Oyez brave gens, nous sommes de retour (pour vous jouer un mauvais tour)

Résumé : Que croyez-vous ? Que l'on puisse échapper au mariage arrangé juste parce que l'on se nomme Sirius Black ? Et bien sachez que vous divaguez totalement ! Un James amoureux, un Remus défaitiste, un Peter dénigré et un Sirius orgueilleux. Esther en fera voir à ce dernier des vertes et des pas mures, n'en déplaise à Remus.

Rating : M

Remerciement : Bien évidemment, il faut remercier Miss Matoo et Miss Patate, pour leur aide non négligeable.

Warning : Ni Remus, ni Sirius, ni James, ne nous appartiennent, puisqu'ils appartiennent déjà à Joanne Rowling. (Même si ça ne nous dérangerait pas plus que cela, hein.)

Auteur : Je crois que c'est nous, mais je vais vérifier.

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Chapitre 3 : Orgueil et Préjugés

De Jane Austen

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1 septembre 1971

Une masse démesurée pesait sur les épaule du jeune Remus John Lupin. Il était là, face au train, sur le quai 9 ¾, la valise à la main. Le jeune garçon n'avait aucune envie de monter dans le train. Non pas que les trains en générale l'effraie, mais le problème venait de ce train-ci en particulier. Premièrement il était rouge, et le rouge c'est agressif comme couleur, non ? Ensuite, Remus était peut-être légèrement agoraphobe. Et enfin, il ne connaissait personne, dans ce train. En grandissant bien au chaud, chez lui, enfermé avec ses livres et les bras accueillant de sa mère, il s'était fermé la possibilité de socialiser avec les jeunes de son âge. De plus, ses parents ne l'avaient pas vraiment encouragé à sortir et explorer les alentours. Son handicap laissait comme une épée de Damoclès au-dessus de la famille. Chaque jour depuis son 'accident', il avait peur, peur que la femme qu'il croisait au coin de sa rue ou le marchand de journaux comprennent ce qu'il était. Mais pourtant sa mère l'envoyait tout de même chercher le pain.

Remus Lupin n'était pas quelqu'un de très sociable. Toujours coincé dans les jupons de sa mère. Lui disait sa grand-mère paternelle morte l'an passé. Il était très angoissé par la vie, et la réception de sa lettre le 10 mars dernier, n'avait pas été synonyme de bonheur pour lui. Il avait eu rendez-vous avec le directeur, qui s'obstinait à le vouloir à Poudlard, peu importait la lycanthropie du garçon, il était accepté dans l'école écossaise.

N'écoute la critique que si elle est positive, Remus. Ne te laisse pas écraser, et reste intègre à toi-même. Tu es intelligent et poli, tu réussiras dans la vie, alors ne laisse pas des personnes bêtes et méchantes te faire du mal. Ceci fut la dernière parole de sa mère. Fais attention à toi, sois discret, et essaie de ne pas te faire prendre. Je ne t'interdirai pas certaines fréquentations, mais évite les Sang-Pur. Ils sont souvent arrogants, bêtes et méchants. Ce doit être dû à leur consanguinité. Celles-ci furent les dernières paroles de son père. Après ça, Remus s'était dirigé vers le train, et cela faisait maintenant une bonne minute qu'il était là, à le regarder, ce train. Dans un élan d'on ne sait quoi, il s'empara fermement de la poignée de sa valise et monta dans le wagon A. Il allait falloir trouver un compartiment de préférence vide, et attendre huit heures. Merlin que ce train est lent. Mais déjà, il faut réussir à hisser sa valise.

« Tu veux de l'aide ? Le surprit une voix dans son dos;

- Oui s'il vous plaît. Murmura-t-il timidement.

- Pas besoin de me vouvoyer, je suis Bilius Weasley, le préfet de Gryffondor, si tu as besoin de quoi que ce soit demande moi, je suis dans le compartiment 4 du wagon C. Répondit le jeune homme en soulevant la valise avec facilité.

- Merci… » Chuchota presque Remus, impressionné par le personnage qui lui était donné d'observer.

Le grand roux était reparti. Et pour un roux, il était très roux. Remus avança dans le long couloir, son sac en bandoulière pendant le long de son bras, frottant de manière régulière contre sa cuisse. Plus les compartiments défilaient sous ses yeux, plus il comprit qu'il lui serait impossible d'en avoir un à lui seul. Ils étaient tous remplis au moins à moitié, et Remus n'avait pas tellement envie de s'engager dans une discussion. Il voulait juste se mettre tranquillement à lire. Arrivé au bout du train, il trouva un compartiment quasiment vide - car oui ça aurait été trop beau s'il l'était entièrement -, le rideau à demi clos, et il ne voyait qu'une paire de jambes. Il remit sa chemise et son épi en place, il redressa ses épaules et la tête, et frappa contre la vitre. Remus n'entendit aucun signalement comme quoi il pouvait entrer, alors il attendit. Au bout d'une dizaine de seconde il toqua à nouveau. Rien. Que Maman me pardonne pour mes manières. Il tira la chevillette.

