Bonjour, Bonsoir, et Bonne année !

Bon on a voulu vous laisser le temps de faire la fête, de profiter de vos amis et de votre famille, et surtout d'être capable de finalement lire après avoir abusé des bonnes choses !... ou pas, si vous êtes raisonnables ;)

Ce qui est sûr, c'est que nos héroïnes ne le sont pas, raisonnables, ni l'année dernière, ni cette année !

Bonne lecture ;)


Chapitre 34 : Les adieux d'une demi Source

Deux heures plus tard...

Pansy renifla son agacement. Elle se sentait mieux depuis que Minerva avait magiquement réparé son nez, mais était toujours énervée de ne pas avoir sa baguette.

- Faut croire que le disque dur était plein, et je vous accorde que c'est surprenant pour une sang-de..

- Miss Parkinson, feula l'animagus.

- Elle a trente-cinq ans, j'vois pas ce qui peut prendre autant de temps ! Ses innombrables lectures inutiles, peut-être... se moqua Pansy.

- C'est pas à vous que ça prendrait trop de temps.

Le ton d'Elise était froid et elle ne leva même pas les yeux vers la médicomage. La main d'Hermione se crispa légèrement sur celle de la commandante et cette dernière fronça les sourcils.

- Hermione ? Tu m'entends ?

- Hmm...

Le gémissement était à peine perceptibles mais la moldue était certaine de l'avoir entendue.

- Fais un effort, ouvre les yeux.

Pansy et Minerva s'étaient levées pour se rapprocher en entendant la blonde s'adresser à l'inconsciente.

- Allez la bête, la belle attend, ironisa la médicomage.

- Miss Parkinson, je ne crois pas que ce soit des encouragements nécessaires, rétorqua sèchement la Directrice de Poudlard.

Elise sortit la baguette de sa ceinture et la lança à Pansy.

- Tu as ton truc, maintenant dégage de chez moi, dit-elle d'une voix glaciale.

La médicomage ramassa l'objet avec un rictus.

- Pas sans savoir dans quel état se trouve la cervelle de Granger. Et puis retrouver ses souvenirs peut être une expérience traumatisante... elle pourrait se rappeler que c'est elle qui a occis votre victime, ou se souvenir qu'elle a raté sa vie. Désolée mais je reste.

Élise perdait le peu de patience qu'elle n'avait pas. Elle lâcha la main d'Hermione qui végétait entre deux eaux, attrapa Parkinson par le col et, après avoir ouvert la porte de son studio, la flanqua hors de chez elle.

- Dites-lui de pas faire de tour de passe-passe ou je la plombe.

Le conseil adressé à Minerva en même temps qu'elle claquait violemment la porte sonnait comme un congédiement définitif. L'animagus se leva et se dirigea vers la porte, consciente des efforts de la blonde pour ne pas être plus directe avec elle.

- Si vous avez besoin de quoi que ce soit, appelez-moi et je viendrai dans l'instant, promit l'Ecossaise.

- M...Minerva...

La voix d'Hermione s'éleva dans le studio, attirant instantanément l'attention des deux femmes. Elle était hésitante et reflétait une certaine fatigue, mais le ton profond et rauque détonnait. Elise se rendit immédiatement au chevet de la brunette et lui prit la main.

- Hermione ? Ouvre les yeux.

La brunette secoua négativement la tête.

- J'ai mal à la tête, fit-elle doucement.

- C'est normal… je pense qu'elles ont réussi à te rendre tes souvenirs… tu te rappelles de quelque chose de ton passé ?

Minerva était attentive, debout derrière l'enquêtrice, avide de savoir si les risques pris avaient porté leurs fruits ou si elles avaient causé plus de torts qu'autre chose.

- Oui... je me souviens de tout... Elise, peux-tu m'apporter un couteau, s'il te plait ?

- Pour faire quoi ? s'inquiéta la blonde.

- Rien de dangereux, chuchota la brunette.

Wassermann serra la main de son amante et acquiesça.

- D'accord.

Minerva l'arrêta un instant.

- Vous êtes certaine ? Miss Parkinson a dit que retrouver ses souvenirs pouvait être traumatisant et...

- Elle dit aussi qu'elle est irrésistible.

Un petit rire fatigué leur parvint du canapé.

- J'ai confiance en Hermione, reprit la Française.

