Bonjour à toutes et à tous !

Voici le nouveau chapitre, on vous réserve de grosses surprises pour ces derniers chapitres de cette histoire, aussi on espère que vous apprécierez ! ^^

Petit changement d'univers (pour pas lasser) et nous allons explorer en partie l'univers de la série The tunnel (qui est une merveille avec Clémence Poesy, on vous le conseille !), mais vous allez retrouver au fur et à mesure des personnages d'autres séries/livres déjà abordés au fur et à mesure des trilogies !

Bonne lecture !


Chapitre 28 : L'essence immortelle

250 ans plus tard...

Hermione était à genoux, les bras croisés derrière la tête. Elle ne prêtait pas attention aux personnes qui l'entouraient. Elle n'avait d'yeux que pour le corps de Lexa qui gisait à ses côtés. L'Heda s'était battue avec force et rage, mais cela n'avait pas suffit. L'ombre noire qui se fondait dans l'obscurité avait eu raison d'une des moitiés de la Source et avait absorbé son pouvoir.

- Maintenant, à ton tour, Hermione Granger.

L'ancienne Gryffondor était incapable de se défendre, à moitié assommée par la poudre de fée qui lui avait été jeté au visage. Ses doigts se crispèrent sur la petite pierre qu'elle dissimulait dans sa main droite.

"Encore quelques minutes... essaye de gagner du temps..." songea-t-elle alors que l'ombre s'approchait, la lame d'un couteau brillant dans la pénombre.

- Tu ne seras jamais la Source, promit Hermione d'un voix qui exprimait un profond mépris. Tu auras beau avoir le pouvoir et la connaissance, tu ne seras jamais à la hauteur de la fonction.

- Une fonction ? Stupide humaine ! cracha l'ombre, tournant autour de la brunette. Des millénaires que tu dévoies les desseins de la Créatrice, toi et les autres sorciers qui t'ont accompagnée ou remplacée. Il est temps qu'une nouvelle ère s'ouvre.

L'ombre marcha sur le corps de Lexa et Hermione voulut se redresser pour venger sa compagne mais ce n'était pas le moment. Elle devait mettre son pouvoir à l'abri et vivre.

- Lexa fut plus digne que tu ne le seras jamais, feula la brunette.

- C'était une sans pouvoir, une sauvage qui n'a pas fait honneur à l'Origine de toutes magies. Elle n'aurait jamais dû détenir son essence.

L'ombre s'arrêta devant elle et se pencha lentement. Hermione sentit un souffle tiède et fétide sur son visage. Elle ramassa sa salive et cracha au visage de l'ombre qui lui retourna une claque magistrale.

- Deux humaines, deux soit disant demi-Source, vaincues, ricana l'ombre. Vous n'étiez pas à la hauteur, c'est un fait.

La lame du couteau passa sur son bras et une grimace déforma fugacement les traits d'Hermione. L'ombre plaqua sa main sur la blessure et murmura des mots en latin.

- Bientôt, la Source sera enfin complète. Je serai la Source dans toute sa gloire...

- Tu es sûre ? s'enquit doucereusement Hermione.

- Que... que se passe-t-il ? Pourquoi n'as-tu plus de magie en toi ? gronda l'ombre. Qu'as-tu fait de l'essence immortelle ? Où est-elle ?

L'ancienne Gryffondor lui jeta un regard plein de haine, de colère et de défi.

- T'as regardé dans ton cul ?

Sur ces mots, elle décroisa rapidement les mains et attrapa un pistolet à sa ceinture. Elle tira à bout portant sur l'ombre tout en fouillant à tâtons dans une de ses poches. Elle y laissa tomber la pierre d'âme pour se saisir d'un haricot magique qu'elle lâcha devant elle. Elle tira plusieurs coups de feu et jeta l'arme avant de se faire absorber par le vortex.

"Lexa, je suis désolée. Je te vengerai, ma chérie..."

- Oubliette ! cria une voix. On se retrouvera, Hermione Granger ! Et je te tuerai !

Un trait de magie rouge la percuta de plein fouet et, tandis que ses souvenirs s'effaçaient progressivement de sa mémoire, des larmes silencieuses roulaient sur ses joues.

- La pierre d'âme... souffla-t-elle alors qu'elle atterrissait durement sur un sol poussiéreux.

Elle récupéra le collier dans sa poche et, puisant dans sa volonté et ses dernières forces, se dépêcha de l'accrocher avant de s'évanouir dans le fond d'une impasse, couchée près d'une poubelle. Sans voir qu'elle avait emmené le corps de Lexa dans son voyage.


Quelques heures plus tard...

La commandante Elise Wassermann sortit de sa Porsche et, avançant vers le cordon de plastique délimitant la scène de crime, fourra ses mains dans les poches de sa parka qui semblait trop grande pour elle. Elle montra son insigne au policier qui filtrait les entrées puis passa sous le cordon pour rejoindre ses collègues.

- Lieutenant Renard, faites-moi un point sur la situation, ordonna Elise en s'accroupissant à côté du corps.

Une jeune femme brune, très belle, avec un signe ressemblant à un soleil sur le front, au-dessus du nez.

