Pendant que Sasuke reprenait ses recherches nourri d'un nouvel espoir, Naruto sortit de sa méditation. Son coeur était enfin apaisé et ne supportait plus le lourd poids de la tristesse. Il se remit alors debout et entreprit de déployer ses ailes pour sortir de son jardin secret. La voie des airs était le seul moyen pour y accéder. Il était attendu et ne voulant pas faire encore plus patienter les autres divinités, s'envola. En s'élevant vers les nuages, il posa un dernier regard à son lieu de réconfort. Il voyait sa chère cascade et son lac disparaître derrière la végétation, les cachant à la vision des étrangers. Il fallait savoir que cette clairière s'y trouvait pour pouvoir la trouver. Sans cela, elle restait invisible à l'oeil nu. Un lointain jour, le dieu de l'Amour s'y était écrasé alors qu'il s'était blessé une aile contre une ronce. C'était lors d'une tentative de fuite face aux moqueries et aux mesquineries de certains habitants de l'Olympe mais surtout à l'image de Sakura, sa meilleure amie à l'époque, le rejetant. Se détachant de cette vue, Il se concentra sur son vol et s'éloigna petit à petit.
Au bout de quelques battements d'ailes, Naruto vit la silhouette de Sasuke se dessiner devant lui. Apparemment, son frère l'avait retrouvé. Mais comment ? Il pensait avoir rompu leur lien pour être seul. Soudain, il réalisa qu'en retrouvant la paix de l'esprit, il l'avait de nouveau renoué inconsciemment. En le voyant s'approcher, ses paroles lui revint à la mémoire et son visage s'assombrit à nouveau. Cependant, le souvenir de sa mystérieuse "amie" empêcha son coeur d'être blessé encore une fois et l'aida à rester calme. Sasuke, l'apercevant, se posa sur la cime des arbres, en travers de son chemin, espérant qu'il s'arrêterait. Malheureusement, Naruto passa à côté de lui, l'ignorant royalement. Le dieu aux ailes noires, quelque peu déboussolé par l'attitude de ce dernier, ne voulut pas laisser la situation ainsi en suspend entre eux et se mit alors à crier.
"- Je suis désolé, Naruto... Pardonne-moi, mon frère..."
En entendant ses mots d'excuse, ce dernier se posa également non loin de lui. Les deux dieux ailés se tenaient de dos. La seule différence était leur attitude. Sasuke avait la tête baissée, entre ses épaules, penaud. Naruto était droit tel un piquet. Au bout de quelques minutes, il se mit à souffler et se retourna. Il vit le dos de son interlocuteur être victime de soubresaut. Sasuke se retenait de pleurer. A cette vision, le coeur de l'Amour finit par s'adoucir complètement. Il se mit à réfléchir. Oui, son frère a eu des mots durs, sachant comment lui faire mal mais la colère avait été son moteur et rien d'autre. Il ne l'avait pas fait dans le but de le blesser comme les autres moqueurs de l'Olympe. Et puis, lui non plus n'avait pas été tendre avec lui, l'accusant d'un acte dont il était involontairement le déclencheur. Il ferma les yeux et après avoir organisé ses pensées, voulut s'exprimer mais l'Antéros ne lui en a pas laissé le temps, le coupant avant qu'il fasse entendre sa voix.
"- Je... je n'aurai pas dû t'accuser de manipuler les gens comme ces idiots le font juste parce qu'ils sont frustrés de ton refus d'utiliser tes flèches pour obliger une personne à les aimer... Je voulais tellement avoir raison et gagner notre altercation...que je n'ai pas pensé aux conséquences de mon acte... Mes paroles ont dépassées mes pensées.. Je ne voulais pas... Pardonne-moi... Tu as...
- Sasuke..., intervint Naruto ne lui permettant pas de finir son monologue. Je sais tout ça. Tu n'as pas voulu me faire du mal de façon intentionnelle... Bien sûr que je te pardonne... J'ai moi-même réagi sur le coup de l'émotion sans prendre de recul... Tu n'as...
- Mais pourtant mes mots ont rouvert cette blessure en ton coeur, l'interrompit à son tour ce dernier, étonné par ce pardon aussi rapide. Je sais qu'elle n'est pas cicatrisée et risque de ne l'être jamais, prête à saigner à chaque accusation... Je...
- Sasuke, intervint son frère qui s'envolant se mit à côté de lui, une main sur son épaule. Je ne t'en veux pas... Tu n'es pas le seul à devoir présenter des excuses. Moi-aussi, je n'aurai pas dû utiliser les mortels décédés lors de ta naissance pour t'atteindre. Tu n'es pas directement responsable de leur mort car tu ne l'as jamais souhaité... Je te demande aussi pardon, petit frère.
- Eh ! Je ne suis pas petit, vociféra Sasuke pour cacher sa gêne. Certes, tu es né des siècles avant moi mais on pourrait nous prendre pour des jumeaux vu notre croissance commune.
- Mais bien sûr, si tu le dis, taquina Naruto, un grand sourire aux lèvres. Bon, ce n'est pas tout ça mais je crois qu'on nous attend.
- En es-tu sur d'être en état ? Tu sembles t'en être remis mais on peut prendre un peu plus de temps, s'inquiéta le dieu aux ailes noires en reprenant son sérieux. Je sens que tu es encore un peu éprouvé par notre dispute.
- Merci pour ta sollicitude mais cela ira. Je t'assure, le rassura le dieu de l'Amour. J'ai médité pendant un moment et cela m'a fait du bien...
- Mmm, tu t'es plongé dans tes pensées secrètes, c'est ça ? Demanda-t-il en se penchant vers lui, les yeux rétrécis et remplis de suspicion. Je me demande vraiment à quoi tu rêves la nuit et ce qui te permet de trouver la paix en ton coeur et dans ton esprit.
- La nuit ? Comment tu sais ça toi ? Fit étonner l'Eros.
- Mon cher frère, je t'apprends qu'il t'arrive de parler en dormant. C'est assez incompréhensible mais on t'entend bien rire et parfois des "je vais t'attraper" et des "Reste ici". Dis-moi, tu rêves de qui ? Une fille, peut-être ?, l'interrogea Sasuke, de plus en plus insistant.
- Euh...," hésita Naruto, les joues rouges et reculant au point de tomber de la cime de l'arbre qui les soutenait.
Il dut déployer ses ailes aussi rapidement qu'il le pouvait pour ne pas s'écraser au sol et se remit au niveau de Sasuke, toujours en attende de sa réponse. Il aimerait pouvoir satisfaire sa curiosité mais d'un autre côté, il voulait vraiment garder cela pour lui. Il avait l'impression de souiller son "amie" de ses songes en parlant d'elle à quelqu'un d'autre, même si c'était son frère. Il ne savait pas quoi répondre mais il fallait arrêter l'interrogatoire avant qu'il n'arrive pas à lui sortir les vers du nez.
