Bonjour ! ^^

J'espère que vous avez eu une belle fin de semaine. Chez moi, il pleut souvent, il vente beaucoup et il fait encore froid. Ça ressemble à un mois d'avril. Ce n'est pas l'idéal pour les cultivateurs qui doivent semer. Les champs sont remplis d'eau. Mais bon. On espère que l'été se pointe bientôt. Aujourd'hui, par contre, on a eu droit à un peu de soleil. Les oiseaux chantent et mon chat est heureux. ^^ Sauf que là, il se bagarre avec les renards... -_-' Mais ne vous inquiétez pas, ça lui arrive souvent. Et il ressort toujours vainqueur. ^^ En fait, ce sont les renards qui ont peur de lui. Mon chat, c'est la terreur de la cour. x)

Merci beaucoup à mes revieweurs/revieweuses : Rinku13, Destrange, Zeugma412, Harryliada et Suchi-story ! :D

(L'univers et les personnages appartiennent à JK Rowling)

Bonne lecture ! :)


Chapitre 8 ― Plaisirs irrésistibles

― Mais qu'est-ce qui t'arrive ?

― Rien !

Rolanda attrapa Pomona par le bras et la força à s'arrêter dans le couloir.

― Ne dis pas rien avec cet air, tu n'es pas crédible ! Explique-moi plutôt qu'est-ce qui te met dans cet état ?

― Rogue s'est cru tout permis ! s'exprima Pomona en faisant claquer sa cape. Qu'est-ce qu'il lui a pris de te toucher comme ça ? Il n'avait aucun droit ! Et toi, tu le laisses faire !

― Mais il m'a prise au dépourvu !

― Tu n'arrêtais pas de lui montrer qu'il te plaisait ! Ne me dis pas que tu ne l'as pas cherché ! J'ai vu comment tu le regardais. Tu l'aurais laissé t'embrasser !

Rolanda étouffa une exclamation, ses yeux jaunes grands ouverts.

― Je rêve ou tu me fais une crise de jalousie, là ?

― Je ne te fais pas... !

Mais Pomona se tut, surprise. Qu'est-ce que son amie voulait dire par là ? C'était n'importe quoi. Rolanda ne pensait pas vraiment qu'elle était jalouse de Rogue. Si elle s'emportait, c'était pour une tout autre raison. Rogue avait manqué de respect envers son amie, voilà tout.

Mais tandis que Rolanda se croisait les bras avec un sourire passablement craquant, Pomona se remit tout de même en question. Éprouvait-elle, sans s'en rendre compte, des sentiments pour son amie ? Des sentiments encore plus forts que de la simple amitié ? Des sentiments... amoureux... ?

Effarée à cette idée, Pomona secoua la tête en sentant son cœur s'emballer. Elle refusait d'y croire. Son amie était séduisante, certes, mais elle ne l'attirait pas de cette manière. C'était impossible. Elle n'était tout de même pas lesbienne.

― Popo...

― Je pense à Fol Œil ! mentit précipitamment Pomona pour se justifier. Qu'est-ce qu'il dirait s'il savait que tu avais laissé Rogue te toucher ?

― Roh, tu ne vas pas lui dire ça ! s'agaça Rolanda en la poussant d'une main. Il ne s'est rien passé ! Je participais juste à la démonstration de sa séduction. C'était loin d'être de la vraie drague. Et puis, Rogue n'est même pas sexy. Je disais ça seulement pour le convaincre de nous aider. Et ça a marché, alors voilà. D'ailleurs, tu te sens prête à aller voir Trelawney, maintenant ?

― Oui, ça va, répondit Pomona, plus calme.

Que Rogue ne soit pas réellement le genre de Rolanda la rassurait. Mais ça n'avait rien à voir avec des sentiments quelconques, pensa-t-elle fermement.

― C'est quoi le plan, déjà ? demanda Pomona. Je suis censée la séduire, c'est ça ?

― Si c'est Trelawney qui t'a fait le coup, même si elle pense te reconnaître, elle va sûrement se taire, récapitula Rolanda d'un ton ravivé, les yeux pétillants. Tu joueras alors le jeu en faisant semblant d'être un vrai homme. Elle te soupçonnera peut-être longtemps, mais si tu fais preuve d'assez de virilité et que tu réussis à la charmer, elle finira bien par se laisser berner. Après, tu t'arranges pour la déshabiller un peu et tu la coinces avec ses côtes noircies.

― Rien de plus facile, mais oui, ironisa Pomona, sceptique. Et si je rate le plan ?

