Bonjour, Bonsoir,

Mysthem : merci pour ton commentaire. Je suis contente que mon histoire te fasse découvrir la mythologie. C'est un peu mon but, en plus de mon plaisir d'écrire et de vous faire plaisir.

Je remercie encore toutes les personnes qui prennent le temps de commenter mon histoire.

Dans le chapitre précédent, j'avais annoncé que je ne publierai plus avant fin août, début septembre à cause de mon départ en vacances. J'ai eu le courage de vous écrire un dernier chapitre avant mon départ. J'espère qu'il vous plaira.

A bientôt dans deux ou trois semaines.

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En effet, le dieu de l'Amour s'était senti très lourd. Il avait l'impression de se trouver à la place d'Atlas, supportant le poids du monde sur ses épaules. De plus, sa poitrine l'oppressait de plus en plus, au fur à mesure de son avancée. Quand il était arrivé à leur premier objectif, Naruto s'appuya sur le mur en attendant que son frère analyse la chambre. Ce dernier était entrain de regarder au travers de la fenêtre pour voir une femme allongée sur un lit d'appoint et un homme avachi dans un fauteuil. Sur la couche, se trouvait l'adolescent qui avait failli mourir dans la clairière. Celui-ci l'intriguait de plus en plus. Il possédait un je ne sais quoi qui l'interpellait mais il ne savait pas encore quoi. Sasuke allait devoir se renseigner mais surtout garder un oeil sur lui. Si Tenten avait maintenant un protégé, il avait l'impression d'avoir trouvé le sien, à moins que ce soit un être nuisible pour lui ou inversement, que ce soit lui qui devienne le pire cauchemar du jeune mortel. L'Antéros ne put continuer son observation quand il entendit la voix de son frère.

"- Alors, Sasuke ? C'est l'arrogant de Tenten ?

- Non, mais l'adolescent menacé par le sanglier qu'elle a tué avec son poignard, lui répondit-il. Deux adultes sont avec lui. Ce sont sans doute ses parents. La femme a l'air d'avoir pleuré.

- Je m'en doute, fit d'une petite voix Naruto.

- Comment tu peux t'en douter ainsi ?" Quémanda à son tour Sasuke, intrigué par son ton affaibli.

Il se tourna vers son frère pour entendre la réponse mais resta sans voix à sa vue. Naruto était le dos contre le mur, la main sur le coeur, la tête levée vers le ciel et les yeux semi-ouverts. Sa respiration était rapide.

"- Naruto, ça va ?

- Ouais, ne t'inquiète pas... Je sens juste que... Dans cette chambre se trouve une femme amoureuse, désespérée de ne pas vivre un amour réciproque. Son époux le partage néanmoins, mais a peur de se déclarer, par fierté sans doute ou par pudeur... Ajoute à ça, la crainte de voir mourir leur unique enfant et tu as le bon mélange pour créer une profonde tristesse... Depuis notre arrivée, j'ai l'impression que cette demeure est rongée par la souffrance, la peur et le désespoir... Malheureusement, je crois que j'y suis sensible.

- Nous pouvons partir si tu veux, surtout si tu fais une crise, proposa inquiet Sasuke.

- Non, je veux aider Tenten... Et puis, je n'en ai jamais fait en pleine journée et surtout éveillé... Cela m'oppresse, c'est tout... Laisse-moi juste le temps de m'y habituer," affirma en lui souriant Naruto, tout en retirant sa prise sur son torse.

Ce dernier souffla profondément et se redressa dès qu'il se sentit prêt à reprendre l'exploration. Il se mit alors à marcher, se tenant le plus droit possible pour donner le change mais son humeur ne suivait pas et il le savait. Son frère décida de rester près de lui au cas où. Il n'avait de cesse de jeter un coup d'oeil à l'Eros pour surveiller son état, tout en les guidant et en faisant attention à son environnement. Cependant, rien de rassurant ne fut constater du côté de Naruto. Au contraire, plus les deux dieux ailés avançaient, plus son dos se voûtait. Sa main s'était retrouvée une nouvelle fois au niveau de son coeur, serrant un peu plus les doigts sur sa tunique. Sa respiration se fit encore plus saccadée. Il semblait chercher son oxygène.

Quand ils arrivèrent enfin devant une fenêtre d'où provenaient des pleurs, l'Antéros fit halte alors que son aîné resta immobile, en attente, essayant de se calmer. Il crut un instant y arriver et rejoignit Sasuke dans son observation. A l'intérieur, ils virent une femme agenouillée, sanglotant, les joues baignées de larmes, au chevet de l'homme qui avait défié l'ours la veille. Ses bandages étaient gorgés de sang et la fièvre le terrassait. Une grande souffrance se lisait sur son visage crispé.

"- Nous avons trouvé l'adulte blessé. C'est surement sa femme, supposa le second fils de Kushina. Il n'a pas l'air en forme. J'ai peur qu'il ne voit pas le soleil arrivé à son zénith.

- Je crois aussi... Pourquoi faut-il que ce soit au moment de perdre l'être cher... qu'elle doit se rendre compte de son amour pour lui ? s'interrogea Naruto, d'une voix de plus en plus hachée.

- Que...

- Cette femme a un passé sombre rempli de solitude, de peurs, de non-dits et de sentiments de trahison... Son mari l'aime profondément mais il a fait des erreurs à cause de sa crédulité... Malheureusement, elle n'a pu lui pardonner ou du moins elle a refusé de lui pardonner... Elle s'est fermée à son amour alors que son coeur ne fait que le réclamer... Ce n'est qu'aujourd'hui, sur le point de le voir passer à trépas qu'elle ouvre enfin les yeux sur les forts sentiments qui l'animent... Je le sens... Elle souffre tellement de son aveuglement, de son mépris envers lui et des années de bonheur manquées... Je sens aussi la souffrance de l'homme, son désespoir.

- Comment tu fais pour..., tenta de demander Sasuke, de plus en plus surpris par les capacités de son frère.

- Je suis le dieu de l'Amour..., le coupa Naruto de plus en plus faible. Mon coeur rentre en résonance avec le leur... Il me fait voir leur passé et leur présent pour que je puisse jauger... s'ils sont des âmes soeurs ou non... et ainsi décrocher ou pas mes flèches... Je ne peux que supposer leur avenir."

Soudain, l'Eros n'y tient plus et ne réussit plus à faire semblant. Toute cette souffrance et ce désespoir qui submergeaient la demeure le frappèrent de plein fouet. Il tomba sur un genou et se penchant en avant, se retint d'un bras pour éviter de s'affaler sur le sol. Son souffle se fit de plus en plus rapide mais aussi de plus en plus rare et insuffisant. Sa main se ferma encore plus sur sa tunique au-niveau du coeur, à tel point qu'il crut qu'il pourrait s'écorcher la peau de ses ongles. Il avait l'impression que son palpitant allait exploser. De plus, une brûlure se fit sentir au niveau de son ventre comme si une force voulait en sortir et le submerger. Cette chaleur et l'oppression le fit suer au point que son front se fit rapidement inonder de sueur. Ses yeux bleus azur se voilèrent avant de se fermer fermement. Sasuke se précipita sur lui. Soudain, il grimaça à son tour en ressentant une faible douleur le prendre au niveau de sa poitrine. Le lien qu'il avait avec Naruto commençait à se faire sentir. Son frère n'avait pas eu le temps de le couper avant de faire sa crise.

