Durant les semaines qui suivirent, Naruto et Sasuke n'étaient pas retournés aux Enfers sur ordre de leur mère. Cependant, elle les avait autorisés à aller voir Kankuro à sa forge. Ce dernier les instruisait sur l'art de la fabrication des armes divines mais surtout sur le fait qu'une arme quelle qu'elle soit possédait une âme et était le prolongement du corps de son manieur. C'est pourquoi seul Minato pouvait manier son glaive ou ses poignards. Si une autre personne se montrait assez téméraire pour les utiliser à sa place, elle se faisait rejeter, si ce n'est foudroyé.

"- C'est génial, Kankuro. Tu crois qu'on pourra se fabriquer la nôtre et nous en faire une alliée, demanda Naruto, excité devant la perspective d'avoir sa propre arme et que lui seul soit autorisé à la manier.

- Bien sûr, je vais vous apprendre à les forger et vous aurez la plus fidèle de vos alliées. Je vous formerai aussi à rentrer en résonance avec elle. Ensuite, il faudra juste que Minato ou un autre épéiste vous apprenne à en faire usage.

- Cool, quand est-ce qu'on commence ? S'excita le dieu de l'Amour.

- Pas tout de suite, il faut vous renforcer physiquement. C'est dur de soulever le marteau.

- Mais non, tu vas voir, répondit Naruto, désinvolte.

A ces mots, Naruto alla vers les outils de Kankuro et empoigna le manche du dit marteau. Il tenta de l'élever mais en vain. Il essaya encore et encore en y mettant toute sa force à un tel point que son visage se teinta de rouge.

- Tu devrais arrêter. Si tu te fais mal, maman risque de t'interdire de revenir à la forge, conseilla Sasuke.

- Ouais, vous avez sûrement tous les deux, admit l'Amour, un peu déçu quand même.

- Bonjour, seigneur Naruto et seigneur Sasuke, entra Ayame.

- Bonjour,

- Je vous propose de prendre une collation dans le jardin.

- Merci, Ayame... Tu es vraiment jolie aujourd'hui", taquina Naruto avec un ton dragueur, en regardant Kankuro du coin de l'œil pour voir la réaction du dieu des Forges.

Ce dernier le fusilla du regard. Il supportait de moins en moins ce genre de remarques ou que quelqu'un draguait sa servante, surtout devant lui. Ils sortirent donc tous dans le jardin. Pendant leur entrevue et leur maigre repas, les deux garçons parsemaient la conversation d'allusion sur la beauté, la gentillesse et les amours d'Ayame, la faisant rougir. Plus d'une fois, elle avait lâchée ce qu'elle tenait à la main ou demandait aux dieux ailés d'arrêter de la taquiner ainsi. Kankuro fulminait de rage. Vraiment, il n'aimait pas quand une personne lui faisait les yeux doux même si c'était un de ses neveux. A la fin de la journée, alors que Sasuke saluait la jeune femme pour prendre congé d'elle, Naruto parla avec Kankuro :

"- Alors, tu es jaloux ?

- Jaloux ? Non, pourquoi je serai jaloux ?

- De voir Ayame rire, rougir et sourire aux compléments d'un autre, de le voir. Peut-être même d'envisager de répondre favorablement à une invitation d'un autre homme, continua le dieu de l'Amour.

-... Elle est libre de faire ce qu'elle veut. Elle n'est pas ma prisonnière. Répliqua son oncle. Et je serai heureux pour elle si elle pouvait trouver le bonheur. Elle le mérite.

- Donc, tu accepterais qu'elle sorte avec Sasuke ou moi quand nous aurons atteint nos corps d'adulte... Cool, merci tonton, taquina Naruto.

- ...,

Voyant l'hésitation de ce dernier, Naruto continua sur sa lancée alors que Kankuro serrait les points à s'en faire saigner.

- C'est vrai, elle serait parfaite en petite amie. Elle est attentionnée, gentille, intelligente, bonne cuisinière et...

- Naruto, je sais ce que tu essaies de faire... Coupa le dieu des Forges.

- Ah bon, pourquoi ? C'est vrai, quoi, il sera chanceux celui qui volera son coeur. Tu veux son bonheur, non ?

- ... Les bras de Kankuro tremblaient de frustration. Le voyant dans cet état, Naruto décida de le laisser tranquille et reprit sérieusement.

- Kankuro, réfléchis donc à ton attitude quand tu vois Ayame avec un autre homme ou avec un satyre ou un faon... Moi, je te dis que tu es jaloux car tu aimerais être à sa place... Et si c'était toi qui avait la clé de son bonheur ? Pourquoi refuses-tu d'enfin vivre dans la joie, d'être heureux ? Supposa Naruto.

- ... Je ne le mérite pas et puis je ne suis pas jaloux. Je veux juste qu'elle trouve quelqu'un digne d'elle, essaya de reprendre contenance le dieu des Forges.

- Arrête de vivre dans le passé. Tu as fait des erreurs qui t'ont été pardonnées. Il est temps pour toi d'avancer et de construire ton avenir. A toi de décider si tu veux le faire seul ou accompagné. Se résigna à déclarer Naruto. Et puis, souviens-toi de ton ressenti lors de l'agression de Matsuri, ton inquiétude pour elle. Arriveras-tu à la voir quitter ce palais et ne plus la voir du matin au soir ?...

- ... Ce n'est pas que la seule question, Naruto. Qui pourrait aimer un être avec mon physique ? Je suis loin d'être comme Minato ou Kakashi. Je sais qu'elle a aimé ce dernier.

- Kankuro, arrête de te comparer à mon père. Tu possède ton propre charme. Tu es unique comme tout être humain. Quand à Kakashi, ce n'est pas avec lui qu'elle vit mais avec toi. Ayame a l'opportunité à tout instant de le rejoindre et pourtant, ce n'est pas son choix. Si tu veux être rassuré, pose-lui la question sur ses sentiments vis-à-vis de notre cher dieu du Soleil. Argumenta le dieu aux ailes blanches. Tous les goûts sont dans la nature et puis, le physique ne fait pas tout. Ce qui compte est ce que tu as dans le coeur et ce que tu veux lui apporter dans sa vie.

-... Dans la nature, oui mais pour moi, c'est plus compliqué.

- C'est vrai, tu as raison. Les animaux ne se prennent pas trop la tête avec des problèmes. Je le constate bien au printemps. Pour une louve qui demande un partenaire fort, capable de diriger une meute, et de protéger ses petits, il suffit de trouver le loup qui répond à ses critères et c'est fait. Pas de friture sur ma ligne de tir.Rigola un instant Naruto en se tenant le ventre.

