Oyez brave gens, nous sommes de retour (pour vous jouer un mauvais tour)
Résumé : Que croyez-vous ? Que l'on puisse échapper au mariage arrangé juste parce que l'on se nomme Sirius Black ? Et bien sachez que vous divaguez totalement ! Un James amoureux, un Remus défaitiste, un Peter dénigré et un Sirius orgueilleux. Esther en fera voir à ce dernier des vertes et des pas mures, n'en déplaise à Remus.
Rating : M
Remerciement : Bien évidemment, il faut remercier Miss Matoo et Miss Patate, pour leur aide non négligeable.
Warning : Ni Remus, ni Sirius, ni James, ne nous appartiennent, puisqu'ils appartiennent déjà à Joanne Rowling. (Même si ça ne nous dérangerait pas plus que cela, hein.)
Auteur : Je crois que c'est nous, mais je vais vérifier.
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Chapitre 4 : Get off my back
De Bryan ( Dumbledore) Adams
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1 Septembre 1971 :
Assise à la droite de Severus Rogue et en face d'Isobel, Esther rêvassait. Son regard vagabondait de droite à gauche, et il finit par rencontrer celui de Remus John Lupin. La brunette lui fit un franc sourire, qu'il lui rendit timidement, à sa manière. Saisissant un quartier d'orange qui traînait à sa gauche elle le glissa dans sa bouche pour en faire un sourire, le jeune garçon releva son sourcil gauche en signe d'étonnement. En réponse elle lui fit un clin d'œil qui, si elle avait eu cinq ans de plus, aurait pu paraître séducteur. C'est toujours séduisant une gamine de seize ans avec une orange comme sourire, non ?
A la table des Gryffondor, plus précisément James et Sirius, on se demandait ce qu'il se passait entre ces deux-là pour qu'elle fasse des grimaces pareilles. Ils observaient le jeune garçon se concentrer pour ne pas recracher son jus de citrouille en rigolant devant ce spectacle d'une Esther en train de faire le clown avec des agrumes. Et visiblement personne ne semblait remarquer le show des plus… Original. Isobel et Severus semblaient discuter en ignorant les gesticulations, quand le voisin de ce dernier commença à lui donner des coups de coude. Severus se retourna vers le grand blond qui n'avait pas l'air de fêter la rentrée, loin de là.
« Que fait exactement ta voisine ? lui demanda-t-il sur un ton menaçant.
Esther qui continuait de faire rire le Gryffondor, ne remarquait pas qu'un froid était tombé, et encore moins que le préfet de Serpentard la foudroyait du regard. Elle se retourna finalement vers son voisin à partir du moment où son pied, endolori par un autre pied, commençait vraiment à lui faire mal.
« Qu'est-ce que tu fais exactement ? lui demanda froidement le préfet,
-J'essaie de faire rire un ami, et comme tu peux le voir, j'ai l'air d'y arriver. sourit Esther en observant son ami cacher son sourire hilare de sa main droite.
- Si tu pouvais arrêter de ridiculiser notre maison pour un Gryffondor, ce serait encore mieux.
- C'est moi que je ridiculise, pas Serpentard.
- Insupportable gamine immature !…
- Et moi Esther Proserpine Walsh, mais tu peux m'appeler Esther. Ça doit être dur à porter comme nom ça, 'Insupportable gamine immature', non ? répondit la jeune fille en se tournant enfin vers le blond,
- Je suis Lucius Abraxas Malefoy, sombre idiote ! Je sais pertinemment qui tu es. Tu ridiculises Serpentard, ta famille et les Black.
- Pas de problème. » Et elle retourna sagement à son orange qui avait vécu des jours meilleurs. Lucius la foudroya du regard, jusqu'à ce qu'il réalise que l'effet escompté n'avait pas lieu.
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Ayant fini son repas, Esther se leva précipitamment et se dirigea vers la table des Gryffondor, passant outre les regards noirs des Serpentard.
« Sirius, tu en as parler ? lui chuchota-t-elle à l'oreille. A part deux trois Gryffondor qui lui jetaient eux aussi des regards meurtriers, elle était passée plutôt inaperçu.
-De ? Interrogea son fiancé le regard surpris et la bouche pleine de pain,
- Personne ne doit être au courant.