"- Puis, tu es arrivée, me voyant d'essayer de calmer Naruto, finit Sasuke.

- Et ben, je n'aurai jamais imaginé que Naruto puisse subir cela. Si j'avais su, j'aurai insisté pour que vous rentriez, s'exprima Tenten, caressant le front du dieu de l'Amour toujours en méditation mais le visage plus serein. Il nous faut rejoindre l'Olympe maintenant. J'ai vu ce que je voulais voir. Nous n'avons plus rien à faire ici.

- Je ne suis pas d'accord, affirma une voix forte respirant la détermination. Moi, en tout cas, je reste."

Sasuke et Tenten baissèrent les yeux pour voir Naruto, les yeux ouverts. Ces derniers avaient retrouvés ses éclats et brillaient d'une nouvelle force. Le dieu de l'Amour se redressa soutenu par la déesse de la Chasse.

"- Ca va mieux ? Demanda cette dernière. Tu sais, au vu de ta crise, il faut mieux retourner chez nous.

- Je vais mieux merci. La méditation m'a fait beaucoup de bien et j'y ai puisé l'énergie de la nature pour me revigorer. Et non, je ne peux pas rentrer. Trop de souffrances habitent cette demeure. Je me dois de faire quelque chose, sinon...

- Sinon ? demanda leur camarade aux macarons.

- Sinon, cette souffrance risque de prendre de l'ampleur au vu de ce que nous avons vu et atteindre Naruto cette nuit, reprit Sasuke. Tu as constaté par toi-même la puissance de la crise alors qu'il était réveillé. Je n'ose imaginer les conséquences durant son sommeil. Ce sera surement terrible et peut-être même funeste.

- Mais pourquoi tu dis que le désespoir va augmenter ?

- Le mortel qui a défié le sanglier et l'ours est mourant, en tout cas, de ce qu'on a observé, intervint cette fois Naruto. J'ai aussi senti l'ombre de Thanatos sur lui. De plus, les habitants ont tous un passé douloureux qui les ronge. Si on a vu juste et que ce chasseur meurt, le désespoir les détruira encore plus. Je sais que cela peut paraître égoïste mais... si je ne fais rien,... je risque d'en payer le prix... et Sasuke aussi."

Alors que Tenten allait reprendre la parole, à l'Olympe, le dieu des Dieux ouvrit les yeux et ordonna au miroir de Vérité d'arrêter. Ce dernier retira les filaments d'eau des fronts des dieux souverains et de Tsunade. Cette dernière, les larmes aux yeux et chamboulée, se sentit quelque peu chancelante mais résista pour faire bonne figure. Jiraya le constata et lui offrant son bras, la reconduisit sur son trône. Son épouse s'y installa, altière, en le remerciant d'un signe de tête. Il reprit également sa place et s'assit en posant son menton sur ses mains. Il ferma ensuite les yeux pour se mettre à réfléchir à ce qu'il venait d'assister.

Naruto a subi une crise inhabituellement forte et cela en plein jour. Le sentiment d'affliction des mortels étaient d'une très grande puissance pour l'atteindre ainsi. Cela signifiait qu'effectivement, ce fut une chance que ses compagnons et lui l'aient découvert et réglé le problème avant que cette vague ne l'ait touché dans son sommeil. Sasuke avait eu raison de dire que cela aurait été funeste car il n'était pas sur que Shikamaru aurait pu l'aider à s'en sortir. D'ailleurs, que l'Eros est pu se calmer sans son intervention ou celle de son père était un exploit. La méditation de son petit-fils avait l'air très efficace. Jiraya ne savait pas ce qui l'aidait à trouver une telle sérénité malgré son passé et cette capacité à capter l'énergie naturelle mais il allait l'encourager à continuer sur cette voie.

Cela l'aidera surement à LE contrôler. En pensant à ce dernier, il fronça les sourcils. Cela aurait pu LUI laisser la porte ouverte. Cette crise a-t-elle raisonné jusqu'à là ? C'était tout à fait possible mais pour cela, il devait avoir confirmation. Jiraya se tourna alors vers Saï pour se faire confirmer ou réfuter son hypothèse. Ce dernier plongea son regard dans le sien avec une telle intensité qu'ils n'eurent pas besoin de parler pour se comprendre. Il se pencha tout de même à son oreille en invitant Suigetsu d'être témoin de leur échange.

"- En es-tu sur, Saï ?

- Oui. J'ai bien ressenti une perturbation au niveau du Tartare mais cela n'a pas duré très longtemps. Cela concorde avec la crise de Naruto. Rassure-toi, il n'existe aucunes fissures ou d'affaiblissement. Je m'en suis assuré personnellement. Notre dieu de l'Amour a su gérer sa crise à merveille. Je ne sais pas ce qui lui donne cette force mais cela semble très fort. Sasuke a bien fait de l'avoir éloigné le temps qu'il récupère.

- Je te fais confiance. Cependant, je vais tout de même t'envoyer Minato dès demain pour qu'il les renforce. Je ne veux courir aucun risque tant que Naruto ne sera pas au courant et capable de LE gérer, déjà que mon fils se refuse de L'utiliser sauf s'il n'a pas le choix. Il n'en a pas le contrôle total lui-même alors Naruto, à son âge, risque de se trouver submerger s'IL venait à se réveiller. Je viendrai également.

- Je vous accompagnerai aussi pour renforcer les eaux des Enfers, les informa le souverain marin. Elles forment également une barrière contre eux.

- Bien, consentit Saï. En tout cas, je soutiens nos trois aventuriers dans ce qu'ils ont entrepris. Cela me conforte dans mes décisions. Il fallait qu'ils agissent et ne pas laisser tout cela en suspens."

Jiraya souffla. Il y avait eu résonance mais sans gravité. Il comprenait aussi pourquoi Tenten leur avait montré leur action lors de cette chasse sanglante. Tout était parti de là et sa dévotion par rapport à ses protégés l'avait poussée à lui rendre visite et tant mieux, finalement. Sans action de sa part et de celle de ses compagnons ailés, le monde divin et des mortels auraient été en , il fallait régler le souci de Thanatos et savoir si la bénédiction des déesses devait rester en état ou être retiré aux mortels, bien qu'il était favorable à la garder tel quel. Le dieu infernal semblait partager ses conclusions sur les événements qui avaient touché Naruto et Sasuke ainsi que la divine chasseresse.

