs. Ne pensez pas lui arriver à la cheville avant un ou deux siècles. Mais elle pourra éventuellement vous trouver une quelconque utilité dans les prochains jours. Bien, commençons le transfert, conclut la rousse en agitant la main.

Lexa haussa un sourcil quelques secondes avant qu'une douleur lui vrille le crâne. Elle prit sa tête entre ses mains et se massa les tempes en pure inutilité.

- Putain, ça fait un mal de chien, gémit la Heda.

- Petite nature, se moqua l'ancienne reine de France. Ca ne durera que quelques minutes.

Après ce qui parut être une éternité à Lexa, la douleur disparut aussi subitement qu'elle était arrivée. La jeune femme se redressa et posa un regard dubitatif sur la rousse.

- Et maintenant ?

- Maintenant, je vous laisse car vous êtes arrivée à destination. Mes amitiés à Hermione, ajouta l'ancienne Sage avant de disparaître.

Lexa ouvrit les yeux et se rendit compte que la voiture était à l'arrêt. Clarke ouvrit sa portière et sortit du véhicule, immédiatement suivie par la Heda. Elle embrassa du regard les alentours et fut surprise, même si elle ne le montra pas, de trouver Hermione devant l'Arche, occupée à discuter avec la mère de Clarke.

Hermione aussi la repéra lorsque Abby envoya la main pour saluer les arrivantes. Elle salua aimablement la médecin et lui serra la main avant de se diriger vers une des sorties du camp, à l'opposé des arrivants.

Une détonation retentit et Hermione s'arrêta, figée dans son mouvement, avant de s'écrouler sur le sol.

- Mort à l'Alliance ! Mort à la propriété de l'Heda ! Vive le peuple du ciel ! cria une voix masculine suivie d'applaudissement.

Lexa était scotchée sur place, son esprit tentant de faire du sens avec l'image d'Hermione au sol, la détonation, le cri de haine et le nom du Heda. Dans son champ de vision périphérique, elle vit Clarke, au ralenti, se mettre à courir tandis qu'Abby s'agenouillait à côté de la déesse. Et soudainement, tout s'accéléra et les hurlements autour d'elle lui parvinrent avec une acuité décuplée. Abby aboya quelque chose à Bellamy qui se précipita dans l'Arche et Clarke et Anya arrivaient près d'Asalhir qui se vidait de son sang.

- Non, non, non... marmonna-t-elle en se précipitant à son tour, dérapant avant d'atteindre la brunette pour finir à genoux à ses côtés. Hermione, me fais pas ça...

- Elle ne fait rien, elle subit, gronda Anya avant de claquer des doigts à l'attention de ses gardes du corps. Trouvez celui qui a fait ça et tranchez-lui la tête.

- Non ! fit vigoureusement la Heda sous le regard surpris de la chef de clan. Trouvez-le et amenez-le moi. Je ferai tomber sa tête moi-même. Et s'il y a des complices, trouvez-les aussi !

Bellamy arriva avec une trousse à la main, suivi de deux hommes poussant un brancard.

- Calmez-vous, ordonna Abby. J'ai besoin de me concentrer.

Lexa serra les lèvres, portant son regard vers Clarke en quête d'une bonne nouvelle. Mais la blonde ne la regardait pas. Elle n'avait d'attention que pour sa mère et leur patiente.

- Je ne vois pas d'orifice de sortie, murmura-t-elle tandis qu'Abby acquiesçait gravement.

- Et alors ? questionna abruptement Lexa. C'est bon signe ?

- Il faut l'ouvrir pour savoir, répondit Abby.

- Mais vous allez la sauver ?

- Je vais tout faire pour. En attendant, aidez-moi à la hisser sur le brancard.

Lexa obtempéra, prenant la Source sous les aisselles tandis que Bellamy l'attrapait par les jambes.

