Coucou tout le monde !
Un petit chapitre assez tranquille, comme ce dimanche plutôt gris...
Bonne lecture !
Chapitre 27 : Une soirée bonne à oublier
Hermione soufflait son ennui, assise sur le canapé. La télévision allumée tournait en boucle sur toutes les chaines la soirée électorale locale et la Source trouvait d'un ennui consommé tous les commentaires abscons balancés pompeusement par des journalistes qui n'avaient finalement rien à dire. La brunette lâcha un nouveau soupir en regardant partout autour d'elle en cherchant ce qu'elle pourrait faire, mais rien de la tentait. Qui plus est, elle était seule ce soir, Gabrielle étant sortie avec des amies et Viviane s'étant trouvée d'astreinte. Elle s'allongeait sur le canapé, les bras croisés sous la nuque, le regard perdu au plafond quand une heureuse idée traversa son esprit et lui rendit le sourire. L'instant d'après, elle avait passé sa veste en cuir par-dessus sa chemise blanche et fermait consciencieusement la porte derrière elle en sifflotant.
Son regard parcourut la rue déserte et, le temps d'un clignement d'oeil, elle se retrouva à l'autre bout de la ville, devant un club de strip-tease.
- Par moi-même, ça faisait longtemps ! soupira-t-elle d'aise en pénétrant dans le bâtiment.
L'ouvreuse la reconnut aussitôt et l'amena à une table devant la scène. Quelques minutes plus tard, une bouteille de champagne dans un sceau fut posée sur la table.
- Cadeau de la maison, fit la serveuse avec un clin d'oeil.
- C'est bien gentil Sandra, tu remercieras Clara pour moi.
- Vous vous faites rare, ces derniers temps, regretta la jeune femme.
- Que veux-tu, c'est compliqué de négocier avec ma femme. Elle juge facilement le moindre de mes écarts.
- En tout cas, vous allez être ravie, nous avons une nouvelle danseuse très prometteuse. Elle entre en scène d'ici dix minutes. J'espère que vous profiterez du spectacle.
- J'ai hâte, sourit la Source.
Hermione s'installa confortablement dans sa chaise après avoir fait sauter le bouchon de sa bouteille et s'être servie une coupe. Elle laissa son regard parcourir la salle, profitant enfin de sa soirée qu'elle anticipait être bien plus agréable maintenant.
La première danseuse sur le podium déployait tout son talent et la brunette devait admettre qu'elle avait rarement vu un spectacle d'une telle qualité.
- J'ai jamais été aussi souple, murmura-t-elle. Je me demande si ma magie pourrait améliorer ça... Viviane apprécierait peut-être.
Elle eut un petit rire en imaginant la tête de la Dame du Lac si elle se lançait dans ce genre d'acrobaties.
- Reste toujours la position de l'ananas...
Deux autres danseuses se succédèrent à la barre et Hermione profitait de sa soirée en buvant ses bulles. Cependant, quand la nouvelle strip-teaseuse monta sur scène, elle en recracha l'intégralité de sa gorgée.
- BORDEL ! GABRIELLE ! hurla-t-elle pour couvrir le bruit de la musique.
- Maman ? fit la jeune femme, éberluée de reconnaitre la Source au premier rang.
Il ne fallut pas plus d'une seconde à Hermione pour monter sur scène, envelopper sa fille légèrement vêtue dans sa veste en cuir et la faire quitter les spotlights pour la pénombre des coulisses.
- Je peux pas le croire, s'énervait la Source. Qu'est-ce que tu fais là ? On te fait chanter ? Qui t'a forcée que je lui refasse le portrait ?
- Personne ! Répondit âcrement Gabrielle en se dégageant de l'étreinte de sa mère. C'est un job étudiant comme un autre, et plutôt bien payé !
- Je préférerais que tu ...
- Arrête ! Tu branles rien depuis des décennies et m'man V est la seule à faire ce qu'il faut pour payer les factures ! Et vu que l'argent ne sort pas du cul des poules, je file un coup de main, moi !
Hermione plissa dangereusement les yeux.
- Tu … je … attends là, t'es en train de me dire que ta mère est au courant de ton boulot pour contribuer aux frais de la maison ?
- Non, mais comme je peux pas lui demander de l'argent de poche car les finances de la maison sont déjà exsangues, je me débrouille. Maintenant, laisse-moi aller bosser pendant que tu dilapides l'argent que maman V gagne. Tu devrais avoir honte !