Le dieu des Dieux se concentra ensuite sur Suigetsu qui hocha la tête pour lui montrer qu'il le soutenait quelque soit sa décision et qu'il était tout à fait d'accord avec lui. Les deux frères avaient parfaitement compris les intentions de leur frère aîné et seigneur de tous les Dieux. Ce dernier se tourna au final vers Tsunade. Bien que ce ne soit certainement pas la raison pour laquelle elle est décidée de soigner les mortels, elle devait se féliciter de l'avoir fait au vu des potentielles conséquences sur leur petit-fils. Son épouse lui rendit son regard, lui faisant savoir qu'elle était d'accord avec lui. Les deux époux posèrent ensuite leurs yeux sur Naruto et lui montrèrent leur compréhension et leur compassion. Ce dernier leur montra sa reconnaissance en leur offrant un magnifique sourire. Le dieu de la Foudre affirma sa position à l'assemblée divine après s'être levé.

"- Nous venons de voir ce que nous désirions... Voici ma décision : il n'est pas nécessaire que vous soyez témoins des détails. Les seuls qui peuvent le revendiquer sont les parents de l'Eros.

- Ce ne sera pas nécessaire, Jiraya, affirma Minato. Ce que nous avons vu nous suffit largement pour comprendre la situation. Nous laisserons Naruto être le seul juge s'il souhaite nous le raconter. N'est-ce pas Kushina ?

- Tout à fait," confirma son épouse, en jetant un regard colérique envers Sakura, la mettant au défi d'oser les contredire.

Le dieu de l'Amour se redressa et fit heureux de recevoir le soutien de ses parents. Cela réchauffait son coeur, mais surtout effaçait en partie les mauvais souvenirs de son ancienne solitude. Malheureusement, la déesse de la Sagesse ne fit pas grand cas des menaces de la mère de Naruto. Elle ne supportait pas ne pas obtenir ce qu'elle souhaitait. De plus, le refus du miroir à lui obéir et le fait que Jiraya défende l'Eros avaient blessé sa fierté et son orgueil. Encore une fois, à sa grande surprise, son père adoptif mettait les intérêts de son ex-meilleur ami sur le devant de la scène avant les siens alors qu'avant, il répondait au moindre de ses caprices. Elle le fit savoir.

"- Mais Jiraya, nous avons besoin de savoir pour poser un jugement. Comment veux-tu que nous fassions justice dans ces conditions ?

- Je soutiens la décision du dieu des Dieux et l'action du dieu des Mers et des Océans. Je suis aussi d'accord avec Minato, ce que nous avons vu est juste suffisant pour poser un jugement. Nous avons tous vu que les événements se déroulant dans cette villa avaient des conséquences sur Naruto, un des nôtres. Pour le moment, leurs actions sont tout à fait légitimes. En tant que déesse de la Justice, je suis plus à même de l'affirmer, revendiqua Temari, avec force, foudroyant sa comparse.

Jiraya remercia Temari de son intervention qui avait eu le bénéfice de clouer le bec à Sakura. Elle ne pouvait pas essayer de contredire celle qui avait enseigné la justice aux Mortels. Le souverain de l'Olympe fixa ensuite la divinité aux cheveux roses et s'exprima d'une froid froide.

"- Sakura, je te prierai de respecter l'intimité de Naruto... à moins que tu veuilles que je t'oblige à regarder toi-même dans le miroir de Vérité pour révéler à tous le moindre de tes secrets et même les plus intimes.

- Non, ce ne sera pas nécessaire..., s'empressa-t-elle de dire en tremblant. Je pensais juste que c'était important pour comprendre la suite."

- Et bien tu as mal jugé, l'enfonça encore plus Jiraya. De plus, ne t'avise plus de mettre en doute les actions d'un des dieux souverains. Suigetsu a bien fait et j'ai confiance en son jugement. D'ailleurs, s'il ne l'avait pas fait, j'aurai moi-même interrompu la mission de l'artefact."

A ces paroles, tous les Dieux appuyèrent la décision du dieu des Dieux et l'intervention de Temari. Naruto regarda son grand-père et son oncle et leur en fut encore plus reconnaissant. Les autres n'avaient pas besoin de le voir subir une de ses crises. En tant que dieux souverains, c'était normal qu'ils soient au courant. Du côté de Sakura, elle ne décolérait pas. Son père adoptif venait de l'humilier devant toute l'assemblée divine. Ne pouvant pas reconnaître qu'elle en ait la seule responsable, elle ne put résister à l'envie de jeter un regard meurtrier sur Naruto. Se faisant elle tomba sur celui de Minato. Celui-ci était glacial, encore plus que celui de Jiraya mais ce qui lui glaça le sang était sa main posée sur son arme. Cette dernière en empoignait le fourreau alors que d'un mouvement précis du pouce, le dieu de la Guerre en sortit d'un centimètre la lame de son glaive, lui montrant qu'il était près à s'en servir à la moindre menace ou insulte sur son fils. Sakura détourna les yeux en serrant les poings.

"- Bien, puisque ce point est réglé, Miroir de Vérité reprend là où nous étions, les dieux souverains et moi-même.

- A tes ordres, dieu des Dieux", le salua l'artefact.

C'est ainsi que ce dernier se mit à nouveau à briller pour de nouveau montrer l'image de Tenten et de ses compagnons. Devant leurs yeux, Naruto, à leur surprise, était de nouveau debout et semblait avoir retrouvé toutes ses forces. En réalité, bien que la méditation l'ait aidé à cela, il sentait tout de même une certaine oppression provenant de la demeure. Il s'adressa à ses camarades.

"- Je ne vous oblige pas à rester avec moi. Avec ou sans vous, je compte faire quelque chose. Je refuse que Sasuke souffre à cause de moi.

- Ne compte pas te débarrasser de moi maintenant. Je reste, affirma ce dernier, touché par les intentions de son aîné.

- Pft, je vais t'aider bien sûr. Je ne peux te laisser ainsi. Il n'est pas dit que je fasse honte à ma réputation de loyauté, s'exprima Tenten. Mais comment veux-tu t'y prendre au juste ?

- Je... je ne sais pas trop, avoua Naruto. D'abord, je pense qu'il faut savoir si effectivement, Thanatos a été envoyé pour prendre l'âme de ce mortel. C'est ce dernier qui est la clé de tout. Si on le sauve, je pense qu'une grande partie de la souffrance se verra diminuer. De plus, cela me laissera le temps de plaider la cause des blessés auprès de Tsunade et la convaincre à les soigner définitivement.

- Pour ça, il faut tout d'abord qu'on t'accorde la faveur d'arrêter le bras de Thanatos et des Parques, lui signala l'Antéros. Tu sais bien sur à qui il faut la présenter.

- Tout à fait, renchérit Tenten. Je ne suis pas sure qu'il te l'accorde, vu son caractère très pointilleux sur son devoir et ses responsabilités.

- Ne vous inquiétez pas, vous deux, souria Naruto. Je suis sure qu'il le fera. Il me rabâche sans cesse les oreilles qu'il possède une dette envers moi. Je crois que c'est le moment pour le lui rappeler.

- Si tu le dis, hocha des épaules la déesse de la Chasse. De toute façon, on n'a pas trop le choix. Bien, maintenant, il faut que nous approchions de la maison pour savoir si tu as raison sur la présence de l'aura de Thanatos.