- Réfléchis à ce que je viens de te dire Kankuro. Tu détiens les clés de ton bonheur et peut-être du sien. reprit-il plus sérieux. A plus."

Naruto déploya ses ailes et s'envola après avoir fait un signe de la main à Ayame pour lui dire au revoir. Sasuke le suivit en faisant un clin d'oeil à la jeune servante à la place. Ce geste fut observé par le dieu des Forges qui n'apprécia pas beaucoup, surtout qu'elle a rougi à ce signe de taquinerie. A ce moment là, il tourna ses yeux vers les nuages et se rappela les paroles de son neveu. Oui, la jalousie habitait son être quand cela concernait Ayame. De plus, ce n'était pas le même ressenti qu'avec Kushina. C'était plus fort, plus viscéral. Pour la déesse de la Beauté, finalement, c'était son orgueil qui avait été blessé alors que là, c'est son coeur qui saignait. Naruto aurait-il raison ? Et puis, le mérite-t-il vraiment ? Et puis, Ayame, que ressent-elle ? Elle est toujours auprès de lui dans la joie comme dans la peine. Elle l'avait écouté et réconforté quand il était avec Kushina. Cela avait dû la blesser.

"- Maître Kankuro ? Maître Kankuro ?

- Ah, Ayame, excuse-moi, j'étais dans mes pensées. Tu disais... dit-il confus.

- Je désirai savoir si vous vouliez que je vous prépare un bon bain pour vous détendre de cette rude journée. Demanda sa fidèle servante.

- Je veux bien, je te remercie, Ayame. Préviens-moi quand ce sera prêt. J'ai besoin de prendre encore un peu l'air en attendant.

- Bien sûr, j'y vais de ce pas." Finit de dire cette dernière.

Elle rentra donc dans le palais pour préparer les thermes en se demandant à quoi avait-il bien pu penser pour être aussi songeur. Les seules fois qu'elle avait vu ainsi c'était quand il réfléchissait sur sa situation avec Kushina. La seule chose qui différait était le regard. Avant ce dernier était froid, douloureux et rempli de fureur. Cependant, aujourd'hui, ses yeux reflétaient une douce chaleur et de l'espoir même si le doute y habitait encore. Elle s'interrogeait sur les événements qui auraient pu changer son attitude ainsi. Peut-être une personne,..., une femme ? A cette pensée, son coeur se serra comme broyé par un étau mais elle se reprit car son espoir à elle était de le voir heureux que ce soit avec elle ou avec une autre, même si elle devait en souffrir.

Le dieu des Forges la suivit des yeux qui se posèrent sur ses courbes dansantes par sa marche. Si Ayame s'était retournée, elle aurait pu y voir la profondeur d'un amour sincère mais surtout du désir. Quand Kankuro prit conscience de ses pensées, il réalisa qu'il la désirait plus que Kushina. Il la voulait sienne mais il la respectait plus que les autres. Il ne la forcerait jamais à faire quoi que se soit contre son grès, ça jamais, contrairement à ce qui s'était passé avec son ex-épouse. Il réfléchit donc à sa discussion avec Naruto et en soupirant, il consentit à reconnaître qu'il avait raison. Il était amoureux d'Ayame mais selon lui, c'était encore trop tôt. Il avait encore une priorité à accomplir pour se faire pardonner définitivement et gagner sa rédemption. Il pourra ainsi se regarder dans un miroir dès son projet fini. Kankuro priait cependant qu'Ayame puisse l'attendre et ne parte pas avec un autre. Il se promit de la combler d'attention pour qu'elle ne le quitte pas. Ce qu'il ne savait pas, c'est qu'elle serait capable de patienter une éternité pour lui.

Généralement, Naruto et Sasuke avait l'habitude de rendre visite à Gaara et Matsuri après avoir taquiné Kankuro avec Ayame. Matsuri avait encore du mal à surmonter ses souvenirs. Plus d'une fois, elle devait dormir avec le dieu des Vents pour se sentir en sécurité. Ce dernier, respectueux, ne l'avait pas encore touché et était prêt à attendre qu'elle soit prête. D'ailleurs un jour, Naruto trouva Gaara inquiet par rapport à Matsuri. Voyant cela, le dieu de l'Amour lui demanda :

"- Gaara, ça ne va pas ? Il existe un problème.

- Non, tout va bien.

- Mon ami, je vois bien que tu ne vas pas bien. Tu peux me faire confiance. Je suis sur que je peux t'aider, insita Naruto.

-... C'est Matsuri. La nuit, elle fait des cauchemars. Là, je l'aide en restant avec elle et cela semble la rassurer. Mais... mais, certains jours, quand elle est seule, j'observe qu'elle pleure et marmonne des choses incompréhensible. Quand je l'interroge, elle affirme que tout va bien en souriant mais je vois que son sourire est faux. Expliqua le dieu des Vents.

- Je vois,

- Parfois, je me mets à douter : m'aime-t-elle vraiment ou est-ce que de la reconnaissance de l'avoir sauvée ?

- Gaara, je vais aller lui parler si tu veux. C'est l'avantage de ressembler à un enfant de cinq ans. On se confie plus facilement. Proposa son ami aux cheveux blonds.

Ce dernier hocha la tête montrant son accord. Il lui signala qu'il trouvera Matsuri près d'un ruisseau où elle a l'habitude de s'isoler. Naruto prit son envol et se dirigea vers ce lieu. Il y trouva effectivement la jeune femme. Elle pleurait. Il s'avança doucement après avoir atterri dans son dos et l'interpella doucement :

- Bonjour Matsuri. Tu vas bien ?

- Oh, seigneur Naruto, bonjour. Oui, je vais bien. Répondit-elle en se séchant les larmes avant de se retourner vers la divinité.

- Matsuri, ça n'est pas bien de mentir quand on est une grande fille comme toi, se moqua-t-il.

Ce n'était pas très délicat mais ça a eu le mérite de la faire sourire. Le dieu de l'Amour, reprit son sérieux en disant :

- Je sais que tu ne vas pas bien car je viens de te voir pleurer et puis, tes yeux sont rougis par les larmes et les sillons sont encore visibles sur tes joues... Parle-moi, je suis prêt à t'écouter.

- Je... Je ne voudrais pas vous déranger avec mes problèmes. Je vais bien.

- Je te trouve bien courageuse mais ce n'est pas en gardant tout en toi que tu pourras trouver une solution surtout si tu souffres. Ne te renferme pas sur toi-même. Cela te fera commettre des erreurs que tu risques de regretter plus tard. Argumenta Naruto. Et puis, n'oublie pas que tu n'es plus seule et que tu ne détiens pas que ton bonheur au creux de tes mains mais celui de Gaara également. Je te promets que cette discussion restera entre nous.

