Oyez brave gens, nous sommes de retour (pour vous jouer un mauvais tour)
Résumé : Que croyez-vous ? Que l'on puisse échapper au mariage arrangé juste parce que l'on se nomme Sirius Black ? Et bien sachez que vous divaguez totalement ! Un James amoureux, un Remus défaitiste, un Peter dénigré et un Sirius orgueilleux. Esther en fera voir à ce dernier des vertes et des pas mures, n'en déplaise à Remus.
Rating : T
Remerciement : Bien évidemment, il faut remercier Miss Matoo et Miss Patate, pour leur aide non négligeable.
Warning : Ni Remus, ni Sirius, ni James, ne nous appartiennent, puisqu'ils appartiennent déjà à Joanne Rowling. (Même si ça ne nous dérangerait pas plus que cela, hein.)
Auteur : Je crois que c'est nous, mais je vais vérifier.
o0o0o0o
Chapitre 7 : Dis-Moi
De BBBrunes
o0o0o0o
2 Novembre 1975 :
D'un geste rapide, elle essuya sa plume contre le buvard et l'enfouit dans une pochette où était déjà rangé son encrier. Puis d'un geste pressé elle fit disparaître les chutes de gommes qui s'éparpillaient sur son bureau, pour enfin se saisir d'un premier parchemin.
J'ai appris par Remus (qui le tient d'Esther), que tu avais refusé l'invitation de Karman.
Est-ce que tu voudrais venir avec moi à Pré-au-lard samedi prochain ?
S.B
Le parchemin fut déchiré. Elle en saisit un second.
Je n'ai toujours pas ta réponse,
Que ce soit 'oui' ou 'non' donne-la moi ;-)
S.B
Qui fut lui aussi déchiré.
Je vais donc prendre ça pour un « Oui » ;)
S.B
Avec le même sort qui était destiné aux précédents, des petits bouts de celui-ci se dispersèrent sur le secrétaire.
Tous ces morceaux de papier finirent brûler par le feu de sa baguette.
Avant de quitter la pièce, Isabelle ferma le loquet de la fenêtre, qu'elle avait ouvert pour ventiler un peu.
o0o0o0o
Isobel et Isabelle suivaient la file d'étudiants qui se rendaient à leur table pour le cours de Métamorphose. La première, voyant qui s'approchait d'elles, s'assit immédiatement sur une chaise, en tirant sur le bras de la seconde qui ne comprit pas, et résista.
« Iso', qu'est-ce que...
– Isabelle ! Tu t'assois à côté de moi ? Demanda la voix qu'elle reconnut comme étant celle de Sirius Black. Et merde !
– Nan ! Lui cracha-t-elle sans se retourner, en s'asseyant finalement à côté de son amie.
– Aller viens, je t'ai gardé une place ! » Répondit le jeune homme en tapotant le siège à sa droite.
Mais la Serpentard ne faisait rien. Rien sauf parler à Isobel et sortir ses affaires. Rien sauf l'ignorer superbement.
Malheureusement pour lui, ça ne suffisait pas, il fallait que l'autre ramène son grain de sel. Évidemment !
« Qu'est-ce que t'as pas compris dans 'non' Sirius ? Siffla-t-elle à son visage.
– Je te demande rien Esther ! Mêle toi de tes fesses !
– Je me mêle de ce que je veux, tronche de cake !
– Bah justement non ! C'est pas tes oignons ! Monta aussitôt Sirius en se redressant,
– C'est mes affaires si je veux ! Tu l'emmerdes, tu le vois pas ? S'exaspérait la jeune fille devant le comportement de son homologue.
– Si je l'emmerde pourquoi elle ne vient pas me le dire en face ?
– T'es vraiment qu'un branquignole ! Tu crois que 'non' ça veut dire qu'elle t'aime ?
– Je vais finir par t'en coller une tu seras pas déçue du voyage ! Hurla le jeune homme une bonne fois pour toute, se redressant de toute sa taille.
– Chiche ! T'as pas les boules de le faire !
– Vous voulez pas la fermer ? Demanda Isobel en se retournant, excédée.