Tournant les talons, Elise se rendit jusqu'au coin cuisine et attrapa un couteau parmi ses ustensiles. Elle retourna auprès de la brunette et lui tendit la lame. Cette dernière s'en saisit et, entrouvrant légèrement une paupière, s'ouvrit d'un geste sec la paume de ma main gauche. Minerva sursauta, se demandant ce qui passait dans la tête de son ancienne élève, qui rendait tranquillement le couteau à la moldue.

- Mais ça va pas ? gronda la blonde.

Hermione se contenta d'afficher un sourire paisible et, de sa main ouverte, attrapa les deux colliers. Elle murmura quelques mots d'une langue étrange et rugueuse et sembla attendre patiemment. Élise porta son attention sur l'Ecossaise qui blêmissait à vue d'œil.

- C'est la vue du sang qui vous incommode ? demanda la commandante.

- Non... C'est cette magie... C'est une puissance extraordinaire !

Un hoquet se fit entendre à l'entrée et Elise vit du coin de l'œil que Pansy était sur le pas de la porte. La médicomage n'arborait pas sa superbe habituelle et n'avait plus l'air de vouloir s'imposer dans la pièce.

- C'est … cette puissance… c'est Elle...

- Par Merlin !

L'exclamation de Minerva attira le regard interloqué de l'enquêtrice.

- Il se passe quoi ? Pourquoi vous semblez avoir peur tout à coup ?

- C'est... c'est impossible... bafouilla la Directrice.

- C'est l'Origine de toutes magies ! lâcha Parkinson avant de se prosterner devant la brunette qui serrait toujours le collier dans sa main ensanglantée.

- Ça change quoi ? demanda Elise. C'est toujours Hermione.

- Mais c'est dieu ! répliqua Pansy, toujours face contre terre.

Minerva allait mettre un genou à terre mais Hermione secoua la tête.

- Je ne veux personne à mes pieds, fit doucement la Source. Ce n'est pas le genre de la maison.

Elle remit les colliers sous sa chemise et passa un doigt sur sa blessure à la main gauche. La plaie se referma en une seconde et il ne resta plus aucune trace de l'entaille.

- Comment tu te sens ? Tu te souviens ?

Élise restait préoccupée par la brunette, n'étant pas certaine de percevoir toutes les implications d'une condition divine. Hermione tendit la main et caressa la joue de la commandante.

- Je me souviens de tout, répondit-elle. Et je sais qui a assassiné Lexa. Je sais également ce que cette petite merde compte faire et je vais l'en empêcher.

- Qui est-ce ? Et que vas-tu faire ? demanda la Française

- Que peut-on faire pour vous, Ma Source ?

Pansy était aussi dédiée que Minerva saisie, l'une continuant à se prosterner, l'autre à chercher ses mots.

- La fée noire veut mettre la main sur tous les univers qui constituent ma création. Et comme ses sous-fifres m'ont repérée dans ce monde, je déduis sans peine qu'elle ne va pas tarder à venir ici pour tenter de voler mon pouvoir. Et je pense savoir où elle va frapper. Pansy, je peux te taxer une cigarette, s'il te plait ? Ne t'en fais pas, Elise, j'irai la fumer dehors.

Parkinson tapota ses poches fébrilement à la recherche d'un paquet qu'elle ne savait plus trouver.

- D'après mes souvenirs, tu le mets toujours dans la poche de gauche.

- Bien sûr, Ma Source.

Hermione soupira avec un petit sourire vers Elise.

- Elle va s'en remettre, lui chuchota-t-elle.

- Je ne suis pas pressée qu'elle redevienne l'emmerdeuse qu'elle est.

- C'est ce qui fait son charme.

- En parlant de charme... toi et moi, ça s'arrête maintenant que tu es redevenue celle que tu étais ? demanda la commandante, masquant l'inquiétude qu'elle ressentait.

- Non. Mais je dois parler à Lexa.

- Elle est morte. Tu ne te souviens pas de ça ?

Une lueur sombre et douloureuse s'installa dans le regard noisette.

- Si, parfaitement. Mais une partie d'elle vit encore dans la puce qu'elle avait dans la nuque. Sais-tu où cette puce a été envoyée ?

- Au CNRS. Je peux envoyer un email à la morgue pour avoir le nom du destinaire, si tu veux.

- Je te remercie. Minerva, vous allez bien ? Je conçois que m'avoir vue ne pas survivre à la bataille de Poudlard et me recroiser maintenant doit être perturbant...

