Résumé : Que croyez-vous ? Que l'on puisse échapper au mariage arrangé juste parce que l'on se nomme Sirius Black ? Et bien sachez que vous divaguez totalement ! Un James amoureux, un Remus défaitiste, un Peter dénigré et un Sirius orgueilleux. Esther en fera voir à ce dernier des vertes et des pas mures, n'en déplaise à Remus.

Rating : M

Remerciement : Bien évidemment, il faut remercier Miss Matoo et Miss Patate, pour leur aide non négligeable. Et a lune patronus pour son commentaire.

Warning : Ni Remus, ni Sirius, ni James, ne nous appartiennent, puisqu'ils appartiennent déjà à Joanne Rowling.

Auteur : encore et toujours nous

o0o0o0o

Chapitre 6 : Cannonball

De Supertramp

o0o0o0o

13 Novembre 1974 :

Il avait toujours autant envie de rire. Remus était allongé, emmitouflé dans sa grosse couverture, les pieds repliés contre ses cuisses et le cœur battant la chamade. C'est purement et simplement impossible ! Il renifla. Comment Sirius et Esther pouvaient-ils être fiancés ? Comment ? C'est irréaliste ! Irréel ! Irréalisable ! Des larmes perlaient au coin de ses yeux bleus. On m'aurait dit 'James et Esther', ce serait plus concevable, mais Sirius et Esther ! C'est suicidaire de les allier ! Une personne un tant soit peu réfléchie et voulant une descendance aurait crié au scandale ! Il pensa alors que suite à cela, Esther aurait ajouté 'si tant est qu'elle ne soit pas muette…' Remus ravala son rire. Oui Esther aurait très bien pu dire cela. Non ce n'est qu'une vaste blague. Je nage en plein rêve – ou cauchemar. Esther n'aurait jamais laissé passer ça, aussi risible que paraisse la chose, Esther n'aurait pas laisser passer ça ! Et Sirius, aussi provocateur puisse-t-il être, Sirius aurait fait une scène à ses parents. Sirius n'a pas d'instinct de survie, mais à ce point là ! Sirius était l'allégorie de la Rébellion ! Jamais Sirius n'aurait laissé passer ça ! Jamais !

14 Novembre 1974 :

Et parmi les nombreuses questions qu'il se posait ces jours-ci, une en particulier ne trouvait pas de réponse et l'empoisonnait. Pourquoi ne me l'ont-ils pas dit? Sirius est quelqu'un de secret, qu'il ne me l'ait pas dit ne me choque pas… mais qu'Esther, qui prône la sincérité, me mente à ce point me dégoûte. Je comprends ce qu'elle avait voulu dire quand elle avait parlé de dégoût. Je suis tellement en colère que j'en ai presque la nausée. Elle me demande l'authenticité, mais son authenticité à elle est un artifice. C'était bien Serpentard ça ! 'fais ce que je dis mais pas ce que je fais' quelle belle philosophie de vie … Elle est fausse, tellement fausse ! Non je ne peux pas pardonner comme cela. Je me suis fait berner trop facilement. Oui, je le reconnais j'agis par pure fierté. Mais elle n'a pas réagi comme ça elle peut-être? Elle doit comprendre comme cela fait mal de se rendre compte que cacher des choses pour protéger n'est pas toujours la bonne solution, comme je l'ai appris. Je suis fier, au combien fier, d'avoir des amis. Ils me font oublier au quotidien que je suis un monstre. Mais là c'est l'humain qui est attaqué, pas le monstre. Je ne comprends pas pourquoi mes amis m'ont caché la vérité. Qu'ils ne le disent pas à tout le monde je l'admets, Peter n'est clairement pas dans les petits papiers d'Esther et n'est pas des plus intimes avec Sirius, il se peut qu'il ne soit pas au courant. Mais moi. Moi ! Je suis le meilleur ami d'Esther, et l'un des meilleurs amis de Sirius. Je pensais compter un minimum pour qu'on me dise que mes meilleurs amis sont fiancés ! Mais visiblement non ou pas assez en tout cas…

