En effet, quelques minutes plus tôt, alors que Senji décrochait la dernière flèche dans le genou du sanglier et qu'il s'approchait de lui pour l'achever, son chien galopait à perdre haleine. Il avait cessé de guider les autres chasseurs poussé par son instinct d'aller lui porter main forte. Il avait flairé un autre danger tout aussi menaçant que le premier. Quand le plus fidèle ami de l'homme était sur le point de déboucher dans la clairière, il entendit la voix de son maître crier.
"- Itachi !"
Se rendant compte que le sanglier avait repris ses esprits et qu'il s'enfuyait en prenant la direction d'Itachi, Senji avait compris rapidement que l'adolescent allait se faire piétiner. Il s'était alors retourné, négligeant la présence de l'ours et lui présentant son dos. Il s'élança vers l'avant mais pas assez rapidement pour éviter une horrible douleur. Le plantigrade, furieux par les quelques blessures que le chasseur avait réussi à lui infliger venait d'abattre sur lui son immense patte pourvue de griffes acérées. L'Inuzuka, hurlant, sentit alors sa peau se faire déchiqueter sur toute la longueur de son épaule droite à sa hanche gauche. Son sang gicla souillant le sol alors qu'il était projeté quelques mètres plus loin sous la force de l'animal. Senji atterrit sur son côté brutalement, les yeux fermés, le faisant encore crier sa souffrance. Sous le choc, son glaive lui échappa.
C'est en gémissant qu'il ouvrit les yeux pour apercevoir son arme entre les membres de l'ours qui avançait sur lui, appuyé sur ses quatre membres. Il était perdu et malheureusement Itachi aussi. Alors que l'animal allait l'atteindre, l'homme le vit grogner comme s'il était en proie à une vive douleur. Soudain, le plantigrade leva une de ses pattes avant, essayant d'atteindre la cause de sa souffrance. Se faisant, il fit un quart de tour. C'est les yeux écarquillés que l'Inuzuka vit son chien sur le dos de l'ours, les crocs enfoncés dans sa peau au niveau de la base du cou, entre les deux omoplates. L'alpha n'avait pas hésité une seconde voyant son maître à terre, en sang. Il s'était précipité sur son adversaire, les crocs en avant, le mordant le plus profondément qu'il pouvait. Il se refusait à lâcher sa prise malgré les tentatives de l'animal sauvage à le déloger. Le chasseur profita de l'intervention de son compagnon pour chercher rapidement une quelconque arme en priant pour que son chien survive à sa témérité.
Soudain, un éclat de lumière l'éblouit et lui accrocha le regard. C'était le glaive qu'Itachi avait laissé tomber face au sanglier. Senji rassembla toutes ses forces et se leva. Il se déplaça en titubant à cause de la douleur provenant de ses blessures vers son dernier espoir. Alors qu'il se saisissait de la poignée, il entendit un fort couinement. L'angoisse au ventre, il refit face à l'ours. Ce dernier avait réussi à se saisir de son chien et l'avait projeté contre le sol. L'alpha se redressa péniblement et défia de nouveau son adversaire. Ce dernier lui porta un coup de ses griffes acérées qu'il ne put éviter et l'envoya valser contre un rocher. L'époux de Tsume fut alors le triste spectateur de l'agonie de son plus fidèle compagnon. L'ours leva ses pattes avant et les abattit sur le thorax du pauvre canidé le lui brisant. Senji, fou de rage et de tristesse, se mit alors à crier en s'élançant vers son meurtrier malgré la souffrance provenant de son bras, de son dos et de ses autres blessures.
"- Non ! Tu vas me le payer !"
Ainsi défié, le plantigrade ne trouva pas mieux que de faire appel à toute sa hauteur. N'ayant plus rien à perdre, pensant Itachi mort sous l'assaut du sanglier et son espoir de se voir un jour aimer de son épouse tant chérie perdu à jamais, Senji se jeta à corps perdu contre l'ours. Juste au moment où ce dernier finissait de se lever sur ses postérieurs, il lui enfonça le glaive en plein coeur. L'animal ainsi terrassé se laissa tomber en avant entraînant le chasseur avec lui qui s'affala sur le sol. L'arme continua encore plus son chemin dans la chair. C'est ainsi que le tueur de son chien expira sur lui. Sous le poids de son adversaire, la garde du glaive blessa son torse, formant un petit enfoncement.
Ainsi bloqué et fatigué de ses combats, Senji n'essaya même pas de se défaire de la carcasse. Il sentait son sang filé en dehors de son corps, emportant avec lui sa vie. Il trouva juste la force pour porter un regard vers l'emplacement d'Itachi. Sans chercher à comprendre pourquoi, il aperçut le sanglier à terre, mort sans doute. Il sourit en voyant le fils de Fugaku en vie à son grand soulagement. Il avait réussi à le sauver. C'est sur cette image qu'il ferma les yeux. Ses dernières pensées furent pour son épouse.
"- Tsume, mon amour. Je vais bientôt te libérer de ma présence qui te semble si méprisante, si odieuse. Je meurs avec honneur car Itachi est sauf. Hana n'aura pas à le pleurer. Qu'elle soit heureuse. Je n'ai plus rien à espérer à part que tu me pardonnes sur mon lit de mort. Je pourrai alors rejoindre le royaume des Enfers en paix. Puisses-tu trouver le bonheur, peut-être auprès d'un autre homme que moi... Tsume, je t'aime à jamais."
Senji murmura alors doucement une dernière fois le prénom de son aimée avant de perdre connaissance alors qu'Asuma et Shikaku accouraient vers lui. Pendant ce temps, Hiashi, Fugaku et leurs compagnons étaient arrivés au côté d'Itachi.
Dans une villa romaine, Senji terminait son récit en gardant pour lui ses réflexions finales. Soudain, un fauteuil grinça soudainement sur le sol sous la force d'une femme se levant. Cette dernière était à la fois horrifiée et au bord de la fureur. Elle se mit à arpenter la pièce. Son intervention stoppa net la narration de cette chasse qui s'était terminée dans le sang. Fugaku s'avança vers elle afin d'essayer de la raisonner.
"- Mikoto, calmez-vous, je vous en prie.
- Surtout ne me demandez pas de me calmer, surtout vous, vociféra celle-ci. Comment avez-vous pu ? Comment avez-vous pu laisser mon fils seul avec Neji ? Je vous l'avais confié et je le croyais en sécurité. Cependant, vous avez préféré vous préoccuper de vos "amis" plutôt que d'Itachi et il en a payé le prix ainsi que Neji et surtout Senji. C'est votre faute, à Hiashi et à vous.
