Coucou !
7 reviews ! On est super contente avec Sygui !
En espérant que le chapitre vous plaira !
Chapitre 18 : Méditation à Tondc
Bellamy et Anya avait bifurqué chacun vers une destination en accord avec leurs objectifs à atteindre. Restait Clarke et Lexa qui cheminaient en direction de l'unité médicale, dans un silence qui n'avait rien de relaxant. Si la blonde arborait un front soucieux, Lexa en revanche aurait toute seule fait peur à une armée par son visage fermé et ses yeux froids.
- Si je t'entends à nouveau proférer une idée qui n'inclut pas l'ensemble des personnes dont j'ai la charge, je te promets que tu finiras dans mes geôles.
- Pardon ? fit la Skaikru.
- Tu m'as très bien comprise. Je n'ai pas besoin d'une Ambassadrice qui ne pense qu'à son clan, comme je n'ai pas besoin d'une concubine qui soit prête à sacrifier des milliers de personnes pour n'en sauver que 100.
- Une concubine ? s'étouffa Clarke.
- Appelle-toi comme tu veux.
- Non mais tu t'entends ! Tu te plantes autant sur le font que sur la forme, contra la Skaikru. Concubine... Tu n'as rien de plus insultant ? Ensuite, tu me reproches de faire passer mon peuple avant l'Alliance, au détriment de notre relation. Sur ce coup-là, dis-toi que j'ai appris de la meilleure.
- Pardon ? Demanda sèchement Lexa.
- Tu me prends vraiment pour une idiote. Tu sortais avec la déesse quand tu as laissé les Ambassadeurs la condamner. Et tu n'as jamais été foutue de me l'avouer.
Lexa attrapa la blonde par le bras pour la forcer à s'arrêter et la fit se tourner vers elle sans ménagement.
- Oui j'ai couché avec la déesse, non ça ne te regarde pas. Mon cul, mes affaires. Je ne trompe jamais celle avec qui je suis, mais je suis avec qui je veux. Ensuite, je fais justement toujours passer mon peuple avant moi. Donc avant Asalhir, ou avant toi. Désolée si c'est choquant, c'est le devoir d'un Heda.
- Alors tu vas comprendre facilement mon devoir de faire passer mon peuple avant toi. Lâche-moi, Lexa.
- Tu te trompes Clarke, répondit la Native d'une voix polaire. Je suis le Heda de tous, je ne fais pas de distinction entre les clans. Visiblement, toi, oui.
Sans attendre de réponse, Lexa reprit sa marche vers l'unité médicale d'un pas allongé, plantant son amante sur place. Cependant, sa course fut interrompue par l'arrivée d'Emily qui apparut dans un craquement sonore.
- Heda, Clarke, salua la sorcière. Je tenais à vous avertir qu'Asalhir et le Docteur Griffin se sont absentées pour quelques jours et qu'elles ne seront pas disponibles.
- Dis m'en plus, ordonna la commandante.
- Asalhir a trouvé la solution pour sauver l'humanité et, pour la mettre en œuvre, a besoin du concours du Docteur Griffin, répondit la dragonne.
- C'est vrai ? s'étonna la blonde qui les avait rejointes.
- Quelle solution ? questionna la Heda, soulagée qu'une telle chose existe, furieuse de n'être pas la première au courant.
- Avec ma mère ? poursuivit Clarke, abasourdie.
- Sans m'en avoir parlé, fit en écho Lexa un ton plus bas.
- Asalhir ne souhaite pas communiquer plus sur cette solution au cas où elle ne marcherait pas. Cependant, elle viendra vous trouver d'ici deux jours. En attendant, essayez de remettre de l'ordre entre les tribus.
Lexa plissa les yeux et Emily reconnut sans difficulté la colère qui enflait.
- Son intention n'était pas de vous manquer de respect Heda, commença tranquillement la vieille femme, mais de rapidement pouvoir y travailler. Le délai est court et les mots sont longs parfois.
- Ne prends pas sa défense, Emily. Elle n'a rien pensé de tout ça.
- En quoi ma mère peut-elle être utile à une déesse ? demanda Clarke, perplexe.
Emily baissa la tête, ne voulant répondre à cette question.
- Guérisseuse, s'il vous plait. Ma mère ne risque rien ? s'enquit Clarke, inquiète.
- Non. La déesse lui a confié la magie de soin la plus puissante qui existe afin qu'elle l'aide dans ses projets, murmura la dragonne.
- Où est-elle ? demanda froidement la Heda.
- Je ne saurais le dire, répondit Emily en baissant la tête humblement.
Si elle devait être crucifiée à nouveau, il valait mieux que ce soit par une Heda furieuse que par une Source contrariée.
- Calme-toi Lexa, tenta de tempérer la blonde.