― Vas-y de manière plus radicale et menace-la de te montrer ses côtes. Si elle est innocente, elle coopéra pour te le prouver. Sinon, si elle recule, c'est qu'elle est coupable.

― Hum... d'accord.

― Mais commence par la méthode gentille. Il ne faut jamais oublier les bonnes manières, hein.

Rolanda lui adressa un clin d'œil et Pomona fronça le nez. Elle n'avait pas envie de séduire Trelawney. Elle n'était pas lesbienne, après tout. Vraiment pas lesbienne. Mais comme elle n'avait pas vraiment le choix, elle prit la direction de la tour Nord.

.

Avec un profond soupir, Minerva se laissa aller contre le dossier de sa chaise. Béni était Severus Rogue d'être intervenu à temps. Elle avait complètement perdu le contrôle de ses pulsions. Les jumeaux Weasley auraient pu oser le pire. Quelle honte !

Son collet était encore ouvert au niveau de sa gorge. À travers sa robe, Minerva passa la main sur son sein et le massa distraitement. Elle devait toutefois admettre que la sensation de doigts sur son corps n'avait pas été tout à fait désagréable. Si ces jeunes hommes n'avaient pas été ses élèves, elle les aurait sans doute laissés profiter d'elle sans plus chercher à lutter. Dès le premier contact, son corps s'était enflammé de la tête aux pieds.

Tandis qu'elle continuait à se caresser la poitrine, le désir remonta en elle, si bien qu'elle regretta que Rogue ne soit pas resté plus longtemps. Même si elle comprenait que la situation ait pu le choquer, il aurait pu au moins lui demander comment elle allait et la réconforter. Il l'avait tout de même retrouvée ébranlée. Se montrait-il toujours aussi insensible ? Y avait-il des moments où il se permettait un peu d'émotions ? Comment faisait-il l'amour ? Minerva étouffa un gémissement d'envie en l'imaginant en train de la posséder passionnément sur le bureau.

― Oh, par Merlin, je dois arrêter ça ! grogna-t-elle en se redressant brusquement.

Sa culotte n'en finissait plus de s'imbiber de ses excitations. Elle devait s'occuper, faire n'importe quoi qui pourrait lui détourner l'esprit du sexe.

D'un coup de baguette, elle nettoya l'encre sur son bureau, rassembla les copies de travaux et s'installa pour la correction. Mais la chaleur et la sueur qui lui coulait dans le cou l'empêchèrent de se concentrer. Elle se leva alors avec un raclement de chaise et se dirigea vers ses appartements.

― Je vais prendre une douche..., souffla-t-elle pour elle-même.

.

Essoufflée, Pomona arriva au sommet de l'escalier en colimaçon et leva les yeux vers la trappe circulaire qui se découpait dans le plafond. Une plaque de cuivre gravée indiquait le nom du professeur Trelawney.

― Tu parles d'un endroit où habiter, marmonna Pomona en détachant les premiers boutons de sa redingote pour évacuer la chaleur. Maintenant, comment je fais pour m'annoncer... ?

Comme pour répondre à sa question, la trappe s'ouvrit toute seule et un escalier argenté descendit pour lui permettre de monter. Pomona hésita, incertaine, puis grimpa les échelons en pestant silencieusement contre cette damnée mission.

La pièce était plongée dans la pénombre. La seule clarté provenait de la lune qui apparaissait à une fenêtre. La cendre dans la cheminée fumait, comme si on venait juste d'éteindre le feu, et un écœurant parfum imprégnait l'air en donnant presque la nausée. Pomona toussa tout bas en regardant autour. Où était le professeur Trelawney ?

Une voix douce et embrumée s'éleva alors de l'ombre au fond de la pièce :

― Je vous attendais, dit-elle. J'étais sur le point d'aller me coucher quand mon Troisième œil vous a vu monter l'escalier en direction de ma demeure.

Un rayon de lune frappa les nombreux bijoux de Trelawney qui émergea de la pénombre. D'une démarche aérienne, elle s'avança vers Pomona en contournant les tables et les poufs, les pans d'un long châle vaporeux flottant derrière elle. Ses épaisses lunettes lui déformaient les yeux et la faisaient ressembler à un insecte luisant.

― Bonsoir, dit Pomona en adoptant une posture droite, feignant du mieux possible d'être un homme sûr de lui. Désolé de vous déranger à cette heure. J'ignorais que vous vous couchiez aussi tôt.

