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Chapitre 29 : Seconde chance
Le trajet s'était fait dans le silence. Hermione regardait les rues de la ville défiler sans que cela évoque un quelconque souvenir. De son côté, Elise épiait les mimiques de sa passagère, espérant repérer le signe d'un flash de mémoire. Mais rien n'indiquait que Calais était le port d'attache de l'amnésique. La policière gara sa Porsche et entraina à sa suite la brunette docile. Délaissant l'ascenseur, la blonde grimpa rapidement les escaliers jusqu'à son appartement et pénétra à l'intérieur, laissant Hermione entrer avant de refermer.
- C'est pas grand, vous pouvez pas vous perdre.
Ne se préoccupant pas plus de son invitée, Elise accrocha son manteau, défit son holster qu'elle rangea dans un tiroir de son bureau avant de s'installer pour démarrer son ordinateur et rapidement lire les informations que ses collègues avaient glanées.
- Pas de médecin manquant dans un rayon de cent kilomètres. Vous êtes vraiment une énigme.
- Je suis désolée de vous causer des problèmes, répondit la brunette en baissant la tête.
- Vous voulez dormir ? J'ai quelque chose qui ressemble à un pyjama pour vous.
Hermione allait remercier la blonde quand une pensée traversa son esprit.
- Je dors nue, lâcha-t-elle en rougissant. Enfin, je crois.
Elise la regarda par-dessus l'écran de son portable.
- Qu'est-ce qui vous fait dire ça ?
- Je ne sais pas. Quand vous avez parlé de pyjama, j'ai eu un sentiment de rejet.
- Ok. Ca nous aide pas à savoir qui vous êtes mais au moins votre cerveau continue à réagir aux événements.
L'enquêtrice retourna à son écran et Hermione ne sut pas quoi faire d'elle-même. Aussi, elle regarda la pièce principale du studio avec attention et se décida à aller s'installer sur le canapé. A peine s'était-elle allongée que la fatigue s'abattit sur elle. Elle bailla largement et se servit de son manteau comme oreiller.
Elle ne sut combien de temps elle avait dormi, mais la pénombre régnait dans l'appartement et seul le cliquetis des doigts rapides sur un clavier lui apprit qu'elle n'était pas seule.
- Je crois que je sais jouer du piano, murmura-t-elle.
L'angoisse pesa subitement sur sa poitrine. Elle ne savait pas qui elle était et ce qui lui était arrivé. Seuls des pressentiments lui indiquaient quelques détails sans importance sur ce qu'elle avait été. Qu'est-ce que ça pouvait lui foutre qu'elle soit une pianiste qui dormait nue ? Et une femme, probablement sa petite amie, était morte. Elle ressentit une peur profonde, primaire, et elle se mit à pleurer.
Elise la regarda, décontenancée. Elle se leva pour s'approcher du canapé.
- Vous avez mal quelque part ?
- Non. Je suis perdue, j'ai peur, avoua l'amnésique en séchant ses larmes. Désolée.
- Hm.
L'enquêtrice passait d'une jambe sur l'autre, incertaine du comportement à adopter.
- Vous voulez manger ?
- Non merci.
- Je vais me faire un sandwich américain, je peux en faire un deuxième, ça ne me dérange pas.
- Non, vraiment, merci. Vous êtes gentille et sympathique. Compréhensive, ce qui est rare pour une personne atteinte du syndrome d'Asperger. Oh pardon, je ne voulais pas dire ça... bafouilla la brunette.
- J'ai pas de problème avec ça, c'est ce que je suis. C'est votre formation médicale qui vous fait dire ça, ou bien vous avez des gens dans votre entourage avec le syndrome ?
- Je pense que c'est ma formation, mais je ne suis sûre de rien. Bon sang ce que c'est chiant !
- On va trouver.
Elise tapota maladroitement l'épaule de celle qu'elle avait nommée Hermione maintenant assise.
- D'habitude les gens sont morts et on arrive quand même à savoir. Alors là, on a un avantage indéniable, vous êtes vivante et on commence à connaitre certaines choses. Considérez que vous avez une seconde chance, ce n'est pas donné à tout le monde.
- Hmmm... Ça vous ennuie si je me rendors ?
- Je vais vous apporter un oreiller et une couverture.
Hermione acquiesça, regardant le canapé. Quelle pouvait bien être sa vie avant son amnésie ? Que faisait-elle ? Et qu'avait-elle fait pour que tout ceci lui arrive ?
"Je dois avoir un mauvais karma..." songea-t-elle avec amertume.
Harry Potter était assis à son bureau, lisant les rapports des derniers incidents ayant eu lieu dans la journée, impliquant des sorciers et des moldus. Percy Weasley passa une tête dans la pièce et le roux affichait une tête des mauvais jours.
- Un problème ? s'enquit le chef des Aurors.
- Le Ministre a disparu. Je n'ai plus de ses nouvelles, il a raté trois réunions.
L'Auror fronça les sourcils.
- Quelqu'un est allé chez lui ? Chez sa maitresse ?
- Oui, bien sûr, ce sont les premiers endroits qu'on a vérifié. Je suis vraiment inquiet, Harry.
- Je vais lancer quelques-uns de mes hommes à sa recherche. Je vous tiens au courant.
Harry réfléchit et ravisa.