- Que je... Visiblement la punition pour sa première désobéissance ne lui a pas servi d'exemple. Encore à prendre des initiatives non concertées.
- Ce n'est donc pas pour protéger ton peuple que tu l'as sacrifiée, mais parce qu'elle t'a désobéie ? fit Clarke en fronçant les sourcils.
- Elle a désobéi ET a mis tous les clans en danger, y compris le tien, Clarke, répliqua la brune, fermée.
- Elle est l'instigatrice de la paix entre les Skaikrus et les Trikrus, contra la blonde.
- Anya n'aurait pas fait la guerre sans mon accord, asséna Lexa. Quand vas-tu comprendre que c'est mon rôle, ma responsabilité de prendre ces décisions ? Je suis l'Heda de ce monde, je prends les conseils d'autrui mais je prends aussi la décision finale. C'est comme ça que ça marche, le fondement de notre société, se contraint d'expliquer la brune qui n'avait qu'une envie, trouver la Source et dire à sa propriété sa façon de penser.
- Le Royaume des glaces se moque de toi depuis ton conclave et une partie de mon peuple rejette ton commandement. L'Alliance se disloque mais tu ne le vois pas. Et tu es trop fière pour accepter l'aide des personnes qui peuvent améliorer la situation ! s'agaça la Skaikru. Et tu prends les décisions ? Ne me fais pas rire…
- Mesdames, ça suffit ! gronda Emily. Cessez votre querelle stérile !
- Visiblement, tu as décidé de faire partie de ceux qui doutent de moi. Comme tu avais décidé de ne sauver que 100 sur des milliers, rappela amèrement la native. Mais tu as raison Emily. A trop parler, on oublie d'agir. Je m'attends à voir l'auteur de l'attentat avant le prochain lever du soleil, lâcha-t-elle en tournant les talons en direction de Tondc.
Elle allait confronter une bonne fois pour toute Hermione et lui dire qu'elle en avait assez des conneries de la brunette. Et l'Heda se moquait que la déesse ne veuille pas être dérangée.
Cela faisait deux heures qu'Abby Griffin surveillait Asalhir. Cette dernière était parfaitement immobile, assise en tailleur. Le silence régnait dans la maison de la déesse, mais un silence apaisant, loin d'être pesant ou angoissant.
Cependant Abby sentait l'ennui poindre. Aussi, elle s'assit en face de la brunette et, après une courte hésitation, elle prit les mains divines dans les siennes. Voulant tester son nouveau pouvoir, elle ferma les yeux et se connecta à la déesse. Elle sentit un afflux de chaleur dans ses mains et décida de se laisser aller pour voir ce qui allait se passer. Sans effort, mais avec surprise, elle se sentit dériver vers des images qu'elles n'avaient jamais vues.
Son souffle resta bloqué dans sa gorge alors que son esprit semblait voler à grande vitesse au-dessus des terres. A sa droite, une petite étincelle dorée filait à la même allure.
"Vous n'étiez pas sensée me surveiller ?" gronda gentiment la voix d'Hermione dans son esprit.
"Que faites-vous ?"
"Je cherche tous les humains de cette planète. Et c'est un travail fastidieux."
"Mais nous sommes à Tondc... comment est-ce possible ?" questionna la médecin, curieuse de ce sentiment de voyage alors qu'elle se savait tranquillement assise.
"J'ai projeté ma magie et, en vous connectant à moi, vous avez fait de même"
"Est-ce que tous les ..."
"Sorciers ?" proposa la brunette.
"...sorciers..." répéta la Skaikru, interpelée dans son conscient par plus d'histoires d'horreur qu'autre chose à ce vocable. "Est-ce que tous les sorciers font ça ?"
"Non. Seulement les enchanteurs".
"Et bien… je suppose que je dois vous remercier alors." sourit-elle.
"J'aime bien quand vous souriez." fit benoitement la Source.
"Qu'est-ce que … comment le savez-vous ?"
"De deux façons. D'abord nous sommes liées, tous les porteurs de magie sont une partie de moi-même. Ensuite, en ce moment, nous sommes énergie pure, et le sourire a sa propre signature."
"Donc, vous aimez me voir sourire."
"Oui, c'est une des plus belles choses qu'il m'ait été donné de voir."
Abby put ressentir le sourire de la brunette en retour.
"Puis-je vous aider à... Recenser les habitants de cette planète ? A deux, ce sera plus vite fini."
"Hmm, effectivement, mais j'ai surtout besoin de vous à Tondc. Il ne faudrait pas que mon cœur lâche, ou qu'on nous dérange. Mais je vous promets de vous apprendre."
"Comme vous voulez..." fit à regret Abby en se recentrant sur son corps.
Elle ouvrit les yeux et lâcha les mains de la déesse, rompant le contact avec la peau douce et chaude.
Le calme relatif de l'habitation de la Source apaisa la médecin après l'excitation du voyage magique.
