Trois années s'écoulèrent. Elles furent parsemées de hauts et de bas, de joie et de tristesse mais également de complots et d'alliances solides. Ainsi, les Hyuga avaient réussi à contrecarrer avec l'aide de leurs cousins et amis plusieurs manigances des Otsutsuki. Le chef de ces derniers avait voulu faire voter par le Sénat une censure contre l'adoption de Neji afin de l'écarter de la succession. Heureusement, les autres chefs votèrent contre et sa demande fut rejetée avec la majorité des voix. Se considérant non vaincu, le chef des Otsutsuki essaya une autre stratégie : forcer Hiashi à fiancer sa fille Hinata à son fils voulait faire annuler la loi des Hyuga autorisant ses membres à épouser une personne selon leur affection et non plus selon les intérêts de la famille. Il désirait la remplacer par une autre obligeant une alliance entre sa famille et celle de Hiashi. Il essaya alors d'obtenir la majorité par nombre de cela, il tenta de menacer ou de corrompre les sénateurs provenant de familles de moindre importante. L'Otsutsuki avait oublié un léger détail dans son plan : la fidélité de certaines d'entre elles mais surtout l'intelligence des Nara.

Ces derniers étaient les plus fins stratèges de la Rome Antique et vénéraient la déesse Sakura et le dieu Minato pour l'obtention de ce don. Lorsque leur chef, Shukaku Nara, reçut la visite de son homologue le menaçant de représailles s'il soutenait Hiashi, il joua le soumis. Par derrière, il alla voir ses amis les Yamanaka et les Akimichi qui eurent par la suite le même entretien désagréable. Les deux chefs de famille, Inoichi et Choja, firent ce que leur avait recommandé leur allié Nara et jouèrent le jeu. Il va de soit que l'Otsutsuki n'alla pas voir les Uchiwa, les Senju et les Sarutobi qu'il savait gagner à la cause des Hyuga. Il évita également les Inuzuka, connus pour leur fidélité mais surtout pour leur dégoût du mensonge. Il rentra satisfait de la bonne évolution de son plan. Cependant, endormi par ce soit disant succès, il ne remarqua pas qu'il était espionné. Ainsi, Shukaku put avoir la liste de toutes les familles menacées ou corrompues visités par l'Otsutsuki avec l'aide de ses amis qui avaient aussi envoyé des espions.

Les trois alliés convoquèrent les trois grandes familles et les Inuzuka afin de leur montrer les preuves du chantage et de la corruption poursuivie par leur rival. Pour éviter un scandale à la ville de Rome et mettre en danger sa stabilité, tous décidèrent de confondre l'Otsutsuki et les chefs corrompus en les menaçant de perdre leur place au Sénat ou pire d'être exécuter pour trahison. Tous obtempérèrent sans trop de résistance. Il va de soit que l'instigateur du complot fulmina de rage et se promit de se venger. Cependant, pour le moment, il décida de se faire oublier et à attendre tel un serpent chassant sa proie. Le chef des Otsutsuki mit ce temps à profit pour se chercher des alliances et malheureusement, en trouva. Quand à ceux menacés de représailles, les grandes familles s'allièrent commercialement et militairement avec eux en leur promettant protection si leurs membres restaient fidèles au pacte d'alliance. Bien entendu, Les Hyuga et leurs alliés mirent les preuves en lieu sûr connu d'eux seul.

C'est lors de cette grande réunion qu'Itachi accompagné de Neji fit la connaissance d'Ana, la fille aînée des Inuzuka. Bien qu'âgés de douze ans, à ce moment-là, les deux pré-adolescents présumèrent qu'à l'avenir, ils deviendront de grands amis... et peut-être plus, à la satisfaction de leurs parents qui regardèrent amusés leur rapprochement. En effet, Itachi, en tant qu'héritier de la famille Uchiwa avait suivi son père durant tout le déroulement de cette affaire. Ainsi, il put assister à une leçon de politique des plus instructives apportée par son paternel. Il comprit alors l'importance des alliances solides mais surtout des liens d'amitié entre les familles les plus influentes de Rome. L'héritier des Uchiwa se félicita alors de s'être rapproché de Neji qui était le plus pressenti pour devenir celui des Huyga.

D'ailleurs, ce dernier avait conclu à la même constatation mais surtout il se sentait fier de la confiance que son père adoptif lui avait accordé durant cette affaire. Il avait assisté à toutes les réunions des chefs. Il est vrai que dès que la discussion devenait trop confidentielle, on leur ordonnait de sortir de la pièce. Cela lui permit, ainsi qu'à son camarade, de rencontrer les autres héritiers. Bien que le jeune Huyga restait assez en retrait, une certaine entente s'était construite entre les jeunes qui, à l'avenir, pourrait se transformer en la même amitié qu'entretenaient leurs parents.

Un autre changement avait touché Neji durant ces trois années : le déroulement de son enseignement. Comme promis Hiashi lui permit d'aller à l'amphithéâtre, accompagné par Itachi, afin de suivre les cours de philosophie du professeur Iruka, homme de sciences et de savoirs. Il put ainsi côtoyer des étudiants plus âgés qui avaient voulu le bizuter. Cependant, dès leur première tentative, ils renoncèrent, Neji leur montrant son sens de la répartie. Ce qui les fit également reculés était son nom, le nom d'une des plus nobles familles de Rome. Rajouté à cela son amitié avec Itachi Uchiwa, héritier de haute noblesse, le jeune Hyuga était devenu à leurs yeux intouchable.

Il fit aussi l'admiration des adultes et des enseignants, qu'Iruka faisait intervenir, par son intelligence, sa maturité et son savoir durant les débats. Son point de vue était toujours pertinent et riche. Lorsque Hiashi se libérait de ses obligations pour venir le chercher, il ne recevait que des louanges de son fils adoptif. Neji pouvait à ce moment-là voir toute la fierté et l'affection que lui portait celui qui était devenu son père. Au bout d'un an, Itachi et Neji devinrent les meilleurs de leur groupe, faisant augmenter la notoriété de leur famille. Actéon quand à lui, malgré l'influence de ses camarades, restait bon dernier, ce qui ne semblait jamais l'accabler, gai comme il était. Il faut dire qu'à la différence de ses amis, il n'avait pas un héritage à sauvegarder et à honorer étant que le petit dernier de sa fratrie.