- Deux femmes retrouvées vers 5h30 ce matin par une vieille dame qui promenait son chien. L'une morte, l'autre inconsciente. Elle a été conduite à l'hôpital de Calais pour des examens. Elles n'ont aucun papier, pas de portefeuille. Cependant, nous avons trouvé une photo dans la poche intérieure de la veste de la femme inconsciente, commença Louise en tendant un cliché à sa supérieure.

Elise observa attentivement la photo. La femme décédée serrait contre elle une brunette, légèrement plus petite et plus âgée d'une dizaine d'années. Les deux regardaient l'objectif et semblaient heureuses. Quelque chose attira plus spécifiquement le regard de Wassermann. Les deux victimes, sur le cliché, portaient le même collier étrange. Une pierre noire gravée de symboles dorés.

- Nous supposons qu'elles entretenaient une relation, poursuivit la lieutenante tandis qu'Elise acquiesçait. Mais nous en saurons plus quand l'autre femme se réveillera. Nous penchons pour un crime homophobe ou un vol qui a mal tourné.

- A première vue, le corps ne présente pas de marque de coups, fit la commandant en fronçant ses sourcils. Exceptée une large coupure sur l'avant-bras.

- Vous voulez qu'on la déshabille ? proposa le lieutenant Philippe Viot.

- Non, laissons faire la légiste, répondit Elise en se redressant.

Elle scruta avec attention la scène de crime, la mémorisant dans les moindres détails.

- Où était positionnée la femme inconsciente ? demanda-t-elle.

- Juste ici, répondit Louise en se plaçant à deux pas de la dépouille de la brune. Elle était face contre terre.

- La personne qui les a trouvées n'a touché à rien ? Ne les a pas déplacées ? questionna la commandante.

- Non, répondit Philippe.

Elise acquiesça et prit quelques photos avec son téléphone portable.

- Je vais à l'hôpital. Tenez-moi au courant des découvertes du légiste.

Sans attendre de réponse, elle retourna dans sa Porsche, plongée dans ses pensées. Ce crime était déroutant. C'était bien la première fois que la cause de la mort ne lui sautait pas aux yeux. Et elle ne savait pas si elle devait rechercher une arme et si oui, laquelle. Quant au mobile, là encore, il n'était pas évident. L'absence de portefeuille indiquait un vol, la supposée nature de la relation entre les deux femmes pouvait ajouter un caractère homophobe à l'agression, mais l'absence de violence hormis une coupure sur la dépouille la gênait.

- Ca ne va pas être simple...


Elle émergea lentement de l'inconscient. La brunette retrouvait des sensations. Son odorat en premier. Il flottait dans l'air un parfum aseptisé de produits chimiques. Puis le toucher se réveilla. Ses doigts reposaient sur un drap rêche. Son ouïe ensuite. Un bip régulier, comme une machine d'hôpital. Elle finit par ouvrir les yeux sur ce qui ressemblait effectivement à une chambre d'hôpital. Cependant, quelque chose clochait. Elle ne savait pas où elle était précisément et comment elle y était arrivée. Mais le plus grave, c'est qu'elle n'avait aucune idée de qui elle était. Elle regarda autour d'elle, à la recherche d'un indice, mais elle ne remarqua aucun papier, dossier ou même portefeuille.

"Merde..." songea-t-elle en se redressant.

Elle examina longuement ses bras, ses jambes, son corps et déduisit qu'elle était pas bien grande, mais plutôt fine et musclée. Et de ce qu'elle en voyait en tirant dessus, elle avait des cheveux châtain clair et mi-long.

La porte s'ouvrit et elle sursauta en voyant deux femmes en blouse blanche entrer dans la pièce.

- Vous êtes réveillée ! Quel soulagement ! fit une femme d'une voix douce et chaleureuse.

"Au moins, je parle la langue... c'est plutôt un bon point.", songea-t-elle en acquiesçant.

- Vous pouvez vous dire votre nom ? demanda l'autre femme, une rousse.

- Je pensais que vous alliez me le dire, répondit la brunette avec déception.

Les deux femmes échangèrent un regard interloqué avant que la première, blonde, attrape la fiche suspendue au lit de sa patiente. Elle la lut avec attention et finit par griffonner deux phrases supplémentaires.

- Vous vous souvenez de quelque chose ? demanda la rousse.

- Rien. C'est comme si... j'étais née dans cette chambre, murmura la brunette, la voix enrouée.

Voix qu'elle découvrait d'un timbre plutôt grave.

- On va vous faire passer un scanner cérébral. Vous n'aviez pas de contusion mais on n'a pu rater quelque chose, fit la blonde en lui serrant doucement l'épaule. Il y a une policière qui veut vous interroger. Mais nous allons attendre les examens complémentaires avant de la laisser vous questionner.

La brunette acquiesça et osa une question.

- J'avais des... choses à moi en arrivant ici ?

- Oui, des vêtements et un petit collier. Tout est entre les mains de la police pour analyse, je suis désolée. Mais nous allons demander à ce qu'on vous les restitue rapidement. Ca pourrait débloquer votre mémoire.

- Reposez-vous encore un peu. Un infirmier va venir vous chercher pour le scanner.

- Pourriez-vous m'apporter un miroir ? Histoire que je sache à quoi je ressemble...

- Oui, bien sûr. C'est l'affaire de quelques minutes.

