Bonjour à toutes et à tous,

Comme vous avez pu le constater, j'ai mis à jour mon histoire. Je n'ai pas publié de nouveau chapitre et j'en suis désolée. En réalité, j'ai modifié le déroulement de mon histoire. Dans l'ancienne version, ici commençait l'histoire sur la romance entre Saï et Ino. Après réflexion, j'ai constaté que, du fait de leur longueur, les parties concernées coupaient le rythme de mon récit. J'ai donc pris la décision de déplacer les chapitres relatant ce couple vers la seconde moitié de mon histoire qui est encore à écrire.

Je vous remercie de votre compréhension.

NaruHina82.

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Le petit-déjeuner se déroula dans une ambiance détendue mais surtout avec des convives soulagés de voir leurs trois blessés aussi bien que possible et vivants. Hiashi proposa au chef des différentes familles d'organiser une cérémonie et des sacrifices afin de remercier les Dieux pour le miracle accompli sur leur ami Senji ainsi que d'avoir protégé leurs fils de la mort. Tous acceptèrent. C'est ainsi que les hommes se regroupèrent dans le bureau pour tout mettre en place. Ils décidèrent de la fixer sous sept jours afin de donner assez de temps à leurs rescapés de reprendre des forces et peut-être avoir la possibilité d'y participer.

Ils en profitèrent pour discuter de cette chasse funeste. Tous convinrent que quelque chose clochait dans toute cette histoire. Les chefs prirent la résolution de se réunir encore une fois au domaine Hyuga dans les prochains jours. Ils devaient rassembler tous les renseignements sur le déroulé des événements pour éviter les conclusions hâtives. Pour cela, le récit de Senji, de Neji et de Itachi était primordial. Il fallait attendre leur rétablissement pour les entendre. Pendant cette réunion masculine improvisée, les femmes se regroupèrent dans un petit jardin pour profiter du soleil et discourirent de tout et de rien mais surtout de la grossesse de Kurenaï. Celle-ci était abreuvée de tous les conseils possibles et inimaginables.

Alors que la matinée allait toucher à sa fin, on fit part à Hitomi et à Mikoto que Neji et Itachi s'étaient réveillés et réclamaient de quoi se restaurer. Entendant le souhait de ceux-ci, les deux mères se fournirent en fruits et en légumes sous forme de potage comme indiquer par les médecins. Elles demandèrent qu'on en tienne informer leur époux respectif. Elles se dirigèrent ensuite vers la chambre de leurs garçons. Arrivées devant les deux portes, les deux amies se séparèrent en y entrant. Hitomi vit alors Neji en position semi-assisse dans l'attente de son maigre repas. Ce dernier fut étonné de voir sa tante s'en occuper à la place d'un membre de la famille ou d'un esclave. A ses yeux, le jeune Hyuga lui apparut mieux même si la fatigue se lisait encore sur ses traits.

"- Bonjour, Neji. Comment te sens-tu ?

- Je... je me sens mieux. Merci.

- J'en suis heureuse. Il est vrai que tu as repris des couleurs. Tes blessures continuent-elles à te faire souffrir ?

- La douleur a diminué mais je me sens encore un peu courbaturer. Mes jambes et mon dos me sont encore douloureux mais c'est supportable, l'informa son neveu.

- D'accord, je vais vérifier tes bandages et te donner la médication contre la douleur. Ensuite, tu pourras manger de ce potage. Il est encore un peu chaud. Il refroidira un peu pendant tes soins", termina Hitomi.

Ainsi, l'épouse de Hiashi commença à défaire les cataplasmes et fut satisfaite de ce qu'elle voyait. Toutes les égratignures ne saignaient plus. Certaines étaient déjà refermées mais surtout aucunes ne montraient des signes d'infection. Hitomi refit les pansements autour des plus importantes mais laissa à l'air celles qui lui semblaient guéries. Chacun de ses gestes était délicat. Elle faisait son possible pour lui éviter toute douleur. Elle laissa transpirer toute son affection pour Neji à travers tout ce qu'elle faisait. Cette attention fit un peu rougir le jeune garçon. Il lui demanda alors.

"- Ma tante, êtes-vous vraiment restée à mes côtés pendant toute la nuit ?

- Bien sur, il fallait te réchauffer et le meilleur moyen était la chaleur humaine, lui répondit-elle. Je me suis donc couchée près de toi pour te faire bénéficier de la mienne.

-...

- Cela te dérange-t-il que ce fut moi ? Tu aurais peut-être préféré que ce soit quelqu'un d'autre, quémanda attrister Hitomi devant le silence de Neji. Si c'est le cas, je m'excuse. Je vais finir mes soins, puis j'irais chercher une de nos cousines pour t'aider à manger, rassure-toi."

La mère d'Hinata se força à sourire essayant de cacher sa peine. Son coeur lui faisait mal de penser que sa présence lui était aussi désagréable. Elle aimerait tellement nouer un lien privilégié avec son neveu, leur seul témoignage du passage de sa soeur sur terre. Il est vrai qu'il avait fait quelques efforts vis-à-vis d'elle pendant ces trois dernières années. Neji lui parlait et acceptait de rester près d'elle mais jamais il ne l'avait laissée l'étreindre ou le toucher d'une manière ou d'une autre. Le jeune Hyuga ne fut pas dupé par son faux sourire car il vit dans ses yeux la tristesse. Elle n'avait pas compris son silence. Il s'empressa de lui faire part de ses pensées.

"- Non... J'en suis juste étonné... Je pensais avoir rêvé... Cette nuit, je me suis réveillé pendant quelque minute dans un doux coton... Vous voyant, j'avais cru que j'étais entouré des bras de ma mère.

- Oh Neji... J'aurai aimé tout comme toi que ce soit ma soeur qui soit là à ma place... Sache que Hina me manque autant qu'à toi. Je ferai tout pour te maintenir en bonne santé, comme elle l'aurait fait elle-même. Je tiens à toi, affirma sa tante.

Hitomi avait enfin compris la présence de son sourire lors de son réveil ce matin. Son neveu avait ouvert les yeux durant la nuit alors qu'elle dormait et s'était rendormi contre elle en souriant pensant que sa mère était de retour près de lui.

- Merci, ma tante", termina Neji avant de la laisser le soigner.

Respectant son besoin de silence, Hitomi lui proposa de l'aider à manger son potage. Se sentant encore faible au niveau des bras, il accepta. Durant tout le repas, il n'avait de cesse de la regarder du coin de l'oeil. Elle avait vraiment l'air d'une maman s'occupant de son fils. Elle avait le sourire aux lèvres et ses yeux exprimaient de la joie de pouvoir prendre soin de lui. Neji en fut déstabilisé. Tous les gestes de la femme devant lui témoignaient de son amour pour lui. Il sentit son coeur se réchauffer mais pouvait-il vraiment se laisser à l'aimer à son tour. Ne trahissait-il pas sa mère en le faisant ? Il avait tellement peur de l'oublier s'il laissait sa tante y entrer. Cependant, il avait ressenti un tel bien-être qu'il était tenté de le revivre une nouvelle fois. Le jeune Hyuga prit alors une décision : laisser les choses se faire en entrouvrant petit à petit la porte de son coeur.

Alors que son repas se terminait, il reçut la visite de Hiashi qui fut heureux de constater la bonne amélioration de son état. Il l'informa des événements de cette nuit et du matin. Neji se remplit de soulagement pour son meilleur ami et pour Senji. Il espérait être assez en forme pour participer à la cérémonie de remerciement aux Dieux. Il voulut apprendre à son père adoptif ce qui s'était passé durant la chasse. Il s'apprêtât à le lui raconter. Cependant, Hiahsi le coupa en lui expliquant sa discussion avec les autres chefs de famille et de ce qui a été convenu. Ils attendraient leur rétablissement pour en avoir un seul récit entendu de tous. Il manquait la présence d'une personne à leur petite réunion familiale improvisée, jusqu'à l'ouverture de la porte laissant apparaître Hinata. Celle-ci regarda son cousin réveillé et s'avança rapidement vers lui et le serra de ses petits bras.

"- Neji, plus bobo. Je suis contente.

-... Oui, oui... Hésita son cousin. Hinata,... lâche-moi s'il te plait. Tu me fais un peu mal."

Hitomi l'ayant entendu, prit sa fille dans les bras.

- Ma princesse, tu dois garder ton calme. Neji est encore blessé. Il a besoin de repos. Viens, allons voir Hana."

A ces mots, Hinata s'excusa en se triturant les doigts, consciente d'avoir fait une erreur. Elle regarda Neji en chien de faïence pour obtenir son pardon. Le jeune garçon ne savait pas vraiment comment réagir devant cette bouille. Il lui fit un petit sourire discret. A cette réaction, la petite fille en fut satisfaite et lui en offrit un à son tour. Sa mère et elle sortirent donc laissant les deux hommes seuls. Neji souffla. Certes, il ne détestait pas sa cousine mais il se sentait encore mal à l'aise. Une colère lui abritait encore son coeur à son encontre. Hiashi l'ayant observé prit la parole.