Deux ans après son entrée à l'amphithéâtre, Hiashi autorisa Neji à suivre Itachi lors des entraînements physiques. Il y trouva également Asuma Sarutobi en tant qu'instructeur. En effet, étant que le cadet de la famille et libérer des obligations octroyées à un héritier, Asuma avait fait carrière dans l'armée en tant qu'officier. Il monta les grades pour finir par devenir légat de légion, une des plus grandes fonctions dans la légion romaine. Il avait combattu contre les barbares de Gaulle et de Germanie. Cependant, au bout de plusieurs années de sang et de combats, il se sentit las et décida de rentrer à Rome. C'est sur son chemin de retour qu'Asuma rencontra Kurenaï, fille d'un puissant chef gaulois, allié de Rome dès la conquête de la Gaulle. Asuma dût batailler dur avec celui qui devint son beau-père surmontant, des épreuves herculéennes. Il les réussit et finit par épouser celle qui deviendra la future mère de son premier né, du moins il l'espérait. En attendant ce jour, le légat faisait profiter de son expérience les jeunes hommes de la cité pendant son temps libre et leur enseignait l'art du maniement des armes. Il fut heureux de prendre sous son aile les fils de ses amis Hiashi et Fugaku.

D'ailleurs à cet exercice, les deux garçons s'avérèrent aussi doués l'un que l'autre. Tous deux purent au bout d'un an rivaliser avec des adversaires plus grands qu'eux. En effet, ceux de leur âge ne présentaient plus un très grand challenge pour eux. Leur combat se finissait au bout d'à peine cinq minutes. Même entre eux, leur duel, bien que plus intense, se terminait souvent par un match nul tellement ils se connaissaient. Beaucoup de jeunes refusaient d'escrimer contre eux lorsque des combats deux contre deux se déroulaient et qu'ils faisaient équipe. Ils excellaient autant au glaive, qu'au poignard ainsi qu'aux tirs à l'arc. Neji était le plus précis alors qu'Itachi était le plus subtil, réalisant souvent des feintes pour arriver à ses fins. Ce dernier montrait une bonne connaissance en stratégie. Allier au regard et au jugement de son ami, ils étaient imbattable durant les simulations de campagne. Décidément, le Hyuga et l'Uchiwa faisaient la fierté de leurs instructeurs et de leurs pères. Beaucoup prenait exemple sur eux et serait prêt à les suivre lors des guerres à venir. Actéon marchait souvent à côté d'eux tel un coq, heureux de pouvoir se vanter d'être ami avec des génies.

A force de côtoyer Itachi, Neji se surprit à le considérer comme un frère et se retenait de plus en plus difficilement à lui confier ses tourments, ses angoisses et ses interrogations. Itachi appréciait énormément Neji qui, à l'opposé d'Actéon, ne parlait jamais pour ne rien dire et même s'il n'était pas très bavard ou très souriant, son silence n'était jamais gênant. Bien au contraire, il était plutôt reposant dans cette ville bruyante où vivait une cohue quotidienne. Tous deux aimaient s'allonger sous un arbre pour débattre ou juste se reposer. Neji ne lui avait pas encore ouvert complètement son coeur, mais l'héritier Uchiwa présumait que ce n'était plus qu'une question de temps pour qu'il devienne son confident. Il ne l'avait jamais poussé à la confidence, respectant son choix. Neji faisait de même avec lui. Ce qu'ils appréciaient tous deux. Itachi lui avait un peu parler de sa famille mais voyant l'embarra de son ami, avait arrêté d'aborder le sujet. Une chose était sur, il sera présent au moment où Neji aura besoin de lui pour l'écouter.

Ainsi, le jeune Hyuga fit d'énormes progrès sur le plan affectif au grand bonheur de Hiashi. Ce dernier partageait de plus en plus de temps avec lui, pour le former bien sûr mais également pour lui montrer l'importance qu'il représentait pour lui, mais pas seulement. Par son rapprochement avec son fils adoptif, le chef Hyuga montrait à ses opposants du conseil familial la prérogative et la légitimité qu'avait Neji sur le poste d'héritier, même en absence d'un garçon de son propre sang. En effet, malgré la naissance d'Hinata, une ombre tâchait de nouveau la vie conjugale de Hiashi et d'Hitomi. Certains anciens recommençaient à regretter l'absence d'héritier mâle et accusaient son aimée d'être dans l'incapacité de le lui donner. Ils ne parlaient pas encore de répudiation mais cela ne saurait tarder. Désirant anticiper leur action, le chef de famille leur rappelait par des actes et des paroles que Neji était toujours présent et qu'ils ne devaient pas l'oublier ou le sous-estimer.

Ce dernier s'en sentait fier et des plus touchés. Ils étaient devenus très proches et se faisaient confiance. L'époux d'Hitomi avait depuis peu commencé à l'amener avec lui à la chasse. Bien entendu, Neji y retrouvait souvent Itachi. En effet, cette activité permettait aux différents chefs de famille de se réunirent en dehors du Sénat et de partager un moment sans parler politique. Elle leur permettait de resserrer les liens politiques, commerciaux et amicaux. D'ailleurs, depuis la tentative ratée des Otsutsuki, les participants avaient augmenté en nombre puisque les grandes familles avaient invité leurs nouveaux alliés à les rejoindre. La chasse plaisait énormément à Neji qui se sentait libre dans cette nature sauvage. Il aimait le moment de la traque, l'approche silencieuse vers sa cible et l'adrénaline au moment de tirer sa flèche ou sa lance.

Alors que les hommes courraient la forêt en quête de gibier, leurs épouses se réunissaient au sein d'une de leur demeure pour partager des anecdotes et des conseils. Hitomi et Kurenaï se rapprochèrent de plus en plus et devinrent, comme annoncer lors de la cérémonie pour la naissance d'Hinata, les meilleures amies du monde terrestre. On ne pouvait plus voir l'une sans l'autre dès qu'elles allaient faire une course ou juste se promener en ville ou à la campagne. Hiashi, bien qu'heureux de voir son aimée de nouveau épanouie, regrettait parfois cette amitié. Plus d'une fois, Kurenaï, arrivant à l'improviste, coupait court à ses projets avec Hitomi. Cette dernière aimait vraiment cette complicité. Cela lui rappelait tellement celle qu'elle partageait avec sa soeur. Hina lui manquait tellement et cela chaque jour. Kurenaï lui faisait souvent oublié sa tristesse et sa mélancolie. Elle l'accompagnait chaque année jusqu'au temple de Pompéi. A la date anniversaire du décès de Hina, Hitomi s'y rendait afin de prier pour l'âme de la chère disparue. Elle aurait aimé que Neji vienne également. Malheureusement, il refusait à chaque fois, à moins que Hiashi soit présent.