– Roh ta gueule ! Lui répondirent-ils en chœur.
– SILENCE ! » Hurla Minerva Mcgonagall depuis son bureau.
o0o0o0o
Assise en plein milieu du brouhaha de la salle commune, Isabelle Fournier semble observer le feu qui crépite dans l'âtre de la cheminée. Le regard dans le vague, elle ressemble à ces poupées de salon que l'on peut poser sur un canapé, ces poupées de porcelaine que l'on a peur de briser, ces poupées de cire au teint froid et au regard inexpressif, n'en restant pas moins des poupées de grands magasins.
Isabelle était pleinement consciente de son aspect. Elle était une poupée à laquelle on ne brise pas le cœur. Avoir le statut de séductrice passive. Parce qu'elle ne se bougeait pas. Non non non… elle ne se bougeait pas ou alors elle faisait le strict minimum. Isabelle n'était pas de ces filles qui mettaient un décolleté et des jupes courtes… non, elle avait une sorte d'aura magique. Elle devait les hypnotiser ou un truc du genre. Elle n'avait pourtant pas la réputation d'une fille facile, mais de reine de glace, car elle les envoyait paître sans aucun geste… À quoi ça lui servait me diriez-vous ? Je vous répondrais, que Isabelle Fournier est à Serpentard et qu'elle aime être flattée et flatter son égo par la même occasion.
Rien ne s'était arrangé avec Sirius Black. La jeune fille avait eu la bonne idée de se bourrer la tronche à la fête qu'ils avaient organisé pour l'anniversaire de James. Merveilleuse idée qui l'avait poussée à répondre à ses avances. Bon elle ne lui avait roulé qu'une pelle mais c'était déjà bien trop. Le lendemain elle lui avait mis un râteau monumental… Sauf que personne ne résiste au grand Sirius Black. Personne.
Il la harcelait, il ne voulait comprendre ce petit mot de trois lettres dont une consonne et une voyelle qu'est le 'non'. C'est tout bête comme chose un 'non'. C'est clair, concis, précis. Ça ne demande pas beaucoup d'énergie de comprendre un 'non'. On l'entend tous les jours. En plus le 'non' ne laisse pas vraiment de place à l'ambiguïté. Mais bon, visiblement 'non' ne devait pas faire partie du vocabulaire de Sirius.
Elle était lassée de le croiser dans tous les couloirs, qu'il lui demande de s'asseoir avec lui, qu'il la suive. C'était fatigant à la longue, d'autant plus quand cela se répétait de jour en jour et de semaine en semaine.
Isabelle n'était pas bien bavarde, ne se pouponnait pas toutes les trente secondes… Pourquoi faut-il que ce genre de situation tombe toujours sur ma pomme et non celle des autres !
De plus la jeune fille se sentait seule face à cela. Isobel essayait bien de l'aider mais ça ne marchait pas vraiment, Adélaïde n'en n'avait rien à faire, et puis bon Esther… Elle essayait de faire comprendre à Sirius qu'il abusait mais à chaque fois ça se terminait dans des hurlements, et puis, si elle aidait, ce n'était pas vraiment par charité ; mais plus pour avoir une excuse pour crier sur son fiancé.
Alors bon… Face à cela... Ce n'était pas une bonne situation… Non vraiment ça puait un peu la merde, comme diraient certaines !
10 Novembre 1975 :
Sirius était passé dans le monde moldu durant les vacances et avait découvert les merveilles du tabac moldu, tout à fait différent de l'herbe si réputée des Gobelins. Il en avait rapporté tout un stock et en avait proposé à Esther. Il lui avait mis dans les mains et était parti comme ça. Elle n'avait pas bien saisi le pourquoi du comment et l'avait posé sur sa table de chevet.
La jeune fille trouvait ce petit objet un peu saugrenu. Comment cela pouvait-il se fumer ? Certes elle était en étude des moldus, mais ils n'avaient jamais vu cet aspect de la vie des moldus. Ils y voyaient l'utilité de l'électricité, ou bien le fonctionnement économique. Mais les cigarettes, non. Du moins, elle ne le croyait pas. Esther ne se présentait à ce cours que pour être avec Remus, se contentant du strict minimum.