"- Je... je souhaiterai garder ...
- Je t'arrête tout de suite, l'interrompit Sasuke. Je te taquine. Il fallait bien que je te renvoie la pareille. Je ne veux pas te porter à la confidence. Tend que cela t'aide, cela me va. Par contre, m'en parleras-tu un jour ?
- ... Merci, fit gêner le dieu de l'Amour. Je te revaudrai ça. Cependant, je ne sais pas si je t'avouerai ce qui se passe en moi. Je... j'ai l'impression qu'il faut que cela reste ainsi. En fait, je désire que cela soit connu que de moi seul.
- Mmm, je ne peux pas dire que je comprenne mais je vais respecter ton choix. Je vais donc me contenter de cette réponse, se résigna le dieu aux ailes noires en haussant les épaules.
- Bon, il faut y aller. Nous sommes déjà assez en retard comme ça," dit Naruto, en s'envolant de nouveau.
Cependant, il ne vit pas Sasuke lui emboîter le pas. Il posa son regard vers lui et constata que celui-ci avait un visage sombre, une préoccupation au fond de ses prunelles. Il allait lui demander pourquoi il restait ainsi immobile quand il fut devancé une nouvelle fois.
"- Naruto, je viens de repenser à Sakura. Je sais que je me suis rabaissé à son niveau, si ce n'est pire mais... Dis-moi... Me raconteras-tu enfin votre histoire à elle et à toi ? Qu'est ce qui s'est passé pour qu'elle soit aussi hautaine et méprisante à ton égard ?
- ... Phfft, souffla son interlocuteur en se reposant sur la cime d'un arbre, voisin à celui de Sasuke. Ce serait trop long à raconter et malheureusement, nous manquons de temps, vu notre retard déjà existant... Sache cependant, que c'est compliqué. Je ne connais pas moi-même les véritables raisons de son éloignement et de son comportement car cela est arrivé presque du jour au lendemain, sans que je m'y attende. Je ne peux faire que des hypothèses. Une seule chose me paraît très probable. C'est surement lié au retour de l'attention de nos parents vis-à-vis de ma personne, au vu de notre passé identique et à l'incompréhension sur les effets de mon pouvoir.
- Mais...
- Je te promets de tout te révéler, en tout cas, ce que je sais. Cependant, pas maintenant. Bien que j'ai retrouvé une certaine sérénité, je pense que je suis encore un peu trop susceptible d'être submergé par les mauvais souvenirs. Je pense qu'elle est plus à plaindre et qu'il faut se montrer magnanime. Elle souffre, de quoi ? Je l'ignore, de jalousie peut-être.
- Ok, mais je ne lâcherai pas le morceau et tant que je n'aurai pas d'explication, je suis libre de la détester... Et puis, elle me tape sur les nerfs d'être toujours sur mon dos, injuria Sasuke. On est d'accord ?
- On est d'accord, acquiesça Naruto qui reconnaissait bien là son frère, prêt à haïr à sa place montrant ainsi qu'il était vraiment tout son opposé. Allez, on y va".
C'est ainsi que les deux frères s'envolèrent une bonne fois pour toute pour se diriger vers le jardin des Béatitudes où les divinités commençaient à s'impatienter. Leur parent avait réussi avec l'aide de Kakashi à retarder la cérémonie qu'ils avaient préparé. Cependant, le temps leur paraissait long à tous, même certains commençaient à émettre l'idée de la reporter. C'était le cas des deux héros du jour qui ne voulaient ne rien faire sans la présence du dieu de l'Amour. Une déesse aux cheveux roses pestait en accusant encore son ancien ami d'accaparer l'attention de tout l'Olympe.
Elle repensait à son altercation passée quelque temps plus tôt et ressentit tout de même un pincement au coeur au souvenir du visage blessé de Naruto. Cependant, elle ne se laissa pas envahir par la compassion en entendant une des ses connaissances l'inviter à les rejoindre. La déesse de la Sagesse se dirigea donc vers le groupe dont elle était la plus populaire et presque la reine. Autrefois, elles étaient deux à se vanter d'en être les princesses mais à cause de la naissance d'une certaine personne, ce n'était plus le cas. A cause d'elle, elle avait perdu sa meilleure amie. Alors qu'elle se trouvait au centre du cercle formé par certaines Nymphes et Muses, ses amies, elle entendit Tenten indiquant l'arrivée des retardataires.
"- Regardez, Naruto et Sasuke arrivent."
Toutes les personnes présentes dirigèrent leur regard vers deux points dans le ciel qui s'approchaient à grande vitesse. Tous virent bientôt apparaître la silhouette des deux dieux ailés qui atterrirent finalement face à Minato et Kushina. Cette dernière se précipita vers ses fils et les serra dans ses bras.
"- Vous êtes là. Je me suis faite un sang d'encre. Vous n'êtes pas blessés, tout va bien, n'est-ce pas ?
- Oui, tout va bien, maman répondit Sasuke difficilement tellement l'emprise de leur mère était forte. J'étais allé chercher Naruto et je me suis excusé. Il a eu la gentillesse de me pardonner mon erreur.
En l'entendant, les souvenirs de Kushina refirent surface et la tristesse envahit ses yeux. Elle lâcha Sasuke et enlaça son aîné.
- Oh Naruto, je suis aussi tellement désolée de ce que je t'ai balancé à la figure. Mais comprend-moi, j'ai tellement peur de vous perdre tous les deux. J'ai laissé Sakura s'en servir et ses paroles me convaincre que tu avais commis l'irréparable. Je ...
- Maman, je sais cela, la coupa ce dernier, en lui frottant le dos pour la réconforter avant de la repousser doucement. Tu m'offres tes excuses et je les accepte tout comme je l'ai fait avec Sasuke... jusqu'à ce qu'on se retrouve dans la même situation la prochaine fois.
- Naruto, pourquoi affirmes-tu cela ? Demanda Kushina, estomaquée par cette dernière remarque dite sur un ton défaitiste, à l'opposé du caractère de son premier né.
- Cela fait des siècles que cela dure, maman, expliqua-t-il, les yeux quelque peu baissés et dirigés sur le côté avant de fixer ceux de cette dernière. Je ne sais pas de quoi tu as peur mais j'aimerai juste que tu ne laisses pas ce sentiment t'envahir et te dicter sa loi. Tu dois me faire confiance. Je ne suis plus le diablotin qui faisait toutes ces bêtises pour attirer votre attention à papa et à toi alors que vous me laissiez seul pour fuir vos souffrances et cette crainte.