- Mikoto, je... tenta d'intervenir son époux, penaud de voir la tristesse et la colère se mélanger dans les yeux de son aimée.
- Non, taisez-vous... J'ai... j'ai besoin de prendre l'air. Veuillez m'excuser", partit précipitamment Mikoto en se dirigeant vers les jardins.
Fugaku mourrait d'envie de la rejoindre mais il se retint persuader qu'il n'était pas celui qui pourra la raisonner ou la réconforter étant l'objet de sa colère et le responsable de ses angoisses. Il serra fortement les poings de frustration en baissant les yeux vers le sol. Il était entrain de la perdre, il en était certain maintenant. Il n'était même pas sur que la confession de ses sentiments arrangerait les choses entre eux au vu de sa réaction. Ainsi posté, le chef Uchiwa entendit Tsume et Hitomi se lever. Alors que l'épouse de Senji franchissait la porte à la suite de son amie, celle de Hiashi s'approcha de lui.
"- Je suis navrée Fugaku. Nous allons la rejoindre pour voir comment elle va et la ramener. Je pense qu'il lui faut un petit moment pour reprendre ses esprits, comme nous toutes. Cela a été dure pour elle d'entendre le calvaire d'Itachi.
- Je... je vous remercie, Hitomi. Je comprendrai si vous aussi, vous me jugiez fautif et que vous m'en vouliez.
- Alors, nous le sommes tous les deux, mon ami, intervint Hiashi. J'ai également ma part de responsabilité dans notre négligence vis-à-vis de Neji et d'Itachi. Je me suis aussi laissé distraire par les autres chefs de famille.
- Je vais être honnête avec vous, s'adressa Hitomi aux deux hommes. Oui, je suis horrifiée par ce qui s'est passé et je peux comprendre la souffrance de Mikoto. Oui, dans un sens, je vous en veux de ne pas avoir prêté plus d'attention à nos enfants. Cependant, je ne peux pas non plus me montrer rancunière. Je pense que vous souffrez déjà suffisamment de votre culpabilité et de la crainte d'avoir risqué de perdre nos fils. Je vais aller maintenant parler avec votre épouse.
- Merci, Hitomi... Pour tout, souffla Fugaku, reconnaissant, avant de la voir disparaître derrière la porte et de s'adresser à Hiashi. Vous avez vraiment une épouse au grand coeur, mon ami.
- J'en suis conscient. Mikoto n'est pas en reste, j'en suis certain. Je suis sure qu'elle trouvera la force de vous pardonner, l'encouragea le chef Hyuga.
- Je l'espère, je l'espère vraiment, dit son ami avec une pointe d'incertitude dans la voix. Je m'en veux déjà suffisamment.
- Et bien pas moi, intervint Itachi.
- Moi non plus", renchérit Neji.
Les deux adolescents faisaient face à leur père, droit et une forte détermination se lisant dans leurs yeux. Itachi se transforma en leur porte parole.
"- Nous en avons un peu discuté avec Neji hier. Nous sommes aussi responsables de ce qui nous ait arrivés. Nous aurions dû vous prévenir quand nous avons vu Actéon blessé et que nous nous laissions distancer. Nous n'avons pas non plus écouté nos instincts quand nous avons fait face à l'intersection. Nous ne vous tenons pas rigueur de ce qui s'est passé.
- Est-ce vrai Neji, quémanda Hiashi.
- Oui père, confirma ce dernier. Nous avons fait des choix que se sont avérés néfastes. Il est normal que nous les assumions sans faire porter ce fardeau aux autres à notre place.
- Nous sommes fiers de vous, affirmèrent les deux pères.
- Vous pouvez l'être, s'exprima Senji. Itachi a montré énormément de courage. De plus, vos fils font preuve d'énormément de sagesse pour leur âge. J'aimerai pouvoir vivre la relation que vous semblez avoir réussi à construire avec eux.
- Voyons, Senji, vous paraissez bien morose d'un coup, remarqua Asuma, en toute innocence. Vous êtes encore en vie. Tsume et vous êtes encore jeunes. Vous pouvez encore espérer engendrer un fils. Et puis, vous avez Hana.
- Si vous le dites, essaya de lui répondre le chef Inuzuka, sans grande conviction. C'est vrai que ma fille me comble mais bientôt elle ne sera plus ma petite fille et sera en âge de se marier. Elle devra alors s'attacher à son époux. Seulement, je suis certain que nous ne partageons pas les mêmes choses avec un garçon... Puis, je ne pense pas que cela arrivera un jour."
Interloqué par cette phrase, Asuma allait lui en faire part quand Hiashi l'interpella pour lui poser des questions sur ses campagnes militaires, mais surtout sur les créatures sauvages qu'il avait pu rencontrer. Il désirait savoir s'il avait croisé durant ses voyages d'autres forces de la nature que Senji avait combattue durant cette chasse.
Reconnaissant de cette intervention, ce dernier souffla discrètement. Il s'était laissé emporter par son discours et avait failli leur livrer ses pensées les plus intimes. Hiashi avait compris le malaise de son ami. Il avait donc pris l'initiative d'accaparer l'attention d'Asuma et de ses invités sur lui. L'Inuzuka savait que son rêve d'engendrer un fils était déjà enterré depuis longtemps. Cela faisait dix ans qu'il n'avait pu faire l'amour avec Tsume alors qu'il en mourrait d'envie. Le couple avait bien essayé quelques fois pour remplir leur devoir mais son épouse souffrait de vaginisme. Dès qu'il tentait de la pénétrer, son vit rencontrait un mur de muscles impossible à franchir et cela dès l'entrée de son jardin secret. Un soir, Senji, sous l'invitation forcée de Tsume, avait tout de même persévéré, malheureusement, en vain. La douleur pour elle avait été encore plus insupportable que lors de leur nuit de noce. Même lui avait ressenti une forte douleur dans son membre et en son coeur quand il avait aperçu des larmes sur les joues de sa femme.
Cela avait calmé ses ardeurs. Il s'était alors réfugié aux thermes de sa demeure pour se soulager seul comme à chaque fois ou quand ses fantasmes sur sa femme et lui ne le laissaient pas en paix. Le couple avait finalement arrêté les tentatives. C'était ce jour-là que le désespoir l'avait vraiment envahi car tout l'être de son aimée le rejetait et de toutes ses forces. Aujourd'hui, il ne savait plus quoi en penser. Il regarda alors sa main qui avait enlacé celle de Tsume. Elle était marquée. Son épouse y avait planté ses ongles très profondément la faisant saigner. Elle avait tellement tremblé à chaque fois qu'il avait raconté les événements l'ayant touché. Etait-ce dû à la crainte de le perdre ? Tenait-elle à lui ? Si oui, pourquoi ? Lui avait-elle pardonné ? Senji resta ainsi songeur pendant toute la conversation qui s'était engagée autour de lui, dans l'attente du retour des trois épouses manquantes.