15 Novembre 1974 :

Après tout, Sirius et Esther ne sont pas très proches, avec un peu de chance les fiançailles s'arrêteront rapidement lorsque le mariage approchera et qu'ils prendront conscience de ce que cela implique. Ils réagiront forcément ! C'est pour ça qu'Esther n'a rien dit ! C'est sûrement en cours d'annulation, les choses changent et elle ne voulait pas m'inquiéter pour rien... Sinon pour quelle raison ne m'aurait-elle rien dit ?

16 Novembre 1974 :

Pourquoi voudrait-elle 'ne pas m'inquiéter' ? Qu'est-ce que ça peut lui faire que je sois inquiet ? Elle doit s'inquiéter du bien-être de Sirius, pas du mien ! Après tout je ne suis que son ami, c'est pas comme si j'avais à juger sa vie sentimentale ou y interférer. Je ne suis que son ami. Que son ami. Point. Je ne suis rien qu'un monstre, de quel droit je pourrais changer quelque chose ? Je ne suis qu'un monstre et son ami à mes heures perdues. Je ne peux pas interférer. Est-ce que je mérite au moins d'être son ami ? Suis-je digne d'elle ? Ne l'ai-je pas trahie ? Elle n'a pas besoin de moi pour quoi que ce soit, encore moins pour sa vie amoureuse… Je ne lui sers à rien, elle ne m'a jamais aimé… C'est pour ça qu'elle ne m'a rien dit.

3 Avril 1973 :

Les giboulées de mars auraient dû être finies, mais elles en avaient apparemment décidé autrement. Les bourrasques faisaient plier le poirier sur la colline d'en face. Ce ne serait visiblement pas une petite averse cet après-midi. Le ciel, d'un gris assez étrange, clair par endroits et plus sombres à d'autres comme au-dessus du poirier, baignait le parc dans une obscurité diurne oppressante.

Le ciel semblait aujourd'hui accordé aux états d'âme des élèves : Remus s'ennuyait ferme, son avant-bras appuyé contre le chambranle de la fenêtre de noisetier. L'odeur du feu de cheminée lui montait à la tête et l'asphyxiait presque. Perdu dans ses pensées, il ne cessait de ruminer. Mais soudain, dans un unique mouvement vif, il quitta ce brouillard qui l'enveloppait et se dirigea vers la bibliothèque.

La pièce était assez prisée par les élèves que le temps rendait mornes. La chaleur de ce lieu serein les accueillait et les chuchotements discrets étaient passé de las à joyeux. Remus finit par trouver un coin tranquille. En voyant une chevelure brune se retourner soudainement, son cœur avait manqué un battement, mais ce n'était qu'une Poufsouffle quelconque.

Assis et la tête entre deux pages d'un bouquin, il n'avait qu'une envie : dormir.

17 Novembre 1974 :

Le regard vide et les pieds traînants, Remus se dirigea vers la grande salle pour dîner. Quand il aperçut Peter à l'angle, il rebroussa chemin. Je ne suis pas lâche, je ne veux pas m'expliquer. C'est différent. Et puis bon… C'est pas comme si j'avais très faim. Il retourna en direction de son dortoir.

« Sirius ?

- Humm ?

- Remus n'est pas venu manger ?

- Non. Toujours pas.

- Sirius ?

- Je suis si irrésistible pour que tu m'adresses la parole deux fois dans la même journée ?

- Primo ça veut rien dire ce que tu dis et deuzio tu pourrais me dire si Remus vous parle le soir ?

- Je ne participerai pas à tes manigances de Serpentard ! S'il te fait la gueule faut t'en prendre qu'à toi-même!

- Il te fait la gueule aussi et en plus je veux juste savoir s'il vous parle, pas ce dont il parle ! Nuance !

- Je suis pas un collabo', vois ça avec James…

- James n'est pas un 'collabo' !

