Mikoto et Hitomi, qui est de deux ans sa cadette, avaient à peu près la même histoire. Toutes deux avaient grandi avec leurs époux au sein de la même maison. Chaque couple possédait un lien de parenté. En effet, ils avaient le même aïeul : Hagoromo pour les Uchiwa et Homura pour les Hyuga. Cependant, depuis la création de leur famille, il existait un tel brassage en leur sein, tout au long des siècles, que leur lien les rendait cousins à multiple degrés. Cet éloignement avait permis leur mariage et ainsi éviter la consanguinité et les risques que cela comportait pour leurs futurs enfants. Les deux cérémonies furent décidées par les anciens. Cela étonna énormément Kurenaï.
"- Mais alors, ce sont des mariages arrangés. Vous ne vous êtes pas mariées par amour. Cela m'étonne car vos couples débordent de ce magnifique sentiment.
- Pour ma part, ce fut en effet un peu le cas, confirma Mikoto. Du moins, de la part de Fugaku. En effet, j'éprouve de forts sentiments à son égard depuis mon adolescence. Son caractère taciturne et le mystère qui l'entourait m'ont toujours fascinée. Il a perdu sa mère très jeune et n'a pratiquement jamais connu de gestes tendres. J'ai donc ressenti le besoin de le lui en apporter mais aussi d'être là pour lui. Afin de me faire remarquer de lui, je me suis transformée en confidente, essayant de le faire sortir de sa coquille. Je me rappelle comme je m'amusai à le taquiner doucement pour le faire réagir. J'évitais également l'attitude séductrice et soumise des autres adolescentes pour me démarquer d'elles et lui faire comprendre que je l'aimai pour lui et non pour son titre d'héritier. Fugaku semblait apprécier mon écoute et ma compagnie, du moins plus qu'avec les autres membres de la famille. J'ai même cru qu'il pouvait éprouver de tendres sentiments pour moi car j'étais une des rares personnes a recevoir un faible sourire de sa part. Quand j'ai atteint l'âge de dix-huit ans, ma mère m'a apprise mon mariage avec lui, j'en fus plus qu'heureuse. La cérémonie a été magnifique. Malheureusement..."
Après une courte pause, Mikoto raconta la suite de son mariage. Lors de la nuit de noce, Fugaku, encore qu'héritier à cette époque, se coucha à côté d'elle et posant ses mains sur le corps de la jeune mariée, entreprit de la dévêtir. Alors que ses épaules étaient dénudées et qu'elle sentait le tissu glisser sur sa poitrine, la jeune femme se rendit compte qu'il avait arrêté ses gestes à la naissance de celle-ci.
"- La journée a été longue et éprouvante. Lui informa-t-il. Je suis fatigué et vous aussi."
Après ses mots, il se retourna et entreprit de s'endormir. Mikoto, quelque peu abasourdie, acquiesça et se rangea à son avis pensant que son destin de femme débutera bien assez tôt. Malheureusement, cela se réitéra le soir suivant, puis celui d'après et ainsi de suite jusqu'à atteindre un mois. Durant cette triste période, plus les jours s'enchaînaient, plus l'attitude de celui qui était devenu son époux la blessait un peu plus. Ils n'avaient toujours pas consommé le mariage. Fugaku ne lui manifestait pas de gestes tendres ou le désir de s'unir à elle. Au bout de ce mois, Mikoto surpris une conversation entre la matriarche et lui.
"- Fugaku, pourquoi ?
- De quoi voulez-vous parler, grand-mère ?
- Mon cher petit-fils, je parle de Mikoto et vous. Que se passe-t-il ?
- Je ne vois pas du tout ce que vous désirez savoir.
- Fugaku, je ne suis pas née de la dernière pluie. Je sais très bien que Mikoto est encore vierge malgré votre mariage.
- Vous vous trompez surement. Le mariage a été consommé durant la nuit de noce.
- Fugaku, je vous prie de ne pas prendre votre grand-mère pour une idiote. Je ne sais pas pourquoi vous persistez à me mentir. Cependant, je sais une chose, personne n'a constaté de tâche de sang sur le drap le matin de la nuit de noce et ni les suivants, insista la matriarche. Alors, je vous repose la question, pourquoi ?
- ...
- Le conseil commence à se poser des questions, argumenta la vieille dame. Préférez-vous les garçons ?
- Non, bien sûr que non ! Hâta Fugaku de répondre
- J'aime cette petite comme si elle était ma fille et je serai vraiment mécontente de voir le conseil la répudier sous prétexte que vous êtes incapable de la toucher. Le pointa du doigt sa grand-mère. Je pensais que vous l'appréciez car elle n'était pas comme les autres potiches. C'est pourquoi ce mariage a été décidé, en plus de la dote qu'elle a apporté à la famille en terre et en or étant la seule héritière de son défunt père.
- Grand-mère... Elle est si jeune..., essaya d'expliquer Fukagu. Nous avons cinq ans de différence, et...
- Ce n'est pas une raison. Moi-même, j'étais plus jeune de dix ans avec votre grand-père, paix à son âme... contredit-elle. Ne l'aimez-vous pas ? Je le croyais pourtant vu votre attitude vis-à-vis d'elle durant votre enfance.
-... Je... je ne sais... pas. J'ai une certaine affection pour elle mais... delà à... hésita le futur chef Uchiwa.
- Fugaku, quel que soient vos sentiments, vous avez un devoir à accomplir envers notre famille : avoir un héritier. Alors... forcez-vous !
- Grand-mère, c'est plus compliqué que cela, souffla-t-il. Je ne veux pas..."
Mortifiée par ce qu'elle venait d'entendre, Mikoto préféra ne pas rester pour écouter la fin de la conversation et courra vers sa chambre pour pleurer tout son sou. Cette discussion lui permit de prendre conscience qu'elle vivait un amour à sens unique. Fugaku s'était marié que pour obéir aux anciens qui voulaient sa richesse et à son père. La jeune mariée ne désirait pas vivre sa première fois avec un mari se sentant obliger de lui faire l'amour juste pour avoir un héritier. Elle aurait tant aimé que ce soit avec des sentiments partagés ou tout du moins se sentir désirée, mais même cela Fugaku en était incapable. On lui avait appris qu'un homme était capable d'avoir des rapports intimes sans avoir de sentiments tant que la femme lui suscitait du désir. Son esprit et son coeur meurtris imaginèrent que tout chez elle devait le dégoûter. Pourtant, aux dires de beaucoup, elle appartenait au groupe des plus belles femmes de Rome.
