Hey hey !
Comment va en ce week-end de trois jours (en France, en tout cas !)
Merci pour vos reviews, elles font toujours hyper plaisir !
Sans plus tarder, voilà le nouveau chapitre !
Chapitre 26 : Une nouvelle parentalité
Viviane était dans son bureau, en train de préparer les dossiers d'un procès. Deux mois qu'elle avait prêté serment et tranquillement elle prenait ses nouvelles marques professionnelles. Elle apprivoisait aussi sa nouvelle vie, ayant sans problème eu accès à un prêt pour déménager et s'offrir un nouveau refuge. Maison, jardin, rue tranquille. Elle sourit en entendant siffloter dans la pièce d'à côté et sourit. Elle se leva et s'adossa contre le chambranle de la porte. Hermione, son Hermione, était là, en train de repeindre consciencieusement toutes les pièces de la demeure.
- Tu aimes ? questionna la brunette en se retournant, laissant admirer sa capacité à peindre sans en mettre au sol mais en étant couverte de couleurs.
- Tu me fais un bébé ?
Hermione laissa tomber le pinceau au sol.
- Je... Hein ? Quoi ?
- Un bébé, répéta patiemment Viviane. Je veux fonder un famille avec toi. Et j'aimerais qu'on essaye maintenant.
- Mais... la peinture... et puis... non ! On fait pas des bébés comme ça ! se défendit la brunette avec énergie.
- Effectivement, il faut se déshabiller pour espérer en avoir un. Tu m'aides ? Demanda la blonde en ôtant son tee-shirt.
- Il n'en est pas question ! se défendit à nouveau Hermione qui repoussait le tee-shirt envoyé, avant de rester muette, le soutien-gorge de Viviane sur son épaule.
La blonde repassa dans son bureau, laissant la brunette les bras ballants. Mais une petite culotte jetée sur le seuil de la pièce mit la déesse en mouvement.
- Viviane, t'as pas le droit de faire ça ! lança-t-elle en s'essuyant rapidement les mains après avoir ramassé le rouleau de peinture pour le déposer dans la pane. C'est de la triche, grommela-t-elle dans sa barbe.
Hermione pénétra dans le bureau de la blonde et ne l'y trouva pas. Elle passa dans le salon, sans plus de succès. Elle se rendit dans leur chambre et fut encore une fois subjuguée par la beauté de son amante, étendue sur le lit.
- Tu me rejoins ? susurra la Dame du Lac.
La blonde faisait le chat sur les draps offrant sa nudité en pâture aux yeux bruns qui devenaient fiévreux. La Source avait du mal à ne pas rester là, juste pour admirer, la bouche entrouverte.
Viviane roula sur le ventre et dévisagea la brunette.
- Je veux un enfant de toi, Hermione. Qu'en dis-tu ?
- J'en dis… que c'est pas… une bonne idée.
- Peux-tu développer ta pensée ? s'enquit la Dame du Lac en invitant son amante à venir s'asseoir à côté d'elle.
Hermione soupira en s'arrachant à la vision de rêve et se laissa tomber sur le lit. Allongée au côté de sa tentatrice, elle croisa ses mains derrière sa tête et regarda un instant le plafond.
- C'est… douloureux, la perte d'un enfant. Et c'est tout ce qui me reste, une succession de pertes, mes enfants, mes conjointes, mes amis… Je sais que je suis égoïste...
- Quand tu penses à tes filles, est-ce le souvenir de leurs pertes qui remonte dans ta mémoire, ou les bons moments passés avec elles ? demanda doucement la blonde.
La Source se perdit dans ses souvenirs et de petits sourires venaient étirer ses lèvres sporadiquement. Viviane regardait les traits qui s'animaient avec l'envie de voir ces sourires perdurer.
- J'ai aimé chaque instant qu'elles m'ont fait vivre, et elles me manquent...
- Rose me manque à chaque instant, et personne ne la remplacera dans mon coeur. Mais j'aimerais vraiment avoir un enfant avec toi. Connaitre à nouveau les joies d'être mère.
Hermione tourna la tête vers la blonde et sentit son cœur chavirer en lisant le manque dans les yeux bleus polaires. Elle prit conscience que Viviane avait vécu aussi longtemps qu'elle-même, avec le seul souvenir d'une enfant qui finalement lui avait échappé par le caprice de l'Initiale. Devant cette révélation, elle sut qu'elle avait été bien plus choyée par la vie de pouvoir la remplir d'amour maternel et de gestion de crises d'adolescence que de vide et d'envie.