Esther n'était pas élève modèle, elle n'avait aucun complexe à dire qu'elle choisissait ses matières. En histoire de la magie elle excellait sans travailler, elle connaissait déjà les cours. C'est en botanique et en étude des runes qu'elle travaillait par plaisir, en métamorphose elle rechignait mais elle faisait tout pour y être irréprochable, pour faire enrager Mcgonagall. La divination ? On lui avait dit qu'elle y avait des prédispositions, alors elle restait sur ses acquis, de toute façon elle avait la professeur dans la poche, alors à quoi bon ? Idem pour les potions, mais en échange de ses devoirs d'histoire, Severus faisait ses devoirs de potions ce qui faisait qu'elle restait dans les meilleurs. Elle peinait pour la théorie des sortilèges et de la défense contre les forces du mal, mais elle compensait avec la pratique, car pour cette dernière elle s'avérait être une redoutable duelliste. Mais pour l'étude des moldus, elle se contentait d'être présente. Ce qui lui suffisait bien amplement.
Esther se retrouvait donc assise contre un saule dans le parc en triturant cette petite chose, bien abstraite pour elle.
D'un coup de baguette elle en alluma le bout, comme lui avait montré James et, la portant à sa bouche, elle en tira une taffe et s'étouffa.
La cigarette finit écrasée dans la pelouse humide de ce mois de Novembre.
25 Novembre 1975 :
Les pieds d'Isabelle frappaient les marches en chêne de l'escalier central. Elle bouscula deux premières années. Rien à faire ! Puis elle faillit réitérer le geste avec son professeur de sortilège. Bon là peut-être pas. Le bruit que font ses pas s'accélère à mesure que la jeune fille approche des cachots. La porte est enfoncée, des yeux curieux l'observent. Elle n'en tient pas compte et s'élance vers son dortoir. La jeune française s'écrase alors sur son lit dans un long soupir.
« Je vais finir par le tuer ! souffla-t-elle. Je vais finir par le tuer et peut-être pas involontairement !
- De qui tu parles ? demanda Isobel, assise à son bureau.
- De Black…
- Tu t'es renommée Esther, ou es-tu son perroquet ? ricana une voix qui venait d'entrer dans la pièce.
- Ta gueule Adé', à force ça devient vite chiant ! râla la française, le nez dans son oreiller.
- En même temps que veux-tu que je te réponde, ou qu'on te réponde d'ailleurs. Tu es la mieux placée pour, Iso' est limite frigide et fout des vents à tout ce qui porte des testicules, Esther est bloquée sur Lupin et moi j'intéresse personne alors bon…
- Hé ho t'abuses ! gronda la blonde.
- Je suis pas bloquée sur Remus, c'est faux ! explosa Esther qui était dans la salle de bain.
- Et mon cul il chie des paillettes !
- Très distingué Adélaïde… dit-elle en fermant la porte de la salle d'eau derrière elle.
- Merci ! Hurla l'intéressée à travers le battant
- Bon Isa', pour ton problème, Esther pourrait parler à Sirius ? Tenta vainement Isobel.
- Han la blague, depuis quand il m'écoute celui-là ?
- Et James il t'écouterait lui ? Continua de ramer la pauvre demoiselle.
- Parce que James aussi la harcèle ? J'ai pas tout suivi … Demanda Esther en rouvrant la porte, une brosse à dents à la bouche.
- Esther bordel ! Pour qu'il parle à Sirius ! S'exaspéra Isobel.
- Ah… Leurs discussions sont tout sauf sérieuses, ça sert à rien… Répondit Esther en frottant son menton couvert de dentifrice;
- Eh bien Remus alors…
- Primo je suis pas votre hibou et deuzio il va me dire 'Oui c'est pas tes affaires, je suis la sage vision gryffondoresque gnagnagna…' À toujours avoir raison il en devient lassant. S'énerva la jeune fille en terminant de se brosser les dents.