Les deux médecins sortirent de la chambre et l'inconnue se rallongea, une boule dans la gorge.

"Qui suis-je ?" se demandait-elle inlassablement.


Elise Wassermann était plongée dans le dossier médical de l'inconnue. Et les nouvelles étaient, dans l'ensemble, plutôt bonnes pour la victime. Pas de trace de viol, pas de trace de coups. Juste une coupure sur l'avant-bras, presque identique à celle de la femme décédée, et une autre petite dans la paume droite. Le reste des indices trouvés sur la victime, cheveux, poils et autres, avait été envoyé au labo pour analyse des heures plus tôt. Et les premiers résultats ne devraient pas tarder à tomber.

La commandant attrapa son téléphone portable et cliqua sur l'apps photos pour l'ouvrir. Elle regarda la première photo, celle de la scène de crime. Rien ne semblait parler d'attaque dans cette ruelle. Pas de dérangement dans les poubelles, pas de signes de lutte, de traces de projectiles ou de tâches de sang. Peut-être fallait-il qu'elle s'oriente vers une autre scène et des corps déplacés. Elle passa ensuite aux clichés transmis par l'identité judiciaire de la photographie et le petit collier. Le bijou étalé sur le plateau métallique du labo était le même que celui exposé sur la photographie aux cous des deux jeunes femmes. Il était singulier, elle n'avait jamais rien vu de semblable, ni dans les devantures de bijouterie, ni dans les marchés aux puces. Sans l'avoir dans la main, elle ne se rendait pas vraiment compte de la matière dans laquelle il pouvait être fait. Elle nota de demander à la morgue si la personne décédée possédait encore le sien et s'ils en avaient tiré quelque chose. Elle prit le temps d'étudier la photographie avec beaucoup de soin. L'ensemble du cliché était somme toute classique, pourtant il y avait quelque chose dedans clochait, sans qu'elle puisse mettre la main dessus. Les couleurs du ciel peut-être, plus vertes que bleues, mais aujourd'hui, toutes les couleurs étaient trafiquées par ordinateur. Les vêtements, pas vraiment en lien avec une mode, mais devait-on toujours se préoccuper des tendances. Elle leva les yeux de son appareil en voyant la porte de la chambre de sa victime s'ouvrir mais l'une des deux médecins lui fit signe d'attendre.

- Elle ne se souvient de rien, chuchota la femme en blanc.

- Comment ça ? demanda abruptement la commandante.

- Elle vient de demander un miroir pour savoir à quoi elle ressemble. Sa mémoire est comme vierge. Complètement effacée.

- Comment est-ce possible ? Il n'y a pas de traces de coup à sa tête que je sache.

- Un choc psychologique peut aussi entraîner une perte de mémoire. C'est un mécanisme de défense en quelque sorte.

- Jusqu'à l'effacer complètement ?

- Le choc a dû être très important. Mais nous en ignorons la nature.

- Je dois l'interroger.

- On la prépare pour quelques examens complémentaires. Vous pourrez la voir ensuite.

Sa consigne donnée, la médecin tourna les talons pour organiser l'examen à venir, et Élise la perdit de vue au détour du couloir. Sans attendre, l'enquêtrice entra dans la chambre.

La femme était assise dans son lit et dévisageait la commandante avec surprise.

- Vous n'avez pas de miroir, constata la brunette.

- Non, répondit Élise.

- Et vous ne ressemblez pas à une infirmière.

- Pourquoi voulez-vous un miroir ?

- Pour savoir à quoi je ressemble.

Avare de mots, la blonde tira son cellulaire de la poche de sa veste et prit plusieurs clichés . Après un choix rapide, elle tendit l'appareil à l'amnésique.

- Je ressemble à ça ? fit la brunette.

- Déçue ?

- J'ai l'impression que ma voix ne colle pas avec mon physique.

La brunette s'affaissa sur ses oreillers.

- Qui êtes-vous ? demanda-t-elle.

- Commandante Élise Wassermann, police de Calais. Vous avez été retrouvée inconsciente, une femme morte à côté de vous.

- Par moi-même... laissa fuser la victime en blêmissant.

Élise appuya sur trois touches de son téléphone et montra la photo où les deux femmes posaient.

- Elle est jeune... murmura la brunette. Était, corrigea-t-elle. Et je la connaissais.

- Effectivement.

La brunette prit le temps de regarder attentivement le cliché.

- Je ne me rappelle pas...

Elise observa longuement l'inconnue. Elle tentait d'analyser les micro expressions du visage pour voir si cette dernière mentait. Mais soit elle disait la vérité, soit c'était une comédienne hors pair.

- Comment vous appelez-vous ? insista la policière.

- Je n'en sais rien.

- Que faisiez-vous dans cette ruelle ?

- Quelle ruelle ? demanda sincèrement la brunette.

- Comment s'appelait votre petite amie ?

- La femme décédée ? Je ne sais pas. Et je ne me souviens pas d'être sortie avec elle.

- Faites un effort ! Où avez-vous acheté les colliers ?

- Mais quels colliers ? Bordel, je vous dis que je ne sais rien ! se mit à crier l'inconnue, s'agitant dans son lit.