- Le plus perturbant est votre condition de déesse, Miss Granger. Mais comment diable êtes-vous en vie ?

- C'est une longue histoire. Qui s'étend sur des siècles, des mondes et des vies. Mais surtout qui a commencé par un rêve initiatique. Un jour, je vous raconterai. Mais pour l'heure, il faut enrayer le plan ourdi par la fée noire avant qu'elle puisse soupçonner que j'ai retrouvé mémoire et pouvoirs.

- Que peut-on faire pour vous agréer, Déesse ? demanda Pansy en tendant avec révérence une cigarette.

- On va la fumer dehors, proposa Hermione en passant son bras dans le dos de la médicomage pour l'emmener avec elle. Élise, je reviens très vite.

Les deux sorcières sortirent de l'appartement et se dirigèrent vers la cage d'escaliers.

- Alors comme ça, tu fais du rentre-dedans à ma copine, commença la brunette en descendant les marches.

- Je suis désolée ma Source. Je ne... ça ne se reproduira plus, bafouilla Pansy.

- Te connaissant, ça m'étonnerait, rit la brunette qui vit Parkinson changer de couleur, mais je vais faire semblant de te croire, ajouta-t-elle en sortant de l'immeuble. Alors, tu m'allumes ?

Parkinson sortit son briquet et alluma les deux tiges, omettant prudemment de relever le double sens de la phrase.

- Vous aviez quelque chose à me dire en particulier ? choisit plutôt de demander la Serpentard.

- Comment se porte ce monde ? Est-ce que les sorciers et les moldus cohabitent paisiblement ?

- Dans l'ignorance complète les uns des autres. La guerre a renvoyé les intégristes à

Azkaban, ce qui a fait descendre les tensions entre les Sang purs et les autres. Le problème vient plutôt du fait qu'il n'y a pas de pouvoir fort qui insuffle une vision du monde. On est tous livrés à nous-mêmes et à nos pensées, déviantes ou pas. Du coup, le culte qui vous est voué connait un renouveau, par manque d'idéal à atteindre. Et bien entendu, on s'en va tranquillement vers une nouvelle montée d'intégrisme.

Hermione tira longuement sur sa cigarette, songeuse.

- Je vais les remettre au pas, finit-elle par dire.

Pansy regardait la brunette, l'air de rien.

- Tu veux me demander quelque chose ?

- Et bien… je n'ai pas forcement été une fervente adepte du culte… alors je me demandais si vous alliez être un genre bienveillant ou fouettard ?

Hermione la dévisagea, clignant des yeux, puis éclata de rire.

- Par Merlin, Pansy ! Tu me connais, non ? Enfin, tu connaissais mon double de ce monde. Bref, je suis du genre déesse très sympa sauf quand on me fait chier.

La médicomage soupira de soulagement, sentant une partie de ses craintes se dissiper.

- Par exemple, commença Hermione en s'asseyant sur un parapet, pas la peine de te prosterner ou de me vouvoyer. Par contre, si tu traites encore quelqu'un de Sang-de-bourbe, je pourrais le prendre mal.

Pansy frissonna au ton de voix employé sur la dernière phrase.

- Oui, bien sûr, je n'utiliserai plus ce mot. Jamais. Promis.

- Parfait, sourit Hermione.

La Source tira longuement sur sa cigarette puis écrasa le mégot avant de le ranger dans sa poche. Pansy imita aussitôt la déesse, espérant avoir bien éteint sa clope pour ne pas faire de trou dans la poche de sa veste hors de prix.

- Vous venez bien d'un autre univers ? osa demander la Serpentard.

- Tu as deviné juste. La Source sous sa forme immatérielle m'a donné sa puissance pour que je survive à la bataille de Poudlard. La Hermione Granger de ce monde n'a pas eu cette chance. Et je me rends compte de ce qui me serait arrivé si j'avais refusé la proposition de la Source.

- Pourquoi vous a-t-elle choisie ? poursuivit Parkinson.

- Pour se venger de moi, soupira Hermione. Et c'est plutôt réussi.

Pansy resta songeuse un instant.

- Il me semble que donner une puissance et une connaissance sans limite à quelqu'un c'est loin d'être une punition normalement… en tous cas, il y a pléthore de Voldemorts en couches qui y aspirent.

- Et le revers de la médaille est de vivre des milliers d'années, de perdre ceux qu'on aime... Encore et encore, fit doucement Hermione.