- C'est aussi pour ça que tu l'aimes ! Clama la chevelure blonde depuis son lit.
- Ta gueule Adélaïde ! Hurla Esther en crachant du dentifrice au passage;
- Il n'y a que la vérité qui blesse ! Chantonna l'allemande en nettoyant les gouttes tombées sur ses couvertures.
- Tôt ou tard un type appellera sa main 'la vérité' et tu verras si elle blesse ! Balança la brunette en claquant la porte de la salle de bain pour la seconde fois;
- Bon vous avez fini oui ? Souffla Isobel de fatigue.
- Donc ? Interrogea Isabelle dans le silence qui venait de s'installer
- Donc quoi ? Demanda Isobel à bout de nerfs.
- Je fais quoi moi ? Continua la poupée.
- Tu te démerdes ! Clama une voix de la salle de bain.
- Trop aimable Esther …
- De rien !
- Vous faites vraiment chier hein ! » Conclut la jeune Isabelle en claquant la porte.
5 Décembre 1975 :
Isabelle sortait de sa salle de classe, fatiguée de sa journée. Elle était restée plus longtemps que les autres pour discuter du prochain devoir avec le professeur Flitwick, ce n'avait mené à rien puisque l'hybride était plus que têtu. Enfin bref, sa semaine l'avait exténuée. La jeune femme ne voulait plus que manger et dormir. Simple volonté, sans grande ambition, mais ça lui suffirait pour ce soir, du moins.
Cependant, elle fut arrêtée dans sa course par un bras qui la tira dans une salle de classe. Ses fesses tapèrent violemment contre le mur en granit. Son dos lui faisait mal, et son poignet était toujours enfermé dans la main de la personne se tenant devant elle qui s'avérait être Sirius Black, apparemment très fier de son coup .
« Putain Black ! Mais qui t'as appris à kidnapper les gens, comme ça !
- Il se mit à ricaner dans le début de barbe qu'il laissait pousser depuis quelque temps.
- Je vais te tuer Black, tu m'as déboité le bras ! Continua-t-elle d'hurler en se retournant vivement pour lui agripper le bras.
- Chut… Attends au moins que j'ai fini de parler, s'te plait. Se dégagea-t-il avec un demi-sourire.
- Je vois pas pourquoi j'attendrais ! Gémit elle en massant le dos. Non mais sérieux, pourquoi tu m'as arraché le bras ? T'avais pas un autre moyen pour me parler ? Se calma-t-elle un peu.
- Tu passes ton temps à m'ignorer alors comment veux-tu que je puisse te parler ?
- Tu me harcèles, je t'ignore. C'est dans la logique des choses. Souffla-t-elle, les yeux levés au ciel.
- Je veux juste te demander de sortir avec moi.
- Quel tact ! C'est con que la réponse soit un non catégorique.
- Tu n'as pas plus de tact que moi … Gémit le jeune homme
- Ce qui ne change foutrement rien à ma réponse ! C'est non ! S'énerva de nouveau la française.
- Mais je suis sérieux ! dit-il en se rapprochant encore plus d'elle.
- Tu n'en as pas l'air. Dit-elle en reculant un peu plus, tournant la tête sur sa droite.
- Mais je… Avança-t-il en essayant de rapprocher leurs visages.
- Lâche-moi Sirius ! C'EST NON !» Coupa court Isabelle en ressortant de la salle.
o0o0o0o
« Tu étais où pendant le repas Isa ? demanda Esther alors que la jeune fille rentrait dans leur dortoir. Isobel était à son bureau et lui fit un signe de la main sans relever la tête.
- Je discutais avec Sirius. Dit Isabelle d'une traite sans sembler leur prêter plus d'attention que ça.
- Tu lui as mis un râteau donc... marmonna la blonde, accompagnée d'un charabia d'Arithmancie .
- Je crois qu'il aurait préféré que tu lui roules une pelle. Souriait l'Irlandaise.
- Non sans blague Esther. Lança froidement son amie Française.
- Avec un peu de chance, il a compris…
- Sirius est un gros lourd.