Il découvrit alors une fille aux cheveux noirs qui devait avoir son âge, assise en lisant un livre. Elle avait la tête penchée, il ne pouvait voir son visage. Il se racla la gorge, mais elle ne l'entendit pas. Il tapota sur son épaule, elle releva la tête.

« Je peux m'installer ici ? ça ne vous dérange pas ? Osa-t-il lui demander.

- Ouais vas-y. Ne me vouvoie pas, je dois avoir ton âge… Première année ? Articula la jeune fille.

- Oui. Répondit-il avec le peu d'assurance dont il pouvait faire preuve.

- Tu t'appelles comment ?

- Remus et toi ? Lui-dit-il en s'asseyant sur la banquette en face d'elle.

- Esther. Tu lis quoi ? Interrogea la demoiselle en observant en direction des mains de Remus.

- 'Madame Frisby et les rats de Nimh' tu connais ? lui répondit-il le sourire aux lèvres. Le sourire du jeune homme était assez étrange, on aurait dit qu'il se retenait de quelque chose, ou comme si ça ne lui était pas naturel.

- Ouais je l'ai lu l'année dernière, ce n'est pas mal, mais je trouve que Frisby est un peu trop niaise. Lâcha Esther en remettant le nez dans son bouquin.

- C'est vrai, mais Jérémy est désopilant.

- Tu lis beaucoup de livres moldus?

- Ma mère est moldue, alors ça aide.

- La chance, ça doit être super niveau mixité ! S'enthousiasma Esther.

- Je n'avais pas vu ça sous cet angle… Y'a aucun moldu dans ta famille ?

- Non tous sorciers, j'ai eu une grande tante Cracmole, mais sinon, ils sont absolument tous sorciers.

- T'es de sang pur, donc ? S'inquiéta un peu Remus en repensant aux paroles de son père.

- Ça te dérange ? Interrogea-t-elle, le nez quelque peu retroussé.

- Non…

- Ah bah d'accord, bonjour la tolérance ! Je savais qu'il y avait du racisme envers les sang-mêlé et les né-Moldus, mais contre les sang-pur… Chapeau ! S'énerva la jeune fille.

- Je n'ai rien dit… tenta de la rassurer son compagnon de wagon.

- Mais visiblement tu n'en penses pas moins ! Elle se recroquevilla sur elle-même. Pour une fois que je trouve quelqu'un qui aime lire, il faut qu'il ait des idées fermées! Si ça se trouve c'est un adorateur du Ku Klux Klan! À surveiller... Ce n'est pas parce que la plupart des mangemorts sont des sangs purs que tous les sangs purs sont des mangemorts. Bonjour le raccourci ! Généraliser tout et n'importe quoi n'apporte rien de bon, c'est papa qui me l'a dit! Et puis, la porte s'ouvrit soudainement sur James, les cheveux encore plus ébouriffés que d'habitude -comme si c'était possible- suivi de Sirius, les mains dans les poches et le regard blasé.

« Ah Esther ! Je t'ai trouvé. Hurla presque le jeune Potter.

- Non moi c'est Samantha, je ne sais pas qui est Esther… susurra la brunette sur un ton qui se voulait énervé.

- Ah ah trop drôle… J'ai vu la plus belle créature du monde… répondit James du tac au tac sans remarquer la contrariété de son amie.

- Ô Narcisse tu t'es regardé dans un miroir ? Visiblement non, tu en aurais profité pour te coiffer.

- C'est une belle rousse. Continua le jeune homme en pleine rêverie.

- Oui donc effectivement ce n'est pas toi…

- Ta gueule Esther, laisse-le finir... ajouta Sirius qui n'avait pas encore dit quoi que ce soit.

- Hé ho… entama Esther avant d'être coupée par le romantique de la bande.

- Commencez pas !

- Où est Isobel ? Interrogea la demoiselle pour changer de sujet.

- Dans le compartiment de Lily et sa serpillère. Cracha presque Sirius en repensant au garçon ressemblant à un ustensile de nettoyage qui restait avec la dulcinée de son ami.

- Que c'est aimable de ta part Sirius, de lui avoir déjà donné un surnom. S'amusa Esther.

- En parlant de serpillère, tu as trouvé un nom à ton immonde boule de poil ? Demanda-t-il à sa « fiancée ».

