Salut ! ^^'
Je suis encore en retard, honte à moi... et là, je n'ai aucune excuse. J'ai simplement et bêtement oublié de publier... Mais je vais mettre en place une stratégie pour être plus fiable, je vous le promets ! Je vais m'arranger pour ne plus oublier. ^^'
Merci à Chocomy, Rinku13, Destrange, Harryliada, Zeugma412, Flopette, Petite-Licorne-Arc-en-Ciel, Noumea et Suchi-story pour vos gentilles reviews.
(L'univers et les personnages appartiennent à JK Rowling)
Bonne lecture ! :)
Chapitre 6 ― Chaleurs et persuasions
La cloche sonna et tous les élèves se pressèrent de sortir de la serre encombrée de plantes.
― Et n'oubliez pas de me faire un rapport complet sur la culture de la mandragore ! s'écria Pomona de sa grosse voix d'homme à travers le brouhaha. Je veux ça pour mercredi prochain !
Lorsque le dernier élève quitta les lieux et que le silence retomba, Pomona essuya ses mains maculées de terre sur la redingote noire de Rogue, replaça pour la énième fois sa virilité dans le pantalon et s'affaira à ranger les pots de mandragore sur les étagères.
Le cours s'était plutôt bien passé. Comme elle s'était présentée comme un remplaçant, les élèves avaient manifestement espéré travailler moins dur. Mais ça n'avait pas été le cas. Ils avaient été surpris de constater que le remplaçant possédait tous les talents, l'autorité et le dynamisme de leur professeur régulier. Neville Londubat lui avait même demandé si elle n'était pas son propre frère, ce qui l'avait fait rire.
Une fois que tout fut nettoyé, elle quitta la serre et traversa la cour ensoleillée en direction du château. Rolanda lui avait donné rendez-vous à son bureau pour discuter d'un plan. Il fallait retrouver le coupable du maléfice. Et Pomona avait maintenant sa petite idée quant à son identité...
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Minerva entra en trombe dans son bureau avant de refermer la porte en s'y adossant, haletante. Il en avait fallu de peu pour qu'elle rajeunisse devant tous les élèves dans les couloirs. De plus, son bas-ventre avait recommencé à s'échauffer. Avec un gémissement, elle porta la main entre ses jambes et pressa son sexe à travers sa robe, provoquant ainsi un éclair de plaisir. Elle respira plus fort, la bouche entrouverte. C'en était trop. Il fallait qu'elle se soulage maintenant.
Fébrile, elle rejoignit son bureau et s'y laissa tomber sur la chaise. Elle remonta sa longue robe doublée de jupons, écarta ses jeunes jambes fines et plongea la main dans sa culotte mouillée. La sensation de ses doigts à cet endroit brûlant lui fut si exquise qu'elle rejeta la tête en arrière par-dessus le dossier.
― Oh par Merlin..., soupira-t-elle.
Elle posa un pied sur le bureau, renversant l'encrier et la plume, et s'abandonna à ses divines caresses. Ses doigts mouillés patinaient aisément sur son sexe, l'émoustillant. C'était si bon qu'elle laissa échapper de petits cris.
Comme le plaisir se prolongeait, elle pensa à Severus Rogue et à sa haute stature drapée de noir. Dans son imagination, il ressemblait à un véritable dieu de la séduction. Debout près d'elle, confiant, les yeux étincelants, le visage impassible sous de longs cheveux dont quelques mèches retombaient sur son front, il portait ses doigts effilés à sa redingote et en détachait les boutons un à un, avec des gestes précis et habiles.
Minerva haleta plus fort tandis qu'un courant électrique courait sous sa peau. Elle était déjà au bord de l'orgasme. De l'autre main, elle tira sur son collet, l'ouvrant de force pour pouvoir se caresser la poitrine. Rogue, dans son fantasme, se débarrassait de sa chemise en lui dévoilant un délicieux torse rebondi d'abdominaux. Pendant qu'il s'attaquait maintenant à sa ceinture sans la quitter des yeux, elle chercha l'entrée de ses chairs avec précaution pour ne pas se blesser d'un ongle, puis y plongea lentement deux doigts en imaginant une divine érection. L'extase fut si intense qu'il lui arracha un hurlement.