"- Hinata t'aime bien. Elle te voit comme un grand frère. J'ai cependant l'impression que tu as du mal à t'attacher d'elle.

Neji baissa la tête ne sachant pas quoi lui répondre. Il ne voulait pas s'étendre là-dessus surtout avec son père adoptif mais il ne voulait pas lui mentir non plus.

-... Je... Je ne la déteste pas, mais...

- Ne te force pas à me répondre, Neji. Tu le feras quand tu te sentiras prêt à le faire, le coupa Hiashi, lui mettant une main sur son épaule. Il avait compris que c'était un sujet délicat.

- Je vous remercie, père.

- Cependant, je te demanderai qu'une chose, continua-t-il. Quelques soient tes sentiments pour elle, promets-moi de la protéger. Elle fait partie de ta famille. Le premier devoir d'un chef est de mettre sous sa protection chaque membre mais encore plus ceux avec qui tu partages le même sang. Réfléchis-y.

- Oui, je le ferai, confirma Neji avant de bailler.

- Tu es fatigué, constata Hiashi. Je vais donc te laisser te reposer. Hitomi t'a laissé des livres sur une table ainsi que quelques activités au cas où l'ennui se faisait sentir lors de tes réveils. N'hésite pas non plus à nous appeler si tu as besoin.

- Bien, merci, souffla le jeune Hyuga avant de s'allonger de nouveau.

Hiashi lui posa une main sur son front constatant l'absence de fièvre, le rassurant. Il se dirigea vers la porte. Il marqua un arrêt pendant un instant. Il pensait avoir compris une partie des ressentiments de son fils adoptif à force de l'avoir observé depuis le décès de Hina. Il se promit de l'aider à y faire face. Alors qu'il avait la main sur la poignet, il rajouta à son attention.

- Neji, une dernière chose. Sache que personne n'essaie d'oublier ta mère en la remplaçant par Hinata. Son prénom lui fut donner en son hommage afin qu'elle reste présente dans nos coeurs à tous. Hitomi ne cherche pas non plus à l'effacer de tes pensées, bien au contraire. Elle souhaite juste t'aimer et te choyer comme ce fut le cas cette nuit. Hina restera à jamais ta mère. J'aimerai également que tu y réfléchisses."

Hiashi le laissa à ses réflexions et sortit pour rejoindre ses invités qui avaient décidé de quitter sa demeure après le repas de midi. Neji avait imprimé les paroles de son père adoptif mais trop fatigué ne put s'y pencher plus en avant. Il s'endormit sur la promesse de le faire à son prochain réveil ou dans les prochains jours. Alors que le chef de famille se dirigeait vers le salon où il savait y retrouver ses amis, il croisa le couple Uchiwa qui venait également de quitter la chambre d'Itachi. A sa surprise, ils étaient accompagnés par Hana. Mikoto sourit discrètement de l'expression sur son visage. Elle lui raconta alors ce qui s'est passé depuis le moment où elle se sépara de Hitomi.

L'épouse de Fugaku était entrée au sein de la pièce où était allongé son fils. Celui-ci lui présenta un visage fiévreux et assez douloureux. Cela l'alarma et posant le plateau de victuailles, se précipita vers lui. Elle mit ses lèvres sur son front et constata que la fièvre y était encore présente. Elle appela un esclave et lui ordonna d'aller chercher un des médecins qui avait demeuré encore au logis Hyuga. En l'attendant, Mikoto l'humidifia afin de le rafraîchir. Au bout de quelques minutes, le guérisseur toqua à la porte. Elle l'autorisa à entrer et constata qu'il était accompagné de son époux. Elle se leva et le rejoignit laissant Itachi entre les mains de son soigneur. Celui-ci évalua sa température et ses autres constantes. Il changea également les bandages. Il se tourna ensuite vers ses parents, anxieux dans l'attente.

"- Seigneur Fugaku, Dame Mikoto, vous pouvez vous rassurer. La vie de votre fils n'est pas en danger.

- Mais la fièvre ...? S'inquiéta sa mère.

- En effet, elle est présente mais reste raisonnable, compte tenu de ses plaies, lui répondit-il avec un ton rassurant. Je vais augmenter et changer la formule de la lotion que je lui avais prescrite pour la combattre. Quand à ses blessures, toutes sont en bonne voie de guérison tant que ses cataplasmes sont changés tous les jours ou dès qu'ils sont trop ensanglantés. D'ailleurs, je constate qu'à part son flan tous les saignements se sont arrêtés. La seule chose qui me préoccupe encore est cette plaie due à la défense du sanglier. Elle présente une inflammation entraînant cette fièvre. Je l'ai de nouveau nettoyée et rebandée. Il faut surveiller son évolution.

- Peut-il manger et boire ? S'enquit son père.

- S'il en ressent le besoin oui, mais une petite quantité à la fois, recommanda le guérisseur. Et rappelez-vous, pas de déplacement pour le moment et du repos.

- Très bien, nous vous remercions", dit Fugaku en le raccompagnant à la porte.

Pendant ce temps, Mikoto se replaça au chevet d'Itachi qui la regardait en souriant pour la rassurer. Le voyant ainsi, elle lui demanda.

"- Itachi, comment te sens-tu ?

- Je me sens fatigué et j'ai encore mal mais sinon ça va.

- As-tu faim ? As-tu assez de force pour manger un peu ? Il faut que tu reprennes des forces, l'encouragea-t-elle.

- Oui, je voudrai avaler un peu de nourriture.

- Très bien. Fugaku, pouvez-vous m'aider à l'installer ?" Se tourna sa mère vers lui.

Ce dernier aida donc son fils à se redresser alors que sa mère lui calait des coussins dans le dos. Mikoto lui donna la béquet comme il était encore un tout petit enfant. Cela la rendit nostalgique et son besoin de materner de nouveau refit surface mais elle en était incapable, devenu stérile à cause de complication lors de l'accouchement d'Itachi. Elle éloigna ses mauvaises pensées loin d'elle car elle devait se concentrer sur celui qui, grâce aux Dieux, lui a été donné. Regardant ce spectacle, le regard de Fugaku s'adoucit. Il était soulagé de voir le fruit de ses amours avec la femme qui avait réussi à toucher son coeur en vie et sur la voie de la guérison. Il se promit de les protéger des requins du conseil mais surtout de Madara. Il était temps de réformer cette famille et son conseil.

Toutes les personnes se virent sortir de leur pensée par le grincement de la porte. Les parents d'Itachi aperçurent Hana leur demandant timidement l'autorisation de rentrer.

"- Excusez-moi de vous déranger. Puis-je entrer ? J'aimerai avoir des nouvelles de Itachi.

- Bien sur, rentre Hana, l'invita Mikoto, en souriant devant la soudaine timidité de la jeune fille.

- Merci", remercia-t-elle en s'inclinant.

En s'avançant vers le lit, elle put y voir son ami réveillé qui la regardait. Il semblait heureux de la voir malgré la fatigue se lisant sur son visage. Elle se retint de se jeter sur lui alors qu'elle en mourrait d'envie. Elle se sentait tellement soulager. Elle s'exclama des larmes de joie au bord des yeux, lui prenant la main doucement.

"- Itachi, je suis tellement heureuse de te voir en vie. Comment ça va ?

- Juste fatigué. Merci d'être venue. Comment va ton père ?

- Il est sauf, se mit-elle à pleurer en repensant à ce matin funeste. Nous avions cru l'avoir perdu mais les Dieux ont créé un miracle en le sauvant de la mort.

- Comment cela ? Demanda Itachi, ignorant toute l'histoire concernant Senji.

- Ne t'en préoccupe pas pour le moment, intervint Fugaku. Nous t'en parlerons quand tu iras mieux. Ta priorité pour le moment est de reprendre des forces et de guérir complètement.

- Mais...

- Je te remercie de ta sollicitude Itachi, mais ton père a raison, le coupa Hana, en sanglotant.

- Ne pleure pas, voyons. Nous sommes tous en vie et c'est le plus important", essaya de la consoler le jeune Uchiwa qui trouva la force de lui poser une main sur sa joue pour essuyer ses larmes.

A ce geste, la jeune Inuzuka rougit fortement. Elle se sentait toute drôle, une douce chaleur se propageait de son ventre à tout son corps. Elle retrouva ses esprits et se pencha vers Itachi. Ce dernier sentit alors un touché voluptueux sur sa joue. Hana venait d'y poser ses lèvres. A ce contact, le garçon se mit à son tour à rougir sous le regard amusé de ses parents qui n'avaient pas raté un seul instant. Une amourette était-elle entrain de naître ? Peut-être. Ils étaient encore tellement jeunes. Réalisant ce geste, la jeune fille se recula promptement en s'excusant. Elle ne savait pas ce qui l'avait poussée à faire cela. Son ami ne fut pas capable de trouver les mots mais lui fit signe que ce n'était rien et qu'il ne lui en voulait pas du tout. Lui aussi avait ressenti son coeur s'emballé à ce signe d'affection.