Après avoir vidé toutes les larmes de son corps, Mikoto se résigna à la dure réalité d'être unie sans amour réciproque à un prince d'une des grandes familles de la capitale. Elle se jura d'accomplir son devoir en tant que tel lorsque son mari le jugera bon. En attendant, elle fera ce qu'on attendait d'elle : une épouse parfaite. Le soir venu, alors qu'elle s'était préparée à aller dormir, Fugaku lui rendit visite dans sa chambre. S'approchant d'elle, il l'incita à s'allonger sur le lit, commença à la caresser et à lui enlever sa tunique de nuit. Comprenant que la conversation espionnée tantôt a eu l'effet escompté, son époux était venu accomplir son devoir. Mikoto se soumit à lui sans intervenir. Cependant, elle se sentait oppresser. Les paroles prononcées lui revenaient en mémoire et la blessèrent. Sans s'en rendre compte et malgré sa résolution, les larmes se remirent à couler le long de ses joues. Son époux constatant l'inaction de la jeune femme en dessous de lui et ce liquide sur ses doigts en fut confus et se releva. Il la couvrit du drap en disant.
"- Pardonnez-moi, je ne veux pas vous forcer.
- Ce n'est rien, je vous assure, le rassura Mikoto, d'une voix ébranlée, se redressant sur ses coudes. C'est à moi de m'excuser.
- Je vais vous laisser dormir. Je...
- Non, cela va aller... Le coupa-t-elle en se rallongeant. Je suis prête.
- ... Fugaku lui tourna le dos et commença à se diriger vers la porte.
- Je... Je vous dégoûte tant que cela... que remplir votre devoir conjugal vous semble insurmontable, demanda Mikoto, s'asseyant dans le lit, des sanglots dans la voix mais se refusant de pleurer devant lui.
Fukagu se retourna mais resta silencieux. Il voyait l'expression blessée et désespérée de sa jeune épouse, une main tenant le drap sur sa poitrine pratiquement à nue. Il ne savait pas comment réagir. Face à ce silence, Mikoto reprit alors la parole.
-... Si cela est trop dur pour vous,..., alors... alors laissez le conseil me répudier et prenez une autre épouse... plus à votre goût... Moi ou une autre, quelle importance, tant que vous avez votre héritier... Continua-t-elle en baissant la tête.
Elle était prête à renoncer à lui, la mort dans l'âme mais elle le ferait, pour son bonheur à lui, tant pis si elle devait en mourir de chagrin.
- Cela n'a rien à voir avec votre beauté ou mes goûts, répliqua Fugaku. Vous êtes une des plus belles femmes que je connaisse. Je ne souhaite pas abuser de vous. Il n'existe pas d'autres explications."
Sur ces mots, le jeune marié sortit pour rejoindre ses propres appartements. Dès la porte fermée, Mikoto laissa court à sa tristesse et s'endormit des sillons de larmes sur les joues. Dans les jours suivants, elle se refusa à montrer son coeur brisé et accomplissait admirablement son rôle de future première dame de la famille. Malheureusement, elle avait perdu de son entrain et de sa joie de vivre au grand étonnement de Fugaku. Cependant, il se refusait toujours à partager sa couche. Cela dura ainsi encore deux mois.
Un soir, le jeune héritier se résigna à aller voir Mikoto. Il entra dans sa chambre et la vit debout. La lumière des bougies rendait sa tunique transparente et laissait apercevoir son fin corps. Sentant l'excitation l'envahir, il l'installa encore une fois sur le lit et posa ses mains sur son corps en embrassant son cou. Il était décidé à aller jusqu'au bout. Cependant, alors qu'il caressait à travers ses vêtements le sein de son épouse, il entendit un gémissement, le stoppant net. Il se redressa et s'assit au bord du lit. Mikoto, encore une fois blessée et frustrée, lui demanda.
"- Pourquoi ? Dites-moi pourquoi ?
- Je ne peux pas, c'est tout. Ne cherchez pas à comprendre, s'énerva-t-il quelque peu. Il était en colère contre lui.
- Mais, nous avons un devoir à accomplir : donner un héritier à la famille Uchiwa, insista sa jeune épouse.
- Un devoir... Souffla t il afin de garder son calme. Oui,... mais je préfère tout de même que nous en restions là pour ce soir.
- Mais dites-moi au moins pourquoi vous vous refusez à faire de moi vôtre, le supplia Mikoto. Vous m'avez affirmée que cela n'avait rien avoir avec un quelconque dégoût mais votre comportement me fait penser le contraire et à un mensonge... Je mérite au moins une explication, s'il vous plaît.
- ... Vous avez raison. Je vous dois bien ça... Nous avons grandi ensemble, jouant et se réconfortant tout deux. Chaque fois que j'ose poser mes mains sur vous, j'ai l'impression de ... de commettre un inceste... Vous êtes une petite soeur pour moi et non une épouse", expliqua-t-il avant de se lever pour sortir.
Voyant son geste et sous l'emprise d'une pulsion, Mikoto se précipita pour le retenir mais dans son mouvement se piqua le pied sur une aiguille qu'elle avait perdu de son ouvrage dans l'après-midi. Son sang coula et tâcha les draps. En entendant sa plainte, Fugaku se précipita vers elle pour voir la blessure. Constatant que ce n'était rien de grave, il entreprit de repartir. Mikoto alors lui quémanda en lui saisissant le bras.
"- Fugaku, je vous en prie, restez avec moi cette nuit. Je me sens si seule et j'ai si froid. Dormez avec moi comme quand nous étions enfants, s'il vous plaît."
Voyant sa détresse, son mari accepta et se coucha auprès d'elle. Cette dernière se blottit contre lui et s'endormit en écoutant les battements de son coeur. Le lendemain, alors que son mari avait déserté très tôt son lit, elle se mit à réfléchir. Fugaku lui avait assuré que le problème ne venait pas d'elle. Ce qui le freinait et l'empêchait de l'aimer, c'est sa vision filiale à son égard. Peut-être, que si elle arrivait à le séduire, il changerait d'avis et peut-être qu'elle pourra alors être vue en femme et atteindre son coeur. C'est sur cette nouvelle résolution que Mikoto entreprit de redevenir elle-même.
Depuis ce jour, elle le taquinait de nouveau, le conseillait et le soignait dès qu'il tombait malade. Elle était son soutien quelque soit ses décisions et les événements. Elle sut ainsi devenir indispensable auprès de son mari mais aucuns gestes tendres ne furent échangés continuant à la blessant chaque jour un peu plus. Au bout de six mois, alors que la maison était sur le point de s'endormir en un soir étoilé, la jeune femme eut une visite des plus explosives de Fugaku dans sa chambre. Il était visiblement en colère.
"- Mon ami, que vous arrive-t-il ?
- Ce sont les anciens. Ils mettent la pression sur mon père et sur moi, fulminait-t-il en faisant les cent pas dans la pièce.
- Fugaku, calmez-vous. Si vous êtes venus me voir, c'est que vous avez besoin de vous confier. Je vous écoute, l'encouragea-t-elle.
- Comme vous le savez, mon père tombe régulièrement malade et se fatigue de plus en plus. Il souhaite se retirer de la direction de la famille me laissant son siège, commença son époux. Malheureusement, les anciens le refusent tant que je n'aurai pas d'héritier. Ils parlent déjà de répudiation que ce soit pour vous ou pour moi.
- Mais pourquoi pour vous également ?
- Ils veulent s'assurer que le chef dispose d'une descendance solide afin d'éviter une coupure dans la lignée successorale, lui répondit Fugaku. Si je ne dispose pas d'héritier avant le décès de mon père, les anciens me menacent de nommer Obito à ma place en tant que successeur car son épouse Rin lui a déjà donné un garçon.