- As-tu une idée ? Je ne suis pas sur que ce soit une bonne chose pour Naruto de s'approcher encore de ces murs, fit remarquer Sasuke.

- Grâce à l'énergie de la nature. J'ai constaté que la méditation t'avais fait du bien, Naruto. De plus, elle forme une bonne barrière contre les ondes négatives, sinon, les animaux deviendraient fous à chaque instant. Nous allons nous métamorphoser," leur apprit Tenten, en souriant.

Naruto et Sasuke lui rendirent son sourire. Tous deux n'avaient pas envisagé cette solution mais c'était une bonne idée. C'est ainsi que le premier prit la forme d'un crapaud, son frère d'un serpent et la déesse d'une mangouste. Les trois se dirigèrent donc vers la fenêtre où Senji agonisait. Durant le chemin, le dieu de l'Amour, bien qu'un peu oppressé, eut la satisfaction qu'en effet sa forme animale le protégeait et qu'il ne souffrait pas comme lors de son premier passage. Sasuke voulut en avoir confirmation.

"- Naruto, comment te sens-tu ?

- Tout va bien, Sas'ke. Tenten a trouvé un super moyen de me préserver de cette atmosphère de souffrance. C'est bon à savoir pour l'avenir."

L'entendant utiliser son surnom, le dieu aux ailes noires sut que c'était la vérité. Il en fut soulagé, ce qui s'exprima par un tirage de sa langue de serpent et à des yeux un peu plus brillant. Ils arrivèrent rapidement sur le rebord de la fenêtre alors que le soleil terminait d'apparaître à de derrière l'horizon. La demeure était encore endormie sauf dans cette chambre où ils entendirent une voix s'élever.

"- Senji... Reste avec moi. Je t'en supplie... Aux Dieux, ne me le prenez pas... J'ai besoin de lui... Ma fille a besoin de son père... Je vous en supplie.

- Tsu... Tsume...

- Senji, ne parle pas. Garde tes forces. Ne te fatigue pas.

- Tsume... Prenez bien... soin de... notre fille... J'aurai aimé... la voir... grandir... avec vous... à mes côtés... mais... je crois que... le dieu Thanatos... a levé... sa main... sur moi... Je me suis... préparé... à le... suivre... depuis... dix ans... Je n'ai... pas... peur... Vivez heureuses... toutes les deux... C'est tout... ce que... je souhaite... Je... Je vous aime...

- Senji... je...", commença-t-elle à déclarer, horrifiée de l'entendre dire qu'il était prêt à mourir depuis leur mariage et ses conséquences.

Malheureusement pour Tsume, son époux perdit de nouveau connaissance avant qu'elle puisse lui confesser la moindre chose. Le voyant ainsi, elle se mit à crier réveillant la maisonnée. Les trois divinités, qui avaient réussi à se hisser, assistèrent à cet échange des plus déchirants. Sasuke prit peur pour Naruto, le poussant à le regarder. Il fut rassuré de constater que tout semblait bien se passer pour lui. En effet, à part une oppression un peu plus forte, il allait bien et résistait malgré la force du désespoir qui venait de renter dans cette pièce. D'ailleurs, il fut le premier à remarquer une présence invisible et indétectable pour la mortelle. Une ombre se trouvait à la tête du lit, prête à frapper.

"- Regardez, Thanatos est là. Ce courageux chasseur est condamné. Nous avions raison. Son âme va lui être retirée. Il faut agir vite.

- Bien, je vais l'appeler, intervint Tenten. Restez ici."

Cette dernière utilisa sa vitesse légendaire et se cachant de nouveau, reprit son apparence normale. Elle se concentra et envoya une onde d'énergie vers l'Olympe. Une microseconde plus tard, un nuage de vapeur apparut devant elle.

"- Tu as fait appel à moi, Tenten. Que puis-je pour toi ?

- Lee, métamorphose-toi et suis-moi, le plus rapidement possible. Nous devons rejoindre Naruto et Sasuke à cette villa, le renseigna sans attendre son invocatrice, en désignant la demeure du doigt.

Sans lui laisser le temps de poser une question, elle reprit son apparence de mangouste et se précipita en avant. Lee, bien qu'abasourdi, se transforma en tortue et lui emboîta le pas. Il utilisa une telle vitesse qu'un homme aurait cru être sous l'emprise d'alcool tellement cela l'aurait surpris de voir ce genre de reptile courir aussi vite, surtout si l'avait aussi vu sautant sur le rebord d'une fenêtre. Arrivé à destination, sa curiosité lui fit regarder à travers la fenêtre et assista à la scène d'une femme pleurante au chevet d'un homme gravement blessé.

"- Je peux savoir ce que vous faites et pourquoi vous avez besoin de moi.

- Nous voulons sauver ce mortel de la Mort. Les Parques ont dû commencer à cisailler son fil de vie, intervint Sasuke, en sifflant entre ses crochets de serpent.

- Mais pourquoi ?

- Nous n'avons pas le temps de t'expliquer tout en détail mais c'est primordial, surtout pour Naruto, lui répondit Tenten. Il faut que tu fasses diligence. C'est vraiment important.

- Ok et vous attendez quoi de moi au juste ?

- C'est simple, fit le dieu de l'Amour. Va le voir, et demande-lui d'interrompre les Parques et la mission de Thanatos, qu'il lui stoppe le bras. S'il veut savoir pourquoi, dis lui que c'est vital pour moi et que c'est en paiement de sa dette. Il comprendra.

- Bon, tu as l'air décidé et déterminé, Naruto, dit Lee. Je vais y aller de ce pas. Souhaitez-moi bonne chance.

- Bonne chance," lui crièrent tous en coeur ses comparses.

Ces derniers le virent donc disparaître dans le même nuage que lors de son arrivée. Ils se tournèrent vers la vitre et observèrent ainsi les événements qui allaient suivre. Ils purent ainsi assister à l'affection d'une épouse et mère éplorée et de l'entrée des autres habitants qui étaient encore un instant plus tôt endormis et qui furent réveiller par le cri désespéré de Tsume. Les dieux prièrent pour que Lee arrive à temps quand ils constatèrent que Thanatos s'approchait encore plus de Senji et s'apprêtait à lever la main au-dessus de lui.

A l'Olympe, Saï se leva et demanda à son tour au miroir de Vérité de stopper la visualisation des événements de cette matinée. Tous se tournèrent vers lui pour en connaître la raison. Il s'adressa alors à l'assemblée.

"- Je pense qu'il est nécessaire de faire appel à quelqu'un d'autre pour connaître le déroulement de ce qui va suivre. En effet, le miroir ne peut le lire au travers du sang de Tenten puisqu'elle était occupée ailleurs, dans l'attente de Lee.

- Tu fais bien de nous le faire remarquer, Saï, remarqua Jiraya. Lee, es-tu prêt à de livrer au miroir de Vérité ?

- Si c'est votre souhait, je m'y plierai, accepta ce dernier.

- Très bien, alors va et prend la place de Tenten," lui ordonna poliment le dieu des Dieux.