- On va avoir un bébé ensemble, murmura-t-elle en posant sa main sur la joue de son amante. Mais c'est toi qui changes les couches.
Le visage de la Dame du Lac s'illumina de bonheur et les mains impatientes vinrent défaire le bouton du jean de la brunette.
- En piste, ma Source, susurra l'ancienne impératrice. Et que ça dure longtemps !
Hermione était immobile, allongée sur le canapé, les bras croisés sous sa poitrine. Elle voyait sans le regarder le plafond blanc du salon et poussa un soupir profond et ennuyé.
- Ca va durer combien de temps, cette connerie ? lança-t-elle à haute voix.
- Crois-moi, t'es pas prête de retourner dans la chambre à coucher ! rétorqua sèchement la voix de Viviane et la Source se renfrogna.
- Pourquoi je tombe toujours sur des emmerdeuses ? souffla la brunette en réajustant la couverture posée sur elle.
Le mouvement souleva un peu de poussière et la déesse éternua.
- N'essaie pas de faire pitié, ça ne marchera pas.
- J'essaie rien du tout ! Mais faudrait que tu comprennes que j'ai des obligations. Quand un tsunami menace de dévaster tout le continent asiatique, je dois intervenir. Et tu sais comme moi que dans ces circonstances, le temps est compté.
- Tu essaies de te convaincre toi-même, Hermione, lançait la voix de la blonde depuis l'autre pièce, mais tu sais que tu as été totalement irresponsable.
- Comme si la Source pouvait être irrespons..
- Et comment tu appelles ça toi ? l'interrompit Viviane en apparaissant sur le seuil du salon, les poing sur les hanches, une mère qui fonce tête baissée au devant d'ennuis mortels avec sa fille dans le porte-bébé ?
Hermione se redressa brusquement.
- Je suis la Source, notre fille ne risquait rien ! J'étais entourée d'une bulle protectrice ! Tu me prends pour une première année ?
- Je te prends pour une inconsciente ! Et tant que tu ne t'en rendras pas compte, non seulement tu ne reviens pas dans cette chambre, mais en plus tu ne gardes plus notre fille !
- Mais t'es vraiment l'impératrice des chieuses! Ras le cul ! Tu veux t'occuper de Gabrielle, à la bonne heure ! Ça va être sympa, ton audience pour viol avec un bébé sur les genoux !
- Les nounous, c'est pas fait pour les chiens ! Et tu sauras qu'il y a une excellente garderie au palais pour les cas d'urgence.
Hermione quitta le canapé et se planta devant la Dame du Lac.
- Tu ne me privera pas de Gabrielle, fit-elle, menaçante.
- Alors reconnais honnêtement que tu as fait n'importe quoi !
- Je n'ai pas fait n'importe quoi. Je maîtrisais parfaitement la situation. Je te remercie de la confiance que tu me portes. Ne t'avise pas de me séparer de ma fille, fit la Source, la peur se lisant dans son regard.
Sans qu'elle le veuille, des souvenirs vieux de plusieurs millénaires remontèrent dans sa mémoire. Minerva blessée et prête à mourir, Viviane enlevant Mary et Cassy.
Viviane percevait le trouble qui envahissait sa femme mais restait habitée par sa colère.
- Je ne te sépare pas de Gabrielle, je ne veux plus qu'elle soit avec toi si tu n'es pas capable de faire la différence entre ce que tu peux faire et ce que notre fille peut faire.
- J'en ai assez, je m'en vais, feula Hermione. Marre d'entendre ces conneries ! J'espère que tu auras réfléchi d'ici demain matin !
- Parfait ! Va prendre l'air! Et pose-toi une question: est-ce qu'il se peut que ta fille fasse des cauchemars après ce que tu lui as fait vivre ?
Viviane tourna les talons sans attendre de réponse et la porte de la chambre claqua violemment derrière elle.
Hermione se rhabilla d'un claquement de doigts et disparut dans un craquement sonore pour réapparaître dans un bistro à l'autre bout de la ville. Le gérant blêmit en découvrant sa nouvelle cliente et manqua tourner de l'œil.