- Qu'est-ce que je vais faire pour tuer le temps ?
Décroisant les jambes, elle se mit debout et se rendit dans la chambre d'Hermione. Son regard se posa sur le lit d'Hermione et Abby se souvint de la nuit sage qu'elles avaient passé ensemble. La médecin en vint à s'interroger sur ses sentiments envers la déesse. Ce n'était pas un coup de foudre, mais presque. Il ne lui avait fallu que peu de temps pour s'attacher à cette brunette malicieuse.
Des coups furent frappés à la porte d'entrée et Abby se précipita hors de la chambre pour voir qui osait déranger la déesse. Alors que les coups s'accentuaient, la médecin jeta un coup d'oeil par le judas et grimaça. L'Heda était visiblement furieuse et la Skaikru se demandait comment s'en débarrasser.
- Repassez plus tard, lança Abby en remerciant muettement la Source d'avoir scellé magiquement la porte.
- Laissez-moi entrer ! ordonna la commandante en passant ses nerfs sur la poignée.
- La porte est fermée par un sort, ça ne sert à rien de tenter de la démonter.
Un instant de silence suivit l'allégation d'Abby. Jetant un nouveau coup d'oeil par le judas, la médecin vit Lexa regarder furieusement autour d'elle avant qu'un sourire froid étire ses lèvres. Abby frissonna. La Heda marcha rapidement vers un tas de bois et revint avec une hache sur son épaule.
La médecin retourna rapidement auprès d'Hermione et, lui prenant les mains, se connecta à l'esprit de la déesse.
"Désolée de vous déranger, Asalhir, mais Lexa est ici et ne veut pas entendre raison. Elle a le projet d'abattre la porte avec une hache."
"Dites-lui qu'à ma sortie de méditation, je vais lui coller la hache dans le cul si elle continue ses conneries !" souffla Hermione, agacée. "En plus, elle peut s'échiner avec sa hache, elle n'arrivera pas à entailler ni le bois de la porte, ni le sort. Merde, j'viens de rater un hameau. Abby, vous pouvez me laisser ? J'ai vraiment besoin de me concentrer."
La Skaikru se retrouva rapidement ramenée à genoux devant la brunette au moment même où la porte vola en éclat sous le coup d'un sort bien placé de l'Heda.
« Mince, c'est vrai qu'elle aussi est une sorcière… » songea la médecin en sentant la peur s'emparer d'elle.
- Je vous en prie, supplia Abby en étendant ses bras devant la Source, faisant barrière de son corps devant la fureur de la commandante.
- Vous, dégagez, feula la brune.
- Un instant, Heda, l'interpella à nouveau Abby.
Le fait qu'elle soit encore à genoux sembla jouer en sa faveur.
- Asalhir a trouvé la solution pour sauver l'humanité, fit-elle habilement. Pas juste 100, pas seulement les peuples de l'Alliance. Elle va assurer la survie de chaque être humain de ce monde.
Elle regardait la native dans les yeux, cherchant à faire décroître la colère qui tourbillonnait autour d'elle.
Lexa détourna le regard pour poser ses yeux sur Hermione qui n'avait pas bougé d'un pouce. Asalhir était toujours assise en tailleur à même le sol, ses mains posées sur ses genoux, les paupières closes, figée dans une concentration intense.
- Je dois lui parler, siffla la commandante.
- Elle ne peut... commença Abby.
- Lexa, dégage, coupa Hermione dans un murmure agacé. Et que je n'ai pas à interrompre mon sort pour te foutre dehors ou tu en paieras les conséquences.
- Qu'est-ce que tu veux que ça me fasse ? provoqua la native.
- Je vous en prie, tempéra la blonde qui regrettait qu'Hermione soit intervenue alors qu'elle avait presque réussi à calmer la plus jeune. Prenez ses mains.
- Non. Je refuse qu'elle me touche, fit Asalhir avant de prendre une grande inspiration. Je suis dans une partie délicate. Et j'ai demandé qu'on ne me dérange pas. Mais visiblement, j'ai des attentes trop fortes pour la sauvage en chef.
Abby vit les jointures des mains de Lexa devenir aussi blanches que son teint.
- Tu es ma propriété, non l'inverse. Et si tu veux ma place de Heda, il te faudra me tuer. Je t'attends dehors, siffla la brune en lâchant bruyamment la hache au sol avant de sortir de la maison d'un pas vif.
Abby souffla de soulagement avant de reporter son attention sur la déesse qui n'avait pas bougé d'un millimètre.
- Pourquoi la poussez-vous à bout ? questionna doucement la médecin en secouant la tête.
- J'en ai assez de ses enfantillages et jamais je ne serai sa propriété. Ce n'est qu'une gosse qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez. A balancer à tout bout de champ son titre de Heda à la face des gens, elle en oublie l'essentiel.