- Percy, vous pouvez fouiller dans sa correspondance, voir s'il n'a pas reçu des menaces?
- Je suis son directeur de cabinet, chaque lettre passe par moi. S'il en avait reçus, je vous en aurais informé sur le champ.
- Hmmm... et bien, il a dû prendre un congé sans le dire...
- Impossible ! Il avait une conférence téléphonique avec la ministre Française sur le renouveau du Tournois des trois sorciers ! Il n'aurait manqué cette réunion pour rien au monde !
Harry soupira.
- Est-ce que quelqu'un d'autre manque à l'appel ?
- Non, personne d'autre. Mais c'est vraiment inquiétant...
- Je vais mettre quelqu'un sur le cas. En attendant, si vous n'avez pas d'indice, il n'est pas en danger.
- Que Merlin vous entende, Harry.
Hermione ouvrit un œil paresseux et se sentit en sécurité, avant de se sentir happée par le vide. En sursaut, elle se redressa et reprit contact avec son environnement, un canapé, une couverture, un appartement aussi spartiate qu'inconnu. Tout lui revint en mémoire, ou plutôt rien. Le sentiment de n'être personne.
- Un problème ?
Hermione leva la tête et avisa Élise Wassermann qui la dévisageait, assise dans son lit. La brunette passa une main sur son visage et soupira.
- Pas plus qu'hier... marmonna-t-elle. Bien dormi ?
- Étonnamment bien, avoua la blonde. Vous ne ronflez pas et le bruit de votre respiration est étrangement apaisant.
La brunette se gratta la nuque, gênée, en regardant l'enquêtrice.
- C'est une bonne nouvelle. Il n'aurait plus manqué que je vous empêche de vous reposer alors que vous m'aidez et m'hébergez.
- J'ai toujours des boules Quies, au cas où quelqu'un resterait chez moi pour la nuit. Je n'aime pas entendre la respiration de quelqu'un, ça me déconcentre. Mais avec vous, ce fut différent.
- Et bien… hmmm, vous voulez que je fasse le petit-déjeuner ? répondit la brunette, ne sachant pas quoi dire d'autre.
- Non, ça ira. Je vais vous laisser le temps de prendre une douche et je vous emmène acheter quelques vêtements. Puis on ira enquêter.
- Ah ? Ok...
Hermione s'extirpa de la couverture qui s'enroulait autour d'elle, paraissant frêle et vulnérable. La blonde fronçait les sourcils, cherchant ce qui pouvait clocher.
- Vous avez faim. On ne sait pas si vous avez mangé avant d'être attaquée et hier vous avez à peine grignoté. Avant de faire les boutiques, on va aller chercher un petit-déjeuner.
- Je ne veux pas vous déranger, vous avez surement autre chose à faire.
- J'ai faim moi aussi, coupa la blonde.
Elise se leva et attrapa rapidement ses vêtements.
- On va aller au centre commercial, ça sera rapide et facile. Maintenant, vous allez vous doucher ?
- Je veux bien. Vous pouvez me montrer... les serviettes, le shampoing, le savon ...
Rapidement, la brunette prit sa douche et ressortit, les cheveux mouillés. La blonde la remplaça, et Hermione en profita pour ranger un peu autour d'elle les traces de son passage.
Après tout, elle n'était pas sûre de revenir ce soir. L'angoisse lui broya les tripes. Elle était condamnée à vivre au jour le jour et c'était un sentiment inconnu.
Élise sortit de la salle de bain nue et s'avança vers son placard avant d'aviser l'air ahuri puis gêné de la brunette. Elle s'arrêta au milieu de la pièce, fronçant les sourcils.
- Un problème?
- Je crois que je suis extrêmement pudique, répondit l'amnésique, dont les joues se tentaient de rouge.
La blonde regarda alternativement son invitée et son propre corps.
- Je ne m'habille pas dans la salle de bain, c'est trop humide. Et je ne vois pas d'inconvénients à ce que vous me voyez nue. Mais je m'en souviendrai pour demain.
Elle se dépêcha de s'habiller alors qu'Hermione ne savait plus où regarder, ayant peur de vexer son hôte en se retournant simplement.
- C'est étrange cette timidité pour un médecin, fit remarquer Elise.
- Oui... Je ne sais pas quelle personne j'étais avant... Ça m'intrigue et m'angoisse à la fois.
- On a cherché chez les médecins et il ne manque personne. Mais vu votre réaction, je vais demander à mon équipe de chercher chez les prof de médecine. Et les légistes, conclut la commandante.
Elle attrapa veste et clés, replaçant son holster à sa hanche.
- Vous en pensez quoi ?
- Les légistes ? Ceux qui découpent les morts ? blêmit la brunette. Je pense être du genre à vomir devant un cadavre...
Élise fixa l'amnésique, l'air d'avoir une idée dans la tête, et Hermione blêmit.
- Non !
- Quoi ?
- On ne fait pas le test.
- Nous pourrions être fixées rapidement, objecta la commandante.
- C'est non. Je ne veux pas me retrouver devant un cadavre. Oubliez ça tout de suite.
- Je resterai avec vous.
- C'est aimable de votre part mais non.
- Je pensais que vous souhaitiez vous souvenir, fit remarquer l'enquêtrice en ouvrant la porte de l'appartement.