- Je vais payer mes taxes, promis, fit la voix chevrotante du tenancier.
- Tequila.
Le verre et la bouteille apparurent devant la Source le temps d'un battement de paupière. Le regard de la Source se porta sur l'écran de télé qui crachait une chaine d'infos en continu. Les nouvelles étaient mauvaises, comme d'habitude.
- A ta santé, monde qui court à ta perte, fit la brunette en levant son verre pour le toast.
Les images s'enchainaient, violentes, sombres, amères et Hermione buvait cul-sec à chaque micro-reportage. Le tenancier se tenait loin de Dieu, pas vraiment sûr de ce qu'il devait faire. A la deuxième bouteille, il s'inquiéta de savoir comme était venue la brunette avant de se dire que de toute façon, il n'oserait jamais demander ses clés à Dieu.
Cependant, le barman finit par s'approcher et fit glisser une assiette de chips devant la brunette.
- Un souci ? demanda-t-il doucement.
- Tout est toujours compliqué avec les mortels... soupira la brunette.
- Désolé de vous contrarier, fit timidement l'homme.
- Je ne... vous pouvez augmenter le volume ? demanda-t-elle brusquement.
"Un entrepôt de l'entreprise Cadmus vient d'exploser et les flammes se répandent aux immeubles du quartier résidentiel adjacent. Les pompiers luttent contre l'incendie mais ils ne sont pas assez nombreux" disait la journaliste dans son micro.
Une explosion retentit derrière elle et le cameraman tourna l'objectif vers les flammes qui dévoraient tout sur leur passage.
- C'est dans quel coin ? questionna la brunette vaguement inquiète qui plissait les yeux pour tenter de lire une plaque de rue.
- Dans le nord de la ville, le quartier en pleine rénovation. Mais regardez, pas de panique, Supergirl arrive, répondit le tenancier.
- Je panique pas, je m'inquiète, fit la Source attentive aux images en direct. Et voila pourquoi je m'en faisais ! claqua-t-elle en même temps que son verre sur le comptoir, tandis que le reporter décrivait la chute de la super-héroïne en élaborant des hypothèses sur la présence de kryptonite. Merde, j'habite pas loin.
Hermione claqua trois gros billets sur le comptoir et disparut dans un craquement sonore. Elle réapparut à quelques pas de Supergirl qui avait le teint vert.
- Kryptonite ? s'enquit la Source.
- C'est pas une intoxication alimentaire.
- Je m'en occupe. Éloignez vous et aidez à l'évacuation des immeubles autour. Et euh... Ma femme et ma fille sont à 5 minutes d'ici. Vous pouvez vous assurer qu'elles vont bien ?
- C'est ma priorité, je m'en occupe, dit la jeune femme qui retrouvait déjà quelques couleurs.
Hermione lui tapota rapidement l'épaule avant de se diriger d'un pas rapide vers l'entrepôt.
Elle agita la main et des trombes d'eau se déversèrent sur les flammes et la Source put pénétrer dans le bâtiment.
- Première chose, faire disparaître la kryptonite... murmura Hermione en regardant autour d'elle. Ou est-ce que ça peut bien être ?
Elle s'avança dans le premier vaste espace mais la fumée l'empêchait d'y voir à plus d'un mètre.
- Et quand je vais rentrer à la maison, y en a une qui va râler que je fume trop, grogna la Source tout en faisant un mouvement de poignet qui créa une colonne d'air dégageant la fumée devant elle.
Mais le souffle du sort raviva les flammes et la température, déjà très élevée, gagna plusieurs degrés.
- Et merde... Fit Hermione. Faut que j'arrête de picoler comme ça. J'en oublie les bases élémentaires de physique.
Un bruit incongru se fit entendre et la brunette leva les yeux.
- Chiotte... Souffla-t-elle alors que le plafond et les poutres métalliques qui le soutenaient s'effondraient sur elle.
Viviane observait l'incendie à la télévision. Après le départ d'Hermione, elle avait été incapable de se rendormir et avait décidé de tuer le temps en regardant les infos.
Les catastrophes s'enchainaient à l'écran et Viviane soupirait. Bien sûr qu'elle ne pouvait empêcher la Source de veiller au grain. Mais avec Gabrielle dans les bras ?