- Je... je suis vraiment désolée, Naruto, réitéra sa mère qui comprit que son fils souffrait plus qu'elle ne pensait en réalité. Je vais faire des efforts mais sache que mon seul souhait est de vous protéger ton frère et toi.
- Nous en sommes conscients," la rassurèrent ses garçons avant de s'éloigner un peu d'elle pour se tourner vers leur père.
Ce dernier les regarda avec fierté. Ses fils avaient mûri, mais surtout Naruto. Leur entraînement avec Shikamaru, Ulysse et lui-même portaient leur fruit, comme quoi les échecs et la méditation avaient du bon dans l'analyse des situations. Tenten avait développé leur vitesse et leur endurance ; Kakashi, leur souplesse et leur rapidité d'action dans l'exercice d'esquive de ses rayons solaires ; Jiraya dans la métamorphose et lui-même dans le maniement des armes. Même Kankuro leur avait appris à forger les éclairs du dieu des Dieux et quelques lames basiques. Le dieu des Forges jugeait que dans quelques années, Naruto et Sasuke pourront forger leur propre arme divine comme ce fut le cas pour lui avec son glaive et ses poignards. Minato n'ajouta rien et hocha juste la tête, signe de soutien. Les deux dieux ailés lui sourirent et lui répondirent du même hochement. C'est là-dessus, que Tsunade rompit le silence qui venait de s'installer.
"- Bon, puisque tout le monde est enfin arrivé, la cérémonie va enfin pouvoir commencer. Les héros du jour, à vos places."
C'est ainsi que tous les invités conviés à cette événement se dirigèrent sur les rives du lac. Sasuke et Naruto se placèrent sur l'île où Kankuro avait construit un belvédère aux mille couleurs entourant un autel. Jiraya et Tsunade s'y trouvaient au centre dans l'attente des célébrités du jour. L'une d'entre elles se présenta au bout de l'allée formée par les invités. Devant cette personne qui s'avéra être d'apparence masculine, douze chérubins portant par deux, un à chaque extrémité, des grands arcs de métal entrelacé, décorés de fleurs, marchaient au son de la musique des Muses. Ils s'arrêtèrent devant le pont qui reliait les berges à l'île. A ce moment-là, l'homme entama son avancée. Lorsqu'il arriva au pied du ponton et qu'il y posa le pied, les Naïades créèrent des jets d'eau qui étincelèrent tel des cristaux à la lumière du soleil, passant au-dessus de lui. Il continua et s'arrêta face à Jiraya qu'il salua silencieusement et patienta à son tour en se tournant vers son point de départ. Les instruments se turent pour laisser le son d'un cor envahir l'atmosphère prévenant tous de l'arrivée de la personne que tout le monde attendait.
Celle-ci se présenta sur le dos d'une licorne. L'animal fantastique entama sa marche au son de la première note de la lyre et passa sous le tunnel de fleurs. Lorsqu'il se stoppa devant le pont, la cavalière descendit de sa monture à l'aide de Kakashi. Après avoir soufflé discrètement pour gérer sa nervosité, elle s'y engouffra à son tour s'avançant sous cette eau qui l'invitait à rejoindre celui qui avait volé son coeur. Enfin à ses côtés, elle ne put réprimer un léger rougissement. Elle trouvait son promis très beau dans sa tenue crème rappelant la couleur du sable et aux broderies d'or et d'argent. Ce dernier n'arrivait pas à détourner son regard de la beauté devant lui. Sa promise se présentait dans une robe blanche décorée des mêmes motifs que ses propres habits. Ses cheveux étaient coiffés dans un chignon complexe laissant quelques mèches tombées sur sa fine nuque. Son cou et ses poignets portaient les plus beaux bijoux qu'il lui avait offert. Revenant à la réalité, le héro du jour lui présenta sa main qu'elle prit et l'incita à se tourner vers Jiraya. Ce dernier s'adressa d'une voix forte à l'assemblée réunie.
"- Dieux et Déesses,... Nymphes, Muses, Naïades et Satyres... tous habitants de l'Olympe et du monde océanique ainsi que du royaume infernal,... nous sommes réunis en ce jour pour être les témoins de l'union entre la déesse de la Vertu, Matsuri et le dieu des Vents, Gaara."
A cette annonce, tous applaudirent avant de retrouver leur calme au bras levé du dieu des Dieux. Ce dernier entama un discours sur les droits et les devoirs qui liaient les deux époux et les invita ensuite à échanger leurs voeux. Gaara commença se montrant concis et sobre mais on pouvait lire dans son regard toute la tendresse qu'il éprouvait pour sa promise. Celle-ci, émue et au bord des larmes, eut quelques difficultés à finir les siens, tellement l'émotion la submergeait. Matsuri montra tout son amour pour lui et une certaine détermination et combativité dans ses propos, étonnant certaines mauvaises langues qui se moquaient dans son dos de son caractère impressionnable. Quand tout fut dit, Tsunade tendit aux mariés une coupe contenant le nectar et l'ambroisie. Gaara la prit et la présenta aux lèvres de Matsuri qui en but la moitié. Puis, la prenant à son tour, elle fit de même avec lui terminant de la vider. Cela accomplit, la souveraine de l'Olympe reprit la coupe pour laisser la place à Naruto et à Sasuke.
En tant que témoins, les deux dieux ailés s'approchèrent du couple. L'Antéros prit la main gauche de Matsuri pour la mettre dans celle de Gaara. Il les lia entre elles grâce à un ruban argenté signifiant à tous leur union éternelle. Puis, l'Eros s'avança à son tour et posa les siennes sur celles jointes de ses amis. En fermant un instant les yeux, il y fit apparaître un halo de lumière. Celle-ci se propagea tout le long du tissu et tous le virent se transformer en se rétractant petit à petit pour finir par s'enrouler autour de l'annulaire gauche de Gaara et de Matsuri. A la fin du processus, une énergie éclata autour de ces derniers les baignant dans une douce chaleur. Quand celle-ci s'estompa et que Naruto retira ses mains, toute l'assemblée vit apparaître deux anneaux d'or blanc ornés les doigts des mariés, prouvant à tous leur engagement et leur amour. Son frère et lui s'écartèrent du couple en proclamant tout deux d'une seule voix.
"- Réveille-toi Olympe car voici Gaara, dieu des Vents et son épouse Matsuri, déesse de la Vertu. Et vous Dieux et Déesses, ainsi que les Nymphes, Muses, Naïades, Satyres et toutes créatures du monde céleste, infernal et terrestre, puissiez-vous les honorer comme il se doit et en accord avec leur rang."
Après cette tirade, c'est sous les applaudissements que Gaara embrassa Matsuri, plus heureuse que jamais.