Soudain, elle prit conscience qu'elle n'avait pas soumis sa porte au sort d'insonorité et que quelqu'un pouvait l'entendre dans le couloir. Aussitôt, elle se tut en serrant les dents. Il fallait y remédier, mais elle n'avait pas envie d'interrompre son plaisir pour sortir sa baguette.
Ses doigts enfoncés dans le fond de sa chaude cavité lui soulevaient des vagues de sensations enivrantes. Sans pouvoir y résister, elle entama des va-et-vient en imaginant Rogue en train de lui faire l'amour sur la chaise. Elle se remit à gémir, mais tout bas, remuant le bassin contre sa paume, l'autre main crispée sur un sein. Le plaisir remonta en flèche dans son ventre, embrasant tout son corps, jusqu'à ce que les spasmes la contractèrent. La jouissance explosa enfin et les hurlements lui échappèrent avant même qu'elle prenne conscience que sa bouche s'était rouverte toute grande.
Elle émergea de l'orgasme en sueur, le souffle court, la gorge sèche et les doigts gluants de sa mouille. Il lui fallut un moment avant de retrouver ses esprits. Épuisée, elle se redressa sur sa chaise en rabattant sa robe sur ses jambes et en essuyant ses doigts au passage. Elle enleva ses lunettes qu'elle jeta près de l'encrier renversé, puis se laissa tomber en avant sur son bureau, les mains dans le visage.
Dans le silence qui s'ensuivit, elle écouta distraitement les tic-tac de l'horloge, tout en se morigénant mentalement. Elle n'était pas fière de ce qui venait de se passer. Son éducation désapprouvait la masturbation, sans parler qu'il était scandaleux de fantasmer sur un homme infiniment plus jeune qu'elle. Comment avait-elle pu agir de façon aussi animale ? Elle croyait avoir tiré une croix définitive sur les plaisirs charnels depuis le décès d'Urquart Elphinstone.
Minerva soupira en faufilant les doigts dans ses cheveux, desserrant son chignon. De toute façon, pourquoi s'en faire ? Après tout, ce n'était pas de sa faute. C'était cette fichue potion ratée qui était responsable de la situation. Pourvu que Rogue achève l'antidote au plus vite.
Des coups retentirent à la porte et Minerva tressaillit en redressant la tête.
― Qui est-ce ? demanda-t-elle d'une voix forte.
― Weasley ! répondirent deux voix identiques dans le couloir.
Le sang de Minerva ne fit qu'un tour. Elle avait oublié leur retenue. Paniquée, elle s'empressa de refermer sa robe sur sa poitrine, quand la porte s'ouvrit déjà.
― Je ne vous ai pas permis d'entrer ! s'écria Minerva. Attendez !
Elle se leva en finissant de se rhabiller, prête à fuir derrière la porte de ses appartements, mais il était trop tard. Les jumeaux venaient d'entrer dans la pièce et la surprirent avec beaucoup de curiosité.
― Heu..., fit l'un en plissant les yeux, tandis qu'elle restait figée près de son bureau en s'attendant au pire. T'es qui, toi ?
― Où est le professeur McGonagall ? demanda l'autre qui jetait des coups d'œil autour. Tu es toute seule ?
Minerva demeura muette sans savoir quoi dire ni quoi faire. Au moins, ils ne l'avaient pas reconnue, ce qui la soulagea grandement. Elle n'aurait pas supporté leurs moqueries et que circulent ensuite parmi les élèves des rumeurs gênantes à son sujet. Mais tout n'était pas gagné. Ils pouvaient la reconnaître plus tard, d'un moment à l'autre. Il suffisait qu'ils approfondissent leur entretien.
Les jumeaux continuèrent à l'observer, un vague sourire espiègle sur les lèvres.
― On est venus faire notre retenue, expliqua l'un.