La blonde soupira à nouveau en entendant justement sa fille couiner. Elle alla la chercher et revint en la tenant contre elle pour l'apaiser.
- C'est fini ma princesse, murmurait-elle tout en regardant le petit écran. Hmmm... Ça flambe pas très loin de chez nous.
Elle fronça les sourcils en découvrant une Supergirl sur la touche puis...
- Mais que fait-elle la bas ? Murmura-t-elle, surprise. Et... Ivre ? Elle titube devant les caméras ? Et elle se précipite dans l'entrepôt !? Elle va se faire tuer !
On frappa à la porte de la maison et la Dame du Lac, sa fille toujours dans ses bras, alla ouvrir.
- Kara ? Que faites-vous là ? Et Hermione, elle fait quoi dans son état ?
- Elle est partie éteindre l'incendie. Elle m'a demandé de veiller sur vous.
Viviane retourna devant la télé et ne put s'asseoir dans le canapé. Elle était figée devant l'image de l'entrepôt qui s'effondrait sur la Source. Sans attendre, la Dame du Lac revint sur ses pas et tendit Gabrielle à Supergirl.
- Vous en prenez soin comme à la prunelle de vos yeux.
- Je...
- Je m'occupe de ma femme, la coupa-t-elle avant de disparaître dans un craquement sonore, Gabrielle faisant quelques vocalises.
- Mais je... bon, comment on s'occupe d'un enfant ? soupira la blonde.
Viviane réapparut devant l'entrepôt effondré dont le reste de la structure était toujours léchée par les flammes.
- L'art et la manière de collectionner les ennuis, grommela la blonde en retroussant ses manches.
Elle laissa parler sa magie, brouillant les caméras pour ne pas être reconnue, et l'envoya à travers les tôles tranchantes et les murs écroulés.
Elle repéra sa femme, dans un coin de l'entrepôt.
"Hermione ?" appela-t-elle.
Aucune réponse ne vint et la juge sentit son inquiétude grandir.
- Je vais la tuer, marmonna-t-elle les dents serrées en se frayant un chemin dans les décombres pour s'approcher plus près des structures enchevêtrées.
Elle étudia un instant les noeuds de poutrelles devant elle avant de commencer un harmonieux ballet de jeu de poignets pour dégager et étayer au fur et à mesure qu'elle faisait se mouvoir les matériaux calcinés.
Elle finit par trouver la brunette coincée sous le métal, une poutre en travers du dos. Viviane remarque que le crâne de sa femme évanouie saignait. Elle se dépêcha de dégager magiquement le reste des débris et se précipita aux côtés de son épouse.
- Interdiction de mourir bêtement, Hermione Granger, lâcha-t-elle, inquiète du manque de réaction de la brunette.
La main de la Source tressaillit avant de bouger lentement en direction de la poche droite de la veste en cuir. Trois secondes plus tard, les doigts tenaient une cigarette.
- Hermione, soupira de soulagement la juge.
- ´lut ma douce. T'aurais pas du feu ? Demanda la Source d'une voix étouffée sans réellement bouger.
- Tu peux te lever ?
- Hmmm... Non.
- Reste à savoir si c'est à cause de tes blessures ou de ton ivresse...
- Pour l'alcool, je dirais que le choc en a dissipé les effets. Pour le reste, je crains que la poutre ait fait son travail de sape... je ne sens plus mes jambes.
Viviane fit courir sa magie sur le corps de sa conjointe et retint une grimace.
- Ta colonne vertébrale est touchée, annonça doucement la Dame du Lac. Et... je ne suis pas sure d'être en capacité de la réparer. Tu te sens de t'en occuper ?
Hermione tira sur sa cigarette avant de souffler lentement la fumée.
- Je crois que c'était pas mon jour.
- Ne dis pas ça.
- Je te jure que Gabrielle ne risquait rien, pas même un cauchemar. Comment aurais-je pu mettre en danger la vie de notre fille ?
- J'ai eu peur.
- Je sais, c'est pas ce que je voulais. Pour le reste... je ne soignerais même pas un furoncle au cul d'un troll, il faut que tu le fasses.
- Je peux améliorer ton état. Tu feras le reste. Ca te va ?
Hermione hocha la tête. Viviane envoya sa magie et répara ce qu'elle put, en profitant pour donner un petit coup de fouet à son amante.