- Mais de quoi tu parles à la fin ?
- Du fait que l'on soit fiancé.
- Pourquoi ? dit le Gryffondor surpris, ayant enfin avalé son pain.
- En sortant d'ici je devrai me marier avec toi. Mais en attendant, je veux être libre. Alors jusqu'à nos ASPIC je n'ai aucun lien avec toi de cet ordre, on est d'accord ?
- Tu sais que la plupart des sang-pur sont au courant ? lâcha-t-il en se retournant vers son assiette.
- Ce qui représente environ 10% des élèves. Alors ?
- Vraiment personne ? Même pas ton Remus ? sourit le jeune homme en jetant un regard éloquent à sa fiancée;
- Personne. Et ce n'est pas mon Remus. Et même mon Remus ne doit pas être au courant, compris ? s'énerva légèrement Esther,
-Tu sais que tu viens de te contredire là ? rigola Sirius,
- C'est oui ou c'est non ? s'impatienta la brunette
- Marché conclu. Ce qui veut dire, que je fais ce que je veux ? réalisa le jeune homme avec entrain,
- Non ça veut juste dire que officiellement on a aucun lien… Rêve pas trop ». Répondit Esther en s'en allant.
12 Octobre 1971 :
Son réveil sonna, et d'une main molle elle l'éteignit et sortit de ses couvertures. On était samedi, comme à son habitude -prise depuis son arrivée à Poudlard- elle se levait aux aurores. Pourquoi me diriez-vous ? Elle avait bien compris que la foule qui se présentait au petit déjeuner n'était pas quelque chose qu'elle aimait côtoyer, alors elle venait en décalé. Après une bonne douche, et avoir enfilé sa robe noire, qu'elle arborait en toutes saisons, elle s'attela à faire ses tresses. Esther n'aimait pas les faire elle-même, normalement c'était Jolly qui s'en occupait. Non pas que ce ne soit pas de son rang, mais elle aimait quand la petite elfe la coiffait, c'était un moment calme. Jolly et Esther s'étaient toujours entendues à merveille. Leur lien ne pouvait se qualifier d'amitié, Jolly se rabaissait continuellement et n'oubliait jamais qui était le maître, mais cela ne les empêchait pas de faire des blagues, ou de confier leurs secrets. Et là, Esther n'avait plus sa confidente. Elle aurait pu se confier à Isobel, qui dormait à poings fermés dans le lit en face, ou à James, qui devait être dans le même état que sa meilleure amie ; mais quelque chose bloquait.
La jeune fille mit une dernière épingle à sa coiffure et enfila ses start-rite. A peine deux minutes plus tard, elle était dans la salle commune, et y croisa Severus dans un canapé en train de lire. Celui-ci ne prenait jamais son petit déjeuner, sous prétexte que 'déjà que manger le matin me donne la nausée, si en plus je croise des Gryffondor…'. La jeune fille ne comprenait pas vraiment cette rivalité entre les maisons. C'est juste pour pouvoir mettre une étiquette sur les gens, qu'ils font ça. T'es à Gryffondor ? t'es un héros. T'es à Serpentard ? t'es un salopard. T'es à Serdaigle ? T'es intelligent. T'es à Poufsouffle ? … T'aimes manger. Il n'y a pas besoin de nous mettre une étiquette pour savoir si on est bien ou non, on est pas stupide… Ils ont dû faire ça pour les Poufsouffle. Plus les jours passaient plus elle trouvait les règles stupides. Outre l'extrême favoritisme qui était fait envers les Gryffondor, il y avait vraiment des choses ridicules ici. Pourquoi tous les Gryffondor seraient de bonne personne ? Remus et James l'étaient, mais pour Sirius et Lily elle n'en était pas si sûre.