- J'ai pas dit ça. James voudra vous réconcilier, alors que moi je n'en ai rien à cirer !

- Que de délicatesse… Je n'en attendais pas tant.

- Si tu n'attendais rien, pourquoi tu viens me parler ?

-Tu as raison, j'ai porté trop d'espoir en toi… un peu comme ta famille …

- Mais je t'emmerde !

- Tu pourrais varier tes insultes ? Ça en devient lassant… bah tu vas où ? »

20 Novembre 1974 :

Aujourd'hui Esther avait passé la matinée avec Severus. Et là elle était à table et elle n'avait pas faim. Elle jouait avec les trois petits pois qu'elle s'était servie, les transperçant, assez violemment il faut le dire, de sa fourchette. Severus regardait avec consternation ces innocents qui semblaient devoir absorber toute la colère du monde.

« Tu fais presque pitié à voir.

- Plus que d'habitude, pour toi ?

- Encore pire !

- Salazar, qu'est-ce que ça doit donner.

- Lupin est là.

- J'ai vu.

- Tu as vu aussi la grimace qu'il fait ?

- C'est normal qu'il fasse la gueule, il reste que des blettes.»

Et Esther eut un petit pincement au cœur en se rappelant à quel point elle le connaissait bien.

o0o0o0o

Tic-tac-tic-tac. Sa montre ne faisait qu'empirer l'état dans lequel il était. Tic-tac-tic-tac. Merlin ce que cela le stressait. Tic-tac-tic-tac . Non mais arrêtez la non d'un chien ! D'un geste pressé Remus retira le cadeau de son père pour ses treize ans et l'enfonça profondément dans son sac. Son père devait être super fier de cette montre qu'il avait ensorcelé pour révéler à Remus lorsqu'il le souhaitait l'actuel niveau du cycle lunaire. Cela ne faisait pourtant qu'ajouter du stress pour Remus de voir la pleine lune arriver, alors que son corps se faisait déjà un plaisir de lui rappeler. Ressortant nerveusement sa montre, il lui jeta un silencio ! et poursuivi son chemin.

Remus était passablement énervé. Juste un peu. Juste assez pour que les élèves qui n'étaient pas des amis intimes en soit étonnés. Remus, habituellement, ne s'énervait pas. Il grondait, mais ne s'énervait pas. Remus était naturellement flegmatique. Or ses manières quotidiennes étaient bouleversées alors que Remus est quelqu'un d'ancré dans ses habitudes..

Et malheureusement pour lui, celles-ci étaient calquées sur celles de ses amis. Sauf qu'aujourd'hui, à 17 : 32, il n'avait plus l'impression d'avoir d'amis. Un peu comme dans le train la première année. Remus se sentait agressé à chaque instant.

Mais il n'y avait pas que des habitudes qui était la raison de son énervement.

La pleine lune était dans deux semaines donc ce n'était pas un motif valable. Oui il avait mangé des blettes mais ce n'était toujours pas la raison de son énervement. On ne s'énerve pas pour des blettes !

Ce qui le rendait malheureux c'est qu'en définitive il se sentait idiot. Ça faisait une semaine qu'il ne lui parlait plus et il était vide.

Il n'avait même plus d'émotions. Il ne riait plus aux blagues de Cornedrue. Il n'avait plus d'empathie pour Queudver. Il n'était plus dépité par Patmole. Rien. Sa vie, depuis quelques jours ne se résultait que par une négation de tout. Il se sentait juste bête. Peut-être que mon QI aussi est passé en négatif, qui sait ?

Il la voyait lui jeter des coups d'œil de temps à autre. Il avait envie d'aller lui parler ou même juste la regarder droit dans les yeux comme avant.

Mais il ne pouvait pas, il se sentait trop idiot.

o0o0o0o

Les jours passaient et rien ne se passait. Ça faisait maintenant une semaine que Remus l'ignorait et que Sirius riait dans sa barbe -aussi inexistante soit elle.