La porte de la chambre s'ouvrit et Elise coula un regard en direction de l'homme qui s'était arrêté sur le seuil. Le Commandant Astor Chaput, son supérieur depuis qu'elle avait été rétrogradée suite à sa dernière enquête pendant laquelle elle était tombée amoureuse de la principale suspecte.

- Wassermann, dans le couloir. Immédiatement, ordonna le policier avec un regard furieux pour sa surbordonnée.

- J'interroge un témoin, répondit Elise avant de reporter son attention sur l'inconnue. C'est quoi ces pierres noires ? Et que veulent dire les symboles dorés gravés dessus ?

- WASSERMANN ! Dehors ! aboya Chaput. C'est un ordre !

Les mâchoires de la commandante se contractèrent et elle tourna sèchement les talons avant de quitter la pièce. Astor eut un petit sourire désolé pour la victime avant de sortir à son tour. Il ferma doucement la porte et se tourna vers la blonde pour laisser éclater sa fureur.

- Vous êtes un boulet, Wassermann ! attaqua-t-il. Arrêtez d'harceler cette pauvre femme !

- C'est notre seul témoin et, à cette heure, mon seul suspect.

- Elle est amnésique !

- Peut-être qu'elle se fout de nous.

- J'en connais une qui se fout de moi et si elle continue je vais la faire virer !

La voix de Chaput résonnait dans le couloir et le personnel à l'étage sortit la tête pour voir qui dérangeait le calme du lieu. L'officier souffla pour éviter de continuer à invectiver la blonde.

- J'ai besoin de la bousculer pour qu'elle se souvienne.

- Rien du tout, Wassermann. Vous avez besoin d'aller sur le terrain faire votre enquête. Je ne veux pas vous revoir ici. La prochaine fois que vous interrogerez la victime, elle sera dans nos bureaux et je vous surveillerai. Compris ?

Elise acquiesça à contre-coeur et se dépêcha de remonter le couloir en direction de la sortie. Si elle ne pouvait pas bousculer la victime, elle allait harceler ses collègues de la police scientifique. Elle avait de nombreuses questions et elle voulait autant de réponses.


- Pour tout vous dire, ce que j'ai sous les yeux m'intrigue énormément, souffla la médecin légiste en levant ses mains gantées au ciel.

Elise n'avait d'yeux que pour la dépouille fraichement autopsiée. Même dans la mort, la jeune femme restait d'une grande beauté.

- Je pense que vous avez raison, poursuivit la médecin. Les corps ont été déplacés. Dans la coupure sur l'avant-bras de notre victime, je ne trouve aucune fibre ou poussière que nous avons répertoriée dans la ruelle.

- Et qu'avez-vous trouvé dedans ?

- Des bout de feuilles mortes. Et il n'y en avait aucune sur la scène de crime.

- Elle a donc été tuée dans une forêt ? Ca fait un peu de trajet pour ramener les corps à Calais. L'agresseur aura eu le temps de se rendre compte que l'autre femme n'était pas morte.

- Peut-être qu'il voulait en laisser une en vie ? proposa la légiste.

- Et prendre le risque qu'à son réveil elle le dénonce ? Peu probable, analysa Elise. Et la cause de la mort ?

- Aucune idée, et c'est bien la première fois. Je ne sais pas ce qui a tué cette femme. Et ce que j'ai trouvé dans son corps est une énigme pour la science.

- C'est à dire ? s'enquit Elise.

- Son sang est noir. Mais ce n'est pas à cause d'un poison. Il est naturellement noir. Et j'ai trouvé dans sa nuque un petit implant d'une technologie qui, pour ce que j'en sais, reste à inventer.

- Il sert à quoi, cet implant ?

- Aucune idée. Je l'ai envoyé à des chercheurs du CNRS pour qu'ils essaient d'en savoir plus. Donc, deux énigmes pour la victime décédée. Pour la victime survivante, j'ai le résultat de ses analyses sanguines. Son système immunitaire a vivement réagi et a libéré une quantité impressionnante d'histamine.

- Elle a fait une allergie ? s'étonna la commandante.

- Une très grosse. Elle a frôlé le choc anaphylactique. Cependant, je n'ai aucune idée de la nature de l'élément allergène. Ce n'est pas médicamenteux, car nous n'avons rien trouvé dans son sang. Mais pour ce que j'en déduis, elle n'était pas en état de tuer qui que ce soit. Je doute qu'elle ait tuée cette femme.

- Elle n'était donc pas en état de s'échapper et d'emporter le corps de son amante avec elle, avança Elise.

Elle enregistrait toutes les informations et tentait d'en tirer des pistes.

- Donc, deux femmes se trouvent dans un environnement boisé, fit la policière, songeuse. L'une fait une grave allergie qui, apparemment, la laisse dans un état proche de l'inconscience et l'autre, qui est une énigme pour la science, meurt on ne sait pas comment. Et à un moment donné, elles se font une coupure sur l'avant-bras. Et les corps sont déplacés jusqu'à une ruelle de Calais.

- C'est parfaitement résumé.

- Ca n'a surtout aucun sens.

- Vu comme ça, vous avez raison. Mais il s'est tout de même passé quelque chose qui a conduit à ce dénouement funeste pour l'une des deux.

- Et les colliers ?

La légiste attrapa la boite qui contenait les deux pendentifs et en tendit un à la commandante.