Ces dernières étaient toujours au jardin qui se couvrait de fleurs du printemps. Quand Hitomi parlait avec eux, Tsume était partie réconforter son amie et l'avait trouvée entrain de faire les cent pas. Compatissante pour sa souffrance de mère, elle l'avait interpellée en s'asseyant sur un banc.
"- Mikoto, veuillez me rejoindre, s'il vous plaît.
L'épouse de Fugaku se tourna vers elle et se mit à ses côtés en soupirant.
- Tsume, au nom de mon époux, je vous présente mes excuses. S'il n'avait pas été aussi désinvolte, tout cela n'aurait pas eu lieu et Senji n'aurait pas frôlé la mort pour sauver mon fils. Je vous en serais éternellement reconnaissante.
- Je vous remercie pour ces paroles, émit tendrement l'Inuzuka. Cependant, il n'y a rien à pardonner et vous n'avez aucune dette envers nous. Nous sommes plus que des alliés, nos familles sont des amis avant tout. Senji a agi comme lui dictait son honneur.
- Comment... comment pouvez-vous affirmer cela ? Eclata en sanglot Mikoto. Vous avez failli perdre votre époux à cause de la négligence du mien. Vous devriez nous détester pour ça. Je lui en veux tellement si vous saviez. Itachi était au point de m'être ôté et juste parce que Fugaku n'a pas été vigilant."
L'épouse de Fugaku laissa court à ses larmes en mettant ses mains devant les yeux. Toute son angoisse contenue se déversa dans son larmoiement. Tsume, touchée plus qu'elle pourrait le dire, la serra dans ses bras pour essayer de la réconforter en essayant de trouver les bons mots.
"- Mikoto, je ne vous en veux pas, ni à vous, ni à Fugaku, ni à Hiashi. Je ne souhaite pas rester enfermer dans le passé. Cette chasse fut terrible et a failli nous prendre nos êtres chers mais il n'en fut rien. Je préfère me concentrer sur la nouvelle chance qui m'est donnée, plutôt que de chercher à qui en vouloir. Itachi, Neji et Senji sont vivants et c'est tout ce qui importe.
- Tsume... dit émue l'épouse Uchiwa entre deux sanglots.
- Je peux comprendre votre douleur et votre ressentiment, croyez-moi, continua son amie. Cependant, si je peux vous donner un conseil, ne fermez pas votre coeur comme je l'ai fait. Vous en serez malheureuse.
- Vous ne comprenez pas. Je suis déjà malheureuse, affirma Mikoto en se levant. Senji vous aime et cela depuis des années. Il vous suffit de lui confesser vos sentiments car je sais que vous en êtes amoureuse pour que le bonheur rentre en votre maison. Mais moi..., mon amour reste à sens unique. Fugaku ne m'aime pas. Il connait mes sentiments à son égard, m'estime, me fait confiance, m'apprécie mais il ne m'aime pas. Je ne suis même plus capable d'accomplir mon devoir d'épouse puisque ma matrice reste désespéramment stérile. En dehors d'Itachi, je n'ai plus rien. Je ne suis rien sans lui, si les Dieux l'appellent à eux de leurs voeux. Je deviendrai un jouet entre les mains des anciens."
Tsume avait rougi lorsque le sujet de son amour pour Senji fut évoqué. Il était vrai qu'elle l'avait confessé devant tous lorsqu'elle avait été au summum de son désespoir. Elle allait répondre à sa camarade quand une voix la devança.
"- Oh Mikoto, ne soyez pas aussi sévère avec vous-même et avec Fugaku", intervint Hitomi venant d'arriver.
L'épouse de Hiashi invita son amie à se rasseoir avant de se mettre à genoux devant elle en lui prenant les mains entre les siennes.
"- Vous êtes une merveilleuse mère et épouse. Vous êtes une femme forte et importante pour nous, vos amies. Vous n'êtes pas seule. De plus, Fugaku vous aime, j'en suis persuadée. Si vous l'aviez vu à l'instant. Son flegme avait totalement disparu permettant à tous ceux qui le connaissent de voir son coeur meurtri par sa culpabilité et par votre froideur. Je suis certaine qu'il ne sait pas comment vous l'avouez et les circonstances actuelles doivent le pousser à croire que vos sentiments vont s'éteindre. Il se sent tellement coupable.
- Il aurait dû faire plus attention... tenta d'insister Mikoto.
- Tout comme Hiashi, tout comme Neji et Itachi qui auraient dû se montrer plus prudents, la coupa Hitomi. Cependant, le vrai responsable est la personne qui a amené ces bêtes si près de Rome. N'oubliez pas ce que Shikaku nous a révélé tantôt. Je ne vous demande pas de pardonner à Fugaku dans l'heure si votre coeur n'y aspire pas pour le moment, mais ne laissez pas vos peurs et vos angoisses guider vos pas.
- Ma peur ? Interrogea étonner Mikoto.
- Oui, votre peur, confirma Tsume. Vous avez eu peur de perdre votre unique enfant et vous êtes en colère contre Fugaku pour vous avoir fait vivre cela. C'est tout à fait normal. Cependant, je suis persuadée, comme Hitomi, que ce n'est pas la seule crainte qui vous traverse le coeur. Tout comme moi, vous avez sans doute peur de vous voir abandonner et de vous retrouver seule. Vous avez peur que si Itachi venait à mourir, Fugaku vous répudie pour épouser une femme capable de lui donner un autre héritier, de n'avoir été qu'à ses yeux qu'une génitrice pour son fils alors que vous l'aimez toujours, mais surtout, de voir votre famille vous cracher dessus. Les événements de cette chasse vous a forcé à faire face à votre plus grande crainte.
- C'est cela, appuya Hitomi. Mikoto, Fugaku ne laissera personne vous faire du mal. Il vous protégera toujours, j'en suis intimement convaincue. Prenez votre temps pour réfléchir à nos paroles mais laissez à Fugaku une petite chance de se faire pardonner et de vous protéger des anciens. La culpabilité de nos époux dans leur coeur est une punition suffisante à mon avis.
- Je vous remercie, mes amies, vraiment, dit Mikoto, se calmant petit à petit. Je m'y pencherai, je vous le promets. Une seule est sure, Fugaku devra suer sang et eau pour me montrer son repenti. Je ne compte pas lui apporter mon pardon sur un plateau.