- Il n'est pas question que tu y retournes ! Des boulots y'en a plein d'autres et c'est pas celui-là que tu vas faire ma fille, crois-moi !
- Donc ce job est assez bien pour les filles que tu reluques mais pas pour moi ? Hypocrite !
Hermione grommela en se passant la main sur le visage.
- Tu as tout faux. Je respecte tout à fait ces filles, jamais je n'aurais même une pensée déplacée pour elles. Mais tout le monde n'est pas moi et je refuse que des vieux libidineux passent ensuite leur nuit à ... je peux même pas le dire !
Gabrielle croisa les bras sous sa poitrine.
- Les gens attendent une danse. Alors monte sur cette scène et ramène un peu d'argent à la maison !
- Que je… jamais de la vie ! s'insurgea la brunette.
- Alors t'as rien à me dire. Va-t-en ! Conclut Gabrielle en jetant au visage de sa mère la veste en cuir qui couvrait ses épaules.
Hermione se dépêtra de sa veste tout en attrapant le poignet de sa fille.
- Gabrielle, s'il te plait… je m'y prends mal… si c'est pas pour moi, pense à ta mère, ca va plus l'embarrasser qu'autre chose. Et hmm, c'est pas simple pour moi de travailler, simplement.
- Et donc, tu proposes quoi pour ramener de l'argent à la maison ?
Hermione soupira dans son fort intérieur. Au moins sa fille voulait bien parler, et Clara avait envoyé une nouvelle danseuse se produire devant ses clients, ayant compris que sa stripteaseuse avait intimement à voir avec dieu. Autant se mettre continuer à se mettre dans ses bonnes grâces. La brunette se gratta la nuque.
- Je sais pas, qu'est-ce que tu me proposes ?
- C'est toi, la mère de famille. A toi de réfléchir ! T'as intérêt à avoir une idée avant demain soir, sinon je reviens ici !
Gabrielle tourna les talons sans plus se préoccuper de la Source et Hermione sentit la tension quitter ses épaules.
- Pas facile tous les jours les enfants.
La brunette se retourna pour faire face à la tenancière qui lui souriait.
- M'en parle pas. J'ai déjà connu mon lot de lubies, mais celle-là, j'avoue que je ne l'ai pas vue venir.
- Dommage, elle était vraiment douée.
- Ouais, ben sur ce coup-là, je ne vais pas être désolée. Mais, elle s'est produite hmmm, combien de fois déjà ?
- Une dizaine de fois. Elle a eu de très beaux pourboires. Vous êtes sûre de ne pas vouloir prendre sa place ? plaisanta la femme.
- Je suis sure que vous feriez salle comble tous les soirs, mais mon côté libertin s'arrête dans ma chambre à coucher.
Cependant elle ne put garder son sourire très longtemps.
- 10 soirs… et bien sûr, il y a des chances que certains… admirateurs aient pris des clichés ou même des vidéos ?
- Normalement, non. Nous faisons très attention au respect de l'image de nos filles dans l'enceinte de l'établissement. Après, ce qui se passe dehors n'est pas de mon ressort.
- Si au moins rien ne circule sur les réseaux sociaux… Pffff, je vais en entendre parler longtemps. Et avec tout ça il faut que je me trouve un boulot où le patron acceptera de travailler avec dieu… et que dieu quitte le travail sans préavis parce que le continent australien à besoin de moi. Quelle galère … vous n'avez pas une idée ?
- Vous savez faire des cocktails ? Une de nos barmaid va partir en congé maternité.
Hermione considéra la question.
- Je les connais tous et d'autres encore, mais ...
- Il y a toujours 2 ou 3 barmaid en même temps, donc si vous devez… vous absenter, le bar continuera à tourner.
- Hmmm, mais...
- On doit pouvoir faire quelque chose pour que personne ne vous reconnaisse. Et les pourboires sont partagés entre le personnel en salle, ajouta Clara avec un grand sourire charmeur.
- Et c'est payé combien ?
- Quinze dollars de l'heure. Les pourboires font le reste. J'ai besoin de monde le week-end surtout. Vendredi et samedi soir, de 19 heures à 4 heures du matin.
Hermione grimaça.
- Pas sure d'avoir ma permission de sortie ces soirs-là.