- Je gardais le meilleur pour la fin. Nous avons analysé les pierres et ce matériau n'est pas connu.

- Comment ça ?

- Ce n'est pas une pierre que nous trouvons sur Terre. Et ce n'est pas non plus la roche dont sont composées les météorites. Je ne sais pas ce que c'est.

Élise fronçait fortement les sourcils.

- Et les inscriptions ?

- Aucune langue connue. Nous avons même regardé dans les livres du genre fantasy, mais rien. Si ça se trouve, ça ne veux rien dire.

- Je ne crois pas, murmura Élise en faisant tourner la pierre entre ses doigts. Ca a forcément une signification, au moins pour les deux femmes. Mais laquelle ?

La légiste tendit la main pour récupérer le pendentif et la commandant le lui rendit de mauvaise grâce.

- Nous allons devoir le rendre à l'inconnue. Faudrait qu'on lui trouve un prénom.

L'enquêtrice opina du bonnet, sans s'inquiéter de répondre. Son esprit échafaudait déjà de multiples théories, dont une ou deux avaient sa préférence au vu des indices.

- Donnez-moi ses affaires, je vais aller lui rendre, proposa la commandant.

- Il vous faudra signer un reçu. Laissez-moi quelques minutes et je vous prépare le tout.


Élise se tenait raide au pied du lit d'hôpital. Son chef toussota en la regardant.

- Je dois vous présenter mes excuses pour ma conduite de la dernière fois.

La brunette hocha la tête en passant un manteau trop grand pour elle.

- J'ai aussi ces effets à vous remettre.

Élise tendit sa main contenant les deux colliers et la photo. La brunette s'en saisit avec un petit hochement de tête de remerciement et fourra le tout dans une poche de son manteau. La commandante tourna les talons et s'en alla sans un au revoir. Elle quitta l'hôpital et se mit à l'abri dans sa Porsche, garée sur le parking. Il pleuvait averse sur Calais mais, malgré le temps affreux, la blonde avait une bonne visibilité sur l'entrée de l'hôpital. Son plan était simple : elle allait attendre la sortie de la brunette puis elle la filerait. Et si l'occasion se présentait, elle l'arrêterait.

Quelques minutes plus tard, Astor Chaput sortit et se mit à courir jusqu'à sa voiture. Laquelle démarra rapidement pour quitter le parking. Elise patienta encore et finit par se redresser en avisant la silhouette de l'inconnue. Cette dernière passa les portes automatiques et marcha d'un pas lent et incertain jusqu'à l'arrêt de bus. Elle s'assit, l'air hagard, et attendit, les yeux dans le vague. Elise se cala confortablement dans son dossier et ne quittait pas des yeux la brunette, n'ayant pas conscience du temps qui passait.

Un bus finit par arriver et la commandant mit en marche le moteur, prête à démarrer. Cependant, le bus repartit et la brunette était toujours assise sur le banc en pastique, à l'abri de la pluie qui ne semblait pas vouloir s'arrêter.

- Ca fait une heure qu'elle est là. Qu'est-ce qu'elle attend ? se demanda la blonde.

Son téléphone sonna et elle s'empressa de décrocher.

- Commandante Élise Wassermann.

- Bonsoir commandante, c'est Louise Renard. Je viens d'avoir l'hôpital. La victime a une petite cicatrice sous le sein gauche. Au début, les médecins pensaient à une opération suite à un cancer mais elle a été opérée du coeur. Les médecins ont tenté de chercher qui a pu poser la valve. Ils ont fait chou blanc. Ils ne savent pas du tout quelle est cette technologie.

Élise allait de surprise en surprise. Tout dans cette affaire sortait de l'ordinaire.

- Bien. Merci. Euh... bon boulot, fit-elle maladroitement avant de raccrocher.

L'enquêtrice reporta son attention vers l'abribus et la brunette qui resserrait son col autour de son cou. Jouait-elle un rôle en se sachant observée, ce qui alimenterait une de ses thèses, ou était-elle vraiment perdue sans souvenir ? Son patron était parti, la victime n'était plus à l'hôpital, techniquement elle n'enfreindrait aucun ordre en allant l'aborder. Quittant l'habitacle, Wassermann hâta le pas vers l'arrêt d'autobus.

- Vous attendez quoi ? demanda la blonde en arrivant à hauteur de la brunette.

- Rien.

- Qu'est-ce que vous faites là ? insista la commandante.

- Rien.

- Vous comptez rester ici combien de temps encore à rien faire ?

- Je ne sais pas. Je n'ai pas d'endroit où aller. Donc autant rester là, répondit l'inconnue en haussant les épaules.

La brunette frissonna alors qu'une bourrasque de vent s'engouffrait dans l'abri, entrainant avec elle le crachin calaisien.

- Vous pouvez vous rendre au centre-ville pour trouver un hôtel.

- Et je paie avec quel argent ?

Plusieurs secondes défilèrent au rythme des pneus mouillés qui chuintaient sur l'asphalte.

- Il y a un refuge pour migrants qui accueille ceux qui ne peuvent pas se prévaloir d'une chambre. Je vous y accompagne si vous voulez.

- Ca sera bien pour une nuit. Mais ensuite ? Demain, après demain ? demanda l'inconnue, l'angoisse se faisant entendre dans sa voix.