- Et quel est-il, selon vous ? s'enquit la Skaikru.
Hermione ne répondit pas tout de suite, ses sourcils se fronçant légèrement. Il sembla à Abby que la déesse tira subrepticement la langue, comme un enfant quand il s'applique à bien écrire.
- Sa place de Heda n'est rien, reprit Hermione dans un chuchotement emprunt d'une colère froide. Elle l'a acquise dans le sang. C'était la queue du Mickey dans un jeu barbare. Elle oublie qu'elle est l'autre moitié de l'Origine de toutes magies sur tous les univers. Rôle d'une toute autre envergure.
Elle s'arrêta de parler, ses doigts se crispant légèrement avant de se détendre.
- Je me fous de son trône de crasseuse arriérée. Qu'elle s'occupe de son peuple pendant que je sauve l'humanité et qu'elle arrête de me mettre des bâtons dans les roues. Elle est peut-être la dirigeante de quelques milliers de personnes depuis une poignée de mois. Mais j'aimerais qu'elle n'oublie jamais que je suis une déesse qui a eu la charge de plusieurs milliards d'humains et de créatures magiques pendant près de deux millénaires. Et qu'elle prenne conscience que ce que je fais actuellement, elle est incapable de le concevoir et de le mettre en œuvre.
Abby fronça les sourcils en réfléchissant. Elle sentait que la bonne entente entre la déesse et la Heda était nécessaire. Restait à trouver comment réaliser ce miracle.
- Elle est jeune, et comme vous le dites, elle a endossé une charge bien trop lourde juste pour avoir survécu aux jeux du cirque. Hermione, je pense qu'il faut l'aider plus que la fustiger.
La brunette grogna son mécontentement.
- Elle a entre les mains tous les pouvoirs, reprit patiemment la médecin. Ceux de guider son peuple et ceux de mère de la magie. Je crains que dans les deux cas, sa préparation ait été assez limitée.
- C'est arrivé à d'autres avant elle, grommela la déesse toujours occupée par sa mission.
En même temps Abby vit une étrange grimace effleurer le visage de la Source. Inquiète, elle prit ses mains afin de comprendre ce qu'il se passait, craignant pour son cœur. Cependant, ce fut une série d'images rapides qui s'imposèrent à son esprit. Un immense château grouillant d'étudiants en uniforme, des traits de couleurs griffant la nuit, un homme efflanqué au visage de mort manipulant une baguette en forme d'os, des armes d'individus décharnés envahir une ville…
- Mon initiation, expliqua Hermione qui avait senti la blonde se tendre devant les carnages.
- Rude…
- Mais efficace. Vous avez raison, j'ai eu l'occasion d'apprendre avant de me retrouver à la barre du monde.
- Vous pourriez apprendre à Lexa, suggéra la médecin.
- Je le pourrais, si seulement elle le voulait et me montrait un peu de respect. Ce qui n'est pas le cas.
- Elle réagit de la seule manière qu'elle connait. C'est un jeune animal écorché qui veut juste survivre et qui a appris que pour ça, il faut être le plus fort.
- Je vais lui botter le cul alors, répliqua la Source avec ironie.
Abby retint un soupir.
- Ou bien vous allez être la plus intelligente des deux.
- C'est déjà le cas et sans forcer mon talent.
- Hermione...
La déesse ne répondit pas de suite, ses lèvres se pinçant, sa mâchoire se crispant légèrement.
- Excusez-moi, je fais l'enfant, finit par reprendre posément la brunette. A ma décharge, Lexa m'a trahie d'une manière peu cavalière et j'ai perdu toute envie d'être près d'elle.
- Je le concède, elle a manqué de jugement. Suffisamment pour apprendre de ses erreurs ? J'ose le croire. Vous avez certes le droit de lui en vouloir pour l'éternité mais ça risque d'être long, non ? tenta de sourire Abby.
- Je n'ai pas prévu de passer l'éternité à ses côtés. Sur ce, Abby, je dois vraiment retourner à ma tâche. Tentez de convaincre notre Commandante suprême de pintade de rentrer à Polis et de me lâcher la grappe. J'ai passé l'âge de faire du babysitting.
La médecin retint un sourire. Au moins le ton vindicatif avait-il disparu et les promesses de coups distribués aussi. Ne restait plus que les surnoms très imagés.
- Je me demande de qui elle tient cette habitude.
Elle sortit de la maison et trouva Lexa dans le petit jardin, les bras croisés sous la poitrine, visiblement mécontente.
- Heda ?
- Elle a bientôt finie, la déesse du pauvre ? gronda la Commandante.
- Elle en a encore pour 46 heures. Vous feriez mieux de rentrer à Polis. Vous avez surement d'autres choses à faire que patienter tout ce temps.
- 2 jours ! Elle se fout de ma gueule en plus ! éructa la brune en s'avançant, menaçante.