Voyant l'embarras des deux enfants et le désir de dormir d'Itachi, ses parents décidèrent de le laisser. Mikoto prit la main d'Hana et l'invita à sortir à leur suite après avoir embrassé le front de son fils. Ce dernier les suivit du regard et ferma ses yeux quand il vit la porte close. Il s'endormit paisiblement en repensant au baiser de la jeune Inuzuka. C'est ainsi que les Uchiwa rencontrèrent Hiashi dans le couloir. Après avoir écouté leur récit, ce dernier les invita à rejoindre les autres pour partager le repas. En effet, le soleil était à son zénith.

Après un copieux déjeuner, les couples Nara, Yamanaka et Akimichi rentrèrent dans leur demeure afin de reprendre leur fonction mais surtout rassurer leur famille de leur sort. Les rumeurs allaient bon train à Rome et elles n'étaient pas toujours empreintes de vérité. Asuma avait enfin réussi à convaincre Kurenaï d'aller se reposer un instant avant de quitter finalement leur hôte afin de regagner leur propre logement. Ils avaient une annonce à faire aux futurs grand-parents. Les deux meilleures amies s'étreignirent sur le perron. Hitomi, se séparant d'elle, la remercia d'être restée avec elle.

"- Vraiment, je vous suis reconnaissance de l'effort que vous avez fait. Malgré votre état, vous avait été présente et vous m'avez soutenue. Cela m'a vraiment aidé. Merci.

- Mais c'est normal. Je devrai m'excuser de vous avoir rajouté du travail avec mon malaise, fit désoler Kurenaï.

- Ne vous inquiétez pas pour ça. J'espère vous revoir bientôt.

- Mais j'y compte bien, souria la Sarutobi. D'ailleurs, je passerai dans peu de temps pour avoir des nouvelles de Neji, d'Itachi et de Senji.

- Vous serez la bienvenue", termina Hitomi.

Alors que les salutations entre leurs épouses s'éternisaient, leurs époux se saluèrent également. Hiashi informa Asuma qu'il lui fera parvenir dans quelques jours une invitation. Au même moment, Senji se reposait, veillé par Tsume qui s'improvisa infirmière. Il passait énormément de temps à dormir. Son corps réclamait beaucoup d'énergie pour se soigner et économisait au maximum ses forces. Il avait eu une nouvelle poussée de fièvre mais qui céda aux herbes médicinales et aux bons soins de son épouse. Ses bandages hormis celui du dos et du bras gauche ne saignaient pratiquement plus. Sa bien aimée avait changé plusieurs fois ceux de ses blessures les plus graves. Hana avait visité son père mais ne voulant pas trop le fatiguer ne s'attardait pas longtemps. Elle restait avec Hinata, s'occupant d'elle comme si elle était sa petite soeur.

Tsume s'était installée sur une chaise près de Senji. Constatant, son front baigné de sueur et son visage crispé, elle se saisit d'une éponge et la mouilla d'eau fraîche. Elle la passa sur son visage, son cou et son torse essayant le mieux possible de ne pas toucher aux bandages. Le froid avait l'air de lui faire du bien car son mari se détendit un peu. Après avoir appliqué ses soins, la Inuzuka tourna sa tête vers la fenêtre et fixa le ciel bleu, parcouru par des nuages blancs se promenant au grès du vent. Si elle avait possédé une vision divine, elle aurait pu voir au-delà un mont verdoyant se dresser : le mont Olympe où Naruto et ses compagnons étaient parvenus après leur départ du monde des Hommes.

Cela faisait maintenant plusieurs heures qu'ils étaient de retour et ce dernier fut des plus explosifs. Tous se souvinrent. Alors qu'ils venaient de se poser sur l'Olympe, Naruto et Sasuke sentirent un frisson leur parcourir leur échine dorsale et ce n'était pas de bon augure. Tendus à l'extrême, ils se retournèrent et virent leur pire cauchemar se réaliser. Devant eux, arrivait leur mère au summum de la colère. Ses cheveux d'ambre battaient l'air autour d'elle et ses yeux leur lançaient des éclairs. A côté d'elle, Minato ne payait pas de mine et essayait de la calmer mais sans trop de succès, la tête enfuie entre ses épaules. Sakura qui les accompagnait était également furieuse mais pas pour les même raisons. Encore une fois, elle avait été laissée de côté par Sasuke et cela à cause de Naruto. Les deux dieux ailés entendirent Kushina crier à en faire trembler les temples.

"- NARUTO ! SASUKE ! Qu'est ce qui vous a pris de partir sans nous prévenir surtout en ce jour important !

- Maman, ..., tu vois... Nous avons... essaya d'expliquer le dieu de l'Amour.

- C'est ma faute, Kushina, le coupa Tenten. J'avais une dernière affaire à régler sur Terre et Naruto a voulu m'apporter son aide.

- Et pour ça, il avait besoin d'amener son frère dans ses bêtises et d'entraîner Lee par la même occasion ainsi que... Commença Sakura.

- J'avais besoin de la rapidité de Lee pour une importante requête que j'avais besoin de faire parvenir auprès de... contredit le dieu de l'Amour.

- Je ne veux pas le savoir. J'aimerai que tu sois un peu plus responsable, Naruto. Là-dessus, je donne raison à Sakura. Comment as-tu pu impliquer Sasuke et les autres dieux dans des bêtises aussi grosses que toi ? Souffla toujours en colère la déesse de la Beauté et des Plaisirs.

- Maman, arrête ! Comment peux-tu dire ça ? Le défendit brutalement Sasuke. Oui, Naruto m'a entraîné mais il a bien fait et je suis aussi responsable que lui. A tout moment, j'aurai pu le quitter mais je suis resté auprès de lui car il avait besoin de moi. C'était vraiment urgent, surtout pour lui, crois-moi.

- Nous aussi, nous aurions pu le laisser seul, renchérirent leurs compagnons de mission. Nous avons désiré le soutenir dans son action.

- Et en quoi était-ce si urgent ? le coupa Kushina, en fronçant les sourcils, en baissant d'un ton. Plus important que la cérémonie qui nous attend.

Elle s'était un peu adoucie car les paroles prononcées par son second fils supposaient que son frère aurait pu être touché personnellement s'ils n'étaient pas intervenus. Lui déclencher une crise, peut-être ? Elle attendait maintenant des explications. Constatant le changement d'attitude chez sa mère et malgré les paroles dures à son encontre, Naruto commença à lui donner les explications voulues.

- En voulant aider Tenten, nous avons visité des mortels après l'avènement d'un accident terrible. J'ai découvert une telle douleur en leur coeur que...

- Les mortels, les mortels, qu'est-ce qu'on n'en a à faire des mortels aujourd'hui ? Cela ne pouvait pas attendre la fin de la journée, continua à vociférer Sakura. Vraiment, Naruto, tu restes toujours aussi immature et un trouble fête. Grandis un peu. C'est pas ce que tu voulais non, alors assume maintenant.

-... Sakura, cela ne te concerne en rien, lui fit remarquer Naruto, de plus en plus agacé d'être interrompu depuis tout à l'heure.

- Et puis arrête d'influencer et de manipuler nos amis. Tu leur fais croire qu'ils sont libres de leur choix alors que c'est totalement faux, l'ignora-t-elle, furieuse qu'il lui ait répondu, le regardant hautainement de ses yeux vert émeraude accusateurs. Je ne suis pas dupe de ton manège, contrairement à eux.

A ces mots, Naruto recula stupéfait par la critique de son amie. Encore une fois, sa mère et elle le rendaient responsables des erreurs de tout le monde. Elles n'avaient toujours pas compris les vraies raisons de son comportement de diablotin durant les siècles précédents. Observant la blessure à son coeur infligé par la déesse aux cheveux roses, Sasuke intervint violemment.

- Sakura, tu ne sais rien de la souffrance et de ses conséquences sur Naruto ! Il est l'être le plus altruiste que je connaisse ! C'est à toi d'arrêter de le juger à tout bout de champs ! Alors, tais-toi ! Ça nous fera des vacances !

- Sasuke, ne le défend pas, affirma cette dernière. Il est l'aîné. C'est donc à lui d'être raisonnable... Je me demande comment Kushina et Minato ont pu avoir un fils pareil. Je les plains vraiment."

Ce fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase. La tête baissée, Naruto, blessé au plus au point, déploya ses ailes et s'apprêta à s'envoler quand son mouvement fut interrompu par le bruit d'une gifle. Il releva les yeux et vit Sakura une main sur sa joue et les fesses au sol. L'attaque fut tellement forte qu'elle était tombée à la renverse. Devant elle, se dressait sa meilleure amie Ino. Celle-ci avait les larmes aux yeux. Elle pleurait d'avoir été obligée de lever la main sur elle mais elle se devait d'intervenir. Les accusations de la déesse de la Sagesse étaient tellement injustes qu'elle n'a pas pu s'en empêcher. Elle avait insinué devant eux que Naruto n'aurait jamais du venir au monde et qu'elle mettait en cause les choix de chacun le rendant responsable de tous les maux de l'Olympe. Elle lui balança ces mots.