Toutes les déesses pleuraient de joie pour leur nouvelle amie, même Sakura eut une larme à l'oeil. La déesse de la Sagesse avait appris à connaître la divinité de la Vertu. Elle se surprit à l'apprécier en comprenant enfin pourquoi le coeur du dieu des Vents l'avait choisie elle et pas une autre. Elle avait essayé de l'enrôler dans son groupe d'amies. Cependant, Matsuri refusait toujours poliment, préférant s'occuper de Gaara. Cela ne l'empêcha pas de passer quelques journées avec les autres déesses pour apprendre à les connaître, mais jamais elle ne s'était retrouvée seule avec sa camarade aux cheveux roses. Cette dernière avait mis cela sur le coup de la timidité. Cependant, elle était loin de connaître les véritables raisons et ne les soupçonnait aucunement. Il faut dire que l'ancienne fille d'Agamemnon appréciait plus d'être en compagnie d'Ayame, d'Ino, de Karin, de Temari et de Tenten. Ces dernières lui paraissaient plus simples, moins superficielles et moins enclin à faire valoir leur divinité et leurs pouvoirs sur les mortels. Elle trouvait dommage de ne pas réussir à s'entendre avec Sakura qui selon Ino, avait un bon fond mais caché par un mal être qu'elle ne savait pas expliquer.
Kushina fut également très émue par la cérémonie. Cela lui rappelait son propre mariage. A ce souvenir, elle ne put s'empêcher de caresser son propre anneau qui, à la différence de Matsuri, était en or jaune avec des reflets ambre lui rappelant la couleur de ses cheveux. Elle se blottit dans les bras de Minato qui lui embrassa le front. Lui aussi repensa à leur union. C'était deux ans et demi plus tôt. La cérémonie avait été aussi luxurieuse et c'était déroulé également au jardin des Béatitudes, lieu de prédilection pour les mariages. Il avait ressenti une certaine fierté quand Naruto procéda au même rituel formant leur alliance. Cependant, ce n'est pas sous des arcs de fleurs qu'il s'était avancé vers l'autel mais sous des lances et des glaives tendus par ses amis. Quand à Kushina, ce n'est pas à dos de licorne qu'elle apparut mais entourée par Triton et ses cousines chevauchant des hippocampes. Tout comme à sa naissance, elle traversa les eaux sur le dos des deux dauphins qui les avaient sauvés Naruto et elle autrefois.
En effet, la déesse de la Beauté était née grâce à un phénomène extraordinaire juste après la bataille finale contre les Dieux déchus et plus particulièrement contre Uranus. Le sang de ce dernier, en coulant dans l'océan et s'y mêlant, avait réchauffé l'écume de mer d'une telle façon que Kushina y sortie nue, dans une nacre de perle. Elle apparut ainsi aux yeux de Minato qui tomba instantanément amoureux et constatant sa nudité l'avait recouverte de son manteau. Elle fut confiée aux Heures qui se chargèrent de son éducation pendant quelques siècles. La déesse aux cheveux ambres revint ensuite en Olympe et rencontra de nouveau celui qui deviendra son amant, son beau-frère, le père de son fils aîné et enfin son époux. Elle ne sut que plus tard que ce dernier avait toujours veillé sur elle et cela depuis sa naissance miraculeuse.
En ce temps-là, Kushina était persécuté par le géant Typhon et ses assiduités. Il avait menacé de s'en prendre à Naruto pour la faire céder et l'avoir dans son lit. En apprenant cette nouvelle, le dieu de la Guerre lui envoya, après avoir supplié Suigetsu de lui céder pendant un temps, les dauphins qui avaient ramené Karin au dieu marin. Pour faire diversion, il combattit son rival et poussa son amante à prendre la fuite sur le dos de ces deux mammifères marins qui l'emmenèrent ainsi que Naruto à peine âgé de trois ans au sein du palais du dieu des Mers et des Océans. Elle se mit donc sous sa protection jusqu'à ce que Typhon soit emprisonné aux Tartares avec les autres Géants. Afin de remercier les dauphins de leur dénouement que ce soit aux services de leur maître Suigetsu ou en sauvant Kushina et Naruto, les dieux les placèrent dans le ciel. Ils formèrent ainsi la constellation des Poissons et rentrèrent dans la famille des signes du Zodiaque.
Minato et son épouse furent sortis brutalement de leur souvenir en entendant le cri du dieu de l'Amour les faisant sursauter. Ce hurlement fut suivi en coeur par tous les invités aux noces.
"- Vive les mariés !"
Le couple vit alors Gaara aider Matsuri à s'installer de nouveau sur la licorne. Marchant à côté d'elle, il guida l'assemblée vers le lieu de la réception où des mets et des boissons des plus raffinés les attendaient ainsi que des divertissements en musique, chants et spectacles les attendaient. Le dieu de la guerre entremêla ses doigts à ceux de Kushina et l'invita à suivre le cortège. Il leva les yeux aux ciels pour apercevoir ses deux fils les survolés, excités qu'ils étaient par les réjouissances à venir. D'ailleurs, tout le monde pouvait les entendre communiquer leur joie.
"- Maintenant, c'est la fête ! C'est la fête !"
Cependant, une autre déesse était plus que nostalgique. Malgré sa joie de voir uni deux âmes soeurs, elle n'arrêtait pas de penser à son propre mariage qui n'était pas aussi rempli de félicité que celui des autres couples. Elle regarda les nuages en priant que ces derniers ne connaissent jamais la souffrance qu'elle vivait quotidiennement. Puis, son regard se posa sur le dos de son époux qui, ignorant les blessures de son coeur, scandait avec les deux dieux ailés la même litanie. Ses yeux se remplirent de tristesse mais pour ne rien laisser paraître, se força à sourire en se décidant enfin à suivre son "bourreau". Par contre, un petit blond, de sa hauteur, en fut témoin et se promit de tout faire pour l'aider.
Les mariés et leurs invités arrivèrent finalement au palais des Vents où devait se dérouler les festivités. Tous rentrèrent dans la grande salle de réception, décorée de mille feux. Les serviteurs avaient travaillé d'arrache-pied pour que tout soit parfait pour le maître des lieux. Des tables recouvertes de soie portaient les mets les plus recherchés, venant de tout l'Olympe mais également de la patrie originale de Matsuri. Ainsi beaucoup de divinités et d'habitants goûtèrent des plats dont la recette appartenait des mortels. Certains restèrent neutres alors que d'autres reconnurent que leur nourriture n'était pas si mauvaise que cela. Le plus enthousiaste fut bien sûr Choji, même si Naruto pouvait le défier pour le titre du plus grand gourmand ou mangeur de l'Olympe. Tout le repas fut ponctué par des spectacles en tout genre.