― On est punis pour aucune raison valable, poursuivit l'autre. Mais ce n'est pas grave, on a l'habitude. Je crois que c'est parce que le professeur McGonagall nous aime bien et qu'elle veut passer plus de temps avec nous.
Le premier ricana.
― Ouais, c'est ça, dit-il. On va donc s'installer là en l'attendant. Elle devrait arriver bientôt.
― Ce ne sera pas nécessaire, intervint Minerva tandis qu'ils se dirigeaient nonchalamment vers deux tables disposées dans le coin de la pièce. Le professeur McGonagall est occupée ce soir. Vous n'avez qu'à revenir demain à la même heure. Je lui dirai que vous êtes passés.
― Ha ha ! s'esclaffa un jumeau. Tu connais mal le professeur McGonagall. Elle refuse toujours de reporter ses retenues.
― Mais ce soir, c'est différent, insista Minerva. Soyez sans crainte, je vais m'arranger avec ça.
― Pourquoi ce soir c'est différent ?
Les jumeaux revinrent vers elle, intrigués.
― Est-ce que c'est en rapport avec ses problèmes dus à l'âge et à la fatigue ? Elle souffre encore depuis ce matin ?
Minerva avala sa salive. Décidément, elle voguait sur des eaux dangereuses. Elle eut alors une idée plus prudente.
― Vous avez raison, il vaudrait mieux que vous l'attendiez ici. Elle va bien, ne vous inquiétez pas. Juste un peu surchargée de travail. Je vais la chercher.
Ainsi, elle prendrait le temps de reboire de la potion de Vieillesse et se changer par la même occasion pour ne pas attirer les soupçons. Mais comme elle s'apprêtait à atteindre la porte de ses appartements, un jumeau la devança rapidement et lui bloqua le passage.
― Non, reste ! dit-il. Il n'y a rien qui presse. Faisons plutôt connaissance en l'attendant. Je m'appelle Fred.
― Et moi, c'est George, se présenta l'autre qui s'approcha également.
Ils lui serrèrent la main chacun leur tour, puis Fred enchaîna, amical :
― Et toi, c'est comment ?
― Je..., fit Minerva, prise de court. Je ferais mieux d'aller chercher le professeur Mc...
― Mais puisqu'on l'attend, ça va ! interrompit George. Je suis sûr qu'elle n'a pas oublié nos retenues. Elle viendra d'elle-même, fais-moi confiance. Tu t'appelles comment ?
Minerva comprit alors qu'elle allait devoir improviser et s'inventer rapidement un personnage. Elle ne voyait pas comment faire autrement pour se sortir de cette situation sans paraître trop louche. Tandis qu'elle fit fonctionner son cerveau à toute vitesse, elle essuya ses paumes moites sur sa robe froissée et repoussa une mèche de cheveux derrière son oreille, en s'apercevant par là que son chignon s'était à moitié défait. Ses lunettes étaient restées sur le bureau, la privant de sa vision détaillée. Les taches de rousseurs sur le nez des jumeaux s'embrouillaient.
― Eh bah, alors ? la pressa Fred qui s'impatientait.
― Je m'appelle Cassandra, répondit enfin Minerva, en décidant à la dernière minute d'emprunter l'identité de la plus jeune de ses nièces. Je suis venue cet après-midi pour rendre visite à ma tante. Je ne la vois pas souvent.
― Ah, le professeur McGonagall est ta tante ! s'exclama Fred.
― C'est donc ça la petite ressemblance, ajouta George, tout aussi fasciné. C'est drôle comme vous partagez le même style.
― Sauf le chignon, fit remarquer Fred. Je préfère le tien, il fait plus relâché. Moins strict. Plus joli.
Il lui adressa un clin d'œil qui provoqua un frisson dans le dos de Minerva.
― Merci, dit-elle sèchement. Maintenant, excusez-moi, mais je dois partir.
― Mais on commence à peine à faire connaissance ! protesta George.
― Reste encore un peu, du moins jusqu'à ce que ta tante revienne.
― Tu as quel âge ? Tu vas encore à l'école ?