Malgré les progrès d'avec son époux, Hitomi, bien qu'heureuse de leur nouvelle complicité, regrettait de n'être pas plus proche de son neveu. Ce dernier restait, certes, poli mais aussi très distant avec elle. Plus d'une fois, l'épouse de Hiashi le soupçonnait de l'éviter surtout quand elle avait Hinata dans les bras ou près d'elle. Neji rejetait toutes manifestations de son affection contrairement d'avec Hiashi. Cela la rendait malheureuse car elle n'en connaissait pas la raison. Heureusement, sa petite Hinata comblait son besoin d'exprimer son amour maternel et en réclamait tous les jours davantage. Sa fille s'est montrée être un bébé très calme, pleurant presque jamais et offrant de magnifiques sourires à ses parents et cela chaque jour. Elle tombait rarement malade au grand bonheur d'Hitomi qui n'aurait pas supporté la mort de son enfant. Toute la maisonnée ainsi que leurs multiples invités étaient tombés sous son doux charme. Son petit ange avait fêté sa troisième année durant le dernier hiver.

Nous étions aujourd'hui au premier jour du printemps et les hommes se préparaient à partir à la chasse, la première de l'année. Le soleil était à peine levé que la villa des Hyuga était en effervescence. Hiashi organisait le départ en inspectant la meute de chiens et les chevaux. Ils devaient être en parfaite santé pour avoir la force de traquer le gibier. Hitomi était à la nurserie, penchée sur le berceau d'Hinata, dormant tranquillement en ce matin. La maîtresse de maison s'était également levée tôt pour préparer l'arrivée des épouses de tous ces chasseurs. Alors qu'elle regardait sa fille, elle entendit la porte s'ouvrir. Hiashi entra et se plaçant derrière elle pour la serrer dans ses bras, observa à son tour Hinata au-dessus de son épaule. Il la trouvait tellement belle. Hitomi se tourna vers lui et l'embrassa doucement avant de lui demander.

"- Alors, Hiashi, êtes-vous prêt ainsi que tous vos gens pour la chasse ?

- Oui, tout est en ordre."

Puis il reprit sa contemplation et sourit. Hinata possédait de magnifiques cheveux noires aux reflets bleus violacés, lui arrivant au niveau des oreilles. Sa peau était aussi blanche que la porcelaine qu'on n'osait à peine toucher de peur de la casser. Ses joues rosées appelaient aux baisers. Ses lèvres roses de l'enfance ne faisaient que sourire timidement. Sortant de son observation, il rompit le silence.

- Ma petite princesse a tellement grandi. J'ai l'impression que c'était encore hier qu'elle me prenait mon doigt dans sa minuscule main ou que j'avais peur de la briser quand je la prenais dans mes bras.

- Oui, elle grandit vite... Murmura amoureusement la mère d'Hinata en se blottissant un peu plus dans les bras de son époux. Te rappelles-tu le jour où elle a fait ses premiers pas ?

- Comme de l'eau de roche". Lui répondit Hiashi, en se mémorisant ce merveilleux événement.

Cela faisait un peu plus d'un an que leur fille égayait leur vie malgré les difficultés avec Neji et les anciens. Hinata ne marchait pas encore et préférait pour le moment faire courir sa mère et sa nourrice après elle à quatre pattes. Elle était tellement silencieuse et discrète que bien souvent, la petite fille échappait à leur vigilance. Le petit miracle du couple était retrouvé dans le couloir ou en haut des escaliers, ou encore devant le bureau de son père, y frappant de ses petits poings pour qu'il vienne lui ouvrir. A ce moment-là, Hitomi, affolée de ne plus trouver sa fille, voyait Hiashi arrivé avec elle dans les bras. D'autre fois, la porte laissée ouverte, Hinata y entrait et sa mère l'observait essayer de monter sur ses genoux alors qu'il s'était assoupi. Ce jour-là, une chose changea.

Hiashi venait de rentrer avec Neji d'une réunion importante. Voulant voir les deux femmes de sa vie, il se dirigea vers la nurserie. Arrivé là-bas, il vit Hinata dans les bras de sa mère qui pleurait. Croyant à quelques choses de grave, il se précipita vers elles en l'interrogeant.

"- Hitomi, que se passe-t-il ? Il est arrivé quelque chose à Hinata ?

- Hiashi,... Rassurez-vous, notre fille va bien. Je suis juste heureuse.

- Pourquoi ? Demanda, intrigué, son mari.

- Je vais vous montrer. Veuillez reculer, s'il vous plaît." Sollicita-t-elle.

De plus en plus suspicieux, Hiashi obtempéra tout de même. Il vit alors Hitomi s'agenouillée et posée Hinata sur ses pieds. Elle la tenait par les mains. Puis, elle la lâcha en l'encourageant.

"- Hinata, va vers papa. Vas-y. Tu peux le faire."

Entendant ses paroles et regardant son père en souriant, la petite fille tendit ses petits bras vers lui et fit un pas, puis deux et ainsi de suite. Devant le spectacle qui se livrait devant ses yeux, Hiashi plia un genou à terre et ouvrit ses bras pour y accueillir Hinata qui se mit à rigoler contre lui. Il venait d'assister à ses premiers pas. Dès ce jour-là, la nourrice, les esclaves et Hitomi n'arrêtaient pas de la chercher partout. Le cache-cache était devenu son jeu préféré. Souvent, c'était Neji qui la trouvait lorsque son père adoptif le sollicitait pour la chercher. Le jeune garçon avait encore du mal à se sentir proche d'elle. A chaque fois, il ressentait un malaise important et un sentiment négatif lui prenait le coeur. Ne désirant pas lui faire de mal, Neji limitait ses contacts avec elle. Pourtant, à chaque fois qu'Hinata le regardait de ses yeux blancs violacés et lui souriait, il ressentait une petite chaleur touchée son coeur mais il l'écartait très vite.

En pensant à lui, Hiashi entendit des coups sur la porte. Autorisant à entrer, il put voir le sujet de ses souvenirs franchir la porte. Il lui demanda.

"- Neji, que se passe-t-il ?

- Nos invités sont arrivés.

- Bien, nous arrivons. Merci." dit son père adoptif.