La médicomage hocha la tête.

- Je crois que je comprends… en tous cas, c'est pour ça que j'ai personne à long terme dans ma vie, je ne suis pas déçue.

- Et ça ne te pèse pas d'être toute seule ?

Un sourire étira les lèvres de la brune qui attrapa une nouvelle cigarette.

- Par les temps qui courent, je ne suis jamais seule longtemps. Ce qui me fait penser… si je peux poser une question...

- Je t'en prie.

- Avant que vous ayez retrouvé vos souvenirs, vous avez eu des flashs et hmmm, comment dire… vous avez laissé entendre que vous et moi, on...

- Oui. Quelques mois. Nous avons été intimes dans beaucoup de recoins du château. Les portraits en rougissent encore, fit Hermione avec un sourire amusé. Mais tu as fini par me plaquer car tu ne voulais pas vivre éternellement avec moi.

Pansy buvait les paroles de la brunette, les yeux grands ouverts.

- J'ai fait ça ? Moi ? Ma Source, je devais être stupide … parce que, honnêtement, vous avoir dans mon lit serait assurément très plaisant … je veux dire, dans le temps … enfin pas que aujourd'hui ça ne soit pas le cas mais je… vous manque de respect, finit par souffler la brune en baissant la tête, mortifiée.

Hermione partit dans un grand éclat de rire.

- Tu n'as jamais dit que j'étais un mauvais coup, rassure-toi. C'est juste que tu ne voulais pas voir tes amis, ta famille, tes enfants mourir. C'est une preuve de sagesse que j'ai appréciée. Il n'y a que moi d'assez conne et d'assez orgueilleuse pour croire que je serais une bonne déesse.

La Serpentard tira une longue bouffée de sa cigarette avant de la passer à la brunette.

- Quand vous dites ça, j'ai l'impression que c'est Hermione qui parle. La Gryffondor que j'ai connue, assez imbue de son savoir, soit dit sans vouloir vous vexer, et assez humaine pour s'intéresser aux elfes de maison. Asse fière pour encaisser les pires injures sans rien laisser paraitre et pourtant pas assez pour larguer Weasmoche. Par la bouse de centaure, vous lui avez trouvé quoi pendant toutes ses années ?

- Aucune idée. Et pour moi ça remonte à... Non, mieux vaut pas le dire.

- Combien ?

- Près de 4 000 ans.

La médicomage ne put empêcher son regard de faire un aller-retour appréciateur le long du corps de la brunette, se remémorant par la même occasion ce qu'elle avait eu le loisir d'admirer tandis qu'elle était nue entre elle et Elise.

- L'avantage de la magie originelle, c'est que je n'ai pas de problème de peau, fit la Source avec un rictus narquois.

- Quand vous allez dire ça à McGonagall, elle va être jalouse, c'est certain.

- Hmmm, pour de divines raisons qui m'appartiennent, je ne tiens pas à aborder certains sujets avec le professeur McGonagall. Je compte sur toi pour ne pas me mettre dans une situation délicate. Nous sommes d'accord ?

Le côté Serpentard de la brune s'éveilla immédiatement. Autant en quête d'informations qu'il pourrait toujours être pertinent de posséder, qu'en alerte face au danger que pouvait représenter le fait de déplaire à la Déesse. Pour l'heure, elle sourit en coin, heureuse de cette connivence.

- C'est votre vie Ma Source. Quatre millénaires, ça fait combien de vies différentes ?

- Beaucoup... soupira Hermione. Allez, la pause cigarette est finie. Nous devons monter une stratégie pour détruire la fée noire.

La grimace de la médicomage était éloquente.

- Tu t'inquiètes ?

- Les fées sont particulièrement résistantes à la magie des sorciers et leurs maléfices sont vicieux.

- Mais je suis la Source, fit la brunette en sautant sur ses pieds avant de s'étirer. Et puis, je te rassure, tu as toujours été une combattante efficace.

- Je suis beaucoup plus efficace quand je suis derrière les lignes à soigner.

- C'est juste une question de motivation. Allez viens, on va s'amuser un peu, conclut la brunette en se mettant en route, sans se soucier de l'air abattu de la Serpentard.