Matsuri, voyant la sincérité dans celui qui était en face d'elle, le sourire aux lèvres, décida de s'ouvrir.

- J'ai peur... peur de ne pas mériter le Seigneur Gaara, de ne pas être digne de son amour. Je ne suis qu'une simple mortelle alors que lui est un dieu. Je ne suis rien et il est tout. Il existe surement des Nymphes ou des Naïades plus jolies que moi, qui lui conviendraient mieux. J'ai peur qu'il se lasse de moi.

- L'aimes-tu ?

- oui, plus que ma vie. Mais... Répondit-elle sans hésiter.

- Matsuri, premièrement, si Gaara avait voulu avoir pour compagne une autre femme que toi, il l'aurait fait depuis des siècles. Deuxièmement, c'est à lui de faire son choix et il t'a choisie, toi. Ce n'est pas un caprice ou sur un coup de tête. Gaara est l'être le plus pragmatique avec Sasuke que je connaisse. Essaya de rassurer le dieu ailé en la coupant.

- Mais pourquoi ? Pourquoi moi ?

- Il est le seul à pouvoir te répondre. Mais je peux te dire ceci, si Gaara a porté son dévolu sur toi, c'est qu'il a trouvé en toi ce qu'il n'arrivait pas à trouver chez les autres. Ce que tu lui fais ressentir, il ne l'a jamais ressenti avec une autre. Répondit son interlocuteur. Tu le rassures mais surtout avec toi, il peut être lui-même, sans faux semblant, sans se forcer car tu le calmes et le comprends. Souviens-toi ce qui s'est passé il y a quelques jours. Tu as été la seule à avoir le pouvoir de le ramener de sa folie destructrice.

- Mais, elles m'ont salie et...

- Matsuri, nous avons déjà eu cette conversation. Je vais me répéter, mais si ça n'a pas d'importance pour lui alors oublie et vit. Ne rejette pas la main qu'il te tend. Ne rejette pas le bonheur qu'il veut d'offrir car cela fera aussi le sien. Termina Naruto. Il t'a choisi mais c'est à toi de voir. Je te demanderai juste une chose, ne le fais pas souffrir.

- Je vous remercie de ces paroles. Vous avez raison, je dois me reprendre. Je l'aime et je veux son bonheur."

C'est sur ses mots, que les deux jeunes gens, retournèrent vers le palais où Gaara les attendait. Il aurait voulu savoir ce qu'il s'était passé. Malheureusement, Naruto resta silencieux malgré les menaces de son ami en lui rappelant qu'il avait fait une promesse et qu'il ne revenait jamais dessus. La seule chose que le dieu de l'Amour consentit à lui dire est que les sentiments de la jeune mortelle étaient sincères et forts pour lui. Le dieu des Vents se résigna en espérant que Matsuri lui parle un jour de cet entretien. De plus, il avait un projet qu'il aimerait amener à bien et pour ça il avait besoin du concours de son ami qui en fut enchanté. Il préparait son avenir, un avenir de joie, enfin, il l'espérait.

Trois semaines passèrent ainsi tranquillement, décembre se terminait doucement sur la terre des deux garçons suppliaient chaque jour leur mère de soulever la punition mais elle ne cédait pas sauf en ce jour. Un matin, elle les informa qu'après la cérémonie qui se déroulait l'après-midi même, ils seraient libres de reprendre l'entraînement. Naruto et Sasuke s'envolèrent exciter de voir la journée se terminer. La petite famille se dirigea vers le palais de Jiraya. Sur le chemin, les oiseaux chantaient, les faons et les satyres faisaient danser les Nymphes et les Naïades fidèles aux Dieux et à leur loi. Tout l'Olympe était en liesse. Arrivés dans les jardins du dieu des Dieux, sous une arche décorée de rideau et de plantes somptueuses ainsi qu'entourée de fontaines, le dieu de l'Amour et son frère rejoignirent leurs amis. Même Suigetsu et Karin avaient fait le voyage du fond des Océans ainsi que Saï et Ino des Enfers. C'était un grand jour pour l'un d'entre eux.

Les femmes étaient habillées de la soie la plus fine. Leurs cheveux étaient parsemés de fleurs alors que leur cou et leur bras arboraient les plus beaux bijoux. Les hommes portaient des habits riches et éclatants. Au milieu de tout ceci se dressait une table où étaient posés le nectar et l'ambroisie, boisson et nourriture des Dieux. Alors que les conversations continuaient, des trompettes sonnèrent et on vit le héro du jour entrer, à son bras son amante. Celle-ci portait une robe de fils d'or et d'argent. Sa chevelure complexe était décorée de diamants et de fleur en rubis. Le dieu s'avança vers la table, prit entre ses mains le nectar et l'ambroisie et prononça ses mots.

"- Mes amis, je vous remercie de votre présence car aujourd'hui, je vais demander à celle qui habite mon coeur de rester à mes côtés pour l'éternité.

- ...

- Matsuri, tu es devenue ma vie et mon essentiel. Je ne me vois pas vivre l'immortalité seul, sans toi pour réchauffer mon coeur... Matsuri, voici le nectar et l'ambroisie qui nous permettent à nous les Dieux, de rester avec le corps de nos vingts-cinq ans à tout jamais. Voici l'immortalité et je te l'offre en gage de mon amour pour toi.

- Seigneur Gaara, ..., je ne... le mérite pas... C'est déjà une joie et un honneur d'être aimée de vous et de vieillir à vos côtés.

- Matsuri, tu me connais plus que quiconque. Tu m'as acceptée malgré ce que je suis. Je ne souhaite pas te forcer. Mais sache ceci, si tu refuses le cadeau que je t'offre... quand tout ton temps ici sera écoulé et que le fil de ta vie sera coupé, je ne le supporterai pas. Je serai prêt à te suivre aux Enfers quitte à abandonner ma fonction de gardien des Vents.

- Seigneur Gaara, je...

- Matsuri, interpella Naruto voyant l'hésitation de la jeune femme, rappelle-toi nos discussions et fait le bon choix. C'est toi qui est l'actrice de ton bonheur mais également du sien.

- Matsuri, je t'ai choisi car tu m'apportes tout ce à quoi j'aspire : l'amour, l'apaisement, le bonheur. Acceptes-tu alors de vivre auprès de moi ? Accepte-tu de m'épouser car pour moi, c'est une promesse de mariage ?" Réitéra Gaara.