- Anya, je veux un cordon de sécurité, personne à moins de dix pieds, ordonna la Heda en emboîtant le pas d'Abby, tandis que Clarke et le Skaikru levaient le brancard.

Tous gagnèrent l'intérieur d'Arkadia, direction le bloc opératoire. L'Heda positionna deux guerriers d'Anya pour garder la porte et la scella derrière elle. Abby et Clarke se dépêchaient de passer des habits et un masque tandis qu'un infirmier déshabillait sans mouvement brusque la patiente.

"Tout ira bien, je l'ai récupérée dans des états bien pires" fit la voix d'Aliénor dans son esprit.

"Heureuse de vous savoir encore en moi."

"Seulement pour quelques minutes."

"Ce sera suffisant. Que dois-je faire ?" demanda la Commandante.

"Vérifier que ces deux bouchères ne provoquent pas plus de dégâts." répondit la Reine. "Concentrez-vous à présent, elles vont ouvrir pour extraire la balle et réparer les dégâts."

Lexa approcha un tabouret de la table d'opération et s'installa à la tête de la Source.

- Clarke, Abby, allez-y, et dites-moi ce que vous comptez faire au fur et à mesure.

Abby regarda sa fille par-dessus le masque chirurgical avant d'acquiescer. La première entaille du scalpel fut sans doute plus douloureuse pour la brune que pour l'Origine de toute magie qui n'avait pas repris conscience depuis l'attentat. Toujours connectée à son ainée par la volonté d'Aliénor, Lexa ressentait l'intervention au travers de son lien magique.

"Vous devez apprendre. Oubliez qu'il s'agit d'Hermione et regardez, les dégâts, les actions, les gestes."

De temps en temps, Clarke voyait Lexa hocher la tête, concentrée sur ce qui se déroulait. Abby lui glissait aussi des coups d'œil sans comprendre comment la Heda pouvait suivre ce qui se passait sous ses yeux.

- Mince... C'est un vrai carnage à l'intérieur, murmura la chirurgienne en trouvant un nouvel orifice dans les viscères de la brunette.

- Attendez de voir le carnage que je ferai dans votre clan si on ne trouve pas rapidement l'assassin, laissa tomber la Commandante.

- Lexa, on est tous désolés de ce qui vient de se passer, tenta Clarke.

- Pas autant qu'elle, répliqua la brune en serrant inconsciemment la main d'Hermione. Elle a tout fait pour vous, elle vous a sauvé la mise à plusieurs reprises et pour quoi ?

- On va la sauver.

- Vous avez intérêt.

Les deux Skaikrus échangèrent un regard inquiet avant de revenir à la tâche.

- J'ai un problème ici, fit Abby au bout d'un instant.

Clarke et Lexa se penchèrent vers l'avant, attentives.

- Son rein ressemble à un steak haché, soupira-elle. Je vais devoir le retirer.

- Non, trancha la voix de la Commandante.

- Je ne suis pas en mesure de le sauver, Lexa, murmura Abby.

- Vous non, mais moi oui.

La brune se leva, regarda un instant l'organe abimé, puis étendit sa main au-dessus. Fermant les yeux, elle se laissa guider par les instructions qu'Aliénor lui fournissait. Sous les yeux ébahis des chirurgiennes, le rein s'illumina et se reconstruisit lentement.

- Je ne savais pas que vous aviez ces... pouvoirs, murmura Abby, impressionnée. Pourquoi ne pas les avoir utilisés pour l'ensemble ?

- Je... je ne les maitrise pas complètement, répondit la Heda en se rasseyant, blanche comme un drap.

- Une chose dont tu as oublié de me parler... remarqua sans animosité Clarke en tendant une pince à sa mère. Et ces pouvoirs, tu les tiens d'où ?

- Je suis l'autre moitié de l'Origine de toutes magies, répondit Lexa en contemplant la Source. C'est moi qui ai réveillé la déesse et j'ai eu une puissance égale à la sienne. Nous formons un tout. Mais je ne suis pas certaine de ce que ça implique.