"- Sakura, Sasuke a raison. Tu devrais te taire. C'est toi qu'on devrait plaindre de rester aveugle et ignorante.

- Ino, pourquoi ? demanda abasourdie la concernée.

- Tu as été injuste car blessée dans ton orgueil de ne pas avoir été dans la confidence au même titre que moi ou que Sasuke ou même Lee, lui expliqua la reine des Enfers. Tu te crois supérieure alors que nous sommes tous égaux... Naruto est ou du moins était ton ami et pourtant tu le critiques sans arrêt... Il n'est pas responsable de tes malheurs... J'aurai pensé que notre discussion t'avait faite réfléchir. Malheureusement, non... Je te plains, Sakura. Tu risques de tout perdre."

Après ces paroles, Sakura s'enfuit. Elle n'arrivait pas y croire. Sa meilleure amie l'avait frappée et avait défendu Naruto. Les autres l'avaient laissée faire sans intervenir. Se trompait-elle donc de voix ? Elle voulait tant s'approcher de Sasuke que plus rien ne comptait. Etait-elle jalouse de Naruto d'être si proche de lui et pas elle, d'être laissée de côté, de ne pas compter ? Elle avait besoin de réfléchir. Mais une chose est sure. Pour elle, tout était la faute du dieu de l'Amour et elle le ferait payer.

Les dieux présents suivirent du regard le départ de leur comparse. Ils étaient à la fois désolés pour elle mais surtout atterrés par son discours. Comment pouvait-elle penser que Naruto était responsable de tous leurs actes et décisions ? Ino continuait à pleurer. Le jugement de son amie sur elle l'avait blessée ainsi que d'avoir levé la main sur elle. Elle sentit des bras l'enlacer par derrière. Reconnaissant Saï à sa carrure et à son odeur cendrée, elle fit volte face et se blottit contre lui. Son divin époux lui murmura alors des mots de réconfort à son oreille.

"- Ino, ne pleure pas. Tu as bien fait. Sakura n'avait pas à attaquer ainsi Naruto et quelqu'en soient ses raisons.

- Je sais... mais cela fait mal... Je n'ai pas supporté qu'elle mette en cause mes décisions et celles de nos compagnons, mais surtout la plus importante de toute me concernant, sanglota la déesse aux longs cheveux dorés.

- Laquelle ?

- Mon amour pour toi... Avoir accepté mes profonds sentiments à ton égard a été la meilleure résolution que j'ai prise de toute mon éternité.

- Ino..., dit ému le dieu des Enfers. Merci.

- Tu n'as pas à me remercier, le contredit Ino, une main sur sa joue, le regardant amoureusement. J'ai mis trop de temps à m'en rendre compte et maintenant nous souffrons tous deux lors de nos séparations. Si je m'étais réveillée à cet amour plus tôt, je ne serais pas obligée de partir six mois par an loin de toi.

- Je sais mais tu as un devoir à accomplir. Après notre mariage, tu es devenue la déesse du printemps accompagnant le réveil et le sommeil des beaux jours. Je n'ai pas pris en compte ton ressenti, ta profonde tristesse et celle de tes proches après ton enlèvement, la regarda son époux, désolé de la façon dont à débuter leur couple. Le désespoir a été tel que cela en a imprégné la Nature, ta mère, la plongeant dans un hiver éternel. Seule ta remontée à l'Olympe lui a permise d'en sortir.

- Mais Saï, j'en suis la seule responsable de par mon caractère ou tout du moins mon orgueil passé de m'avoir laissée influencer par mes amies. Je suis restée aveugle à mes sentiments, me refusant de les accepter alors qu'ils étaient présents depuis notre rencontre. Lorsqu'enfin, je m'avouai mon amour pour toi, il était déjà trop tard, s'empressa d'ajouter Ino, prête à tout mettre sur ses épaules. Je sais que tu en as souffert et que tu en souffres encore, je le vois bien.

- Détrompe-toi ! Dit son mari en secouant doucement la tête avant de reposer son regard sur elle tendrement. Je dois assumer mes responsabilités. J'aurai du mis prendre autrement, te séduire, t'avouer mon affection plus tôt et nous laisser du temps mais surtout à toi... Chaque acte a des conséquences et nous devons aujourd'hui en payer le prix.

- ...

- Et puis, je ne suis pas aussi malheureux que ça. Je préfère t'avoir à mes côtés six mois par an que pas du tout, lui souria-t-il.

- Oh Saï...Moi aussi je suis heureuse malgré tout, rougit la déesse du printemps.

- De toute façon, rien ne m'interdit de te rejoindre sur le mont Olympe. J'y suis encore aujourd'hui. Seules mes fonctions me maintiennent loin de toi, rajouta le roi des Enfers.

- ... C'est vrai... Je t'aime, mon souverain démoniaque.

- Je t'aime, ma fleur de printemps."

Le couple s'embrassa doucement, les bras de Saï autour de sa taille la serrant le plus possible contre lui, les mains d'Ino contre son torse. Puis son épouse les plaça autour de son cou et approfondit le baiser. Tout le reste avait disparu pour eux, ils étaient maintenant plongés dans un monde onirique et merveilleux où eux-seuls existaient. Les autres Dieux à ce spectacle se retournèrent pour leur laisser un peu d'intimité. Naruto et Sasuke rougissaient, leurs parents se regardaient désirant en faire de même mais préférant se retenir et Lee sifflait en regardant le ciel. Tenten souriait doucement en se remémorant la rencontre de ce couple et du mariage de son amie. Personne dans le monde de l'Olympe n'oubliera jamais les événements qui unirent le couple infernal. Trop de choses s'y étaient déroulées, mélangeant joie et crainte, douleur et félicité. Leur monde divin avait tout de même frôlé la catastrophe. Heureusement, tout s'était très bien terminé.

Les Enfers avaient compté depuis lors un nouveau couple et pas des moindres puisqu'il s'agissait de celui de son souverain. L'Olympe put aussi bénéficier d'un nouveau membre puisque le premier né de Kushina et accessoirement le fils de Minato, naquit durant ces jours assombris par la trahison d'un des leurs, ou plutôt devrait-elle dire, d'une des leurs. Durant la cérémonie qui lia à jamais Saï et Ino, Naruto, âgé d'un an, avait été le plus mignon, une couronne de fleurs dans les cheveux et ses ailes brillant de mille feux. Il avait attendri tous les invités en osant faire devant tous ses premiers pas. C'est en repensant au dieu de l'Amour, le sourire aux lèvres et les yeux fermés, que la déesse de la Chasse sortit de ses souvenirs en entendant la voix de la divinité aux ailes blanches l'interpeller.

"- Ten... Tenten... Tenten, l'Olympe appelle la lune."

En entendant son nom, la déesse de la Chasse ouvrit les yeux et vit le visage de Naruto à quelques centimètres du sien. Pour se faire, il s'était élevé dans le ciel à la force de ses ailes. A cette vision, Tenten sursauta brutalement en se jetant en arrière, le souffle coupé. Par réflexe, elle l'envoya quelques mètres plus loin d'une gifle monumentale. Réalisant que ce n'était que son camarade, elle souffla, une main sur le coeur en l'interpellant.

"- Mais ça ne va pas d'apparaître comme ça ! Si j'était mortelle, je suis sûre que je serai morte de peur.

- Euh, désolé Tenten,..., s'excusa Naruto, une main derrière la tête. Mais cela fait au moins cinq minutes que notre couple infernal a fini de se bécoter et que j'essaie de t'appeler en vain.

- Oh ! Alors c'est à moi de te demander pardon pour la gifle... mais tu m'as surprise, dit la déesse aux macarons.

- Ce n'est pas grave. En tout cas, tu as une sacrée droite, affirma le dieu ailé, en se massant la joue où apparaissait la marque de ses doigts. Quel sujet tes pensées t'ont-elles amenée à explorer ?

- Leur baiser m'a fait remonter les souvenirs de leur rencontre et les événements qui ont suivi. D'ailleurs, j'ai repensé à ta naissance, expliqua-t-elle d'un ton nostalgique.

- Ah oui, fit tout fier Naruto. Maman nous en a reparlé récemment quand Sasuke l'a interrogée sur la sienne et la mienne. Il n'y a pas à dire, mais j'étais déjà super fort.

- Et oh, t'en vante pas trop, baka, intervint son frère. Moi, j'ai fait trembler la terre et réveiller tous les volcans de la planète, c'est vachement plus impressionnant que de diffuser tout l'amour et les passions sur les trois mondes.

- Arrête de m'appeler comme ça, Sas'ke, vociféra Naruto. Je te rappelle que ton exploit est tout de même entaché par le sang de mortels. Durant ma naissance, personne n'a rejoint le royaume de Saï que je sache.

- C'est pas ma faute s'ils se sont retrouvés au mauvais endroit, au mauvais moment," se défendit Sasuke, furieux.

Les deux dieux ailés se foudroyèrent des yeux en continuant à s'envoyer des piques devant les autres divinités gênées par cette dispute fraternelle. Tout le monde en avait l'habitude sans vraiment en comprendre les codes. Par contre, une déesse commença en sentir la moutarde lui monter au nez. Elle s'approcha des deux garnements et d'un seul mouvement leur tira à chacun une oreille les faisant gémir de douleur.