― Parfois, les résonances de l'avenir m'épuisent l'esprit, expliqua Trelawney en s'arrêtant devant elle, les boucles d'oreilles étincelantes. Le don de double vue est pratique, mais rarement reposant. Qu'est-ce que je peux faire pour vous, monsieur... ?

― Heu...

Pomona n'avait pas songé à s'inventer un nom masculin. Pendant qu'elle réfléchissait à toute vitesse, Trelawney resserra son châle autour de son cou décharné et reprit, comme si elle voulut se justifier :

― Je connais déjà votre nom, bien sûr, grâce à mon don de clairvoyance, mais je continue malgré tout de respecter les bonnes manières.

― Je m'appelle Herman... heu... Crumb, mentit Pomona en combinant au hasard les noms de deux membres des Bizarr' Sisters. Herman Crumb.

― Crumb, répéta Trelawney d'un air méfiant. Vous jouez du biniou, vous aussi ?

L'estomac de Pomona remua d'appréhension. Trelawney semblait avoir vite décelé l'origine de son inspiration. Peut-être avait-elle aussi perçu son jeu ?

Mais il ne fallait pas se laisser démonter, même si la suite du plan s'annonçait déjà difficile : Trelawney ne portait pas de jupe, mais une longue robe qui moulait son corps maigre et qui ne donnait aucun accès direct à ses côtes.

― Je... ne joue pas de biniou, répondit Pomona en s'efforçant de masquer sa nervosité. En fait, je suis venu vous consulter. J'ai entendu dire que vous étiez douée pour lire l'avenir dans les lignes de la main. Je me pose des questions sur... ma vie, en général, et j'aimerais beaucoup avoir des réponses. Vous pourriez m'aider ?

Trelawney la regarda sans se départir de son air soupçonneux.

― Je vous payerai, incita Pomona. Si vous le voulez. Dites-moi votre prix.

― Trois Gallions, déclara alors Trelawney, fermement.

― Trois Gallions ?

Pomona manqua de s'étouffer d'indignation. Trois Gallions étaient chers pour se faire raconter des balivernes. Elle n'avait même pas ce montant dans sa poche.

― Je n'ai qu'un seul Gallion, dit Pomona en se retenant de la fusiller du regard. Est-ce que vous l'accepteriez quand même ? J'ai fait un long voyage pour venir vous voir.

― C'est entendu, je le prends.

Pomona sortit donc l'unique pièce en or de sa bourse et la plaça au creux de la main tendue de Trelawney dont les bracelets cliquetaient en glissant sur son bras.

― Merci à vous, Mr Crumb. Si vous voulez vous installer dans ce fauteuil, nous allons commencer.

Pendant que Pomona alla s'asseoir devant la cheminée, en s'appliquant à écarter les jambes avec autant de personnalité que Rogue, Trelawney sortit sa baguette et ralluma le feu dans l'âtre. Les flammes jaillirent avec un bruit de bourrasque, réchauffant et inondant la pièce de lumière rougeoyante. Les colliers scintillants, Trelawney s'approcha du manteau de la cheminée encombrée d'objets divers, sur laquelle elle se saisit d'une bouteille décapsulée et de deux coupes, puis revint déposer le tout sur la table basse. Elle prit ensuite place dans le fauteuil en face de Pomona et s'affaira à remplir les coupes d'un vin jaune miel.

― Je vous prie d'accepter, Mr Crumb, ce xérès que je vous offre de bonne grâce, dit-elle en reprenant sa voix feutrée. J'espère que vous l'aimez bien sec.

Pomona réprima un rire dédaigneux. Au prix qu'elle avait payé, Trelawney faisait bien de lui offrir à boire. Elle prit volontiers la coupe que Trelawney lui offrait et but une grosse gorgée. Le vin était corsé, mais assez supportable. Trelawney, pour sa part, but si bien sa coupe qu'elle la vida presque. Avec un claquement de langue, elle la reposa sur la table, puis s'adossa confortablement à son fauteuil. Ses immenses yeux derrière ses verres grossissants reflétaient les flammes du foyer.

― Avant de commencer, dit-elle du ton le plus mystérieux qui soit, je dois vous avertir que l'avenir, une fois connu, peut vous provoquer de profondes angoisses susceptibles de vous poursuivre tout le long de votre vie. Êtes-vous prêt à prendre ce risque, Mr Crumb ?

― Oui, répondit nonchalamment Pomona avant de reprendre une gorgée de xérès.

C'était inutile de s'affoler, puisque la majorité des prédictions de Trelawney ne se réalisaient pas.