Après un moment, Matsuri hocha doucement la tête en laissant des larmes de joie coulées sur ses joues. Après avoir murmuré un oui, elle tendit les bras vers le nectar et l'ambroisie et les porta à ses lèvres. Au bout de quelques secondes, une lumière émana d'elle avant de disparaître. Le dieu des Vents serra alors dans ses bras sa fiancée et l'embrassa devant l'assemblée.

"- Te voici, une des nôtres, Matsuri. Tu viens de rentrer dans la communauté des Dieux. Je lève mon verre à la nouvelle déesse : la déesse de la Vertu." Déclara Jiraya.

Tous levèrent leur verre et portèrent un toast. Ils étaient vraiment heureux pour leur ami. La fête commença avec des chants et des danses. Tout le monde s'amusait et buvait du vin. Cela sentait la joie et l'espoir pour l'avenir. Le couple devait subir les assauts de leurs amis, surtout des déesses qui voulaient toutes savoir le quand et le comment pour le futur mariage. A cet instant, Matsuri comprit ce qu'avait ressenti Kushina quand son entourage a été au courant de ses noces. Une seule personne semblait un peu ailleurs, réfléchissant. Elle avait été étonnée par la première réponse de Matsuri.

"- Je n'aurai jamais pensé que tu refuserais l'honneur que Gaara te faisait et que tu l'obliges à te supplier d'accepter. Fit-elle remarquée à Matsuri en l'interpellant.

- Sakura, si c'est pour t'en prendre à elle, ce n'est pas nécessaire que tu t'éternises, intervint le dieu des Vents, méfiants.

- Seigneur Gaara, tout va bien. Je suis sûre que votre amie ne pensait pas à mal, le calma sa future épouse.

- Gaara, appelle-moi maintenant Gaara. Tu seras bientôt mienne. Pria ce dernier alors qu'elle rougissait. Elle ne savait pas si elle en serait capable.

- Gaara, Matsuri, je... voulais m'excuser. Je reconnais que j'étais injuste avec vous, mais surtout avec toi, Matsuri, les interrompit Sakura touchée par cette scène malgré une certaine réticence. Je pense que je me suis laissée entraîner par mon désir de te protéger, Gaara. Il existe tellement de mortels qui seraient près à tout pour l'immortalité. Je ne voulais pas que l'on joue avec tes sentiments.

- Je te remercie pour tes excuses, Sakura et je les accepte, déclara le nouveau fiancé. Cependant, je ne suis pas le seul à qui tu dois des excuses. Tu devrais accorder plus de crédit aux jugements de Naruto et à ce qu'il entreprend.

-Mmmm. C'est compliqué. Je verrai," répondit Sakura sans enthousiasme.

Elle avait du mal à se remettre en question par rapport à son ex-meilleur ami. Elle pensait pour le moment en avoir assez fait en changeant son jugement sur le nouveau couple de fiancés. D'ailleurs, le dieu de l'Amour regardait la scène à côté de Sasuke. Il avait un sourire triste. Il aimerait tant se réconcilier avec elle. Son amitié lui manquait. Malheureusement, Sakura restait fermer à toutes ses tentatives.

"- Que fait Sakura à ton avis, Naruto ? Demanda Sasuke.

- Je pense qu'elle s'est réconciliée avec Gaara et Matsuri, semble-t-il. Répondit son frère.

- Je la trouve assez hypocrite car elle devrait faire acte de contrition avec toi aussi. Elle n'est pas tendre avec toi. Je ne l'aime pas du tout vu ce qu'elle te fait subir. Affirma son interlocuteur.

- Ne sois pas trop dur avec elle. Elle n'est pas mauvaise au fond. Je pense qu'elle est juste perdue et qu'elle se protège.

- Et de quoi ? Tu peux me le dire ! S'énerva Sasuke.

- Calme-toi. Je te remercie de tes inquiétudes mais ça va aller.

- Me raconteras-tu un jour ce qui s'est passé entre vous deux ? Demanda le dieu aux ailes noires.

- Oui, un jour peut... s'interrompit le dieu de l'Amour qui soudain porta sa main à la poitrine en gémissant.

- Naruto ! Qu'est ce que tu as ? Maman, Papa, vite ! Naruto, ne se sent pas bien !

A son cri, ses parents se précipitèrent vers leurs fils. Ils virent Naruto serrer sa tunique au niveau du coeur, une expression douloureuse sur le visage. Il gémissait doucement en serrant les dents.

- Mon chéri, qu'est ce que tu as ? Demanda inquiète Kushina s'agenouillant devant lui.

- Je ne ... sais pas... Je sens une.. forte chaleur au ... niveau du coeur... Il me serre... J'ai aussi... du mal à ...respirer. Répondit essoufflé l'Amour.

- Naruto, tiens bon je vais aller ..." s'exprima Minato.

Son fils ne put entendre la fin de la phrase car il perdit connaissance dans les bras de sa mère. Inquiet, le dieu de la Guerre alla chercher Lee, Tsunade et Shizune pour soigner Naruto. Tous ses amis s'assemblèrent autour d'eux. N'arrivant pas à identifier son mal, Tsunade conseilla à Kushina et à Minato de le ramener chez eux et de le surveiller. Elle se proposa aussi pour les aider à cela. C'est ainsi que son père le prit dans ses bras et se dirigea vers leur palais, suivi par un Sasuke inquiet, et une Kushina pleurante, soutenue par son amie.

Au moment où Naruto ressentait cette chaleur lui serrant le coeur, sur la terre des Mortels, une petite fille aux cheveux noirs parsemés de reflets bleu violacés venait juste de pousser son premier cri au sein de la demeure des Hyuga. Ces deux événements seraient-ils liés ou était-ce une coïncidence ?

Dans le palais de la déesse Kushina, deux parents s'inquiétaient pour leur enfant. Minato faisait les cent pas se demandant ce qui avait provoqué le malaise de Naruto. Est-ce que ce serait LUI, commencerait-il à se manifester ? Pourtant, il était encore trop tôt. S'IL venait à sortir de son sommeil maintenant, sa puissance risquerait de plonger son fils dans son sommeil éternel. Peut-être serait-il temps de lui dire ? Il aurait voulu attendre qu'il soit plus fort physiquement mais surtout psychologiquement. Malheureusement, la méditation n'était pas son fort à Naruto. Ce qui inquiétait Minato était la répercussion de sa relation avec Sakura. Elle arrivait à le blesser plus qu'il le soupçonnait et la souffrance qui en résultait était violente. Le dieu de la Guerre se souvenait encore de la crise qu'avait vécue Naruto après l'agression de Matsuri et la dispute avec la déesse aux cheveux roses. Shikamaru lui avait avoué avoir eu du mal à le sortir de ses cauchemars.