- Merci je suis au courant, ça fait six mois qu'il me colle les basques !
- Bon bah c'est reparti pour six mois alors.
- Roh ta gueule Esther c'est pas le moment. C'EST PAS LE MOMENT !» Cria elle une fois après avoir claqué la porte de la salle de bain.
o0o0o0o
Esther traversa sa chambre, sa salle commune, les cachots, le grand corridor, la tour ouest, le tableau de la grosse dame, la salle commune et le dortoir n°17. Elle entrouvrit les rideaux du lit le plus à sa gauche, l'escalada et mit un sort d'isolation phonique.
Sirius, dérangé par une sorte de pachyderme lui écrasant la cage thoracique, entrouvrit les paupières.
Trouver sa fiancée assise sur lui en chemise de nuit, aurait dû exciter tout homme. Sauf que bon, là, c'était Sirius et Esther. Déjà qu'en état normal, elle lui faisait ni chaud ni froid. Mais là, elle est dans une chemise de nuit trop grande, ses cheveux bien trop long forment une sorte d'écosystème sur son crâne, elle a les bras croisés et elle tire une tronche d'enterrement. C'est pas terriblement excitant.
"Putain ! Mais t'as pas autre chose à foutre, que d'escalader les gens à… une heure du matin ! Bordel de merde ! hurla-t'il en regardant la montre posée à côté de son oreiller.
- Lâche là. Dit-elle sans même bouger ou réagir.
- Mais de quoi tu parles ?! S'énerva encore plus le Gryffondor.
- Isa. Tu lui fous la paix. Continua-t-elle sèchement;
- Mais de quoi j'me mêle ?! Tu viens me faire chier à UNE HEURE DU MATIN, et en plus tu te mêles de trucs qui ne te regardent pas ! … Mais merde, même si tu voulais venir me parler, tu pouvais pas attendre demain matin ?
- Qu'est-ce que ça peut te faire ? Je viens quand je veux. Et je veux que tu lui lâches la grappe, c'est pigé ?
- Non. Descends de là tu pèses une tonne ! Hurla de nouveau le jeune homme en la poussant.
- Je fais 43 kg, je suis tout sauf grosse ! S'indigna sa fiancée.
- Ravi de le savoir, allez casse-toi, ou je vais dire à Mc Go que tu viens dans notre dortoir la nuit.
- C'est James qui m'a filé le mot de passe !
- Rien à foutre, casse-toi, ou je vais tout cafter à Mc Go. Menaça le garçon.
- T'es vraiment un sale chien Sirius !
- Trop aimable ! Allez ouste ou c'est les heures de colle!
- C'est ça, bonne nuit connard." grogna Esther en tirant les rideaux.
Elle traversa à nouveau le dortoir n°17, la salle commune, le tableau de la grosse dame, la tour ouest, le grand corridor, les cachots, sa salle commune et sa chambre. Elle entrouvrit les rideaux du lit le plus à sa droite, l'escalada et mis un sort d'isolation phonique.
7 Décembre 1975 :
La peste soit d'Isabelle et de Sirius ! Elle avait clairement autre chose à faire que d'aller parler à James à propos de son fiancée à elle, pour qu'il aille le sermonner pour qu'il arrête de draguer son amie à elle. Elle n'avait rien à faire dans cette histoire !
Les mains d'Esther profondément enfoncées dans les poches de sa cape, son air bougon traversait les couloirs en envoyant des regards noirs à tout ce qui faisait moins d'un mètre cinquante, comme ça elle avait au moins une bonne tête de plus que son agresseur, si quelqu'un venait à lui reprocher. Pas bête, hein ?
La jeune fille cherchait James, et elle ne le trouvait pas. Bon ça va j'ai fait trois couloirs, il y était pas, je retourne me cacher dans mon antre.
Eh merde ! Il pouvait pas être en train de voler ? Il fallait nécessairement qu'il soit dans la salle ? Roh fait chier! Je l'ai pas vu, demi-tour….
« Esther ? »
Fait chier !
« Oui ?
- Tu voulais être seule ?