Minerva pinça les lèvres. Comment allait-elle se débarrasser d'eux ? Le professeur McGonagall ne pourrait jamais venir si elle ne quittait pas ce bureau.
― J'ai dix-huit ans, répondit-elle au hasard, s'efforçant de rester calme et patiente. J'ai terminé l'école.
― Wouaoh ! s'exclama Fred, étrangement envieux.
― Tu as de la chance d'être majeure, expliqua George. Nous, on ne l'est pas encore et c'est injuste, parce que notre anniversaire est dans sept mois seulement.
― Et alors ? répliqua Minerva en fronçant les sourcils.
― Et alors on ne pourra pas participer au Tournoi des Trois Sorciers !
― Ah...
Elle venait de comprendre la raison de leur obsession de l'âge. Elle aurait dû s'en douter. Ils avaient manifesté beaucoup d'indignation lors du banquet de début d'année quand Dumbledore avait annoncé l'évènement.
― C'est malheureux, en effet, dit-elle froidement. De toute façon, on dit que les tâches à accomplir dans ce tournoi sont assez dangereuses.
― On les aurait affrontées sans problème ! affirma Fred qui alla s'asseoir sur le bord du bureau. Dix mille Gallions, tout de même !
― Ce n'est pas rien ! acheva George en se croisant les bras.
Fred ramassa l'encrier renversé, dégoulinant d'encre, et le reposa debout parmi les papiers éparpillés.
― Dis donc, fit-il en inspectant le désordre. Qu'est-ce qui s'est passé ici ? On dirait que des boursoufs sont passés en groupe par ici. D'habitude, le professeur McGonagall est plus rangée que ça.
― C'est moi qui ai fait ça, s'empressa d'expliquer Minerva en revenant vers le bureau. J'ai fait tomber l'encrier sans faire exprès. J'allais tout nettoyer quand vous êtes arrivés.
Les gestes nerveux, elle s'affaira à rassembler les papiers et à éloigner la plume et ses lunettes de la flaque d'encre. Elle n'osait pas utiliser sa baguette de peur que les jumeaux reconnaissent celle de leur professeur. Pendant qu'elle feignait la chercher dans ses poches, les jumeaux l'observaient de nouveau avec ce sourire espiègle qu'elle détestait tant. Elle les connaissait trop bien pour savoir qu'ils cachaient quelque chose. Qu'avaient-ils derrière la tête ? Avaient-ils déjà découvert sa véritable identité ?
― Quoi ? demanda-t-elle après un moment, n'y tenant plus. Qu'est-ce qu'il y a ?
Les jumeaux échangèrent un regard complice.
― Rien, répondit Fred en ramassant la plume maculée. On fait juste se demander comment tu as renversé l'encrier.
― J'ai tendu la main trop vite en voulant me saisir de la plume, se justifia Minerva d'un ton abrupt.
― Et les papiers ?
Minerva réfléchit en cherchant rapidement une explication crédible. Finalement, elle leur jeta sèchement :
― En quoi cela vous regarde-t-il ?
― En rien, bien sûr, dit George, désinvolte, avant de contourner le bureau pour s'approcher d'elle. C'est juste que...
―... quand on est arrivés devant la porte tout à l'heure..., continua Fred.
―... eh bien, tu semblais avoir beaucoup de plaisir..., acheva George qui lui décocha un regard ardent.
Minerva voulut instantanément disparaître sur place, si bien qu'elle dut se faire violence pour ne pas se métamorphoser en chat et courir se cacher sous un meuble.
― Vous... vous avez entendu... ? balbutia-t-elle d'une voix faible.
Les jumeaux échangèrent un nouveau regard amusé.
― On croyait que c'était le professeur McGonagall, dit Fred.
― Mais en fait, on se trompait, dit George.
― Il nous semblait bien que le professeur McGonagall n'aurait jamais...
― Non ! approuva nerveusement Minerva. Effectivement, le professeur McGonagall a plus de retenue que ça !
― Alors c'était toi, hein ? Toute seule ?