- Je vous reconnais bien là, ma chère, ria quelque peu Hitomi en imaginant bien les futurs déboires du chef Uchiwa. Nous devrions y retourner. J'aimerai savoir ce qui est arrivé à Neji. J'avoue aussi que j'ai besoin du soutien de toutes mes amies pour entendre son récit. Cependant, si vous préférez rester ici, Mikoto, je peux le comprendre.
- Rassurez-vous, je viens, la rassura l'épouse Uchiwa. Il ne sera pas dit que je vous laisse seule dans cette épreuve."
C'est ainsi que les trois femmes reprirent le chemin les menant à l'intérieur de la villa. Mikoto avait été enhardie par cet échange. Elle ne cessait de réfléchir, chemin faisant. Pourra-t-elle pardonner à son mari ? Peut-être car il est vrai que les véritables coupables étaient le destin et la personne qui avait lâché ces bêtes dans la forêt et puis, elle l'aimait toujours. Sinon, pour le reste, avait-elle vraiment peur de se retrouver seule, d'être méprisée, mais surtout de se savoir au final non aimée malgré ses efforts ? Sans doute. Elle espérait depuis tellement longtemps qu'un rejet maintenant la détruirait et l'humilierait à coup sûr. Elle avait peut-être trop mis d'espoir dans la naissance d'Itachi, pensant s'attacher son époux à jamais grâce à lui. Surement. Elle a toujours pensé que c'était le seul lien qui existait entre Fugaku et elle. C'était une erreur et en prit conscience grâce à ses amies. D'autres liens étaient possibles, enfin, elle l'espérait.
A l'intérieur, Senji était toujours plongé dans ses pensées, quand soudain Asuma le tira de son isolement.
"- Et bien, mon ami. Vous semblez bien songeur. Vous rêvez à vos prochaines retrouvailles avec Tsume, sans doute. Je vous comprends. C'est important le repos du guerrier. Je suis près à parier que dans quelques mois, vous nous apprendrez que votre épouse a mis au monde un beau garçon.
- Que les Dieux vous entendent, souffla Senji, peu confiant. C'est eux qui décident après tout. Cependant, je crois avoir épuisé leur quota de clémence pour ma personne, vu qu'ils m'ont permis de revenir d'entre les morts. Il est vrai que c'est un de mes plus grands souhaits mais je ne suis pas sure qu'il se réa...
- Oh, Senji, je suis désolée. Je vous ai blessé, le coupa Tsume qui venait de faire son entrée dans la pièce en compagnie de ses amies.
- Ce n'est pas grave, Tsume, le rassura-t-il en la voyant s'agenouiller devant lui et lui prendre la main délicatement le faisant frissonner.
- Pour vous peut-être, mais pas pour moi", le contredit-elle en entourant le membre blessé d'un linge avant de s'asseoir de nouveau à côté de lui tout en continuant à le tenir.
Senji reporta son attention sur Mikoto et Hitomi qui étaient revenus du jardin en même temps que Tsume. Fugaku tenta de s'adresser à son épouse mais celle-ci le devança en reprenant place sur son fauteuil.
"- Pas maintenant Fugaku. Mes amies m'ont aidée à voir un peu plus clair, mais pour le moment, j'ai hâte d'en finir et mon coeur est encore rempli de ressentiments. Nous en reparlerons quand nous rentrerons en notre demeure.
- Bien. Il sera fait comme il vous plaira", se résigna son époux, en colère contre lui-même et déçu mais compréhensif.
Alors que tout le monde se réinstallait, Tsume fixa son époux, mélancolique. Involontairement, elle avait espionné son dernier échange avec Asuma. Son coeur avait loupé un battement en entendant le ton de son désespoir. Il rêvait d'avoir un fils mais était persuadé de ne jamais voir son voeu se réaliser, pensant sans doute à l'abstinence que leur passé avait engendré. Elle s'en voulut de son aveuglement et se promit d'y remédier. Mais comment ? La croira-t-il après autant d'années de mépris ? Comment lui faire comprendre qu'elle était sincère dans ses sentiments, qu'il pouvait tout espérer d'elle maintenant ? A cette question, elle mit sa main libre sur son bas-ventre comme lorsqu'elle était enceinte d'Hana en rêvant un jour de porter un petit garçon en son sein. Bientôt, peut-être. Tsume se résolue à demander des conseils à ses amies pour l'aider à faire réaliser son amour à Senji.
Son geste fut surpris par ce dernier qui l'observait du coin de l'oeil. Pourquoi posait-elle sa main ainsi comme lors de sa grossesse ? Se pourrait-il que... ? A cette supposition, son coeur se brisa emmenant la renaissance de son espoir au loin. Si Tsume attendait un autre enfant, il n'était pas de lui. Alors, cela signifiait qu'elle avait un amant, qu'elle avait réussi à se donner à un autre homme. Peiné comme jamais, Senji retira sa main de l'emprise de celle de son épouse, la surprenant. Elle se tourna vers lui et le vit se la frotter nerveusement. Ce qui la fit quelque peu sursauter, c'était son regard. Il était sombre et triste. La légère lueur qui avait habité ses yeux encore ce matin, signe surement d'un nouvel espoir, s'était éteinte devant elle. Que se passait-il ? Avait-elle fait quelque chose de mal ? Tsume, l'esprit torturé d'interrogations, essaya de se concentrer sur Neji qui était sur le point de leur rapporter sa version de ce qu'il lui était arrivé après sa fuite de la clairière.
Pendant que ces mortels se prêtaient à la conversation, à l'Olympe, les Dieux venaient de finir de voir le trépas du sanglier au travers du miroir de Vérité. Suigetsu siffla stoppant net l'image sur une Tenten courant entre les arbres, suivie par Naruto et Sasuke.
"- Et ben, cet homme a été bien courageux d'avoir défié de tels bêtes sauvages.
- Il a voulu sauvé l'adolescent, mon cher, comme tout homme vertueux et d'honneur, lui signala Karin. Fait-il parti des mortels qui ont été marqué ?
- Tout à fait, confirma Tsunade. C'est moi qui l'ai soigné définitivement.
- Je dois ajouter que c'est à ce mortel que j'aurai dû retirer son âme mais on m'y en a emp..."
Le dieu Thanatos se figea devant l'aura noire de Saï qui se leva de nouveau pour le surplomber.
"- Thanatos, tu n'as aucun droit à la parole. Je t'y interdis, m'entends-tu ? N'oublie pas que ton sort ne tient plus qu'à un fil. Ne pousse pas ma patience à bout.
- Excusez-moi, dieu Saï, supplia la Mort. Je vais me taire."
Le souverain infernal retourna sur son trône alors qu'Hercule, assis près de son épouse Hébé prit la parole.