Abby retint un soupir, et se fit la réflexion que ce n'était pas le premier.
- Lexa, choisit-elle de commencer. Hermione cherche seulement à aider.
- Mais bien sûr. Sans me consulter, alors que je suis l'Heda et que je prends les décisions.
- Vous voulez savoir ce qu'elle a prévu ? A la bonne heure ! Pendant deux jours, elle va marquer magiquement tous les êtres humains de cette terre. Ensuite, elle va prendre quelques heures pour créer une nouvelle planète habitable pour nous tous. Elle prendra surement une nuit de repos avant de téléporter tout le monde près de Polis. Une fois cela fait, elle jettera un sortilège pour envoyer l'humanité sur cette planète saine de toute radioactivité. Alors, aviez-vous les capacités et les connaissances nécessaires pour élaborer ce plan ? En toute honnêteté ?
Lexa regarda Abby d'un air vraiment pas avenant.
- Non, concéda la commandante. C'est un plan parfait. Mais pourquoi n'a-t-elle pas choisi de m'en parler ? Vous pouvez me le dire ?
- Aucune idée. Surement par manque de temps. Et peut-être par manque d'envie, devait-elle avouer. Il y a un contentieux non résolu entre vous.
Lexa grommela.
- Manque de temps et d'envie ? C'est elle qui a choisi d'assassiner la Reine du peuple des glaces. A elle d'assumer.
- Je ne pense pas que ce soit ce qu'elle vous reproche…
La brune plissa les yeux avant de soupirer grandement.
- Deux jours ?
- Et tous les humains de la Terre pourront être sauvés.
Lexa finit par hocher la tête.
- Elle vient à Polis ensuite.
- Je vous promets de lui faire part de votre requête.
- C'est pas une requête.
- Je lui en parle Lexa, promis.
La Heda regarda par-dessus l'épaule d'Abby, apercevant la brunette assise au sol dans la maison.
- Prenez soin d'elle, conclut-elle avant de se diriger vers un Triku qui passait par là.
Lexa lui glissa quelques mots puis l'homme hocha la tête et partit en courant.
La médecin frotta ses mains sur ses bras, sentant l'air se rafraichir, et choisit de rentrer, enjambant les morceaux de bois vestiges de la défunte porte.
- Va pas faire chaud cette nuit, nota tranquillement la Skaikru avant de se tourner vers trois nouveaux visiteurs.
- Docteur Griffin, le Commandant nous a dit de réparer la porte, et aussi de vous amener de quoi manger pour deux jours, fit un guerrier en déposant des victuailles sur la table vide.
- Merci, c'est très aimable, fit la blonde.
- Pour la porte, ça va prendre un peu de temps, désolé, fit un autre homme. Faut faire du sur-mesure et... Faut que je trouve un charpentier.
- Laissez tomber, je m'en occuperai, sourit la médecin.
La nuit était tombée depuis plusieurs heures. Abby s'était assise sur le lit de la brunette et luttait pour ne pas sombrer dans un sommeil réparateur. Elle frotta ses paupières lourdes et cligna des yeux. Comment faisait Asalhir pour ne pas s'endormir ?
Elle se leva et repassa dans le salon pour se servir un verre d'eau.
- Tout va bien ? demanda-t-elle doucement.
- J'ai bien avancé, répondit Hermione. Je vais prendre le luxe de m'accorder une pause.
- Votre cœur va vous en remercier.
- Pour l'instant, je dirais que la méditation lui fait du bien, s'étira la brunette avant de se masser le bas du dos.
Elle bailla largement et se frotta les yeux.
- Tout va bien pour vous ? Vous ne vous ennuyez pas trop ? s'enquit Hermione.
- Disons que Lexa fut un interlude stimulant. Et la leçon pour remodeler la porte des plus instructives.
- Vous avez déjà mangé ? demanda la brunette en allant se servir un verre d'eau.
- Oui, si j'avais su, je vous aurais attendu.
- Ne vous inquiétez pas, je n'ai pas faim. J'ai juste besoin de m'allonger.
La Source but une longue gorgée et soupira d'aise.
- Je ne veux pas paraitre grossière ou pressante, vous n'êtes en rien obligée, mais vous êtes la bienvenue si vous voulez vous étendre avec moi, osa Hermione avec un sourire gauche.
Abby hésita un instant, pas vraiment certaine de comprendre les intentions de la brunette.
- Franchement, je suis un peu fatiguée, alors si je peux dormir quelques instants, je ne dirai pas non, finit-elle par se décider à répondre.
Hermione sourit, visiblement exténuée, et se traina jusque dans sa chambre pour se laisser tomber toute habillée sur son lit. Elle se glissa sous la couette et ferma les yeux au moment où Abby pénétrait dans la pièce.
