Le jeune Huyga était emmailloté dans une couverture et avait les cheveux humides faisant supposer qu'il était tombé dans de l'eau. Un de ses bras dépassait de l'enchevêtrement de tissu. Il était nu et présentait des égratignures. Regardant de plus près, les femmes purent voir ses lèvres violacées et les extrémités de ses doigts bleues. Comprenant l'angoisse d'Hitomi, Mikoto lui prit Hinata des bras afin qu'elle puisse se concentrer sur Neji. La mère de la petite fille approcha son mari et posa délicatement sa main sur le front du jeune garçon comme si ce geste pourrait le briser. Elle murmura doucement le surnom que sa soeur Hina avait donné à son fils.
"- Neji, mon petit guerrier.
- Rassurez-vous, il est vivant et ne semble présenter que des blessures superficielles mais je préférerais qu'il soit vu par un guérisseur car il est très faible. Hitomi, je vais l'amener dans sa chambre. Ait-elle prête ? Demanda Hiashi.
- Oui, depuis l'arrivée de nos amis tout à l'heure. J'ai ordonné d'y mettre bandages, bassine d'eau chaude et qu'on allume un feu pour la réchauffer.
- Bien, vous avez bien fait.
- Je vais aller chercher un des médecins déjà présents, décida son épouse. Je pense que celui qui s'est occupé de Kurenaï a fini de l'ausculter. Les deux autres sont trop absorbés par leurs soins auprès de Itachi et de Senji.
- Kurenaï ? S'interrogea Hiashi, intrigué.
- Nous verrons cela après s'être occupé de Neji. C'est le plus important pour l'heure.
- Vous avez raison. Allons-y.
- Mikoto, je sais que vous n'êtes pas vraiment en état, mais pourriez-vous... Pria Hitomi en se tournant vers la Uchiwa, tenant toujours Hinata qui essayait de toucher son cousin.
- Ne vous en préoccupez pas, je vais me charger de nos amis et de notre petite princesse, coupa cette dernière. Cela me permettra de penser à autre chose et à ne pas me morfondre dans mon inquiétude.
- Je vais l'y aider, proposa Tsume. J'ai besoin de m'occuper l'esprit pour ne pas me laisser ronger par l'angoisse.
- Merci", remercia la Huyga.
C'est là-dessus que le couple rentra dans la demeure, Neji, toujours inconscient dans les bras de son père adoptif, Hitomi partant vers la chambre où se trouvaient les Sarutobi et Mikoto prenant pour un court instant le rôle de maîtresse de la maison Huyga. Les Nara, les Akimichi et les Yamanaka furent alors guidés par Tsume vers un salon où les attendait de quoi se restaurer et s'abreuver. Vu l'heure, la mère de Itachi fit souper Hinata et les autres enfants. Elle ordonna ensuite aux nourrices de les baigner et de les coucher par la suite. Lorsque Hitomi arriva à destination, elle put voir Asuma et Fugaku toujours dans l'attente des nouvelles de Kurenaï. Les deux hommes furent soulagés d'apprendre l'arrivée du reste des chasseurs avec Neji, qui semblait sain et sauf bien qu'évanouit. Le père de Itachi décida alors d'aller rejoindre ses camarades et Mikoto.
Au moment où il partit, la porte de la pièce où se trouvait la future mère s'ouvrit pour laisser entrer Hitomi et Asuma. A l'intérieur, ils purent voir la jeune femme en position semi-assisse, soutenue par des coussins. Au grand soulagement de son mari, elle avait repris conscience et paraissait en bonne santé. Le futur père se précipita à son chevet alors que sa camarade souriait doucement de la voir ainsi. Il s'empressa de demander à la femme de ses pensées :
"- Kurenaï, comment te sens-tu ? Depuis quand sais-tu ? Comment va le bébé ? Tu as besoin de quelque chose ?
- Je vais bien et je n'ai besoin que de repos et de calme. Ria discrètement l'interpellée, amusée par l'empressement de son bien-aimé, puis étonnée par une de ses questions. Mais comment sais-tu pour l'enfant ?
- Je suis désolée, intervint Hitomi. J'ai du en informer le médecin pour qu'il puisse vous ausculter au mieux et naturellement, Asuma était présent. J'espère que vous me le pardonnerez car je sais que vous vouliez surement lui annoncer vous même.
- Cela n'a pas d'importance. Je comprends tout à fait, la rassura Kurenaï. J'aurai surement fait la même chose moi-même. Mais dites-moi, comment vont Itachi et Senji ? Ont-ils retrouvé Neji ?
- Nos amis sont entre les mains des Dieux et des guérisseurs, répondit l'épouse de Hiashi. Cependant, l'état de Senji est très alarmant. Quand à Neji, Hiashi vient de le ramener, accompagné par ses compagnons.
- Oh, tant mieux. J'en suis soulagée pour votre fils adoptif. Je vais prier pour nos deux blessés.
- Monsieur, se tourna Hitomi vers le médecin. Je suis venue vous cherchez pour que vous vous occupiez de Neji. Bien qu'il ne présente aucunes blessures, il semble faible. Il est inconscient et très pâle.
- Je vois, je vous suis alors, dit le soignant. Dame Kurenaï, avant que je parte, n'hésitez pas à m'appeler en cas de malaise ou de douleur et n'oubliez pas les herbes médicinales que je vous ai recommandé pour vous fortifier et aider l'enfant à grandir. De plus, pour ce soir, repos.
- Oui, je serai vigilante. Merci, remercia la patiente.
- Asuma, Kurenaï, il va de soit que cette chambre sera vôtre le temps de votre séjour. Vous pouvez rester nos invités aussi longtemps que vous le jugerez bon pour vous rétablir, invita Hitomi avant de précéder le médecin dans le couloir.
- Hitomi, avant que vous partiez, puis-je demander à un de vos gens de prévenir mon père que nous restons ici pour le moment ? Demanda Asuma.
- Bien sur, faites comme vous le sentez, accepta l'interpellée.
- Nous vous remercions", dirent en coeur le couple avant que le futur père s'empressa de s'occuper de son épouse en lui faisant parvenir tout ce qu'elle quémandait, la faisant rire de son attention exagérée.