- On est sur l'enquête, je vais trouver ce qui s'est passé. Vous devriez prendre un jour à la fois.

- Je ne sais rien d'hier et je ne sais rien de demain... et je ne sais pas par où commencer.

- Comment vous appelez-vous ? tenta Elise.

- J'en sais rien...

- Comment aimeriez-vous qu'on vous appelle alors ?

- Aucune idée...

Trois jeunes un peu bruyant coururent pour se mettre à l'abri de la pluie sous l'abribus et, après avoir observés les deux femmes, l'un d'entre eux s'attrapa l'entrejambe pour le frotter.

- Hey les meufs, vous sucez ?

- Non. Passez votre chemin, répondit Elise.

- C'est quoi le problème ? lâcha un autre. C'est ta meuf ?

- On bouge, murmura la policière en désignant du menton sa Porsche. Venez avec moi.

L'inconnue acquiesça et se leva, prête à suivre la policière, mais les jeunes leur bloquèrent le passage, menaçant. Elise ouvrit son manteau, faisant voir son arme.

- Police. N'approchez pas ou je tire, prévint-elle.

- On les connait les keufs, z'avez pas le droit de tirer. Mais nous, on va vous tirer, vous allez la sentir passer.

Le plus grand s'approcha de l'amnésique pour l'attraper par le col du manteau et la plaquer contre l'abribus. Mais avant qu'Elise ait le temps de quoi que ce soit, la brunette avait projeté sa main dans la gorge du voyou. Sentant la prise se relâcher, elle attrapa l'homme par les épaules et lui balaya les deux jambes. L'agresseur tombe sur le sol, se cognant la tête sur le banc métallique.

- Dégagez maintenant ou je vous arrête pour avoir agressé cette jeune femme, ordonna la blonde.

- C'est cette salope qui vient m'agresser, couina le voyou en se frottant l'arrière du crâne.

- Comme ça tes potes ont le choix, se faire baiser à leur tour ou jouer les baby-sitter avec toi. Cassez-vous maintenant !

Ils partirent sans demander leur reste, n'oubliant pas d'insulter copieusement les deux femmes en s'éloignant. La commandante coula un regard vers l'inconnue qui respirait rapidement, choquée par ce qu'elle venait de faire.

- Où est-ce que vous avez appris à faire ça ?

- J'en sais rien.

- Qu'est-ce que vous savez faire d'autre ?

- J'en sais rien...

- C'est quoi votre métier ?

- J'en sais rien, je vous dis !

La brunette sentait la terre se dérober sous ses pieds tandis qu'elle hyperventilait, abasourdie par l'agression, ses propres gestes violents, les questions en rafales de la policière et la totale absence de réponses qu'elle était capable d'amener.

Élise la rattrapa avant qu'elle touche terre et la posa doucement sur l'asphalte.

- A L'AIDE ! cria-t-elle, espérant qu'un ambulancier serait dans les parages à fumer une cigarette.

Comme de fait, un homme trapu accourut vers l'arrêt d'autobus et sans faire d'efforts apparents, prit la brunette dans ses bras, la plaquant contre lui pour courir jusqu'au hall de l'hôpital, suivi à grandes enjambées par l'enquêtrice.

L'amnésique, qui reprenait conscience, fut rapidement installée sur un brancard, une couverture chaude et épaisse sur elle. Une infirmière prit sa tension, sa température et, visiblement peu satisfaite des résultats, demanda à deux collègues d'installer la femme dans un coin au calme et d'appeler un médecin.

- On va la garder cette nuit, fit l'infirmière.

- Je reste avec elle, indiqua Elise en montrant son insigne.

L'infirmière haussa les épaules, peu intéressée par la nuit que l'enquêtrice allait passer. Elise rejoignit le brancard poussé dans un coin. Elle regarda à droite et à gauche avant d'aviser une tabouret d'examen sur roulettes dans un local et fit main basse dessus. Elle le roula jusqu'au chevet de la brunette.

- Je veux bien vous aider, mais faut que vous fassiez la même chose, commença-t-elle de but-en-blanc.

- Je ne demande que ça. Mais j'ai tout oublié. Et je ne sais pas pourquoi ou comment, répondit faiblement l'inconnue.

- On va vous trouver un prénom, car c'est déroutant de ne pas pouvoir vous nommer, fit Elise. Profitez, vous avez l'embarras du choix.

La brunette laissa ses yeux vagabonder autour d'elle, tentant de découvrir un prénom qu'elle pourrait adopter.

- J'en sais rien.. faites un choix pour moi...

Elise secoua la tête. Elle était persuadée que c'était un moyen comme un autre d'obliger le cerveau de l'inconnue à se remémorer de quelque chose, même une bribe de souvenir.

- On ne va pas y passer la nuit, souffla la commandante en se levant.

Elle se rendit d'un pas pressé dans la salle d'attente et dévisagea les patients. La plupart des gens jouaient sur leur téléphone portable pour tuer le temps. Seule une gamine, à peine entrée dans l'adolescence, lisait un livre. La policière s'approcha d'elle et montra son insigne au père qui l'accompagnait.

- Nous sommes ici juste pour une cheville foulée. Un problème ? interrogea ce dernier, inquiet.

- Non. Tu lis quoi ? demanda abruptement Élise à la fillette.