― Très bien, reprit Trelawney. Tendez-moi maintenant votre main droite, paume vers le haut, et préparez-vous à découvrir votre sort...

.

― Je n'aime pas cet homme, murmura Aurora derrière son verre, un bras replié contre elle. Je l'ai vu hier et il s'est montré très déplaisant envers Filius.

― Qu'est-ce qu'il a fait ? demanda Filius pour la forme.

Il écouta à peine la réponse d'Aurora. Il était distrait par l'homme en question, assis au bar, qui sirotait un verre d'alcool blanc. Lorsque leurs regards se croisèrent, Filius détourna aussitôt le sien, mais c'était peine perdue. Il y eut un raclement sur le sol. L'homme venait de quitter son tabouret.

― Il vient vers nous ! paniqua Aurora dans un souffle étranglé.

Filius n'eut même pas le temps de réfléchir à sa réaction que l'homme s'était déjà arrêté à leur table.

― Tiens, tiens, dit-il, le sourire narquois. Ne serait-ce pas la même jolie dame qu'hier, celle qui se tapait la demi-portion ?

Aurora déposa si violemment son verre sur la table que l'ombrelle y jaillit et tomba par terre.

― T'inquiète, je ne vous juge pas, tempéra l'homme de façon désinvolte, indifférent à son regard brûlant d'hostilité. Vous faites bien de sortir avec un plus grand. Là, au moins, vous évitez les maux de dos après chaque baiser. Ha ! ha !

Filius pouffa d'un rire nerveux en serrant son verre, ce qui encouragea l'homme à continuer. Il lui donna un coup de coude et pointa Aurora du doigt, amusé.

― Vous saviez, vous, qu'elle a fréquenté un gobelin avant vous ? Il ne devait pas être fameux au lit si elle l'a déjà quitté. Je parie qu'elle devait chaque fois utiliser un Revelio pour trouver sa queue.

― Mais pour qui vous prenez-vous ? s'indigna Aurora.

― Il se prend pour quelqu'un de malin avec ses blagues, rétorqua Filius, surpris de sa propre audace. Pourtant, c'est lui qui aurait besoin d'un Revelio... pour trouver son cerveau !

L'homme demeura un instant sans voix, aussi étonné que lui, puis éclata de rire. Filius l'imita, tout en étant fier de lui, et amena son verre à ses lèvres, quand l'homme avança brusquement son visage près du sien.

― C'est de la provocation ? demanda-t-il d'un air insulté.

Filius manqua de s'éclabousser avec son whisky, mais soutint son regard sans problème. Cet homme était beaucoup moins effrayant quand on se savait aussi grand que lui. Au même moment, Aurora se leva.

― Viens, Fallusio, on s'en va, dit-elle d'une voix tremblante.

― Fallusio ! répéta l'homme en se redressant, mauvais. Parce qu'en plus, le monsieur possède un prénom de phallus.

Filius se leva à son tour en écartant sa chaise et fut enchanté de constater qu'il mesurait une tête de plus que lui. Il le surplomba de toute sa taille, défiant, et répondit de la façon la plus intimidante qu'il soit :

― Tu as un problème avec mon nom ?

Un silence s'était installé dans l'auberge. Tous les clients les regardaient. Madame Rosmerta se précipita vers eux, ses talons claquant contre le parquet.

― Non ! gronda-t-elle en essayant de se placer entre eux. Non et non ! J'ai déjà dit que je ne voulais pas de ça chez moi !

Mais l'homme la repoussa et approcha son nez tout près de celui de Filius, le menton levé pour bien le fixer dans les yeux.

― Je vais te dire, moi, où est le problème, dit-il d'un air menaçant. D'abord, mon cerveau est dix fois supérieur au tien ! Ensuite, si tu joues à me provoquer, sache que je possède chez moi toute une collection d'armes puissantes !

― Et qu'est-ce que tu veux que ça me fasse ? se moqua Filius sans se laisser impressionner.

― Tu pourrais perdre ta face de tombeur à la noix ! Tu te crois séduisant, hein ? Tu crois que tu plais aux femmes avec ta gueule de mec à moustache ?

― Tu es jaloux que ce soit moi qu'elles désirent, c'est ça ?

― Ha ! s'exclama l'homme avec incrédulité, tandis qu'Aurora et Rosmerta rougissaient brusquement. Va donc raconter ça à mes gnomes de jardin ! Ils sont plus désirables que toi !

― Ah bon ! Ce sont eux, alors, qui ont dû t'apprendre tout ce que tu sais en matière de séduction !