Hitomi guida donc le guérisseur dans le labyrinthe de sa demeure pour finir par arriver à la chambre de Neji où ils retrouvèrent Hiashi, penché sur le jeune garçon toujours inconscient. Le soignant s'avança vers son malade et commença à l'ausculter avec l'aide de la Hyuga qui s'improvisa infirmière. Elle l'aida à le déshabiller. Le chef de famille lui apprit qu'il l'avait trouvé dans une grotte traversée par une rivière, les vêtements complètement trempés et déchirés par endroit. Le médecin constata ainsi quelques contusions et des égratignures mais vraiment rien de grave. Il se tourna ensuite vers le couple.
"- Rassurez-vous. Votre fils va bien dans l'ensemble. Il présente juste une hypothermie. Ses blessures sont bénignes et ne présentent aucune gravité alarmante. Je vais l'y déposer un onguent cicatrisant mais rien de plus. Je vais également lui donner une potion pour éviter la fièvre. Vous lui en administrez à intervalle régulier. Il faut également remonter sa température interne mais petit à petit.
- Si je vous suis bien, nous devons surveiller sa température et maintenir le feu actif pour que son corps se réchauffe progressivement, reformula Hiashi.
- Je dois vous avouer que le mieux pour remonter sans danger un corps souffrant d'hypothermie est la chaleur corporelle d'une autre personne, leur apprit le médecin. Le feu, bien que chaud, a l'inconvénient de ne pas avoir une température régulière et présente pour le patient un risque de choc thermique. Dans un cas, il peut être trop chaud et augmente alors la température du corps trop rapidement. A l'opposé, s'il est trop faible, le patient ne se réchauffe pas assez vite pour éviter les séquelles ou la mort. La chaleur corporelle a le mérite d'être constant et juste suffisant.
- Je vois, intervint Hitomi. Dans ce cas, je vais le faire.
- Que voulez-vous dire, demanda estomaquer Hiashi.
- Je vais me coucher avec Neji pour qu'il bénéficie de ma chaleur, l'informa alors son épouse.
- C'est le mieux à faire, seigneur Hiashi, insista le soignant, si vous voulez donner les meilleures chances à votre fils de s'en remettre. Bien sur, je passerai régulièrement pour surveiller l'évolution de son état.
- Très bien, consentit le chef de famille, en rajoutant pour son épouse. Je vais ordonner à une esclave d'être à votre disposition ou pour nous prévenir en cas de besoin.
- Merci Hiashi, remercia-t-elle. Tout ira bien. Veuillez-prévenir nos amis de la situation et occupez-vous de Hinata, je vous prie... Une dernière chose avant que vous sortiez. Pouvez-vous me tenir au courant de l'évolution de Itachi et de Senji ?"
Hochant la tête, son mari lui signifia qu'il sera fait selon son désir. Il partit ensuite, suivi par le médecin qui désirait rejoindre ses confrères pour leur apporter son aide. Il plaça une esclave près de la porte pour qu'elle réponde à la moindre manifestation de sa maîtresse. Alors que le soignant se faisait guider par le maître de la demeure, Hitomi se déshabilla et mit une simple tunique. Elle s'allongea près de Neji, les recouvrit du drap et le serra contre son corps afin de le réchauffer. Elle pria les Dieux et sa soeur de veiller sur le jeune garçon.
Alors que la mère d'Hinata s'occupait de Neji et le médecin près de ses confrères, Hiashi se dirigea vers la nurserie pour avoir des nouvelles de sa fille. Là, il constata que Mikoto s'était très bien occupée d'elle car elle était endormie paisiblement dans son lit, autour d'elle, d'autres enfants, les yeux clos. Il constata en souriant que Hinata dormait dans les bras d'Hana, serrant de ses petites mains la tunique de son aînée au niveau du coeur comme pour la réconforter. Rassuré par ce spectacle le chef Hyuga rejoignit ses invités qui étaient regroupés dans le salon. A son entrée, tous quémandèrent des nouvelles. Il les informa donc.
"- Neji souffre de quelques égratignures qui ne le mettent pas en danger mais il est en hypothermie. Hitomi est restée auprès de lui pour le réchauffer de son corps, sous le conseil du médecin. Il n'est pas en danger.
- Je pense que je peux être le porte parole de tous en affirmant que cela nous soulage pour Neji, affirma le chef des Yamanaka.
- Je vous en remercie.
- Et pour... Senji, osa demander Tsume, inquiète. Avez-vous des nouvelles ? Le guérisseur n'est toujours pas sorti de sa chambre.
- Et pour Itachi ? Renchérit Mikoto, quittant les bras de son époux.
- Je... "
Il fut coupé par l'arrivée de Asuma qui essayait de convaincre Kurenaï de retourner au lit pour se reposer. Tout le monde put le voir les mains jointes et le torse penché vers elle la suppliant de l'écouter.
"- Kurenaï, je t'en prie, le médecin t'a recommandée du repos. Retournons dans notre chambre.
- Asuma, je ne peux me résoudre à rester coucher alors que Mikoto meurt d'inquiétude pour Itachi ainsi que Tsume pour Senji.
- Mais...
- Non, je me dois de les soutenir... Et puis je ne suis pas en sucre. Etre enceinte ne fait pas de moi une malade, éleva quelque peu le ton sa jeune épouse, lui faisant comprendre que sa décision était définitivement prise et qu'elle ne souffrait aucune contrariété. Et puis, j'ai pris mes potions médicinales, cela devrait te rassurer.
- Bon, tu ne me laisses pas le choix, mais fais-moi le plaisir de t'asseoir," se résigna son époux désespéré de son caractère têtu. Il se demandait parfois pourquoi il avait épousé une gallo-romaine.
Tout le monde sourit à cette scène détendant quelque peu l'atmosphère. Quand tous apprirent la raison de son malaise, ils félicitèrent le couple, heureux de la réaction de leurs amis. Cependant, Hiashi retrouva son sérieux et répondit à Mikoto et Tsume que pour le moment, il n'avait pas de nouvelles. La seule chose qu'il pouvait leur annoncer était que le médecin qui s'était occupé de Neji était allé seconder ses confrères. Cela désespéra les deux femmes qui étaient rongée par l'anxiété de perdre quelqu'un de cher à leur coeur. Fugaku était également très inquiet pour son fils mais gardait ses états d'âme pour lui afin de soutenir son épouse et lui transmettre sa force. Les deux mères ne supportaient plus ce silence.
Le soleil était sur le point de disparaître derrière l'horizon et la lune commençait à s'élever doucement dans le ciel. Le début de l'obscurité fit allumer les lampes à huile donnant une ambiance intime à la pièce. La plupart des habitants de la maison Hyuga étaient parti se coucher après la permission de leur chef. Seuls quelques esclaves étaient encore réveillés au cas où on aurait besoin d'eux. Ce fut le cas auprès des différents chambres où les blessés se trouvaient. En pensant à eux, tous purent entendre la porte s'ouvrir sur l'étudiant en médecine. Voyant que toute l'attention était concentrée sur lui, il s'exprima en ces termes.