Des jongleurs firent voltiger des quilles ou des flambeaux. Les Muses montrèrent leur talent dans l'art du chant, de la musique et du théâtre. Toutes enchantèrent le public sauf peut-être celle de l'Histoire, de la Rhétorique et de l'Astronomie qui, vexées, avaient quitté la scène avant la fin de leur show, sous le bruit des ronflements de Shikamaru. Ce dernier n'avait pas réussi à résister à l'appel du sommeil sous leur voix monocorde. Des héros antiques, qui furent autorisés exceptionnellement à quitter les Enfers sous l'autorisation de Saï, se défièrent tels des gladiateurs. Minato, en dieu de la Guerre, ne put s'empêcher de participer. Bien sûr, il gagna tous ses combats malgré quelques difficultés face à une coalition entre Achille et Hector qui sous les conseils d'Ulysse, avaient construit une stratégie pratiquement imparable. Seulement, face au maître incontesté dans l'art de la Guerre, ils ne purent que lui présenter une résistance plus qu'honorable avant de s'incliner.
Minato échangèrent quelles passes avec son demi-frère Hercule. Ce dernier avait gagné il y a quelques siècles sa place à l'Olympe en tant que demi-dieu, grâce à une faveur de son père Jiraya, après sa mort des plus sanglantes et douloureuses. Sa vie de mortel fut remplie d'exploits. C'est lors d'un d'entre eux qu'Hercule extermina les Centaures mais laissa en vie Nessus qui se promit de se venger. Pour cela, il se servit de Déjanire, la dernière épouse mortelle du héro antique. Un jour, alors qu'Hercule et elle se demandaient comment lui faire passer un fleuve en cru, Nessus se proposa de la porter pour l'aider à traverser. Le fils de Jiraya y consentit et franchit les eaux en premier. Quand cela fut fait, il se retourna mais au lieu de voir le centaure se dirigé vers lui, il l'aperçut enlever son épouse. Furieux, il tira et atteignit le kidnappeur d'une flèche imprégnée du sang de l'Hydre de Lerne. Se sentant mourir, Nessus donna à Déjanire sa tunique tâchée de son liquide vital empoissonné. Il lui dit que si elle pouvait persuader son mari de la porter, ce serait un moyen sûr de le se l'attacher pour toujours. La jeune femme, très crédule, accepta ce présent.
Plusieurs mois plus tard, cette dernière apprit qu'Hercule était retenu en Eubée par les charmes d'Iole. Jalouse, elle envoya à son époux la tunique de Nessus et grâce à un stratagème, réussit à le convaincre de s'y vêtir. Malheureusement, à peine l'avait-il revêtu, que le venin présent dans le tissu se diffusa dans ses veines et pénétra jusqu'à la moelle épinière. En vain, Hercule essaya de se débarrasser de cet instrument de mort, collé qu'il était à sa peau. Plus il déchirait la tunique, plus il s'arrachait la chair. Voyant son trépas prochain, il érigea un bûcher, s'y étendit après avoir revêtu la fourrure du lion de Némée et ordonna ensuite à Philoctète d'y mettre le feu. A la surprise de son ami et avant que les flammes touchèrent le héro, la foudre de Jiraya toucha son fils, purifiant son corps. Le dieu des Dieux l'enleva alors dans le ciel et le plaça donc au rang des demi-dieux. Déjanire, à la nouvelle du décès de son époux par sa faute, se suicida pour expier sa faute. De son sang sortit une plante appelée nymphée ou héracléon.
Durant tous les combats, Naruto et Sasuke regardèrent leur père, des étoiles dans les yeux et avaient hâte de reprendre l'entraînement avec lui pour qu'il leur enseigne tel ou tel enchaînement. Kushina était fière de son mari et était pressée de rentrer en leur demeure pour lui exprimer, par ses charmes et son talent dans l'art d'aimer, son admiration à son égard. Beaucoup de Nymphes l'enviaient et se demandaient pourquoi le dieu de la Guerre était un homme fidèle, avant de reconnaître dans un souffle, que face à la déesse de la Beauté, elles ne faisaient pas vraiment le poids. Quand le repas et les spectacles prirent fin, tous les invités de dispersèrent dans les jardins avec une musique douce en fond. Alors que Sasuke mettait tous ses efforts pour échapper aux sollicitations de Sakura avec la complicité de Tenten, Naruto s'approcha de son oncle Kankuro. Ce dernier regardait tendrement Ayame qui parlait à Matsuri.
"- Kankuro, à quoi penses-tu ? A Ayame, sans doute, le taquina-t-il. Quand vas-tu enfin te décider à l'épouser ?
- Mais qu'est-ce que tu racontes, Naruto ? Demanda étonner le dieu des Forges. Nous ne sommes pas ensemble alors de là à lui faire une demande en mariage...
- Oh arrête, mon oncle, pas à moi, le coupa le dieu de l'Amour en tournant autour de lui tel un fauve autour de sa proie. Toute personne sensible à ces sentiments aussi doux peut très bien le deviner et puis, je suis au courant de certains événements.
- Comment... ? fit le dieu des Forges oppressé par le comportement de son neveu. Ayame t'a-t-elle confiée quelque chose ?
- Non, elle ne m'a rien racontée. Cependant, tu continues à oublier ma capacité à lire les coeurs des gens... Enfin, quand je souhaite le faire ou que la situation l'exige.
-...
- Et puis, je dois avouer que j'étais été témoin de votre rapprochement... comment pourrai-je le qualifier... des plus intimes," insista Naruto dans un murmure mais suffisamment fort pour que Kankuro l'entende.
A l'énonciation de ce fait, ce dernier se mit à rougir et les deux se plongèrent dans leurs souvenirs. Depuis la colère de Gaara et ses fiançailles avec Matsuri, le dieu des Fortes avait couvert celle qui avait réussi à balayer tout cet orgueil qui avait empoisonné sa vie, de bienfaits et d'attention lui interdisant presque de le servir tel une simple servante. Dès qu'il sortait visiter les autres divinités ou qu'il était convoqué par Jiraya, Ayame était toujours invitée à le suivre. Elle était également la seule à être autorisée à rentrer dans sa forge. Cependant, une ombre planait au-dessus de la sérénité de Kankuro et attisait encore une fois sa jalousie. La seule différence avec celle qu'il avait ressentie par rapport à Kushina, était qu'elle était justifiée et légitime. En effet, depuis qu'il l'avait revue, Kakashi poursuivait de nouveau l'ancienne princesse troyenne de ses assiduités. Pour le moment, elle y restait sourde et aveugle. Malheureusement, la crainte de la voir céder angoissait Kankuro qui se jugeait encore indigne de se déclarer à sa belle. Malgré ses sentiments, il laissait faire jusqu'à ce jour où la relation entre Ayame et lui prit une autre tournure.
