Oyez brave gens, nous sommes de retour (pour vous jouer un mauvais tour)
Résumé : Que croyez-vous ? Que l'on puisse échapper au mariage arrangé juste parce que l'on se nomme Sirius Black ? Et bien sachez que vous divaguez totalement ! Un James amoureux, un Remus défaitiste, un Peter dénigré et un Sirius orgueilleux. Esther en fera voir à ce dernier des vertes et des pas mures, n'en déplaise à Remus.
Rating : M
Remerciement : Bien évidemment, il faut remercier Miss Matoo et Miss Patate, pour leur aide non négligeable.
Warning : Ni Remus, ni Sirius, ni James, ne nous appartiennent, puisqu'ils appartiennent déjà à Joanne Rowling. (Même si ça ne nous dérangerait pas plus que cela, hein.)
Auteur : Je crois que c'est nous, mais je vais vérifier.
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Chapitre 5 : Non-Dits
De Olivia Ruiz
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6 septembre 1971:
Ne sachant pas où la mèneraient ses pieds, elle observait les tableaux. Certains lui disaient de regarder où elle marchait, d'autres la saluaient mais personne ne voulut engager une discussion sous prétexte que "une jeune fille a certainement mieux à faire en ce dimanche après-midi". La vérité était bien ennuyeuse, elle n'avait rien à faire en ce dimanche après-midi. Elle n'avait toujours pas trouvé la bibliothèque, ses amies de dortoir travaillaient, et James et Remus n'étaient nul part. Alors elle vagabondait.
Arrivant au abord de l'infirmerie, Esther aperçut un petit garçon aux cheveux mordorés et aux yeux bleus. Remus ! La jeune fille courut jusqu'à son ami qui lui tournait le dos.
« Bonjour Remus ! Tu as l'air malade, encore plus que d'habitude je veux dire, t'es sûr que ça va ? Dit-elle en arrivant devant lui, légèrement essoufflée.
- Bonjour, lui répondit-il d'une petite voix un peu enrouée. Non ne t'inquiète pas je suis juste un peu fatigué, je ne suis pas malade enfin pas plus que d'habitude. »
Sur ces mots, elle lui déposa un baiser sur la joue. Le pauvre Remus était un peu gêné de cette réaction. Ils se connaissaient depuis six jours et elle ne le lâchait pas d'une semelle . Elle avait cette manie de l'embrasser en lui disant bonjour, et s'il n'était certes pas le seul, non elle le faisait parfois à James ou à ses amies, ça le gênait tout de même. À part sa maman personne ne l'embrassait ainsi, papa lui frottait seulement les cheveux. Cette petite fille qui faisait à peine dix centimètres de moins que lui le mettait mal à l'aise.
« Tu étais où hier ? Je t'ai cherché partout, et ni James ni cet idiot de Sirius n'a su me le dire.
- Heu... Eh bien... J'étais chez ma tante elle est malade je vais la voir de temps en temps.
- Ah d'accord... Dis moi tu veux venir à la bibliothèque avec moi ?
- Oui je veux bien. Répondit le garçon plaît, en lui emboîtant le pas, par contre… ce n'est pas par là »
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5 octobre 1971:
Terminant juste la dernière phrase de la dernière page de « La guerre de soumission », Esther reposa son livre clos à plat sur la table. En face d'elle était assis Remus, le visage cerné et zébré de cicatrices plus ou moins vieilles . On aurait dit qu'il était en état de choc. Ses mains frissonnaient, il ne faisait que bailler et ses yeux étaient comme injectés de sang. Il allait mal. C'était aussi voyant que si des néons l'avait écrit au-dessus de son front.
« Remus ?
- Hum ? Il releva les yeux vers elle. Le visage de Remus était à vous tordre l'estomac. Dans ces moment-là on pouvait lire en lui comme dans un livre ouvert, et là on y lisait surtout la fatigue.
- Tu étais où hier ?
- Voir ma tante. Et là on y lisait le mensonge.
- D'accord. »
Elle se tut. Il était trop fatigué pour une dispute.