"- Je viens vous donner des nouvelles du seigneur Itachi.
A ces mots, les deux parents s'approchèrent suspendus aux lèvres de la personne devant eux.
- Il est sorti d'affaire.
- Oh, que les Dieux soient bénis, s'effondra Mikoto, à genoux en pleurs.
Elle était tellement soulagée d'entendre que son fils allait vivre que toute son angoisse et tout son stress s'échappèrent d'un coup. Elle en tremblait. Fugaku se mit accroupi à côté d'elle en lui prenant les épaules. Il interpella le médecin.
- En êtes-vous sur ? Pouvez-vous nous donner des détails ?
- La plupart de ses blessures, bien qu'impressionnantes, n'étaient pas très profondes et n'ont pas mis sa vie en danger. Nous supposons que l'animal l'a traîné au sol sur une certaine distance, les lui infligeant. Il a aussi quelques égratignures pouvant faire penser qu'il a du tomber plusieurs fois par terre. Normalement, il devrait en garder que très peu de cicatrices, continua le guérisseur. Cependant, mon collègue était plus inquiet par rapport au flan de votre fils. La plaie y était profonde. Le sanglier y a du lui avoir enfoncé une de ses défenses. Il l'a nettoyé en appliquant des sels et des vers nettoyeurs. Il l'a ensuite recousu avant d'y apposé un cataplasme à base de miel et d'herbes désinfectantes et cicatrisantes.
- Mon fils, risque-t-il des complications par rapport à cette blessure ? Quémanda Fugaku.
- Nous allons lui administrer une potion pour éviter au maximum la fièvre. S'il en échappe, alors nous pourrons considérer qu'il est définitivement hors de danger, répondit le soignant. Il lui faut maintenant du repos, ne pas être déplacé jusqu'à ce que nous lui autorisions et que les bandages soient changés régulièrement.
- Je vous remercie, termina Fugaku. Pouvons-nous aller le voir ?
- Bien sur. Cependant, il est toujours endormi et se réveillera surement que demain. N'hésitez pas à nous appeler en cas de problème, l'informa le médecin.
- Fugaku, intervint Hiashi, je vais vous faire installer des lits d'appoint dans sa chambre, si vous le souhaitez, au moins pour cette nuit. Pour les prochains jours, vous êtes nos invités et vous disposerez d'une chambre à côté de la sienne. A moins que vous la désiriez ce soir.
-Non, je veux dormir près d'Itachi cette nuit, se hâta de dire Mikoto. Nous prendrons la chambre demain.
- Je vous en remercie mon ami et excusez-nous de ne pas rester, nous y allons tout de suite," termina Fugaku qui aida son épouse à se relever pour se diriger vers leur fils.
A ce moment-là, Tsume, bien qu'heureuse pour le couple Uchiwa, s'avança à son tour pour demander :
"- Et pour mon mari, avez-vous des nouvelles ?
- Je n'ai rien de rassurant à vous annoncer... répondit-il. Mon maître et son confrère, l'ayant rejoint après s'être occupé de maître Itachi, sont toujours entrain d'essayer de lui sauver la vie.
- Que... que voulez-vous dire ?
- Dame Tsume, le pronostic vitale de votre mari est engagé, affirma désolé l'étudiant. Il a perdu beaucoup de sang et les griffures sur son dos sont extrêmement profondes ainsi qu'une morsure à son bras gauche. Un coup de l'ours lui a brisé plusieurs côtes. Mon maître craint qu'une de ces dernières lui ait ou est sur le point de lui percer le poumon... De plus, la fièvre ne cesse de monter et ne semble pas vouloir descendre... Je suis vraiment navré."
Après ces mots, le soignant partit rejoindre ses collèges pour leur prêter main forte, laissant Tsume à son désespoir. Elle était blanche comme un linge et son coeur s'était arrêté de battre. Elle gémit en tombant sur une chaise, les mains sur les yeux :
"- Non, non... ! Par tous les Dieux, que fais-je devenir s'il met retirer ?"
Toutes ses camarades l'entourèrent et essayèrent de la réconforter. Elle n'arrivait pas de s'arrêter de pleurer. Hiashi constata que beaucoup de monde était épuisé. De plus, ses compagnons et lui même n'avaient pas encore pris le temps de se laver et de se changer. Il leur proposa donc de passer aux thermes pour se décrasser un peu. Leurs enfants étant déjà couchés et vu l'heure, il leur proposa de passer la nuit en sa demeure. Tous acceptèrent avec gratitude. Kurenaï et les autres épouses restèrent avec Tsume le temps que leurs époux fassent un brin de toilette.
Alors que l'Inuzuka était en pleine déprime, le couple Uchiwa arriva dans la chambre d'Itachi. Il était sous la surveillance de l'infirmière qui l'avait soigné. Fugaku la remercia et lui indiqua que maintenant sa mère et lui prendraient le relais. Après qu'elle soit partie, Mikoto s'assit sur le bord du lit et caressa de sa main la joue de son fils. Celui-ci dormait paisiblement. Ses bras et ses jambes étaient bandés ainsi que sa tête et son flan. Tous les pansements étaient immaculés montrant l'arrêt des saignements. A côté de lui, une bassine d'eau fraîche en cas de fièvre et les potions prescrites par le médecin trônaient sur la table. Des esclaves rentrèrent et installèrent leurs lits non loin de celui d'Itachi ainsi que de quoi se restaurer.
"- J'ai eu tellement peur de le perdre. Je ne l'aurai pas supporté, déclara Mikoto en brisant le silence de la pièce.
- Je vous avais dit qu'il était fort. Vous m'avez donnée un fils robuste dont je peux être fier. Il sera un grand chef pour notre famille, j'en suis sur. Je vous remercie pour cela.
-... C'est vrai... De plus, il est le seul lien qui m'unit à votre coeur..., soupira la mère d'Itachi. S'il était rompu, je ne serai plus qu'une amie à vos yeux, même pas une amante, une personne que le conseil pourrait sacrifier pour les intérêts de la famille...
- Croyez-vous vraiment que je le laisserai vous répudiez sans intervenir ? Demanda Fugaku, étonné par les mots prononcés qu'il supposait être du à la peur accumulée toute la journée.