- Je ne vois qu'une solution à votre problème : que nous fassions notre devoir.
- Mikoto... Je vous dois le respect et ce n'est pas en vous forçant que je le ferai... Je ne peux m'y résoudre, lui affirma-t-il sans se rendre compte que ses mots la blessèrent encore une fois.
- Me voyez-vous encore comme une soeur ? Le questionna cette dernière un peu émue.
-... Je dois avouer que non... Cependant, je me rappelle d'une chose. Vous m'aviez confiée désirer vous unir à une personne par un amour réciproque, ainsi que d'être déjà amoureuse... Argumenta Fugaku. Je sais que c'est encore le cas et que ce n'est pas de moi... Par respect pour vos sentiments, je ne peux pas vous faire mienne... De plus, je ne pense pas être amoureux de vous."
Mikoto sentit son coeur se déchirer à nouveau. Elle se souvenait encore de cette discussion lorsqu'ils étaient encore des enfants. Pragmatique comme il était, Fugaku savait qu'il ne pourrait pas le vivre du fait de son statut d'héritier. Il s'était résigné mais pas elle. La jeune femme fut mortifiée de constater que malgré ses efforts, son mari n'avait pas compris ses sentiments à son encontre. Ils étaient aussi encore en sens unique. Elle prit alors la parole en détournant son visage pour ne pas lui montrer ses yeux s'humidifiés.
"- Je vous remercie pour votre considération... Si cela est au-dessus de vos forces, alors signer un acte de répudiation et prenez une autre épouse qui comblera votre coeur. Vous pourrez rassurer le conseil, je leur laisserai ma dote. Je n'en aurai pas besoin là où je compte me rendre.
-... Aucune personne n'habite mon coeur, lui confia-t-il lui assénant encore un coup au moral.
- Pourquoi avoir accepté de m'épouser si vous ne pouvez pas me toucher ? Peut-être qu'avec une inconnue, cela aurait été plus facile de réaliser votre devoir.
- Je n'ai pas vraiment eu le choix, répliqua Fukagu enfonçant encore plus le poignard dans le coeur de la jeune femme. Cependant, vous connaissant, je pensais que cela me serait plus aisé car vous étiez la seule dont je me suis surpris à accepter la présence auprès de moi. Vous n'êtes pas hypocrite. Vous êtes désintéressée et vous pensez à la famille avant tout, même avant vous-même... Malheureusement, je me trompais.
- En effet, vous vous être trompé... Je ne suis pas désintéressée... Mais cela n'a plus d'importance maintenant..., réussit-elle à prononcer malgré son envie de pleurer.
- Pourquoi avez-vous dit que vous n'êtes pas désintéressés ? Je ne vous suis plus, s'enquit Fukagu intrigué et un peu en colère car il l'avait toujours jugé altruiste.
- Ne me demandez pas ça... Je vous en prie... Supplia Mikoto d'une voix triste, les yeux se remplissant de plus en plus de larmes. Remariez-vous avec une femme vous permettant de fortifier une alliance, ainsi les anciens ne vous menaceront plus. Répudiez-moi et laissez-moi rentrer dans l'ordre des Vestales. Laissez-moi prier les Dieux pour vous.
- Mikoto, même si j'acceptais votre souhait, vous ne pourrez pas devenir une Vestale...Ils veulent vous répudier pour cause de stérilité.
- Mais comment cela ? Je suis toujours vierge. Vous n'avez qu'à leur confier que le mariage ne fut pas consommé, s'exclama son épouse horrifiée.
- Une esclave a trouvé la tâche de sang due à votre blessure survenue il y a six mois. Tout le monde a conclu que j'avais conquis votre virginité, lui expliqua-t-il ne se tournant dos à elle, les bras croisés sur le torse. J'avais beau leur expliquer la vérité, ils ne m'ont pas cru en insistant sur le fait que des membres de la famille m'ont vu quitté votre chambre qu'au matin.
- Mon dieu ! Que vais-je devenir ? Qu'allez-vous faire ? Si vous me répudiez, je serai humiliée et discréditée, sujette aux moqueries, déjà que je suis la victime de jalouses... Personne ne voudra plus de moi," s'écroula Mikoto, en pleure sur son malheur mais surtout sur celui de l'homme qui lui avait volé son coeur à jamais, les mains cachant ses yeux.
En pensant à lui, elle les découvrit toujours larmoyants. A quoi bon, en fin de compte, elle était toujours autant amoureuse de lui, malgré les blessures qu'il lui infligeait involontairement. Elle était prête à subir toutes les humiliations et à vivre seule pour lui. Elle reprit la parole.
"- Faites-le. Peu m'importe mon sort. Seul votre honneur compte pour moi.
- Je ne peux faire cela. J'ai juré lors de notre mariage de vous protéger. Je ne peux donc pas vous laisser subir ce sort, refusa Fugaku. Je vais donc laisser ma place d'héritier à mon cousin Obito. Cependant, j'aimerai comprendre vos discours de tantôt."
Bien que ses paroles fussent un baume à son coeur, Mikoto se laissa tomber sur les genoux pleurant sur les dalles de marbres froids, devant un Fugaku qui ne savait pas comment réagir. C'est alors qu'elle vit le couteau dont elle se servait pour couper ses fruits. Voilà, la solution pour le libérer, lui permettre de combler le souhait des anciens et garder sa place. Elle reprit son calme. Se relevant, elle se dirigea vers la table et se saisit doucement de l'objet de sa libération. Voyant le geste de son épouse, Fugaku décroisa ses bras, alarmé de comprendre ce qu'elle souhaitait entreprendre et se dirigea vers elle.
"- Mikoto, que faites-vous avec ce couteau ?
Cette dernière reculait d'un pas à chaque fois qu'il en faisait un.
- Je vous l'ai dit, mon sort m'importe peu. Je vais vous libérer de notre mariage et ainsi vous pourrez accomplir votre devoir et votre destin."
Tout en continuant à reculer, elle approcha le couteau de son ventre afin de l'y enfoncer. Alors qu'elle sentit ses jambes butées sur le bord du lit, elle leva les bras au-dessus d'elle pour donner de l'élan à son acte. Se faisant, elle ferma les yeux pendant quelques secondes pour rassembler son courage. Cependant, ce petit laps de temps laissa à Fugaku l'opportunité d'intervenir. Il se précipita à grandes enjambées sur elle en saisissant ses poignets et lui arracha le couteau. Dans son élan, il les fit basculer sur le lit, lui sur elle, les mains jointes au sommet de sa tête. Après avoir jeté au loin l'outil de mort, il se mit à crier.
"- Pourquoi, dites-moi pourquoi vouloir vous suicider ?... Pourquoi me dire que votre sort vous indiffère ?... Pourquoi m'avouer que vous n'êtes pas une personne désintéressée comme je le pensais ?... Pourquoi vouloir tout sacrifier, y compris votre vie, pour moi ?
- ... Non, ne me demandez pas...