C'était lors du mariage de Minato et de Kushina. Alors que la cérémonie avait eu lieu et que les festivités battaient son plein, sa servante avait ressenti le besoin de s'isoler un instant après avoir vu Kankuro parler avec quelques Nymphes qui, poussées par l'ambition de s'élever dans la société divine, tendaient de le séduire. Elle ne comprenait plus le comportement de son maître. Il lui offrait présents et attention chaque jour que les Dieux faisaient, tout en restant distant dès qu'elle voulait le combler à son tour. Elle ne savait plus quoi penser de sa situation et de sa position au sein du palais des Forges.
Ce qu'elle ignorait était la surveillance que Kankuro lui gratifiait depuis le début du mariage. C'est ainsi que, du coin de l'oeil, le dieu des Forges avait vu Ayame s'éloigner. Il fronça d'ailleurs les sourcils quand il vit Kakashi lui emboîter le pas quelques instants après. Une angoisse vint lui serrer le coeur. Kankuro prit donc congé des Nymphes et entreprit de prendre le même chemin que son camarade. Il arriva ainsi près d'un champ de saule-pleureurs où il entendit des voix s'y élever, l'une d'entre elle était celle de son aimée. Le fabricant des éclairs divins de Jiraya s'y dirigea discrètement et aperçut le dieu protecteur du Soleil et Ayame. Il se cacha rapidement derrière un arbre afin d'espionner leur échange.
Dès qu'il avait aperçu la proximité du couple, il se sentit oppresser et son coeur tambourinait de crainte de voir son pire cauchemar arrivé. Il avait vraiment peur que son demi-frère lui vole la femme qu'il aimait et qu'il se retrouve de nouveau seul. Afin de connaître son sort, il se concentra sur la conversation qui se déroulait devant lui. Le dieu des Forges entendit donc Kakashi interpellé l'ancienne princesse troyenne.
"- Que fait une jolie femme comme toi seule en ce beau soir de printemps ? C'est assez imprudent de ta part. Des hommes ivres pourraient avoir des intentions très peu recommandables sur ta personne.
- Seigneur Kakashi,..., sursauta l'interpellée. Je vous remercie de votre sollicitude mais nous ne sommes pas aux Enfers où il est déconseillé de sortir des Champs Elysées la nuit.
- C'est vrai. De plus, depuis l'agression de Matsuri et le jugement des fautives, peu de monde ont envie de subir la colère du dieu des Dieux en s'en prenant à la protégée de son fils, mon cher demi-frère, ce dieu au corps difforme, ria-t-il quelque peu.
- Vous ne devriez pas vous montrer aussi moqueur vis-à-vis de maître Kankuro. Il a le droit au respect autant que vous, défendit Ayame, qui n'aimait pas le ton employé par Kakashi. Il a déjà suffisamment souffert comme cela.
- Mmm... Tu as encore une fois parfaitement raison... En tout cas, j'aime ta répartie. C'est assez... rafraîchissant... à côté de l'hypocrisie de certaines femmes."
Kankuro qui les avait entendus, était touché par la défense de sa servante vis-à-vis de sa personne. Mais pourquoi ? Serait-il une personne importante pour elle ou est-ce juste de la reconnaissance ? Sa réflexion fut arrêtée par la voix de Kakashi. Ce dernier, constatant qu'elle restait sans voix face à cette remarque, s'approcha d'elle et continua son monologue.
"- Mais dis-moi... Ne serais-tu pas amoureuse de notre cher dieu des Forges, par hasard ?
- ... Comment...?
- Tu le défends avec tellement de hargne, avec un tel éclat dans tes yeux, que, oui, je me pose la question... Aurait-il touché ton coeur, ma chère Ayame ?"
En entendant ces questions, le coeur de Kankuro, toujours caché, accéléra ses battements dans l'attente de la réponse de la princesse troyenne. Il stressait tellement d'entendre une affirmation négative tout en flamboyant d'un nouveau espoir de se savoir aimer à son tour. Malheureusement, il ne put percevoir sa réponse qui disparut dans un murmure. De plus, une chouette se mit à hululer camouflant à ses oreilles la suite de la conversation et cela malgré ses efforts.
"- Je... Cela ne vous concerne en rien..., fit cette dernière, le rose aux joues, en reculant de quelques pas, surprise qu'il touche ainsi à son intimité et à ses secrets les plus enfouis.
- Un petit peu quand même, ironisa-t-il, continuant son avancée avant de s'arrêter à quelques centimètres d'elle. Si je dois avoir des rivaux, il est de mon devoir d'en connaître l'identité pour mieux les devancer. Tu ne crois pas ?
- Seigneur Kakashi, je vous ai déjà informé qu'user vos charmes sur moi est totalement inutile et voué à l'échec...
- Voyons, Ayame..., provoqua le dieu solaire, en prenant prisonnier entre ses doigts une mèche de ses cheveux avec laquel il joua. Je me rappelle pourtant d'une époque où mes charmes, comme tu le dis si bien, te faisaient perdre tous tes moyens et toutes résistances. Je me trompe ?
- Cet amour appartient à mon ancienne vie. Il est révolu et derrière moi. Désormais, j'ai la chance d'avoir la possibilité de ne pas commettre la même erreur. Je ne me laisserai plus séduire par un beau physique et des paroles certes belles mais mensongères, répliqua-t-elle, outrée qu'il ose utiliser ses anciens sentiments contre elle pour l'assouvir de nouveau. De plus, vous m'avez bien récompensée de vous avoir accordé mes faveurs et de vous avoir accepté dans mon lit en m'affublant de ce don de voyance et du malheur de n'être crue de personne.
-... Je reconnais que cela a été cruel de ma part et je m'en excuse... Laisse-moi me faire pardonner auprès de toi. Tu ne le regretteras pas..."
A ces mots, Kakashi la bloqua entre ses bras et tenta de l'embrasser. Cependant, Ayame posant ses mains contre son torse et déviant son visage pour éviter ses lèvres, essaya de le repousser en le suppliant.
"- Non, je vous en prie... Laissez-moi tranquille.
- Pourquoi continues-tu à résister ? Je sais que tu m'aimes toujours," insista le dieu protecteur du soleil.
La princesse troyenne tenta de nouveau de le repousser en se débattant, les yeux fermés. Malheureusement, le dieu était trop fort pour elle et résista à sa poussée. Il réitéra sa tentative quand il fut stoppé dans son entreprise par une voix provenant de derrière son dos.
- Kakashi, lâche-la tout de suite. Je crois qu'elle ne souhaite pas accepter tes avances."
A cette voix, Ayame sursauta en ouvrant ses yeux qui tombèrent sur un regard des plus furieux. Elle eut soudain honte de ce que la nouvelle personne présente pouvait penser d'elle en cet instant. L'interpellé se tourna vers son accusateur tout en gardant emprisonnée sa proie contre lui.