Car oui, Esther faisait partie de ces rares personnes qui détestaient Lily Evans. Non pas à cause de son statut sanguin, mais à cause de cette manie d'être toujours parfaite. Tout le monde la trouvait parfaite. Miss Evans ceci, Miss Evans cela. Slughorn n'en avait que pour la rousse. Non, Esther n'était pas jalouse de celle-ci. Plutôt crever oui. Non, simplement déjà dans le train elles avaient eu du mal à se supporter, mais là c'était clair et net, elles se haïssaient. Quand James lui avait demandé pourquoi elle ne l'aimait pas, elle avait juste répondu que sa tête ne lui revenait pas et puis elle avait trouvé plus d'arguments à la mesure que les jours défilaient. 'Bravo miss Evans, votre devoir sur la goutte de mort vivante est formidable !' Je vais te le faire bouffer ton devoir, avec un peu de chance on t'entendra plus geindre quand tu te fais une égratignure. Ou mieux ! je prépare la potion et là on en entend plus parler tout court ! Oui décidément, c'était l'amour fou entre ces deux-là.
Après avoir essayé de persuader Severus de venir déjeuner -en vain bien évidemment- elle sortit des appartements des Serpentard afin d'aller déjeuner, elle. La jeune fille arriva devant les portes de la grande salle, qu'elle poussa. Elles sont lourdes ces portes ! La pièce était quasiment vide. En même temps, un samedi matin à sept heure dix, fallait pas vraiment compter sur des étudiants pour venir pointer. Esther s'installa au bout de la table, à au moins vingt bons mètres de ses autres occupants. Au bout d'une dizaine de minutes, alors qu'elle avalait un morceau de bacon, la Serpentard aperçut un petit brun à l'allure incertaine, à qui elle fit signe.
« Depuis quand tu viens manger aussi tôt Remus ? Interrogea la jeune fille.
- Bonjour à toi aussi, oui j'ai bien dormi, non James n'a pas trop ronflé. Répondit son ami sur le ton de la discussion.
- Bonjour Remus… Bon dis, tu me réponds ? S'impatienta la demoiselle, en lui déposant un baiser sur la joue.
- Je dois juste travailler les potions avec Lily, alors je me suis lever tôt. Lily, Lily, encore Lily, toujours Lily. Overdose de Lily. Mais qu'est-ce qu'ils lui trouvent tous à cette nana !
- Tu manges avec moi ? Proposa-t-elle,
- Je ne pense pas avoir le droit. S'attrista le jeune homme,
- Est-ce interdit de manger à table ?
- A sa table non mais à celle des autres peut être. Répondit-il.
- On s'en fiche des autres, assieds-toi ! » Lâcha-t-elle en se retournant vers la table
Finalement il céda et s'installa à ses côtés. Ils discutaient de tout et rien. Ces deux-là étaient devenus inséparables. Du lundi au dimanche, dès qu'il y avait une opportunité pour se voir, ils se voyaient, enfin quand Lily Evans n'était pas dans les parages. Car au grand dam de la jeune fille, son ami s'entendait à merveille avec la rousse. Et un de plus, un. Je ne sais pas avec quoi elle les hypnotise, mais ça doit pas être légal. Malgré cela, à eux deux, ils étaient la définition même du mot 'consubstantiel'. Au début, le garçon ne savait pas vraiment sur quel pied danser avec elle, puis il s'était aperçu que ce n'était pas en remettant la parole d'Esther en cause qu'il arriverait à s'en débarrasser –non pas qu'il le veuille, loin de là. Elle n'avait pas l'impression de délaisser James ou Isobel –et encore moins Sirius- ils faisaient leurs petits trucs de leurs côtés et quand ils voulaient se voir, ils se voyaient. Depuis la rentrée elle ne comptait déjà plus le nombre d'heure qu'elle passait à la bibliothèque avec le garçon. Et lui ne comptait plus le nombre de fois où il la retrouvait endormie avec un bouquin. Leur amitié était étrange, au-delà du fait que ce soit un Gryffondor et une Serpentard, c'était un garçon et une fille –bien qu'avec les attitudes de garçonne d'Esther, on ne le devinait pas toujours.
« Tu peux me passer le beurre ? Demanda Remus.
- Nan il est à moi. » Lui répondit elle en attrapant le pot blanc et en le cachant sur ses jambes avec un sourire malicieux.
- Tu deviens cleptomane toi, maintenant ? rigola Remus en amorçant un mouvement vers le beurre,
- Tu viens de perdre ta cécité ? je l'ai toujours …
- Que fait-il ici ? Esther n'ayant que moyennement apprécié avoir été coupée, elle se retourna, pour apercevoir un Lucius Malefoy au-dessus d'elle avec un regard tout aussi noir que celui de la jeune fille.