- Répondez-moi, insista son mari en lui serrant un bras de sa main libre, lui laissant échapper une plainte douloureuse.
- Je... JE VOUS AIME ! Hurla Mikoto, les larmes ruisselantes sur ses joues. Je vous aime depuis notre enfance.
- Mais... Cela ne se peut... ? Vous... Bégaya Fugaku, abasourdi par l'aveu des véritables sentiments de celle qui voulait la minute d'avant le libérer de sa présence.
- Lors de notre discussion enfantine, c'est de vous dont je parlais. Je ne suis pas désintéressée car pour moi, notre mariage fut le plus beau jour de ma vie jusqu'à ce que je me rende compte que je vivais un amour à sens unique, lui avoua-t-elle des sanglots dans la voix. Depuis lors, je n'avais de cesse à vous montrer mes sentiments envers vous, à essayer de vous séduire en me rapprochant de vous. Je vous taquine et je suis franche pour me montrer différente de ces femmes hypocrites. Malheureusement, j'ai échoué à vous réchauffer le coeur et vous êtes resté aveugle à mes appels.
- Je... Je suis désolé... Je ne savais pas ... Je
- Vous me donnez votre compassion... C'est de votre amour dont j'ai besoin mais vous ne me le donnerez pas car vous ne m'aimez pas comme je vous aime... Et pourtant, malgré mon coeur meurtri, vos rejets perpétuels de me faire votre, je ne peux pas cesser de vous aimer du plus profond de mon être.
-...
- Laissez-moi mourir ! Laissez-moi vous libérer ! Par amour pour vous, je veux vous libérer par ma mort. Ainsi les anciens ne vous retireront pas la place qui vous revient de droit, " Supplia Mikoto en larmes.
Alors qu'elle pleurait, Fugaku n'avait de cesse de la regarder et d'un coup, sans prévenir, l'embrassa. A ce geste, son épouse se débattit et le repoussa. Il fortifia sa prise et lui demanda :
"- Pourquoi me repoussez-vous ? Je croyais que c'est ce que vous vouliez.
- Vous connaissez mes sentiments alors vous avez pitié de moi... Pleura Mikoto. Je ne veux plus souffrir, ressentir mon coeur se briser à chaque minutes, vous entendre dire que vous ne ressentez pas la même chose pour moi et être un fardeau pour votre destin.
- Alors apprenez-moi ! Je ne sais pas ce qu'aimer veut dire car je ne l'ai jamais connu de ma propre mère. J'ai conscience que d'une chose, je ne veux pas vous perdre ou vous voir répudier. Je sens au fond de moi que vous êtes celle qui peut me le montrer, me le faire sentir alors apprenez-moi."
En finissant sa phrase, sous le regard abasourdi de Mikoto, Fugaku approcha ses lèvres des siennes et s'en emparât. Il y força l'entrée et commença à jouer avec sa langue. Bien que surprise, son épouse se détendit sous ce doux baiser et se mit à y répondre. Celui qui allait devenir son amant lâcha ses poignets afin de défaire sa coiffe alors que l'autre se dirigea vers sa hanche pour ensuite aller vers sa cuisse afin de la caresser au travers de ses vêtements. Mikoto, sentant ses mains de nouveau libre, mit une d'entre elle autour du cou de son mari alors que l'autre se posa sur sa joue avant de la faire glisser sur son dos afin de le coller à elle. Sous l'effet de ses caresses, elle se mit à gémir doucement, augmentant le désir de son époux.
La sentant s'abandonner à lui, Fugaku quitta ses lèvres pour goûter son cou et s'enivra de son odeur de pêche avant d'y poser ses lèvres sous l'augmentation des gémissements de son amante. Sa main toujours située sur la cuisse de cette dernière tira doucement sur le tissu pour le remonter et enfin toucher sa peau pure et chaude. Il glissa ses doigts jusqu'à son genou pour l'inviter à plier sa jambe contre lui et reprit son chemin vers sa hanche d'une douce caresse. Son autre main commença à décaler la tunique des épaules de son épouse afin de les baiser également jusqu'à atteindre la naissance de sa poitrine. Sous ces gestes d'amour, le souffle de Mikoto se fit plus intense et son coeur s'emballait tel un cheval au galop. Sans vraiment s'en rendre compte, elle entreprit d'ouvrir le haut de Fugaku pour y glisser ses bras vers ses fortes épaules et son dos pour y sentir sa chaleur le faisant frissonner sous ses doigts fins.
Elle sentit soudain un manque de lui qui fit vite combler quand son amant l'embrassa de nouveau, passionnément. Son esprit s'envola alors dans un univers connu d'eux seul. Son époux entreprit de sa main libre de desserrer les liens de cette tunique qui lui cachait ce corps qu'il avait entraperçu les mois précédents. Il se...
"- Stop mon amie, je vous en prie, Mikoto, l'interrompue Kurenaï. Nous pouvons toutes imaginer ce qu'il s'est passé ensuite. De plus, je crois que nous sommes entrain de perdre Hitomi.
L'Uchiwa se tourna vers la concernée et constata, en effet, que l'hôtesse de la journée était rouge et sur le point de perdre connaissance.
- Pardon, je crois que je me suis laissée entraîner par mon récit.
- Je n'aurai jamais imaginé cela et votre attente dans de telle souffrance à votre coeur, intervint Kurenaï. J'ai, cependant, l'impression que votre première fois a été mémorable.
- Et bien, rougit tout de même Mikoto, je pense comme nous toutes merveilleuse et maladroite. Je dois avouer que je n'ai ressenti que peu de douleur. En tout cas, cela nous a permis d'avoir Itachi car Fugaku est venu régulièrement me visiter depuis ce soir-là. Je suis tombée enceinte durant ma dix-neuvième année.
- Mais avez-vous réussi ? Vous aime-t-il maintenant ? A-t-il répondu à vos sentiments ?
- Je... je ne sais pas, leur répondit-elle tristement. Il est tendre, attentionné et m'est fidèle mais il ne m'a rien avoué.
- Peut-être est-il trop timide ou embarrassé pour s'étendre la dessus, la réconforta Hitomi.
- En tout cas, votre histoire me rappelle un peu la mienne, fit remarquer Tsume en la coupant.
- Racontez-nous !" S'enthousiasma Mikoto et Kurenaï alors qu'Hitomi se remit un peu à rougir mais ses yeux exprimaient tout de même une grande curiosité.
Tsume se leva et regarda l'horizon afin de rassembler ses souvenirs.
"- Il faut d'abord que je vous parles de la situation dans laquelle je me trouvai au sein de ma famille et notre façon de vivre... Commença la jeune femme. Comme vous le savez surement, les Inuzuka mettent la vérité, l'honneur et la fidélité au-dessus de tout. Notre famille fonctionne comme une meute de loup où le couple alpha a tous les pouvoirs, protège et montre l'exemple à ses membres. Les sentiments qui lient les deux conjoints comptent donc énormément lors des mariages pour éviter toute tromperie ou infidélité et protéger les intérêts de la famille. Il est très rare qu'un veuf ou une veuve se remarie après la mort de leur conjoint. Ce fut le cas de mon père, le précédent chef, deux ans après ma naissance. Ma mère est morte en couche mais elle emmena mon frère avec elle. Je suis donc fille unique..."