Neji, après avoir salué le couple, repartit rejoindre Itachi qui venait aussi d'arriver avec ses parents. Hitomi fixait la porte et reprit la parole.

"- Hiashi, je n'arrête pas de me demander pourquoi Neji est aussi froid avec moi ou avec Hinata. Ai-je fait quelque chose de mal ?

- Je ne sais pas quoi vous répondre mais une chose est sûre, vous n'êtes pas responsable, lui répondit le concerné. Je pense qu'il s'est construit une barrière pour se protéger de la souffrance.

- Mais pourquoi avec Hinata et moi ?

- Mmmm... Réfléchit Hiashi. Peut-être l'image d'une mère aimant sa fille alors qu'il a perdu la sienne. Il la jalouse peut-être de recevoir de l'amour.

- Hiashi, je suis plus que prête à lui en donner. Mon coeur est capable de les aimer tous les deux. Cependant, il rejette toutes mes tentatives d'affection, désespéra son aimée. J'ai peur de perdre courage.

- Hitomi, un jour, tout ce que vous avez fait pour lui, lui reviendra en mémoire et le touchera. A ce moment-là, il se laissera approcher et vous pourrez l'aimer comme une mère. Soyez encore patiente.

- Je vais essayer. Merci Hiashi.

- Bien, il nous faut rejoindre nos invités", fit remarquer ce dernier.

Il prit la main de son épouse et sortit de la nurserie pour partir dans le salon de leur villa où un esclave les avait conduits. Ce qu'il ignorait, c'est que Neji les avait entendus. Il n'était pas allé voir Itachi car en entendant sa tante prononcer son nom, il s'était arrêté et avait écouté la conversation. Il se sentait désoler pour elle. Son coeur s'était serré. Au fond de lui, il aurait voulu aller vers elle et se laissait aimer mais à chaque fois, il avait l'impression de trahir sa mère. Quand il voyait Hinata dans les bras de sa tante, il ne pouvait pas s'empêcher à se sentir en colère ou d'avoir un sentiment de peur. Quand Neji entendit le couple sortir, il s'était empressé de partir rejoindre son ami. Il devait y réfléchir, vraiment mais pour le moment, il gardera ses distances, tant qu'il n'avait pas les idées claires. Peut-être devrait-il en parler avec quelqu'un... Itachi ?

Hiashi et Hitomi arrivèrent enfin en face des autres chefs de famille ainsi que de leurs épouses. Certaines avaient également emmené leurs enfants afin qu'ils puissent jouer ensemble. Il prit alors la parole.

"- Je souhaite à tous la bienvenue en ma demeure. Hitomi et moi-même en sommes honorés.

- Merci, Hiashi. C'est nous qui sommes honorés de votre invitation. Répondit Asuma. Mon père s'excuse de son absence mais son grand âge ne lui permet plus de pratiquer l'activité de la chasse.

- Il est tout excusé, Asuma, rassura le chef Hyuga. Je vous invite donc à rejoindre nos montures et les chiens. Il est temps d'y aller."

Tous acquiescèrent et sortirent à sa suite pour se retrouver dans une cour pavée où les chevaux les attendaient. Les époux firent leur adieu à leurs aimées. Le plus long fut Asuma avec Kurenaï qui rougit quelque peu après le baiser échangé avec son amant. La jeune femme était heureuse de passer la journée avec son amie, Hitomi, et les autres épouses. Elle avait besoin de conseil et c'était le meilleur moment. La maîtresse de maison voulut embrasser Neji mais il se déroba. Il accepta, cependant, qu'elle le prenne dans les bras sans pour autant lui rendre son éteinte. Bien qu'attristée, Hitomi s'en contenta en espérant que ce soit un premier pas vers une relation maternelle avec lui. Les femmes suivirent des yeux le cortège des chasseurs quitter l'enceinte de la villa avant de rentrer de nouveau à l'intérieur. Seules Hitomi et Kurenaï restèrent sur le seuil de la porte encore un moment. L'épouse d'Asuma jeta un oeil à son amie et y vit une larme coulée sur sa joue. Alarmée, elle la questionna.

"- Hitomi, mon amie, que vous arrive-t-il donc ? Pourquoi cette larme ?

- Oh, ne vous inquiétez pas. Cela va passer, répondit-elle en s'essuyant le visage. Je vous remercie de votre sollicitude.

- Mais dites-moi, je peux peut-être vous aider.

- Vous êtes bien gentilles, lui sourit Hitomi. Je suis un peu triste du comportement de Neji envers Hinata et moi. J'aimerai tellement qu'il me laisse l'approcher, le consoler, l'aimer telle une mère. Je l'aime comme un fils, voyez-vous. Et Hinata, à l'air de s'y être attaché.

- C'est vrai... D'ailleurs, cela me rappelle ce jour-là. Il était tellement gêné le pauvre..."

Hitomi et Kurenaï levèrent leur regard vers le ciel et se souvinrent du jour où Hinata prononça son premier mot. La petite fille jouait dans le jardin, un beau jour d'été. Elle ne cessait de vouloir jouer avec un papillon qui virevoltait au-dessus de sa tête. Cela faisait rire sa mère et son amie, en visite. Lorsque tout d'un coup, elles entendirent une petite voix sortit de la bouche d'Hinata. Cette dernière, assisse, regardait derrière sa mère et tendait les bras comme pour inviter quelqu'un à la prendre dans ses bras.

"- Ne... Ne... Neji...

- Hinata,... Tu viens d'appeler Neji. J'ai bien entendu, fit surprise Hitomi en se retournant.

En effet, derrière elle, s'amenait Hiashi accompagné par l'interpellé. La mère de l'enfant avait les yeux ronds intriguant le chef de famille. Se relevant, elle prit Hinata dans ses bras et lui demanda doucement.

- Ma chérie, comment s'appelle ce jeune garçon ? Tu peux me redire son prénom.

- Ne... Neji". Répondit la petite, devant ses parents et le jeune Hyuga.

Tous n'en croyaient pas leurs oreilles. Le premier mot de la petite fille était le prénom du fils adoptif de Hiashi. Ce n'était ni maman, ni papa mais Neji. Le concerné ne savait plus où se mettre, ses joues quelque peu rosies. Quoi qu'un peu surpris par cela, ses parents la félicitèrent. A ce souvenir, les deux femmes sourirent. Neji n'avait pas prononcé un mot de toute la soirée ce jour-là, trop embarrassé par la situation. Il ne savait pas comment réagir et le silence lui semblait la meilleure alternative. Sortant de leur mémoire, Kurenaï reprit en taquinant le jeune garçon.