George continuait de la regarder avec des yeux qui lui réanimaient les sensations de chaleurs dans le ventre. Minerva demeura statique, sans savoir quoi dire, pendant que son sexe, malgré elle, s'embrasait et détrempait à nouveau sa culotte.
― C'est toi, mais tu n'oses pas le dire, dit Fred, assis sur le bureau, qui la fixait aussi avec intensité.
― Ce n'est pas grave, on comprend, rassura George. Mais sache qu'on trouve ça plutôt... excitant...
Il mit alors la main sur l'épaule de Minerva qui tressaillit comme s'il lui avait appliqué un fer brûlant. Elle retomba sur la chaise, les regardant d'un air impuissant, sans chercher à les contredire. Après tout, en admettant que ce soit Cassandra qui s'était livrée à une telle débauche, elle sauvait la réputation du professeur McGonagall. C'était mieux ainsi.
Sauf que maintenant, les deux élèves la dévoraient des yeux comme deux bêtes affamées...
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Pomona s'approchait du bureau de Rolanda lorsqu'elle vit le professeur Maugrey en sortir. Il la fixa un bref moment de son œil magique, referma son lourd manteau sur son ventre et s'éloigna dans le couloir sans un mot, sa longue crinière gris sombre se balançant au rythme de sa démarche chaloupée. Les claquements sourds et réguliers de sa jambe de bois résonnaient entre les murs. Pomona éprouva de désagréables picotements dans la nuque. Qu'est-ce qu'il était venu faire chez Rolanda ?
Lorsqu'elle entra dans la pièce tapissée d'affiches de Quidditch, Rolanda était debout près du bureau, en train de reboutonner sa robe sur sa poitrine. Ses joues étaient rouges et sa respiration précipitée. Il ne faisait nul doute que Maugrey avait mis ses sales mains sur elle. Pomona dut se faire violence pour ne pas exploser de colère.
― Qu'est-ce qu'il t'a fait ? demanda-t-elle en refermant la porte.
Rolanda eut un large sourire ému.
― Salut, Popo ! lança-t-elle. Comment était ton cours ?
― Il t'a touchée ? Vous n'avez quand même pas fait... enfin... fait ça ici ?
Rolanda s'appuya la hanche contre le bureau et se croisa les bras, les sourcils légèrement haussés au-dessus de ses yeux jaunes.
― Oui et alors ? répliqua-t-elle.
― C'est indécent ! Quelqu'un aurait pu vous surprendre !
― Il était de passage, je t'attendais d'une minute à l'autre, alors on a fait ça vite fait, sans bruit, avec la porte verrouillée. Je ne vois pas pourquoi ce serait indécent. Personne n'aurait pu nous surprendre.
― Mais moi, je vous ai surpris ! protesta Pomona en se sentant bouillonner. Il m'a suffi que de le voir sortir de ton bureau pour deviner ce qui s'est passé ! Et puis, tu es à bout de souffle !
― Popo, est-ce qu'il y a un problème ?
Pomona se tut. Devant le regard soupçonneux de Rolanda, elle se rendit compte qu'elle s'emportait pour un rien. Son amie avait bien le droit de faire ce qu'elle voulait avec son nouvel amant. Pourquoi se mettre en colère ?
Respirant profondément, elle chassa toute image mentale du hideux visage ravagé de cicatrices de Maugrey, dont la bouche dépourvue de lèvres se pressait contre celle de Rolanda, et s'efforça de se calmer.
― Excuse-moi, dit-elle en se frottant le front. Je suis juste... un peu fatiguée...
― Je vois ça, dit Rolanda sans décroiser les bras. Ton cours s'est mal passé en tant que remplaçant ?
― Non, non, tout s'est bien passé. Je... j'ai surtout réfléchi au coupable et... je pense que je sais qui ça pourrait être...
― Sibylle Trelawney ? devina Rolanda avec un sourire mutin. J'y ai pensé aussi. Si ça se trouve, tu l'as profondément blessée en te moquant hier de son Troisième œil.