"- Vous allez arrêter vos enfantillages et cela tout de suite, hurla Kushina, ses cheveux bougeant dans tous les sens autour de sa tête.

- Oui, maman, dirent-ils d'un même souffle. Pardon maman.

- De plus, vous ne m'avez toujours pas donnée d'explication valable à votre expédition sans autorisation dans le monde des mortels... Naruto, Sasuke, j'attend", exigea leur mère en lâchant leur appendice auditif.

Les deux frères, tout en se frottant leur oreille douloureuse, se regardèrent d'un regard noir pour savoir qui allait expliquer la situation. Le dieu de l'Amour finit par souffler, résigné. Il allait ouvrir la bouche quand Tsunade arriva l'empêchant de commencer.

"- Mais qu'est-ce que vous faites encore ici ? La cérémonie est sur le point de débuter. Je te rappelle Naruto que tu as un rôle à tenir durant son déroulement."

A cette annonce, le dieu de l'Amour se figea et se souvint d'un coup qu'ils étaient tous attendus mais surtout lui au jardin des béatitudes. C'est sans prononcer une parole qu'il déploya ses ailes et prit son envol dans le but de se précipiter vers ce lieu. Cependant, il put entendre Sasuke, toujours sur le coup de leur dispute et voulant avoir le dernier mot, murmurer entre ses dents.

"- Je suis peut-être responsable de plusieurs morts mais moi au moins, je ne force personne à aimer qui que ce soit, de plein ou contre son grès, même encore aujourd'hui."

A ces mots, Naruto arrêta son ascension, les yeux écarquillés par ce qu'il venait d'entendre. Il atterrit doucement la tête basse, le buste penché en avant et les poings serrés. Ses parents, son frère et ses amis avaient l'impression qu'il portait tous les malheurs de l'univers sur ses épaules tel Atlas pliant sous le poids du monde. Ce dernier était le fils du titan Japet et le neveu de Saturne. Il avait prêté son concours aux Géants dans leur guerre contre Jiraya et l'Olympe. En punition de cette complicité, le dieu des Dieux le changea en montagne et le condamna à soutenir la voûte céleste. Minato voulut rejoindre son fils quand le dieu de l'Amour prit alors la parole le stoppant dans son projet.

"- Alors, toi aussi, Sasuke... tu penses comme Sakura et certaines mauvaises langues... je ne fais que manipuler le coeur des gens... influençant leurs sentiments dans mon propre intérêt...

En entendant sa triste voix, l'Antéros se rendit compte de la portée de ses paroles et les regretta instantanément.

- Je... tenta-t-il mais l'Eros ne lui en laissa pas le temps.

Ce dernier se tourna vers lui et à sa grande surprise, lui présenta un visage souriant et continua sa phrase.

- C'est beau l'amour fraternel... car tu as peut-être raison. J'en ai sans doute le pouvoir si je le voulais,... Qui sait ? Je n'ai jamais essayé. Je devrai tenter le coup au moins une fois pour voir si cela marche... En tout cas, j'ai de la chance de t'avoir... Tu me remets les idées en place... ... Sur ce, on m'attend. A tout de suite."

Le dieu de l'Amour s'élança dans les airs à une telle vitesse que personne ne put prononcer un seul mot, même pour le retenir. Constatant son départ précipité et ignorant l'état d'esprit de son premier né, sa mère se mit à crier, folle de rage de ne pas avoir satisfaction.

"- Naruto, tu ne t'en sortiras pas comme ça ! Je veux des explications et je les aurais quitte à ce que je hante tes rêves pour les avoir !"

Rigolant à cette menace malgré son malaise par rapport à Naruto, Tenten le suivit, accompagnée de Lee mais eux à la vitesse de leurs jambes. Quand à Sasuke, il baissa la tête, les yeux fixant le sol. Il l'avait blessé avec son insinuation qu'il ne pensait pas d'ailleurs. Il passait son temps à critiquer l'attitude de Sakura. Pourtant là, il s'était comporté comme elle, si ce n'est pire, car ils étaient tous deux frères. Son visage souriant sonnait faux et cachait sa douleur. Le dieu aux ailes noires le savait pertinemment car sa voix et ses yeux lui avaient montré son émoi. Soudain, il sentit la main de Minato sur son épaule et relevant son regard vers le sien, y lut compassion et encouragement. Il se libéra de son emprise doucement et reprenant un faciès sérieux, déploya également ses ailes. Avant de partir, il se tourna vers sa mère.

"- Maman, c'est justement pour lui éviter un sommeil agité voir... "mortel"... que nous sommes restés aussi longtemps sur la terre des Mortels y aider plusieurs familles. Sans ça, je ne suis pas sur que j'aurai pu l'aider à en sortir, ou même Shikamaru et cela malgré son expérience... Je suis navré de ne pas satisfaire ta curiosité mais là, j'ai une autre priorité. Je dois me faire pardonner auprès de Naruto."

Laissant Kushina sans voix et quelque peu calmée par cette information, le frère de l'Amour s'envola à son tour. La déesse de la Beauté n'arrivait pas assimiler ce que son second fils venait de l'informer. Naruto aurait eu une crise si importante qu'il aurait été enfermé dans ses songes et cela à jamais. A cette idée, elle frissonna d'horreur. La voyant ainsi, Minato l'enlaça et lui embrassa la tempe. Le couple vit Saï et Ino les aborder.

"- Je vous assure que vos fils n'ont rien fait de mal, leur assura la déesse du Printemps. Même si nous-mêmes nous n'en connaissons pas les détails, nous les avons aidés sans regret. Il semblerait que cela était nécessaire et inévitable.

- Je t'en remercie, Ino, dit le dieu de la Guerre. Je pense que nous allons attendre la fin de la cérémonie pour entendre leur explication.

- Mais Minato..., tenta Kushina, se ressaisissant quelque peu. Je souhaiterai que mes petits garçons restent près de moi. Je pourrai alors les protéger.

- Nous devons leur faire confiance, mon amour, la réconforta ce dernier. Il nous faut accepter que nos enfants grandissent et commencent à prendre leur propre décision, surtout Naruto. Il a tout de même plusieurs siècles d'existence.

- Je sais, mais j'ai tellement peur de les perdre et ce qu'à sous-entendu Sasuke a augmenté ma crainte, dit son aimée.

- Nous resterons toujours là pour eux. Ils savent qu'ils peuvent compter sur nos conseils et notre soutien. C'est le plus important.

- Tu as sans doute raison mais depuis sa naissance, je ...", tenta la déesse de la beauté avant d'arrêter sa phrase en baissant la tête.

Une angoisse lui serrait les entrailles. Cette dernière était ancienne et elle n'arrivait pas à s'en défaire. Elle se redressa en entendant la voix de Saï.

"- Kushina, penserais-tu encore à la malédiction proférée à l'encontre de Naruto ? A l'entendre, il ne semble pas au courant de tous les événements liés à sa naissance.

- Non, nous avons jugé qu'il n'était pas nécessaire de le lui raconter afin de ne pas l'empêcher de vivre sereinement, sans peur d'aimer, lui répondit-elle, des sanglots dans la voix. Je... je sais qu'elle n'était plus ce qu'elle était quand elle l'a lancée et que je ne devrai pas en faire cas. Cependant, cette hypothétique épée de Damoclès sur mon enfant me poignarde le coeur. Personne ne peut me confirmer qu'elle ne s'abattra pas sur Naruto. J'aimerai tant le préserver de cette souffrance, de cette cruauté.

- Ma chère amie, son plus grand pouvoir était de cracher son venin par la parole, angoissant nos coeurs. Ne la laisse pas envahir le tien sinon tu risques de tout perdre, tout comme ça faillit l'être pour moi, la rassura Saï en serrant la main d'Ino dans la sienne. Ais foi en Naruto et en sa capacité à changer tout en bien. Il est le plus imprévisible d'entre nous, cherchant à tous nous protéger. Mais surtout ne lui interdit pas d'aimer, il en serait malheureux et toi aussi. C'est le Malheur qui risque d'entraîner la destruction de notre monde et non l'Amour.

- Tu es bien philosophique, mon chère dieu des Enfers. Est-ce l'influence d'Ino qui te rend aussi confiant en l'avenir, le taquina Kushina. En tout cas, je t'en remercie. Tes paroles sont un baume à mon coeur."

Le couple infernal, silencieux, la salua en retour d'un signe de tête et main dans la main, partit rejoindre le lieu de la cérémonie. Minato et Kushina restèrent un moment enlacer profitant de leur chaleur mutuelle. Le dieu de la Guerre brisa leur étreinte et obligea son amante à le regarder dans les yeux. Il essuya les larmes naissantes de son pouce avant de rompre le silence qui régnait entre eux depuis le départ de leurs amis.

"- Mon amour, Saï a raison. Et puis, regarde Naruto a eut le béguin pour Sakura pendant longtemps et pourtant, rien est arrivé. Nous sommes tous encore là.