- Je ne suis pas sûre de le vouloir ! rétorqua furieusement Hermione. Pourquoi voudrais-je me souvenir de la mort d'une femme qu'apparemment j'aimais ? Finalement, je me dis que cette amnésie est sûrement salutaire pour ma santé mentale !
Élise revint sur ses pas et se planta devant la brunette.
- Les risques pour votre santé mentale ne font pas partie de mon mandat. Mais votre intégrité physique oui. Et vous êtes compromise dans une mort suspecte dont vous êtes une survivante. Je serais vous, je voudrais savoir si quelqu'un peut vouloir finir le travail.
- Qu'il vienne ! Il me zigouille devant vous, vous le coffrez et fin de l'histoire.
La policière fronça les sourcils.
- Je ne laisserais pas faire ça.
La brunette haussa les épaules avant de s'engager dans les escaliers qu'elle dévala rapidement. Une fois hors de l'immeuble, elle tapota machinalement ses poches avant de se raidir.
- Je crois que je fume... murmura-t-elle.
Élise déboucha hors de l'immeuble.
- Vous avez oublié où est garée la voiture ?
- Non, j'ai eu ce qui ressemble à un réflexe de fumeur...
Élise continua vers sa Porsche
- Donnant donnant.
- De quoi on parle ?
La blonde regarda Hermione par-dessus la voiture.
- On va à la morgue et ensuite dans un bureau de tabac.
- Je n'ai pas un rond et jamais je ne monnaierai quoi que ce soit contre des cigarettes.
La Française haussa les épaules.
- Une bonne façon d'arrêter de fumer. On y va ?
Ginny Weasley soupirait son agacement en apparaissant dans un craquement sonore sur la surface de transplanage de Calais. Elle était de très mauvaise humeur. Ron l'avait obligée à se lever très tôt, trop tôt avait maugréé Harry en éteignant le réveil d'un coup de poing bien placé, tout ça pour chercher une boutique dans le chemin sorcier de la ville portuaire française.
- Tu comprends, Gin, feula la rousse en imitant son frère, tout en longeant un parking, traversant la barrière antimoldus. Le brexit s'accélère et je ne veux pas perdre ma clientèle européenne. Et près de Beaubâton, les baux commerciaux sont hors de prix !
Elle soupira une nouvelle fois avant de poursuivre son imitation et sa route.
- Quant à Paris ou Lille, n'en parlons même pas. Gnagnagna, tu es professeur de vol, tu as tout le temps depuis que tu as mis un terme à ta carrière sportive, et t'es la meilleure des frangines et... par les couilles de Merlin !
La rousse s'arrêta net en observant à quelques mètres d'elles deux femmes. Une blonde et une brunette qui semblaient avoir une conversation houleuse. Mais la brunette en question avait un visage que Ginny voyait de temps à autres en rêve depuis maintenant près de vingt ans.
- C'est pas possible, elle est morte... fit l'ancienne Gryffondor. Ca ne peut pas être elle !
Elle prit quelques instants pour chercher une excuse pour aborder les deux femmes et misa sur le mauvais goût anglais et la mauvaise foi que sa mère lui avait transmis tout en accélérant l'allure et accosta les deux femmes qui allaient monter dans une voiture.
- Excusez-moi, lança-t-elle dans sa langue maternelle. Bonjour, désolée de vous déranger. J'adore votre pull, ajouta-t-elle pour la brunette. Ou l'avez-vous acheté ?
Le pull en question était beige pâle, informe et pelucheux.
- Euh... Elise, tu l'as acheté où ? s'enquit la brunette dans un anglais parfait teinté d'un fort accent d'Oxford.
L'enquêtrice toisa la rouquine, regardant autour d'elle, se demandant visiblement d'où elle était arrivée.
- Je ne sais plus. Pourquoi ?
La réponse était sommaire, la question directe. Sans geste brusque, elle ramena sa main vers son côté, suspicieuse.
- Je voulais juste l'acheter si c'est la collection de cette année. Mais j'ai l'air de déranger. Désolée. Bonne journée !
Sur ces mots, Ginny tourna les talons et s'éloigna en direction de ce qui ressemblait à un café. Tant pis pour Ron, il allait attendre pour sa boutique. Dès que les deux femmes seraient parties, elle transplanerait pour retourner en Angleterre. Elle devait absolument partager sa découverte.
- Pourquoi avez-vous été sèche comme ça ? demanda Hermione, fronçant les sourcils en regardant la rousse s'éloigner.
- Elle sort de nulle part et elle vous aborde.
- Elle regardait juste le pull.
- Vous y croyez vraiment ? Moi pas.
Élise avait déjà sortie son téléphone et attendait.
- Renard ? Arrivez rapidement au café Le Passage, trouvez une rouquine et suivez-la... Oui j'attends votre arrivée pour partir... Non, entrez directement, pas de contact avec nous...Je suis avec notre amnésique, et on l'appelle Hermione à partir de maintenant.
-Vous êtes paranoïaque ! objecta Hermione.
- Je suis Asperger. Je ne suis pas influencée par les émotions sociales. Et la coïncidence n'est pas normale.
- Quoi ? c'est pas normal d'apprécier vos fringues ?
Le regard d'Élise figea.