Les heures passaient et elle ne pouvait pas lui confier ses aventures aussi rocambolesques que ridicules, remplies de "Non mais t'as vu c'est incroyable… Remus tu m'écoutes… Ouais c'est ça" et de "C'est pas que ma faute ok…" ou encore de "Pourquoi ce serait toujours moi ? Je suis pas si pire que ça …" Untel l'avait poussé, unetelle l'avait -volontairement selon Esther- mal regardé, celui-ci avait dit telle ânerie en cours… Elle ne supportait pas les médiocres.

Le temps passait et elle s'ennuyait à mourir, sans Remus. Il avait toujours eu le dont de combler son ennui chronique.

Remus savait toujours quoi faire tout le temps.

Au fond d'elle, malgré son ego, sa petite voix ne pouvait cesser de lui dire que c'était peut-être à cause d'elle tout ça, qu'elle avait peut-être un tant soit peu reproduit ce qu'elle n'avait pas aimé qu'il lui fasse. Mais que voulait-il, c'est pour ne pas l'influencer qu'elle ne l'avait pas dit, c'est qu'au fond d'elle, elle avait besoin de son amitié ! Et elle avait voulu que cette amitié puisse être "plus si affinité", plus tard peut-être, quand ils seraient plus grand…

Mais ça, jamais elle ne se l'avouerait, alors elle bridait sa petite voix.

De toute façon, il la fuyait comme la peste, la galle et le choléra.

o0o0o0o

Remus ne savait pas vraiment pourquoi il était venu et quoi faire. Il ne savait pas vraiment, non plus, comment il s'était retrouvé ici. Encore un coup de folie certainement. Après tout il s'y connaissait dans la folie qui se cache en chacun de nous.

Le fait que ce soit la folie ou non importait peu. Le tout, c'est qu'il était devant leur salle à eux, dans laquelle il n'était évidemment pas revenu, depuis une bonne minute, et qu'il attendait il ne sait trop quoi. Serait-elle là ? Peut-être. Mais la plus grosse incertitude n'était pas 'Est ce que Esther serait là' mais ' Est ce que j'arriverai un jour à ouvrir cette porte'.

Il ouvrit la porte.

Mer...credi elle est là.

o0o0o0o

Elle n'en pouvait plus d'attendre chaque soir sa venue dans cette pièce comme la désespérée qu'elle était. Esther se sentait bête d'avoir un espoir. L'espoir est un leurre destiné à nous empêcher d'accepter la réalité.

Elle ferma les yeux juste histoire de se reposer. Elle en avait marre de ce livre. Marre de Mcgo et de ses cours de métamorphose. Marre de Sirius. Marre d'Evans.

Elle entendit la porte s'ouvrir en un long grincement. Mais elle garda les yeux clos. Ça aurait très bien pu être James ou Isobel ou Sirius ou Peter ou Adélaïde ou toute autre personne. Mais pas Remus.

Elle dort ?

Remus s'approcha doucement d'Esther. Ça lui faisait étrange d'être ici, à quelques mètres d'elle alors qu'il ne lui parlait plus depuis une semaine. D'habitude James était près du vieux pouf, Peter était assis sur celui ci. Sirius s'affalait la plupart du temps dans le canapé, et lui avait le vieux fauteuil en face de la méridienne qu'occupait actuellement Esther. Là il n'y avait qu'eux. Il la regarda et la trouva simplement belle. Toutes les pensées torturées qui l'avaient hanté se dissipèrent, comme par magie. Remus s'assit à sa droite et posa sa tête contre son ventre.

Et aussi léger qu'était l'esprit de Remus, le souffle d'Esther se calma.

Elle s'était endormie.

o0o0o0o

En espérant que ce chapitre vous ait plu, le titre du prochain sera « Dis-moi » des BB Brunes

Post-scriptum : Oui peut-être que l'on ait mis un peut plus de temps que prévue pour se chapitre… désolé ^^ Le prochain devrait arriver dans es temps promis !