Ainsi, Tsume leur raconta que chez les Inuzuka, l'épouse du chef possèdait autant d'autorité que son mari sur la maisonnée. De plus, en cas d'absence d'héritier mâle, c'était le mari de l'aînée qui reprenait le poste de dirigeant, gardant la succession dans la même lignée de sang. En public, le couple faisait illusion en affichant un pater familias alors qu'en réalité, c'est une collaboration équitable entre époux qui s'exerçait. Tsume fut élevée par des nourrices mais surtout par son père qui l'éduqua de manière à devenir une héritière digne de ce nom comme si elle était née garçon. Elle devint indépendante et tenait tête aux membres masculins, quitte à se battre physiquement. Elle avait horreur de s'habiller en femme et préférait les vêtements d'homme pour pouvoir courir les forêts et les campagnes. Du fait de son comportement, les filles ne comprenaient pas son manque de féminité et les garçons avaient peur d'elle. Tsume n'avait pas de vrais amis sauf deux.
C'était, tout d'abord, une fille du nom de Kagome dont elle fit la connaissance à huit ans. Elle avait été adoptée par un couple Inuzuka sans enfant qui l'avait trouvée sur les marches d'un temple. Au fil du temps, Tsume et elle se lièrent d'amitié. Son amie lui permit de développer son côté délicat et féminin, étant très coquette. La première fois que l'héritière avait enfilé une robe, poussée par Kagome, pour ses douze ans a été mémorable. Elle se souviendrai toujours de la tête de son père. Il avait cru revoir sa mère et eu les larmes aux yeux. Les garçons s'étaient retournés à son passage se demandant qui elle était. Cependant, lorsque Tsume en mit un au tapis, tous la reconnurent. Durant cette fête d'anniversaire, le meneur d'un groupe de garnement persécutait un de leur camarade qui isolé n'arrivait pas à faire face à un contre dix.
C'est donc au cours de cette soirée qu'elle rencontra son deuxième meilleur ami. Ce dernier s'avéra être le garçon maltraité nommé Senji, benjamin d'une famille cousine aux Inuzuka, de deux ans son aîné. Il n'était pas le plus beau ou le plus fort mais il avait le mérite d'être très observateur et intelligent. Son seul défaut était sa tendance à être crédule malgré son intellect. Il l'avait remercié et passa le reste de la fête avec elle. Depuis, les deux ne se quittaient plus et faisaient les quatre cent coups ensemble, toujours incités par Tsume. Kagome, plus calme, restait un peu plus en retrait mais les couvrait toujours de la colère des adultes. Un jour, Senji avoua à Tsume qu'il l'avait observée depuis des années mais sans oser lui adresser la parole. Malheureusement, alors qu'elle avait quinze ans, il dut partir de Rome pour suivre ses parents partant faire des affaires dans une autre province.
Les années passèrent sans grand changement. Tsume et Kagome étaient toujours amies, même si par moment, la première sentait son amie s'éloigner d'elle sans en connaître la raison. Quelques temps après le départ de Senji, l'héritière se vit courtiser par tous les côtés. En effet, certains hommes se mirent dans l'idée de la séduire pour l'épouser afin de succéder à son père au moment de sa mort. A dix-sept ans, son père, soucieux, la convoqua à son bureau.
"- Père, vous m'avez faite demander ? Demanda Tsume.
- Oui, ma fille, commença-t-il. Comme tu le sais, il sera bientôt temps pour toi de te choisir un époux pour assurer la succession de la famille. Malheureusement, je constate qu'aucun homme ne semble trouver grâce à tes yeux. J'aimerai comprendre.
- Père, avec tout le respect que je vous dois, je refuse de lier ma vie et mon honneur à un mari qui ne pense qu'à ravir votre place et non à mes sentiments ou à la famille. Pour le moment, je n'ai trouvé personne qui puisse honorer notre code de conduite, commença l'héritière.
-...
- Je sais pertinemment que les hommes me tournent autour juste pour mettre dans leur lit afin de diriger notre famille. Je suis prête à me marier sans sentiment, si je peux avoir un minimum de confiance en lui et respect de la part de mon conjoint, affirma la jeune femme, se souciant de faire son devoir pour les Inuzuka.
- Je suis bien triste de te l'entendre dire, reprit son père. J'aurais souhaité pour toi que tu vives un mariage tel que celui de ta mère et moi, dans un amour et un respect mutuels. Cependant, je suis fière d'avoir une telle fille que toi.
- Père, je vous remercie pour votre compliment. Il me touche, avoua Tsume émue mais toujours sérieuse. Cependant, j'ai également vu votre tristesse et votre coeur vide depuis le décès de mère. Je sais que ce sont vos responsabilités vis-à-vis de la famille et moi qui vous avons empêché d'aller la rejoindre.
- Tu juges bien... Ce sera tout mon enfant, je vais réfléchir à ton avenir. Je te tiens au courant de la suite dans les prochains jours, la congédia l'homme qui l'a mise au monde.
- Bien père, j'ai une totale confiance en vous et en votre jugement. Je sais que vous ferai au mieux pour nous tous et pour moi. Je vous laisse donc," salua Tsume.
Cette dernière quitta donc le bureau sous le regard de son père, pensant à son futur. Elle ressentit le besoin d'aller galoper à travers la campagne romaine. Quelques jours passa, le chef Inuzuka fit venir sa fille dans le jardin, il avait une surprise pour elle. Il lui avait demandé de s'habiller correctement, c'est-à-dire en héritière et non en garçon d'écurie comme à son habitude. La voyant arrivée, il souffla de soulagement. Tsume avait pris en considération sa demande. Elle arborait une ancienne robe de sa mère et marchant le soleil dans le dos, il avait vraiment la vision de sa défunte femme le jour de leur première rencontre. C'est la voix de sa fille qui le sortit de ses songes.
"- Père, qu'avez-vous ? Vous sentez-vous bien ?
-... Oui, pardonne-moi. J'étais dans mes pensées... Ma fille, j'ai une surprise pour toi ... Veuillez sortir jeune homme."
A entendant ces paroles, la jeune femme se tourna vers l'inconnu. Elle se surprit à retenir son souffle, la main devant la bouche et les yeux exorbités montrant son grand étonnement. Devant elle, se dressait celui qui l'avait laissé il y a deux ans. Elle ne peux s'empêcher de crier en se jetant dans les bras de son visiteur.
"- Senji,... Senji, c'est bien toi !
- Salut, crevette. Oui c'est bien moi. Comment tu vas ? S'exprima son meilleur ami.
- Arrête de m'appeler comme ça, gringalet.
- Gringalet, je pense que je ne peux plus répondre à ce sobriquet. Tu ne crois pas ?"