- Sinon, j'ai une copine qui recrute au planning familial. Elle a besoin d'une assistante pour noter les rendez-vous des avortements des patientes.
- Okay, soupira la brunette, c'est toujours bon à savoir. Allez je vous laisse, je vais aller retrouver Gab' à la maison. Et encore merci pour tout Clara.
- Je vous en prie, mon Dieu, fit la femme avec une profonde révérence.
Hermione fut réveillée le lendemain matin beaucoup trop tôt et beaucoup trop brusquement. Quelque chose tapait avec force et régularité sur sa tête et une légère douleur se faisait ressentir. Elle ouvrit un œil pour le refermer aussitôt.
- Mais qu'est-ce qui te prend ? s'exclama-t-elle en se protégeant de ses bras.
Viviane était au-dessus d'elle et la frappait avec un journal roulé.
- Il se passe que pendant que je me tue au travail tu vas dans des clubs de strip-tease et que tu prostitues notre fille ! Hurla la Dame du Lac.
La brunette se glissa hors du lit du côté opposé à son épouse vindicative.
- Hein ? Quoi ? Que je ? Mais tu tiens ça d'où ?
Viviane lui jeta le journal à la figure avant d'ouvrir le placard de la chambre et d'en sortir une valise qu'elle balança sur le lit.
- Pendant que tu lis le récit de tes aventures nocturnes, je te prépare ton sac. Et n'espère pas aller pleurer chez Cat Grant pour avoir un logement, elle t'enverra bouler.
Hermione déplia rapidement la feuille de choux pour y voir étaler en première page une photo présentant Gabrielle courtement vêtue et elle-même en train de s'extirper de sa veste balancée au visage.
- Si je tiens le fumier qui a publié cette image, je lui fais bouffer les couilles de celui qui l'a prise.
- C'est tout ce que tu trouves à dire ? fulmina la blonde en entassant sauvagement jeans et tee-shirts dans la valise.
- Non. J'aurais voulu que tu me dises que les finances de la maison n'étaient pas au beau fixe. Notre fille faisait du strip-tease pour ramener un peu d'argent. Je vais demander à Lena si elle a du travail pour moi, histoire de t'aider.
Viviane se retourna d'un bloc, blême.
- Donc tu es en train de me mettre toute cette affaire sur le dos ?
Elle laissa tomber les paires de chaussettes qu'elle avait dans les mains par terre avant de rejoindre la porte.
- Et toi, quelle est ton excuse pour t'être trouvée là ? Qu'est-ce qui manquait à la maison que je ne fournis pas ?
Sans décolérer, la juge claqua la porte derrière elle et Hermione put l'entendre descendre les escaliers avant que la porte d'entrée ne subisse le même sort.
- Et merde... Soupira la Source.
Que devrait-elle faire ? La laisser se calmer ou lui courir après ? Un entre-deux, en passant par la case fleurs ?
- Pfff, ça fait vraiment chier... Elle va me les faire bouffer, les fleurs.
Elle rangea ses vêtements éparpillés avant de s'habiller. Quittant la chambre elle fonça sur sa fille, encore endormie.
- M'man, c'est quoi ce bazar que vous faites ?
- Il se passe que les événements d'hier soir sont dans les journaux et que ta mère prépare gentiment mes valises.
Gabrielle cessa instantanément de se frotter les yeux.
- Merde. Tu plaisantes là ?
- Non. C'est quoi les fleurs les plus comestibles d'après toi ?
- Pissenlits. Blague à part, faut que tu lui parles.
- Surtout que je peux décemment pas lui offrir un bouquet de pissenlits.
Hermione soupira avant d'embrasser sa fille.
- Je t'aime Gabrielle.
- Je sais, et elle aussi le sait. Maintenant vas-y.
La Source se concentra sur la magie de sa femme et disparut dans un craquement sonore. Elle réapparut un instant plus tard au bord d'une falaise balayée par des vents froids.
- Hmmm, ce décor me rappelle de mauvais souvenirs, fit doucement la brunette.
Viviane ne répondit pas. Elle regardait l'océan sans se préoccuper des bourrasques qui faisaient claquer son fin manteau contre ses jambes.
- Nous nous sommes entretuées ce jour-là, dans un décor similaire, poursuivit Hermione, perdue dans des souvenirs douloureux. Qui aurait pu prédire à l'époque ce que nous sommes aujourd'hui ?