Le messager des Dieux se leva et s'avança vers l'artefact, dignement. Il fixa Sakura du regard durant son avancement, s'arrêtant quelques instants. Cette dernière en fut intriguée car elle y lisait de la compassion à son égard mais aussi de la consternation et de la déception. Elle avait toujours su que Lee avait un faible pour elle mais elle l'avait repoussé maintes et maintes fois. Cela n'avait jamais empêché ce rapide coursier de lui trouver sans arrêt une excuse et de la soutenir. Cependant, là, c'était différent. La déesse de la Sagesse avait l'impression de perdre son plus fervent admirateur. Elle le snoba en détournant les yeux. Cela lui était complètement égal et ne le regardait pas de toute manière. Tant qu'elle avait ses amies et Ino, alors perdre Lee n'avait aucune importance.

Ce dernier souffla, se résignant à revoir son jugement sur celle qu'il pensait aimer. Il était maintenant conscient qu'il l'avait trop idéalisée. Gaï, étant son confident et conscient de l'état d'esprit de son meilleur ami, lui posa une main sur l'épaule pour le ramener à la réalité. Il dit doucement à l'oreille.

"- Je suis désolé Lee que tes espoirs te soient ainsi détruits. Il vaut mieux pour ton propre bonheur que tes illusions se brisent maintenant qu'après qu'elle ait joué avec tes sentiments, comme elle aimait tant le faire du temps où Kaguya était encore des nôtres.

- Tu as raison mais cela fait tout de même mal, reconnut Lee. Elle n'était pas faite pour moi, visiblement. Trop égoïste qu'elle est.

- Je sais, mon ami. Courage, je suis sur qu'un jour, ton coeur s'ouvrira et se nourrira d'un véritable amour. Il est parfois plus prêt que nous le pensons. Il faut savoir où regarder, lui conseilla Gaï.

- Peut-être. Je devrai demander à Naruto de me frapper d'une de ses flèches pour me le déverrouiller et me nettoyer les yeux de mes illusions, essaya de plaisanter le messager des Dieux.

- Tu as raison de le prendre comme ça. Allez va, tout le monde t'attend, l'encouragea l'inventeur de la flûte de Pan.

- Merci Gaï", le remercia Lee.

Ce dernier continua sa route pendant que son meilleur ami se réinstalla à sa place en jetant un discret coup d'oeil dans les rangs des Naïades. Au milieu d'elles, son regard fixa une jeune femme aux cheveux embruns. Elle faisait son possible pour être discrète, essayant de se faire toute petite. Elle y arrivait tellement bien que parfois ses compagnes l'oubliaient complètement et quotidiennement. Cependant, depuis que Jiraya avait invité Lee à rejoindre le centre de la pièce, elle avait joué des pieds et des mains pour se trouver au premier rang, afin de mieux l'apercevoir. Son regard, habituellement baissé, était levé et brillait avec ardeur. Elle ne quittait plus des yeux la silhouette du coursier aux sandales ailées.

Cette jeune naïade portait le nom de Lara. Elle était la gardienne de l'Almon, ruisseau qui se jette dans le Tibre, au-dessus de Rome. Elle était profondément honnête et servait parfois Tsunade, lui révélant les mauvais dessins de certaines Nymphes voulant séduire son époux. Le plus important pour Gaï, c'était qu'elle nourrissait un amour secret à l'égard de Lee. Il l'avait souvent vue l'espionner et se désoler de le voir poursuivre Sakura de ses assiduités sans espoir de retour. Elle ne s'était jamais déclarée de peur d'être rejetée et étant certaine qu'il ne pourrait jamais s'intéresser à elle, se jugeant trop inférieure à la déesse en grâce et en beauté. Le dieu aux jambes de bouc était maintenant certain que Lara avait une petite chance et se promit de l'y aider pour le bonheur de son camarade.

Surtout qu'elle n'était pas une inconnue pour Lee. Plus d'une fois, lors de leurs escapades, elle les accompagnait, un panier garni de délicieuses gourmandises. Son tempérament calme, discret et attentionné envers lui avait l'avantage de donner à Lee l'impression d'être important aux yeux de quelqu'un. Cependant, pour le moment, il ne la voyait que comme une amie chère à son coeur. Plus pour longtemps se dit Gaï qui n'était pas le seul à observer la naïade. Naruto, également, avait ressenti une vague d'espoir amoureux provenir de ce petit bout de femme. Il l'avait regardée et suivant la direction de ses yeux, sourit quand il identifia à qui était destiné ses plus doux sentiments. Il allait devoir se transformer en entremetteur une nouvelle fois. Pendant tout ce temps, Tenten était en pleine discussion intérieure avec le miroir de Vérité.

"- Je te remercie d'avoir tenu ta promesse. C'est à mon tour de tenir la mienne. A partir de maintenant, je te tiendrai informer du parcours de la Lune et de l'emplacement où elle se présentera à toi dans toute sa splendeur.

- Ce fut un plaisir, soyez en sur.

- Ce soir, tiens-toi dans les eaux de la mer Méditerranée. Elle y apparaîtra, l'informa la déesse de la Chasse.

- Veuillez recevoir mes plus grands remerciements."

A la fin de ce dialogue insoupçonné de tous, le dieu de l'Amour reporta toute son attention vers le centre de la pièce où était arrivé Lee. Ce dernier prit donc la place de Tenten et se tailladant la paume de la main, la posa sur la surface de l'artefact. Tout comme pour sa camarade, ce dernier prit la forme de Lee et lit en son âme. Il y vit sa récente tristesse mais également une silhouette féminine s'y dessiner. Il s'adressa à lui en pensée.

"- Dieu Lee, je vois ton coeur brisé mais soit sur d'une chose, tous tes espoirs ne sont pas perdus. Il faut juste que tu saches où poser ton regard et ton coeur.

- Je... je te remercie, ne sut pas trop quoi lui répondre celui-ci, surpris par son intervention. On vient de m'en faire la remarque à l'instant. Cependant, je ne suis pas là pour mes problèmes sentimentaux.

- Je le sais", finit le miroir de Vérité.

Ce dernier se mit alors à briller une énième fois et offrit à la vision de toute l'assemblée la suite des événements de cette matinée de mariage. Pendant que Naruto et ses compagnons patientaient en observant la tristesse et le désespoir qui se jouaient devant leurs yeux, Lee arrivait à sa destination en quelques secondes. Il se trouvait devant un immense palais aussi majestueux qu'impressionnant. Il allait y entrer quand une voix l'interpella.

"- Lee, qu'est-ce que tu fais là ? C'est Jiraya qui t'envoie. Il veut quelque chose.

- Salut, salua en retour le messager des Dieux. Non, je porte une requête de Naruto. Il a une faveur à réclamer auprès du maître des lieux.

- Mais, c'est qu'il n'est pas présent en son palais.

- Mince, et où est-il ? C'est assez urgent, dit embêté Lee.

- Il est parti inspecter un truc bizarre. Viens, je vais t'y conduire.