- Vous êtes vraiment bizarre de l'autre côté de la Manche.
- C'est-à-dire ?
- Il est moche ce pull. Confortable mais moche.
- De l'autre côté de la Manche ? Vous pensez que je suis Anglaise ?
- Vous êtes parfaitement bilingue, mais votre anglais est typique. L'accent n'est ni français, ni américain, ni australien… et assurément pas écossais. Vous êtes Anglaise d'origine, ce qui fait qu'on doit se mettre en relation avec mes collègues de Douvres. Ils vont lancer les mêmes recherches que nous, mais sur le territoire anglais. Et on va aller les rejoindre.
Elise tapa un sms à l'attention de Karl Roebuck puis déverrouilla les portières de sa Porsche.
- Petit-déjeuner, centre commercial puis Eurostar, résuma la commandante.
- je n'ai pas de papiers pour voyager...
- Je m'en occupe. Vous mangez quoi, le matin ?
- Aucune idée...
Les rues du Londres sorcier étaient comme à leur habitude, tranquille. Quelques passants faisaient des courses chez Fleury et Bott ou se dépêchaient de rentrer dans la banque Gringott's pour réaliser leurs transactions et surtout se mettre à l'abri du crachin londonien qui était le même dans les deux mondes. Un passant semblait au contraire des autres prendre son temps, ses pas divagant sur le trottoir.
Il pénétra chez Madame Guipure et erra entre les étoffes et les vêtements. Une vendeuse vint à sa rencontre.
- Bonjour Monsieur le Ministre, puis-je vous aider ?
- Hermione Granger. Je dois trouver Hermione Granger.
La vendeuse pâlit subitement.
- Mais, Monsieur le Ministre, vous savez que... Miss Granger est morte, il y a 20 ans, pendant la bataille de Poudlard. Vous avez condamné à mort Bellatrix Lestrange pour son meurtre.
- Je dois trouver Hermione Granger, répéta-t-il avant de sortir de la boutique.
Sans perdre de temps, la jeune vendeuse se précipita vers la cheminée installée dans l'arrière-boutique. Elle jeta une pincée de poudre et des flammes vertes surgirent dans l'âtre.
- Bureau des Aurors, annonça-t-elle d'une voix claire. C'est une urgence.
Installée à une table qui permettait de voir l'extérieur, Ginny laissait refroidir son café en épiant la brunette qu'elle venait d'aborder sur le parking. C'était certain, cette jeune femme était Hermione. Sa façon de se tenir qu'elle étudiait maintenant, autant que son phrasé, étaient le reflet de celle qui avait fait partie du trio vingt ans auparavant. Pourtant c'était impossible, Hermione Granger était une héroïne de la guerre contre Voldemort qui avait succombé aux sorts rageurs de Bellatrix Lestrange. Alors comment était-elle en vie, devant elle, en train d'argumenter avec une blonde qui ne lui inspirait pas confiance. La clochette de la porte signalant l'entrée d'un consommateur la tira de sa surveillance.
Une femme brune entra et s'installa avant de commander un café. Ginny se désintéressa de la cliente et reporta son attention sur la voiture bleue qui démarrait, quittant le parking. Hermione était en vie. C'était une nouvelle extraordinaire qu'elle devait partager. Mais avec qui ? Ron tomberait dans les pommes, Harry ne le croirait pas et...
- Minerva. Je dois montrer mon souvenir à McGonagall. Elle saura quoi faire.
L'ancienne joueuse de Quidditch se leva sans avoir touché à son breuvage et lança quelques euros sur le comptoir. Rapidement elle sortit et s'engagea dans la ruelle qui bordait le commerce. Comme son ombre, la dernière cliente lui emboita le pas. La subordonnée d'Élise prit garde à ne pas être repérée et laissa un coin de mur d'avance à la rouquine. Ca l'obligea à allonger le pas pour ne pas se faire distancer, mais en atteignant la cour arrière du café, la lieutenant resta interdite. Il n'y avait personne. Pourtant la cour était clôturée. Elle fit rapidement le tour du grillage et ne trouva aucun point sans attache, retourna vers la porte de service fermée de l'intérieur sans poignée extérieure, souleva les couvercles des poubelles par acquis de conscience. Elle finit par retourner en courant vers l'avant de la bâtisse au cas où la suspecte aurait profité de l'ouverture de l'issue de secours pour se faufiler à l'intérieur et la planter là. Mais personne n'avait revu la rouquine et l'espace dégagé à perte de vue ne laissait voir aucun fuyard. Renard se gratta la nuque avant de se décider à appeler Elise. La commandante n'allait pas la féliciter. Mais elle ne voyait pas comment la rouquine avait pu se volatiliser.
Hermione était assise sur un banc, devant une boutique de prêt à porter. Elle avait les mains croisées sur ses cuisses et balançait ses jambes comme une enfant. Elle ne savait pas ce qu'elle faisait là. Elle ne voulait pas que la commandante Wassermann lui achète des vêtements par pitié. Elle voulait juste retrouver une vie à elle.
- Ou pas... murmura-t-elle en repensant à la jeune femme assassinée.
Elle se sentit émue en repensant à la photo que l'enquêtrice lui avait montrée et porta inconsciemment la main à son cou. Elle sentit les petites pierres sous ses doigts et frissonna.