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9 novembre 1971:
Allongé sur le canapé de leur salle secrète, James faisait voleter des plumes au-dessus de sa tête, une sorte de mobile sans lien, en somme. Esther, de son côté, essayait de décrypter l'écriture manuscrite d'un vieux sorcier certainement très aigri, vu comment il avait écrit ! Quand on écrit un livre pour transmettre quelque chose, et bien le minimum c'est que les gens puissent le lire !
« Ouvre les yeux Esther, il le saura bien un jour." Les plumes retombèrent sur son ventre.
- Et le plus tard sera le mieux !
- Pourquoi ?
- Pourquoi quoi, James ?
- Pourquoi ne veux-tu pas qu'il sache que tu es fiancée ? »
Le visage de son amie d'enfance se tordit dans un rictus; non pas de dégoût, mais de gêne. Elle ne voulait pas être mariée à Sirius Black. Pour les autres elle était et restera la fiancée de Sirius Black. Elle avait l'impression qu'elle n'existait pas par elle-même en étant 'la femme de'. Esther était déjà la fille des nobles Walsh, ça lui suffisait. Elle était un membre de cette famille à part entière, mais ça n'avait pas été grâce à sa volonté. Elle restait cette fille aux yeux bizarres, un peu trop grande, recouverte de grains de beauté et aux sautes d'humeur. Elle savait que c'était utopiste et terriblement enfantin comme pensée, mais elle aurait juste aimé pouvoir prendre son temps et du recul face à cela, elle ne voulait pas de cette destinée toute trouvée. Je veux vivre dans l'instant, merde ! Esther le savait, elle avait un caractère impossible, mais elle ne voulait pas le changer. Elle se fichait bien de faire du mal aux gens, et même si sa franchise était parfois dure à recevoir, elle ne se privait pas, sauf évidemment si cela lui rapportait quelque chose de ne pas dire les choses crûment. Là, oui, le mensonge était de mise, et qu'est-ce que c'était bon de berner ces idiots de Poufsouffle ou de Peter. Elle ne voulait pas changer, et se marier avec Sirius impliquait ce changement, pour ne pas avoir un homicide sur les mains.
« C'est pas lui en particulier, c'est juste que je ne veux pas que ça se sache, c'est tout.
- Pourquoi ton petit groupe de Serpentard ou moi auraient le droit de savoir et pas lui hein ? Moi j'ai plus l'impression que tu veux rester libre pour lui, il te plait bien hein ? Je me trompe ? Tu peux me le dire à moi, après tout je suis James.
- Toi tu le sais parce que tu connais ma famille, c'est pas pareil. Et Remus est mon ami. Rien de plus.
- Tu vas faire croire ça à qui ?
- On a douze ans James ! » Souffla-t-elle.
Douze ans ?! Est-ce que James savait ce que cela impliquait ? Ça n'implique justement rien, rien n'est important quand on a douze ans. Encore moins un béguin stupide d'enfant ne connaissant rien à la vie ! Qu'est-ce qu'elle pouvait espérer de la vie, quand elle est déjà tracée pour vous ? Quand on vous dit que vous êtes des enfants, et que vous devez encore rêver ? Quand vous avez grandi trop vite et que vous n'avez jamais rêvé d'être une princesse ou une médicomage ? Quand c'est votre choix de n'avoir jamais voulu vous restreindre à un conte de fée fictif alors que vous en lisez des réels chaque jour dans un livre ? Que vous vous comportez comme une vieille demeurée alors que vous êtes une enfant de douze ans ? À douze ans on se construit, on n'est pas encore quelqu'un avec une vie préfabriquée. Oui, pour James avoir douze ans n'impliquait que sortir avec cette stupide Lily Evans et faire les quatre cent coups avec sa bande de copain.
« Bah et alors ? Je te dis pas que tu vas te marier avec lui, je dis juste que tu as un faible pour lui .
- C'est sûr que je risque pas de me marier avec lui... En plus c'est juste un béguin rien de plus ok ?... Ne me regarde pas comme ça ... Toi et ton insupportable rouquemoute t'es pas mieux !
- Tu le connais que depuis deux mois...
- Tu te rappelles de ta scène avec Evans dans le train... Alors pouet pouet camembert !