Quelques couleurs réapparurent aux joues de la brunette qui ne rouvrait pourtant pas les yeux.
- Hermione ? fit Viviane en lui tapotant doucement la joue. Réveille-toi, s'il te plait. Je ne peux plus rien pour toi, tu dois faire le reste. Ouvre les yeux, ma chérie.
- J'ai juste envie de dormir, s'il te plait.
La voix éteinte de la brunette inquiétait la juge qui se résolue tout de même à transplaner avec elle jusque dans leur chambre à coucher. Elle tira rapidement la couverture sur son épouse et lui prit la main.
- Tu es en sécurité ici. Prends le temps qu'il te faut pour te soigner, je veille sur toi.
C'était la cinquième fois cette année que Viviane et Hermione étaient convoquées chez le proviseur du lycée. La blonde avançait dans le couloir défraichi du lycée en faisait claquer ses talons sur le linoléum fatigué, tandis que la Source la suivait les mains dans les poches.
- Je ne comprends pas ce qu'on a raté, maugréait la Dame du Lac.
- Rien ma chérie, on n'a rien loupé.
- Rose n'a jamais été comme ça.
- Ne compare pas nos enfants, autres temps autres mœurs.
- Certes, mais je tiens à... s'agaça Viviane.
- La Rose que tu as connue était la fille de l'Impératrice. Elle faisait connerie sur connerie mais personne ne la remettait à sa place. Celle que j'ai connue n'a pas eu d'adolescence, je l'ai faite grandir magiquement. ah si, elle a fait quelques semaines à Poudlard et s'est faite virer de cours pour finir dans le bureau de sa directrice de mère.
- Mais 5 fois cette année ! Et on n'est qu'au début du deuxième trimestre !
Hermione se contenta d'hausser les épaules, peu impressionnée par l'éclat de voix de sa femme, et absolument pas paniquée par les affres de sa progéniture.
- Je me demande ce qu'elle a trouvé pour pourrir le cours de cette vieille harpie de prof de maths... murmura-t-elle, un léger sourire aux lèvres.
- Et ça te fait rire en plus ! s'insurgea la juge.
- Ca m'amuse, je le reconnais, mais ne t'en fais pas, je suis 100% derrière toi.
Viviane haussa un sourcil en tournant la tête vers sa femme.
- Parce qu'évidemment, c'est moi qui est encore la méchante dans l'histoire.
Elle frappa à la porte du secrétariat du proviseur et à l'invitation peu aimable de la secrétaire. Cette dernière trônait derrière un bureau encombré de dossiers sur le point de s'effondrer qui encadrait un écran d'ordinateur désuet. Elle leva à peine la tête pour reconnaitre les parents convoqués avant de leur indiquer la présence de leur rejeton d'un coup de menton.
La Dame du Lac soupira sa vie en voyant sa fille avachie sur une chaise, paraissant encore plus gothique dans cet environnement brun suranné.
Hermione ne put s'empêcher de sourire largement avant d'aller s'asseoir à côté de la lycéenne aux cheveux noirs corbeaux.
- Très joli sort de coloration, murmura-t-elle en sortant sa cigarette électronique.
- Hermione, range ça immédiatement, gronda Viviane.
- Pfff, ils vont faire quoi ? Engueuler Dieu ? répondit la brunette avec un sourire un brin provocateur pour la secrétaire.
La Dame du Lac fusilla la brunette qui prit un air faussement contrit avant de ranger l'objet dans sa poche.
- Ta mère est d'une humeur massacrante, je me demande pourquoi. Une idée ?
- Elle est jamais contente de toute façon, lâcha la gamine sans changer de position.
- Tu es peut être un peu dure avec elle, non ?
Un haussement d'épaules lui répondit.
- Qu'a dit la prof et qu'as-tu fait pour te venger ? insista gentiment Hermione.
- Elle a dit que Dieu n'existait pas, c'te conne.
Hermione éclata de rire, ce qui fit lever le nez de la secrétaire.
- Tu veux que j'aille la voir ? proposa la Source avec un clin d'oeil.
Un éclat brilla un instant dans les yeux clairs de la jeune fille, en même temps qu'un rictus imperceptible étirait ses lèvres.
- Ok, je vais faire un tour en classe, mais en échange, tu te tiens tranquille pour un moment ?
- Pffff.
- Gabrielle ?