Tsume recula pour observer attentivement son ami enfin revenu. En effet, son surnom ne lui allait plus vraiment. Il était passé d'un adolescent frêle et filiforme à un jeune homme carré et bien bâti. Senji avait bien changé en deux ans. Son corps s'était bien développé et épanoui. Une seule chose n'avait pas changé : son regard. Ses yeux noisettes exprimaient autant de douceur et d'espièglerie. Surtout, il était plus grand qu'elle maintenant d'une bonne tête voir deux.
"- Tu as raison, constata Tsume. Alors, que viens-tu faire ici ?
- Mes enfants, les interrompit le chef Inuzuka. Je vais vous laisser à vos retrouvailles mais j'aimerai vous voir demain matin dans mon bureau tous les deux.
- Bien." Répondirent en coeur les jeunes gens.
Alors qu'elle voyait son père repartir vers la maison, la jeune fille invita son meilleur ami à une promenade dans la propriété pour se remémorer leur souvenir et avoir des nouvelles de chacun. Elle apprit ainsi que les parents de Senji avait fait fortune et avait augmenté leur influence sur le plan politique et commercial faisant de puissant allié pour leur cousin les Inuzuka. Les deux ne rendirent pas compte qu'une personne les espionnait, la jalousie brûlante dans les yeux. Le lendemain, Tsume et Senji se présentèrent devant le chef de famille qui déclara.
"- Mes enfants, vous connaissez les valeurs les plus importantes des Inuzuka et que nous cultivons. Commença-t-il. C'est pourquoi lors des mariages, nous privilégions les affinités entre les conjoints pour éviter toutes tromperies.
- Nous le savons.
- Bien, continua-t-il... Je connais la grande amitié que vous ressentez l'un envers l'autre. Je sais aussi les sentiments que vous portez à notre famille... Le conseil et moi-même avons décidé de vous marier tout deux ensemble."
Les deux jeunes se regardèrent étonner avant de se retourner vers le père de Tsume comprenant qu'il n'avait pas fini de leur expliquer la situation.
"- Vous vous connaissez depuis des années et vous vous faites confiance. Cependant, cela fait deux ans que vous ne vous côtoyez plus. C'est pourquoi je vous laisse un an pour vous apprivoiser à nouveau. Au bout de ce délai, si vous êtes d'accord pour vous unir par les liens du mariage, vos fiançailles seront proclamées. Elles dureront également une année, reprit-il. Ce délai peut paraître long mais nous voulons êtes sur que vous ferez un couple harmonieux qui apportera prospérité à la famille... Sachez en profiter pour approfondir votre connaissance de l'autre... Vous êtes également libres d'arrêter ce projet à tout moment jusqu'à la cérémonie.
- Bien, père. Merci pour votre confiance et pour ce délai. Il nous sera en effet précieux." Remercia Tsume avant de quitter le bureau en compagnie de Senji.
Les deux se rendirent sous un belvédère afin de discuter de la décision du conseil et du chef de famille.
"- Tsume, cela te convient-il ? Je ne veux pas te forcer à quoi que ce soit.
- Cela me va très bien. Ça me soulage même de savoir que ce sera toi qui partagera ma vie et qui m'aidera à diriger notre famille. Pour tout t'avouer, j'avais peur de les anciens choisissent un de ces hypocrites qui me tournent autour depuis ton départ.
- Ah oui, Kagome m'en avait parlé...
- Tu as revu Kagome ?! Quand ? Le coupa Tsume.
- Non, je n'ai pas encore eu ce plaisir mais nous nous écrivions, lui répondit Senji, songeur. Dans ses lettres, elle avait l'air d'affirmer que tu avais des soupirants et que tu pourrais envisager de répondre favorablement à un d'entre eux.
- Non, surement pas. Tu as du mal comprendre ou alors, elle ne sait pas écrire car elle connait parfaitement mon sentiment là-dessus, rigola un peu la jeune femme. Tu échangeais donc une correspondance avec elle. J'aurai aimé en dire autant car après quelques mois, je n'ai plus rien reçu de ta part.
- Mais je t'ai également écrit pendant toute la durée de mon absence, l'informa étonné le jeune homme. D'ailleurs, je me demandais souvent pourquoi je ne recevais plus tes réponses à mes missives alors que celle de Kagome me parvenait.
- C'est étrange mais peut-être que nos échanges épistolaires se perdaient sur le chemin, supposa Tsume.
- Peut-être... Réfléchissa Senji.
- Bah... Laissons cela. C'est du passé maintenant. Je crois que maintenant, nous n'avons pas intérêt à nous quitter de vue si nous voulons donner une réponse au conseil d'y si un an.
- Tu as sans doute raison. Mais tu es vraiment sure de toi. Tu n'es donc pas amoureuse. Es-tu vraiment prête à accepter un mariage arrangé ? Insista le jeune homme.
- J'ai vu mon père être détruit par ce sentiment à cause de la mort de ma mère. Je ne vois que souffrance dans ses yeux quand il parle d'elle. Je ne veux pas vivre la même chose ou faire vivre cela à quelqu'un.
- Tsume, l'interpella Senji en mettant une main sur sa joue et en la regardant d'un regard tendre. Ton père a perdu son épouse mais pourtant il continue à l'aimer. Il doit bénir le jour où il l'a rencontrée car elle lui a donné un magnifique présent : toi... Oui, il souffre de sa perte mais il ne doit pas regretter un seul instant les moments de bonheur qu'il a partagé avec elle. Es-tu vraiment sur que c'est de la souffrance que tu vois dans ses yeux ? C'est peut-être juste de la mélancolie et de la tristesse de penser que ta mère n'a pas pu voir la magnifique jeune femme que tu es devenu.
-... Elle l'a abandonné... et...
- A ce que je vois, tu as toujours aussi peur d'être abandonnée et de souffrir par la perte de l'autre, continua-t-il doucement en la serrant dans ses bras. Tu sais, aimer s'est accepté une part de risques et de blessures. Tant que les sentiments sont forts, les amants peuvent tout surmonter.
-... Peut-être, je ne sais plus... En tout cas, je ne te savais pas aussi romantique. Rougit un peu Tsume aux paroles de son ami, en quittant son étreinte réconfortante. Mais toi, cela n'a pas l'air de te déranger non plus. N'as-tu pas envie de te marier par amour ?
- Et bien... Cela me va... Mes parents me pressent depuis mes seize ans à me trouver quelqu'un. Ils sont également favorables à l'attachement entre époux. Ce ne sont pas des cousins des Inuzuka pour rien. Rigola Senji, la main derrière la tête.
- C'est vrai", ria sa camarade entraînée par son rire.
Elle avait bien vu qu'il avait évité de répondre à sa question. Respectueuse, elle n'insista pas mais ce posa tout de même la question : Senji pourrait-il être amoureux ? Si oui, de qui ? A cette idée, son coeur se serra sans en connaître la raison. Alors pourquoi accepterait-il ce mariage ? L'aimerait-il ? A cette hypothèse, elle secoua sa tête pour l'éloigner d'elle. Il était son meilleur ami, ce n'était donc pas possible.
"- Alors, profitons de cette année pour approfondir notre relation," termina-t-elle.