- Je ne sais pas si c'est la magie mais je suis épuisée comme rarement auparavant, commenta la blonde en s'allongeant doucement au côté de la Source.
- Hmmm... C'est probablement la cause... marmonna la déesse. Vous ne devriez pas avoir de difficulté à vous endormir.
- Effectivement, marmonna encore Abby avant de sombrer rapidement.
Hermione se laissa aller confortablement dans son matelas et se détendit. Avant qu'un bras ne vienne se déposer sur son ventre. Avant que la poigne ne la tire et qu'elle se retrouve à servir d'oreiller. Elle eut un petit rire puis referma ses bras sur sa co-chambreuse.
- Bonne nuit Abby, murmura-t-elle avant de fermer les yeux.
- Vous êtes très confortable, Hermione, chuchota la médecin d'une voix déjà endormie.
- Ouais. J'suis un oreiller absolument divin, plaisanta la Source.
Sans l'ombre d'une hésitation, la brunette tourna la tête et posa doucement ses lèvres sur celles de l'enchanteresse.
- Hmm, répondit la médecin. Bonne nuit Hermione, ajouta-t-elle avant de poser brièvement ses lèvres sur celles de la brunette.
Lexa avait trouvé refuge chez Anya, le temps d'un repas et d'un verre, avant de prendre le chemin de Polis.
- N'affiche pas cette tête, tout va s'arranger, lança la chef de clan à sa Heda. Asalhir est sur le coup.
- Et je ne peux pas l'aider, annonça platement la Commandante, l'air sombre.
- Ouais, mais de ce que tu m'as dit, ça a l'air d'être de la magie de haut niveau. Tu as tes pouvoirs depuis quelques mois. Elle, elle en a la parfaite maitrise depuis des lustres. Ne va pas te comparer inutilement à elle, tu te feras du mal pour rien. Mais y'a autre chose, non ?
- Je… j'ai eu une violente dispute avec Clarke.
- Laisse-moi deviner. Elle est prête à retourner dans l'espace avec quelques clampins pendant que nous autre mourrons de radiations ?
- En plein dans le mille… maugréa l'Heda.
- Je t'avais prévenue à son sujet. Tu comptes faire quoi ? Te réconcilier avec elle ou entrer en guerre contre les Skaikrus ?
- Je ne vais pas déclencher un conflit alors que dans quelques jours, notre planète ne sera qu'un champ de ruine.
- Te reste la réconciliation… En as-tu envie ?
Lexa soupira et s'adossa contre le dossier de sa chaise.
- Et dire que Titus me supplie depuis des semaines pour que je rompe avec elle.
- Tu regrettes de ne pas l'avoir écouté ?
- J'en sais rien, avoua Lexa. J'aime bien Clarke, enfin je croyais n'avoir aucun doute sur mes sentiments pour elle avant ce qu'elle a dit. Mais clairement elle ne comprend pas ce dont je suis responsable. Si je dois me méfier de ses conseils, si je dois me questionner à propos de ses objectifs, ça ne marchera pas. Et puis…
- Et puis il y a Asalhir, suggéra doucement Anya.
- Il y a cette fin du monde à venir, contre laquelle je ne peux rien, rectifia Lexa avec un regard noir pour la chef de clan. La peur se répand, les gens deviennent fous, et certains d'entre nous en viennent à des solutions radicales. Comme Clarke. Je comprends en tant que leader sa position de ne pas vouloir abandonner son peuple. Mais en tant que Heda, je ne peux accepter qu'elle le sauve en abandonnant le mien.
- Imagine que la situation soit inversée : on t'offre la possibilité de sauver tous les clans de l'Alliance mais pour cela, tu dois sacrifier celui de Clarke. Que ferais-tu ?
- Pas besoin de réfléchir, grimaça l'Heda. Tu sais très bien que j'accepterais.
- Et voilà pourquoi je te mettais en garde. Clarke et toi êtes faites du même bois. Et il était évident qu'à un moment donné, vos intérêts allaient diverger, mettant en péril votre relation.
- Une idée de ce que je dois faire ? s'enquit Lexa.
- La bonne nouvelle, c'est qu'Asalhir va gérer la situation. Donc prends une bonne nuit de sommeil et demain, tu te réconcilieras avec Clarke, soupira la chef de clan.
La pièce était encore sombre lorsqu'elle se réveilla. Seul le pépiement des oisillons impatients de voir leurs parents avec le premier rayon de soleil était audible. Elle prit une grande inspiration, laissant le parfum de l'autre se mêler aux odeurs de la terre humide. N'ouvrant pas les yeux, elle laissa le bout de ses doigts caresser doucement les cheveux posés sur son oreiller.
- Bonjour, murmura-t-elle.
- Hmmmm... 'jour Abby, marmonna une voix d'outre-tombe.
Hermione enfouit son visage dans le cou de la médecin.