- Pour que vous puissiez conserver votre place et engendrer un héritier avec une autre femme, vu mon incapacité à porter de nouveau la vie, pourquoi pas... Si le dieu Thanatos m'avait enlevée Itachi, il ne me resterait plus qu'à aller le rejoindre dans la mort car la vie réduite au rôle de confidente n'aurait plus de saveur pour moi, ...
- Pensez-vous vraiment ce que vous venez de me dire ? Me croyez-vous capable de vous abandonner ou vous laisser mourir pour mon poste de chef et pour me marier une nouvelle fois afin d'avoir un autre fils ? Coupa Fugaku, horrifié par le discours de son épouse. Votre vie est-elle si maussade à mon côté ?
- ... Non, bien sur que non.. Je... Je ne sais plus... Hésita de répondre Mikoto.
- Vraiment ?
- Vous êtes un homme d'honneur. Je sais que vous ne feriez pas ça mais les anciens... concéda sa femme. Pardonnez mes paroles, elles ont dépassé ma pensée. Je suis fatiguée nerveusement. De plus, ce n'est pas le moment pour une dispute. Il nous faut penser à Itachi.
- Si vous êtes fatiguée, alors allez-vous allonger. Je vais veiller sur notre fils. Je vous réveillerai dans quelques heures pour prendre le relais, proposa son époux.
- Bien, merci."
Mikoto alla donc se coucher sur un des lits d'appoint. Oui, elle était épuisée mais pas seulement à cause de l'accident de son fils. Ne pas savoir si ses sentiments avaient enfin touché le coeur de Fugaku la rongeait un peu plus chaque jour, surtout quand elle voyait des femmes tournées autour de lui pour devenir sa maîtresse. Son mari était attentionné, fidèle et lui offrant des présents pouvant lui faire penser certains jours qu'il l'aimait mais il retrouvait sa froideur le lendemain. Jamais il n'avait prononcé des mots d'amour ou montrer un quelconque attachement amoureux à son égard. Elle était perdue, ne sachant plus quoi penser de son attitude. Mikoto commençait à désespérer de vivre un amour réciproque au bout de quatorze ans de mariage. Elle s'endormit, une larme glissant sur sa joue.
Cette dernière fut aperçue par Fugaku qui sentit son coeur se serrer. Il se mit alors à réfléchir. Son épouse qui l'aimait, lui, depuis leur adolescence sous entendait qu'il partageait sa couche que dans l'espoir d'avoir un autre héritier afin de renforcer sa position au sein de la famille, qu'elle n'était réduite qu'à un rôle d'amie et de génitrice. Cela était totalement faux. Il lui faisait l'amour car se sentir en elle était tout bonnement le paradis pour lui. Elle était son amie, sa femme, la mère de son enfant et son amante. Malheureusement, Fugaku ne lui avait jamais clairement révélé ses sentiments. Il avait essayé par des gestes et des attentions mais cela ne semblait pas suffisant. Elle doutait et cela lui faisait mal. Il repensa alors à la conversation qu'il a échangé avec Hiashi et Senji le matin-même alors qu'ils chevauchaient vers le lieu de la chasse.
"- Fugaku, je suis honoré de votre confiance pour partager vos confidences, c'est pourquoi j'aimerai savoir si vous vous êtres décidés à lui dire. S'enquit Hiashi.
- Non, je n'en vois pas l'utilité. Mon attitude à son égard parle pour moi, je pense.
- Ne croyez pas ça. Les femmes, bien que plus subtiles que nous, ressentent le besoin qu'on leur parle sans détour, surtout dans le cas des sentiments amoureux, fit le Hyuga. De plus, nous sommes chef de familles puissantes et beaucoup d'entre elles nous tournent autour pour notre place et notre fortune. Nos épouses ont besoin de se sentir aimer en acte mais aussi en parole.
- De quoi parlez-vous, demanda Senji arrivant près d'eux. Je peux peut-être éclairer vos lanternes."
Fugaku souffla mais pensant qu'avoir un autre point de vue l'aiderai, il lui raconta donc son histoire avec Mikoto. Le chef des Inuzuka resta un instant songeur avant d'ouvrir de nouveau la bouche.
" Et bien, je suis d'accord avec Hiashi. Vous devriez lui avouer vos sentiments et ne pas laisser le doute s'installer entre vous deux. Vous risquez de tout perdre car elle peut très bien se lasser d'attendre ce qu'elle désire par dessus tout entendre. Panser les blessures de son coeur par le baume que vos aveux vont lui promulguer... Il n'y a pas de honte à avoir quand ils sont sincères...Ne laissez pas votre fierté prendre le dessus... Ne faites pas la même erreur que moi, souffla Senji à ses compagnons, le désespoir se sentant dans sa voix.
- Que voulez-vous dire ? Quémanda Fugaku, étonné.
L'époux de Tsume leur avoua alors une partie de son histoire. Il conclue ainsi :
- Je ne me suis pas déclaré à mon épouse avant mon départ et lors de nos retrouvailles, laissant cette femme profiter de cette faille pour insinuer le doute dans mon esprit. Ma fierté a pris le dessus... J'en ai perdu mes chances d'être aimé par celle qui a volé mon coeur et que j'aime toujours. Je sais la souffrance que cela procure de ne pas se sentir aimer, de ne pas voir cette flamme de désir et de doux sentiments dans le regard de son conjoint... Il m'arrive parfois de vouloir m'ôter la vie pour arrêter cette souffrance de déchirer tout mon être... Ne passez pas à côté d'un amour réciproque et fort. Exprimez-le, montrer le au monde entier mais surtout à elle... Ne laissez plus Mikoto avec cette brûlure au fer rouge sur son coeur.
- Mon ami, je vois que vous-même vous vivez une véritable torture. Ne devriez-vous pas couper court à tout ceci ? Fit remarquer Fugaku avec tout le pragmatisme dont il est pourvu.
- Non, je préfère encore vivre ainsi plutôt que de voir Tsume au bras d'un autre et puis, je suis en partie responsable. En voulant la préserver, j'ai porté un trop lourd fardeau sur mes épaules. J'aurai du m'en libérer avant le point de non retour. Je dois expier ma faute.
- Je trouve que vous avez suffisamment payé pour votre crédulité. Je la trouve bien cruelle de vous laisser ainsi et de ne pas vous pardonner, intervint Hiashi.
- C'est à elle d'en décider mais il est vrai que je me sens las d'attendre un geste de pardon de sa part. Cependant, je l'aime comme au premier jour et tant que j'en ai encore la force, je ne perds pas espoir". Termina Senji en souriant à ses amis qui purent constater qu'il était quelque peu forcé.