"- Moi, je comprends pourquoi vous l'avez sauvé, Tsunade. C'est un valeureux guerrier qui a montré toute sa bravoure pour sauver son camarade, surtout en face d'un descendant de mon ancien adversaire. Il méritait de vivre et de retrouver sa famille.
- Merci, Hercule mais je ne suis pas la première à lui avoir sauvé la vie car notre cher trio a été les instigateurs de la revendication du dieu Thanatos.
- Cela est juste, fit Jiraya. Pourquoi nous montrer tout ceci ?
- Car c'est le point départ de tous les événements qui vont suivre, les informa Tenten. Il fallait vous les montrer pour vous mettre au courant des circonstances qui vont entraîner leur marquage par Tsunade, Shizune et Kushina.
- Tu veux dire que l'adolescent a aussi bénéficié de vos soins, demanda Jiraya.
- Tout à fait, tout comme un deuxième garçon que nous avons personnellement rencontré à la recherche d'aide pour ses deux compagnons, précisa Tenten.
- Oh ça devient de plus en plus intéressant", jubila Suigetsu.
Sur cette parole, le dieu des Dieux ordonna au miroir de Vérité de continuer à leur montrer le déroulement de la journée. Tous revirent alors la déesse de la Chasse reprendre sa course et de s'arrêter brusquement en entendant des cris dans la forêt.
Naruto et Sasuke se stoppèrent également et essayèrent d'identifier la provenance de ce cri. Soudain, le trio divin vire débouler de derrière un buisson, un garçon d'environ onze ans. Celui présentait une longue chevelure tenue en queue de cheval grâce à un ruban blanc. Ses bras et ses jambes saignaient tellement sa peau était écorchée. Il courrait malgré sa fatigue apparente muer semble-t-il par une force désespérée. Les dieux ne purent voir son visage à cause de l'ombre des arbres. Ils l'entendirent de nouveau crier.
"- Aidez-moi ! Père, où êtes-vous ? Itachi est en danger. Père !
- Tenten, je crois que ce jeune mortel a besoin d'aide.
- Ce n'est pas notre affaire, Naruto, lui informa sa voisine.
- Mais Tenten, je crois que ce fameux Itachi est le jeune mortel que tu as sauvé en tuant le sanglier. Il semblerait que ce soit son ami, plaida le dieu de l'Amour. On pourrait au moins lui dire que son camarade est en vie et qu'il est entrain d'être pris en charge par d'autres personnes. En plus, il a l'air perdu.
- Je suis d'accord avec Naruto, appuya Sasuke. En plus, cela bouclerait la boucle de ton geste. Puis, nous pouvons nous faire passer pour des chasseurs comme tu l'as suggérée au vu de notre tenue."
L'Eros le regarda les yeux ronds. C'était une de ses rares fois où son frère le soutenait. Pas qu'il n'avait pas bon coeur mais en tant que l'Antéros, il avait du mal à ressentir de l'empathie pour les Mortels. En réalité, Sasuke avait été intrigué par cet adolescent qui semblait répondre au nom d'Itachi. Il ne savait pas pourquoi mais de le savoir en danger l'avait dérangé alors que de le voir en sécurité l'avait quelque peu soulagé. Le fait que le mortel devant eux cherchait de l'aide pour ce dernier l'avait touché. C'est pourquoi il avait voulu apporter son soutien à Naruto.
"- Les garçons, j'ai dit non, affirma Tenten. Déjà que j'ai interrompu votre entrainement pour pas grand chose. Je sens que je vais me faire tirer les oreilles par Minato.
- Tu sais ce qu'il ne connait pas, il ne peut pas le savoir. On peut tenir notre langue," essaya de plaider Naruto.
La déesse hésita quelques instants et regarda encore une fois le jeune garçon qui s'était arrêté pour essayer de se repérer. Il donnait vraiment l'impression que la panique allait bientôt l'envahir. Il respirait la peur mais pas pour lui, mais pour son ami. Soudain, l'adolescent tourna son regard vers elle. Tenten en fut estomaquée. Ses yeux lui donnaient l'impression d'être mise à nu. Ils étaient d'une couleur blanche violacée. Elle ne put s'en détacher. Plusieurs secondes passèrent quand une voix s'éleva.
"- Et vous, là-bas. Vous qui vous cachez dans les branches de cet arbre. Veuillez descendre. J'ai besoin d'aide pour aller sauver mon ami."
Incroyable, se dit la chasseresse. Le mortel avait réussi à les apercevoir au travers l'épais feuillage qui les camouflait. Des yeux blancs violacés, une perception hors normes, les cheveux longs et foncés, cela fit tilt dans la tête de Tenten. Ses compagnons et elle avaient devant eux un Hyuga. Naruto se pencha vers elle.
"- Qu'est-ce qu'on fait Tenten ? Il nous a repérés. On s'en va ou on...
- Restez ici," ordonna-t-elle le coupant dans son interrogation.
La divinité protectrice de la lune ne lui laissa pas le temps de protester contre cette interruption qu'elle se pencha en avant. C'est sous les yeux ronds d'étonnement de ses compagnons qu'une force au fond d'elle la poussa à sauter de son perchoir pour atterrir en face du jeune mortel. Ce dernier fut étonné de la rapidité et de l'agilité mais surtout de l'attitude altière de la femme devant lui. Elle respirait beauté, assurance, puissance et noblesse. De plus, elle était vêtue d'une tenue de chasse le surprenant grandement. Cette activité était réservée exclusivement aux hommes alors comment une femme pouvait se permettre d'arborer de tels vêtements. Chassait-elle ? L'adolescent secoua la tête. Ce n'était pas le moment, Itachi était en danger et il avait déjà assez traîné dans ses bois en s'y perdant.
"- Vite, mon ami est attaqué par un immense sanglier, s'empressa-t-il de déclarer. Pouvez-vous m'aider ou avez-vu d'autres chasseurs dans cette forêt et pouvez-vous me conduire à eux ?
- Oh là, oh là. Déjà on se calme, tiqua Tenten. On ne t'a jamais appris la politesse. On se présente tout d'abord à une dame avant de lui poser des questions.
- Mais je n'ai pas le temps pour ça, commença à se mettre en colère le mortel. Je vous dis que mon ami est en danger de mort et que j'ai besoin de retrouver mon père. Pouvez-vous m'aider, oui ou non ?
- Tu vas te calmer oui. Quel goujat tout de même. Moi qui était prête à t'in...
- Goujat... ?! Comment osez-vous m'insulter de la sorte ? La coupa l'adolescent. Et puis, qui vous a permis de me parler sur ce ton et de me tutoyer. Je suis Neji Hyuga, fis adoptif de Hiashi Hyuga, héritier potentiel de la famille la plus influente de Rome. Vous n'êtes rien par rapport à moi, qu'un caillou dans ma sandale. Je pourrai exiger qu'on vous flagelle pour votre manque de respect à mon égard."