- Ça s'appelle un chat, tu connais ?

- On a dit quoi ? Bon… il s'appelle comment ? S'impatienta James.

- J'hésite j'aime bien Iscariote… répondit Esther sur le ton de la réflexion.

- T'es catholique toi maintenant ? Se demanda James un peu perdu.

- Ça m'étonnerait, si elle l'avait été, elle n'aurait certainement pas pris le prénom de Judas » Répondit calmement Remus, le nez encore plongé dans son livre.

Il était pour l'instant passé inaperçu aux deux intrus, ce qui n'était plus le cas, puisque ces deux-là le fixaient actuellement avec des yeux de merlan frit. Esther le regardait avec une lueur de défi dans les yeux. Il remarqua sur le coup l'asymétrie de couleur de ses yeux. ll n'avait pour l'instant pas fait attention, ils ne s'étaient pas regardés dans les yeux. Avec cette lueur ajoutée, elle était effrayante. Mais il ne fit rien paraître, Remus savait à quel point c'était difficile d'être différent. Bien que là ce ne soit qu'une couleur d'yeux, elle n'était pas dangereuse –pour ceux qui ne connaissaient pas le personnage- mais les quolibets à cet âge-là allaient vite, et sur quelque chose d'aussi voyant que les yeux, ils allaient encore plus vite.

« Bingo Remus.

- Qui c'est ? Demanda Sirius, en remettant son ourlet de pantalon.

- Je viens de te le dire, triple buse, c'est Remus.

- Ça ne nous dit pas qui c'est. Rectifia James, qui n'avait pas tellement envie que ces deux-là se produisent en spectacle.

- Il cherchait un Wagon, il m'a trouvé.

- Merci pour la description, M. Balzac, répondit la personne la plus concernée par cette conversation, avec un air malicieux.

- Mais de rien Conrad. Lui rétorqua-t-elle avec un grand sourire.

-Hein ? Description, s'il vous plait, je ne pige rien. Demanda James qui observait les deux complices.

- James, tu vois l'auteur préféré de maman ; Byron. James hocha vite fait la tête, le nom lui disait exceptionnellement quelque chose. Bah il a écrit un poème qui s'appelle le Corsaire. Le brun continuait de hocher de la tête, pour l'instant il comprenait. Conrad est un personnage sarcastique de ce poème, finit-elle avec une petite moue devant l'inculture de son ami, c'est à ce moment-là que Remus lui envoya un regard complice qui la fit rire.

- Ok mais ça ne nous explique pas qui est Mr Zablac » Répondit Sirius, les mains sur la taille.

Pendant ce temps, un chat était venu se loger sur les jambes d'un Remus stoïque. Généralement les animaux ne s'approchaient pas de lui. Ça devait être un chat stupide ou suicidaire, ou les deux. Toujours était-il que le félin était calmement posé sur lui. Le jeune homme, un peu intimidé par cette petite boule de poils, pas plus grande que son pied, tenta de poser sa main sur le dos de l'animal qui se mit à ronronner. Il se dit qu'il pourrait se faire à cette sensation de poil de chat sous sa paume de sa main.

« Balzac, Sirius, Balzac, je sais que c'est compliqué pour toi de parler autrement qu'en monosyllabique mais tout de même. Lui rétorqua fièrement la jeune fille. Et pour ta gouverne, Honoré de Balzac est un auteur français connu pour ses descriptions assez longues et fastidieuses.

- Pauvre truffe… Souffla Sirius.

- J'aurais pu t'appeler Marcel Proust. Coupa Remus, qui avait commencé à comprendre qu'il ne valait mieux pas laisser une si belle occasion à ces deux-là de se chamailler.

- Ça aurait été trop, on va se contenter de Balzac pour l'instant. Siffla Esther en jetant un regard moqueur à ce qui lui servait de fiancé.

- Et sinon le deuxième nom pour ton chat ? demanda l'ébouriffé qui avait marre de cette conversation auquel il ne comprenait rien.

- Socrate. Devant la mine déconfite des trois garçons, elle commença à leur expliquer. Les chats sont mortels. Ils hochèrent la tête, visiblement Remus ayant compris où elle les menait, se mit à sourire. Toujours avec son espèce de sourire mi retenu mi pincé qui lui était propre, mais cela restait un sourire. Socrate est mortel…

- Donc Socrate est un chat ! finit le garçon, comme s'il n'avait pu empêcher cette phrase de sortir de sa bouche. À ce moment-là le fameux Socrate/ Iscariote se retourna sur le dos. Avec un peu d'appréhension, Remus posa sa main sur le ventre de l'animal qui se mit à gigoter en continuant de ronronner. Visiblement il avait apprivoisé la bête et il était en bonne voie pour apprivoiser la maîtresse.