Le studio était bien silencieux. Minerva McGonagall buvait sans mot dire une tasse de thé, tentant de se faire à l'idée que son élève préférée, qui était tragiquement décédée il y avait près de vingt ans, était une déesse. Élise, quant à elle, était assise sur son canapé, la tête entre les mains, prenant petit à petit conscience de ce qui s'était joué quelques minutes plus tôt. Hermione avait retrouvé ses souvenirs et elle avait complètement changé. La femme perdue et apeurée avait disparu au profit d'une personne calme, sûre d'elle, à la voix douce et ferme.

Peu de chances qu'une déesse s'encombre d'une Asperger. Finalement elle aurait dû en rester au plan cul du départ. Maintenant, elle allait juste être malheureuse. Prenant une grande inspiration, elle se leva pour s'attabler devant son ordinateur.

- Vous faites quoi ?

- Mon rapport. L'enquête est bientôt bouclée, et Hermione aura sans doute autre chose à faire.

- Hermione ne va pas vous quitter maintenant qu'elle a retrouvé ses souvenirs, rétorqua la Directrice de Poudlard. C'est quelqu'un de fidèle.

- Ce n'est pas la personne que j'ai connue et vous non plus. Je ne vais pas attendre qu'elle me laisse derrière elle. Et je ne vais pas l'obliger à être avec moi.

- Ne soyez pas aussi catégorique. Vous devriez avoir une conversation avec elle. Je suis persuadée qu'elle saura apaiser vos craintes.

Élise leva le nez de son ordinateur, scrutant l'Ecossaise.

- C'est votre Déesse. Je n'ai pas l'habitude de me conter des histoires.

- C'est votre petite amie. Et c'est à elle de vous raconter son histoire. À moins que vous lui préfériez les fariboles du Docteur Parkinson.

Élise haussa un sourcil avant de retourner à son rapport. Le cliquetis des touches envahit l'espace quelques instants.

- Elle était comment, votre Hermione ?

- Honnête, entière, farouche, brillante... Toujours présente pour ses amis.

Élise regardait pensivement les mots affichés sur son écran.

- Je n'aime pas devoir choisir sur la base d'un espoir. C'est contre-productif.

Quelques coups furent frappés à la porte du studio avant qu'elle s'ouvre. Pansy et Hermione entrèrent et une odeur de tabac flotta dans l'air.

- Madame la Directrice, vous serait-il possible d'évacuer Poudlard dans les plus brefs délais ? demanda Hermione en retirant ses chaussures.

- Bien sûr, pourquoi ?

- La fée noire voudra conclure l'histoire là où elle a commencé et je ne veux pas que des élèves soient blessés, répondit la Source. Pansy, peux-tu voir à Sainte Mangouste pour qu'il y ait des renforts demain soir aux urgences ?

- Avec plaisir, ma Source, fit la Serpentard en s'inclinant devant sa Créatrice.

- Miner... Madame la Directrice, je passerai vous voir ce soir si vous êtes disponible, reprit Hermione.

- Vous savez où me trouver. Je laisserai des consignes claires à Rusard et Hagrid afin qu'ils vous laissent passer. Ils risquent de faire une crise en vous voyant vivante. Enfin, considérant que votre double ici est morte.

- Ne vous en faites pas, je rejoindrai votre bureau directement.

- Personne ne peut transplaner dans Poudlard, rappela Minerva, surprise que son ancienne élève ait oublié cette règle immuable.

- Le sortilège de protection qui entoure le collège n'a pas de prise sur la Source, Professeur, sourit la brunette. Pansy, Madame la Directrice, pouvez-vous nous laisser ? Je dois discuter avec la commandante Wassermann.

Pour une fois, Pansy ne se fit pas prier et se trouva sur le pas de la porte avant que l'Ecossaise ait ramassé son sac. Mais Hermione se désintéressait des deux femmes, son attention portée sur la Française. La Source n'avait pas besoin de sonder l'esprit de la policière pour savoir ce qu'elle ressentait. Aussi, elle tendit la main pour la poser sur celle de l'enquêtrice et la caressa doucement.

- Elise, je sais que la situation paraît compliquée, murmura-t-elle pour n'être entendue que par son amante. Mais je t'assure que je ne veux pas te faire du mal. C'est même la dernière chose que je souhaite.

- J'apprécie. Donc ? C'est là que ça finit ?

Hermione franca les sourcils, perplexe.

- Euh... Non. Sauf si c'est ce que tu veux, bafouilla-t-elle, incertaine. En tout cas, je... C'est pas ce que je veux.