- Peut-être n'aurais-je pas dû survivre.
- Et ainsi rater notre belle vie de famille ? Je n'y crois pas. Ma chérie, je suis désolée de t'avoir blessée. Je ne pensais pas qu'une soirée dans un club de strip-tease allait te causer autant de peine, et je te prie de bien vouloir m'excuser. Ca ne se reproduira plus.
Viviane resserra ses bras autour d'elle, restant toujours de dos à la Source.
- Est-ce que je suis une si mauvaise mère ? J'ai perdu Rose, j'ai enlevé Cassie, et maintenant j'oblige Gabrielle à se...
- Tu n'obliges en rien. Gabrielle a remarqué que nous avions des difficultés et elle a fait ses choix. Mais maintenant, c'est rentré dans l'ordre et je vais me débrouiller pour t'épauler au mieux.
La Dame du Lac hocha imperceptiblement la tête, puis se retourna. Son attitude fermée sur elle-même n'avait pas changé alors qu'elle regardait la brunette.
- Est-ce que je suis un si mauvaise épouse que tu doives trouver bonheur à regarder des jeunes femmes nues danser devant toi ?
- Non, tu es parfaite. Et je suis désolée. J'apprécie ce type de spectacle, il n'y a aucune... dévalorisation de ce que tu es, dans ma venue dans cet endroit.
Nouveau hochement de tête avant que Viviane se retourne à nouveau vers le large.
- C'est ma dernière chance d'avoir une vie heureuse. Et je suis prête à tout sacrifier pour ça. J'ai laissé mes envies de pouvoirs et de puissance derrière moi. Mai je ne veux pas vous perdre. Et quand j'ai vu ce journal, j'ai juste pensé… que je ne suffisais pas à votre bonheur à vous.
- Si, amplement.
Hermione préféra taire qu'elle avait également beaucoup sacrifié pour cette relation. Elle avait fait une croix sur toute activité professionnelle, sur un anonymat salvateur au vue de sa condition de Source, qu'elle s'ennuyait dans ce monde depuis près de vingt ans. Tout ça pour Viviane.
Hermione vit la tension quitter les épaules de la Dame du Lac et choisit de s'approcher. Elle lui prit la main et mêla ses doigta aux siens.
- Le chemin fut long pour que nous ayons le droit d'être ensemble, si on considère que tu es la femme de mes premiers émois.
- La première ? Vraiment ? S'enquit la blonde.
- A l'académie militaire, tu te souviens être venue saluer tes nouvelles recrues ? Tu étais magnifique, on n'avait d'yeux que pour toi… ce jour-là, tu m'as volé mon cœur.
- C'était il y a des milliers d'années... Soupira Viviane. Un autre vie. Et pourtant, nous voilà ensemble.
- Ma vie se compte en milliers années. C'était hier pour moi.
La Source amena la blonde à lui faire face.
- Je suis heureuse Viviane, qu'on ait eu cette deuxième chance.
- J'aimerais te croire, mais je sens que tu es malheureuse.
Hermione sourit et posa un baiser sur les lèvres de son épouse.
- Je m'ennuie, c'est pas pareil. Et avant que tu interprètes mal mes propos, ça n'a rien à voir avec toi. Ou avec Gabrielle. Je m'ennuie d'être dieu, je ne peux rien faire sans que tous mes gestes soient épiés, et même si je prends soin des catastrophes de ce monde, je ne suis pas capable de prendre soin du budget de ma famille. … A moins que je remette en vigueur la dîme...
- Tu veux qu'on change d'univers ? Demanda Viviane.
- Gabrielle et toi avez vos vies ici.
- C'est comme changer de ville tu sais, on s'y fera.
- C'est quelquefois bien plus, je parle d'expérience. Alors non, je vais me bouger et trouver quelque chose. Après tout, je suis sensée tout savoir, ça serait bien que j'en fasse quelque chose, Gabrielle a raison. Et tu aurais dû me le dire, ajouta-t-elle en la grondant faussement, tu n'as pas à garder tous les problèmes pour toi. On est ensemble dans cette vie.
- Tu pourrais faire le courrier du cœur pour Cat ?
- Par moi-même !
Hermione ne put s'empêcher d'éclater de rire, entrainant un sourire de son épouse.
- Si ca te rend le sourire, alors je dis oui. Mais pas question qu'on sache que c'est moins qui répond !