- Je ne sais pas pourquoi, mais je sens que c'est la clé...
La musique pop que crachaient les haut-parleurs du centre commercial s'arrêta pour une annonce publicitaire ventant une promotion sur le lait deuxième âge. Puis une musique latino retentit et l'amnésique ferma les yeux. Cette chanson lui rappelait quelque chose. Elle ne chercha pas à forcer son inconscient et laissa un souvenir, ou plutôt une succession de flashes, remonter à la surface de sa mémoire.
Un bar, des gens qui dansaient la salsa ou la rumba, elle ne savait pas. Elle était attablée, fumant un cigarillo, profitant de l'ambiance. Elle se sentait bien, détendue, heureuse. Et la femme de la photo s'approcha sensuellement d'elle, deux verres à la main. La brune s'assit sur ses genoux et, après avoir posé les verres, encadra son visage et l'embrassa passionnément.
- Tu viens danser, Asalhir ? Demanda la femme.
- Avec plaisir, Lexa, répondit-elle en abandonnant son cigarillo dans un cendrier. Mais pas longtemps, car je suis déjà toute excitée.
La jeune femme glissa discrètement et doucement sa main entre les cuisses de la brunette et eut un large sourire.
- Effectivement, chuchota-t-elle. Une danse ici et ensuite, plusieurs dans notre chambre...
Devant elle Elise avait l'air inquiet et Hermione sentit la main de la blonde sur son épaule.
- Ca va ?
- Je crois.
- Je vous appelais mais vous étiez comme ailleurs… un souvenir ?
- Oui. Elle s'appelait Lexa. Nous étions ensemble. On était dans un bar latino et on s'apprêtait à aller... vous voyez. Et je l'aimais. Ah, et je crois que je parle espagnol.
Elise hocha lentement la tête avant de se redresser regardant autour d'elle.
- Venez.
Elle tendait la main à la brunette pour l'inciter à la suivre. Hermione la prit et se leva.
- On va où ?
- La librairie là-bas. On va y aller et trouver quelles sont les langues que vous parlez. Ca peut nous aider, et c'est moins traumatisant que de savoir si vous êtes légiste.
Bien qu'elle ne le demande pas, Elise semblait attendre l'accord de la brunette, ce qui en soi était un exploit.
- Euh... OK. Et on fait comment pour savoir ce que je parle ?
La commandant entraina la brunette à sa suite sans lâcher sa main. Elles pénétrèrent dans la boutique et la blonde prit quelques secondes pour lire les panneaux indiquant les différentes sections avant de foncer droit devant.
- Les dictionnaires. Je vais vous donner des mots, vous allez les traduire et je vérifie.
Harry Potter fut accueilli par le directeur de Sainte Mangouste en personne. Ce dernier avait l'air soucieux et le chef des Aurors sut que la situation était au mieux déplaisante, au pire catastrophique.
- Ce que je vais vous dire ne doit absolument pas fuiter pour le moment, chuchota le directeur en emmenant Harry dans son bureau.
- Vous pouvez compter sur ma discrétion, répondit le vainqueur de Voldemort.
Une fois la porte fermée, le directeur inspira profondément.
- Le Ministre de la magie n'a plus aucun souvenir. Sa mémoire a été complètement effacée.
- Merde ! Comment ça se fait ?
- Sûrement un sort d'oubliette, mais extrêmement puissant. Mais ce n'est pas tout. Il y a deux choses encore plus dérangeantes : la première, c'est que Kingsley ne semble avoir quasiment plus de magie en lui.
- Et la deuxième ? s'inquiéta Harry.
- Il répète inlassablement qu'il doit trouver Hermione Granger.
Ginny apparut devant les grilles de Poudlard et fut cueillie par l'air frais écossais. Resserrant le col de son manteau sur son cou, elle se dépêcha de traverser le parc du château qui se parait de belles couleurs automnales.
- J'espère qu'elle ne va pas faire un arrêt cardiaque, se dit-elle en pénétrant dans le hall du château. C'est qu'elle n'est plus toute jeune.
Elle croisa plusieurs élèves qui se dépêchaient de rejoindre leur salle de cours, et sourit en constatant que les couleurs des écharpes se mélangeaient dans les petits groupes animés. Si la guerre avait blessé nombre de sorciers et de familles, les vingt dernières années avaient finalement soudées la communauté autour de valeurs plus saines. Grimpant les marches deux à deux pour éviter de se retrouver orientée ailleurs que vers sa destination, elle revint en pensée à la bataille finale qui avait vu la mort d'Hermione.
Comment se pouvait-il que la sorcière la plus brillante de sa génération soit encore en vie ? Ginny avait vu son corps, cette nuit-là. Ce corps sans vie que Ron et McGonagall avaient veillé des heures durant avant qu'il ne soit évacué à la morgue de Sainte Mangouste.
Arrivée devant la gargouille gardienne de l'entrée du bureau de la directrice de la prestigieuse école de sorcellerie et de magie, la rousse donna le mot de passe et gravit les dernières marches, l'appréhension lui broyant les intestins.
- Entrez ! fit une voix teintée d'un fort accent écossais.
Sur une inspiration plus profonde, Ginny pénétra dans l'antre de McGonagall et se força à afficher une mine joviale et sereine.