Élise sentit que quelque chose de lourd quittait ses épaules et elle ne se rendit pas compte qu'un timide sourire ornait ses lèvres.

- Tant mieux. Moi non plus.

Hermione regarda l'heure et grimaça. La journée touchait à sa fin et elle avait encore beaucoup à faire.

- Je dois passer au CNRS faire mes adieux à Lexa. Je te rejoins ici au plus vite, d'accord ?

- Je viens avec toi.

- Tu es certaine ? Je vais devoir utiliser la magie pour nous faire entrer. Tu veux vraiment me voir sous ce jour ?

- Pour moi, ça change rien. Et pour rentrer, on a mon badge. Et j'ai reçu l'ordre de réquisition pour la puce par courriel.

- Alors allons-y, fit la Source en tendant sa main à la commandante. Je vais nous faire transplaner.

Élise fronça les sourcils d'incompréhension mais n'hésita pas à prendre la main de son amante. L'instant d'après, elles disparaissaient pour se matérialiser à quelques mètres d'un immense bâtiment. Élise cligna des yeux, surprise, mais se contenta d'un haussement d'épaule avant d'avancer vers l'entrée, suivie par Hermione. La commandante jeta un coup d'œil derrière elle et se dit que la brunette avait changé du tout au tout. Elle marchait nonchalamment, les mains dans les poches, un sourire affable aux lèvres. Cette version de l'Anglaise lui plaisait-elle autant que l'ancienne version ?

L'enquêtrice attrapa son téléphone pour trouver son mandat dans ses courriels tout en réfléchissant. Avait-elle apprécié Hermione juste parce qu'elle dépendait d'elle ? Si c'était le cas, il était évident qu'une déesse n'avait besoin de personne.

Elle s'arrêta abruptement et questionna de but en blanc.

- Pourquoi envisages-tu de rester avec moi ?

- Parce que j'ai des sentiments pour toi. Parce que tu es une personne qui possède les qualités que j'admire et que je recherche chez l'autre.

La blonde se tourna vers son amante, plantant son regard franc dans les yeux noisette.

- Même si tu n'as plus besoin de moi... pour chercher la vérité, pour te protéger ?

- J'aurai toujours besoin de toi, répondit Hermione avant de poser délicatement ses lèvres sur celles de la Française.

A nouveau Élise se sentit soulagée d'un poids invisible et décida de ne plus se poser de question à propos de leur relation. Elle conclut le baiser et se retourna vers le bâtiment, pointant un porche de son badge.

- L'entrée est là.

- Je te suis.

Les deux femmes pénétrèrent dans l'imposant bâtiment et la commandante montra sa plaque à l'accueil. L'employé lui indiqua la bonne salle et prévint la personne en charge de la pièce à conviction que deux visiteuses arrivaient. Hermione marchait tranquillement derrière Elise dans un dédale de couloirs, regardant autour d'elle, l'air d'une touriste. Elles finirent par arriver dans un bureau qui ressemblait à un capharnaüm. Une femme d'un certain âge avec des petites lunettes rondes les attendait. Elle tenait à la main une pochette plastique contenant une puce.

- Commandant Wassermann, voici ce que vous avez demandé. Il faudra juste signer le reçu.

L'enquêtrice prit le stylo pour apposer son paraphe sur le feuillet et tendit la main pour récupérer le sachet contenant la puce.

- Vous savez ce que c'est ?

La femme avait l'air curieuse et gourmande comme un chat devant une souris.

- Pièce à conviction, lâcha Wassermann en retournant vers la sortie, toujours suivi de la brunette.

Elles s'éloignèrent de quelques salles et Élise poussa la porte d'un laboratoire vide. Elle fit face à Hermione et lui tendit délicatement le sachet. La Source le prit avec une certaine révérence et alla s'installer sur une chaise. Elle sortit la puce du pochon et la serra dans sa main.

- Ca risque d'être un peu long, fit-elle doucement. J'ai beaucoup de choses à lui dire.

- Je vais te laisser. Je serai dans le couloir.

Hermione acquiesça puis ferma les yeux. Elise l'observa quelques secondes avant de tourner les talons pour sortir de la pièce. Une fois que la brunette aurait fini de converser avec son ancienne amante décédée, la blonde pourrait avancer dans cette relation étrange qu'elle entretenait avec la déesse.

- Bon sang... je sors avec Dieu... souffla-t-elle.