- Andromaque de Racine. C'est écrit en gros sur la couverture. C'est une pièce de théâtre, jugea-t-elle bon d'ajouter avec une légère insolence caractéristique de l'adolescence.

- Quel est ton personnage féminin préféré ?

- Hmmm... Hermione. Elle est vicieuse mais c'est une femme forte qui sait ce qu'elle veut et qui met tout en œuvre pour parvenir à ses fins.

- Merci, lâcha la commandante avant de tourner les talons.

Quelques secondes plus tard, elle se rassit sur le tabouret.

- Votre prénom, ce sera Hermione. OK ?

- Euh... D'accord. Mais c'est bien comme prénom ?

- C'est un prénom.

- Mais... Ça fait pas trop... Bateau, ou mythologie ?

- Vous avez une meilleure idée ? demanda la commandante, qui perdait patience.

- Non.

- Alors, vendu. Vous avez faim ?

- Oui.

- Je vais chercher quelque chose à la machine. Vous savez ce que vous aimez ?

La brunette réfléchit un instant avant de secouer la tête négativement.

- Je suis désolée, je sais que vous essayez de m'aider avec vos questions, mais je... suis un fantôme...

- Alors ça sera un thé et une barre chocolatée. Les statistiques indiquent que presque tout le monde aime le chocolat.

Sans se préoccuper de la réponse, la blonde fila à la recherche d'un distributeur qu'elle trouva dans un couloir. Pendant quelle insérait des pièces dans la machine, Elise réfléchissait à la situation. Elle n'avait aucun point de départ, des indices épars pour se donner une idée de qui était la victime et rien de plus. En fait, si. Elle était chanceuse, si sa victime était amnésique, elle était tout de même vivante. Et ça, c'était un gros avantage. En faisait foi ce qui s'était passé à l'arrêt de bus. La banale altercation avait fait remonter des réflexes de défense chez la brunette. Il fallait qu'elle cultive cette avenue. Créer des situations qui amèneraient Hermione, puisqu'ainsi il en avait été décidé, à réagir avec son inconscient plutôt qu'à agir avec son conscient.

S'emparant de son butin, Elise rebroussa chemin, continuant à explorer les différents aspects de l'enquête qu'elle avait classés dans son esprit. Les gestes précis et puissants de défense faisaient pencher la balance en faveur de l'une de ses thèses. Peut-être devrait-elle interroger directement la brunette par rapport à ses intuitions. Peut-être pas.

La brunette, toujours allongée sur son brancard, avait les yeux fermés.

- Hermione, j'ai ce qu'il vous faut, fit Elise en s'asseyant.

La brunette n'eut aucune réaction, et la commandant s'impatienta.

- Hermione ! Je vous parle !

L'amnésique ouvrit une paupière et dévisagea quelques secondes la blonde avant qu'une lumière s'allume dans sa prunelle.

- Oui, pardon, excusez-moi. J'avais déjà oublié mon prénom. Hmmm, merci, fit-elle en attrapant le thé que lui tendait la commandant.

- C'est quoi la dernière chose dont vous vous souvenez ?

- Rien. C'est ça qui me perturbe le plus. Je ne me souviens de rien du tout. Une jeune femme est morte et je ne peux même pas aider.

Hermione sortit la photo de sa poche et la regarda longuement.

- J'ai l'air vraiment amoureuse. Et heureuse. Qui a brisé ce bonheur ?

Fidèle à elle-même, Elise ne s'embarrassait pas de considérations inutiles, aussi elle enchaina.

- Quelle est la première chose dont vous vous souvenez ?

- Je me suis réveillée à l'hôpital.

L'enquêtrice leva les yeux au ciel.

- Ca je le sais, mais c'est quoi votre première pensée ? Sensation ? Vous savez, avant que votre conscience se manifeste et vous dise que vous êtes personne.

- Hmm... Je... La haine, je crois. La vengeance. Je... Je ne suis pas sûre de vouloir me souvenir. Il se peut que je sois une mauvaise personne.

- On verra plus tard si vous êtes quelqu'un de bien, Pour l'instant il faut savoir qui vous êtes.

Elise s'enfonça dans ses pensées, tentant de donner sens et d'assembler les informations disponibles dans un ensemble cohérent. De son côté l'inconnue buvait son thé et mangeait sa barre de chocolat, cherchant le réconfort dans le peu de chaleur qui se dégageait encore du gobelet.

- Vous avez sûrement mieux à faire que de rester ici, fit doucement Hermione. Vous pouvez revenir demain matin. Rassurez-vous, je ne partirai pas, je n'ai nulle part où aller.

La policière regarda la brunette un court instant avant de se décider.

- Restez là, je reviens.

Sans permettre à l'amnésique de la questionner, la blonde fila vers le carré des infirmières qu'elle envahit d'autorité. S'en suivit une courte discussion à l'issue de laquelle les infirmières passèrent d'irritées à soulagées. Quelques enjambées plus tard, l'enquêtrice était de retour auprès de sa victime.

- Vous sortez maintenant, et vous reviendrez demain pour un check-up si vous vous sentez mal dans la nuit.

- Mais... je vais où ?

- Chez moi.

- Je ne comprends pas...

Elise regarda avec intensité la brunette.