- Bah voyons Malefoy, toi aussi tu es aveugle ? Remus déjeune. Lui rétorqua Esther sur un ton provocateur.
- Ne joue pas à ce jeu avec moi Walsh tu sais que je suis…
- Préfet, non je ne l'ai pas oublié, et même si je l'avais oublié c'est écrit sur ton badge. l'interrompit-elle
- Il n'a rien à faire ici.
- Si, manger figure toi. D'ailleurs tu devrais le faire, ça doit être toute cette faim qui te met de mauvaise humeur, rétorqua la jeune fille, le beurre toujours entre ses cuisses.
- Je t'ai déjà dit de ne pas jouer. Qui est-il ? interrogea Lucius sur un ton des plus snob qu'il soit;
- Remus je viens de te le dire. Devant le regard menaçant elle comprit ce qu'il voulait dire. Et non ce n'est pas un sang pur. C'est fou avec toi j'ai l'impression que l'on parle de concours équestre. 'Tu as vu la ligne de ce pur-sang ? Par merlin ce qu'il court bien.' Je vais t'avouer un truc Malefoy, le poney c'est pas mon tripe et si tu pouvais partir loin de moi en emmenant ta tête de mule avec, ce ne serait pas de refus. Je pensais qu'à seize ans ont était quelqu'un de réfléchi et d'ouvert, visiblement non tu as toujours des œillères . Je n'ai pas envie de faire des cauchemars à base de chevaux de trait, cette nuit. Pas la peine de nous enlever des points se serait de l'abus d'autorité sur mineur. lui lança le jeune fille d'une traite en le regardant droit dans les yeux.
- Je ne me gênerai pas pour si peu, siffla le préfet
- Pas la peine de monter sur tes grands chevaux Malefoy, je n'aurais qu'à tout dire à Slughorn, après tout c'est pour cela que tu t'es fait réprimander la semaine dernière.
- Je…bégaya le blond
- Arrête de te prendre le mors aux dents, après tu vas devoir aller à l'infirmerie pour prendre des calmants et vu comment c'est parti, Pomfresh te donnera une dose de cheval.
- Esther j'ai fini de déjeuner si tu as besoin de … entama Remus le plus discrètement possible
- Bien sûr que non, tu me disais encore il y a cinq minutes que tu avais besoin du beurre. dit-elle en le reposant sur la table, bien en évidence.
-Il n'a rien à faire ici ! s'énerva Malefoy
-Tu es bouché ou quoi? Je ne vois pas le problème moi, il reste plein de place à ta gauche, c'est pas Remus qui va priver tes chers compatriotes du déjeuner.
- C'est un Gryffondor. S'indigna Lucius.
- Ho mon Dieu Remus, pourquoi ne me l'avais tu pas dit avant, je me sens trahie ! Je suis fortement désappointée. Oh Malefoy c'est grâce à ton génie légendaire que tu l'a su ? Quel fin limier !» Se moqua froidement la demoiselle.
Sous le regard noir de Malefoy, Esther se retourna vers la table pour continuer son déjeuner. Remus ne savait plus vraiment quoi faire, il était partagé entre courir loin de ce grand blond effrayant et sans doute très raciste mais l'idée de terminer ses tartines avec le beurre sur lequel il lorgnait depuis cinq bonnes minutes le séduisait franchement. Et c'est alors qu'il réfléchissait comme jamais que Malefoy s'en alla vers l'autre bout de la salle dans une envolée de cape.
Finalement Remus pourrait manger ses tartines tranquillement… Mais Esther avait de nouveau subtilisé le beurre et le regardait avec un sourire de victoire.
31 Janvier 1972 :
Assise à la table de travail, Isobel, s'occupait de son devoir de Métamorphose sur le sortilège de transfert, lorsque James entra en faisant claquer la porte, ce qui produisit un accroc dans le mur et aussi l'attention de toutes les personnes présentent dans la pièce. La blondinette, qui n'avait cure de l'entrée pour le moins fracassante de son ami, n'avait pas bougé d'un iota.
« C'est quoi ton numéro de chambre ? Lui demanda James sans préambule.
-Pardon ? Gémit Isobel avec un air choqué.