A ces paroles, Tenten sentit la moutarde lui monter de plus en plus au nez. Ce mortel se montrait vraiment téméraire de la prendre ainsi de haut, elle, une déesse. Elle était sur le point de le punir pour l'avoir provoqué comme jamais, quand elle entendit une voix dans sa tête. C'était celle de Naruto qui grâce à l'aide de Sasuke, avait réussi à rentrer en communication avec elle.
"- Tenten, n'oublie pas qu'il te prend pour une mortelle. Et si ce qu'il dit est vrai, il fait effectivement parti d'une grande famille. Il doit avoir trop l'habitude de voir les gens ramper à ses pieds. Contrôle-toi ! Tu..."
Le contact se rompit. La déesse comprit que le dieu de l'Amour n'avait pas pu le tenir plus longtemps. Elle sourit discrètement face à cet exploit de son compagnon. Très peu d'entre eux en était capable. Sur leur branche, Naruto et Sasuke reprenaient leur souffle assez difficilement. Le dieu de l'Amour avait bien senti que l'arrogance de ce Neji rendait furieuse Tenten et qu'elle risquait de se montrer à lui dans toute sa splendeur et de le punir durement. Ressentant un peu de pitié pour ce garçon qui avait perdu son sang-froid de peur de perdre son ami, il s'était mis en méditation pour rentrer en communication avec l'esprit de sa camarade. N'y arrivant pas, Naruto avait vite compris que c'était plus difficile qu'avec la faune. Sasuke lui avait alors prêté main forte grâce à leur lien. Rentrant en diapason tout deux, ils avaient réussi à faire en sorte que Naruto puisse communiquer avec Tenten mais que pour un court instant. Les deux dieux ailés sortirent de leur exploit épuisés. Ils n'auraient jamais pensé que cela puiserait autant dans leur énergie.
"- Oh pardon, monseigneur. Je ne voulais pas vous vexer, répliqua la déesse de la Chasse avec arrogance et amusement, en mimant une révérence grotesque. Pour ta gouverne, mon seigneur, je suis aussi bien née que toi, si ce n'est plus, bien qu'étant native d'une autre contrée, alors un peu de respect.
- Je vois que vous ne voulez pas m'aider et j'ai déjà perdu assez de temps comme cela, la provoqua encore Neji, très peu enclin à baisser les armes devant une femme, même si elle était plus âgée que lui. Adieu."
L'adolescent fit alors volte face pour essayer par un autre chemin en espérant que cette fois-ci soit la bonne. Tenten fulminait de se voir ainsi défier. Reprenant son calme, elle eut une idée et sourit sadiquement. Elle avait décidé de lui donner une petite leçon. Elle l'interpella.
"- Eh, je sais où se trouvent ceux que tu cherches."
A cette phrase, Neji s'arrêta et la regarda plein d'espoir. Il se trouva de nouveau à sa hauteur très rapidement, avide de connaître l'information. Cependant, tout de même méfiant, il lui fit une remarque.
"- Mais vous ne sembliez pas enclin à...
- Bon sang, tu vas me laisser parler. Depuis tout à l'heure, tu me coupes tout le temps. Comment veux-tu que je réponde à tes questions ou que je t'aide ?
- Veuillez me pardonner, se résigna Neji, comprenant que sa panique avait pris le dessus ainsi que le côté arrogant de son caractère. Je vous écoute.
Pourtant, Hiashi lui avait appris à rester flegmatique, stoïque quelques soient les circonstances mais là, la peur l'avait empêché d'appliquer les leçons acquises depuis longtemps.
- Bien, j'accepte tes excuses, le gratifia Tenten. Pour répondre à tes questions, je ne sais pas si c'est ceux que tu cherches, mais en venant par ici, nous avons, mes deux compagnons et moi, effectivement croisé d'autres chasseurs. Ils étaient dans une clairière, entourant un jeune garçon blessé au pied du quel un sanglier gisait mort. Un peu plus loin, un homme était couché sous le poids d'un ours, un chien mort également à ses côtés.
- Blessé ? Itachi est blessé donc vivant, n'est-ce pas ? Questionna le jeune Hyuga, partagé entre le soulagement et l'inquiétude.
- Il semblerait, lui répondit son informatrice. En tout cas, il l'était quand des chasseurs se sont penchés sur lui.
- Vous avez parlé d'un homme et d'un chien. Cela doit être le seigneur Senji, réfléchit Neji. C'est le seul qui possède un chien assez courageux pour défier un ours. Mais que faisait un tel animal là-bas ? Et comment se fait-il que l'ami de mon père était présent ? Etait-il aussi blessé ?
- En ce qui concerne l'homme, il avait l'air mal en point. Malheureusement, je ne peux pas t'en dire plus. Je n'en sais strictement rien, haussa les épaules Tenten. Nous avons continué notre route quand nous avons vu autant d'hommes autour de tes camarades. Notre présence n'était pas nécessaire.
- Je vous remercie de ces renseignements, s'inclina respectueusement le jeune garçon reprenant son calme, soulagé de savoir Itachi en vie mais tout de même inquiet pour Senji et lui. Auriez-vous l'obligeance de m'indiquer la route à suivre ?
- Et ben, tu redeviens poli tout à coup. Enfin, bref. Je veux bien te la montrer mais je ne peux t'y accompagner. Mes camarades et moi sommes attendus. Tu n'as qu'à suivre ce chemin sans t'en détourner. Tu devrais arriver à la clairière assez rapidement, l'informa Tenten en tendant son bras pour lui montrer l'itinéraire.
- Je vous remercie encore et adieu", la salua Neji avant de prendre sa route.
Le jeune Hyuga se concentra sur ses dernières forces et se mit de nouveau à courir dans la direction indiquée. La déesse de la Chasse le suivit du regard en affichant un petit sourire narquois et moqueur. Elle prit une impulsion et se retrouva bientôt au côté de Sasuke et Naruto dans l'arbre. L'air satisfait de sa comparse inquiéta ce dernier en se demandant pourquoi et ce qu'elle avait fait. Le dieu de l'Amour posa alors les yeux sur Neji et le vit se précipiter sur le chemin. C'est là qu'il réalisa la manière dont Tenten avait puni le jeune arrogant. Naruto se cogna le front de sa main et entreprit de faire part d'un point qu'elle avait oublié dans son raisonnement. Alors qu'il voulait le faire, il constata qu'il était seul sur la branche. Sasuke et elle s'étaient déjà élancés en avant sans lui.
"- Eh ! Bande de lâcheurs ! Attendez-moi !"