Reprenant ses esprits, Fugaku regarda de nouveau son épouse et grâce à l'histoire de son ami, comprit qu'il était temps. Il devait arrêter ce poignard de douleur de s'enfoncer encore plus dans le coeur de Mikoto. Il eut alors une pensée pour Senji. Il risquait de mourir sans avoir réalisé son vœu le plus cher : se réconcilier définitivement avec Tsume et être enfin pardonné. Jamais il ne ferait vivre cela à celle qui avait finalement réussi à l'apprivoiser.
Le lendemain, alors que les rayons du soleil commençait à peine à percer la couche fine du manteau de la nuit, Fugaku qui s'était finalement assoupi, vaincu par la journée éreintante de la veille, et Mikoto se réveillèrent en sursaut au bruit d'un hurlement perçant le silence de la maisonnée.
"- SENJI ! NON ! NE ME LAISSE PAS ! NOONnnnn!
À ce cri, toute la demeure se réveilla. Après s'être mémorisés les événements et le lieu où ils se trouvaient, le couple Uchiwa se précipitèrent vers Itachi. Ce dernier, à leur grand soulagement était encore endormi mais semblait quelque peu souffrir de ses blessures. Son visage était crispé et ses sourcils froncés. Mikoto voyant cela entreprit de lui faire couler précieusement dans la bouche la potion à base d'opium afin de calmer sa douleur. Certains bandages, surtout celui du flan, présentaient des traces de sang montrant qu'il était temps de les changer. Elle posa ses lèvres sur le front de son fils et annonça à Fugaku
"- Son front est un peu chaud mais cela ne me semble pas trop élever. Il faudrait ne pas trop tarder à changer ses cataplasmes...
- Je vais aller chercher un des médecins pour qu'il vienne ausculter et soigner Itachi. Il pourra nous dire ce qu'il en ait réellement pour la hausse de sa température, entreprit son époux. Je crois que Hiashi les a priés de rester en sa demeure... Que pensez-vous de ce cri ?
- Je crois que c'était la voix de Tsume. Il a du arriver quelque chose à Senji et cela me semble funeste, remarqua son épouse.
- Je vais m'enquérir de la situation. Restez ici pour veiller sur notre fils en attendant.
- Très bien. Je vous attends mais ne traînez pas trop, pria Mikoto.
- Je vais faire au plus vite."
Fugaku se prépara rapidement. Alors qu'il avait la main sur la poignée de la porte entendit de nouveau la voix de son épouse.
"- Fugaku, je... Je vous aime... Revenez vite.
-... Oui."
C'est sur cet unique mot que le chef des Uchiwa reprit sa marche en ouvrant la porte et disparut dans le couloir. Il n'avait pas trop su comment lui répondre jugeant que ce n'était ni le moment, ni le lieu pour une déclaration. Il laissa Mikoto, attristée par son silence mais surtout par le manque de gestes tendres. Elle n'attendait pas forcément des mots, vu son caractère introverti mais une bise sur la joue lui aurait amplement suffit. Fukagu était toujours aussi pudique, la désespérant par moment. Elle souffla puis se reconcentra sur Itachi dans l'attente du médecin. Son mari alla comme convenu réveiller le médecin qui avait soigné la veille son fils. Après l'avoir trouvé dans sa chambre, il l'informa des observations de son épouse. Le soignant prit donc ses instruments et partit voir son patient. Cela fait, Fugaku se dirigea donc vers la source du cri.
Au moment où les Uchiwa se réveillaient en sursaut, un autre couple s'éveilla également en entendant le cri de Tsume. L'homme se tourna vers sa compagne et lui posant la main sur sa joue s'enquit de sa santé.
"- Kurenaï, comment te sens-tu ? Et comment va-t-il ? Demanda-t-il descendant sa main sur le ventre de sa compagne.
- Je vais bien. Merci Asuma. Quand à notre futur bébé, il ait encore trop petit pour le sentir bouger mais je pense qu'il va bien. Il est bien au chaud, là où il se trouve, sourit-elle. Je me sens juste encore fatiguer. Je crois que ma grossesse me prend un peu trop de mon énergie.
- Alors, essaie de te rendormir. Je vais aller voir ce qui se passe et demander à ce qu'on t'apporte de quoi te restaurer.
- Non, je veux t'y accompagner. Je suis sure que c'était Tsume. Elle a besoin qu'on la soutienne et de mon amitié pendant ces temps difficiles.
- ... Je sens que ce n'est pas la peine que j'insiste, tu ne m'écouteras pas, désespéra Asuma.
- Tout à fait, mon cher, le taquina Kurenaï.
- Cependant, promets-moi que dès que nous saurons ce qui se passe et que tout sera rentré dans l'ordre, tu reviendras dans la chambre pour te reposer car il est encore extrêmement tôt.
- Je te le promets, affirma son épouse. Je t'aime.
- Je t'aime aussi, l'embrassa son tendre mari. Levons-nous donc."
Là-dessus, le couple se prépara à sortir de leur chambre. Quand ce fut fait, ils se dirigèrent donc vers celle où Senji avait été emmené la veille pour recevoir ses soins.
Hiashi et Hitomi eurent également le droit à ce réveil des plus stridents. Cependant, en se réveillant, la maîtresse de maison constata la présence d'Hinata. Cette friponne était endormie dans le lit de Neji, collée contre lui comme pour lui fournir de sa chaleur, à l'exemple de sa mère. Elle leva ensuite les yeux de ce spectacle et rencontra le regard blanc de son mari. Elle lui demanda donc :
"- Que faites-vous ici, pourquoi Hinata dort-elle dans le lit de Neji et ce cri horrible, d'où vient-il ?
- Avant de répondre à vos questions, comment se porte notre garçon ?"
Hitomi baissa de nouveau les yeux et les posa tendrement sur le corps de celui-ci. Ce dernier était blotti contre elle, un fin sourire aux lèvres et tenant d'un bras sa cousine contre lui. Neji avait repris des couleurs. Sa bouche et ses doigts arboraient leur apparence d'origine et étaient de nouveau rosie par la vie. Sa tante posa comme à l'instar de Mikoto, ses lèvres contre son front et constata l'absence de fièvre. Elle observa les quelques bandages et égratignures qui ne présentaient aucun saignement ou signe d'infection. Il semblerait que Neji était sortie d'affaire définitivement. Elle dit alors à Hiashi.