La Skaikru soupira doucement. Elle comprenait enfin pourquoi la brune avait semblé parfois perdue au cours de leurs six mois de relation.

- On a bientôt fini, fit Abby, les interrompant toutes les deux dans leurs pensées. Je pose le drain, on referme avec un pansement temporaire pour suivre l'évolution de la guérison.

"Ne peut-on pas faire mieux ? La réveiller plus rapidement ?" demanda Lexa à Aliénor.

"Si, mais ce n'est pas souhaitable. Elle est hors de danger, maintenant. Vous n'avez plus rien à faire. Occupez-vous de trouver le tireur et de calmer l'émeute."

Lexa se leva et remercia Clarke et Abby d'un hochement de tête avant de sortir sans un mot de la salle.

- Après ce qui s'est passé, Asalhir ne nous aidera jamais. Je ne sais pas qui lui a tiré dessus, mais il nous a tous condamné à mourir du primefire... fit sombrement Clarke.

- Non, la déesse n'est pas comme ça. Fais-lui confiance, elle nous aidera, répondit doucement Abby en posant un doux regard sur sa patiente inconsciente.


Deux heures plus tard

Lexa était comme figée. Seul son regard inquiet allait et venait entre les différents protagonistes assis autour de la table de commandement de l'Arche. La réunion qu'elle avait organisée pour réfléchir au problème nucléaire avait commencé seulement dix minutes plus tôt et l'Heda se trouvait déjà en difficulté.

- C'est une plaisanterie ? demanda-t-elle de sa voix froide de Commandante.

- Nos projections sont fiables à 95%, répondit le président Wallace.

- Effectivement, assura Raven. Nous n'avons que cinq jours avant l'explosion des centrales. D'ailleurs, certaines ont déjà vu leur coeur fusionner.

Bellamy et Clarke échangèrent un regard entendu que Lexa capta.

- Qu'y a-t-il ? s'enquit l'Heda.

- je t'ai parlé ce matin de la possibilité de renvoyer l'Arche dans l'espace, fit Clarke. Cependant, nous pourrons emmener que 100 personnes. Et nous devons constituer des provisions.

Lexa se leva et tapa du poing sur la table.

- 100 personnes ? C'est insuffisant. Vous ne partirez pas dans l'espace en nous abandonnant à notre sort.

- Lexa, commença Clarke, il n'est pas question de ça. Enfin, pas tout à fait, ajouta-t-elle devant de regard fermé de la brune. L'apocalypse qui s'annonce, personne ne peut la stopper. Le feu nucléaire va à nouveau se déchainer sur cette terre et malheureusement, ce n'est que le remake de ce que vous appelez le Primefire. La solution qu'on propose c'est d'emmener le plus de monde dans l'espace, à l'abri de ce qui va se déchainer.

- Je le redis, il n'en est pas question. Il faut trouver une solution pour sauver toutes les tribus. C'est pour ça que l'Alliance existe, pour nous préserver, ensemble.

- Mais ce n'est pas dans l'ordre du possible…

- On peut peut-être réfléchir à des solutions complémentaires ? proposa Wallace. On pourrait travailler à remettre l'Arche en état de fonctionner, mais aussi reconstruire un centre comme le mont Weather… Raven et mes équipes d'ingénieurs sont à la recherche d'abri antiatomique dans les environs.

- C'est déjà mieux, fit Lexa. Dans cette catastrophe qui s'annonce, personne ne doit être sacrifié. Pas tant que je serais votre Commandante.

- Tu n'as pas compris ce qui s'est joué tout à l'heure ? Un homme a tiré sur ta … propriété. C'est clairement une remise en cause de ton commandement, comme les hommes des glaces l'ont fait à plusieurs reprises. L'Alliance va se disloquer au fur et à mesure que l'apocalypse nucléaire approchera, rétorqua durement Clarke.