- Mrs Potter, vous êtes d'une pâleur ! remarqua aussitôt l'animagus. On pourrait croire que vous avez vu un fantôme ! Vous allez bien ?
Ginny se dirigea vers la pensine de la directrice.
- C'est exactement ça. Et comme vous n'allez pas arriver à le croire sans le voir...
La rouquine finit d'étirer le souvenir avant de le déposer dans la vasque et s'écarta pour permettre à l'animagus de se pencher au-dessus.
Minerva haussa un sourcil, perplexe, mais finit par visionner le souvenir. Ginny vit le corps de la directrice se tendre et son visage perdre ses couleurs.
- Ce n'est pas possible... murmura l'animagus d'une voix blanche, décidant de voir la scène une nouvelle fois. C'est tout bonnement impossible.
- Je suis sûre que c'est elle.
- Moi aussi, mais ça défie toutes les lois de la magie et de la nature.
Lorsqu'enfin Minerva cessa de regarder le souvenir, elle alla s'assoir à son bureau et invita Ginny à faire de même. D'un geste automatique, elle fit apparaitre deux tasses de thé.
- Tout porte à croire que c'est Hermione. Mais nous savons aussi qu'elle a succombé aux sorts de Lestrange il y a vingt ans. Donc ça ne peut pas être elle.
L'ancienne Gryffondor se pencha pour attraper sa tasse.
- Dans ce cas, qui est-ce ? Une potion polynectar donnerait l'apparence d'Hermione à qui la boirait ?
Minerva hocha la tête lentement tout en continuant de réfléchir, les sourcils froncés.
- Mais qui aurait gardé des bouts de Miss Granger ? Vingt ans après ? Qui aurait prévu en avoir besoin ? Et quel est le but de la faire "revivre" ?
- Il n'y a aucune raison logique qui vienne à mon esprit, soupira Ginny.
Un hibou s'engouffra par la fenêtre ouverte et lâcha une missive sur le bureau de la directrice. L'Ecossaise donna un petit morceau de viande pour récompenser le messager qui prit le temps de le grignoter avant de s'envoler et disparaître à l'horizon.
- C'est l'écriture d'Harry, fit remarquer la rousse, intriguée.
Minerva décacheta la lettre et ses sourcils, déjà froncés, formaient à présent une ligne noire sur son front.
- Il y a un autre souci ? s'inquiéta Ginny.
- Oui, en lien avec votre souvenir... Mais je ne peux pas vous en dire plus, malheureusement. Je dois vous laisser. Pouvez-vous prévenir Filius que je serais absente quelques heures ?
- Bien sûr. Mais s'il s'agit d'Hermione, je..
- Pas pour l'instant, je suis navrée. Mais je vais emporter votre souvenir et peut-être le bureau des Aurors voudra-t-il vous interroger.
- Je comprends mais... elle était à Calais, elle sortait d'un immeuble d'habitations. Peut-être vit-elle là-bas. Essayez de la retrouver avant les Aurors, s'il vous plait.
Minerva hocha la tête.
- Très bien, je vais aller entendre ce qu'ils ont. Ensuite j'irai voir à Calais.
Élise était assise, sans réaction. En face d'elle, Hermione mangeait avec appétit une énorme part de pizza.
- Cha va ? demanda la brunette, la bouche pleine.
- Vous vous rendez compte que personne dans le monde ne parle 178 langues ?
- Chai pas, répondit l'amnésique dans un haussement d'épaules.
- Et on a arrêté parce qu'il n'y avait plus de dictionnaires ! Et j'oublie les dialectes ...
- Vous n'avez pas faim ? demanda Hermione en lorgnant sur la part de pizza de la policière.
Élise poussa son assiette vers la brunette qui se jeta sur le repas.
- Comment faites-vous cela ? Interrogea la blonde.
- Bah... J'ai faim.
- Je ne parle pas de votre attitude de doberman, mais de votre capacité hors du commun à parler au minimum 178 langues !
Hermione soupira lourdement en redéposant sa deuxième part avant de s'essuyer les doigts sur la serviette en papier.
- Je suis amnésique. Aucune chance que je sache pourquoi ou comment je connais autant de langues. Je suis au même point de vous, à élaborer des hypothèses sur ce que je suis… ce que j'étais en fait.
- Très bien, ça m'intéresse de vous entendre.
- Comme moi j'aimerais savoir ce que vous pensez. Donnant donnant comme vous dites.
Elise la regarda longuement avant d'acquiescer légèrement.
- Je pense que vous êtes ce qu'on pourrait qualifier de génie. Et vous et votre compagne deviez savoir ou avoir vu quelque chose que vous n'auriez pas dû. Reste à trouver ce que c'est. A vous. Donnez-moi votre avis.
Hermione rassembla ses idées.
- Je penche pour de la recherche. Une équipe de recherche sur un sujet sensible, faisant appel à des compétences médicales... ou sinon de la haine, pure et simple...
- Reste les colliers... J'aimerais bien savoir à quoi ils correspondent, fit Élise.
- Je ne suis pas sure...
Wassermann se pencha en avant.
- Ca veut dire ?
- Ca me semble familier mais je ne sais pas...
- Essayez de vous souvenir.
- J'essaie mais ça ne vient pas. Croyez-moi, je fais ce que je peux.