Naruto se résolut à les rattraper et pour se faire, il dérogea à la règle et sortit ses ailes. Alors qu'avait eu lieu cette rencontre entre trois dieux et le jeune mortel, dans la clairière meurtrière, des chasseurs construisaient deux civières en utilisant des longues branches et quelques unes de leurs toges. Fugaku se trouvaient auprès d'Itachi. Il découvrit les multiples contusions, balafres sanglantes et la tempe meurtrie ainsi la plaie du flan sur le corps de son fils. Se forçant à garder son calme, il commença à le déshabiller avec l'aide d'un de ses compagnons. Avec un linge, le père de l'adolescent pressa sur la blessure de son côté pour essayer d'arrêter l'hémorragie. Ce geste fit gémir Itachi sans pour autant qu'il sorte de son évanouissement. Avec des bandages qu'un des chasseurs avait emmenés par précaution, Fugaku en fit un tour pour maintenir le pansement de fortune en place. Il s'occupa ensuite des autres blessures.
Hiashi avait laissé son ami avec son fils et partit à la recherche de Neji. Il arpentait la clairière de long en large en compagnie d'Asuma. Fort de son expérience militaire, ce dernier analysait le sol et en fonction des empreintes qu'il découvrait, essayait d'établir un scénario plausible de ce qui c'était passé. Il arrivait à voir les traces des animaux, de Senji, d'Itachi et de la lutte entre tous. Soudain, il appela Hiashi.
"- Hiashi, venez, j'ai découvert quelque chose.
- Qu'est-ce ? Avez-vous trouvé Neji ? Quémanda le Hyuga en se précipitant vers Asuma.
- Non, mais ses traces, l'informa ce dernier en s'accroupissant pour lui montrer sa découverte. Voyez ici, à la sortie de ce chemin, voici les empreintes d'Itachi que vous pouvez constater sur plusieurs endroits de la clairière montrant qu'il a lutté contre le sanglier. Cependant, regardez à côté d'elles, celles d'une autre personne, plus petite que lui. Je pense que Neji s'est tenu ici avant d'avoir été poussé sur le côté, je suppose. Voyez ses herbes aplaties à côté de cette terre retournée. On retrouve les mêmes empreintes un peu plus loin. Suivons-les pour savoir ce qu'il est advenu de lui."
C'est ainsi que les deux hommes, les yeux rivés au sol, arrivèrent devant la bordure de la clairière. Asuma s'enfonça un peu plus sous le bois et constata que les pas de Neji se prolongeaient sous la voûte du bois. Il revint vers Hiashi pour lui faire part de ses conclusions.
"- Je pense que Neji est en vie et ne souffre d'aucunes blessures. Aucunes traces de sang ne parsemaient la terre durant notre progression. Je suis sur qu'Itachi a ordonné à votre fils de se sauver pour aller chercher de l'aide. Unis comme ils le sont et les connaissant, étant leur entraîneur, Neji n'aurait jamais abandonné Itachi face à un danger, sauf sur la prière de celui-ci.
- Votre conclusion est que Neji est perdu en forêt entrain de nous chercher, reformula Hiashi, les yeux tournés vers la forêt, quelque peu soulagé de savoir le jeune garçon en vie et sans doute sans blessure.
- J'en suis persuadé", confirma le Sarutobi en regardant dans la même direction.
Animé d'un nouvel espoir, Hiashi se mit à réfléchir au déroulement des prochaines actions. Pendant ce temps, des hommes s'étaient mis à plusieurs pour bouger le corps de l'ours sous les ordres de Shikaku alors que Choza se préparait à tirer vers lui Senji. Inoichi attendait nerveusement ce qu'il allait découvrir et se tenait prêt à apporter les premiers soins à leur ami.
"- Allez, à mon signal, vous le soulever et vous le tournez sur le côté...Attention... Maintenant !"
D'un seul mouvement, les chasseurs mirent à contribution toute leur force dans leur entreprise. Le corps de l'ours bascula dans un grand fracas libérant le corps de Senji. Tous purent voir le glaive enfoncé dans le coeur du plantigrade. Choza se précipita vers le blessé et le sortit de la mare de sang où il baignait littéralement. A leur grand soulagement, leur ami était encore en vie. Il était couvert de sang à tel point qu'aucune parcelle de sa peau était épargnée. Inoichi ordonna qu'on lui tende des gourdes d'eau pour le nettoyer afin de distinguer les blessures. C'est délicatement qu'il s'affaira. L'écoulement du liquide baigna le corps meurtri emmenant avec elle la preuve d'un combat terrible. Ainsi, le Yamanaka constata les balafres, les égratignures, la morsure sur le bras mais surtout l'immense plaie dans le dos, due aux griffes de l'ours. Tout comme pour Itachi, il s'évertua à panser le mieux possible les blessures mais à peine posés, les linges étaient imbibés de sang. Asuma et Hiashi vinrent les trouver et virent l'état de leur ami.
"- Par tous les Dieux, les blessures sont graves et il est tout de même encore en vie, fit remarquer le Sarutobi. A votre avis, comment va-t-il ?
- Senji a perdu visiblement beaucoup de sang et il est très faible, lui répondit Inoichi. Je pense que les combats l'ont épuisé, en plus de la perte de sang. Il faut le mener auprès d'un médecin le plus rapidement possible si on veut qu'il ait une chance de survivre."
Constatant l'urgence de la situation, Hiashi, bien que préoccupé par le sort de Neji, organisa la suite.
"- Asuma, j'aimerai vous confier la direction de l'évacuation de nos blessés. Je pense que Fugaku est trop concentré sur son fils pour avoir les idées claires. Retournez en ma demeure où des soins leur seront apportés avec diligence. Je vous fais confiance. Pour ma part, je pars à la recherche de Neji. Je ne force personne à me suivre mais toute aide sera la bienvenue."
- Je reste avec vous", affirma Choza, suivi par Inoichi et Shikaku.
Quand aux autres chasseurs, la majorité préférèrent rentrer pour ne pas inquiéter leur famille ou à cause de la fatigue engendrée par toutes ses émotions alors que d'autres. Les plus jeunes pour la plupart, proposèrent leur participation à cette recherche. Hiashi leur en fut reconnaissant et s'enfonça dans la forêt, suivi par les volontaires. Bientôt, on les entendit crier le prénom de Neji dans l'espoir qu'il signale sa position. Pendant ce temps, Itachi et Senji se virent placer sur les civières et transporter à travers la forêt jusqu'à la maison de chasse. Arrivé là-bas, leur groupe retrouva les autres chasseurs. Tous furent peinés de l'état de Itachi et horrifiés en voyant celui de Senji. Asuma fut satisfait en constatant que le jeune Senju avait déjà pratiquement tout préparé. Un chariot rempli de paille était prêt à partir.