Kushina, quand à elle, était assisse sur un sofa de brocard rouge et de fils d'or. Elle se rongeait les sangs pour Naruto. Quoi qu'il en dise, il restait son bébé, son premier né. Elle aimait du même amour Sasuke mais la souffrance semblait plus s'abattre sur Naruto. Si elle le pouvait, leur mère les garderait enfermer dans le palais à double tour pour les préserver. Cependant, Minato n'était pas du même avis. Pour lui, ses fils devaient vivre et connaître le monde. Ils deviendraient ainsi des adultes capables de se défendre quelque soient les épreuves. La déesse avait abdiqué face aux arguments de son fiancé mais elle s'était promise de faire payer cher les coupables à la moindre blessure ou souffrance de trop, quitte à enfermer ses fils près d'elle.

Sasuke, lui, était posé sur le rebord d'une fenêtre, les yeux fermés dans l'attente des nouvelles de son frère. Il s'interrogeait. Pourquoi Naruto avait-il fait ce malaise alors qu'une minute avant tout allait bien ? Est-ce un poison ? Non, ils avaient tous les deux bus de la même cruche. Il serait malade aussi. Aurait-il dit quelque chose qui l'a blessé ? Non, la discussion avait été un peu houleuse mais de là à déclencher une crise réveillée. De plus, il l'aurait aussi senti du fait de leur lien. Sakura aurait-t-elle manigancé quelque chose ? Il restait perplexe à cette idée. Naruto lui avait affirmé que la déesse ne possédait pas un mauvais fond. Sasuke en doutait vu les méchancetés qu'elle lui lançait à la figure. Et puis, il en était exaspéré de la voir le coller telle une sangsue alors qu'elle ne faisait qu'insulter Naruto. Le dieu aux ailes noires n'arrivait pas à croire qu'ils aient pu être dans les siècles précédents des meilleurs amis. Vraiment, il ne comprenait pas pourquoi son frère s'accrochait à vouloir retrouver l'amitié de la jeune femme.

Les trois divinités, plongées dans leurs pensées, entendirent la porte du salon où ils se trouvaient s'ouvrir pour faire apparaître Tsunade. Elle avait tenu à l'ausculter avant de les laisser et rejoindre son palais où Jiraya devait sûrement attendre des nouvelles de son petit-fils. Minato se précipita vers elle pendant que Kushina restait tétaniser par la peur d'entendre sa future belle-mère leur annoncer quelque chose de grave. Le père du jeune garçon posa la question fatidique :

"- Alors, Tsunade, comment va Naruto ?

- Il dort paisiblement, répondit cette dernière. Tout est normal. Il n'existe aucunes explications sur ce qui s'est passé tantôt.

- Tu ne connais pas la cause de son état et ce qui a déclenché son évanouissement, demanda enfin Kushina.

- Non, je suis désolée, s'excusa Tsunade. Il faut attendre que Naruto se réveille pour savoir ce qu'il a ressenti au moment de son malaise... Malgré l'arrivée de l'aurore, je vous conseille d'aller vous reposer. La nuit a été éprouvante pour tout le monde.

Les trois résidents du palais acquiescèrent avant de la raccompagner. Avant de franchir la lourde porte d'entrée, la reine des Dieux recommanda de la prévenir dès que le dieu de l'Amour se réveillera ou pour quelconque évolution de son état. Minato la rassura sur ce point avant de revenir sur ses pas. Sasuke partit vers sa chambre en silence, soulagé mais aussi préoccupé de ne pas connaître la cause de ce qu'avait enduré son frère. Minato prit Kushina dans ses bras pour qu'elle puisse y pleurer doucement. Il suivit des yeux son deuxième fils en le gratifiant d'un signe de tête pour lui souhaiter un bon repos. Lorsque la porte se referma, il prit la parole d'une voix douce :

"- Kushina, ça va aller. Calme-toi. Tu as entendue, Tsunade, il va bien.

- Mais elle ne sait pas pourquoi il s'est évanoui et pourquoi il était entrain d'étouffer en se se serrant le coeur, se lamenta sa fiancée. J'ai tellement peur de le perdre.

- Je sais, je suis aussi inquiet que toi mais ce n'est pas en restant à nous apitoyer sur notre sort que nous pourrons aider Naruto lorsqu'il se réveillera, la rassura Minato. Il faut maintenant attendre son réveil et on en saura plus.

- Tu as sans doute raison. Sert-moi fort, mon chéri. J'ai besoin de sentir ta chaleur me protéger." Supplia la mère de l'Amour.

Minato consentît à la demande de son amante avant de l'entraîner vers leur chambre pour y prendre du repos. Avant d'atteindre leur porte, ils s'arrêtèrent devant celle de Naruto. Kushina l'entrouvrit et vit son fils dormir sereinement comme si l'heure précédente n'avait jamais existé. Elle referma ensuite la porte. Le dieu de la Guerre ordonna à un servant de veiller sur la chambre de leur garçon. Il voulait être prévenu dès l'apparition d'un quelconque changement chez Naruto. Le serviteur prit donc place sur un fauteuil et assura qu'il fera ce qu'on attendait de lui. Rassurés, les deux parents purent aller dormir un peu.

Les heures s'écoulèrent jusqu'à ce que Kakashi amène le soleil à son zénith. Ses rayons chaleureux frappaient doucement une fenêtre d'une chambre aux murs orangés où dormait un jeune garçon aux cheveux blonds hirsutes. Ce dernier fut gêné par la lumière arrivant sur ses paupières encore closes. Il tressaillit et papillonna des yeux afin de s'habituer petit à petit à la luminosité. Il sortit doucement des bras de Morphée et se redressa sur ses oreillers. Il semblait perdu car il ne se rappelait pas être rentré et couché. Petit à petit, ses souvenirs refirent surface. Il se mémorisa la cérémonie de Matsuri, Sakura discutant avec le couple, la discussion avec un Sasuke colérique et enfin la chaleur qui l'avait serré le coeur. C'est là-dessus, que le jeune garçon entendit sa porte s'ouvrir et il aperçut le visage de sa mère. Cette dernière le voyant réveiller se précipita à son chevet et cria son nom en l'enlaçant étroitement.

"- Naruto ! Tu es réveillé !

- Bonjour maman,... Peux-tu me lâcher, tu m'étouffes, supplia le malade au bord de l'asphyxie.

- Oh désolée, mon bébé... Tu as mal quelque part, tu veux boire ou manger peut-être, tu as à froid, tu veux qu'on ouvre les fenêtres... Ne s'arrêtait pas de demander Kushina en agrippant Naruto par les épaules.