"- Je crois que nous n'avons plus rien à craindre. Il n'a pas de fièvre, ses plaies ont toutes une belle apparence et ne suintent pas. Je pense qu'il va bien. Nos deux enfants doivent être juste exténué, vu que le cri que nous avons entendu n'a pas réveillé ni Neji, ni Hinata.
- J'en suis soulagé. Je vais tout de même quérir le médecin pour en être sur, décida le chef de famille. Je vais également voir d'où provient ce cri, même si nous nous doutons, tout deux, d'en connaître l'origine.
- Tsume...
- Je pense aussi.
- Mais avant de partir, pouvez-vous me dire ce qu'il s'est passé alors que je m'occupais de Neji. Je ne me souviens pas de vous avoir entendu rentrer dans la chambre, ni notre fille d'ailleurs, s'enquit Hitomi.
- Si vous le souhaitez, ..."
Hiashi lui apprit donc les événements de la veille à partir du moment où il l'a quitté. Ainsi Hitomi fut informée que leur groupe d'amis était resté au sein du domaine vu l'heure tardive. Elle l'entendit parler du rapport encourageant des guérisseurs sur l'état de Itachi et qu'il avait de grande chance de sans sortir sans trop de séquelle. Ses parents devaient veiller à changer ses pansements régulièrement et de guetter l'arrivée ou non de fièvre. Malheureusement, les médecins étaient plus pessimistes en ce qui concernait Senji et le cri entendu leur donnait visiblement raison. Hiashi se plongea un instant dans ses souvenirs de la veille à partir du moment où les Uchiwa les avaient quittés pour rejoindre leur fils.
Une heure était passée depuis l'annonce du pronostic alarmant concernant l'état de santé de l'époux de Tsume. Cette dernière était effondrée et n'arrêtait pas de prier les Dieux de sauver Senji. Aucunes de ses amies présentes n'arrivaient à la rassurer. Beaucoup d'entre elles ne savaient pas comment si prendre vu les paroles de l'étudiant en médecine. Il avait été très clair et ne donnait pas beaucoup de chance au chef Inuzuka de survivre à ses blessures. Alors que Tsume laissait court à son désespoir, tous entendirent la porte s'ouvrir de nouveau laissant les trois médecins entrer. Ils avaient fini leurs soins sur le corps de son mari. L'assemblée aperçut des traces de sang sur leur tunique, ainsi que sur leurs mains qu'ils avaient tenté de nettoyer mais sans y parvenir tout à fait. Tsume se leva péniblement et s'avança vers eux toujours soutenue par Kurenaï et les autres épouses. Leurs maris restèrent un peu à l'écart près à réconforter leur moitié le cas échéant. L'épouse de Senji essaya de parler mais les mots restèrent coincer dans sa gorge. Hiashi prit donc le relais.
"- Messieurs, quelles sont les nouvelles ? Le seigneur Senji survivra-t-il ?
- Seigneur, nous avons réussi à arrêter les diverses hémorragies et nous l'avons soigné le mieux que nous pouvions. Nous sommes tout de même assez pessimistes sur l'évolution de son état, commença le plus ancien des trois.
- Comment cela ?
- Nous avons nettoyé et bandé les plaies situées sur son bras droit et sur ses jambes. Celles-ci sont peu profondes et ne présentent aucune gravité. Nous nous sommes également occupés de celles situées sur son torse. Elles sont un peu plus graves que les précédentes mais sans pour autant mettre sa vie en danger. Ces blessures devraient cicatriser assez facilement grâce à des soins appropriés. Cependant... Hésita le guérisseur.
- Cependant ?
- Nous sommes inquiets par rapport à la morsure sur son bras gauche et aux griffures au niveau de son dos. La morsure a déchiré certains muscles mais sans toucher les tendons. Un cataplasme y a été déposé. S'il guérit, il pourra réutiliser son membre malgré peut-être une petite faiblesse. Il faut prier pour que la gangrène ne s'installe pas. Dans le cas contraire, le seigneur Senji risque de perdre son bras nous obligeant à l'amputer.
- Par tous les Dieux, lui, qui aime tant l'art du tir à l'arc, ne pourra même plus bander celui-ci dans ce cas, fit estomaquer le Yamanaka. Je vais y perdre un challenger sérieux lors de nos tournois... Pardon, continuez.
Ce dernier se fit tout petit car tout le monde le regardait d'un regard noir qu'il ait osé se préoccuper de sa fichue compétition au lieu de la santé de son ami. Le médecin le remercia et reprit.
- En ce qui concerne son dos, c'est la blessure la plus sérieuse de part l'ampleur de sa profondeur et de son étendue. Nous avons réussi à stopper le sang qui s'y échappait mais comme pour son bras, il faut espérer qu'une infection ne s'y loge pas. Nous avons appliquer un onguent de miel et d'herbes après les avoir nettoyés et recousues le mieux possible.
- Votre étudiant nous avait parlé de sa fièvre. Quand est-il ? Questionna encore Hiashi, avec son flegme légendaire.
- Le seigneur Senji souffre effectivement d'une forte fièvre. Nous avons réussi à la stabiliser mais elle reste très élevée. Si elle ne baisse pas, alors je crains que le mal ne se propage dans tout son être et le pousse dans les bras de la mort.
- On nous avais aussi signalé des côtes brisées, fit remarquer Shikaku.
- En effet, c'était ma préoccupation première quand j'ai vu un petit écrasement au niveau de sa poitrine. Contre toute attente, le seigneur Senji en a plusieurs fêlées et non cassées montrant qu'il a tout fait pour se protéger sa cage thoracique du poids de l'animal. Malgré mes craintes, aucune n'a donc percé ses poumons. C'est d'ailleurs un miracle qu'il ne souffre d'aucune hémorragie interne ou d'atteinte à un de ses organes.
- Quelles sont vos recommandations ? Reprit le Hyuga.
- Il faut absolument surveiller sa température, les hémorragies et l'apparition d'une éventuelle gangrène, changer régulièrement les cataplasmes et surtout une immobilité absolue tant que les côtes ne se sont pas reconsolidées..., précisa un des médecins.
- Les prochaines heures seront décisives. Il a encore une petite chance de s'en sortir, si sa fièvre baisse de façon significative et en absence d'infection, termina le senior médical.
- Je vous remercie de vos soins, fit Hiashi. Je vous demanderai de rester en ma demeure pour qu'on puisse faire appel à vous en cas de besoin. Je vais bien sur vous mettre à votre disposition des chambres."