Des rires s'élevèrent des tables voisines. L'homme recula en se balançant d'un pied à l'autre, les mâchoires contractées, les poings près des poches. On aurait dit qu'il se retenait de lui jeter un maléfice, à la grande satisfaction de Filius. Il était bon de pouvoir se venger.

― Tu ne dis plus rien ? railla-t-il.

L'homme se tourna vers Rosmerta.

― Vous baiseriez avec lui, vous ? demanda-t-il à brûle-pourpoint.

Rosmerta écarquilla les yeux. Elle ouvrit la bouche en regardant Filius, le teint rougissant de plus belle, mais aucun mot n'en sortit. Filius ignorait ce que pouvait signifier sa réaction exactement, mais il était plutôt content qu'elle ne refuse pas l'idée, contrairement à l'homme dont la veine sur la tempe se mit à palpiter. Il pivota alors vers Aurora.

― Et vous ? interrogea-t-il sèchement. Vous avez déjà baisé avec lui ?

Avant même qu'Aurora ne réponde, Filius, encore sous l'effet de l'adrénaline, lança :

― Elle était aux anges la nuit dernière. Elle m'a confié que j'étais le premier à l'avoir vraiment amenée au septième ciel. Tu pourrais faire mieux, toi ?

― Quoi ? dit Aurora d'une voix étouffée.

― Et comment ! s'exclama l'homme avec un hideux rictus. Laisse-la-moi ce soir et tu verras qu'après avoir couché avec moi, elle changera d'avis !

― Tu perds ton temps, elle préfère les grands comme moi.

― Je suis grand aussi !

― Si tu te compares aux demi-portions, tu as raison.

L'homme poussa un rugissement et se rua sur Filius qui le frappa instinctivement en pleine face. Rosmerta émit un cri. L'homme tituba en arrière et s'effondra sur le sol. Avant qu'il ne se relève, Filius dégaina sa baguette et la lui pointa droit sur le cœur.

― Maintenant, tu dégages, dit-il en articulant chaque mot avec son impressionnante voix de mâle alpha, et ne reviens plus jamais m'embêter, ni moi ni elle. C'est clair ?

L'homme, qui saignait du nez, lui adressa un regard meurtrier, mais s'abstint de toute protestation. Il se remit debout en se pinçant l'arête du nez, la tête rejetée en arrière pour stopper l'hémorragie, et quitta l'auberge sous l'acclamation des clients.

― Bien joué ! félicita Rosmerta en se mordant la lèvre inférieure. Il l'a bien mérité, ce sale malotru. J'espère qu'il ne reviendra pas de sitôt. Il me cause toujours des ennuis. Vous ne connaîtriez pas son nom, par hasard ?

― Non et je m'en fiche.

Ce n'était pas à elle qu'il souhaitait parler, c'était à Aurora. Il voulait partager avec elle sa fierté d'avoir vaincu cet homme de façon assez spectaculaire. Il voulait la voir se pâmer d'admiration devant sa virilité, se jeter dans ses bras et le considérer comme un héros.

Mais lorsqu'il se tourna vers elle, à sa grande surprise, ce fut un regard plein de mépris qu'il reçut de sa part. Aurora n'avait pas du tout été impressionnée. Sans même lui adresser la parole, elle traversa l'auberge à grands pas, poussa la porte d'un geste furieux et disparut dehors. Le cœur de Filius se contracta.

― Mais qu'est-ce qu'elle a ? demanda-t-il, confus.

― Je ne sais pas, répondit Rosmerta en haussant les épaules. Les émotions, sans doute. Voulez-vous un autre verre ? Je vous l'offre gratuitement.

.

― Je vois que vous cherchez quelque chose en particulier, dit doucement Trelawney en lui effleurant la paume d'un long ongle. Quelque chose de très important pour vous.

― Humpf, fit Pomona avec désintérêt.

Le xérès et le parfum odorant qui envahissait la pièce lui embrouillaient les sens et lui donnaient sommeil.

― Je vois aussi quelque chose en lien avec votre identité, continua Trelawney, les bagues rougeoyant à la lueur du feu. Vous devez vous remettre beaucoup en question.

― Je ne me remets pas en question, je sais très bien qui je suis, rectifia Pomona d'un ton blasé.

Trelawney lui jeta un regard perçant à travers ses épaisses lunettes, puis poursuivit d'une voix plus dure :

― À ce que je vois aussi, vous n'êtes pas vraiment venu pour une consultation...

― Hein ? Quoi ?

Pomona se réveilla en sursaut. Trelawney lui relâcha la main et la dévisagea en retrouvant son air méfiant.