- Tu devrais te calmer, mon amour, et lâcher Naruto, fit remarquer Minato en rentrant, intrigué par le bruit. Je crois qu'il risque le mal de mer d'être secoué comme un prunier.

- Pardon, ... Mais tu vas bien, Naruto, n'est-ce pas, S'informa avec angoisse la déesse.

- Oui, je vais bien. Je suis juste un peu déboussoler mais ça va.

- Tu nous as fait une sacré peur, dis-moi, mon petit dieu de l'Amour, intervint Tsunade, surgissant à son tour, suivie par Sasuke qui était allé la chercher. Peux-tu nous dire ce qu'il s'est passé ?

- Je ne sais pas trop, réfléchissa Naruto. Je me rappelle juste d'une douleur au thorax comme si on me plantait une flèche en plein coeur et puis une chaleur grandissante m'empêchant de trouver mon souffle normalement.

- C'est tout ?

- ... La douleur n'a duré qu'un instant... A part ça, c'est tout. Qu'est ce qui s'est passé après ?

- Tu t'es évanoui. L'informa Sasuke.

- Quand nous sommes arrivés, tu es tombé dans mes bras après avoir essayé de m'expliquer ce qui t'arrivait. Tsunade nous a demandé de te ramener à la maison et de te surveiller. Renchérit leur mère.

- Je dors depuis alors ?

- Oui, Tu nous a vraiment fait peur. Tu ne sais vraiment pas pourquoi ?

- Non, j'ai beau réfléchir, je ne vois pas... J'étais un peu fatigué, sans plus, répondit Naruto qui se laissa tomber sur les oreillers comme las de tout ceci.

- Je vois que tu es encore épuisé. Je suggère que tu restes au lit jusqu'à demain. Ensuite, nous aviserons en fonction de ton état et de ton ressenti, ordonna la reine des Dieux.

- Merci, Tsunade. Je crois que je vais encore dormir un peu.

- Alors, on te laisse, mon grand, déclara Minato en prenant sa fiancée par la main pour l'inviter à sortir avec lui. Naruto semblait vouloir rester seul et surtout tranquille. Je vais informer Gaara et les autres que tu ne peux pas les recevoir maintenant.

- Merci, papa. Ils n'auront qu'à passer dans la soirée. Je pense que je serai plus en forme pour les visites." Remercia Naruto avant de fermer lentement les yeux.

Tout le monde sortit donc pour le laisser se reposer jusqu'au dîner. Minato a du se montrer très persuasif avec Kushina qui voulait absolument rester à son chevet. Son fiancé insista en argumentant que Naruto avait besoin de sommeil et non d'une mère inquiète près de lui. Soutenu par Tsunade et Sasuke, la mère des deux garçons abdiqua et partit prendre un bain dans les thermes chauds pour essayer de se détendre. Alors que le dieu de la Guerre réussissait à convaincre sa génitrice de le laisser en paix, le dieu de l'Amour rouvrit les yeux afin de constater qu'effectivement, il était seul.

En fait, il avait fait semblant de vouloir encore dormir. Certes, il se sentait las mais non au point de vouloir encore rejoindre le pays de Morphée. Naruto voulait juste réfléchir au calme, seul pour remettre ses pensées en ordre. Ce n'est pas avec une mère comme la sienne que cela aurait été possible. Il se redressa et appuya son dos sur la tête de lit, soutenu par les oreillers. Il tourna les yeux vers le ciel qu'il apercevait à travers sa fenêtre. Il laissa son esprit vagabondé. En réalité, Naruto n'avait pas tout dit au sujet de son malaise. La douleur bien que courte a été effectivement présente ainsi que sa difficulté à récupérer son souffle. Cependant, ce qu'il avait omis de préciser, c'est que cette chaleur grandissante avait été agréable au final. Cette dernière avait fini par entourer son coeur d'un nuage de douceur et d'apaisement. D'un coup, il avait eu l'impression que tous ses soucis et ses craintes de la solitude s'étaient volatilisés. Il s'était senti complet. Cette nouvelle sensation a été aussi forte que brève. Le dieu de l'Amour aurait aimé que celle-ci dure encore longtemps.

Est-ce que c'est ce qu'on ressentait quand on tombait amoureux ? Cela y ressemblait aux dires de Gaara et de son père. En tout cas, c'était plus fort par rapport à ce qu'il pensait ressentir pour une déesse aux cheveux roses. Naruto abandonna cependant vite l'idée car les conditions pour l'épanouissement de sentiments n'étaient pas vraiment réunies, enfin selon lui. Tout d'abord, il n'avait croisé le regard d'aucune jeune femme alors qu'il était avec Sasuke à ce moment-là, même Sakura avait disparu de sa vision. A moins d'avoir une attirance malsaine pour son frère. A cette idée, il fit la grimace. A quoi, pensait-il ? L'événement l'avait vraiment perturbé si ce genre d'idée lui traversait l'esprit. De plus, il se savait hétérosexuel. Il n'avait rien contre les homosexuels, il avait des amis qui l'était, alors. Il était juste sûr de ses penchants sexuels.

L'Amour avait réellement besoin de remettre ses idées en place mais surtout il se demandait pourquoi il avait ressenti autant de bien-être. Il n'en connaissait pas la cause. Il finit par espérer qu'un jour, il puisse revivre cette même sensation. Le plus étrange dans tout cela et qu'il ne racontera jamais de peur d'être pris pour un fou, était la certitude d'avoir entendu les pleurs d'un nouveau-né. Ce qui était absurde puisque le dernier né sur l'Olympe avait été Sasuke. Et puis, il y avait ce rêve qu'il avait fait. Petit à petit et contre toutes ses attentes, le calme le berçant, il se sentit partir de nouveau dans le pays des songes. Avant de se laisser aller, une question se posa à son esprit : allait-il rêver à nouveau de la même silhouette et enfin voir plus nettement la couleur de ses yeux ?

Naruto dormit jusqu'au souper où il put recevoir la visite de Gaara et Matsuri ainsi que de ses amis, même Sakura avait fait le déplacement, l'étonnant fortement. Cet étonnement ne dura pas longtemps quand il comprit que la vraie raison de sa présence en ce lieu s'avérait être son frère Sasuke.

"- Alors Naruto, comment vas-tu ? Demanda Gaara.

- Ça va mieux. Je suis en pleine forme, compte tenu que j'ai dormi pratiquement toute la journée, sourit ce dernier. Je m'excuse d'avoir perturbé ta fête.

- Ne t'inquiète pas pour ça. De toute façon, nous avions passé toute la nuit à festoyer, elle était sur le point de prendre fin, vu l'heure. Tu l'as juste terminée en beauté, renchérit son ami.

- Alors à quand le mariage ? Changea de sujet Naruto.