- Oui mais ses sentiments n'étaient pas réciproque et encore moins maintenant et... Commença Kushina.

- Ais confiance en Naruto et en nous, la coupa Minato, doucement. Est-ce cette peur pour le futur de notre fils qui te rend aussi exigeante et presque cruelle avec lui ?

- Cruelle ?

- Tu t'ais montré très dur avec lui, le jugeant avant même d'entendre ses raisons et celles de nos compagnons, lui informa son amant. Pourtant tu as bien vu que depuis l'arrivée de Sasuke et même bien avant, Naruto a beaucoup mûri. Tous l'ont remarqué, même ses instructeurs."

A cette remarque, Kushina se mémorisa son attitude au retour de ses fils et se rendit compte qu'elle s'était effectivement montrée injuste, encore, avec Naruto. Elle en pleura contre le torse de Minato qui l'enlaça de nouveau pour la consoler. La mère des deux dieux ailés se promit alors de se faire pardonner auprès de son aîné. Se calmant, le couple se décida enfin à rejoindre la cérémonie qui n'allait pas tarder à commencer. Le dieu de la Guerre et la déesse de la Beauté arrivèrent finalement au jardin des béatitudes.

C'était un lieu enchanteur où une cascade d'eau cristalline se jetait dans un lac formant un arc-en-ciel éternel. Les licornes et les chevaux volants dont Pégase en était l'étalon dominant, aimaient s'y désaltérer et se reposer. C'est également en cet endroit, que ces animaux fantastiques venaient donner naissance à leurs petits. Les arbres de cerisiers y étaient toujours en floraison, balancés par une brise d'été. Les Inséparables, perruches aux multiples couleurs, y nichaient alors que les autres oiseaux s'y retrouvaient pour enchanter les visiteurs de leur chant. En ce jour, le jardin des béatitudes arborait un manteau de pétales de fleurs. Un autel se dressait au milieu du lac sur une petite île en son centre. Un pont la reliait à la berge où des tables copieusement garnies attendaient les gourmets.

Toutes les divinités, les Nymphes, les Naïades et tous les habitants de l'Olympe étaient présents, richement apprêtés, même Kiba avait pu laisser un temps sa fonction de gardien de la Porte des Enfers. Ils étaient tous dans l'attente de l'arrivée des deux héros du jour. Le dieu de la Guerre alla saluer tous ses comparses alors que sa compagne cherchait désespérément ses deux fils mais en vain. Elle s'approcha alors de Minato pour l'en informer.

"- Minato, je ne vois ni Naruto, ni Sasuke. Cela m'inquiète.

- En ais-tu sur ? dit ce dernier en scrutant les environs à son tour. Effectivement, je ne les aperçois pas. C'est étrange.

- Tu crois qu'ils leur aient arrivés quelque chose, commença à s'angoisser leur mère.

- Je...

- Vous êtes à la recherche de Naruto et Sasuke ? L'interrompit Kakashi, s'approchant d'eux dans leur dos, les obligeant à se retourner.

- En effet. Sais-tu quelque chose ?, s'enquit Minato. Ils auraient déjà dû être présents vu qu'ils sont partis avant nous.

- Nous avons vu arriver Sasuke en trombe mais en constatant l'absence de son frère, il est reparti aussi rapidement qu'il est apparu en nous avertissant qu'il allait à sa recherche.

- Tu veux dire que Naruto..., commença Kushina qui devint aussi blanche qu'un linge.

- N'est jamais parvenu en ce lieu, finit le dieu des Arts.

- Il... il faut que j'y aille aussi, affirma alors sa consœur aux cheveux ambres, paniquée à l'idée qu'il soit arrivé à ses enfants par sa faute.

- Non, Kushina, l'arrêta Minato lui prenant le bras pour l'arrêter. Nous nous doutons tous les deux du pourquoi de l'absence de Naruto et du départ de Sasuke à sa poursuite. Notre fils aîné est parti s'isoler car blessé. Nous devons faire confiance à son frère pour nous le ramener. Je pense qu'il est le seul qui a des chances de réussir."

Leur mère se rangea à cette analyse en baissant la tête, se sentant atrocement coupable. Elle la releva, regardant le ciel en priant que rien ne leur soit arrivé. Les écoutant, Kakashi resta perplexe, ne comprenant pas ce qui se passait en ce moment mais resta silencieux, ne voulant pas les forcer à la confidence. Le dieu de la Guerre s'adressa à lui.

"- Nous allons retarder la cérémonie. Peux-tu prévenir nos amis et les faire patienter ?

- Bien sûr, lui répondit-il. De toute façon, on ne peut rien faire sans Naruto. Il en tient un rôle important."

Alors que Kushina et Kakashi allaient annoncer la nouvelle à l'assemblée de leur côté, Minato ne put s'empêcher de penser à ses deux fils. Ces derniers avaient bien grandi. Sasuke était maintenant âgé de huit ans. Naruto se présentait dans un corps d'un enfant du même âge. Le fils aîné de Jiraya pouvait être fier d'eux. Tous leurs instructeurs étaient satisfaits de leur progression. Les deux garçons devenaient de plus en plus endurants, habiles avec les armes, et un peu plus posés dans leur analyse. Les plus favorables étaient les héros antiques des Enfers. Ces derniers étaient de plus en plus souvent en difficulté face aux deux divinités ailées. Individuellement, ces dernières rencontraient encore des défaites face à eux. Par contre, lors des combats d'entrainement en duo, Hector, Achille et Léonidas avaient besoin de s'associer plus d'une fois pour les vaincre. Ils avaient également recours à l'intelligence et à la ruse d'Ulysse pour leur présenter des challenges dignes d'eux et développer leur propre intellect. Ce dernier avait été un protégé de la déesse de la Sagesse, Sakura, le protégeant durant la guerre de Troie et durant son Odyssée.

Ulysse fut roi des Iles d'Ithaque et de Dulicie. Par amour pour son épouse Pénélope, il avait essayé de se soustraire à l'appel à la guerre d'Agamemnon contre la ville de Troie. Pour se faire, il tenta de se faire passer pour fou en voulant labourer le sable sur le bord de la mer, avec deux bêtes de différentes espèces et d'y semer du sel. Malheureusement, pour vérifier son aliénation, un des envoyés plaça sur la ligne du sillon Télémaque, le fils nouveau-né d'Ulysse. Ne voulant pas le blesser, ce dernier leva le soc de la charrue montrant qu'il simulait.

Le roi d'Ithaque partit donc pour Troie en réussissant à convaincre Achille de le suivre à la bataille avec ses Myrmidons malgré le stratagème de sa mère. Celle-ci, instruite du sort funeste de son fils sous les murailles de la ville assiégée, l'avait caché pour le protéger en habit de femme à la cour du roi Lycomède. Afin de le reconnaître, Ulysse, déguisé en marchant, proposa à l'assistance bijoux et armes. En guerrier voulant la gloire et oubliant son accoutrement, Achille se trahit en choisissant ces dernières. C'est ainsi que les deux héros combattirent à Trois durant dix ans.

La guerre ne prit fin que grâce à une ruse d'Ulysse. Ce dernier avait fait construire une monumentale statue de cheval en bois, à l'intérieur des soldats y étaient cachés. L'armée d'Agamemnon simula une retraite laissant l'offrande aux Dieux seule face à la ville. Les Troyens croyant avoir gagné et malgré les mises en garde d'Ayame, firent rentrés la statue en son sein. A la nuit tombée, les Grecs sortirent de son flan, ouvrirent les portes et le massacre commença pour se finir à l'aube découvrant la mort d'Achille, une flèche en son talon.

Après la bataille, Ulysse dut faire face à une odyssée. Il est dit qu'il avait offensé le dieu Suigetsu qui le condamna à errer pendant dix ans avant de retourner chez lui. Ainsi, il fit de nombreux naufrages durant lesquels il perdit tous ses compagnons. Il combattit des cyclopes et résista aux chants des sirènes. Il fut "prisonnier" pendant un an de Circé, la magicienne, qui voulant le garder pour elle, l'avait ensorcelé grâce à des philtres et des potions. C'est grâce à une descente aux Enfers pour consulter l'âme du devin Tirésias sur sa destinée qu'il réussit à se défaire de sa "geôlière". Cela ne l'empêcha pas de tomber de nouveau sous les charmes de Calypso qui profitant d'une perte de mémoire le "séquestra" près d'elle pendant sept ans. La retrouvant, il construisit un radeau qui s'échoua à son tour sur les terres de la princesse Nausicaa qui convainquit son père de l'aider à retourner à Ithaque, revoir ainsi son épouse et son fils.