-Exactement ! Bon moi je vais aller voir si mon Isobel n'a pas été javellisé par votre serpillère. Les gars, je vous laisse Remus vous ne me le cassez pas. Pour une fois que quelqu'un a un peu de culture ici. Elle leur fit un signe de la main. Socrate ! le chat resta niché sur les jambes de Remus.

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"GRYFFONDOR"

James et Esther se regardèrent choqués. Ça sentait le roussi pour le petit Sirius. Remus à côté d'eux ne comprenait pas leur effarement. C'est si horrible que ça d'être à Gryffondor ? Visiblement l'effarement n'était pas visible que sur les visages de James et d'Esther. Sirius faisait une syncope sur le tabouret, Minerva Mcgonagall avait les yeux aussi exorbités que l'un de ces petits chiens moldus étranges, sans compter Horace Slughorn qui avait faillit recracher sa gorgée de vin. Non vraiment c'était une situation plus qu'étrange, un Black à Gryffondor, sérieusement? L'effarement passé, la directrice de Gryffondor continua la liste.

"Joseph Bulstrode"

Le jeune Sirius se dirigea tout penaud vers la table des rouge et or, s'asseyant à la droite du préfet, qui le regardait intrigué. Remus trépignait de savoir ou il allait être réparti, il voulait être à Serdaigle. Là-bas on ne lui demanderai pas de rendre des comptes, il ne serait pas mal vu ou juste étrange de lire autant, et puis c'est joli le bleu, non? Après tout il n'était ni spécialement ambitieux, ni travailleur ni hardi.

"Remus John Lupin"

Le jeune homme s'assit sur le tabouret au bois vermoulu, et une sensation très désagréable d'intrusion dans son cerveau le prit aux tripes. Le chapeau murmurait, il ne sut jamais réellement ce qu'il disait, par contre il entendit très bien son cri dans toute la salle.

"GRYFFONDOR"

Visiblement être envoyé à Gryffondor était source de surprise. Enfin pas pour tout le monde puisque sans surprise James et Lily y furent envoyés. contrairement à Severus et Isobel qui prirent la direction 'table de gauche'. Ce dernier tirait une tête d'enterrement -pour changer- et restait là, à fixer désespérément les rainures et noeud du bois composant cette dite table de gauche -alias la table de serpentard.

"Esther Proserpine Walsh"

La jeune fille déposa son séant sur l'assise, bien déterminée à ne pas y rester plus qu'il ne fallait. Aussitôt le chapeau posé sur son cuir chevelu, elle se mit à entendre des voix. Oh mince je deviens Jeanne d'Arc ! Intéressant, ça ne va pas être facile… Loyale et persévérante, je pourrais t'envoyer à Poufsouffle … Pourquoi pas au bagne pendant que vous y êtes ? Sûre ? On ne peut plus sûre, oui. Déjà que le jaune c'est pas vraiment ce que je qualifierais de joli, si c'est pour se taper un blaireau comme animal totem… Non merci! La maison de Helga poufsouffle ne se limite pas à cela. M'en fous, je veux pas! Si vous me mettez à Poufsouffle, vous aurez une mort sur la conscience, c'est à prendre ou à laisser. Bien … Tu es curieuse et érudite, pourquoi pas Serdaigle ? Oui ! Tu n'évoluerais pas, ce serait le choix de facilité. Vous avez vraiment décidé de me casser les pieds, hein? Laissez moi travailler, je me décarcasse pour vous là, alors faites profil bas. Gnnn. Gryffondor? Tu es déterminée et hardie, bien que cela frôle la témérité. Je ne vais rien dire. Mais pas assez sincère et courageuse, pour cela. Vous me prenez pour le vilain petit canard? Taisez vous ! Ca fait déjà cinq minutes que nous y sommes, si vous continuez à m'interrompre ce sera Poufsouffle et rien d'autre! D'accord je me tais. On rentre dans le principal problème, vous êtes rusée, provocatrice, vous vous affranchissez des règles un peu trop vite pour le règlement de cette école, vous êtes fière et ambitieuse… Mais aussi étrangement que cela puisse être vous n'avez pas la mentalité pour. Les inscriptions pour Beauxbâtons sont toujours disponibles? Je vais faire comme si je n'avais rien entendu. Je vais faire au plus logique, puisque visiblement coopérer n'est pas dans vos cordes. Non pas Poufsouffle !

"SERPENTARD !"

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En espérant que ce chapitre vous ait plu, le titre du prochain sera « Get off my back » de Bryan Adams. Et oui ca retourne sur des chansons de dessin animés, je vous l'avais dit !