- Heu … oui ? Dit-elle, en espérant le faire partir
- Moi aussi…
- Je vais te laisser alors… Répondit-elle en se retournant, prête à fuir
- Non reste c'est bon. L'Irlandaise leva les yeux au ciel puis se retourna vers James en essayant de ne pas avoir l'air trop excédée.
- Où est la logique ? Tu veux être seul, moi aussi. Je devrais plus tôt partir, non ?
- Bof. Reste. Dit-il en rebaissant le nez sur ses copies.
- Heu… t'es sûr que ça va James ? S'inquiéta un peu la jeune fille.
- Non je m'énerve contre tout le monde aujourd'hui, Je me suis engueulé avec Sirius, avec Lily je crois que c'est définitivement mort, tu sais, et puis j'ai ignoré Lunard quand il a voulu parler… Murmura le garçon avec désespoir.
- Tu ne veux parler à personne mais moi tu acceptes ? S'étonna franchement son amie.
- Toi je te connais depuis longtemps et je sais que tu me diras pas de me prendre en main, et que de toute façon tu te fous pas mal de Lily et Sirius.
- James passa ses mains dans ses cheveux et ria d'un rire qui sonnait faux, amer.
- Pas faux. Tu sais ce que je pense d'eux, je vais t'enfoncer en plus… sinon quoi de beau ? Tenta Esther qui avait du mal avec l'empathie et tout ce genre de choses.
- Toi pourquoi tu voulais être seule ? Continua James
- L'affaire Sirius / Isabelle me gave. Je suis censée venir t'en parler pour que tu raisonnes Sirius. Mais je pense aller le faire moi-même. Ou remettre une couche plutôt…
- Roh merde fous-lui la paix. Il vit sa vie. Lâche le ! S'énerva le Gryffondor.
- Je me mêle de ce qui me regarde, c'est mon fiancé ! C'est mon amie qu'il harcèle ! C'est totalement légitime ! Surenchérit la Serpentard.
- Mais que dalle t'es juste pas capable de voir au-delà de vos fiançailles ! Le garçon s'était levé et la regardait en chien de faïence.
- Pardon ? Mais ça veut dire quoi ça ?! Se vexa presque Esther qui ne comprenait pas la réaction de son vieil ami;
- Ça veut dire que tu es jalouse de lui, voilà ce que ça veut dire, Esther ! Cracha-t-il d'un coup.
- Hein ? Moi jalouse de Sirius Black ?! Mais ça va pas bien ! Rigola-t-elle sous la surprise.
- Oh si! Si, si, si tu l'es ! Mais t'as jamais réussi à te l'avouer, c'est tout ! Continuait le jeune homme.
- Ah parce que tu l'as remarqué toi peut-être !
- Mais tout le monde l'a remarqué, ma pauvre fille ! Hurla James.
- Ah bah la pauvre fille elle veut bien que tu lui expliques, parce que là… je vois pas. Se calma presque Esther, qui ne comprenait plus du tout.
- Tu veux que je t'explique quoi ? Que tu es une frustrée de la vie ? Que tu ne veux rien faire au cas où, peut-être… Tu pars du principe que, tant que tu ne fais rien, on ne pourra rien te reprocher ! Mais ce que t'as pas compris, c'est que tes actions ont des conséquences sur les autres ! Tu ne peux pas te laisser vivre dans ton coin, en espérant que tout se passera comme tu le souhaites ! Tu es totalement jalouse de Sirius qui arrive à voir sa vie sans vos fiançailles. Mais toi tu es obnubilée par Sirius et par sa facilité à vivre sa vie, et sans toi dans l'équation qui plus est ! Lâcha le châtain ébouriffé dans un seul souffle.
- Mais je suis pas amoureuse de Sirius !
- Non tu ne l'es pas. Tu mais tu restes obsédée par les actions de Sirius !
- Pourquoi le serais-je ? Questionna Esther d'un ton sec.