― Que cherchez-vous, exactement ? demanda-t-elle. N'attendez pas que je trouve moi-même la réponse.

― Je suis réellement venu pour connaître mon avenir ! affirma Pomona en s'empressant de retrouver son rôle dans la mission. J'attends juste le moment où vous me prédirez quelque chose de plus intéressant, c'est tout. Et puis, je suis distraite... heu, distrait... par votre robe..., ajouta-t-elle en la désignant au niveau de ses côtes. Le bleu pastel est ma couleur préférée...

Trelawney parut déconcertée.

― Pardon ? dit-elle.

― En plus, la couleur s'agence bien avec vos yeux...

Trelawney demeura bouche bée durant un moment, puis elle prit sa coupe et la vida d'une traite. Ses joues se colorèrent à la clarté des flammes, ce qui fascina Pomona. C'était la première fois qu'elle faisait rougir une femme. Et curieusement, elle en éprouvait un certain plaisir.

― J'espère que je ne vous embarrasse pas, dit-elle en adoptant le ton caressant des mâles séducteurs. Je peux me taire, si vous voulez.

― Ce n'est pas grave, rassura Trelawney avec un sourire nerveux, manifestement troublée. Nous pouvons continuer.

Amusée, Pomona lui tendit sa main d'homme que Trelawney entoura des siennes pour se remettre à son travail. Elle lui examina longuement la paume, la bougeant de temps à autre à la lueur du feu, les bracelets scintillant. Elle semblait concentrée, mais ses doigts tremblants et son corps tendu trahissaient l'effervescence de ses émotions. Pomona l'avait clairement ébranlée. Trelawney ne devait pas avoir l'habitude de se faire draguer. Avec son apparence de libellule, c'était compréhensif. Mais lorsqu'elle émanait cette aura de trouble et de vulnérabilité, elle possédait toutefois quelques nuances d'attraits.

Soudain, Pomona se rappela qu'elle n'était pas lesbienne, alors elle se secoua mentalement l'esprit pour revenir à elle.

― Alors ? s'enquit-elle. Que voyez-vous ?

― Il y a comme... de l'amour, dit Trelawney qui s'efforça à reprendre son habituelle voix mystique, mais que l'émotion faisait trembler. Vous avez envie d'une femme...

― Non ! répondit brusquement Pomona qui pensa aussitôt à Rolanda. Je n'aime aucune femme !

― Pas même du désir ?

― Non plus !

― Vous êtes sûr ?

― Sûre !

Rolanda était sa meilleure amie. Elle n'éprouvait pour elle aucune émotion au-delà de l'amitié. Cependant, Trelawney semblait déçue et Pomona se rendit alors compte de sa maladresse.

― Enfin, je veux dire..., se rattrapa-t-elle précipitamment, en s'appliquant pour lui offrir un regard pénétrant. Ce que je ressens pour cette femme, en fait... c'est beaucoup plus que du désir...

La réaction de Trelawney fut immédiate. Ses pupilles se dilatèrent derrière ses lunettes et sa respiration s'accéléra. Elle fut tout à coup plus belle que d'habitude, plus attrayante.

Pomona décida alors d'appliquer les techniques de Rogue. Sans cesser de la fixer dans les yeux, elle lui caressa ses mains baguées, avant de remonter doucement un doigt le long de son bras chargé de bracelets. Trelawney frissonna comme prévu, et Pomona aussi, ce qui par contre ne l'était pas. Elle n'était pas lesbienne, pensa-t-elle une fois encore. Pourtant, l'expression subjuguée de Trelawney l'excitait. Jamais une femme ne l'avait regardée comme ça avant.

Pomona fut sur le point de lui effleurer la joue, quand Trelawney tressaillit et lui repoussa la main. Elle détourna la tête vers la table, se repliant sur elle-même, les yeux rivés sur sa coupe vide sans la toucher. Pomona se figea de malaise. Était-elle allée trop vite ?

― Excusez-moi, je ne voulais pas..., commença-t-elle, mais Trelawney la fit taire d'un geste.

Elle réajusta nerveusement son châle autour de son cou, puis enleva ses lunettes qu'elle jeta sur la table avant de se pincer l'arête du nez. Elle resta dans cette position durant un moment, se balançant d'avant en arrière dans son fauteuil, comme pour essayer d'apaiser une tension grandissante.