- Nous ne sommes pas vraiment pressés. Nous n'en avons pas encore pu en parler avec Matsuri. Mais je pense que nous allons déjà attendre que celui de tes parents soient passés.

- Ah oui, c'est vrai. J'avais oublié.

- Comme d'habitude, baka, plaisanta Sasuke qui avait réussi à semer Sakura.

- Ne m'appelle pas comme ça, Sas'ke."

C'est ainsi que les dieux et les déesses continuèrent à converser jusqu'à ce que Kushina les invite fortement à quitter les lieux pour laisser son fils se reposer. Tous prirent congé et rejoignirent leur propre demeure. La nuit tomba et l'Olympe respirait le calme, la sérénité. Le dieu de l'Amour, le sourire aux lèvres, rêvait du même songe que durant son malaise. Il ne savait pas qui et pourquoi mais il se sentait bien à courir derrière cette ombre. La lune éclairait les bois, les lacs et les rivières veillant sur le sommeil des Dieux et de tous les mortels.

Tous ? Non. Sur la terre des Hommes, dans la plus riche demeure romaine de la cité impériale, un garçon de huit ans songeait et n'arrivait pas à trouver le sommeil. La journée a été riche en émotion pour la maisonnée mais surtout pour la propre famille de Hiashi. La nuit précédente, sa tante s'était plainte des premières douleurs de l'enfantement. Elle avait souffert pendant des heures avant de donner naissance, dans l'aurore naissante, à une petite fille. Neji se souvenait encore de sa présentation par la mère du nouveau-né :

"- Oh Neji, merci d'être venu, cela me fait vraiment plaisir. Vient que je te présente ta soeur... Voici Hinata."

Au début, le garçon fut touché que sa tante le considère comme son fils. En effet, en désignant celle qui est en réalité sa cousine par le mot soeur, cela signifiait qu'une chose : du fait de son adoption, Hitomi se considérait lier avec lui comme mère et fils. Neji avait failli en être ému mais il se reprit car il était encore souffrant de la perte de Hina, sa vraie mère. Il refusait qu'une autre essaie de la remplacer. Ainsi la colère prit le dessus sur l'émotion. Cependant, en tant que Hyuga, il réussit à garder son calme. Neji remarqua alors le prénom de l'enfant :

"- Hinata, !?

Cela lui rappelait quelque chose.

- Oui, Neji, Hinata. Réaffirma Hitomi, assez étonnée par le ton froid de son neveu. J'ai voulu lui donner le prénom de ma défunte soeur, ta mère, pour lui rendre hommage. C'est le moins que je puisse faire pour elle, ainsi elle sera dans notre coeur à tout jamais. Je lui dois beaucoup.

- Hina n'était qu'un sobriquet affectueux donné à ta mère. Cependant, à force de l'entendre prononcer par toute la famille et pendant des années, tout le monde se mit à oublier que son vrai prénom a été Hinata", expliqua Hiashi devant l'air un peu surpris de Neji.

Ce dernier s'approcha de sa tante et regarda celle qui maintenant répondrait au prénom Hinata. Il approcha sa main de la couverture pour dégager un pan de tissu qui l'empêchait de bien la voir. Elle est si petite, si vulnérable se disait-il. Cependant, il refusait de se laisser attendrir par ce nouveau-né et entreprit de reculer sa main quand il arrêtât son geste. Contre toute attente, la petite de ses maigres forces referma ses doigts potelés autour de l'index de Neji et refusait de le laisser aller. Un frisson parcourut le corps du jeune garçon. Cette vision le troubla mais encore plus les sensations qui le parcouraient. D'un coup, il avait l'impression de vouloir s'attacher à sa cousine. Cela lui fit peur et il écarta, mais sans violence sa main, faisant lâcher prise la petite Hinata. Il se dirigea vers la porte et déclara :

"- Je vous félicite mais je dois vous quitter. Il me reste juste un peu de temps pour me préparer à mes prochaines leçons. Je vous dis donc à ce midi pour le repas.

- Très bien, Neji, je te remercie d'être venu." Conclue Hiashi.

Laissant filer ses souvenirs, Neji se retourna dans son lit, incapable de se détendre pour enfin dormir. La rencontre avec sa cousine le perturbait. En effet, qu'allait-il devenir maintenant que Hiashi et Hitomi avait un enfant ? Allait-il devoir faire face à la solitude et affronter le monde seul, sans attache, sans la chaleur familiale ? Il est vrai qu'étant une fille, Hinata ne pourra pas hériter de son père. Cela lui permettait donc d'avoir encore une certaine utilité pour Hiashi. A cette pensée, le fils de Hina frissonna et des larmes embrouillèrent ses yeux. Etait-il juste un outil pour son père adoptif, un moyen de garder le poste de chef de famille au sein de son propre sang ? Neji se souvint alors de la conversation qu'il avait surpris en sortant de ses cours entre les anciens qui s'opposaient souvent à Hiashi.

"- Alors, Hitomi a accouché ce matin, il paraît.

- Oui, j'ai entendu une esclave le dire à une autre. Il semblerait que ce soit une fille.

- Une fille,... Hiashi va devoir garder Neji comme héritier s'il ne veut pas qu'une répudiation à l'encontre de son épouse soit signée.

- Voyons, il vaut mieux plus y penser. Hitomi vient de nous prouver qu'elle n'était pas stérile comme nous le pensions tous. Elle est encore capable de donner un héritier à Hiashi car elle est encore jeune.

- C'est vrai, mais alors que devient Neji dans cette histoire ?

- Je pense comme vous que notre chef va le garder sous le coude comme héritier potentiel, au moins tant que son épouse ne lui a pas encore donné un fils de son propre sang.

- Croyez-vous vraiment que cette histoire d'adoption est pour origine cela ? J'ai cru comprendre que c'était pour honorer la mémoire de son frère et tenir son serment fait devant les Dieux.

- Bien-sûr que Hiashi souhaite s'occuper comme promis de son neveu, c'est un homme de parole. Il faut le reconnaître. Mais le désigner comme héritier n'était qu'un moyen pour éviter la répudiation d'Hitomi et de trouver une autre épouse."

Le groupe des anciens s'éloigna en continuant à déblatérer de la situation. Ils étaient déjà entrain de faire des plans d'avenir. Neji, étant pour le moment le seul héritier potentiel, restait le meilleur parti pour leur propre descendante. Les autres ayant des petits-fils encore nourrissons ou enfants envisageaient de marier l'un deux avec Hinata : être le gendre et le "beau-frère" du chef de famille était une place des plus envieuses. Le tout était d'éviter que Hiashi envisage le mariage entre son neveu à sa fille. Neji qui les avait espionnés involontairement sentit son coeur se serrer dans sa poitrine à lui en faire mal. Il était déjà en miette depuis la perte de sa mère mais le discours des anciens l'avait achevé.