- Ok, mais je te porte car il me faut faire preuve de vitesse dans ma mission. Je me suis mis au défi d'y arriver en moins de cinq minutes, affirma le messager.

- Bon, si tu y tiens mais je sens que je vais avoir la nausée."

Lee se baissa et laissa son interlocuteur monter sur son dos. Celui-ci, bien qu'un peu réticent, s'installa et ferma les yeux pour faire face à la vitesse légendaire de son porteur. Ce dernier se concentra et s'élança en suivant les directives de son ami. Il mit à peine une minute pour parcourir la distance. Son fardeau descendit en chancelant et en mettant sa main devant la bouche. Des hauts de coeur le prirent violemment. Il se trouva rapidement un buisson et se vida l'estomac de tout son contenu. Pendant ce temps, Lee leva les yeux devant des murailles aussi hautes que les montagnes et aussi épaisses que le détroit de Gibraltar. Une porte noire aussi grande et large lui faisait face. Elle contenait des barres en orichalque au diamètre équivalent à celui d'un chêne centenaire et séparées entre elles d'un mètre sur toute sa longueur. Ces dernières la traversaient sur toute sa largeur, maintenant fermé le seul accès à la zone.

Trois serrures se trouvaient en son centre et étaient reliées entre elles par un chemin fait d'or et d'argent. Elles avaient des formes particulières. La plus haute était sous la forme d'un éclair de foudre et la plus basse en forme de trident. La plus centrale possédait un aspect particulier. Cela ressemblait à une feuille en forme de spirale. Le messager des Dieux dut se secouer la tête pour se détacher de ce monument et se concentrer sur sa mission. Devant la porte, se trouvait une silhouette recouverte d'un manteau noir aux broderies d'or. Elle semblait analyser chaque parcelle des murailles en quête d'une quelconque faille et de les garder contre une éventuelle fuite des occupants des terres sombres se trouvant derrière. Lee allait s'avancer vers elle quand sa voix grave et solennelle l'interpella le faisant frisonner.

"- Que fais-tu ici, Lee ?

- Je viens de la part de Naruto.

- Naruto ? Demanda le gardien, en tournant quelque peu sa tête vers lui, intrigué. Et que veux-t-il ?

- Il souhaite que tu stoppes les Parques et la main de Thanatos afin de sauver un mortel de la mort et cela dans les plus brefs délais..., en fait maintenant, l'informa Lee.

- Et pourquoi dois-je aller à l'encontre du devoir du dieu de la Mort et des tisseuses du fil de vie et du destin des Mortels ? Il est de ma responsabilité qu'ils exercent leur fonction sans favoritisme et avec impartialité. J'en suis le seul juge.

- Naruto savait que tu allais dire ça. Il m'a chargé de te répondre ceci. Je cite : dis lui que c'est vital pour moi et que c'est en paiement de sa dette. Il a ajouté que tu comprendrais.

- Je vois," affirma son interlocuteur en réfléchissant un instant tout en regardant de nouveau l'immense porte.

Semblant comprendre la situation bien mieux que Lee et présentant du caractère vital de cette affaire, ainsi que de sa dangerosité potentielle, une décision fut prise.

"- Très bien. Rejoints Naruto et informe-le que j'en m'en occupe dans la seconde.

- Ce sera fait. Je te salue."

Satisfait d'avoir réussi sa mission, le messager des Dieux se concentra et disparut après sa salutation dans un nuage de fumée. Il arriva de nouveau sous sa forme de tortue auprès de ses camarades, toujours postés sur le rebord de la fenêtre de la villa romaine. Il y fit une entrée si inattendue que Tenten en sursauta de peur sous sa forme de mangouste. La surprise passée et la réponse fournie, tous scrutèrent l'intérieur de la chambre où un homme était sur le point de rendre l'âme. A ce moment des souvenirs de Lee, à l'assemblée divine à l'Olympe, une divinité se leva et s'avança jusqu'au centre de la pièce.

"- Dieux et déesses, Il est maintenant nécessaire que je vous raconte ce qu'il s'est passé après que notre cher messager m'ait transmis la requête de Naruto."

A cette parole, le miroir de Vérité se matérialisa sous la forme de Lee et interpella Jiraya.

"- Dieu des Dieux, j'aimerai que vous m'accordiez une faveur.

- Quelle est-elle ? L'encouragea ce dernier.

- Tout comme il m'est impossible de sonder votre âme, je ne peux le faire avec cette autre qui a vécu depuis si longtemps et qui est rempli d'images aussi heureuses que tortueuses. Je risque d'être atteint de folie si vous m'obligiez à m'y plonger. De plus, ce serait un manque de respect envers la parole de ce haut dieu.

- C'est tout à fait ton droit et compréhensif. Qu'il en soit ainsi, accepta Jiraya. De toute manière, jamais je ne l'aurai exigé. Nous avons tous confiance en sa franchise et en son honnêteté."

Tous les dieux et la population divine acquiescèrent. Toutes pas vraiment. Une déesse aux cheveux roses aurait bien voulu protester mais le regard sombre du nouveau intervenant la figea, lui faisant comprendre que le moindre défi de sa part sera lourdement sanctionné. Elle détourna les yeux et vit que Jiraya et Tsunade la fixaient aussi, comme s'ils attendaient de voir si elle allait oser quelque chose. A leur grand soulagement, elle n'en fit rien, semblant avoir compris la leçon. Tous se concentrèrent sur la personne debout en face d'eux dans une attitude altière et noble.

"- Je vais donc vous narrer mon intervention dans cette affaire. Après que Lee soit parti rejoindre Naruto, j'ai quitté ma tâche prenant la direction de mon palais. Là, j'y ai trouvé une aide. Je lui ais assignée la mission d'aller arrêter le bras de Thanatos en mon nom, l'armant de toute mon autorité. Pour ma part, je me suis occupée des Parques."

En effet, alors que Thanatos exerçait son devoir, dans un palais où les destinées des Mortels étaient gravées sur le fer et l'airain, les trois déesses maîtresses de leur sort n'avaient de cesse de veiller sur le destin et sur le mouvement des sphères célestes. La benjamine nommée Clotho signifiant filer, tenait le fil des destinées humaines. Lachésis qui veut dire action de tirer au sort, la cadette, lui prenait ce filament, ainsi préparé par sa soeur, pour le mettre sur le fuseau. Pendant que ces deux divinités s'affairaient, elles n'arrivaient pas à se retenir de rire. En effet, devant elle, leur aînée, répondant au nom d'Atropos, c'est-à-dire inflexible, s'acharnait sur un fil de vie récalcitrant alors qu'elle était armée de ses cisailles d'orichalque. A son grand étonnement, ce dernier résistait et l'obligeait à le couper fibre après fibre.