- Oh, Hitomi, ne désespérez-pas. Un jour, vos efforts paieront. Pour Hinata, il lui faut peut-être encore un peu de temps pour admettre qu'il a maintenant une petite soeur à protéger de ses futurs soupirants. Car croyez-moi, il aura du travail, vu la beauté de votre petite fille.

- Vous avez sans doute raison. Hiashi me disait la même chose. Ricana quelque peu son interlocutrice en s'imaginant la scène d'un Neji interdisant à un soupirant de s'approcher d'Hinata.

- Vous voyez ! Renchérit Kurenaï. Allons rejoindre les autres. J'ai besoin de votre aide et de vos conseils.

- Pourquoi donc ? Avez-vous des problèmes ? Demanda inquiète à son tour, Hitomi.

- Si vous voulez le savoir, accompagnez-moi à l'intérieur !" La sollicita l'aimée d'Asuma en lui saisissant le bras afin de la guider à l'intérieur de la maison.

Hitomi, ainsi entraînée, ne pouvait s'empêcher de sourire et de rire doucement devant l'empressement de sa compagne. Kurenaï avait vraiment le don de lui faire oublier tous ces soucis.

Kurenaï tira Hitomi jusqu'au salon où Mikoto et leurs autres amies les attendaient avant de commencer leur activité. Devant les deux amies se dressaient de nombreuses femmes habillées richement de leur plus belle tunique. Les mains, leurs bras et leur cou étaient pourvus des plus beaux bijoux. Leurs cheveux étaient relevés en un chignon complexe tenu par des rubans en soie la plus pure. Les invitées avaient voulu faire honneur à leur hôtesse. Elles étaient toutes soit épouse, soit fille ou bien fiancée au sein des familles alliées aux Hyuga. Hitomi et Kurenaï s'avancèrent un peu plus pour toutes les saluer. Des esclaves rentrèrent à la suite de leur maîtresse pour déposer des coupelles de fruits, de petits gâteaux et de quoi se désaltérer. Lorsque tout fut en place, Hitomi salua ses compagnes.

"- Mes chères amies, je vous remercie d'être venue de si bon matin. Je suis heureuse que vous puissiez me tenir compagnie pendant que nos maris courent la campagne à la recherche de gros gibier et ainsi nous prouver leur supériorité sur nous, le sexe faible.

- C'est normal. Nous n'allions pas rester chez nous, seules, alors que nos hommes s'amusent, répliqua Tsume Inuzuka. Nous avons aussi le droit de nous divertir.

- Ma chère, je suis totalement d'accord avec vous, renchérit Mikoto.

- Merci, je vous propose de partager une petite collation afin que nous fassions connaissance avec nos nouvelles amies", invita Hitomi.

En effet, après l'affaire Otsutsuki, leur cercle s'était élargi et continuait à augmenter au fil des années. Beaucoup de chefs eurent vent de l'alliance entre les grandes familles et certaines de moindre importance. Désirant également l'intégrer afin de se protéger des Otsutsuki et des corrompus, ils avaient sollicité les Hyuga et leurs alliés pour leur proposer leur candidature. Souhaitant étoffer leur rang afin de mieux contrer leur rival, ils acceptèrent, après une enquête approfondie de la part des Nara. Il ne faudrait pas faire rentrer un espion ou une famille à la solde de leur ennemi. Ainsi, de nombreux contrats d'alliance furent décrétés augmentant les profits, la respectabilité et les influences de chacun. Hitomi et les épouses de chef des familles nobles de Rome y contribuaient à leur manière en faisant régner dans le cercle des femmes une atmosphère de bonne entente, de cordialité et de franche camaraderie. Il était bien connu qu'une dispute entre elle n'amènerait que discorde et conflit, leurs époux protégeant leur honneur. À l'opposé, une amitié forte engendrerait que paix et prospérité.

Ainsi, en cette aurore de printemps, Hitomi accueillait au sein de sa demeure les épouses des chefs de famille ayant signé de nouveau accord. En plus d'elles, l'aimée de Hiashi mettait un point d'honneur à recevoir également les enfants et les jeunes femmes fraîchement unies aux héritiers et aux fils dans le mariage. Son but était de les aider à survivre dans le monde cruel des grandes familles et des rivalités politiques. Elle voulait leur faire sentir qu'elles n'étaient pas seules et qu'elles avaient aussi des soutiens et des amies. C'est ainsi que toutes purent faire connaissance en festoyant et en écoutant de la musique douce. Au bout de deux heures, une nourrice signala à Hitomi qu'Hinata venait de se réveiller. La mère s'excusa auprès de ses amies car elle désirait s'occuper elle-même de sa fille. Avant de partir, les autres mères la prièrent de demander à sa servante encore présente d'aller chercher les leurs. Elles les avaient confiés à la nurserie dès leur arrivée. En acceptant avec joie, leur hôtesse leur fit gentiment remarquer qu'elles auraient dû le lui quémander plus tôt si elles désiraient avoir leur progéniture près d'elles.

C'est ainsi qu'Hitomi partit vers la chambre d'Hinata qu'elle trouva debout dans son lit à attendre l'arrivée de sa mère. A sa vue, la petite fille lui tendit les bras en souriant. Elle se fit soulevée et emmenée près d'une bassine. Hitomi entreprit de lui faire une courte toilette avant de l'habiller d'une petite tunique bleue pâle. Elle lui peigna les cheveux avant de l 'y mettre un ruban assorti à sa robe et décoré de fleurs de printemps. La mère d'Hinata la reprit dans ses bras et repris le chemin de la pièce qu'elle venait de quitter. Elle fut accompagnée dans les couloirs par la progéniture de ses invitées. C'est ainsi qu'une ribambelle d'enfants se déferla dans le salon en courant et sautant dans les bras de leur mère. Hinata, du haut de ses trois ans, regardait curieuse toutes ses têtes blondes s'exciter à ses pieds. Hitomi n'avait pas voulu la laisser marcher seule, au risque d'être bousculée par les bambins. La petite fille vit les fruits et les gâteaux. Ayant faim, elle réclama à sa mère son petit-déjeuner. C'est avec un large sourire qu'Hitomi exécuta son désir en lui tendant ce qu'elle souhaitait tout en ordonnant à une esclave de lui apporter une cruche de lait de chèvre. Une des nouvelles arrivantes déclara en voyant la petite fille et se faisant la porte parole de ses compagnes.