- L'est trop tôt, chuchota la déesse, son souffle chatouillant agréablement la Skaikru.
- Je sais... chuchota la médecin. Mais vous avez l'humanité à sauver.
- Ce matin, j'ai pas la foi...
- Dit la déesse, sourit Abby.
Un agréable frisson la parcourut quand les lèvres chaudes de la brunette se posèrent sur sa peau. La médecin figea un instant, peu sûre de la direction qu'allaient prendre les prochains gestes. Lentement, elle referma le bras dans le dos d'Hermione.
- Et qu'est-ce qui pourrait motiver la Source à reprendre le travail ?
Hermione se redressa subitement et jeta un regard incrédule à la Skaikru.
- Vous marchandez votre corps en échange de la survie de l'humanité ? fit-elle, abasourdie. Mais quel est ce monde où les femmes se sentent obligées de se prostituer ? Laissez tomber, je me remets au travail, comme vous dites.
La déesse repoussa les draps et souffla, de mauvaise humeur.
- Je ... vous ... non, fit la médecin, incrédule, avant de se mettre à rire de façon incontrôlée.
- Qu'y-a-t-il de drôle ? demanda la brunette en fronçant les sourcils. J'suis perdue...
- Excusez-moi, hoqueta Abby qui s'était assise sur le lit, en levant la main pour demander un instant. Hormis le fait que vous envoyez des signaux très explicites, commença-t-elle en reprenant son sérieux, il ne m'est pas venu à l'idée qu'un corps à corps sans vêtement pouvait vous corrompre.
Abby essuya le coin de ses yeux encore humide en se levant.
- Café maintenant ? questionna-t-elle pour éviter que le malaise s'installe.
- Pas pour moi, ce n'est pas conseillé pour la méditation. Mais je vous en prie, servez-vous.
La médecin se servit du breuvage rendu chaud par un claquement de doigts de la Source avant de remplir un verre d'eau qu'elle tendit à la brunette.
- Vous êtes fâchée après moi, Hermione ? J'en suis vraiment désolée.
- Non, absolument pas. Je suis seulement frustrée de ne rien comprendre à ce monde. Une fois de plus, je...
La brunette soupira douloureusement.
- Laissez tomber, murmura-t-elle avant de s'asseoir en tailleur. Allez, c'est reparti. J'en étais où déjà ? Ah oui, l'Océanie.
Abby regarda la Source s'abimer dans sa méditation, les traits de son visage se détendant alors que sa respiration s'apaisait.
- Peut-être moi aussi vous comprendrais-je un jour, murmura la médecin.
Le jour s'était levé depuis une petite heure quand Clarke se gara à l'entrée du village de Tondc. Elle sortit de la voiture et, saluant quelques habitants, se dirigea vers la maison en périphérie. La Skaikru était épuisée, n'ayant pas dormi de la nuit. Bellamy avait mis la main sur le tireur et il y avait débat sur le fait de le livrer au Heda. Et la blonde avait un petit souci dont elle devait discuter avec sa mère. Aussi, elle frappa quelques coups à la porte, espérant qu'Abby se trouverait chez la déesse.
- M'man, appela-t-elle. C'est moi, Clarke, je suis toute seule.
Elle entendit un froissement d'étoffe avant que la porte s'entrouvre.
- Je dérange ? chuchota la blonde en pénétrant dans la maison silencieuse.
Elle haussa les sourcils en découvrant la déesse assise au milieu du salon, les yeux fermés. Abby fit signe à sa fille de se taire et lui indiqua de la suivre dans la pièce adjacente.
- Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda-t-elle.
- Asalhir recense les humains sur la planète.
- Elle fait le décompte des futures pertes, fit la jeune, l'air ahuri.
- Non, au contraire, sourit sa mère. Tout va bien de ton côté ?
- Pas vraiment, soupira Clarke.
Abby s'assit sur le lit, invitant sa fille à faire de même.
- C'est Lexa ?
Clarke soupira bruyamment.
- Elle est... incontrôlable, la moindre contrariété la met hors d'elle, à croire que c'est elle qui...
- Qui quoi ? fit Abby.
La jeune Skaikru se leva, faisant les cent pas devant sa mère.
- Ne te moque pas et réponds à ma question. Est-il possible qu'une espèce existe et se reproduise entre femelles.
Abby ouvrit des yeux ronds.
- Clarke, tu as suivi des cours de médecine, tu sais très bien que les deux sexes sont nécessaires pour procréer.
L'Ambassadrice passa une main dans ses cheveux, tant qu'Abby tentait de faire du sens avec cette question.
- Tu veux dire que les sautes d'humeur de Lexa sont dues à ses hormones et donc elle t'a trompée ! s'insurgea la matriarche.
- Non, tu n'y es pas, dit la jeune femme. J'ai beaucoup de retard, j'ai fait un test et... Je suis enceinte. Et je n'ai pas trompé Lexa.