Les trois médecins acceptèrent et furent conduits dans les appartements qui leur ont été préparés. Quand la porte se ferma sur eux, Tsume s'effondra en pleurs. A la fin de la nuit et au soleil levant, elle pouvait se trouver veuve, comme encore mariée avec Senji. Toutes ses amies l'entourèrent et lui proposèrent de rester avec elle. L'éplorée refusa en les remerciant de leur sollicitude mais elle avait besoin de le retrouver et de veiller sur lui comme il l'avait fait des milliers de fois lorsqu'elle tombait malade. Hiashi lui assigna une esclave qui se mettra sous son autorité et qui répondra à toutes ses revendications. Tsume le remercia et partit en direction de son mari. Pendant ce temps, le maître des lieux invita ses autres convives à en faire de même.
Hiashi fut coupé dans son récit par Hitomi qui s'exclama :
"- Par tous les Dieux, pourquoi sont-ils aussi cruels avec ma pauvre amie ? Senji et elle ont déjà tant souffert. Ils ont le droit à leur part de bonheur et le destin le leur refuse. Pourquoi ?
- Je vois que vous êtes au courant d'une partie du passé de nos amis, fit remarquer son époux, calmement. Je ne sais quoi vous dire à part qu'il en est ainsi et qu'il faut garder espoir, au moins pour soutenir Tsume dans cette épreuve.
- Vous avez surement raison. Mais vous n'avez rien raconté par rapport à Hinata.
- Et bien, désirant dormir auprès de vous, j'avais décidé de m'installer également dans cette pièce, repris son mari. Quand j'y suis entré, après avoir donné des ordres pour y installer un second lit, je me suis approché de votre couche. Vous étiez assoupie et à côté de Neji, notre petite princesse, profondément endormie. Je suppose qu'elle a réussi encore une fois à échapper à la vigilance de ses nourrices et vous a rejointe.
- Elle a du sentir notre inquiétude et a voulu nous réconforter à sa manière, dit attendrie la mère de la jeune enfant. Elle est tellement gentille et douce.
- Oui, confirma Hiashi. Je vais maintenant prévenir..."
Il fut coupé par des mouvements de Neji, montrant qu'il était sur le point de se réveiller. Il ouvrit doucement les yeux et tomba sur le regard rempli d'amour d'Hitomi. Cela le surpris mais encore faible, il ne la repoussa pas. Il appréciait son éteinte et sa douce chaleur. Il avait l'impression de se retrouver dans les bras de sa mère. Il tourna sa tête et vit Hinata encore endormie à son côté. Elle serrait de ses petites mains son avant-bras. Cela l'étonna encore plus et il ne savait pas comment réagir mais à cause de sa faiblesse, ne bougea pas.
"- Neji, tu es réveillé. Quel soulagement ! Tu nous as fait peur ! Comment te sens-tu ? As-tu mal quelque part ? Demanda Hitomi, rassurée et heureuse de le voir enfin réveillé et apparemment en bonne santé.
- Je... J'ai un peu mal aux jambes et aux bras... Mon dos est aussi douloureux ... Je me sens fatigué... Répondit le jeune garçon. La mémoire lui revenant un peu, il demanda à son tour. Itachi et le seigneur Senji,... l'ours... le sanglier,... ont-ils...?
- Tranquillise-toi. Ils sont ici et vivants. Ils ont été soignés. Itachi va s'en sortir mais Senji est plus gravement blessé. Nous sommes encore dans l'attente d'une amélioration, lui répondit son père adoptif.
- Je... je voudrai... dit Neji en essayant de se lever.
- Économisent tes forces. Tu nous raconteras ce qui s'est passé plus tard. Pour le moment, essaie de te rendormir, nous veillons sur toi, lui recommanda Hiashi.
Hitomi se leva doucement du lit afin de lui laisser plus de place. La voyant faire et se rendant compte de sa tenue et de ses cheveux ébouriffés, le jeune Huyga comprit que cela faisait des heures qu'elle était à ses côtés.
- Vous êtes ... restée toute la nuit... avec moi ? fit étonné Neji.
- Bien sur. Tu m'es précieux autant qu'Hinata... Tu étais en hypothermie. Je t'ai réchauffé de mon corps... Tu es tout ce qui me reste de ma soeur et tu comptes à mes yeux, déclara doucement sa tante en lui caressant la joue. Maintenant rendors-toi."
A ces mots et baigné par cet atmosphère de douceur, Neji ferma les yeux et repartit progressivement dans le pays des songes. La mère d'Hinata prit sa fille délicatement pour la déposer sur le lit d'appoint. Elle se prépara ainsi que Hiashi. Ils sortirent tous deux. Le chef de famille alla quérir un des médecins alors que son épouse ordonna à une de ses dames de compagnie, passant à ce moment-là, de veiller sur les deux enfants pendant leur absence. Elle se dirigea ensuite vers la chambre de Tsume pour connaître la raison de son cri même si elle s'en doutait. Son amie avait besoin d'elle maintenant que Neji était hors de danger.
Plus Hitomi se rapprochait, plus elle pouvait voir apparaître des silhouettes se dessinées au bout de ce long couloir où trônait quelques statuettes représentant des divinités. Plus elle avançait, plus elle était capable maintenant de les identifier. Devant elle, se dressaient Fukagu, Asuma, Kurenaï et leurs autres amis. Ils arrivèrent tous en même temps dans une salle faisant office d'antichambre à celle où gisait Senji et à son côté Tsume. Après s'être tous salués, Ils se tournèrent vers la porte les séparant du couple infortuné. Hitomi leva sa main dans l'intention d'y frapper quand elle fut interrompue par Fugaku.
"- Mikoto, que faites-vous ici ? Pourquoi n'êtes vous pas restée auprès d'Itachi ? Son état s'est-il aggravé ?
- Rassurez-vous, il va aussi bien que ses blessures lui permettent. Je désirai vous prévenir qu'il avait repris connaissance quelques instants après votre départ.
- Vraiment ! J'en suis heureux et comment se sent-il ?
- Et bien..."
La mère du jeune adolescent lui raconta qu'à peine cinq minutes après sa sortie, elle vit Itachi ouvrir doucement les yeux. Ne reconnaissant pas la pièce où il était allongé, il paniqua quelque peu et essaya de se lever. Malheureusement, la douleur le terrassa et l'obligea à se laisser tomber sur les coussins. Tous ses mouvements avaient réveillé ses blessures. Ses yeux bougeaient dans tous les sens à la recherche d'un repère. Là, il vit sa mère penchée sur lui, des larmes de joie dans les yeux. Elle se précipita vers lui pour le rassurer.