Enfin, comme si elle ne parvenait pas à y résister, sans crier gare, elle se projeta sur Pomona, lui agrippa la tête à deux mains et s'empara de ses lèvres dans un baiser ardent. Pomona étouffa un cri de surprise. Tout son corps s'embrasa comme une torche. Acculée dans son fauteuil, elle écarta d'abord les bras sans savoir comment agir sur le moment, puis elle plongea les doigts dans les cheveux ébouriffés de Trelawney et l'embrassa en retour. Le moment était trop intense pour ne pas en profiter. Malgré les saveurs de xérès, sa bouche fut étonnamment délicieuse.

.

Minerva relâcha sa serviette de bain qui tomba à ses pieds avec un bruit mat. Son jeune corps entièrement nu se dévoila devant le grand miroir de sa chambre. Ses longs cheveux trempés gouttaient sur ses petits seins rebondis et ruisselaient sur son ventre plat. Ses cuisses fermes étaient exemptes de la moindre varice. Toute sa peau était lisse et belle. C'était son corps d'antan qu'elle retrouvait, celui à l'époque où elle vivait encore de douces émotions auprès de Dougal McGregor.

Minerva ne s'était jamais rendu compte qu'elle avait été si parfaite. Si elle avait su, elle n'aurait pas laissé les complexes lui gâcher sa vie amoureuse. Juste parce qu'elle s'était trouvée trop maigre, parce que sa poitrine n'avait pas été assez généreuse, ses courbes pas assez désirables, sans parler de l'éducation stricte qu'elle avait reçue de ses parents, elle avait toujours refusé de consumer librement ses désirs pour Dougal. Elle s'était contentée d'en rester aux chastes baisers. Et à présent, elle le regrettait profondément. Pourquoi s'était-elle autant privée d'amour charnel ? Les rides s'étaient déjà incrustées dans son visage lorsqu'elle avait rencontré Elphinstone Urquart, beaucoup plus tard. Et elle était restée assez pudique, encore trop prude, trop sage... trop fade...

Minerva soupira. La tête penchée sur le côté, elle se caressa les seins, le ventre, descendant les doigts dans la sombre toison qui ornait son pubis. Si elle pouvait recommencer sa jeunesse... pour se permettre cette fois les plaisirs interdits... l'amour débridé... ce serait merveilleux...

.

Brusquement, Trelawney s'arracha à la bouche de Pomona, lui empoigna le bras et la tira hors de son fauteuil. Ses yeux dépourvus de lunettes flamboyaient. À vive allure, elle l'entraîna à travers la pièce, en trébuchant contre les poufs, jusqu'à une porte arquée coincée entre deux étagères, derrière laquelle se révéla une sombre pièce. C'était une chambre. Des chandeliers aux chandelles rouges illuminaient faiblement un grand lit à baldaquin.

Pomona eut de la difficulté à réfléchir. Le vin qu'elle avait trop bu l'étourdissait et un inconfort pulsait dans son pantalon. Elle se sentait compressée.

― Laissez-moi, murmura Trelawney en s'agenouillant devant elle, au moment où Pomona portait la main à son entrejambes. Je vais m'occuper de ça.

Trelawney lui ouvrit le bas de son amble veste noire, détacha son pantalon, et sous les yeux écarquillés de Pomona, une impressionnante érection en jaillit. Elle n'eut même pas le temps de l'examiner que Trelawney la prit en bouche et la suça goulûment.

― Aarh ! gémit Pomona en rejetant la tête en arrière.

Elle ne s'était pas attendue à un tel plaisir. Sans pouvoir y résister, elle lui attrapa les cheveux et lui imprima le rythme en s'abandonnant pleinement aux sensations voluptueuses. Mais Trelawney ne s'y attarda pas et se releva en lui infligeant une immense frustration.

― Non, ne vous arrêtez pas ! supplia Pomona.

Haletante, elle l'attira à elle et l'embrassa à pleine bouche. Tandis qu'elle lui empoignait un sein frêle à travers les nombreux colliers qui s'entrechoquaient, Trelawney en profita pour la déshabiller. Le pantalon de Pomona tomba par terre avec un bruit sourd, puis la redingote suivit le même chemin. En retour, Pomona s'attaqua à sa robe, dont elle baissa la fermeture éclair dans le dos avant de faire glisser l'étoffe le long de son corps mince. Entortillée dans ses bijoux scintillants et son châle vaporeux, Trelawney se retrouva alors en sous-vêtements devant elle.

― Oh, par mon Snargalouf, c'est tellement beau ! souffla Pomona qui recula d'un pas pour mieux la contempler à la lueur des chandelles.