- Je persiste à dire qu'un jour ou l'autre il saura, répliqua James pour rediriger la conversation.
- Et ce jour n'est pas aujourd'hui. »
Et Merlin savait à quel point elle ne voulait pas que cela se sache, encore moins Remus. C'était peut-être débile, mais elle espérait en gardant Remus dans le mensonge pouvoir fuir Sirius, sa famille et leur mariage à deux ronds. Sirius, lui, avait encore son enfance, il était l'enfance même, et peut être que dans un sens elle l'enviait. Il était toujours innocent et joyeux malgré sa famille et ses fiançailles. Sirius arrivait encore à voir le côté merveilleux dans tout ce qui lui arrivait. Esther, elle, avait toujours cette sorte d'amertume en elle. Qu'elle le veuille ou non, elle acceptait moins les choses que les autres, elle n'arrivait pas à voir le monde comme les autres. Et quand Esther laissait émerger son côté enfantin qu'elle gardait enfermer au plus profond d'elle-même, elle passait pour folle ou déjantée. Il valait mieux qu'elle se ferme et que personne ne sache rien.
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31 janvier 1972 :
Comment peut-on laisser passer ça ? C'est fou… Remus lisait « Qui se souvient de Fidelcass le troll » qui parlait de la dictature des trolls sur les gobelins. Et on pouvait dire que les trolls n'y étaient pas allés de main morte de 1345 à 1367.
« Tu étais chez ta tante ?
- Oui, murmura platement le jeune garçon
- Tu y vas souvent, elle est si malade que ça ? »
Esther demandait à chaque fois alors qu'elle connaissait la réponse ; quand il n'était pas là il était 'chez sa tante'. Ce n'était pas bien compliqué. Remus se demandait de plus en plus si Esther n'avait pas des soupçons. Ce qui était possible, mais il n'espérait pas. Non vraiment. Il pouvait assumer être introverti et timide, mais lycanthrope un peu moins. Aussi étonnant que cela puisse être.
« Oui » boucla-t-il la conversation
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4 mars 1972 :
Remus la regardait du coin de l'œil alors qu'elle discutait calmement avec James au coin du feu dans leur salle.
«Il se doute de quelque chose, Esther. Dit James sur un ton las.
- Il n'y a aucune raison pour qu'il se doute de quelques chose.
- Il m'a demandé ce matin pourquoi Sirius et toi vous vous détestiez.
- Oui et bah ? s'énerva quelque peu Esther.
- Je lui ai répondu que ça faisait longtemps que vous étiez comme ça et qu'il ne fallait pas chercher.
- C'est juste ça ?
- Non il m'a demandé aussi pourquoi si vous vous détestiez pourquoi vous étiez souvent ensemble. Et je lui ai dit que c'était à cause de vos
parents... Mais je te jure qu'il se doute d'un truc !
- James calme toi... C'est n'importe quoi ton bidule, il se doute de rien. Il a juste posé une question... Pas besoin d'en faire un fromage. »
Répondit la jeune fille, puis elle salua son ami et partit se coucher. Remus ne pouvait pas deviner. Ou du moins elle ne voulait pas le croire. Alors elle essayait de se persuader, même si l'auto persuasion ne marche pas à tout les coups.
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14 avril 1972 :
« Encore chez ta tante ? Interrogea la fillette.
- Oui.
- Je sais pas ce que tu y fais mais tu en reviens plus fatigué que tu n'es parti...
- Je sens de l'exaspération dans ta voix, je me trompe ?
- Je ne suis pas exaspérée. Dit Esther, exaspérée.
- Tu es sûre ?
- Bah voilà, c'est bon je suis exaspérée ! C'est ta faute ! » Éclata la demoiselle.
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26 juin 1972 :
« Toujours chez ta tante… remarqua Esther
- Oui j'étais chez ma tante, je sais pas ce qui t'énerve dans le fait que j'y aille.
- Ce qui m'énerve c'est que tu ne sais pas mentir 'Mus ! répondit Esther sur un ton mi énervé-mi triste.
- Je ne mens pas ! Aussi crédible qu'un arracheur de dent.