- Je pense que le mieux pour arriver à comprendre ce qui s'est passé et qui vous êtes, c'est qu'on reste ensemble. Vous allez venir chez moi, et vous allez m'accompagner durant l'enquête, ça pourrait déclencher des souvenirs.

- Je euh... Je suppose que je dois dire merci.

- Vous prendrez une douche et je vous prêterai des vêtements. Et demain, je taperai dans la caisse de mes indics pour vous emmener faire les boutiques.

Hermione descendit maladroitement du brancard, aidée par Elise.

- Vous n'avez pas peur que je m'attaque à vous ? demanda la brunette.

- Pourquoi feriez-vous ça ?

- Je ne sais pas mais je crois que je suis dangereuse.

- Pourquoi ? Vous avez des flashs ? s'intéressa la blonde.

- Non, mais tout à l'heure…

- Vous avez des reflexes de quelqu'un qui sait combattre. Armée, police, services secrets pour le bon côté, tueur à gage de l'autre.

- Oh... ce... n'est pas ce que j'imaginais comme métier pour moi.

- Et quel serait le métier que vous aimeriez exercer ? s'enquit la blonde en tendant son manteau à la brunette.

- Médecin... c'est quelque chose qui me plairait, je pense.

L'esprit d'Élise travaillait à toute vitesse. Le lieu était idéal pour vérifier les dires de la brunette.

- Attendez un instant, je reviens.

Une nouvelle fois, la blonde s'éloigna sans laisser le temps à Hermione de la questionner et disparut une nouvelle fois. Quelques secondes plus tard elle apparaissait aux côtés de l'amnésique avec une blouse blanche.

- Mettez ca, et j'ai aussi pris le stéthoscope.

Hermione la regardait sans comprendre, hésitant sur la marche à suivre. L'enquêtrice souffla.

- On va aller se promener dans les couloirs et voir si ça vous rappelle quelque chose.

- Mais vous attendez quoi de moi ? Que j'ausculte les patients, comme ça ?

- Oui.

Hermione la dévisagea, effarée.

- Mais je ne suis pas médecin ! objecta-t-elle.

- Vous n'en savez rien, je vous rappelle, contra Elise.

- Hmmm, pas faux.

- Y'a une vieille dame, là-bas. Allez la voir et essayez de savoir ce qu'elle a, ordonna la commandante en poussant l'amnésique en direction de la personne âgée assise sur une chaise en plastique.

Le regard d'Hermione allait de la vieille dame à la policière, puis elle se gratta la nuque et trottina maladroitement jusqu'à la patiente. Cette dernière leva la tête pour regarder qui venait dans sa direction et Hermione s'arrêta net, la dévisageant.

- Bordel de merde... souffla-t-elle. Commandante, appelez immédiatement un médecin !

- Pourquoi ?

- Cette femme a le blanc des yeux complètement jaune !

- Et ça veut dire quoi ? insista Elise.

- Problème au foie. Cette coloration traduit une accumulation excessive de bilirubine dans le sang. Il faut faire rapidement une... mais qu'est-ce que je raconte moi ?

- Infirmière !

La voix d'Élise porta à travers la salle d'attente et les blouses blanches levèrent la tête.

- Une urgence, votre médecin a besoin de vous !

Une cavalcade s'en suivit et rapidement deux infirmiers arrivèrent pour la prise en charge. Elise fit un signe de la tête à Hermione pour qu'elle continue.

- Vous disiez doc ?

- Euh... je... Regardez la couleur de ses yeux. Elle a été admise il y a combien de temps ?

- Une petite heure, répondit une infirmière en regardant la fiche. Et ses yeux étaient normaux. Elle se plaignait de douleurs.

- Donc, dégradation rapide. Il faut faire en urgence une échographie du foie de cette patiente. Quelque chose obstrue la vésicule ou des voies biliaires.

Hermione tourna aussitôt les talons et prit la direction de la sortie de l'hôpital, abandonnant la blouse et le stéthoscope en les jetant sur une des chaises du bureau des admissions.

L'infirmier invita la patiente à le suivre, tout en regardant la brunette quitter l'hôpital, perplexe. De son côté, Elise fonçait pour rattraper Hermione et la trouva appuyée contre le mur extérieur, les yeux fermés.

- Bon au moins on sait que vous êtes médecin. C'est une piste à suivre.

Attrapant son cellulaire, elle relaya l'information à ses équipes, avec consigne de chercher si un médecin était porté absent dans un hôpital, une clinique ou un cabinet.

- Venez, on va rentrer. Et si sur le trajet quelque chose vous revient, faites m'en part.

Hermione acquiesça et fourra les mains dans ses poches. Elle en ressortit les deux colliers qu'elle regarda avec abattement.

- Vous avez un souvenir ? demanda Elise.

- Non, juste un pressentiment, avoua la brunette. Quelque chose me dit que ces colliers sont importants. Mais pourquoi ? Aucune idée.

Elise tendit la main et, après un instant d'hésitation, Hermione les lui donna. La blonde passa derrière l'amnésique et, après avoir soulevé ses cheveux, lui accrocha les deux bijoux.

- S'ils sont importants, ne les perdez pas.


Et voilà le travail !

La suite la semaine prochaine,

Bises,

Link9 et Sygui