Pour toute réponse, la blonde prit son épouse dans ses bras et l'embrassa longuement.
- Je t'aime Hermione.
Un siècle plus tard...
Lexa était assise sur un petit bureau. Derrière elle, un grand tableau noir. Et devant, une vingtaine d'élèves, à peine sortis de l'adolescence, qui buvaient ses paroles. L'Heda ne savait dire si c'était le contenu du cours qui les passionnait, ou s'ils étaient simplement impressionnés d'avoir pour professeur une demi-déesse, mais peu importait. Donner ce cours était important pour la brune. L'éducation civique était le ciment de la société qu'elle avait mis un siècle à bâtir, loin de la règle du sang versé qu'elle avait connue jusqu'à l'arrivée d'Asalhir. La brunette leur avait offert un nouveau monde, un nouveau départ, et Lexa dépensait toute son énergie pour que les humains dont elle avait la charge ne fassent pas n'importe quoi avec ce monde non pollué.
Aussi, avec l'aide de Clarke, quand cette dernière était encore en vie, l'Heda avait mis en place une démocratie. L'école pour tous avait été créée concomitamment, la peine de mort avait été abolie, avec une petite exception : toute personne qui faisait des recherches sur un sujet ayant trait au nucléaire était pendu haut et court.
Elle n'avait plus à se préoccuper de diriger les hommes, ils le faisaient eux-mêmes. Avec des hauts et des bas, avec des crises qu'elle veillait à maintenir dans le domaine du raisonnable. Il y avait encore des conflits, des armes, mais les génocides n'avaient pas lieu d'être, elle avait été claire là-dessus. Et quand les tribunaux des hommes n'arrivaient pas à trancher, elle était sollicitée. Avec le temps, elle avait assis sa réputation de déesse implacable mais juste. Personne ne la craignait et tous la respectaient.
- Donc, reprenons la suite de la semaine dernière. Qu'avez-vous retenu de l'Esprit des lois de Montesquieu ? demanda-t-elle, les bras croisés sous sa poitrine.
- Il y a trois grand types de gouvernement, répondit un élève après avoir levé la main.
- L'auteur préconise le bicamérisme, c'est-à-dire deux chambres au parlement, ajouta une jeune femme.
- Le chapitre qui dénonce l'esclavage est le point d'orgue de l'œuvre, c'est brillant, fit un autre.
Lexa leva les mains, incitant ses élèves au calme.
- Vous avez tous raison, fit-elle avec un large sourire. Donc, que pouvez-vous me dire de notre système politique, par rapport à l'œuvre de Montesquieu ?
- Que vous vous en sortez pas mal, fit une voix au fond de la salle.
Les élèves tournèrent la tête vers l'intrus tandis que Lexa levait les yeux vers la voix, un large sourire éclairant son visage.
- Hermione ! Viens, viens ici avec moi.
La déesse se leva et marcha tranquillement jusqu'au bureau. Puis, arrivée devant Lexa, prit l'Heda dans ses bras et la serra fortement contre elle.
- Très beau travail, lui chuchota-t-elle à l'oreille de la brune.
- Bon prof à l'origine, répondit celle-ci dans son sourire. Tu es détendue, pas de catastrophe à l'horizon ?
- Effectivement, répondit posément Hermione. J'ai fini de...surveiller l'autre univers et je m'étais dit, si tu en es d'accord bien sûr, qu'il était temps pour moi de revenir ici.
L'éclat qui brilla dans les yeux de la Heda décrocha un fin sourire sur les lèvres de la Source.
- Je suis triste de ce que ça veut dire, mais je m'en réjouis aussi.
Lexa prit à nouveau Hermione dans ses bras sous les yeux grands ouverts de ses élèves.
- Je vous présente la Source, l'Origine de toute magie.
Des exclamations fusèrent dans la salle et Hermione sourit aux élèves.
- Je pense que votre professeur sera d'accord avec moi pour vous offrir le reste du cours. Mais pour que ce ne soit pas du temps perdu, vous allez lire le Léviathan de Hobbes. Vous en discuterez la semaine prochaine.
Les jeunes gens ramassèrent rapidement leurs affaires et quittèrent la salle, laissant les deux moitiés de la Source en tête à tête.
- J'ai l'impression que tu es heureuse, ici. Et posée, fit doucement l'ancienne Gryffondor.