- Ah oui ? Alors qu'est-ce que tu faisais à l'infirmerie ?
-...Heu... Je me suis égratigné le coude là-bas. Tenta de répondre le garçon
- Le mensonge te va mal Remus.
- Je ne te mens pas Esther ! Dit-il sans y croire lui même.
- Pourtant quand j'y suis allée tu dormais sur un lit... Pour une simple égratignure tu as été drôlement touché.
- Parce que je suis douillet.
- Bah voyons...» Souffla la demoiselle .
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2 septembre 1972 :
« Bonjour Esther ! Pourquoi tu n'es pas venu nous voir hier dans le train ? Interrogea Remus.
- J'avais mieux à faire. Siffla-t-elle.
- Pourquoi est-ce que tu es énervée ?
- Parce que je me suis rendue compte que tu étais un menteur.
- Je te demande pardon ? demanda-t-il avec angoisse.
- Maman m'avait offert un journal intime pour noter mes humeurs et que je relativise et que j'arrête de m'énerver pour rien pour ma rentrée l'année dernière. J'ai noté mes journées et cet été je l'ai relu, et je me suis rendue compte d'une chose. Tu disparaissais à chaque pleine lune. Alors soit tu participes à un sabbat de sorcière à chaque pleine lune, soit ta tante à une maladie qui ne se déclare qu'à la pleine lune ou soit tu es un loup garou. Aussi étrange que cela puisse être je ne crois pas une seconde les deux premières hypothèse. Alors quelque chose à dire ? Je t'écoute. Annonça-t-elle d'une traite en le fixant.
- Heu... Je ...
- Bah alors ? Où est passé le Remus si éloquent ? Hein ? Tu as donné ta langue au loup ? Pourquoi tu ne dis rien ? Pourquoi tu ne me dis rien ?
- Ça ne te regarde pas...
- Quel argument convaincant... Tu vas me sortir le « c'est celui qui dit, qui l'est » aussi ?
- C'est mon problème pas le tien Esther, tu comprends pas ! S'énerva Remus pour la première fois
- Soit. Je ne comprends pas. La seule chose que je comprends c'est que tu n'aies pas compris à quel point je tenais à toi. En fait je ne suis pas énervée parce que tu m'as menti, mais parce que je ne peux plus te faire confiance.
- Tu n'aurais pas compris...
- Peut-être, mais tu me l'aurais dit.
- Ça aurait vraiment suffit ? Se moqua-t-il presque.
- Non, mais nous n'aurions pas cette discussion aujourd'hui.
- Aujourd'hui ou demain quelle est la différence ?
- Moi je la vois la différence.
- Que voulais-tu que je fasse ? Que je te dise « Bonjour je suis un loup garou et toi ? » Réfléchis ! Qu'aurais tu pensé ? Que penses tu d'ailleurs ? Tu me cries dessus car je t'ai « trahi » mais j'attends les plaintes de dégoût... murmura le jeune homme en baissant la tête.
- Si c'est ce qui peut te faire plaisir, je suis désolée car tu n'entendras pas ça chez moi !
- Je ne te dégoûte donc pas ?
- Si, ton mensonge me dégoûte. Si la question est ; est-ce que le fait que tu sois un loup garou me dégoûte ? La réponse est non. Tu ne m'as pas attaquer jusqu'ici ? Non ? Bon bah alors ?
- Je sais pas, je… Tu me pardonne ? implora-t-il
- Non. Trancha la jeune fille
- Je suis désolé Esther, je…
- Non je ne te pardonnerai pas, maintenant je vais te laisser.
- Esther… » Il la regarda partir à grandes enjambées… Il sentit une petit goutte perler au coin de son œil gauche.
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« Severus !
- Qu'est-ce qu'il se passe… Tu as encore perdu Socrate ? Demanda le brun, blasé.
- Oui mais c'est pas ça le problème.
- Ah donc tu te fiches de ton chat ?! Ça valait bien la peine qu'on le cherche pendant des heures la dernière fois ! Dit-il exaspéré en retournant à ses occupations.
- Si je l'aime mon chat, mais j'ai un plus gros problème.
- Tu t'es pris un râteau par Lupin ? ricana le jeune homme
- Non, je me suis engueulée avec lui.