Quand Hermione ouvrit les yeux, elle se trouvait dans une rue de Polis. La nuit était noire d'encre et elle n'y voyait pas à trois mètres. Malgré l'absence de lumière, elle n'était pas inquiète, ne ressentait aucune peur. Elle souriait, ressentant une présence dans son dos.

- Lexa... nous avons passé l'âge de jouer à cache-cache...

- Tu aimais ça pourtant, les yeux bandés...

La brunette se retourna et fit face à Lexa qui souriait.

- J'aimais tout avec toi, avoua Hermione. Et je te jure que je ferai payer à cette salope de fée noire de nous avoir séparer et de m'avoir fait oublier ce que nous avons vécu.

- Mais tu te souviens maintenant, alors je vais être avec toi éternellement.

- Oui.

Une larme roula sur sa joue et Hermione l'essuya rageusement.

- Je vais te dire, Lexa. J'en ai marre. J'en ai plus qu'assez ! Toutes ces pertes, tous ces morts, je n'en peux plus ! Alors je vais refroidir l'autre dingue, je vais enfermer nos pouvoirs dans les pierres et adieu l'Origine de toutes magies !

La brune caressa la joue de sa compagne.

- Je sais que tu feras ce qui sera bien. Tu as toujours su.

- Non... Je n'ai pas su t'apprendre. Si j'avais fait correctement les choses, tu serais encore en vie. C'est de ma faute... J'aurais dû poursuivre ton apprentissage au lieu de...

- De passer ton temps dans mes bras ? Sourit l'heda.

- Je te demande pardon. Je n'ai jamais été à la hauteur avec toi ... j'ai joué à la Source avec toi ... et je t'ai perdue.

- Hermione, tu es la meilleure Source pour tous les univers qui existent. Tu as sauvé le mien, tu as sauvé mon peuple, alors que je t'ai traitée comme une moins que rien. Tu as fait passer ton devoir avant tes sentiments.

- Je ne t'ai jamais méritée. Quelquefois les sentiments, c'est ce qu'il y a de plus précieux dans le monde. J'ai failli l'oublier.

Lexa prit la brunette dans ses bras et la serra fortement contre elle.

- J'ai oublié les sentiments que j'avais pour toi et ça a failli détruire l'humanité, répondit l'Heda. Hermione, je t'aime. Je regrette de ne pas te l'avoir dit plus souvent.

La brunette rit tristement.

- On a fait deux belles handicapées ensemble. Mais par Merlin, sache que tu as compté pour moi et que je vais te venger. La dernière fée va respirer dans ce monde.

- Je te fais confiance. Mais ne vas pas te faire tuer, Elise serais triste.

Hermione se mordit la lèvre.

- Je ne voulais pas te remplacer... pas si vite...

- Hmmm... Je ne te jetterai pas la pierre, vu que je t'ai fait bien pire. Au moins, toi, quand tu m'as remplacée, tu n'avais aucun souvenir de notre relation.

- Pas directement... mais tu me manquais. Et ce sont nos souvenirs qui détruisaient le maléfice d'oubli.

- Et je vivrai toujours en toi à travers ces souvenirs. Mais maintenant, tu dois retrouver le monde des vivants. Et tu dois détruire la puce des Hedas.

- Je ne peux pas faire ça...

- Nul n'a de sang d'ébène dans ce monde, cette puce ne servira à personne. Et cette technologie ne doit pas tomber entre de mauvaises mains.

- Mais moi je peux la garder.

- Je ne le veux pas. Tu ne dois pas vivre dans le passé.

- Mais... je t'ai perdue trop tôt ...

- Nous avons eu 250 ans de bonheur. C'était inespéré pour moi. L'espérance de vie d'un Heda atteint rarement les 30 ans, fit Lexa.

Hermione se rapprocha de la brune et la prit contre elle.

- Tu me manques Lexa. On n'avait pas fini de vivre notre vie ensemble.

Lexa enfouit son visage dans le cou de la brunette, profitant de cette dernière étreinte.

- Je serai toujours avec toi, dans ton cœur. Mon combat est terminé mais je serai là quand tu affronteras la fée noire.

Hermione acquiesça sans un mot, laissant ses larmes couler librement. Elle voulait prendre le temps de pleurer sa compagne, lui dire au revoir en serrant le vide qui se créait entre ses bras au fur et à mesure qu'elle réduisait la puce en poussière dans le creux de sa main.