De retour en sa patrie, Ulysse, déguisé en mendiant et après avoir été reconnu de Télémaque, découvrit qu'une centaine de prétendants, le croyant mort, voulaient se marier avec Pénélope pour monter sur le trône. Cette dernière grâce à un stratagème les avait faits patienter pendant de longues années, les laissant dilapider sans pourvoir y faire grand chose leurs biens. Malheureusement, en ce jour de retour, les princes avaient perdu patience, et ayant été prévenu de la supercherie, avaient exigé qu'elle choisisse un nouvel époux. Pénélope les mit donc à l'épreuve. Ulysse possédait un arc que lui seul arrivait à tendre. Elle épousera l'homme qui réussira à le faire également et à tirer une flèche entre plusieurs anneaux. Tous tentèrent et échouèrent sauf un : le mendiant. Après avoir retendu son arc, Ulysse l'empoigna et tua chaque prétendant avec l'aide de ses fidèles serviteurs et de son fils.

Le roi d'Ithaque fut ainsi reconnu de tous mais surtout de son épouse. Il put ainsi vivre et régner sur son royaume paisiblement jusqu'au jour où il fut tué par Télégone, son second fils qu'il a eu de Circé durant sa "captivité", et qui ne l'avait pas reconnu du fait de son grand âge. C'est ainsi qu'Ulysse, demeurant désormais aux Enfers avec Pénélope l'ayant rejoint dans la mort plusieurs années après, devint un des instructeurs de Naruto et de Sasuke. Il leur enseignait la ruse et comment tourner une situation à leur avantage augmentant la fierté de leur père.

Alors que Minato pensait à la progression de ses fils et à leur nouvel enseignant, une déesse aux cheveux roses qui les avait écoutés discrètement, cachée derrière un arbre, avait un sourire mesquin aux lèvres. Apparemment, Kushina l'avait en quelque sorte vengé à sa place. Sakura s'éloigna et retrouva son groupe d'amies parmi les Nymphes ne souhaitant pas s'approcher d'Ino pour le moment. D'ailleurs, celle-ci la regarda partir loin d'elle en soupirant doucement. Depuis la naissance de Sasuke, la situation était devenue bien plus complexe. Pourtant après son propre mariage, les deux meilleures amies avaient retrouvées une certaine complicité. Elle avait pensé que Sakura était revenue un peu sur sa façon de voir les gens et les événements.

Alors qu'Ino était plongée dans ses pensées, elle sentit un bras puissant lui serrer la taille. Son dos cogna contre un torse qu'elle reconnut instantanément. La déesse du Printemps leva les yeux vers le visage de cet homme et tomba sur les yeux de son époux. Il avait senti son abattement et s'était empressé de lui apporter réconfort et sécurité. Elle se mit sur la pointe des pieds et lui déposa un doux baiser pour le remercier. Puis, le couple se concentra sur le reste de leurs amis et entreprit d'attendre le retour des dieux ailés en leur compagnie. C'est ainsi que Saï et son épouse conversèrent avec Suigetsu et Karin qui surveillait du coin de l'oeil leur fils Triton courtisant ses lointaines cousines les Néréides, fille de Nérée, dieu marin de l'ancien temps. Assisse sur une banquette, Temari participait à la conversation en compagnie du dieu des songes, somnolant, la tête placée sur ses genoux. Une de ses mains n'arrivait pas à lâcher celle de sa compagne, faisant sourire Ino à cette image.

Cela faisait maintenant deux ans que ce nouveau couple avait officialisé leur relation sans pour autant parler encore de mariage. Il était temps, pensa la souveraine des Enfers. En effet, Shikamaru n'assuma pas la déclaration dont il avait gratifié la déesse de la Justice le jour de la naissance de Naruto. Cette dernière n'avait pas non plus reconnu s'être laissée aller ainsi avec lui. Pour eux, une féministe et un macho fainéant n'avaient rien à faire ensemble. Selon eux et malgré leur intelligence, leur "rapprochement" avait été dû à l'aura de Naruto qui les avait poussés l'un vers l'autre. Cependant, ils devinrent par la suite un couple officieux ne pouvant pas s'empêcher de se revoir intimement tout en le niant par fierté quand on leur en parlait. Bien que le dieu de l'Amour les ait découverts depuis les cinq ans de Sasuke, leur couple devint officiel après un accès de jalousie de Shikamaru.

C'était une semaine après son retour des Enfers il y a donc deux ans. Beaucoup d'habitants de l'Olympe profitaient de ces premiers jours de Printemps en se promenant. Ino marchait aussi avec ce dernier quand d'un coup, il s'arrêta en fixant un point devant lui. L'épouse de Saï suivit son regard et vit Temari rire avec Choji.

"- Tiens, je ne savais pas que ces deux -là étaient devenus aussi proches, remarqua-t-elle, surprise.

- Il faut dire que tu es à l'Olympe que six mois par an maintenant. Certains événements s'y produisant t'échappent forcément, lui répondit Shikamaru, d'un ton neutre mais qui évolua en devenant froid, le visage se fermant progressivement.

- C'est vrai, j'en oublie presque ma vie d'ici. Il n'existe que Saï et notre couple quand je suis là bas," dit la déesse du Printemps, laissant de côté son changement d'attitude à cause de sa pensée tournée vers son époux.

Ino vit Choji se pencher vers l'oreille de Temari et échangea des messes basses avec elle. A cette vision, elle posa une question qu'elle pensait innocente mais qui déclencha une tempête de jalousie.

"- Tu crois qu'ils entretiennent une relation amoureuse tous les deux. Si c'est cela, on aura peut-être droit à un nouveau mariage. Moi qui aime tant ce genre de célébration, je vois déjà ça d'ici. Tu ne...

Elle s'arrêta net quand elle sentit l'aura de Shikamaru devenir sombre et son ombre s'agiter dans tous les sens témoignant de sa fureur. La souveraine infernale se tourna vers lui et le vit serrer les poings. Ses yeux exprimaient une telle fureur qu'elle s'écarta d'un pas de lui. Elle ne comprenait pas la réaction de son camarade. Elle allait lui poser la question quand celui-ci, la devinant, ouvrit la bouche.

"- Comment ose-t-il, lui, qui se dit mon meilleur ami ? Comment peut-il la courtiser ainsi et devant tout le monde alors qu'il est au courant ? Elle est à moi, rien qu'à moi.

- Voyons, Shikamaru, calme-toi, tempéra Ino. Temari est libre d'avoir des amis et même d'aimer qui elle veut. Elle ne t'appartient pas. Je connais Choji, jamais il ne ferait la cour à une personne éprise d'une autre. Puis, que je sache, vous n'êtes pas liés elle et toi, niant toujours ce qui s'est passé autrefois.

-... Ça s'est ce que vous croyez tous...", lança-t-il énigmatique.

Après cette réplique, le dieu des Songes s'avança vers son ami et la déesse de la Justice. Violemment, il écarta cette dernière de son compagnon alors que son ombre l'immobilisait en affirmant avec force.

"- Choji, je t'interdis de t'approcher de Temari et de la séduire. Elle est mienne et à personne d'autre. Je l'aime et cela depuis toujours. Je vais te faire regretter d'essayer de me l'enlever.

- Shikamaru, qu'est-ce... tenta son amante, ébahie.

Sans attendre et sans prévenir, celui-ci embrassa Temari devant tout le monde prouvant ses prérogatives. Elle ne fit aucun mouvement, tellement hébétée par le déroulement des événements. A la fin du baiser, il étendit son ombre sur le corps de Choji et le plongea dans un sommeil profond. A ce geste, la jeune femme aux quatre couettes se précipita vers lui alors qu'il s'était affalé sur le sol. Elle regarda son amant, les yeux lui lançant des éclairs.

"- Mais qu'est-ce qui te prend au juste ?

- Je défends juste ce qui est à moi, se défendit Shikamaru, les bras croisés sur son torse. Je lui ai fait juste comprendre qu'il n'a aucune chance car je ne le laisserai pas t'enlever à moi.

- Choji n'a rien fait de mal et ce n'est pas à toi de me dire qui fréquenter et qui aimer, vociféra Temari, sourde par la colère au fait qu'il reconnait devant tous ses sentiments pour elle, même si sa déclaration était maladroite.

A cette réponse, la fureur abandonna le dieu des Songes, remplacé par la tristesse. Alors l'amour de la déesse de la Justice avait changé de destinataire. Il lui tourna le dos pour qu'elle ne voit pas son visage, témoin de son désarroi. Il ajouta en essayant d'être sarcastique.

"- Je vois. Tu as cessé de m'aimer et c'est maintenant Choji qui a tes faveurs... Très bien, je vais vous laisser tranquille... Rassure-toi, il n'est pas en danger. Il se réveillera dans quelques mois aussi frais qu'un gardon. Vous pourrez alors vivre votre amour."

C'est abasourdi que Temari identifia le problème de Shikamaru. Il était jaloux et c'est sur cette constatation que sa colère fonda comme neige au soleil. Sa voix défaite témoignait qu'il croyait dur comme fer qu'elle ne l'aimait plus. Elle repensa à sa phrase et son coeur se serra. Elle s'était encore laissée guider par son fort tempérament. Elle devait remettre les choses au clair sinon elle risquait de le perdre. Le voyant entamer une fuite en avant, elle l'arrêta en l'interpellant.

"- Shikamaru, qu'est-ce qui t'a fait penser que nous formions un couple avec Choji alors qu'hier soir, j'étais dans tes bras ?