"- Quelle adorable enfant vous avez là, dame Hitomi. Votre petite fille est vraiment magnifique et ses yeux sont d'une telle expressivité. On s'y noierait.

- Je vous remercie. Dit la mère d'Hinata. C'est notre petite princesse.

- Quel âge a-t-elle maintenant ?

- Hinata a soufflé ses trois bougies durant le dernier hiver. Répondit sa mère.

- Elle a l'air d'être une petite fille calme. Vous en avez de la chance. Les miens me font tourner en bourrique toute la journée, affirma une autre invitée, en regardant d'un regard attendri ses trois derniers.

- Oh, laissez-lui le temps. Je suis sure qu'elle sera espiègle comme toutes les petites friponnes de son âge. Ria quelque peu Tsume en pensant à toutes les bêtises que lui avait faite Hana, sa fille aïnée.

- Excusez ma question et mon indiscrétion, dame Hitomi, mais n'avez vous qu'un seul enfant ? Demanda curieuse une autre épouse.

- Malheureusement, oui. Je n'ai pas eu le bonheur d'accueillir en mon sein plusieurs petites vies, déclara tristement Hitomi, en regardant Hinata jouée avec une camarade de son âge sous les regards tendres des mères.

Kurenaï, compatissante, lui avait posée une main sur l'épaule. Bien qu'elle ne soit pas encore mère, elle pouvait comprendre la tristesse de son amie. La même personne continua à la questionner.

- Mais pourtant, vous vous êtes mariées jeune, me semble-t-il ?

- A dix-huit ans, en effet. En même temps que mon défunte soeur qui a eu la joie de donner naissance à Neji un an après ses noces. Dit mélancolique l'aimée de Hiashi, ses yeux s'humidifiant.

- Oh pardonnez-moi, je ne voulais pas vous rendre triste ou vous blesser. Je suis atteinte du vilain défaut d'être trop curieuse, au grand damne de mon époux, s'excusa la fautive de tant de mélancolie. J'ai appris pour votre soeur. Toutes mes condoléances, bien que tardives.

Après avoir reçu celles de toutes ses invitées, Hitomi reprit doucement.

- Ce n'est rien. Je vous assure... Vos questions ont seulement fait remonter en moi des bons souvenirs comme des mauvais... Hina a été la plus malheureuse de nous deux en perdant, aux deux ans de Neji, mon beau-frère durant la catastrophe de Pompéi. Je sais que sans son fils, elle l'aurait rejoint au royaume du Dieu Saï.

- Elle ne s'est donc jamais remariée ? Demanda une autre de leur compagne.

- Non, elle aimait encore Hizashi et souhaitait lui rester fidèle, même au-delà de la mort. J'espère qu'ils ont pu se retrouver aux Enfers et qu'ils sont à jamais réunis. Termina Hitomi, émue de cette confidence.

Après cette question, une de leur compagne se tourna vers Mikoto et quémanda à son tour.

- Dame Mikoto, vous avez également un seul enfant comme dame Hitomi et dame Hina, paix à son âme, un garçon je crois ?

- Tout à fait, Itachi, mon petit prince. Il est âgé de 13 ans maintenant.

- Avez-vous eu d'autres enfants ? Continua-t-elle d'interroger.

- Malheureusement, non, avoua la concernée.Lors de mon accouchement, des complications sont survenues. Le dieu de la Mort a failli m'accueillir à bras ouvert dans son territoire à cause d'une perte abondante de sang. La sage-femme et le guérisseur m'ont sauvée mais ils m'apprirent que je ne pourrai jamais revivre d'autres grossesses.

- Oh, je suis désolée de vous avoir posé une telle question, s'excusa son interlocutrice. Tant de femmes en perdent durant leur vie que je n'aurai jamais pensée à ce cas de figure. Je compatis à votre perte.

- Ce n'est pas bien grave, vous ne pouviez pas savoir...

-...

- Je m'interroge Hitomi. Comment êtes-vous été amenée à avoir Hinata au bout de tant d'année de mariage ? Le conseil de votre famille a du énormément vous mettre la pression, questionna à son tour Mikoto, curieuse de savoir comment son amie, qu'elle connaissait blessée par son éventuelle stérilité, avait pu obtenir ce miracle.

- Et bien, je suis tombée enceinte il y a trois ans. J'ai..."

C'est ainsi qu'Hitomi raconta à toute l'assemblée d'épouses l'histoire de la conception d'Hinata, les doutes des anciens, leur sollicitation auprès de Hiashi pour qu'il prenne une autre femme, la maladie d'Hina, son décès mais surtout son voeu exaucé à la déesse Kushina et au dieu Naruto. Elle nourrissait maintenant l'infime espoir de pouvoir de nouveau porter la vie en espérant que ce soit un garçon cette fois-ci. Cependant, celui-ci tardait à arriver malgré ses offrandes et ses prières. Les Dieux semblaient le lui avoir accordé qu'une fois et pas une de plus. A la fin de son récit, Mikoto l'interpella à nouveau.

"- Les anciens ne vous ont-ils pas menacée de répudiation ?

- Pas que je sache, lui répondit Hitomi, toujours ignorante de la demande rédigée par eux quelques jours avant l'annonce de sa grossesse et détruite par Hiashi.

- Il est vrai que pour moi, ils m'ont laissée en paix du fait de la naissance d'Itachi. Je leur ai fait un garçon robuste et qui se porte plus que bien. Il ne tombe pratiquement jamais malade. Il est coriace pour son âge. Ils avaient leur héritier alors je ne fus pas trop soumise à leur menace. Fit remarquer sérieuse la Uchiwa.

- Mais maintenant, quand est-il ? Insista la Inuzuka. Hiashi n'a toujours pas d'héritier mâle. Le conseil de famille doit surement y réfléchir de nouveau.

- Malheureusement, je ne peux pas vous contredire, souffla quelque peu désespérer la Hyuga. Cependant, cela fait quelques jours que je n'ai plus vent de rumeurs quelques qu'elles soient à ce sujet.

- Hiashi a du les calmer car n'oubliez pas, vous avez Neji qui peut prétendre à la place d'héritier, argumenta Kurenaï en intervenant dans la discussion voyant le désarroi de sa meilleure amie.