- J'ai fini par trouver ma place. Et toi ?
- Je suis apaisée. La boucle est bouclée, pour ainsi dire. Les fantômes du passé ne viendront plus m'importuner.
- Tu le mérites. Mais je manque à tous mes devoirs. Tu dois être fatiguée et avoir hâte de te poser quelque part. Viens je t'emmène à la maison.
Hermione acquiesça et suivit l'Heda à travers le village qui avait grossi depuis sa dernière visite. La brune finit par se planter devant la porte d'une maison en pierre, de taille convenable.
- Tu as déménagé ? s'enquit Asalhir.
- Oui, je ne voulais plus habiter la maison que j'avais avec Clarke. Je l'ai donnée.
- Je comprends, répondit sobrement Hermione en pénétrant dans la demeure de l'Heda.
- Tu vis seule ?
- Hmm.
Hermione haussa un sourcil en pendant sa veste à un crochet, se souvenant d'une jeune femme aux appétits sexuels jamais satisfaits.
- Je suis une Source volage, compléta la brune.
- Oh ! Et y a-t-il une jeune femme qui réchauffe tes draps plus qu'une autre en ce moment ?
Lexa posa deux verres et une bouteille sur la table.
- Pas vraiment. Assieds-toi et racontes-moi.
Hermione prit place à table et servit deux verres de vin avant d'en pousser un devant Lexa.
- Et bien, pas grand chose. Viviane s'en est allée, paisiblement. Notre fille, Gabrielle, après une adolescence rock and roll s'est assagie et est entrée en politique.
- Digne fille de ses mères, sourit la brune. Des petits-enfants ?
- Oui, trois, murmura Hermione avec nostalgie. Et toi ?
- Notre fille avait le tempérament de sa grand-mère, elle s'est tournée vers la médecine à recréer. Je l'ai aidée longtemps et son fils après elle.
- Et maintenant, tu enseignes, sourit Hermione. Toi qui trouvais mes cours extrêmement ennuyeux.
- Je n'étais pas prête à ça. Ces jeunes connaissent un autre monde, d'autres valeurs... Le sang n'est plus une monnaie, il est sacré, comme la parole.
- Heureuse de l'entendre dire, fit Hermione en buvant une gorgée. Il y a un endroit de libre où je peux m'installer ? Une maison inhabitée dans le coin ?
- Pas vraiment. Mais on peut t'en construire une si tu y tiens... Ou tu peux rester ici.
Le regard d'Hermione brilla de contentement.
- J'espérais que tu me le proposerais ! soupira-t-elle de soulagement.
La réponse gonfla le coeur de l'Heda. Sa vie allait recommencer. Avec Hermione. Enfin.
- Et ca fait combien de temps que ta dernière amante est venue te visiter ? demanda la brunette, l'air de rien.
Lexa rougit.
- ...hier... mais je ne t'attendais pas non plus... ça fait des lunes que tu n'es plus venue.
- Ne t'inquiète pas, on peut attendre, on a tout notre temps maintenant.
- Hermione, je ne suis plus attachée à personne. Et je n'attends personne. C'est plutôt des rencontres et si on s'entend pas trop mal...
- Penses-tu que nous pourrions nous entendre dans les... 30 prochaines minutes ? sourit Hermione.
Lexa dévisagea la brunette en espérant faire passer dans son regard tout ce qu'elle ressentait à cet instant.
- Pourquoi attendre ?
Hermione se leva et, d'un geste indolent de la main, fit disparaître les deux verres et la bouteille de la surface de la table. Puis elle s'approcha de Lexa et, tout en collant son corps contre celui de l'Heda, l'incita à s'allonger sur la surface boisée.
- J'espère que ta table tiendra le coup, lança la brunette en retirant rapidement sa veste et son tee-shirt.
- J'ai aussi un lit, ma Source, murmura la Heda en attirant la brunette vers elle après avoir emprisonné son bassin de ses jambes.
- Et je te promets qu'on ira, dès que nous aurons fini ici, ma Source, répondit Hermione avant de capturer les lèvres de Lexa dans un langoureux baiser.
Voilà le travail ! A la base, j'avais dans l'idée de clôturer cette histoire sur cette dernière ligne mais mon imagination s'est rebellée ! Aussi, on vous préparer quelque chapitres supplémentaires !
Donc à la semaine prochaine !
Bisous,
Link9 et Sygui