-Ton numéro de chambre ?
-Pourquoi te je te donnerai mon numéro de chambre ?
-Tu as tout intérêt le faire. Se lassa Potter
- Tu m'expliques James ?
- Avec Sirius on prépare une blague pour votre maison, mais si on vous l'a fait à vous aussi je sens que Sirius ne va jamais devenir majeur. ricana-t-il.
- Remus est au courant ?
- Oui , Peter aussi mais ils ne veulent pas participer, ils trouvent ça complètement con. murmura le Gryffondor
- Vous voulez faire quoi exactement ?
- Juste boucher vos waters avec du papier mâché et des cochenilles écrasées.
- Ils ont raison, c'est complètement con. souffla Isobel en se retournant vers ses livres.
- Je ne te demande pas ton avis, mais le numéro de ta chambre…
- La dix-septième du couloir de gauche.
- Il y a pas d'escaliers enchantés ? s'informa James à la manière d'un infiltré.
- Il n'y pas d'escalier du tout. rétorqua son amie.
- Donc on peut entrer comme on veut? Chez nous les escaliers des filles sont piégés.
- Même l'école reconnaît que les Gryffondor sont des pervers.» s'exaspérera la jeune Serpentard.
2 Février 1972:
Isabelle Fournier était de ces jeunes beautés froides que l'on qualifierait d'ici une dizaine d'années de 'femme fatale' . Une belle sang-pur française au carré brun et au teint diaphane, aux yeux bleu persan et aux doigts agiles, au ton sarcastique et au caractère foudroyant.
Adélaïde Schwartzenberger ou plus généralement Adé' Schwartz était une jeune fille drôle. Elle n'était pas à proprement parler belle, mais avait le charme de son pays. Ses cheveux blonds étaient la plupart du temps coincés dans un chignon compliqué et ses joues remontaient lorsqu'elle souriait, lui donnant un petit air de souris de cartoon. Sa voix aiguë énervait les garçons, mais son rire était très communicatif.
Isobel Murphy, Adélaïde Schwartzenberger, Isabelle Fournier et Esther Walsh étaient les 'étrangères'. Le hasard avait voulu cela,et elles en étaient bien heureuses. Pas d'être traitées d'étrangères non, être traitées d'étrangères alors que -à part Adé- elles étaient toutes nées sur le sol britannique, ne leur plaisait pas tant que cela. Comme les familles Walsh et Murphy, la famille Schwartzenberger avait fui son pays natal, pour des raisons politiques, il y avait trois ans de cela. Non, elles étaient heureuses de s'être trouvées et d'avoir formé leur insurrection passive et secrète… Une insurrection un peu bidon, mais une insurrection tout de même. Au début il y avait eu pas mal de confusion de la part de l'allemande entre Isabelle et Isobel, ce qui énervait les deux concernées, bien que ces deux là s'entendaient à merveille. Adélaïde était principalement avec Esther bien que celle-ci soit celle qui partait le plus souvent en vadrouille. Considérons 'partir on ne sait où accompagné de Remus et parfois ses camarades de chambre' comme la vadrouille.
Elles furent réveillées par des hurlements. On était dimanche, visiblement il était sept heures, et le lit en face de l'allemande était vide.
« Elles ont quoi encore à crier! Gémit Isabelle, qui était celle qui avait le lit le plus proche de la porte. Se croyant dans un mauvais film, elle prit son oreiller et le mis sur sa tête pour ne pas entendre les plaintes de jeunes filles surexcitées.
- Aucune idée, je pencherais pour une mouche qu'elle aurait confondue avec une guêpe. Bah quoi, c'est connu, il y a plein de guêpes en Grande Bretagne, surtout en février ! Dit Esther en entrant.
- Qu'est-ce que tu fais ici ? Demanda Isobel qui commençait à faire son lit.
- Je viens de finir mon petit déjeuner alors je viens me brosser les dents, car je suis une jeune fille propre ! Répondit la brunette sur le ton de la dérision, en rentrant dans la salle de bain, laissant la porte grande ouverte.
- Sinon, tu as une idée de ce qu'il se passe ?
- Chon dédolé ze chait po. Articula la jeune fille .
- C'est bien d'être propre mais ça l'est aussi d'être polie, ne parle pas la bouche pleine !