Élise soupira.
- On retourne vous acheter des vêtements et on passe en Angleterre. Peut-être que vous verrez quelque chose là-bas.
- Commandante Wassermann, si je retrouve mes souvenirs, je vous promets de vous rembourser chaque euro ou livre que vous aurez dépensé pour moi.
- Ce n'est pas mon argent, ne vous en faites pas. Finissez la pizza et je vous ai trouvé des jeans, chemises et sous-vêtements dans la boutique là-bas, vous choisirez.
- Merci. Mais je vous offrirai des vacances dans le pays de votre choix et je vous accompagnerai comme traductrice. Marché conclu ?
Élise regarda intensément la brunette qui finit par gigoter sur sa chaise.
- C'était juste une idée.
- Qu'est-ce vous y gagnez ?
- Rien. Si j'arrive à retrouver mes souvenirs, ma vie, c'est à vous que je le devrai, j'en suis certaine. Et il faudra que je vous remercie.
- J'aurai juste fait mon travail. Mais... merci.
L'amnésique sourit.
- De rien Commandante.
L'enquêtrice n'attendit pas plus longtemps pour se lever.
- Vos vêtements.
Hermione se leva à son tour et suivit docilement la blonde jusqu'à un magasin de prêt-à-porter. Mais son regard se posa sur la vitrine d'une boutique d'instruments et de partitions et quelque chose remua en elle.
- Commandante, voulez-vous retenter l'expérience des dictionnaires sur des instruments de musique ?
Le regard d'Elise allait de la devanture à la brunette. Elle l'invita de la main à pénétrer dans le commerce.
- Je sens qu'on n'est pas au bout de nos surprises.
Hermione regardait autour d'elle avec application. Élise l'avait finalement amenée à Londres et elles déambulaient à pied dans Soho. La brunette cherchait à tout voir avec l'espoir de déclencher de nouveaux souvenirs. Le voyage en Eurostar n'avait rien évoqué pour elle, sauf un malaise à voyager enfermée dans une voiture, dans un wagon, sous des milliers de litres d'eau. L'arrivée à la gare l'avait vaguement interpelée, mais sans qu'elle puisse dire pourquoi. Maintenant, elle arpentait les rues et regardait les devantures des magasins avec espoir. Elle croisa son image et prit le temps de se regarder à nouveau. Elle se sentait bien, comme devant une image qu'elle connaissait. Un jeans, une chemise blanche et une veste en simili cuir qu'Elise avait bien voulu rajouter après sa prestation musicale. Elle avait sans problème déchiffré des partitions et joué de tous les instruments, avec une préférence pour le violon et la flûte traversière. Elle sourit en repensant à l'expression de la Française, incrédule.
« Y'a juste les autistes pour avoir un talent pur dans une matière et vous, vous n'êtes pas autiste et tout ce que vous touchez, vous le faites parfaitement », avait fini par dire l'enquêtrice, abasourdie.
- Ça va ?
L'image déformée d'Elise s'imposa sa ses côtes.
- Je réfléchissais. Rien n'a de sens. Personne ne peut maîtriser toutes ses choses en une seule vie. Et je ne ressemble pas à Frankenstein.
Elle se tut un instant puis finit par baisser les bras et soupira.
- Je dois être une sorte de monstre bizarre.
- Non. Vous êtes surdouée. A un degré rarement atteint, rétorqua la Française.
Elles reprirent leur chemin et, plus elles parcouraient les rues de la capitale anglaise, plus Hermione perdait espoir de récupérer sa mémoire.
- Au pire, je pourrais me recycler en curiosité scientifique... songea-t-elle à haute voix.
- Il y a bien d'autres carrières à faire. Mais si cobaye vous convient...
- Je... Commença la brunette avant d'être interrompue par les cris de deux femmes sur le trottoir d'en face.
- Hey ! Vous! fit l'une tandis que l'autre tentait une traversée sans se faire écraser.
- Vous les connaissez ? demanda Élise.
- Non... J'en sais rien, répondit Hermione, se demandant ce que les deux femmes lui voulaient.
Les deux inconnues arrivèrent à les rejoindre et l'amnésique se sentir mal à l'aise sans pouvoir l'expliquer.
- On t'a cherchée partout, fit la plus grande des deux, une femme aux cheveux noirs comme la nuit.
- Tu vas enfin nous dire où tu as mis l'essence immortelle, conclut l'autre en sortant une fine tige de bois de son manteau pour la pointer en direction de la brunette.
Minerva sortit du ministère de la magie par la sortie piéton. Elle avait besoin de marcher et de réfléchir aux évènements de la journée. Hermione Granger était vivante alors qu'elle avait été enterrée vingt ans plus tôt et Kingsley avait disparu une nuit entière pour réapparaître ce matin, sans souvenir, avec pour idée fixe de retrouver Hermione Granger.
- C'est incompréhensible ! s'agaça-t-elle, frustrée.
Des cris attirèrent son attention et elle leva la tête. Elle ne crut pas sa chance en voyant à quelques pas d'elle Hermione et une jeune femme blonde menacées par deux sorcières.
- Hermione ! A terre ! cria-t-elle avant de jeter un experliarmus qui désarma une des sorcières.