-... Je sais que tu as peur de l'abandon et que tu préfères quitter avant d'être quittée... Je pensais que j'avais réussi à te rassurer sur ce point mais visiblement j'ai échoué... Choji et toi êtes devenus un peu plus proche chaque jour depuis quelques semaines..., expliqua-t-il. Puis, je ne suis pas idiot, j'ai bien vu que tu essayais de m'avouer quelques choses depuis un moment mais sans y parvenir... Si c'est pour rompre, j'aurai préféré que tu me le dises tout de go plutôt que de te servir de mon meilleur ami."

C'est sur cette tirade que le dieu des Songes entama sa marche pour s'éloigner de son ex amante, le coeur gros. Soudain, il sentit son bras tiré en arrière. Il baissa son regard et vu Temari s'y accrocher comme à une bouée de secours. Elle avait les larmes aux yeux. Elle rompit le silence régnant alors qu'elle avait l'impression d'être transpercée par une flèche à la poitrine.

"- Shikamaru, tu as réussi à me redonner confiance en un amour sincère et éternel... Je n'ai jamais voulu rompre avec toi et encore moins de le faire pour aller dans les bras d'un autre... puisque ce n'est que dans les tiens que je veux m'y perdre.

Son amant ne comprenait plus rien malgré son QI élevé et balbutia.

- Mais tu as parlé de... Et puis, toutes ces messes basses entre vous... Ino, qui vous croit ensemble...

- Je... Je me confiais à Choji, avoua Temari, le rouge aux joues, la tête basse comme gênée. Il m'offrait ses conseils pour m'aider à te convaincre d'arrêter de nous cacher. Je voulais enfin vivre notre relation au grand jour comme Saï et Ino ou encore Kushina et Minato."

A cet aveu, le coeur de Shikamaru s'envola vers le ciel comme une flèche. Le bonheur irradiait tout son être. Sans se préoccuper des autres divinités et des habitants de l'Olympe qui commençaient à s'accumuler autour d'eux, il releva le visage de sa bien-aimée en posant un doigt sous son menton et la regarda intensément. Temari ne supportant plus toute cette tension se jeta sur ses lèvres et l'embrassa passionnément demandant dès le début l'accès à sa bouche. Il y répondit avec autant de passion qu'elle. Ils le rompirent quand ils entendirent un rire d'enfant au dessus d'eux. Les deux amants tournèrent leur regard vers le ciel et virent une forme aux ailes blanches s'éloigner au loin un arc d'or dans la main et un carquois dans le dos. Ils sourirent avant de reprendre un visage grave en se souvenant de l'état de Choji, causé par la jalousie du dieu des Songes. Celui-ci ronflait à même le sol, plongé dans ses rêves pour une très longue durée.

En tout cas, depuis ce jour, Shikamaru et Temari affichaient leur amour devant tous, Naruto les taquinant dès qu'il en avait l'occasion. Quand au dieu du Vin, il mit presque un an à se réveiller avec un immense appétit. Il avait beaucoup maigri durant son sommeil forcé attirant les faveurs de certaines Nymphes et Naïades. Cependant, Choji n'était pas du tout intéressé préférant rattraper son retard dans ses fêtes et ses repas. Au bout de quelques semaines, il avait repris sa corpulence d'antan à sa grande joie. Il était fier de montrer sa personnalité bon vivant au monde, attendant qu'une femme l'accepte tel qu'il est, persuadé qu'elle existait quelque part. S'il devait rester célibataire, cela ne le dérangeait pas vraiment tant qu'il était entouré de ses amis et que ces derniers étaient heureux. Cela lui suffisait. C'est sur l'image d'un Choji, gisant dans la poussière, qu'Ino sortit de ses souvenirs, en riant discrètement.

Alors que la déesse du Printemps se mémorisait ce moment de leur vie, à des kilomètres de là, un dieu aux ailes blanches se trouvait seul, caché au sein de son jardin secret. Il était tapi dans une petite caverne de cristal, derrière la cascade qui se déversait dans un petit lac où nageaient ses cygnes. Naruto y pleurait depuis qu'il avait quitté ses parents et Sasuke, le coeur en charpie. Ne voulant pas montrer ce visage aux autres, il avait décidé de s'isoler afin de reprendre du poil de la bête. Malheureusement, il n'arrivait pas à se calmer et à retrouver son enthousiasme légendaire. Les mots de Sakura et de Sasuke tournaient en boucle dans son esprit, blessant jusqu'à son âme. Désirant en finir, le dieu de l'Amour sortit de sa cachette en retraversant la cascade et se plaça au centre du lac, sur un petit îlot y immergeant. Il se mit en position de méditation et plongea dans un lieu connu de lui seul et qui l'apaisait à chaque fois, apparaissant même quelque fois dans ses rêves.

Cela faisait trois ans que Naruto faisait le même songe et qu'il en ressortait serein et même heureux. Il s'en servait également pour trouver la paix afin de renforcer ses séances de méditation. Durant ces dernières années, il ne rechignait plus à cette tâche. Bien au contraire, c'était devenu une de ses activités préférées en plus de l'instruction physique et militaire concoctée par Minato. Le point noir restait la stratégie ainsi que le jeu d'échec et sa logique. De ce rêve, il n'en avait parlé à personne, même pas à son frère. Il voulait le garder pur, sans tâches. C'est ainsi, après avoir fermé ses yeux, qu'il se plongea en lui, laissant son esprit écouter la vie de la nature. Il se sentit attiré de plus en plus vers ce lieu que seul son coeur connaissait.

Le dieu de l'Amour atterrit ainsi dans ce même champ de fleurs où une douce brise d'été l'entourait faisant voler ses cheveux hérissés en bataille et virevolter leurs pétales autour de lui. A chaque fois, elles l'invitaient à le suivre. Ce qu'il faisait en courant ou en volant en fonction de ses humeurs, guidé par une chaleur envahissant chaque cellule de son corps et qui le remplissait d'allégresse à chaque pas ou mouvements d'ailes. Finalement, il arriva à ce lac ressemblant à celui de son jardin secret. Naruto traversa les buissons, le coeur tambourinant dans sa poitrine, espérant apercevoir cette silhouette qui le hantait de jour comme de nuit.

Comme toujours, cette dernière est immobile au-dessus de l'eau, se montrant dans un corps d'un nouveau-né, un halo argenté l'entourant. Ce dernier se mit alors à la recouvrir. Son apparence corporelle alors changea et l'Amour la vit grandir. Sa croissance s'arrêta au moment où elle atteignit l'âge correspondant à la date anniversaire de sa première apparition dans ses rêves. Ainsi en ce moment, la silhouette arborait le corps d'un enfant de trois ans. Elle commença alors à danser avec le liquide, lui donnant l'impression d'être son complice. Elle semblait jouer avec les gouttelettes, les faisant tourner autour d'elle, ou glisser sur ses mains, ses bras et ses jambes. Soudainement, elle s'arrêta et semblant prendre conscience de sa présence se tourna vers lui pour lui tendre doucement une main. Elle donnait l'impression de l'inviter à la rejoindre. Ce que tenta Naruto, tremblant et hypnotisé par cette vision enchanteresse. Malheureusement, au moment où il est sur le point de toucher ses doigts, la silhouette la retira et riant discrètement, se mit à courir autour du lac, alors qu'il la poursuivait.

Depuis la première fois qu'elle lui apparut, c'était le même scénario. Il était heureux de la voir et s'amusait comme elle lors de leur course poursuite. Il était presque sur que c'était une fille car il l'avait déjà vue sous une forme adulte. C'était il y a maintenant trois ans quand il réussit pour la première fois à rentrer en méditation. Une chose changeait également une année sur l'autre. L'image de cette enfant au début floue et opaque devant lui devenait plus claire, moins sombre mais sans être identifiable. Durant son sommeil, le rêve s'arrêtait toujours quand il est sur le point de la saisir par la taille. En pleine méditation, malgré ses efforts, Naruto n'arriva pas à la rattraper mais s'en moquait car il était de nouveau en paix. Il rouvrit alors les yeux.

Pendant ce temps, une divinité aux ailes noires se posait sur la cime d'un chêne centenaire, scrutant chaque parcelle du territoire qu'il apercevait. Depuis son départ du jardin des béatitudes, Sasuke n'avait pas cessé de rechercher son frère. La culpabilité le rongeait. Il n'arrêtait pas de se poser cette question : pourquoi avait-il sorti ses insinuations ? Pour le blesser ? Pour gagner leur échange conflictuel ? Durant toute sa recherche, il avait essayé de repérer Naruto grâce au lien qui les unissait et qu'ils avaient appris à maîtriser grâce à la méditation. Malheureusement, en vain, le dieu de l'Amour l'avait rompu, refusant tout contact avec lui. L'Antéros décida de retenter sa chance. Il ferma les yeux et se concentrant, diffusa son aura et son esprit tout autour de lui sur plusieurs mètres. Il resta ainsi immobile au moins deux minutes quand soudain il ouvrit les yeux, un léger sourire se formant au coin de ses lèvres. Il déploya ses ailes et s'envola vers une direction inconnue.