Lexa posa un baiser éthéré sur les lèvres de son ancienne amante avant qu'elle ne disparaisse complètement. Hermione ouvrit les yeux dans la salle de laboratoire déserte, désorientée, les joues humides.

Elle resta dans le silence, sentant les grains de silicone et de plastique de la puce dans sa paume.

- Elle va le payer Lexa, de sa misérable vie et de celles de toutes les fées. Cette race magique connaîtra sa fin de ma main.

Seule dans le laboratoire froid, les restes de la puce broyés entre ses doigts, elle se leva précipitamment et gagna le couloir. Avisant Elise, elle se jeta dans ses bras et enfouit son visage dans l'épaule de la blonde.

- J'ai besoin de toi... fit-elle al voix rauque, retenant ses larmes.

Wassermann resta un court instant interdite avant de faire fonctionner ses méninges et conclure que le geste à faire était de serrer la brunette dans ses bras. Hermione se recroquevilla dans l'étreinte, laissant à nouveau le trop plein de tristesse qui l'envahissait s'exprimer dans un sanglot lourd.

- Je... suis désolée.

Elise tapotait maladroitement le dos de son amante, perturbée de la voir à nouveau si fragile.

- J'ai promis que je serai là.

Hermione ne répondit pas, laissant libre-court à son chagrin. Elle s'accrochait à la Française comme si cette dernière était son rocher au milieu de la tempête.

- Je vais les tuer... Une par une... Finit par dire la Source d'une voix rauque.

- Elles sont peut-être pas toutes mauvaises ces fées. Dans les histoires y en a des bonnes non ? Et puis, t'es pas le genre à tuer le monde comme ça.

- J'ai déjà épargné ce peuple, et pour quel résultat ? Lexa l'a payé de sa vie et nous avons failli mourir. Je ne referai pas la même erreur...

Savoir que sa petite amie allait commettre un génocide pour se venger ne plaisait pas vraiment à Élise et venait bousculer son éthique humaine et professionnelle. Elle cherchait comment le lui dire, ce qui l'étonnait encore une fois. Prendre en compte les émotions de l'autre... que lui dirait Karl ...

- Décider sous le coup des émotions c'est pas une bonne idée.

- La première fois qu'elles se sont attaquées à moi, je les ai privées de leur pouvoir. Mais visiblement ça n'a pas suffit. Elise, ce ne sont pas des créatures qu'on peut mettre en prison. Je vais devoir les exterminer.

- Je n'aime pas l'idée.

Finalement, dire les choses directement était plus simple. Et plus clair. Et si Hermione n'aimait pas, il valait mieux le savoir de suite.

- Je vais faire ce que je peux, concéda la Source. Mais elles ont déclenché une guerre. Et dans une guerre, il y a des morts.

- Chacun choisira son camp, c'est honnête.

Hermione acquiesça et froissa le sachet plastique vide avant de le fourrer dans sa poche.

- J'en ai fini ici, murmura-t-elle. On peut rentrer ?

Élise acquiesça et se dirigea vers la sortie. Elle constatait que l'allure générale de la brunette n'était plus aussi légère qu'à leur arrivée.

- Tu lui as parlé ? Tu lui as dit ce que tu souhaitais ?

- Il n'y a jamais assez de temps pour dire tout ce qu'on voudrait aux personnes qu'on aime.

- Tu lui as quand même dit une dernière fois, c'est bien.

- Je ne lui ai pas dit, car elle le sait. Bon sang, je suis épuisée...

- C'est pas tous les jours qu'on se souvient être dieu.

- Ouais... Et c'est pas tous les jours qu'on fait l'amour avec une femme aussi extraordinaire que toi.

Élise poussa la porte de sortie pour quitter le centre de recherche.

- Si Dieu le dit.

Hermione passa devant elle en lui souriant.

- Tu fais de l'humour maintenant?

- je relate un fait...

- Je t'adore.

Et la Source conclut avec un court baiser avant de prendre Élise contre elle pour transplaner, la pluie s'étant invitée pour la nuit.


Voila, on espère que l'attente valait le coup ^^

Pour la suite, le papa de Link est un peu malade, alors il se pourrait qu'on est un délai, le temps et l'énergie lui étant consacré.

Mais on ne lâche pas l'affaire, alors n'oubliez pas nos revues !

Sygui et Link