― Oui, c'est ce que je crois aussi. Elle serait parfaitement capable de me jeter un maléfice. Cette femme est assez rancunière pour ça. Je parie qu'elle cache des poupées vaudoues dans un tiroir.
Se grattant l'entrejambes, Pomona s'avança et se laissa tomber sur la chaise devant le bureau. L'un des trophées qui le décoraient était tombé sur le côté. Tandis que Pomona le fixait en fronçant le nez, Rolanda se saisit de l'objet et le remit debout.
― Alastor est une bête, dit-elle avec humour.
― Je ne veux pas savoir, interrompit Pomona. Parlons plutôt de ce qu'il faut faire maintenant.
― On vérifie si elle n'a pas les marques noires sur les côtes, suggéra Rolanda en s'asseyant confortablement sur le bord du bureau, les mains appuyées de chaque côté. Je l'ai vue passer tout à l'heure, dans un couloir, et crois-moi, elle n'a pas l'air très innocente.
― Qu'est-ce qui te fait dire ça ? demanda Pomona qui regarda la gorge de son amie.
Elle avait laissé les deux premiers boutons détachés, de façon à laisser entrevoir un bout de son soutien-gorge sport.
― L'intuition, répondit Rolanda. Mais je suis certaine qu'elle ne dira rien si on l'interroge. Il faudra s'y prendre avec ruse si on veut les preuves de sa culpabilité.
― Et tu as une idée ?
Les yeux jaunes de Rolanda scintillèrent comme ceux d'un fauve.
― Tu vas la séduire, dit-elle d'une voix suave.
― Quoi ? s'exclama Pomona.
― Tu vas la séduire pour qu'elle te montre elle-même ses côtes, précisa Rolanda.
― Mais tu es complètement folle ! Je ne vais pas séduire cette dingue à lunettes !
― Tu as une meilleure idée pour qu'elle se déshabille devant toi ?
On aurait dit que la température de la pièce venait d'augmenter de plusieurs degrés. Pomona desserra à son cou la redingote de Rogue.
― Mais..., balbutia-t-elle. Mais elle va me reconnaître... Elle saura que c'est moi...
― Pas si tu te comportes comme un véritable gentleman, dit Rolanda. Tu es plutôt séduisant dans cette robe noire.
― Je ne suis pas séduisante ! protesta Pomona en changeant de position sur la chaise, mal à l'aise. Je suis un... un homme !
Rolanda éclata de rire.
― Allez, Popo ! Pourquoi pas ? Ce n'est pas amusant de séduire une femme ? En plus, je suis sûre que Sibylle mordra à l'hameçon. Ce ne doit pas lui arriver souvent qu'un homme s'intéresse à elle. Tu n'auras qu'à lui dire que tu souhaites connaître ton avenir et elle sera ravie de sortir pour toi sa boule de cristal.
― Mais elle va savoir que c'est moi, répéta Pomona entre ses dents serrées. Surtout si c'est elle qui m'a métamorphosée comme ça.
― Tu n'as qu'à lui parler du remplaçant du professeur Chourave et observer sa réaction. Soit elle feint la surprise, soit elle sourit d'un air machiavélique, mais en aucun cas elle ne te parlera du maléfice. Tu comprends, même si elle te reconnaît, elle sera obligée de faire comme si de rien n'était pour ne pas risquer de se trahir. Et c'est là que le jeu devient intéressant. Si tu joues bien, elle pourrait se laisser piéger par ton charme et finir par croire que tu es un vrai homme.
Pomona s'imagina un moment en train de toucher pour la première fois de sa vie le corps d'une femme autre que le sien. Si elle oubliait la tête d'insecte de Sibylle, l'expérience serait peut-être intéressante. Mais elle tressaillit en bloquant immédiatement cette idée dans son esprit. Pourquoi aurait-elle du plaisir à caresser une femme ?
― Ça ne marchera pas, s'obstina Pomona en secouant ses boucles brunes. Je suis peut-être un homme, mais je continue de me ressembler. Mes élèves ont même cru que j'étais mon frère.