Un rire sarcastique vint du salon, faisant sursauter les deux Skaikrus.
Les deux femmes retournèrent dans la pièce principale pour trouver Hermione toujours dans la même position, un sourire narquois sur les lèvres.
- Comme ça, le petit rayon-laveur a trouvé comment ça fonctionne, lâcha-t-elle.
- De quoi parlez-vous ? Demanda Clarke.
- Ça doit être un hasard, poursuivit Hermione. Mes félicitations, Ambassadrice. Vous allez enfanter le rejeton d'une demi-source. Pas de la meilleure moitié, j'en conviens.
- Est-ce que vous pourriez être plus claire ?
- La Source a la faculté de donner la vie. Lexa est le réceptacle humain de l'autre moitié de mon pouvoir. Quod erat demonstrandum. Elle doit être très amoureuse pour avoir réussi ça sans le savoir.
- Oh merde... Souffla Clarke.
C'était pas le meilleur moment pour annoncer cette nouvelle, surtout après la dispute qu'elle et Lexa avaient eu la veille.
- Comme vous dites, lâcha Hermione.
- Je vais devoir lui parler... soupira Clarke.
- Au cas où, je pratique les avortements magiques jusqu'à la douzième semaine, conclut la Source avant de retourner à sa tâche.
Abby regardait sa fille qui avait une expression mi perdue, mi horrifiée.
- Il faut que tu lui en parles. Elle doit savoir. Et c'est une décision que vous devez prendre à deux.
- J'ai peur de ce qu'elle va dire.
- Je serai toujours là ma chérie.
Clarke acquiesça et quitta la maison d'un pas pressé. Abby fronça les sourcils en dévisageant la Source.
- Vous auriez pu être plus délicate.
- Vous comprenez pourquoi j'étais médecin légiste... répondit Hermione.
Abby soupira.
- Que peut-on faire ?
- On ? questionna la brunette en haussant un sourcil sans toutefois ouvrir les yeux.
Asalhir se redressa légèrement.
- Je ne ferai rien, reprit la déesse. Votre fille, votre bru. Qui est également la nana qui m'a condamnée à un châtiment horrible après deux nuits de baise qui ne resteront pas dans les annales. Je ne m'en mêlerai pas.
Abby laissa passer l'instant en se mordant la lèvre.
- Je comprends. Après tout, vous n'y êtes pour rien.
Hermione acquiesça de la tête.
- C'est pas comme si une gamine sans mentor possédait le moyen de détruire un univers par mégarde.
- Comme vous le savez déjà, le mentor a été congédié assez abruptement, répliqua sèchement Hermione. Lexa ne peut s'en prendre qu'à elle-même. Mais je suis navrée pour Clarke, ajouta-t-elle plus doucement. C'est une gentille fille. Avec vos qualités.
- Alors si on ne fait rien pour Lexa, peut-être qu'on peut le faire pour Clarke.
- C'est votre fille, Abby.
- C'est votre puissance, Asalhir.
- Croyez bien que je le regrette. A choisir, ce n'est pas cette gamine paumée que j'aurais désignée comme demi-source.
- Et qu'auriez-vous préféré ?
- Honnêtement ? Restée morte.
- Oh...
Abby ne savait quoi dire. Elle n'avait pas imaginé un seul instant qu'Hermione préférait la mort à une vie sur ce monde.
- Désolée de vous choquer, murmura la brunette.
- Plutôt de la surprise. Rare sont les personnes qui diraient ça je pense.
- Rares sont celles qui ont vécu des millénaires...
Abby comprit enfin la femme devant elle. Celle qui avait tout perdu au fil des siècles, qui n'avait jamais trouvé sa place parmi ses semblables car toujours jugée différente par ses pairs. Qui avait été arrachée de son repos éternel par une jeune femme qui aurait dû être sa moitié et qui l'avait au final rejetée de la pire des façons.
- Je suis vraiment désolée, murmura Abby.
- Vous n'avez pas à l'être. Soyez-le plutôt pour votre fille. J'espère que Lexa sera contente de ce miracle. Sur ce, je viens de terminer l'Australie. J'attaque l'Asie par le Japon. Ensuite, me restera l'Europe et l'Afrique. J'aurai normalement achevé le pointage avant la nuit. D'ici là, ne me dérangez que pour les urgences, merci.
Abby acquiesça et alla se planter devant une fenêtre, observant les Trikrus qui allaient et venaient, vacants à leurs tâches quotidiennes. La Skaikru se demanda à quoi aller ressembler le monde que la déesse allait leur créer. Et surtout, elle pria pour qu'Hermione réussisse à mettre son plan à exécution.
La suite la semaine prochaine !
Alors, ça vous a plu ?
Bisous,
Link9 et Sygui