La délicatesse des épaules sous le châle, les rondeurs d'une poitrine joliment soutenue dans le soutien-gorge et un ventre bien dessiné au-dessus d'une fine culotte d'où émergeaient deux tendres cuisses étaient des attraits que jamais un homme ne pourrait égaler. Les femmes étaient des merveilles.

Émue, Pomona retira doucement le châle, qui tomba sans bruits parmi les vêtements sur le sol, et détacha ensuite le soutien-gorge. En repoussant les perles, les pendentifs et les chaînes, elle découvrit ainsi deux petits seins appétissants qu'elle vint embrasser avec tendresse. Trelawney soupira en fermant les yeux. Cependant, lorsque Pomona descendit les mains sur sa taille fine, elle se rappela brusquement la raison de sa visite et se redressa alors dans un sursaut.

― Quoi ? demanda Trelawney en chuchotant.

À la faible clarté des chandeliers, Pomona lui examina les côtes, mais elle ne remarqua aucune tache ni aucune trace de magie noire. Elle était donc innocente.

― Quoi ? répéta Trelawney qui s'impatienta.

― Rien, je...

Pomona fronça les sourcils, émergée de ses émotions. À présent qu'elle retrouvait sa lucidité, elle se demanda si elle ne devait pas maintenant fuir et retourner auprès de Rolanda. Après tout, elle avait vu ce qu'il y avait à voir. Elle n'avait plus besoin de jouer la comédie.

Mais l'expression des yeux de Trelawney, mêlés de désirs et de supplication, la gardait clouée sur place. Pomona ne pouvait pas l'abandonner comme ça. Elle ne voulait pas, plutôt, l'abandonner comme ça. Trelawney était trop désirable. Il fallait être fou pour se refuser à cette femme qui s'offrait aussi facilement, de tout son être.

Mais Pomona n'était pas lesbienne, se rappela-t-elle pour une énième fois, les dents serrées. Il n'y avait plus aucune raison de rester. Si elle ne fuyait pas, elle allait devoir admettre son homosexualité, ce qui la bouleverserait au plus profond. Elle n'était pas prête à sortir d'un placard.

― Mr Crumb, est-ce que ça va ? s'inquiéta Trelawney en se couvrant la poitrine de ses bras. Je sens que vous ne voulez plus continuer. Vous venez de trouver ce que vous cherchiez, n'est-ce pas ?

Pomona la regarda, contemplant ses cheveux emmêlés qui retombaient magnifiquement sur ses épaules. Elle hésita encore, puis finalement, elle jeta dans un murmure pour elle-même :

― Oh et puis merde !

Après tout, elle était ivre.

Elle fit donc reculer Trelawney vers le lit sur lequel elle la fit basculer sur le dos, lui retira sa culotte et plongea le nez entre ses jambes. Le cri de plaisir que poussa Trelawney au contact de sa langue raffermit son érection. Lorsqu'elle lécha tout ce qu'elle put du violent orgasme qu'elle lui provoqua, elle grimpa au-dessus d'elle et la pénétra d'un seul coup de bassin. Cette sensation nouvelle fut si exquise qu'il ne lui fallut qu'une dizaine de va-et-vient avant de jouir glorieusement.

.

Hors d'haleine, en sueur, Minerva émergea de son orgasme en pantelant sur ses draps. Elle retira ses doigts trempés de son plaisir et se laissa retomber contre l'oreiller, les bras en croix.

Une fois encore, elle avait atteint des sommets de volupté qu'elle n'avait jamais imaginés. Mais ce serait encore plus jouissif si elle pouvait partager ses ardeurs avec un homme. Où était Severus Rogue quand elle avait besoin de lui ?

Elle secoua la tête pour refouler ses fantasmes. C'était toujours indécent de penser à son jeune collègue de cette manière. De toute façon, il ne voudrait jamais d'elle. Ce dont elle avait besoin, en fait, était d'un homme qui ne serait ni un collègue ni ― avec évidence ! ― un élève. Il lui fallait un inconnu, quelqu'un qui voudrait bien lui offrir ce petit moment de bonheur dont elle avait envie. Après tout, pourquoi pas ? La vie était trop courte pour s'interdire les plaisirs. Si elle avait la chance de revivre un peu sa jeunesse d'antan, il fallait en profiter au maximum.

Ce fut pourquoi elle s'endormit, ce soir-là, en réfléchissant à un plan qui lui permettrait de prendre congé le lendemain sans attirer les soupçons de quiconque...


Merci d'avoir lu !

La suite la semaine prochaine ! :)