Une année s'écoula où les deux jeunes gens se rapprochèrent un peu plus chaque jour sous les yeux du père de Tsume et de leur amie Kagome qui semblait heureuse pour eux. Ils faisaient énormément de sortie ensemble et parfois discutaient des soucis de la famille montrant à tous leur grandissante complicité. Senji passait du temps avec Kagome, ce qui ne dérangeait pas vraiment Tsume, même si elle ressentait un petit pincement. Au bout de cette année, le chef des Inuzuka les convoqua de nouveau. Devant lui, les deux jeunes gens acceptèrent de convoler en juste noce.
C'est ainsi que Tsume et Senji se virent fiancer pour une durée d'un an avant que la cérémonie ait réellement lieu. Toute la famille se vit réquisitionnée pour l'organisation. Leur chef voulait faire les choses en grand pour sa fille unique. Les mois s'écoulèrent tranquillement jusqu'à ce que Tsume surprenne une discussion entre Kagome et son fiancé.
"- Senji, pourquoi ?
- Tu sais très bien pourquoi, affirma Senji, avec force, étonnant Tsume.
- Tu es mon ami, je vais te confier ceci... souffla son amie. Il y a encore quelques jours, elle m'a avouée que..."
Tsume ne put entendre la suite car son père venait de la faire appeler. En tout cas, son espionnage lui permit de découvrir que sa soit-disant amie était une menteuse. Cela faisait des jours qu'elles ne parlaient plus de sujet intime. A partir de ce moment, la fille du chef des Inuzuka ne confia plus rien à Kagome et s'éloigna d'elle. Elle n'avait plus confiance. Un autre changement eut lieu depuis : Senji semblait triste et renfermé, surtout avec elle. Tsume ne comprenait plus rien. La veille du mariage, elle décida de lui en faire part.
"- Senji, demain, nous allons nous marier mais je sens que quelque chose ne va pas quand nous sommes ensemble. Il vaut mieux que nous réglons ce différent maintenant. Veux-tu toujours m'épouser ou as-tu changé d'avis ?
- Bien sur que je veux toujours me marier avec toi, affirma le concerné, quelque peu gêné. Excuse-moi, mais je...
- Tu...? Encouragea sa fiancée.
- Je... n'arrête pas de me questionner... Es-tu vraiment prête à te lier à un homme dont tu n'es pas amoureuse ? Et moi-même, suis-je prêt à m'unir sans sentiment réciproque ?
- Que... que veux-tu me dire ? J'ai peur de comprendre.
- Tsume, je... je t'aime... Avoua Senji, en lui prenant ses mains dans les siennes. Quand je t'ai vue la première fois, j'ai été frappé par ta solitude. Tu m'intriquais. Lorsque nous avons commencé à devenir des amis, j'ai appris à te connaître. J'ai eu de l'admiration pour toi. Petit à petit, mes sentiments ont changé et se sont transformés en amour. Je l'ai compris lors de mon départ. Tu ne peux pas savoir combien tu m'as manquée. Lorsque ton père m'a confié son projet, j'ai sauté sur l'occasion. Je réalisais mon rêve : t'épouser malgré un amour non réciproque. Mais...
- Mais...
- Kagome m'a confié que mes efforts pour te séduire, te montrer mon amour et ainsi toucher ton coeur étaient voués à l'échec car tu ne m'aimeras jamais. Alors je ne sais plus si je suis assez fort pour supporter cela jusqu'à ma mort.
- Senji, sache que Kagome t'a menti. Je n'ai plus eu ce genre de discussion avec elle depuis nos fiançailles, essaya de le rassurer Tsume. Il est vrai que je ne sais pas si je suis capable de tomber amoureuse et tu sais pourquoi. Cependant, si cela devait m'arriver, je suis certaine que ce serait d'un homme tel que toi.
- Alors me laisses-tu une chance de me faire aimer de toi ?
Tsume acquiesça de la tête en rougissant.
- Pourquoi m'aurait-elle menti ? Douta son fiancé, étonné par son discours et sa réponse.
- Insinuerais-tu que c'est moi qui mens ? Tu es toujours aussi crédule. Je pensais que tu me connaissais mieux que ça, affirma la jeune femme à la limite de la colère, lâchant ses mains. Si tu me crois, je te verrai demain devant l'autel. Dans le cas contraire, ce n'est pas la peine de venir."
Tsume le quitta pour le laisser réfléchir seul. Elle était blessée et ne pardonnera pas de ci-tôt à Kagome. Le lendemain, alors qu'elle portait sa magnifique robe de mariée et les bijoux appartenant à sa défunte mère, elle s'avança auprès de son père vers l'autel. Son coeur s'accéléra. Devant elle, la silhouette de Senji se dessinait, aussi beau qu'un dieu. La future mariée sourit et se surprit à se sentir soulager. Il l'avait crue. Elle regarda alors Kagome d'un regard noir. La cérémonie se déroula sans incident. Tout le monde était heureux et festoyait tranquillement félicitant les jeunes mariés. Au cours de la fête, Tsume constata que Senji discutait avec Kagome. Se demandant sur quoi, elle s'approcha sans se faire voir. Elle allait les interpeller mais s'arrêta quand elle entendit son ex amie affirmée :
"- Senji, tu vas être malheureux. Je suis désolée pour toi.
- Non, Kagome, tu te trompes. Tsume m'a affirmée qu'elle était prête à ouvrir son coeur à l'amour que je lui porte.
- Tu te méprends. Pour t'ouvrir les yeux, je vais devoir te confier un secret que j'aurai préféré emmener avec moi dans la mort, l'informa Kagome en baissant les yeux vers le sol avant de le fixer intensément de nouveau. Je te préviens, cela va te faire souffrir. Elle..., et puis n'oublie pas que nous... Je pourrai très bien...
- Tu ne ferais pas ça !? S'exprima horrifié Senji. Et puis je suis sure que tu mens !"
Tsume qui n'a pas pu entendre une partie de la discussion à cause de musiciens qui venait de passer à côté d'elle en tambourinant sur leurs instruments, décida de les interrompre. Elle s'approcha de son mari et sans un regard pour Kagome, l'éloigna d'elle afin de lui parler. Elle essaya de savoir de quoi ils s'entretenaient. Senji la rassura en lui affirmant que Kagome a encore voulu lui mentir. Suite à cette discussion, les deux décidèrent d'arrêter d'entretenir une quelconque relation avec elle. Le soir venu, Tsume attendait son mari dans sa chambre. Elle avait retiré sa robe pour une tunique de nuit. Cependant, Senji tardait.
Alors qu'elle commençait à trouver le temps long et qu'elle était dos à la porte, elle entendit cette dernière s'ouvrir. Elle allait se retourner mais son époux lui pria de ne pas le faire. Tsume entendit son approche et sentit ses bras nus entourés sa taille, l'enlaçant. Senji inhala l'odeur de ses cheveux avant de baisser son visage jusqu'à son épaule pour y poser son menton. Des effluves de fleurs d'oranger effleurèrent les narines de la jeune mariée lui faisant comprendre que son jeune époux revenait des thermes. Elle appuya son dos contre son torse, la surprenant car celui-ci était dépourvu de vêtement. Elle se concentra alors sur lui et se rendit compte qu'à part un linge lui cachant son intimité, il était aussi nu que le jour de sa naissance.