Clotho et Lachéris interrompirent soudainement leur ricanement. En effet, leurs oreilles avaient perçu des bruits de pas qui leur semblaient menaçants et déterminés. Elles virent une silhouette apparaître de toute sa hauteur et dans toute sa splendeur. Reconnaissant leur visiteur, les deux soeurs se levèrent et s'inclinèrent le saluant avec le respect que son rang exigeait. Malheureusement, Atropos était trop concentrée sur le fil qu'elle essayait de trancher. Elle ne se rendit compte de rien. Alors qu'elle était sur le point de couper le dernier lien qui retenait le mortel concerné à la vie, elle fut interrompue par une voix grave et sévère.

"- Arrête ton entreprise ! Je t'interdis de trancher ce fil de vie !

- Dieu Saï, cria presque l'aîné des Parques, tellement surprise qu'elle en lâcha ses cisailles qui tombèrent au sol. Que faites-vous ici et pourquoi m'ordonnez-vous cela ?

- Que t'importe mes raisons. Obéis à mes ordres, haussa le ton le souverain infernal, sentant la colère montée.

- Mais, je me dois de couper ce fil. C'est mon devoir. Je ne peux vous y obéir, le contredit-elle en ramassant son instrument. Et puis, Thanatos est déjà en chemin. S'il absorbe l'âme de ce mortel sans que j'aie coupé son fil de vie, il risque d'errer entre la vie et la mort jusqu'à ce que ce dernier se désagrège au fil des ans.

- Ne te préoccupe pas du dieu de la Mort. Je m'en suis assuré. Maintenant, abaissent tes cisailles. C'est un ordre !

- Mais... Tenta Atropos en menaçant encore le fil.

- Tu oses contredire ton seigneur, vociféra Saï, furieux de se voir ainsi défier. Je suis le maître des Enfers. C'est moi qui décide qui doit vivre et qui doit mourir."

L'atmosphère de la pièce se fit plus lourde et sombre. L'aura du souverain infernal s'intensifia au point que ses yeux se remplirent de noirceur. Les Parques tremblèrent de crainte. Les deux plus jeunes supplièrent du regard leur soeur de s'excuser et d'obéir à l'ordre donné.

"- Je... je vous prie de me pardonner. Votre demande m'a juste étonnée au plus au point. Je vais donc m'exécuter...Puis-je en connaître la raison ?

- Cela ne te concerne en rien. L'ignorance sera ta punition pour avoir mis en doute mon autorité, affirma Saï alors qu'il faisait volte face.

Alors qu'il allait franchir la sortie, il s'adressa une dernière fois aux Parques.

"- Je dois m'absenter pour le mariage de Gaara et Matsuri. Ne t'avise pas de profiter de mon absence pour reprendre cette besogne. Je le saurai... Si tu as tout de même cette audace, la terre se trouvant derrière la muraille des Tartares sera votre nouvelle demeure à toutes les trois pour un temps indéterminé. Me suis-je bien fait comprendre ?

- Tout à fait", firent les Parques, tremblantes.

Satisfait, Saï reprit sa marche et disparut dès la porte d'entrée passée.

C'est ainsi que le dieu des Enfers finit de narrer son action. Un silence envahit l'assemblée qui se questionnait sur la nature de la dette dont parlait Naruto et qui avait poussé leur souverain infernal a lui accordé sa faveur. Des murmures se firent soudainement entendre, interrompus par la voix de Jiraya. Ayant enfin obtenu le calme, le dieu des Dieux, levant le bras, quémanda au miroir de Vérité de reprendre les souvenirs de Lee. Ce qu'il ordonna fut promptement mené et les divinités purent alors assister à la suite.

Dans la pièce de la villa romaine, invisible à tous les regards des mortels, le dieu de la mort venait de s'approcher du corps de Senji. Il tendit le bras au dessus de lui, sa main au niveau du visage. Un halo y apparu. Une lumière commença alors à s'échapper des yeux et de la bouche de l'homme agonisant formant une sphère au milieu de sa paume. Son âme était entrain de lui être retirée. Le rituel allait aboutir à sa fin, quand une main fine se posa sur la sienne, stoppant soudainement son action. Le halo disparut et l'attraction de la vie s'interrompit. La sphère formée la seconde d'avant se dirigea vers le front de l'Inuzuka pour s'y faire absorber. L'âme reprit sa place, donnant un nouveau répit au mourant.

"- Déesse Ino, que faites-vous ? Quémanda Thanatos, ne s'attendant pas qu'une personne interfère dans ses fonctions.

- Ce mortel n'est plus sur ta liste. Mon époux, le dieu Saï, ton suzerain, t'ordonne de rentrer aux Enfers ou à poursuivre ta mission mais ailleurs. Ce mortel est sous notre protection.

-Je me dois d'accomplir mon devoir, vociféra le dieu de la Mort en se dégageant de l'emprise de sa suzeraine. Lâchez-moi !"

Son geste fut tellement prompt et brutal que la divinité du Printemps en fut déstabilisée et due mettre toutes ses forces pour éviter de tomber. Les Mortels ne pouvaient pas la voir. Son diadème, enrichi de l'aura de Saï, lui permettait un tel exploit. Cependant, un meuble bousculé comme par magie risquerait de les interpeller. Thanatos allait reprendre sa besogne qu'il se sentit de nouveau arrêter. Ino lui avait posé une main sur l'épaule le forçant à lui faire face. La Mort vit alors la déesse affichant la plus vive colère, la pierre de sa tiare brillant de mille feux.

"- Comment oses-tu me bousculer ainsi, moi, ta souveraine ? Tu me dois le respect et je t'interdis d'aller à l'encontre de l'autorité de ton maître et de la mienne. Ne touche pas à ce mortel ou tu devras en répondre.

- Je ne...

- Tais-toi ! Tu n'as pas le droit à la parole ! Le dieu Saï m'a instaurée de ses prérogatives et tu te dois de m'obéir, vociféra Ino en s'approchant de son oreille. A moins que tu veuilles que j'informe mon époux de ton geste à mon égard. Je peux aussi lui apprenne qu'hier encore, tu m'as fait subir tes avances et ton désir de me mettre dans ta couche. Je suis sure que cela l'intéressa grandement."

A cette menace, Thanatos blanchit ne voulant pas s'imaginer les multiples tortures que le dieu des Enfers pourrait lui faire endurer. Il bégaya peu sur de lui.

"- Je... Je vous présente mes excuses pour mes impertinences... Cela ne se reproduira plus... Je vous obéis donc.

- Tu fais bien. Maintenant, va.

- Mes respects, déesse Ino, salua Thanotos.

- Ah une dernière chose. Fais-toi oublier pendant quelques temps," lui conseilla la déesse du Printemps.

Le dieu de la Mort s'inclina une dernière fois devant elle avant de disparaître dans une nuée. Ce qu'elle ne put savoir, c'était qu'il n'avait jamais voulu en rester là. Se faire oublier, non. Il avait été humilié encore une fois et tenait à faire entendre ses droits et ses revendications, quitte à le faire auprès de Jiraya. Ino sourit en direction de la fenêtre observant ses comparses métamorphosées installés derrière. Elle se volatilisa ensuite dans un nuage de pétale de fleurs. L'épouse de Saï le rejoignit finalement sur une branche d'un arbre du jardin prenant la forme d'une hirondelle, alors que lui se présenta à elle en corbeau.