Des bandages et des baumes y étaient déposés si nécessaire durant le transport. D'ailleurs, le Sarutobi prit le temps de changer ceux de l'Inuzuka qui était déjà saturé de sang. Fugaku installa son fils dans le chariot. Ce fut le tour ensuite de son ami. Tous remontèrent à cheval et partirent en direction de chez les Hyuga. Ils ne purent galoper pour éviter que les chaos de la route achèvent leurs blessés qui geignaient de douleur à chaque imperfection de la voie romaine. L'Uchiwa obligea sa monture à marcher près du chariot afin de garder un oeil sur Itachi et occasionnellement sur Senji, surveillé par Asuma. Au bout de plusieurs kilomètres, la demeure de Hiashi fut en vue. Bientôt, la procession entra dans la cour. Après être descendu de cheval, Fugaku porta son fils dans ses bras alors que le cri de Mikoto l'accueillit voyant l'état de son unique enfant.
Alors que les blessés étaient évacués et que Hiashi commençait ses recherches, une divinité aux ailes blanches rattrapa ses compagnons. Elle essaya de capter l'attention d'un d'entre eux mais fut devancé.
"- Naruto, je t'avais dit de ne pas utiliser tes ailes.
- Mais j'y étais obligé. Vous êtes partis sans moi, je te signale Tenten. Il fallait que je vous rattrape et à pied, c'était impossible. On peut s'arrêter, j'ai à te parler.
La déesse de la Chasse montra son accord en stoppant sa course et se tourna vers le dieu de l'Amour.
- Que veux-tu me dire au juste, Naruto ?
- C'est à propos du jeune mortel, là... le Hyuga. Je crois que tu lui as indiqué le mauvais chemin et qu'il va se perdre encore plus. Je ne crois pas que ce soit une bonne idée. Tu l'as mis sur le chemin de...
- Normal, j'ai voulu lui donner une petite leçon, le coupa Tenten. Cela lui apprendra à m'insulter et à me provoquer comme il a osé le faire. Certes, il ne savait pas qui j'étais en réalité mais il doit montrer du respect à ses aînés et encore plus quand c'est une femme. Ça lui fera les pieds et il réfléchira à deux fois avant de se montrer aussi hautain et orgueilleux.
- J'avais bien compris que tu as voulu lui donner une punition en le perdant dans la forêt, répliqua l'Eros. Cependant, une leçon implique que l'élève ne trouve pas la mort au bout de son instruction. S'il meurt, en quoi cela lui servira à l'avenir ?
- Comment ça ? Je ne te suis pas. Interrogea Tenten, surprise par les paroles de son camarade.
- Tu as oublié qu'à un moment donné, si on n'y prend pas garde, le chemin que tu lui as indiqué débouche à..."
Comprenant enfin de quoi Naruto voulait faire allusion, la déesse de la Chasse se tendit et ne lui laissa pas le temps de finir sa phrase qu'elle fit rapidement demi-tour en sifflant entre ses dents.
"- Bon sang, ça m'était sortie complètement de la tête. Il n'est pas dit que je sois responsable de sa mort et qu'il s'en sorte aussi facilement."
Ne comprenant plus rien mais poussés par la curiosité de voir comment tout cela allait se finir, Naruto et Sasuke lui emboîtèrent le pas. De plus, ils étaient encore sous sa responsabilité alors autant la suivre. C'est ainsi que le trio divin fit demi-tour et continua pour la énième fois à zigzaguer entre les branches. La seule différence, c'est que cette fois, les deux ailés savaient vers où ils se rendaient. C'est le pourquoi profond qu'ils avaient du mal à comprendre, même si Naruto en avait une petite idée. Cette dernière, toutefois, restait encore floue mais pas impossible.
Depuis son étrange rencontre, Neji continuait à courir dans l'espoir de voir apparaître son père et ses amis derrière chaque tournant qu'il empruntait. Cependant, au fil de sa course, son enthousiasme qu'il avait ressentit aux nouvelles de la femme dont il venait de faire la connaissance, commençait à le quitter. Il doutait maintenant. Ne lui aurait-elle pas indiqué un mauvais chemin pour se venger de son impolitesse ? Il est vrai qu'il n'avait pas mis en application ses leçons de bienséance mais il était tellement stressé. Il avait tellement peur qu'on lui annonce la mort de son meilleur ami, celui qui lui avait sauvé la vie. Cette femme avait surement compris l'urgence de la situation donc pourquoi vouloir lui faire un mauvais tour. Le jeune Huyga se stoppa un instant pour reprendre son souffle. Il se secoua la tête essayant d'évacuer ses idées noires.
Neji leva les yeux un peu plus loin pour observer autour de lui. Soudain, il vit une éclaircie au travers des arbres, juste après des buissons épais. L'optimisme qui l'avait un instant quitté revint en force et regonfla son coeur de courage. Malgré sa fatigue et ses muscles douloureux, il se dirigea à grande enjambée vers la lumière qu'il apercevait au delà de ce bois. Le fils adoptif de Hiashi se retrouva rapidement devant de grandes ronces. Il s'y engouffra tout de même. Sa peau s'écorcha encore plus contre leur tranchant. Ses vêtements se faisaient déchiquetés et ses cheveux s'accrochaient laissant une piste à d'éventuels suiveurs. Neji n'avait que faire de ses douleurs et des conséquences de son avancé dans ce piège végétal. Tout ce qui lui importait, c'était de retrouver son père et Itachi. Ce serait alors la fin de cette matinée de cauchemar.
Alors que Neji sortait des ronces, il constata qu'il ne lui manquait plus que quelques enjambées pour sortir de la forêt et retrouver les rayons du soleil sur son visage. A ce moment-là, il eut une pensée de reconnaissance à son indicatrice et se promit de la retrouver pour la remercier comme il se doit, comme tout homme devait le faire. L'image de cette femme refit alors surface dans son esprit. Il reconnut qu'elle était une vraie beauté, aussi belle que sa mère qui était dans son coeur de fils la plus belle. C'est sur cette pensée que le jeune Hyuga plissa les yeux, sous l'effet d'un rayon de soleil l'aveuglant, alors qu'il débouchait enfin sur ce qu'il pensait être la clairière tant cherchée. Il fit un dernier pas et ce fut la suite de l'horreur. Pendant ce temps, Tenten était concentrée sur la présence du jeune mortel tout en courant à une vitesse folle. Soudainement, elle entendit un grand cri, la faisant frémir. Elle accéléra sa course, ne voulant pas perdre sa crédibilité de la divinité la plus rapide de l'Olympe, après Lee bien sur.