- Ca m'gave d'être ici. J'ai rien à apprendre. Même leur club de sorcellerie est nul, les pimbêches se prennent pour des sorcières en lisant dans le marc de café.
- Bien d'accord avec toi, la divination n'a jamais été le fort de la famille, commenta la brunette en mettant un bras autour des épaules de sa fille. Mais tu sais aussi que les moldus n'ont pas accès à ce savoir. Par contre, ils en connaissent un bout en technologie, tu devrais t'y intéresser un peu.
Hermione se leva et tapota l'épaule de sa fille.
- Et soit gentille avec ta mère, elle s'inquiète pour toi.
- Elle s'inquiète juste pour sa réputation de juge, grommela la gamine.
- Je t'entends jeune fille.
La voix de Viviane était fraiche et Hermione soupira.
- Non, sa réputation n'est plus à faire avec mes petits écarts dans les différents bars de la ville. Elle veut seulement que... en fait, je vais vous laisser discuter de ça toutes les deux, j'vais m'occuper de la vieille athée. Elle est dans quelle salle ?
La lumière tamisée de la lampe sur la table basse éclairait faiblement le salon. L'ambiance feutrée associée était pourtant loin d'être au rendez-vous. Viviane, enveloppée d'un châle, faisait les cent pas au milieu de la pièce, s'arrêtant régulièrement devant une fenêtre pour en écarter le rideau afin de glisser un coup d'œil à l'extérieur.
- Mon cœur, viens te coucher.
- Tu as vu l'heure ?
- Justement, viens dormir.
- Elle n'ai toujours pas rentrée ! On lui avait donné la permission de minuit et il est...
- Minuit deux, coupa Hermione. Tu veux que j'aille la chercher ?
La blonde soupira avant de retourner dans la chambre. Elle s'assit de son côté du lit sans se résoudre à s'allonger. Hermione se tourna vers sa femme, posant sa main sur sa cuisse.
- Il ne lui arrivera rien. Au pire, elle sait lancer un protego. Et puis, tu sais bien que je le saurais instantanément.
- Oui, mais je m'inquiète... Elle ne répond pas quand je l'appelle.
- Elle s'amuse avec ses amis, elle ne prête sans doute pas attention à son cellulaire. Vi, il faut que tu lui laisses de l'espace.
- Elle n'a que 18 ans ! Et dans cet État, elle n'est pas majeure ! Je ne sais pas dans quel état elle va rentrer ! Et... Oh mon dieu, et si elle prenait de la drogue à son insu ? Ou pire, consciemment !
- Ton dieu, c'est à dire moi, sourit la Source en flattant le dos de son épouse, est certain que notre fille fera bien des expériences, mais rien qui ne mettrait sa vie en danger.
Hermione posa un court baiser sur les lèvres de sa femme et sourit.
- Maintenant, dors ou je te jette un sort de sommeil !
Viviane consentit à s'allonger afin d'être sure de pouvoir rester éveillée en attendant le retour de Gabrielle. Elle resta cependant au-dessus des couvertures, toujours dans son châle. Hermione se colla contre elle, nullement dupe. Les minutes défilaient devant les yeux de la juge qui se laissait obnubiler par le cadran lumineux de son réveil. Elle se redressa soudainement, faisant sursauter la Source.
- Quoi ? Qu'est ce qui se passe ?
- J'ai entendu du bruit dans l'entrée.
- J'y vais, soupira Hermione en repoussant les draps.
Elle quitta la chambre et se rendit dans le salon ou elle trouva Gabrielle à genoux, essayant de retirer sa veste sans des gestes brusques et désordonnés.
La Source s'adossa contre un mur, baillant à s'en décrocher la mâchoire.
- 'lut ma puce. Ca va ?
Un grommèlement atteignit ses oreilles, la faisant sourire.
- Mélange ?
- Tequila.
- Ok, je vais mettre une potion gueule-de-bois sur ta table de chevet, mais tu...
- Il n'en est pas question, coupa une voix glaciale
Hermione se retourna pour voir Viviane dans l'embrasure de la porte de leur chambre, les bras croisés sous la poitrine.
- Ma chérie... tenta la Source
- Elle boit, elle assume ! coupa la blonde.
- Essactmmmmmmmmment, j' summe, Mmmammmmm.