A l'Olympe, les divinités attendaient la suite quand soudain la surface du miroir de Vérité se troubla très fortement. Il se mit à grincer alors que le sol commençait à trembler sous leur banc. Le temple, où l'assemblée divine se trouvait, était secoué de fortes secousses. L'air se fit brûlant et oppressant alors que la lumière disparaissait pour laisser place à l'obscurité. Jiraya et Suigetsu se tournèrent d'une seule tête vers la source de ce bouleversement. Les deux dieux souverains virent leur frère entouré d'une aura noire comme la nuit, le regard aussi sombre que de l'encre, les incisives sorties tel des crocs et ses ongles aussi crochus que ceux d'un aigle. Il était dans une colère monstrueuse, même Ino n'arrivait pas à le calmer malgré ses suppliques. Saï se leva et toisa une divinité recourbée sur elle-même, le visage dirigé vers le sol alors que son regard jetait, par alternance, des coups d'oeil vers lui.

"- THANATOS !

- ... essaya de parler le concerné mais Saï ne lui avait pas rendu sa capacité à parler. Il était suppliant, essayant de lui faire comprendre qu'il était désolé de son attitude envers Ino.

- TU AS OSE LEVER LA MAIN SUR MON EPOUSE, D'AVOIR MIS EN DOUTE MON AUTORITE ET DEUX FOIS DE SUITE. EN PLUS DE CA, J'APPRENDS QUE TU LUI IMPOSES DES GESTES OBCSENES DESIRANT LUI FAIRE OUTRAGE... TU VAS ME LE PAYER."

Saï leva la main et fit apparaître ses flammes noires. Ces dernières entourèrent Thanatos qui tentait toujours de plaider sa cause, en vain. Il voyait l'instrument de sa destruction s'approcher petit à petit de lui. Il sentait déjà la chaleur lui brûler la peau.

"- Je vais te faire souffrir, Thanatos, sourit sadiquement Saï presque en transe. Petit à petit.

- Saï, calme-toi. Tu feras subir ton courroux à Thanatos mais pas maintenant, tenta Jiraya, une main sur son épaule.

- Je refuse. Il va regretter d'avoir posé ses mains sur Ino. Il doit répondre de ses actes, le contredit son frère, d'une voix rogue, sortant d'autre tombe.

- Et il y répondra mais là nous avons besoin que tu retrouves ta lucidité, insista le dieu des Dieux. Nous avons bien vu que Thanatos a manqué de respect à Ino et qu'il a osé faire abstraction de ton autorité en voulant te désobéir et se mettre sous ma protection. Thanatos est condamnable et nous sommes tous d'accord là-dessus. Il ne pourra pas se soustraire à ta justice."

Voyant que le discours de Jiraya n'avait pas l'effet escompté, Ino se leva et enlaça son époux par derrière. Elle essaya à son tour de le calmer.

"- Saï, laisse-le. Ce serait une façon bien douce de l'envoyer dans son sommeil éternel. Il ne répondra de ses actes qu'un instant. Je sais que tu possèdes des moyens plus percutants et durables pour les lui faire regretter pendant les siècles à venir.

- Ino, pourquoi tu m'en as pas parlée, la questionna Saï, sourd à ses paroles.

- Car je ne voulais pas t'ennuyer avec mes problèmes. Parce que je voulais te montrer que je pouvais m'en sortir sans ton aide, te montrer que je n'étais plus la femme apeurée par mes mauvais souvenirs. Et j'ai réussi. La veille de la requête de Naruto, Thanatos a profité de ton absence pour m'embrasser, pensant être irrésistible. Je l'ai humilié devant tous les Enfers en le repoussant de mon aura et en ordonnant à Akamaru de le courser pour qu'il tâte de ses crocs. Il a certainement voulu se venger en t'humiliant à son tour devant toutes les divinités. Il a pensé sans doute qu'en te mettant en porte à faux devant ton devoir, il tenait un moyen de se venger de moi, car ton humiliation serait aussi la mienne."

La déesse du Printemps lui avait tout avoué dans l'espoir qu'il reprenne son calme constatant qu'elle n'était plus une déesse faible. Malheureusement, les flammes se renforcèrent en intensité.

"- Il a osé t'embrasser, grinça-t-il des dents.

Voyant que son aveu n'avait pas eu l'effet escompté, Ino se dressa sur les pointes de pied et murmura à son oreille.

"- Saï, je ne suis plus la petite déesse apeurée. Et puis, j'ai besoin de mon merveilleux mari pour faire oublier à mon corps le toucher de ses mains sur mes fesses et de ses lèvres sur les miennes. Il n'y a que toi qui peut me laver de sa souillure par tes caresses et tes baisers, mais que si tu es rempli d'amour, de douceur et non de colère. Si tu te calmes, ce soir, je serai toute à toi, soumise à toi."

En finissant son discours, la souveraine infernale lui embrassa le cou le faisant frissonner. Cette perspective alléchante et le contact de son épouse dans son dos apportèrent un début d'apaisement à Saï. Ses dents reprirent leur forme originelle ainsi que ses ongles, mais ses yeux restèrent noirs. Les flammes continuaient à faire leur cheminement vers Thanatos qui les sentait presque sur lui.

"- C'est ce que tu veux, Ino ?

- Oui. Redeviens toi-même. Reviens à moi, mon souverain infernal, souffla-t-elle suavement.

- Bien, mais avant..., laisse moi te faire oublier un premier outrage. "

Le dieu Infernal se tourna promptement et lui captura les lèvres férocement alors que les autres divinités essayèrent d'apprécier la vue des murs. Même Jiraya, à la surprise de Tsunade, préféra la regarder plutôt qu'à reluquer son frère et sa belle épouse. Il affichait un petit sourire aguicheur à son encontre qui la fit rougir un instant. Elle avait l'impression d'être de nouveau désirée, la déstabilisant grandement. Pendant ce temps, l'embrassement cessa. Le couple des Enfers rompirent le baiser à bout de souffle. Il avait été d'une telle intensité qu'Ino avait du mal à reprendre ses esprits, à tel point que Saï dut la soutenir dans ses bras. Les yeux de ce dernier avait repris son apparence normale alors que la lumière revint et que l'atmosphère se fit moins lourde. Le dieu des Enfers s'adressa une dernière fois à Thanatos.

"- J'espère que tu as conscience que tu dois à ta souveraine la vie. Cependant, ne te réjouit pas trop vite car je n'en ai pas terminé avec toi. Nous réglerons nos comptes aux Enfers. Je te ferai regretter tes actes."

Là dessus, Saï reprit place sur son trône en compagnie de sa femme. Il leva la main et de par sa volonté, le dieu de la Mort fut envoyé dans la Prison des Enfers, en attendant son jugement. Ce dernier atterrit au fin fond d'une cellule, un géant comme voisin. Il avait la tête basse, penaud, se maudissant d'avoir écouté ses plus bas instincts et d'avoir voulu ajouter Ino à son tableau de chasse.