"- Itachi, calme-toi. Je suis là, tout va bien. Tu es chez Hiashi où un médecin t'a soigné et sauvé. Tout va bien.
- Mère...J'ai mal partout... Où sont... Neji et Senji ?... Demanda difficilement son fils en se souvenant de ses camarades d'infortune.
- Neji a été retrouvé et n'a rien de grave, juste une hypothermie mais il va s'en remettre. Pour Senji, nous l'ignorons. Il a été gravement blessé. Il a reçu les meilleurs soins, rassure-toi, l'informa sa mère.
-... Je suis... soulagé pour... mon ami, essaya de dire Itachi... Je suis... désolé... pour Senji... J'aurai...du...
- Tu n'as rien à te reprocher. L'important, c'est que tu sois en vie, le coupa Mikoto, en lui caressant sa joue. Maintenant, garde tes forces. Tu nous raconteras tout ceci quand tu iras mieux."
C'est la dessus, que le médecin fit son entrée. Voyant le blessé conscient, il se mit à l'ausculter et à changer les cataplasmes. Il était assez satisfait. Les plaies étaient belles et non suintantes. Celle du flan, bien qu'encore saignante, ne présentait aucun signe d'infection pour le moment. Seul le début d'une légère fièvre le préoccupait quelque peu mais sans trop l'alarmer. Il fallait en surveiller l'évolution en priant qu'elle reste stable ou mieux qu'elle disparaisse. Le guérisseur lui redonna à boire une décoction pour la combattre et pour diminuer la douleur. Il lui recommanda de se reposer au maximum. Si Itachi ressentait le besoin de manger, il préconisa quelque chose de léger à digérer, par exemple un potage, et des fruits. Pour l'eau, que des petites gorgées à la fois lui fut prescrites. A ces nouvelles, Fagaku en fut soulagé. Son fils vivra. Il interpella de nouveau sa femme.
"- Je vous remercie de m'avoir informé. Comptez-vous retourner à son chevet ?
- Pas pour le moment, lui informa Mikoto, l'étonnant grandement. Je souhaite soutenir Tsume car en vous voyant tous ici, je suppose que nous avons tous compris qu'elle risque de vivre la plus grande souffrance de sa vie. Elle a besoin de se sentir entourer.
- Mais, Itachi... ?
- Va bien compte tenu de son état, la coupa-t-elle. Je l'ai laissé sous la surveillance de l'infirmière de la veille qui fut des plus compétentes, reconnaissez-le. Elle nous préviendra en cas de complication. De plus, il s'était endormi quand je me suis partie vous rejoindre.
- Très bien. Je reconnais votre grand coeur. Vous vous préoccupez toujours avec bienveillance sur les personnes que vous aimez. Je suis fier d'être votre époux," la complimenta celui-ci, la faisant rougir.
Mikoto n'était vraiment pas habituée à recevoir de sa part de tels compliments, surtout devant leurs amis. Il lui arrivait de faire des allusions mais toujours en privé. Une sorte de pudeur, selon elle. Hitomi leur présenta ses félicitations. Hiashi fit alors son apparition et les informa de l'état de Neji. L'étudiant de la veille, l'ayant ausculté, était très optimiste et recommandait, tout comme à Itachi, du repos et des onguents pour finir de soigner les égratignures sur son corps. Il informa Hitomi qu'Hinata s'était réveillée à la fin de l'auscultation.
"- Je vous informe que notre petite princesse est une capricieuse.
- Comment cela ? S'enquit son épouse, assez abasourdie par ce propos car c'était inhabituel venant de sa fille.
- Hinata a refusé de quitter le chevet de Neji. Elle s'était accrochée de toutes ses maigres forces au montant du lit de son cousin. Elle a d'ailleurs failli le réveiller en commençant à pleurer.
- Alors qu'avez-vous fait ?
- J'ai cédé pour ne pas risquer de déranger le repos de celui-ci, fit Hiashi, affichant un air contrarié par son manque d'autorité sur sa progéniture. Le médecin a été très clair à ce sujet. J'ai fait appel à une nourrice pour qu'elle s'occupe d'elle le plus silencieusement possible dans l'alcôve adjacent la chambre à coucher de Neji.
- Vous vous faites mener par le bout du nez, mon cher," sourit Hitomi, imaginant aisément la scène.
Tout le monde ria discrètement avant de reprendre leur sérieux. Il ne fallait pas oublier que dans la pièce en face d'eux, une d'entre eux vivait peut-être la plus grande tragédie de son existence. Après ces bonnes nouvelles et ce moment de détente, Hitomi se concentra alors de nouveau sur la porte devant elle et y toqua. Cela fait, elle l'ouvrit pour y apercevoir son amie, effondrée, à genoux au bas du lit de son époux, la tête contre son torse, en pleurs. Celui-ci avait les yeux clos et un doux sourire ornait ses lèvres. Son visage était aussi blanc que la Mort alors que certains de ses bandages étaient aussi rouges que les pétales d'une rose écarlate. Un faible souffle s'échappait encore d'entre ses lèvres mais il était pratiquement imperceptible. Tsume tenait une de ses mains entre les siennes. Ses yeux dégoulinant de larmes, elle se redressa doucement et tournant son regard vers lui, la porta à ses lèvres pour l'embrasser. Tous purent entendre quelques mots franchir ses lèvres, entrecouper de sanglots.
"- Senji, ne me laisse pas... Je t'ai fait souffrir et pourtant tu es resté avec moi, me soutenant, me soignant, m'aimant malgré tout... J'ai été aveugle...Tu es un merveilleux époux, un père formidable pour Hana... Je ne te mérite pas... Ne me laisse pas toute seule avec ma douleur...Je ne suis rien sans toi... Je... Je t'aime..."
Alors qu'elle finissait sa confession, la main de son mari lui glissa des mains et tomba sur le lit, le long de son corps meurtri. Tsume avait l'impression de vivre la scène au ralenti. C'est alors que Senji poussa un dernier soupir. Le médecin qui était tapi au fond de la pièce pour lui laisser de l'intimité s'approcha et mit devant la bouche du blessé un miroir. En constatant l'absence de buée sur le verre, il déclara,
"- Je suis navré, Dame Tsume, mais la fièvre et les blessures ont eu raison de la volonté de votre mari... Les Parques viennent de couper son fil de vie... Le dieu Thanatos va venir réclamer son du... Le seigneur Senji est mort..."