"- Tiens, tiens, Kankuro. Qu'est ce qui t'amène ? Tu viens d'interrompre nos retrouvailles entre Ayame et moi."
C'était effectivement le dieu des Forges. Ce dernier respirait la colère attisée par la jalousie. N'ayant pas pu entendre la confession sur les réels sentiments de la jeune femme et apercevant le rouge de ses joues, il avait cru, dans un premier temps, qu'elle répondait favorablement à son demi-frère. Son coeur s'était brisé encore plus quand il l'avait vu la prendre dans ses bras. Kankuro allait partir quand, en jetant un dernier coup d'oeil, il fut étonné par la tentative d'Ayame de fuir l'étreinte de la divinité solaire. Il ne comprenait plus rien mais s'arrêta de réfléchir en constatant que celle qu'il aimait avait besoin d'aide et plus particulièrement de la sienne. C'est ainsi qu'il se retrouva devant eux, défiant le dieu des Arts.
"- Ne me provoque pas Kakashi... Tu es peut-être le protecteur du Soleil et fils illégitime de Jiraya. Cela ne te donne pas tous les droits et surtout pas sur moi.
- Serais-tu prêt à te battre pour cette ancienne mortelle ? Continua son demi-frère dans la provocation.
- Si tu m'y obliges, je m'y résoudrai. Je ne suis pas aussi fort que Minato qui n'a pas son égal dans l'art des combats. Cependant, étant fils légitime des souverains de l'Olympe, je suis tout à fait capable de te défaire. Ne me sous-estime pas car j'ai énormément progressé... surtout sur le maniement de la foudre de notre père."
A ce moment-là, Kankuro fit apparaître devant lui comme une marionnette de foudre reliée par des fils électriques à chacun de ses doigts. A cette vision, Kakashi regarda cette apparition les yeux aussi ronds qu'une pastèque et reconnut en son fort intérieur qu'effectivement, la progression de son camarade était fulgurante. Il reprit ses esprits et reprit la parole en essayant la plaisanterie pour désamorcer la situation.
"- Soit, je ne souhaite pas la guerre entre nous. Je ne voudrai surtout pas me faire tirer les oreilles par Tsunade d'avoir égratigné un de ses "bébés".
A ces mots, le dieu des Forges se mit à sourire du coin de la bouche, comprenant les intentions de Kakashi. Ce dernier desserra son étreinte sur Ayame qui se dégagea. La voyant enfin libre, Kankuro dissout sa marionnette et lui tendit la main l'invitant à le rejoindre. La princesse de Troie se précipita et se colla à son dos laissant les deux divinités se défier du regard. Au bout d'un moment, le dieu solaire amorça sa marche pour repartir vers le lieu des festivités. Arrivé à la hauteur de son demi-frère, il lui chuchota à l'oreille pour qu'il soit le seul à entendre en lui mettant une main à l'épaule.
"- Maintenant, la balle est dans ton camp. J'espère que tous mes efforts porteront leur fruit."
Kakashi partit finalement laissant Kankuro avec des interrogations plein la tête sur cette affirmation. Alors qu'il cheminait, il regarda une ombre dans les arbres et lui adressa un clin d'oeil. Cette dernière lui répondit en souriant de toutes ses dents avant de disparaître dans l'obscurité. Pendant ce temps, le cadet de Tsunade sentit Ayame tremblée dans son dos. Pensant qu'elle avait froid et éprouvée par les événements récents, il lui proposa de rentrer. Elle accepta modestement mais voulut tout de même saluer les nouveaux mariés avant. Ils se dirigèrent donc vers eux pour s'excuser de leur départ précipité. Après avoir remercié Minato et Kushina, le dieu des Forges accompagna sa servante en son palais. Celle-ci fatiguée par toutes ses émotions s'était retrouvée dans ses bras.
Kankuro se dirigea vers les appartements de la jeune femme pour l'y déposer. Se sentant honteuse et désireuse de le remercier pour son aide, cette dernière le retint au moment où il allait quitter la pièce.
"- Maître Kankuro... Je voudrais vous remercier de m'avoir défendue face au seigneur Kakashi...et vous présenter mes excuses. A cause de moi, vous avez failli vous battre avec un membre de votre famille."
Le dieu ainsi appelé stoppa sa progression mais resta près de la porte, dos à elle. Il n'osait pas la regarder de peur qu'elle identifie son trouble dans ses yeux. L'avoir aussi près de lui quand elle était dans ses bras avait mis à rude épreuve son contrôle sur ses pulsions. Il la désirait tellement.
"- Tu n'as pas à le faire. Je n'ai fait qu'accomplir mon devoir et puis, je serai un dieu bien indigne si je ne défendais pas une de mes protégés."
Cette réponse était à la fois un réconfort et un poignard dans le coeur de la princesse troyenne. Elle était heureuse de compter un tant soit peu pour lui mais savoir qu'il avait accompli son acte que par devoir lui faisait mal. Elle se sentait tellement inutile. Elle allait encore lui demander pardon qu'elle l'entendit sa voix l'interpeller.
"- Tu sais, Ayame... Tu ne dois pas te sentir obliger de rester près de moi à cause d'une quelconque reconnaissance de t'avoir offert une seconde vie... Je sais que tu as aimé Kakashi dans ta vie de mortelle et c'est peut-être encore le cas... Si ton coeur te pousse vers lui, alors écoute-le et vas-y... Je le comprendrai."
La jeune femme fut horrifiée par l'invitation de celui-ci à le quitter. Mais pourquoi ? Pensait-il vraiment qu'elle éprouvait une quelconque affection pour le dieu des Arts ? A moins que cela n'était qu'un prétexte. Elle voulut en avoir le coeur net et le questionna plus en avant, angoissée d'en connaître la réponse, des sanglots dans la voix.
"- Ai-je fait quelque chose de mal ? Vous ne voulez plus de moi auprès de vous, maître. Si c'est cela, je suis prête à satisfaire votre désir de me voir partir.
- Non... Bien sûr que non ! Je ne veux pas que tu partes... La vie avec toi est merveilleuse. Tu m'apportes tout ce à quoi aspire mon coeur et... " S'empressa d'affirmer Kankuro en se retournant d'un coup avant de s'arrêter et de reprendre sa position initial en se rendant compte de ce qu'il était entrain de confesser.