- T'as qu'à pas me parler si tu veux pas de réponse.» Dit elle en crachant dans le lavabo.
4 Février 1972 :
Elle sortit du bureau de son directeur de maison, les ongles fermement plantés dans ses paumes de main pour ne pas hurler à toute la terre qu'elle vivait la plus belle injustice du monde, au moins ! Car pour une fois elle n'avait rien fait. Pour une fois ! Esther le vivait comme si elle était la nouvelle martyre de ce siècle. Quelle honte ! Accuser sans preuve ! Mais dans quel pays vivons nous !
Le regard mordant elle s'engouffra dans la salle qu'ils avaient découvert au quatrième étage. Des appartements inhabités qu'ils avaient nettoyé et mis à leur goût. Ce qui n'avait pas été facile puisque Sirius, Peter et James la voulait aux couleurs de Gryffondor, Remus se fichait bien de la décoration, et Esther la voulait noire. Le problème étant que le jeune fille criait aussi fort que les trois autres et que n'importe quoi pouvait être sujet pour se battre avec Sirius. Résultat : Remus avait tranché, elle était beige.
« J'en ai marre ! Pourquoi c'est toujours moi la fautive, dans ce bas monde! j'en ai marre ! se plaignait la jeune fille en se vautrant sur le canapé, allongeant ses jambes sur celles de Remus qui était assis en train de lire un livre.
- Surtout ne te dérange pas. dit il en gardant son attention sur son livre.
- Tu sais, un jour je vais être jalouse. Tu te préoccupes plus de ton livre que de mon malheur ! s'offusqua Esther en glissant ses bras sous sa tête.
-C'est Sainte Mangouste qui se moque de Pomfresh là ! grommela Sirius, qui jouait deux mètres plus loin avec Peter aux échecs.»
La jeune fille avait d'une mauvaise foi incroyable, ce qui ne faisait qu'enrager l'héritier des Black. Il ne passait pas une journée sans qu'ils ne se cris ou s'envoie des pics. Leur amis s'y était fait. En même temps il n'avait pas eu trop le choix. Remus était celui qui le prenait le mieux. Peter du haut de son QI de moule se taisait et soufflait. Il ne peut faire que ça, je sais même pas s'il connaît plus de quatre mots !
« Tais toi Sirius et concentre toi, Peter gagne… et pour que Peter gagne c'est que tu sais pas jouer.
- Hey ! Gronda le concerné. Peter avait une répartie à toute épreuve, qui lui valait souvent les moquerie d'une certaine brune.
- Bah quoi, tu sais pas jouer aux échecs, c'est un fait avéré. lui rétorqua t-elle comme si c'était une vérité générale.
- T'es pas obligé de te moquer.
- Et toi t'es pas obligé de jouer. lui cracha t-elle à la figure. Quand on sait pas jouer, faut pas s'étonner de se prendre des critiques. Faut assumer. Par exemple moi, je ne joue pas à la bataille explosive! Pourquoi vouloir montrer aux autres qu'on est nul? En même temps on parle de Peter là… Pourquoi je m'énerve contre lui, je sais même pas s'il comprend la moitié des trucs qu'on lui dit… Zen Esther, zen.
- Commencez pas! gémit James, sa plume entre les lèvres.
- Esther tu n'es pas obligée de l'agresser tout le temps. Marmonnait Isobel, assise à côté de James, elle aussi occupée avec sa plume et des parchemins.
- Je suis désolée mais une phrase con, une réponse con. Quand on sait pas parler, on se tait. C'est pas plus compliqué que ça. Faut pas qu'il s'étonne qu'on se fiche de lui s'il provoque !
- La liberté d'expression tu connais?
- La liberté d'expression c'est pour les humains, pas pour lui.
- Tu considères donc que les hybrides n'étant pas humains, n'ont pas droit à la liberté d'expression? demanda Remus sur un ton froid, reposant son livre. Il est flippant quand il est énervé, Mus…
- Les hybrides ont droit à la liberté d'expression ils sont à 50% humain. Lui il est à 100% con.»