- Il reste un espoir, fit la voix de Dante. La déesse. Asalhir nous sauvera.

- Asalhir n'aura peut-être pas envie de nous sauver, fit remarquer Bellamy. Pas après la balle qu'elle a reçue.

- Nous ne sommes que des sauvages à ses yeux. Et tous les jours, nous ne faisons que lui montrer qu'elle a raison, ironisa Anya.

- Alors faisons ce qu'il faut pour qu'elle change d'avis, relança Wallace tandis que Lexa toisait Clarke de manière peu avenante. Si nous sommes des sauvages à ses yeux, c'est que nous pouvons ne pas en être. Et si nous en sommes devenus, c'est à cause du primefire. Démontrons-lui que nous valons la peine. Heda, c'est vous qui devez nous rassembler. Je ne suis pas d'accord avec Clarke. Vous êtes la seule à pouvoir enrayer la panique. Je sais que vous avez à cœur le sort de tous, intercédez auprès de la déesse, elle vous écoutera.

- Après la façon dont tu l'as traitée ? se moqua Anya. Franchement, Heda, si tu veux nous sauver, ne vas pas parler à Asalhir. Tu ne ferais qu'empirer les choses.

- Tu comptes nous aider ou tu préfères te moquer du monde, Anya ? gronda l'Heda. Je vais lui parler. Je vais présenter mes arguments et je suis convaincue qu'elle ne nous laissera pas mourir.

- Je suis de l'avis d'Anya. Mieux vaut faire appel à un diplomate, proposa Clarke. Ma mère et la déesse semblent bien s'entendre. Ca passera mieux si ça vient d'elle.

- Surtout que c'est pas des arguments qu'il te faut lui présenter, Heda. Plutôt des excuses, laissa planer Anya qui s'attira une nouvelle fois un regard froid de la part de la brune. Clarke, ta mère peut lui amener les arguments, reste les excuses… continua la Triku.

- Bien, je ferai ces excuses, annonça fraîchement Lexa.

- On pourrait envisager un plan B, fit Bellamy. Au cas ou...

- Un plan qui vous permettrait de nous laisser ici pendant que vous retourneriez dans l'espace je suppose, ironisa Anya, décidemment très caustique.

- Le seul plan B qui peut exister est celui qui sauve tout le monde. Réfléchissez-y dans ce sens, conclut Lexa.

- Je vais parler à ma mère, fit Clarke en se levant. J'espère qu'elle trouvera les mots pour convaincre la déesse.

- Je viens avec toi. J'aimerais échanger quelques mots sur le trajet, lança Lexa d'une voix froide.


Crispée sur sa couche, les grimaces qui s'imposaient sur son visage alertèrent la personne visiblement chargée de la surveiller.

- Vous êtes sauvée, dit la voix qui s'est approchée tandis qu'elle conserve les yeux fermés pour ne pas se laisser submerger par la douleur envahissante.

- Mal, réussit-elle à prononcer sans desserrer les dents.

- Je vais chercher quelqu'un.

- Avec de la morphine, supplia la brunette.

Quelques minutes plus tard, quelqu'un arriva et posa une main chaude sur son front.

- Vous êtes tirée d'affaire, Hermione, fit une voix douce. Je vais vous donner un comprimé pour la douleur. Pouvez-vous vous redresser pour boire ?

Hermione tenta la manœuvre mais renonça immédiatement, la douleur la clouant sur le matelas. Abby s'approcha pour soutenir ses épaules et passer un oreiller qui la supportait un peu. Elle tendit ensuite le cachet et le verre à sa patiente plus blanche que les draps.

- Vous avez trouvé l'abruti qui m'a tiré dessus ? grogna Hermione.

- Je ne sais pas, avoua Abby. Ma priorité était votre état de santé. Voulez-vous que je demande à Clarke ?