- Ça veut dire que je vais te servir de bouche trou ?
- Oui mais mon bouche trou en chef ! répondit-elle fièrement.
- J'ai quoi en échange ?
- Ne pas être tout seul ?
- Non ça c'est ton objectif, pas le mien… Tu me fais mes devoirs d'histoire jusqu'à Halloween ? Proposa Severus.
- Ça me va !… Severus ?
- Quoi encore ?
- Je t'aime. Murmura Esther avec un petit sourire.
- Ah non je ne fais pas bouche trou pour ça aussi !
- Ah mais je t'aime pas de la même manière que Remus ! Je t'aime comme un ami !
- Tu reconnais donc que tu n'aimes pas Lupin comme un ami ?
- Arrêtez avec ça ! Que ce soit toi ou James, vous êtes insupportables !
- Merlin, j'ai un point commun avec Potter ! Releva le jeune homme en mettant sa main devant sa bouche pour mimer une nausée.
- Bah voilà, raison de plus pour que tu arrêtes ! »
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3 septembre 1972 :
« T'étais pas avec Esther aujourd'hui ? Demanda James.
- Non.
- Qu'est-ce qu'il y a Remus ? S'inquiéta son ami.
- Je crois que notre Remus s'est pris un râteau, James.
- Un râteau par qui ?
- Bah par Esther.
- Impossible ! cria presque James
- À qui veux-tu qu'il aille se déclarer ? Evans ?
- Déjà Lily c'est impensable. Et c'est impossible que Esther lui fasse ça ! Impossible ! James ne comprenait clairement pas.
- Je ne me suis pas pris un râteau… Ni par Lily, ni par Esther… Je me suis juste engueulé avec Esther.. C'est tout.
- Ah je vois que tu as ouvert les yeux. Tu as vu comme elle est chiante ? compatis Sirius.
- Sirius…
- Pourquoi vous vous êtes engueulé ? continua James
- Un truc entre nous, c'est rien… Et non je ne me suis pas pris de râteau Sirius je t'arrête tout de suite ! le coupa Remus.
- Sûr ?
- On ne peut plus sûr. »
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9 septembre 1972 :
« Qu'est-ce que tu fais, c'est n'importe quoi ?
- J'innove ! Déclara la jeune fille, très fière.
- Comment ça tu « innoves» ?
- Pourquoi se cantonner à ce qu'il y a d'écrit sur le livre, alors que l'on peut réinventer le monde des potions ?
- Pour ne pas créer une catastrophe… répondit Severus
- La catastrophe n'est-elle pas belle ? C'est dans le vrai chaos que l'on trouve l'art !
- On te demande une potion d'amnésie, pas le tableau du siècle Esther …dit-il les yeux au ciel.
- C'est là ton problème Severus. Tu vois pas assez loin. Pourquoi rester dans les carcans d'une recette. Réinventons le monde avec notre art. Aujourd'hui cette potion, demain les potions. Réinventons le monde pour qu'il devienne nôtre !
- C'est de la bouillie intellectuelle… dit-il en retournant à sa potion qui, elle, à défaut de ne pas être artistique, ne risquait pas de tuer qui que ce soit.
- Un peu comme ma potion finalement, j'ai atteint mon but. Et toi Severus quel est ton but ?
- Que tu te taises et que tu me laisses faire ma potion. Conclut Severus.
- Quelle piètre perspective... »
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18 septembre 1972 :
« Elle est capable de bouder pendant combien de temps encore, tu crois James ?
- Esther ne boude pas… Il n'y a qu'à toi qu'elle fait la tête… bon et à Sirius mais ça, ça ne change pas de d'habitude.
- Merci de me rassurer…
- Bah là, elle peut encore tenir très longtemps. Tu veux toujours pas me dire pourquoi elle te fait la tronche ?
- Non.
- Ça dépend vraiment de l'importance de la chose… c'était important ?
- La confiance, c'est important selon toi ?
- Ah bah là mon pépère t'es pas sorti de l'auberge ! Estime toi heureux si elle te reparle pour Halloween.
- Tu es sérieux ?