- Parce que, lui, il arrive à faire abstraction de ce qu'il se passera, et il arrive à vivre comme un "ado" normal. Mais toi tu as essayé. Mais tu n'y arrives pas, parce que tu as trop peur que si tu fais quoi que ce soit, on te le reproche. Annonça James d'un ton soudainement calme.
- Mais c'est n'importe quoi… Souffla Esther plus pour elle-même que pour son ami.
- Non ça l'est pas. Et bin moi je te le reproche ! Je te reproche de jalouser Sirius, de te mêler de ce qui ne te regarde pas et de ne pas vouloir régler ta relation avec Remus. Et peut-être que quand tu sortiras avec Rem' tu pourras te permettre de juger Sirius ! S'énerva de nouveau le Gryffondor.
- Mais dis-moi, toi qui es plus malin, toi qui n'arrives pas à sortir avec Evans, tu te permets de juger ma relation avec Remus, c'est ça, j'ai bien compris ? Siffla la demoiselle en s'avançant.
- Moi je ne le fais que parce que tu m'y forces ! Répondit-il sur un ton peu assuré mais énervé.
- T'ai-je dis que je voulais que tu t'en mêles ? Continua Esther sur le même ton, s'avançant toujours.
- Tu m'y pousses ! James commençait à avancer aussi, reprenant de l'assurance;
- Je ne te pousse à rien !
- Oh que si !
- Nan !
- C'est pas le propos ! Moi je te demande de foutre la paix à Sirius et de régler la situation avec Remus ! C'est tout ! S'arrêta le jeune homme tout à coup, les mains en l'air.
- Pourquoi le ferais-je ? S'arrêta aussi Esther, mais les poings fermés pour elle.
- Mais il est amoureux de toi depuis... depuis Masuthalem !
- C'est Mathusalem, James… Et alors ? de toute manière, je suis fiancée, à quoi veux-tu qu'on aboutisse, hein ? Dans même pas trois ans je suis mariée à Sirius, que deviendra-t-il ? Qu'il reste dans l'ombre ? C'est bon, ce rôle-là, il le tient déjà assez. Et même en dehors de ça. Qu'on sorte ensemble pour deux ans, c'est cruel, c'est comme refiler un jouet à un enfant et lui retirer c'est absurde. Énonça Esther en retournant vers la porte.
- Tu vois que le mauvais côté de la chose, Remus a pas une vie fastoche, il est amoureux d'une fille et c'est réciproque, mais elle veut pas s'engager parce que dans plusieurs années elle pourrait se marier à quelqu'un d'autre. Fais ça pour lui si ce n'est pas pour toi. Essaya James.
- Eh oh je suis pas une Poufsouffle donc le bénévolat très peu pour moi. Et en plus si c'est pour qu'il se prenne le revers de la médaille il en est hors de question" Lança-t-elle, excédée, avant de claquer la porte de bois.
8 Décembre 1975 :
Adélaïde était assise à la droite de sa meilleure amie et essayait de lire mais elle n'y arrivait pas, trop occupée à tousser, pour cause, une épaisse fumée de tabac embaumait la pièce. Esther devait être à son quatrième cigarette, peut-être cinquième. L'allemande n'avait pas compté.
« Esther lâche cette merde, ça devient irrespirable ici !
- Non, ça me fait du bien. » Dit l'Irlandaise en soufflant une énième bouffée.
Sur ce, elle écrasa son mégot contre la pierre et en ralluma une nouvelle.
11 Décembre 1975 :
Isabelle rentra dans son dortoir avec un grand sourire, qu'on ne lui connaissait que très rarement. Ses trois colocataires la regardèrent en fronçant les sourcils.
« Ça faisait longtemps que j'avais pas eu la paix deux jours d'affilée, je m'y étais presque habituée !
- Oui bah t'habitue pas à ce que je fasse le boulot à votre place ! » bougonna Esther, en chiffonnant le parchemin qu'elle conservait dans sa poche depuis quelques heures. Dessus on pouvait lire :
J'ai fait ma part du marché, à toi de faire la tienne
J.P
o0o0o0o
En espérant que ce chapitre vous ait plu, le titre du prochain sera «Bette Davies Eyes » de Kim Carnes.