Sa phrase avait jeté un froid et chacun retournait à son occupation. James et Isobel étaient en train de faire leur devoir de sortilège. Remus lisait 'La tortue d'Achille, avec ou sans talon' racontant la guerre de Troie, du point de vue d'une venait de gagner sa deuxième partie d'échec et Esther regardait le plafond.
« Sinon c'est quoi encore ton 'grand malheur' ? demanda Remus en tournant sa page.
- Ah, je t'avais raconté l'histoire de nos waters bouchés? il acquiesça en laissant son regard glisser vers James qui souriait pas aussi discrètement qu'il l'aurait voulu. Bah c'est moi que l'on accuse car notre salle de bain n'a pas été bouchée. Tu le crois, pourquoi c'est toujours moi la fautive dans cet école ? Je suis ici depuis six mois et c'est toujours moi que l'on accuse ! Tu y crois ? Scandait Esther en gesticulant.
- En même temps, ils ne t'accusent pas toujours à tort. Qui à volé les lacets des Poufsouffle ? Qui a échangé le thé et l'origan à la table des Poufsouffle? Faudrait que tu arrêtes de t'attaquer à Poufsouffle. Répondit calmement James, en griffonnant un truc sur son parchemin.
- Oui mais c'est la que ce n'est pas logique, j'ai toujours attaqué les Poufsouffle pourquoi aujourd'hui j'attaquerais ma propre maison ?
- Parce que tu ne les supportes pas ?
- Qui supporte-t-elle? A part Remus ? Demanda goguenard Sirius, qui venait de prendre la tour de Peter.
- Je suis là… C'est pas moi qui est fait le coup pour une fois , alors c'est qui ? Se renfrogna la jeune fille.
- C'est James et Sirius. Répondit calmement sa colocataire en reposant sa plume à plat sur la table.
- Hey ! Pourquoi tu nous dénonces ! Geignit Sirius alors que James soupirait.
- Parce que sinon elle va encore le ruminer pendant des jours et je veux dormir.
- C'ÉTAIT VOUS ! J'ai des heures de colle jusqu'à mars ! En plus Malefoy en a rajouté une couche et je dois les faire avec Rusard! Rusard! Hurla Esther en se relevant comme une furie.
- Tu peux bien prendre à notre place, c'est nous qui avons pris pour la fois où tu es allée voler tous les objets confisqués dans le bureau de ce même Rusard ! Maugréa Sirius, qui fit tomber la Reine de Peter.
- Merlin ! Voler suppose qu'il existe un propriétaire, or on ne peut voler la censure. Je les ai juste récupérées. Grogna la jeune fille.
- Appelle ça comme tu veux, en attendant ils ont cru que c'était James et moi, et on a pris pour toi!
- Ça vous arrangeait bien de retrouver vos affaires !
- Oui mais ça ne nous arrangeait pas de prendre des colles !
- Hun ! La prochaine fois vous vous débrouillerez pour récupérer vos affaires ! Clama Esther en claquant la porte.
- Pourquoi a-t-elle toujours besoin d'être aussi grandiloquente ? Soupira le loup garou.
- Ça veut dire quoi?
- Laisse tomber Peter, et Échec et Mat.» Répondit calmement son adversaire.
6 Février 1972:
Il n'en revenait pas. Comment pouvait on être aussi immature, aussi inconsciente et aussi géniale ? Pourquoi avait elle eu besoin de se venger sur Malefoy ? Après tout, sa petite scène dans leur salle n'avait pas été suffisante ? Évidemment , non. C'était trop peu pour mademoiselle Esther Walsh. Il avait fallu qu'elle aille échanger les fonctionnalité du rasoir et du peigne de Malefoy. Oui. Ça avait été drôle de voir Lucius Malefoy chauve. Oui. Il ne pouvait le nier. Mais était-ce seulement nécessaire ? Non. Mais tellement drôle. Pourquoi ne pouvait elle pas juste envisager d'être calme et de faire ce qu'on lui demandait? Pourquoi ? Sinon ce ne serait plus Esther, sans ses sautes d'humeur tantôt immatures, tantôt glaciales, tantôt adorables et tantôt insupportables. Pourquoi ne pouvait elle pas s'empêcher d'être normale par Merlin? Ce serait moins compliqué.
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En espérant que ce chapitre vous ait plu, le titre du prochain sera « Non-Dits » de Olivia Ruiz.