- J'exagère à peine. Bonne chance ! »
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31 septembre 1972 :
« Esther ? s'approcha prudemment Remus.
- Adé, tu viens faut que j'aille aux cuisines ? l'ignora la demoiselle en question.
- Esther, s'il te plaît arrête de me faire la tête...
- Allez, il faut qu'on se dépêche sinon Isa va crier.
- Hum. acquiesça Adélaïde, blasée.
- Esther… » Implora Remus
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14 octobre 1972 :
« Remus ?
- Oui ? Sursauta le lycanthrope
- Pardonné mais pas oublié, compris ?
- Sérieusement ? S'extasia-t-il.
- Oui.
- Merci. Dit-il sincèrement.
- Mais tu m'expliques tout ? Ordonna son amie.
- D'accord. »
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13 novembre 1974
En ce dimanche après-midi Remus lisait tranquillement dans leur petite salle secrète. « La peur est hors-budget » un roman assez long et assez rébarbatif parlant de l'état de crise dans lequel vivait l'Angleterre. James, Sirius et Peter préparaient leur nouvelle farce, Lily devait traîner avec Mary Macdonald dans le parc et Esther était en colle avec Rusard pour avoir 'donné un bain à Miss Teigne dans le lac noir, car elle sentait mauvais'. Alors qu'il s'apprêtait à s'endormir sur ce livre qui n'était pas des plus palpitant, un hibou frappa à la fenêtre. Hubert, l'oiseau de ses parents venait comme bon lui semblait. C'est vrai pourquoi venir le matin durant le petit déjeuner c'est si simple de venir quand on ne s'y attend pas ? Il fit entrer la bestiole et lui prit la lettre. Après un blabla quotidien sa mère commença à lui compter sa journée.
{…}
Puis après être passé à l'administration pour renouveler la carte de ton père
(ce qui a pris énormément de temps, c'est incroyable comme vos services son d'une lenteur phénoménale, je ne m'y ferai sans doute jamais).
Nous allions rentrer déjeuner (je n'avais plus qu'à mettre la dinde au four) quand nous avons croisé les Walsh et les Murphy (tu sais les parents d'Esther et Isobel) Finalement nous avons déjeuné ensemble. Ton père devrait revoir son avis sur les Sang pur, ou tout du moins ceux-ci.
Même si je ne suis pas tout à fait d'accord avec certaines de leurs décisions. Nous avons beaucoup discuté.
A vrai dire, surtout des fiançailles de Sirius et d'Esther. Je trouve cela un peu barbare mais après tout, nous, les moldus faisions ça il y a encore une petite centaine d'année…
Et ensuite nous sommes rentrés préparer le dîner de ce soir avec ton grand-père. Il te passe le bonjour d'ailleurs
{…}
La bonne blague ! Sa mère avait dû mal comprendre, c'était impossible. Esther et Sirius fiancés ? Jamais ! Ça ressemblait trop à une rumeur bateau d'une troisième année en mal d'amour rêvant au prince charmant. Après tout sa mère avait dû confondre avec quelqu'un d'autre.
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Remus descendit le grand escalier les mains dans les poches et un léger sourire aux lèvres. Qu'est-ce que maman a encore inventé ?! Alors qu'il comptait rejoindre la grande salle pour prendre son dîner, Remus croisa Adélaïde avec son habituel sourire franc.
« Bonjour Remus Lupin, comment vas-tu ?
- Très bien et toi ?
- Isabelle nous a fait une crise mais je vais bien, c'est Isobel qui c'est tout pris.
- Pourquoi ?
- Oh trois fois rien, tellement rien que je ne sais même pas pourquoi elle criait. Et toi tu as reçu des nouvelles aujourd'hui ?
- Tu sais on est dimanche il ne se passe pas grand-chose. Ma mère m'a envoyé une lettre me disant qu'Esther et Sirius allaient se marier, c'est ridicule !
Le sourire d'Adélaïde se fana durant une seconde, mais le garçon le remarqua tout de même. Était-ce vraiment une blague ?
- Évidemment, c'est ridicule…
- Adé, c'est une blague ou pas ?
- Ta mère a dû comprendre autre chose…
- C'est pas une blague, hein ?