Son esprit de retour dans son lit, le fils de Hizashi se sentait terriblement seul, abandonné et en colère. Alors Hiashi l'avait désigné héritier que pour mettre à l'abri sa tante et maintenant, il comptait encore se servir de lui pour protéger Hinata, enfin selon ces anciens. Il n'était donc qu'un outil. Son adoption n'avait été qu'un moyen pour tenir son serment. Au comble du désespoir et de la colère, Neji était incapable de penser autrement. Pour lui, Hiashi ne l'avait jamais voulu comme fils, sinon que pour honorer son père. Il ressentait aussi de la peur mais de quoi, il ne le savait pas vraiment. Il se résolut à accomplir une chose : faire tout ce qu'on attendait de lui afin de ne pas être laissé sur le bord du chemin. Il deviendra un Hyuga accompli, sur qui tout le monde devra compter à l'avenir pour le bien de la famille et de Rome. Neji réussit péniblement à s'endormir, les larmes aux yeux. Sans s'en rendre compte, son coeur s'entoura d'une barrière de glace, surface protectrice faisant barrage à toute agression ou souffrance de toute nature.

Malheureusement, ses rêves furent remplis de cauchemars. S'il s'était réveillé, il aurait pu voir Hitomi rentrer dans sa chambre et être spectatrice de son sommeil agité. Le coeur de la nouvelle mère saigna à cette image. Elle aimait Neji l'ayant vu naître et grandir. Sous l'impulsion d'une intuition connue des mères, sa tante avait trouvé la force malgré son récent accouchement de se lever pour voir si elle était justifiée. Elle constata que oui et se réjouit de l'avoir écoutée. Hitomi s'approcha du lit et mettant sa main sur le front du jeune garçon se mit à chanter une berceuse. Celle-ci passait de génération en génération de maman. Elle avait entendu Hina la fredonnée inlassablement à son fils alors qu'il était qu'un nourrisson. A ce chant, l'agitation de Neji se calma et elle put l'entendre prononcer :

"- Maman,..."

A cette parole, Hitomi le regarda affectueusement en sentant ses yeux s'humidifiés. Sa mère lui manquait et s'était compréhensible. Elle se souvint alors de la discussion qu'elle avait eu avec Hiashi, le matin même.

"- Hiashi, Neji m'inquiète. Il est devenu froid et sans émotions. Je comprends qu'il lui faut du temps, surtout avec moi car je ressemble à ma soeur. Ma vision doit trop la lui rappeler mais de là à être aussi détaché pour notre fille. J'ai peur pour lui, Hiashi.

- Cela m'inquiète aussi mais je le comprends. Cela ne doit pas être facile pour lui. Essaya de la rassurer son mari.

- Vous avez sans doute raison mais cela me fait mal de le voir souffrir comme ça. Ajouta Hitomi. J'aimerai tant l'aider.

- Nous ne pouvons qu'être présent pour lui et attendre qu'il soit prêt à s'ouvrir à nous. Il nous faut juste le soutenir et qu'il le sente. Il ne faut pas abandonner espoir de le revoir en paix.

- J'aimerai aussi qu'il puisse se lier avec Hinata et qu'ils aient une relation frère et soeur forte. Dit sa mère en regardant sa petite fille avec tout l'amour qu'une mère puisse ressentir.

- Nous l'y aiderons." Répondit Hiashi en regardant le tableau de sa bien-aimée et de sa fille s'offrant à son regard.

À ce moment, il avait l'impression que son coeur allait exploser tellement son bonheur était à son comble. De plus, le conseil allait enfin le laisser tranquille définitivement avec l'idée de répudier son épouse. Il reprit la parole.

- Hitomi, je te remercie pour ce merveilleux présent. Elle est vraiment magnifique.

-... Je suis désolée, Hiashi...

- Pourquoi t'excuses-tu ? Demanda son époux.

- Je sais que tu aurais préféré un fils pour asseoir définitivement la ligne de succession, répondit Hitomi d'une petite voix.

- Ne pense pas à tout ça car personnellement, cela n'a pas vraiment d'importance. Notre fille est en bonne santé, et tu as réussi à surmonter l'épreuve de l'accouchement, c'est tout ce qui compte à mes yeux.

- Mais le conseil... Insista la nouvelle mère.

- Laisse-le de côté pour le moment. Et puis, tu viens de prouver à tous que ton sein était fertile. Peut-être que le prochain sera un garçon mais pour l'heure, profitons de notre petite Hinata.

- Et puis, vous avez Neji, à moins que vous n'envisagiez plus de vous en occuper. Déclara Hitomi en revenant au vouvoiement pour signaler à son mari du caractère sérieux de ses mots.

- Non, je tiens à faire de lui un grand homme. Même sans mon serment, je l'aurai accompli. Il est ma famille autant que notre fille et vous. Je l'aurai adopté de toute manière ayant ou non mon propre fils et le proclamerai comme héritier en absence de celui-ci, la rassura son aimé.

- Merci, Hiashi, merci pour lui."

Leur conversation fut interrompue par Hinata, commençant à s'agiter dans les bras de sa mère. Hitomi comprenant qu'elle avait sans doute faim, lui présenta pour la première fois son sein. Hiashi laissa à sa femme son intimité pour cette tâche et sortit en recommandant à ses dames de compagnie de bien s'occuper d'elle. Il repartit à ses affaires mais surtout à l'annonce qu'il va devoir faire aux conseils.

La mère d'Hinata sortit de ses souvenirs et déclara doucement :

"- Neji, nous t'aimons Hiashi et moi, n'en doute pas. Nous ferons tout pour t'aider et te soutenir. Je sais que me voir te brise le coeur car tu crois revoir ta mère. Je ne souhaite pas la remplacer. Hina restera à jamais celle qui t'a donné le jour... Je t'aime comme si tu étais mon propre fils et je suis prête attendre le temps qu'il faudra que tu acceptes mon amour maternel pour toi."

Elle donna un dernier baiser sur le front de Neji avant de ressortir priant le dieu Shikamaru de veiller sur les songes de son neveu-fils. Hitomi rejoignit son époux et sa fille dans la suite parentale et après avoir allaité Hinata consentit à laisser le sommeil l'emporter. Neji ne gardera pas le souvenir de l'aveu de sa tante mais un timide sourire et une unique larme glissant sur sa joue prouvaient qu'une part de lui même était consciente de l'amour d'Hitomi à son égard.