Élise n'hésita pas un instant et sortit son arme de service pour tirer vers l'une des deux agresseurs, partant du principe que la nouvelle arrivée avait l'air de vouloir défendre Hermione. Qu'elle avait d'ailleurs appeler Hermione. Elle attrapa ensuite rapidement le bras de la brunette qui était restée tétanisée et se mit à courir avec elle pour se réfugier derrière un conteneur à ordures.
- Ne bougez surtout pas ! ordonna Elise en se mettant en position de tir.
Le regard gris de la Française bougeait rapidement, suivant l'action qui se déroulait entre les trois femmes. Mais la Commandante n'arrivait pas à comprendre ce qui se passait. Les trois se battaient à l'aide de tige de bois qui envoyait des éclairs de lumière de différentes couleurs. Et quand les rais de lumières touchaient un élément du décor, ce dernier explosait. Les deux femmes qui avaient demandé à Hermione où elle avait caché l'essence éternelle combattaient avec rage la dernière arrivée, la plus vieille. Cette dernière semblait en difficulté et Elise crut bon de l'aider. Elle visa l'épaule d'une des deux agresseurs et tira. La balle toucha sa cible qui poussa un cri de douleur. Son alliée lui prit la main et toutes deux disparurent dans un bruit sec.
Le vieille femme balaya les alentours de son regard vert et, assurée que tout danger était écarté, elle prit appui contre un mur pour reprendre sa respiration.
- C'est fini, chuchota Elise en coulant un regard vers Hermione.
Cette dernière était prostrée, recroquevillée sur elle-même. La main de la Française se porta sur l'épaule de l'Anglaise pour la serrer brièvement et l'amnésique sursauta en criant.
- Tout va bien, Hermione, tenta de la calmer Elise. Si besoin, je peux vous gifler. Ca marche pour se remettre les idées en place.
L'amnésique leva la tête et grimaça. Elle baissa les yeux sur son flanc et Elise l'imita, découvrant du sang qui tachait la chemise neuve déchirée juste au-dessus de la hanche gauche. La Commandante souleva précautionneusement le vêtement et vit une plaie ouverte.
- Ce... c'est pas grand chose, bafouilla la brunette qui frissonna.
- Je vous emmène immédiatement à l'hôpital.
- A Londres ? Sans assurance santé ? Ca va couter une blinde. Du désinfectant et un pansement feront l'affaire, murmura la brunette en réajustant sa chemise.
Elise l'aida à se lever et les deux femmes virent la vieille dame s'approcher d'elles. La policière, qui avait toujours son arme à la main, hésita à la pointer sur cette étrangère. Mais elle ne se sentait pas de braquer son flingue sur une personne qui ressemblait à une grand-mère.
La vieille femme s'approcha lentement, mais dignement, de l'amnésique et l'enserra fortement dans ses bras. Hermione se raidit, surprise, et le regard noisette stupéfait se porta sur la Commandante qui, après quelques secondes, rangea son arme dans son holster.
- Par Merlin, vous êtes vivante, chuchota la vieille femme avec émotion. Je ne croyais jamais vous revoir.
- On se connait ? demanda timidement Hermione.
La vieille dame se recula et caressa l'ovale du visage de la brunette et lui sourit tendrement.
- Oui, nous nous connaissons. Mais partez vite avant que les Aurors arrivent.
Elle se tourna vers Elise et il sembla à cette dernière que la vieille femme avait une larme qui roulait sur sa joue ridée.
- Retournez à Calais, je vous y retrouverai demain matin.
- Comment savez-vous que nous sommes de Calais ? Et comment ferez-vous pour nous retrouver ? demanda Elise.
McGonagall effaça d'un geste de la main la première question posée.
- Donnez-moi le nom d'un café et j'y serai à 10 heures.
- Le Passage, un café sur le port. A demain. J'espère que vous nous raconterez ce qui se passe, prévint la Française.
- Et bien plus encore. Maintenant, filez.
Elise attrapa Hermione par le poignet et l'entraina d'un pas rapide en direction de sa voiture, garée quelques rues plus loin. Une fois les deux femmes installées, Elise démarra et prit l'itinéraire pour gagner l'Eurostar.
- Vous allez bien ? finit par demander la Commandante.
- Impeccable, mentit Hermione, dont la blessure était malmenée par la ceinture de sécurité.
- Vous savez qui est cette vieille dame ?
- Aucune idée. Mais elle doit être du genre à boire du thé en mangeant des sablés, en jouant aux échecs avec un chat sur les genoux. Je me demande dans quelles circonstances j'ai pu la rencontrer.
- Nous le saurons demain. Mais c'est sûrement dans le cadre de vos activités. Car je n'ai absolument pas compris avec quoi ces femmes se battaient. Quelle est l'arme qui vous a blessée ? Cela ressemble à une brulure mais en même temps, votre chair a été découpée.
- Ouais, je suis au courant, grimaça Hermione.
Elise coula un regard vers sa passagère et remarqua la pâleur de son teint.
- Il y a une pharmacie à la gare. J'irai chercher de quoi vous soigner et on s'en occupera pendant le trajet en train.
- J'ai hâte...
Alors ? Surpris(e) ? Des avis, des commentaires ?
Bonne fin de semaine et à très bientôt !
Gros bisous,
Link9 et Sygui