- C'est pas à moi de te parler de ces choses-là Remus.
- Qui ? Qui est au courant ?
- Les filles de notre dortoir, James et Isobel le savent car ils se connaissent depuis qu'il sont en âge de marcher, et puis la plupart des Sang-pur, c'est un petit cercle et les choses se savent.
- Parce que les choses ne se savent pas dans une école ?!
- Si mais on ne parle pas trop de ce genre de chose, ou alors chez nous. On ne parle pas des alliances en dehors de nos petits cercles tant qu'ils ne s'affichent pas ensemble, et puis Esther et Sirius c'est compliqué…
- Pourquoi ne m'a-t-elle rien dit ? Et puis ils sont fiancé depuis quand ?
- C'est pas à moi de t'en parler Remus.
- En attendant tu es la seule à m'en parler.
- Faut que tu en discutes avec Esther, mais c'est pas seulement toi, elle ne voulait que personne ne le sache. Ça doit bien faire cinq ans maintenant, je crois.
- Tu plaisantes ?
- Non »
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Il n'avait plus envie de dîner. Il n'avait plus envie de rien, si ce n'est frapper dans un mur. Ce que Remus fit. Il se blottit contre le mur perpendiculaire au couloir de la grande salle. Remus resta assit une petite demie heure sans savoir réellement pourquoi il attendait. Il entendait les élèves passer dans le couloirs sans qu'il ne le voit.
« Mais quel con…
- Si je suis con, qu'est-ce que tu es toi ?
- Bah intelligente du coup.
- Ça pue l'amour entre vous c'est fou,
- Que veux tu, je ne vis que pour ses beaux yeux.
- Je t'emmerde Sirius…
- Qu'est-ce que ce sera au mariage !
- Être enfermé H24 avec ce bipède arriéré. C'est l'un de mes rêves. »
Aussi énervé qu'il puisse l'être une semaine après la pleine lune, il se leva et fonça vers les dortoirs de Gryffondor. Une fois là-bas il retira rageusement ses vêtements et s'engouffra sous les couettes. Il en avait marre de se faire berner, d'être trop naïf et de donner sa confiance trop facilement. Pourquoi fallait-il que ce soit toujours lui qui passe pour un con. Parce que là, il n'y avait pas d'autre mot. Pour être tombé amoureux de la fille qui appartenait depuis belle lurette à l'un de ses meilleurs amis, il n'y avait qu'un mot pour cela et c'est con. À force d'être gentil l'on passe pour un ignare. Et quel bel ignare il était. De toute façon il n'avait aucun avenir avec elle, elle et aucune autre. Comment un loup garou pouvait-il avoir un avenir quelconque avec une fille ? Fenrir avait vraiment gâché sa vie. Même si elle ne le disait pas il devait la dégoûter. Quel monstre il était. Autant avant il pouvait espérer, mais maintenant. La porte s'ouvrit sur ses amis visiblement aussi heureux qu'il les avait quitté.
« Remus ?
- Il dort, laisse le Sirius.
- Peter devrait bientôt sortir de l'infirmerie ?
- D'ici demain, la potion de Rogue était coriace à ce que j'ai compris.
- Hum.
- Tu penses pas que vous devriez faire la paix avec Esther, tu vois bien que vous pouvez être amicaux.
- Elle m'a traité de con, c'est pas ce que j'appellerais amical.
- Faudra bien que tu t'y fasses un jour, d'ici quatre ans vous serez mariés.
- Merci de me le rappeler…
- Et si ça se trouve d'ici dix ans vous aurez de beaux bébés joufflus qui t'appelleront 'papa'.
- Calme toi Cornedrue, je ne veux pas vomir mon repas, merci. »
Ce soir-là, Remus était tombé de haut. Et aussi lourd qu'était le silence, une unique larme tomba sur l'oreiller de Remus.
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En espérant que ce chapitre vous ait plu, le titre du prochain sera « Cannonball » de Supertramp.
Post-scriptum : Étant en période de vacances, il y a de très grande chance pour que le prochain chapitre ait du retard pour cause de non possibilité d'écrire ou de publier.