- Du moment qu'il n'y a pas d'autres victimes, c'est pas important, bafouilla la brunette.

Abby vérifia les constantes de sa patiente et eut un hochement de tête satisfait. Mais un craquement sec et l'apparition subite d'Emily la firent sursauter.

- Vous avez bien fait de m'appeler, Asalhir, fit doucement la sorcière. Je vais apaiser votre douleur.

- Pas tout de suite. Peux-tu nous faire transplaner toutes les trois pour Tondc ? Demanda Hermione.

- Bien sûr, répondit la dragonne en prenant la main de sa Créatrice et de la médecin dans les siennes.

L'instant d'après, les trois femmes apparurent dans la petite maison en périphérie du village dirigé par Anya. Emily lâcha la main d'Abby et envoya sa magie soulager les maux de la déesse. Hermione finit par soupirer d'aise et se massa le ventre, satisfaite.

- Merci Emily. Abby, je tenais à vous rassurer. Cet attentat ne change rien au plan que je vous ai exposé tout à l'heure.

- Je n'en ai jamais douté, sourit la médecin. Mais évitez de me refaire une peur pareille, voulez-vous ?

Hermione acquiesça et s'alluma une cigarette, respirant profondément comme pour chasser le souvenir de sa douleur.

- Emily, peux-tu dire à Anya, Lexa et Clarke qu'Abby et moi ne serons pas dérangeables les deux prochains jours ? Que personne ne vienne nous trouver.

Abby observa les deux sorcières qui paraissaient avoir engagé une conversation silencieuse. Puis, un sourire éblouissant éclaira le visage de la dragonne. Elle tomba à genoux devant la déesse et se prosterna devant elle. Hermione, gênée, détourna le regard et fit signe à la sorcière de se relever.

- Tu sais pourtant que je déteste ça, grommela Asalhir.

- Je sais, sourit la dragonne avant de disparaître dans un craquement sonore.

Seule avec la déesse, Abby n'en menait pas large.

- Ca va être douloureux ? demanda-t-elle, inquiète.

- Absolument pas. Je suis la douceur incarnée, répondit Hermione d'un ton rassurant.

Elle écrasa sa cigarette et se tourna vers la Skaikru.

- Donnez-moi vos mains.

La médecin hésita quelques instants avant de se décider à obéir. Hermione referma ses mains sur celle de la moldue avant de l'emmener s'asseoir. Les deux femmes se faisaient face, assises en tailleur au milieu du salon de la brunette, et Abby sourit en se disant que la déesse avait des mains très douces.

- Fermez les yeux, et détendez-vous, murmura Hermione. Je vais vous insuffler la magie et le savoir nécessaire pour faire de vous une enchanteresse de soin.

Abby sentit un picotement dans ses doigts avant d'avoir l'impression qu'un vent tiède soufflait en elle, caressant chaque cellule de son organisme. C'était une sensation très agréable, réconfortante. Quelque chose s'épanouissait en elle, un pouvoir étranger mais qui épousait parfaitement son corps. Puis elle sentit ses neurones s'activer, de nouvelles connexions se créant dans son cerveau et des formules latines jusqu'alors inconnues devinrent familières.

- C'est prodigieux, souffla Abby sans ouvrir les yeux.

- C'est fini, sourit Hermione en lâchant les mains de la médecin.

Abby se releva et posait sur son environnement un nouveau regard.

- Et maintenant ?

- Maintenant, je vais entrer en méditation pour trouver chaque humain de cette planète, expliqua la déesse. Je vais vous demander de veiller sur moi jusqu'à ce que j'ai terminé. Ca va prendre un petit moment.

- Et personne ne doit vous déranger, j'ai compris, fit Abby.

- A plus tard, donc. Et d'ici là, faites comme chez vous, conclut la brunette en fermant les yeux.


La suite la semaine prochain si nous avons au moins quelques retours !

Bonne rentrée,

Link9 et Sygui