A cette moitié de confession, Ayame mit sa main devant sa bouche, plus qu'agréablement surprise. Son amour serait-il enfin réciproque ? Mais alors, pourquoi était-il si distant ? De quoi, avait-il peur ? D'être de nouveau trahi ou de ne pas être aimé sincèrement ? Elle ne savait plus quoi faire, quoi penser. Devait-elle lui avouer ses plus profonds secrets ? Alors qu'elle se posait une tonne de question, la même ombre qu'avait croisé Kakashi dans l'heure précédente se trouvait à la fenêtre de cette chambre où le destin de deux êtres allait changer. Un arc en or, finement sculpté et décoré de pierres précieuses, sortit comme par enchantement de sa main gauche. Celle de droite alla dans son dos pour y sortir une flèche dorée d'un carquois du plus solide cuir qui avait apparu dès son arme en sa possession. L'inconnu plaça le projectile sur le fil tendu et banda son instrument en visant la poitrine d'Ayame. Il tira. La flèche partit et se planta dans le coeur de sa cible et disparut dans un halo de lumière invisible aux yeux de tous.
A ce moment-là, Ayame sursauta sans en vraiment en prendre conscience et sentit une douce chaleur lui envahir la poitrine et se propager dans tout son corps. Elle pourrait s'y opposer mais préféra la laisser grandir en fermant doucement les yeux. C'est alors que nourrit d'une nouvelle force, elle les rouvrit déterminée. Elle devait le rassurer et être sure de ses intentions à son égard. Le seul moyen était de lui confesser ses propres sentiments. Tant pis, si elle se faisait rejeter.
"- Maître Kankuro, je peux vous assurer que le seigneur Kakashi ne possède pas ni mon corps, ni mon coeur et ni mon âme... Mon amour est destiné et appartient à un autre dieu...
- Oh,... Je vois, coupa Kankuro, heureux d'entendre cette confession."
Il avait peut-être une chance alors. Malheureusement, à peine cette idée émergea dans son esprit qu'il l'écarta tout de suite. C'était impossible, l'amour n'était pas pour lui. Il calma son enthousiasme.
"- Et bien, cet homme a bien de la chance... Tu le mérites. Est-ce que je le connais ?"
Comprenant qu'il ne songeait pas à lui un seul instant, Ayame résolue de lui faire comprendre. Poussée par cette sensation grandissante au fond d'elle, elle s'approcha de Kankuro et posant ses mains sur son dos les fit glisser sur ses omoplates avant de les poser sur ses bras en disant.
"- Maître Kankuro, vous méritez aussi une femme qui vous aime."
Le dieu des Forges frissonna à son contact et comprenant l'invitation de la jeune femme, se tourna enfin vers elle. Dès que ses yeux se posèrent sur son visage, il put lire dans les siens de l'amour et une profonde affection. Il en fut déstabilisé mais reprit quelque peu contenance.
"- C'est gentil mais je sais que ce n'est pas la vérité...Mon destin est d'être seul à jamais pour expier mes fautes... Et puis qui voudrait de moi ? Souffla le dieu des Forges, plus que pessimiste.
- Moi... Maître Kankuro, c'est vous qui habitait mon coeur et qui avait entre vos mains mon âme, lui avoua Ayame, lui prenant le visage entre ses mains.
- C'est... c'est impossible, fit-il estomaqué par cet aveu, ne pouvant pas y croire. Après tout ce j'ai fait,.. mes crimes... comment pourrais-tu...?
- J'ai su voir qui vous étiez vraiment et l'homme que j'ai appris à connaître a emprisonné mon coeur à jamais... Je vous aime."
Kankuro n'en croyait pas ses oreilles. Les mots qu'il espérait tant entendre durant toute son existence venait de sortir de la bouche de celle qu'il aimait. C'est à ce moment-là que l'ombre retendit son arc et planta une nouvelle flèche mais cette fois-ci dans la poitrine du dieu des Forges. La même chaleur essaya de l'atteindre mais il y résista, se jugeant indigne. Il allait parvenir à l'expulser de son corps quand il sentit une douce caresse sur ses lèvres. Ayame venait de poser ses lèvres contre les siennes. Il en resta interdit permettant à l'énergie de le pénétrer d'avantage et de grandir dans son corps. Malheureusement, ce fut un tel électro-choc qu'il ne réagit pas à ce baiser. Pensant qu'il la rejetait, la jeune servante se retira et lâcha son visage. Elle se recula en se serrant les mains contre la poitrine en baissant la tête, les larmes aux yeux. Elle voulait fuir. Malgré sa fatigue, elle trouva donc assez de force pour se mouvoir prenant la direction de la porte. Elle passa à côté du dieu des Forges, une larme coulant sur sa joue.
Constatant sa tristesse et sa fuite, Kankuro eut un pincement au coeur. Elle n'avait pas compris les raisons de son inaction. Poussé par cette force qu'il avait fini par accepter l'influence, il se précipita vers elle et lui prenant le bras, la colla contre lui dans une forte étreinte. Il lui mit un doigt sous le menton lui faisant relever le visage et lui captura à son tour les lèvres avec fougue, lui témoignant sa faim. Fermant les yeux, le couple se cherchait à chaque mouvement, à chaque caresse de leur langue entre elles. A bout de souffle, ils rompirent leur baiser et se regardèrent dans les yeux, le feu du désir y dansait. Le dieu des Forges, toujours incertain malgré leur échange, voulut s'assurer qu'il ne rêvait pas.
"- Ayame, je ne sais pas depuis quand, mais sache que je t'aime aussi d'un amour ardant mais je veux savoir... En ais-tu vraiment sur?... Je suis pourtant difforme et défiguré... Il existe d'autres hommes plus attrayant et plus beau que moi... Je...
- Le physique m'importe peu, le coupa-t-elle, d'un ton doux qu'elle voulait le plus amoureux possible. Tout ce qui compte est ce qui se trouve dans votre coeur et qui vous êtes vraiment... Et l'homme que j'ai en face de moi me convient parfaitement. Je vous aime."
A la suite de ses paroles et ne lui laissant pas le temps de réfléchir ou de dire un mot, la princesse troyenne se mit sur la pointe des pieds et commença à embrasser chaque cicatrise de son visage, puis de son cou. Ses mains se posèrent sur son torse et agrippant sa tunique, l'écarta. Elle s'y pencha pour y déposer des baisers sur chaque blessure cicatrisée. N'en revenant pas, Kankuro se laissa faire et frissonna à chaque contact de ses lèvres sur sa peau rugueuse. Il avait de plus en plus de mal à résister à son envie de la faire sienne. Au moment, où elle arriva au niveau de son nombril, n'y tenant plus, il la releva et l'embrassa avec passion, parcourant son corps de ses mains galeuses. Ayame rompit leur embrassade et souria. Ce sourire fut mal interprété par son amant. Malgré cette chaleur en lui qui le poussait à la croire sincère, il ne pouvait pas s'empêcher de se poser une question : se moquait-elle de lui et de ses sentiments ?