― C'est parce que tu continues d'agir comme toi, expliqua Rolanda. Tu gardes tes gestes et ta façon de parler. Il faut juste que tu changes ça et après je suis sûre qu'on ne pourra plus te reconnaître. Je te propose de t'exercer un peu à te comporter en homme.
Pomona pouffa d'un rire incrédule.
― N'importe quoi ! Qui va m'aider à me comporter en homme ? Toi ?
― Non. Pour que ce soit optimal, il te faudra justement un homme pour t'enseigner tout ça. Et j'ai déjà réfléchi à la question. Allons voir Rogue.
Pomona cessa net de rire. Était-elle sérieuse ? Le maître des potions n'allait jamais accepter une telle idée.
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Filius était assis sur la pile de livres derrière son bureau et observait distraitement ses jambes se raccourcir lentement dans son pantalon à mesure qu'il retrouvait sa taille normale. Il n'en revenait pas. Il était pourtant certain de l'avoir séduite au premier abord. Qu'est-ce qui avait mal tourné ?
― J'étais trop prétentieux, murmura-t-il, dépité. Voilà pourquoi...
Il avait été si confiant qu'il avait oublié les bonnes manières. Il aurait dû s'intéresser plus à elle qu'au sexe. Il aurait dû rester lui-même. Maintenant, comment allait-il se racheter ?
Trois faibles coups résonnèrent à la porte. Avec un hoquet de surprise, Filius se jeta au pied de la pile de livres en s'empêtrant dans ses vêtements trop grands, retrouva sa baguette magique et se lança un sort pour se rhabiller convenablement. En finissant de rattacher son veston réajusté à sa taille, il traversa la pièce à petits pas hâtifs et ouvrit la porte d'un second sortilège.
C'était Aurora, de nouveau plus grande que lui. L'air timide, elle baissa les yeux et lui sourit.
― Je ne vous dérange pas ? demanda-t-elle à mi-voix.
― Mais non, pas du tout ! couina Filius, la poitrine emplie de chaleur. Je suis toujours ravi de vous voir. Comment allez-vous ?
― Je vais bien, merci. Et vous ? Je ne vous ai pas vu à la Grande Salle. J'espère que vous n'êtes pas encore en colère contre cet homme aux Trois Balais. Je suis désolée. Ce n'était qu'un idiot...
― Ce n'est pas grave, dit Filius en balayant l'air de la main. Rassurez-vous, j'ai déjà tout oublié de ce rustre. Rien de tel qu'une bonne nuit de sommeil pour ramener le moral au meilleur. J'ai simplement dîné à mon bureau, parce que j'avais des choses à faire. Entrez donc.
Aurora s'avança dans la pièce en se tortillant les doigts. Elle regarda autour, comme si elle y cherchait quelqu'un d'autre. Peut-être voulait-elle revoir Fallusio ? Peut-être reconsidérait-elle l'idée de sortir avec lui ?
― Cherchez-vous quelqu'un ? demanda Filius, le cœur battant.
― Non, ça va, répondit Aurora en calant une mèche de ses cheveux nattés derrière son oreille. En fait, j'ai vu votre cousin tout à l'heure. Vous ne m'aviez pas parlé de lui. Il m'a dit qu'il s'est installé chez vous depuis quelques jours.
― Oh oui, dit joyeusement Filius en rangeant sa baguette dans sa poche. Un homme plutôt charmant, vous ne trouvez pas ?
Aurora pinça les lèvres en détournant les yeux. Comme si elle voulait simplement occuper ses mains, elle attrapa un livre sur une étagère et le feuilleta d'un air absent.
― Il m'a parlé d'un projet sur lequel vous travaillez, tous les deux, continua-t-elle en fixant les pages de l'ouvrage. Je présume que c'est un projet secret sinon vous m'en auriez parlé, non ?
― Pas du tout, ce n'est pas secret, dit Filius avec un rire nerveux. Seulement, je n'ai pas eu l'occasion de vous en parler.