Tsume lui fit face et se retrouva devant ses yeux exprimant le désir mais aussi un sentiment qu'elle ne sut pas identifiée. Senji libéra sa taille de son emprise pour prendre son visage en coupe entre ses mains et l'embrassa. Elle y répondit maladroitement montrant son inexpérience faisant froncer les sourcils de son futur amant. Il la guida jusqu'au lit et l'allongea sur les draps. Alors qu'il commençait à lui embrasser le cou, il s'arrêta, se redressa et s'assit sur le bord du lit mettant sa tête entre ses mains, les coudes posés sur ses cuisses. Intriguée et perdue, Tsume se dressa sur ses genoux et mit sa main sur son épaule, le faisant sursauter.
"- Senji, que se passe-t-il ?
- ... Je ne peux pas...
- Pourquoi ? Je suis trop maladroite, peut-être. Mon corps te déçois, s'enquit la jeune mariée, soucieuse.
- Non, tu es merveilleuse. Tu as du sentir mon envie de toi.
Tsume, rougissante, hocha la tête en baissant les yeux vers son entrejambe dressée sous le linge.
- Alors pourquoi? Est-ce parce que je ne réponds pas encore à tes sentiments ?
- Non... Je... Je suis rongé par le doute.
- Le doute ? Fit étonner la Inuzuka.
- Comprends-moi, malgré mon amour incommensurable pour toi, je reste un homme, souffla son mari au bord du désespoir. Je n'arrive pas à me retirer ces images de ma tête, de toi avec... Et savoir que... Que...
- Senji, tu me fais peur. Qu'essaies-tu de me dire ? demanda-t-elle de plus en plus inquiète.
- De savoir que je ne suis peut-être pas le premier, et que tu te sers de notre mariage pour cacher ton déshonneur. Cela me mine de l'intérieur, lui confessa-t-il. Ce que tu as pu faire me bloque complètement.
- Que tu ne sois pas le premier ? Jamais je n'aurai laissé un homme autre que mon époux me toucher ! Tu crois vraiment que je suis ce genre de femme qui se marie après avoir... avoir... Mon dieu ! Comment peux-tu y songer ?" Se mit à pleurer Tsume, effondrée par l'accusation de Senji.
En entendant celle qu'il aimait pleurer devant lui pour la première fois depuis leur rencontre, il se redressa et se tourna vers elle. Un poignard lui perça le coeur devant ce tableau. D'un coup, Tsume se souvint de la discussion qu'elle a espionnée lors de la fête pour son mariage.
"- C'est Kagome ? C'est ça ? Que t'a-t-elle raconté pour que tu doutes ainsi ?
- Elle... elle m'a parlé d'une soirée à laquelle tu t'es rendue en cachette avec elle. Lui répondit Senji, les yeux baissés. Vous auriez beaucoup bu... Des hommes vous auraient fait des avances et vous auriez accepté passant la nuit avec eux. Le lendemain, te souvenant de tout, tu lui aurais fait jurer de ne rien dire... A cause de mes sentiments pour toi, tu aurais pensé que je ne m'offusquerais pas de l'absence de ta pureté.
- Mon dieu, et tu l'as crue !
- Tsume, jure-moi qu'elle m'a menti, que tout cela sort de sa folie, supplia son mari, s'appuyant sur le matelas avec ses mains. Que tu n'as pas laissé un autre homme prendre ta virginité.
- Senji, je suis vierge et je vais te le prouver", déclara-t-elle déterminée mais des sillons de larme sur les joues.
Après avoir prononcé ces mots, Tsume lui saisit les épaules et le bascula sur le lit. Sans lui laissant le temps de reprendre ses esprits, elle tira sur le linge qui protégeait l'intimité de Senji à sa vue et le chevaucha en soulevant le bas de sa tunique.
"- Tsume, arrête ! Tu n'es pas prête à m'accueillir, tu vas... tenta de l'arrêter son mari en comprenant son intention, mais ferma soudainement les yeux. Mhmmm !
- Ahaaarg !"
En entendant ce cri de douleur et sous la sensation, Senji rouvrit les yeux exorbités. Son coeur fut mortifié par le mensonge de Kagome et par ses doutes. Devant lui, Tsume avait le visage crispé par la douleur, la lèvre blessée à force de la mordre pour cacher sa plainte et les mains serrant sa tunique à s'en faire blanchir les phalanges. Il baissa les yeux et vit la raison du ressenti d'un liquide coulant sur sa fierté : du sang. Elle venait de briser son innocence elle-même pour lui prouver que c'était elle qui détenait la vérité. Se redressant, il la fit basculer sur le dos et lui caressa la joue. Emporté par la douce chaleur de ne faire plus qu'un avec celle qui habitait son coeur et soulagé de ses fausses pensées, Senji commença à lui faire l'amour, sourd à ses gémissements de souffrance et aveugle à ses larmes. Ses mouvements durèrent plusieurs minutes. Alors qu'il exprima la fin du voyage et sa jouissance, il murmura à son oreille.
"- Oh Tsume, mon amour.
- Senji, pleura-t-elle de douleur. Retire-toi, je t'en supplie... Cela me brûle... J'ai horriblement... mal."
En entendant la tristesse dans sa voix, son mari se maudit et se retira doucement lui tirant une plainte. Elle se mit sur le côté à l'opposé de lui en position fœtale. Senji en eut le coeur brisé.
"- Mon dieu, qu'ai-je fait ? Pourquoi ai-je écouté cette langue de vipère ? Tsume, pardonne-moi, je t'en prie.
- Va-t-en !
- Tsume, je ne peux pas te laisser seule comme ça.
- Va-t-en ! Tu m'as obligé à me comporter comme une vulgaire prostituée. Tu m'as humilié ! Laisse moi seule, va-t-en ! Lui cria-t-elle.
- Si c'est ce que tu veux, je m'exécute."
Senji, la mort dans l'âme, se couvrit d'un drap pour rejoindre ses appartements. Alors qu'il allait ouvrit la porte, il se tourna vers son épouse et lui dit.
"- Tsume, ... Ma crédulité t'a forcée à faire un geste irréparable... Je suis conscient que c'est en partie ma faute. Mon attitude était inqualifiable... J'espère que tu trouveras la force de me pardonner... Je te jure que je mettrais toutes mes forces dans la reconquête de ta confiance. J'y engage toute ma volonté et mon honneur... Je t'aime."
Recevant que le silence, il sortit le coeur gros. Avant de s'éloigner vers ses appartements, il s'appuya un instant contre la porte à travers laquelle il entendit Tsume pleurer toutes les larmes de son corps. Avant, Senji espérait atteindre son coeur et vivre enfin un amour réciproque. Maintenant, il priait les Dieux pour qu'il soit de nouveau son meilleur ami. Il se promit également que Kagome sera remboursée du prix de son mensonge.