- En effet, Neji est le fils d'Hina et de Hizashi. Il est le plus proche, par le sang, de mon époux. De plus, grâce à son adoption, il est devenu plus qu'un neveu mais notre fils le rendant encore plus légitime, confirma cette dernière.

- Vous avez raison, remarqua pensivement Mikoto. Ce point m'était sorti de l'esprit. Vous avez bien fait de l'adopter. Cela vous met à l'abri de ses ripoux.

- Oh, mais Hiashi ne l'a pas adopté dans le seul but de se protéger des anciens, la contredit Hitomi. Il l'a fait que pour lui donner un foyer aimant et stable ainsi qu'une protection après la mort de son père. Il ne désire que de faire de lui un homme accompli faisant notre fierté et celle de ses défunts parents. Hizashi et lui avait un contrat connu d'eux seul déclarant Neji l'héritier si j'avais été dans l'incapacité de lui apporter une descendance. A cause de multiples raisons, mon époux a été dans l'obligation d'accélérer ses projets.

- Pardonnez-moi, je ne voulais pas me montrer désobligeante, s'excusa Mikoto devant ce discours plein de véhémence et de détermination. Je voulais éclaircir certains points qui me semblaient quelque peu flou dans mon esprit.

- Je comprends et je nous ne vous en veux pas, la réconforta Hitomi. Je m'excuse également du ton employé mais il est vrai que je suis un peu sur la défensive ces jours-ci. J'ai peur que les anciens remettent la pression sur Hiashi en raison de l'absence d'héritier mâle direct. Cela m'épuise moralement et ne me permet pas de me détendre.

- Mais pourquoi vous presse-t-il autant, ainsi que Hiashi ? Demanda la plus jeune de leurs compagnes. Vous êtes encore jeunes et surement capable de tomber de nouveau enceinte.

Toutes les têtes se tournèrent vers elle, la faisant fortement rougir. C'est Mikoto qui lui répondit.

- Il est vrai que vous venez de vous marier et que vous viviez en province avec vos parents. Vous n'êtes donc pas au courant des pratiques de la noblesse. Je vous envie, sincèrement mais je ne peux vous laisser dans l'ignorance et votre douce naïveté..."

C'est ainsi que la Uchiwa, soutenue par Hitomi et les autres épouses de chef, essaya de lui expliquer la pression exercée par la société et la famille sur la femme du dirigeant et son premier devoir. Ainsi la jeune mariée apprit que ce dernier était de donner naissance à un héritier mâle, seul à pouvoir hériter de son père. Leur monde était un monde régi par les hommes et leur pater familias. Si elles n'étaient pas dans la capacité de remplir cette nécessité politique, beaucoup de femmes se faisaient répudier et ainsi abandonner par leur mari. Certaines, ne supportant pas leur stérilité ou leur répudiation, se suicidaient. En effet, elles ne pouvaient plus retourner chez un de leurs parents, soit parce qu'ils étaient décédés, soit à cause de la honte de ne pas avoir accompli leur premier devoir d'épouse de chef. A la fin de ses éclaircissements, Tsume se leva brusquement en maugréant à l'encontre de ces anciens.

"- Ces vieillards séniles, quand comprendront-ils que nous ne sommes pas à leur service et qu'ils ne peuvent nous jeter comme de vieux mouchoirs sous prétexte que nous ne remplissons pas leur critères d'excellence ? J'aimerai les voir porter en leur sein un enfant et de souffrir mille morts pour le mettre au monde..."

Tsume arrêta soudainement son monologue lorsqu'elle aperçut les visages pâles de quelques-unes de ses camarades. Ces dernières arboraient, pour la première fois, un ventre rond. Pour certaines, il était à peine visible mais laissant deviner leur état. Pour d'autres, il était bien développé montrant l'imminence de leur délivrance. Elle comprit son erreur et voulut se faire pardonner.

"- Oh pardonnez-moi, je ne voulais pas vous faire peur. J'étais tellement en colère contre ces... ces...

- Calmez-vous, Tsume. Je pense que nous avons toutes comprises ce que vous vouliez dire, intervint Hitomi calmement.

- Mais dites-moi... Hésita une des futures mères, angoissée. Cela fait-il si... mal que ça ?

- Et bien,... pour être honnête,... oui. C'est une véritable torture, répondit Tsume de son franc parlé.

- Mon dieu ! Tant que ça ? Je ne sais pas si je vais y arriver. Dit une autre.

- Si vous allez y arriver, comme nous toutes. Essaya d'encourage Mikoto. Nous possédons, nous, les femmes, une puissance intérieure incroyable qui nous donne assez de force pour surmonter un tel effort, une telle souffrance. En cela, nous sommes supérieures aux hommes et non faibles, comme ils aiment à le penser.

- Mais surtout, n'oubliez pas ce que nous gagnons à la fin de cette terrible épreuve. Renchérit Hitomi en prenant dans ses bras Hinata qui ne comprenait pas le comportement de sa mère qui la serrait aussi fort contre elle.

Croyant à un jeu, elle se mit à rire. Toutes les femmes présentes en furent attendries avant que la maîtresse de maison reprenne.

- L'enfantement va vous apporter le plus précieux présent : un enfant à chérir. Pensez que vous allez pouvoir faire connaissance avec un petit être que vous avez senti grandir en vous, que vous aimerez au delà de tout entendement et pour qui vous donnerez votre vie sans hésiter. Il vous comblera et vous partagerez un amour infini car votre enfant vous aimera quoi qu'il arrive."

Les mots d'Hitomi ainsi que sa douceur rassurèrent les futures mères qui posèrent une main sur leur ventre. Leur soulagement fut tel que certaines se surprirent à avoir hâte de tenir leur nouveau-né dans leur bras. Celles déjà comblées par cet amour maternel, eurent subitement envie de renouveler l'expérience. Hitomi fut surprise de constater que Kurenaï avait également posé sa main sur son bas-ventre. Se pourrait-il que son amie soit enceinte, pensa-t-elle. Cependant, elle resta discrète et ne posa aucune question laissant l'épouse d'Asuma se confiée à elle de sa propre initiative. La matinée continua doucement à s'écouler durant laquelle elles discutèrent de tout et de rien jusqu'à ce que Kakashi amène le soleil à son zénith. L'aimée de Hiashi invita alors ses invitées et amies à la suivre jusqu'à la salle à manger pour partager un repas frugal.