Il retourna vers sa pile de livres et s'y assit au sommet en s'accoudant à son bureau.
― Il m'a aidé dans la création de mon Localisateur, dit-il en s'appliquant à inventer une histoire crédible. Fallusio est un homme très talentueux. Il m'a apporté de précieux conseils.
― Vraiment ? dit Aurora qui leva vers lui des yeux plissés. Je pensais que vous aviez créé cet objet tout seul.
― En partie, c'est vrai. Mais quand on veut créer une œuvre de qualité, il faut savoir s'entourer de gens brillants, question de s'inspirer. Le professeur Dumbledore, par exemple, m'a aussi apporté de précieux conseils.
Aurora sourit en replaçant le livre sur le rayon et vint prendre place sur la chaise devant lui. Elle posa le coude sur le bureau, la tête dans le creux sa main et le contempla longuement comme si elle étudiait chacun de ses traits. Filius ne put s'empêcher de rougir devant son attention.
― Je suis heureuse, Filius, dit-elle à voix basse. Je suis heureuse que vous n'ayez pas gardé les mauvais souvenirs de la veille, parce qu'avant que cet homme nous embête, je passais un agréable moment avec vous.
― Oui, moi aussi, répondit Filius dont le cœur battit plus fort. C'est toujours agréable d'être en votre compagnie.
Ils continuèrent à s'observer, silencieusement, sans bouger. Aurora était si désirable, la tête penchée de cette façon, appuyée contre sa main. Si seulement il pouvait effleurer sa joue satinée et caresser ses longs cheveux noirs. Hélas, il était trop petit pour avoir cette chance.
Aurora eut un sourire en coin.
― Alors, comme ça, lança-t-elle dans un murmure, vous avez parlé de moi à votre cousin ?
Filius s'embrasa davantage.
― Heu... oui, couina-t-il en remontant ses lunettes sur son nez. Un peu... Mais c'est parce que c'est lui qui me parle souvent de vous. Depuis qu'il vous a entrevue l'autre jour, dans un couloir, il... enfin... Je crois qu'il est littéralement tombé sous votre charme...
― Vraiment ? dit Aurora en laissant retomber son bras sur le bureau avec un bruit sourd.
― Mais oui, affirma Filius qui profitait de l'occasion pour réparer son échec. Il était d'ailleurs très triste tout à l'heure, quand je l'ai vu. Apparemment, vous auriez refusé son invitation aux Trois Balais. Je ne comprends pas pourquoi. Vous ne le trouvez pas beau ?
― La question n'est pas là, répliqua Aurora d'une voix soudain dure. Je l'ai trouvé plutôt... disons... un peu trop entreprenant. Je le connais à peine.
― Raison de plus pour sortir avec lui ce soir. Vous auriez l'occasion de le connaître mieux. Sincèrement, je pense que vous devriez accepter son invitation. Fallusio est réellement un homme bien. Vous ne le regretterez pas.
Aurora resta sans voix, comme si elle avait de la difficulté à le croire.
― Vous voulez vraiment que je sorte avec lui... ? demanda-t-elle avec lenteur.
― Mais oui ! encouragea Filius. Il mérite bien une seconde chance, non ?
Aurora secoua la tête en clignant des yeux, puis elle se frotta la tempe comme si elle réfléchissait ou hésitait. Enfin, au bout d'un moment, elle se leva brusquement en lissant sa robe du plat des mains.
― Très bien, dit-elle avec un regard brillant. Dans ce cas... si vous m'encouragez avec autant d'insistance à sortir avec lui, je le ferai. Vous lui direz que je l'attends dans le hall à huit heures.
― Je n'y manquerai pas. Il sera très heureux de l'apprendre.
Lorsque Aurora, avec un pâle sourire, quitta la pièce en refermant la porte, Filius étouffa une exclamation de joie. Grâce à son habile persuasion, Fallusio allait pouvoir se racheter. Et cette fois, il avait intérêt à être parfait sur le plan de la séduction.
À suivre...
La suite devrait arriver plus tôt pour rattraper mon retard... ^_^'