- Tu as vu l'état dans lequel tu t'es mis ? gronda la dame du lac. Tu devrais avoir honte !
- T'as... Récupéré m'man... Bien pire...
Gabrielle attrapa le pot à parapluies et vomit dedans.
- C'est bien ta fille, feula Viviane.
- C'est pour ça que je me proposais de gérer, fit Hermione conciliante.
Viviane plissa les yeux, tentant visiblement de contenir sa fureur.
- Soit. Occupe-toi du vomi. Mais dis lui bien qu'elle est privée de sortie jusqu'à la fin du mois et que demain matin, mal de tête ou pas, elle va se prendre la plus belle engueulade de sa vie !
- Je pense que tu viens de lui dire chérie. Allez viens ma puce, ton lit t'attend.
Délaissant le support de son mur, Hermione attrapa sa fille sous les aisselles pour la remettre debout.
- Je peux... toute seule, marmonna Gabrielle en faisant des mouvements désordonnés pour se libérer du soutien.
Ce faisant, des étincelles plus ou moins importantes naissaient au bout de ses doigts, créant des traces noires sur les murs, quand ce n'était pas des brûlures sur les tissus alentours.
- La fille de sa mère, commenta aigrement la juge.
- Vi, tu deviens lourde là. Va te coucher et pense à me raconter ta première cuite quand je reviens.
- Je n'ai jamais pris de cuite. J'étais une impératrice, digne en toute circonstance...
- Ouais, on va pas revenir sur cette période là, tu sais que c'est plus ou moins tabou avec moi, répondit Hermione sans se départir de son ton affable.
Viviane pinça ses lèvres avant de tourner les talons.
- Allez Gabrielle, en route.
Coucher la jeune femme fut une épreuve mais Hermione s'en sortit avec les honneurs. Et c'est avec une légère appréhension qu'elle retourna se coucher auprès de Viviane. Cette dernière avait un visage fermé et une attitude des plus belliqueuses.
- Vas-y, vide ton sac, soupira la Source en se glissant sous la couette.
- Il n'y a rien à dire.
- Bien sûr. Cet air renfrogné est naturel...
- Je suis fatiguée... d'être la méchante, d'être irréprochable, d'être celle qui tient la maison, d'être ... chiante, alors que toi t'es cool, la gentille maman, le bon dieu, celle qui rentre ivre en partant du principe que c'est normal et que je vais toujours être ...
- Et quand elle était enfant, j'étais le monstre horriblement stricte et toi la maman poule. C'est une période, ça va passer.
Viviane se retourna pour faire face à son épouse qui la couvait d'un regard amoureux.
- Que faut-il que je fasse Hermione ? Je suis perdue avec elle. Elle me rend aussi folle que fière.
- Un trait de caractère qu'elle a hérité de toi, ma chérie.
Viviane fronça les sourcils.
- Je ne te suis pas.
- Je suis fière de toi et tu me rends folle de toi, sourit la Source avant de déposer un léger baiser sur les lèvres de la Dame du Lac.
- Je ... ce n'est pas tout à fait ce que j'ai dit, mais... j'accepte le changement de sujet.
Viviane se lova contre son épouse, embrassant sa mâchoire avant de descendre poser ses lèvres dans son cou.
- Une envie, ma chérie ? susurra la Source.
Viviane laissa une de ses mains tracer sa route entre les seins de son épouse.
- Une ou deux ma Source, une ou deux, fit-elle, mutine.
- Qui suis-je pour te résister ?
- M'man V! ...suis malade... couina une voix en détresse à l'autre bout de la maison.
La blonde se laissa retomber sur le matelas, épuisée d'avance, tandis qu'Hermione riait doucement.
- Tu vois bien qu'elle t'aime, tu es sa petite maman qui prend soin d'elle, dit-elle en caressant le bras de la Dame du Lac.
Sur un soupir, Vivianne se leva.
- J'arrive ma chérie. Et toi, quand je reviens, on lui fait une petite sœur pour qu'elle prenne aussi ses responsabilités.
- On est trop vieille ! lança Hermione.
- Certainement pas ! Fais-toi à cette idée ! lança la juge qui avait déjà quitté la chambre.
Petit chapitre tout tranquille, mais promis, l'action reviendra assez rapidement ! ^^
Bon week-end et à très vite,
Bises,
Link9 et Sygui