Après avoir calmé leur faim et leur soif, on alla coucher les enfants en bas âge pour une bonne sieste. Hitomi proposa ensuite à ses compagnes d'aller se détendre auprès de la fontaine du jardin pendant que leurs plus grands se défoulaient en jeu et en course dépensant toute leur énergie. A un moment donné, Kurenaï s'isola sur un banc, protégé par l'ombre d'un olivier. Sa meilleure amie, espionnant son mouvement, prie congé de son interlocutrice afin d'aller la rejoindre. Arrivée à sa hauteur, elle s'assit à côté d'elle et lui demande d'une voix douce.

"- Kurenaï, quelque chose ne va pas ?

-...

- Il est vrai que ce matin, sur le perron, vous m'avez annoncée vouloir me demander conseils. Je suis désolée, je n'ai pas vraiment trouvé le temps pour vous depuis, mais maintenant, je suis là. Je suis prête à vous écouter et à vous aider dans la mesure de mes moyens.

- Ne vous excusez pas. C'est normal que vous vous concentriez sur votre devoir d'hôtesse... Je... Depuis quelques jours, je me lève assez fatiguer alors que je dors bien, commença-t-elle à expliquer. Certaines odeurs me sont devenues désagréables alors qu'avant elles me laissaient complètement indifférente. J'ai... J'ai également du... retard.

- Kurenaï, se pourrait-il que vous... Supposa Hitomi.

- Oui, je porte en mon sein l'enfant d'Asuma.

- En êtes-vous sûre ?

- Tout à fait, je suis allée voir une sage-femme qui me l'a confirmée, confirma Kurenaï, une main sur son ventre, les larmes aux yeux.

- C'est formidable ! Toutes mes félicitations ! S'exclama son amie, heureuse pour elle.

- Pourquoi félicitez-vous Kurenaï, Hitomi ? Demanda Mikoto, arrivant avec Tsume.

- Notre amie vient de m'annoncer une merveilleuse nouvelle. Elle attend un heureux événement.

- Nos félicitations ! Reprirent leurs deux compagnes.

- Merci, mais... j'ai... j'ai tellement peur, se mit à pleurer la future mère.

- Mais de quoi ? Questionna Tsume en s'approchant d'elle.Par rapport à ce que nous avons dit tantôt sur la douleur ? Croyez-vous qu'Asuma ne voudra pas de cet enfant ?

- Non, il m'a avouée que c'est un de ses plus grands souhaits, contredit vivement Kurenaï.A cause de sa carrière militaire, il a semé la mort autour de lui, certes au nom de Rome et du Sénat, mais il a tué. Il désire maintenant fêter la vie et son vif désir est de l'engendrer maintenant.

-... C'est un grand philosophe votre mari sous ses airs de guerrier, essaya de plaisanter Tsume, mais en vain.

- Kurenaï, nous sommes vos amies. Soulagez votre coeur en nous parlant, encouragea Hitomi, en lui prenant une main entre les siennes.

- Pour la douleur, j'en ai peur mais je pense pouvoir y faire face... Voyez-vous, j'ai perdu ma mère alors que je n'étais qu'une enfant. Je ne me souviens pratiquement pas d'elle. Elle est morte en couche lors de la naissance de mon frère. Je... Sanglota-t-elle.

- Avez-vous peur de subir le même sort ? L'encouragea Mikoto, constatant son court silence.

- ... Pas exactement... C'est le risque que nous prenons toutes en nous mariant et en enfantant... Je ne sais pas si je ferai une bonne mère... Confia Kurenaï. Mon père s'est remarié mais ma belle-mère nous frappait à son insu... Il l'a répudié quand il en a eu vent... Ensuite, je fus pratiquement élever que par mon père, tel un garçon. Je n'ai connu que ça... J'ai peur de me comporter comme cette femme et de ne pas savoir y faire avec mon bébé.

- Oh, Kurenaï. Je suis désolée pour vous, la serra Hitomi. Rassurez-vous, je suis sûre que vous serez une merveilleuse maman. Regardez comment vous vous comportez avec Hinata. Vous n'avez jamais levé la main sur elle. Je vous la confierai les yeux fermés.

- Merci, mon amie, vous ne savez pas combien vos mots me réconfortent.

- De plus, nous sommes là pour vous aider si vous vous sentez un jour déborder ou perdue. Entre femmes, il faut savoir se soutenir et s'entraider, renchérit Tsume.

- Je vous remercie, vraiment, affirma la future maman en séchant ses yeux rougies par les larmes.J'aimerai que vous gardiez cette nouvelle secrète pour le moment. Je souhaiterai l'annoncer à Asuma moi-même. Pouvez-vous me le promettre.

Après que toutes ses amies le lui promirent, Kurenaï poursuivit.

Je ne vois pas pourquoi je m'angoisse autant. je dois avouer que contrairement à vos situations, la mienne est plus facile.

- Je ne vous suis plus, mon amie, dit confuse l'épouse de Hiashi.

- Je fais référence à nos échanges sur les anciens et vos positions précaires en tant qu'épouses de chef de famille. Je ne sais pas si j'aurai supporté autant de stress et d'avoir une épée de Damoclès au-dessus de moi. Ne pas savoir ce que demain sera fait mais surtout si vous serez toujours mariée le lendemain à vos époux ou non au moment de vous coucher. Et cela à cause d'une décision dictée par des vieux séniles ou par votre capacité ou non de leur donner un héritier. C'est tellement injuste. Je vous trouve bien courageuse.

- C'est vrai qu'Asuma est le cadet. Il ne subit pas ce que dois vivre son aîné... Vous savez, cela dépend de la mentalité du chef de famille et de cette dernière. Chacune appréhende le sujet à sa manière, argumenta Mikoto. Si notre époux ne souhait pas se faire dominé par les anciens, il saura toujours y faire face. Dans le cas contraire, il est vrai que c'est plus difficile pour nous. Heureusement, nous n'avons pas à nous plaindre car nos maris respectifs nous protègent de ses grincheux par amour pour nous. Il faut avouer que parfois, nous nous mettons la pression toute seule. Nous voulons tellement faire plaisir à notre tendre moitié et lui éviter autant que possible les ennuis.

Ce discours fut soutenu par Hitomi et Tsume qui levant les yeux au ciel eut une idée.

- D'ailleurs en parlant de nos chers maris. Comment avez-vous rencontré les vôtres ? Je me suis toujours posée la question."

Ses trois compagnes se regardèrent et en souriant décidèrent de le lui raconter.