Oyez brave gens, nous sommes de retour

Résumé : Que croyez-vous ? Que l'on puisse échapper au mariage arrangé juste parce que l'on se nomme Sirius Black ? Et bien sachez que vous divaguez totalement ! Un James amoureux, un Remus défaitiste, un Peter dénigré et un Sirius orgueilleux. Esther en fera voir à ce dernier des vertes et des pas mures, n'en déplaise à Remus.

Rating : T

Remerciement : Bien évidemment, il faut remercier Miss Matoo et Miss Patate, pour leur aide non négligeable.

Warning : Ni Remus, ni Sirius, ni James, ne nous appartiennent, puisqu'ils appartiennent déjà à Joanne Rowling. (Même si ça ne nous dérangerait pas plus que cela, hein.)

Auteur : Je crois que c'est nous, mais je vais vérifier.

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Chapitre 8 : Bettes Davis Eyes

De Kim Carnes

Ou au nom de tous les miens

de Martin Grey

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6 Juillet 1973:

Le vent soufflait contre les branches dans lesquelles il était accroché, propageant leurs vibrations aux alentours. Elles bougeaient sans qu'il ne tombe, lui donnant une sensation de puissance. Remus essayait d'échapper à Sirius et James, avec qui il jouait au loup.

Esther était assise sur la branche au-dessus de lui. Au loin, il pouvait entendre les cris de ses amis courant dans la lande bretonne. L'adrénaline faisait frémir son cœur, il avait ce sentiment de domination sur cette nature, sur les événements. Le jeune homme ne pouvait s'empêcher d'être euphorique.

Puis, d'un coup, la jeune fille descendit de sa branche et courut jusqu'à la maison, laissant Remus penaud. Au bout de dix bonnes minutes, sans s'apercevoir que les cris avaient cessés, il descendit lui aussi du gros chêne. Le garçon traversa le bout de la forêt qui menait à la maison de son amie sans croiser personne, si bien que, lorsqu'il entra dans la cuisine, nul ne sut qu'il y était.

"... À part ça, le journal ne parle de rien ? demandait son amie qui lui tournait le dos. Elle était appuyée contre la chaise où était assis son père, la gazette du sorcier dans les mains.

-Si, comme d'habitude les politiciens se servent du fait que nous sommes en vacances pour parler des sujets qui fâchent.

- Qu'ont-ils encore dit ?

- Ils ont voté deux lois, dont une relative au vote des nés-moldus. Comme quoi, soi-disant, ils n'auraient pas la culture pour pouvoir voter etc.

- Mais c'est le travail de l'école de les instruire !

- Ça fait bien longtemps que le ministère refuse une instruction civique de la part de Dumbledore…

- C'est complètement débile ! C'est quoi la deuxième ineptie qu'ils ont pondue ?

- Les réglementations sur les professions des hybrides.

- Comment ça ?

- Eh bien... les hybrides ne pourront plus devenir des CPIS et il leur faudra une autorisation spéciale pour les PI.

- C'est-à-dire ?

- Ils ne pourront pas avoir des postes de "cadres et professions intellectuelles supérieures" et il leur faut une autorisation du ministère pour en obtenir dans les "professions intermédiaires". Ils ont du coup l'interdiction d'être patrons d'entreprises, artisans, professeurs, etc. Il ne leur reste plus qu'à être des ouvriers ou à la rigueur des agriculteurs mais je suis pas sûr pour le coup." À ces paroles, Remus, choqué, partit dans la chambre.

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Esther était assise dans la cuisine à prendre son goûter lorsque Sirius et James entrèrent dans la pièce.

"Remus n'est pas avec toi ? demanda le binoclard en s'asseyant en face d'elle, alors que Jolly lui servait un verre de jus de citrouille.

- Je croyais qu'il était avec vous, je vais voir s'il est en haut."

Sur ce, la jeune fille grimpa dans la chambre où ils avaient installé des matelas pour que les garçons puissent dormir. Sa maison de vacances n'était pas très grande, il y avait bien une chambre d'amis mais elle servait de débarras le temps que le grenier soit réparé. Sa chambre donnait sur les plages bretonnes. À ses pieds gisait son meilleur ami en boule.

"- Remus, pourquoi tu boudes ?

- Laisse-moi s'te-plaît …

- Tu sais que je ne partirai pas alors venons-en au fait.

- Tu as vu les lois? Tu as vu leurs lois ? Que veux-tu que je fasse plus tard? Que le ministère me laisse-t-il comme choix ?

- Tu ne pourrais pas vivre dans le monde moldu ?

- Mais je n'ai aucun moyen de m'appuyer sur quoi que ce soit… Je n'ai fait aucune étude moldue!

-Eh oh, tu as 12 ans, c'est pas fini!

- Esther, je suis à Poudlard, j'y suis encore pour cinq ans. D'ici là je n'aurai aucun diplôme moldu. Je vais me retrouver avec un diplôme dans un monde qui ne veut pas de moi, je fais quoi ?!

- La société n'est pas contre toi …

- Elle est quoi la société magique alors? Je n'ai presque aucun métier qui m'est autorisé, je vais faire quoi ?

- Professeur ! Tu voulais pas être professeur?

- C'est dans les PI, autant rêver.

- Libraire?

- C'est interdit aussi, je n'ai pas le droit d'avoir une affaire et je ne veux pas être libraire…

- Bah t'as qu'à être employé dans librairie..

- Mais je veux pas être libraire, je veux être professeur

- Tu seras l'employé de Dumbledore.

- Tu dis ça mais ce n'est pas si facile."

Doucement il posa sa tête sur l'épaule d'Esther. En retour un peu émue, elle lui serra la main.

5 mai 1973 :

Esther courait dans les couloirs de Poudlard, encore habillée de sa robe de sorcière, et non de sa chemise de nuit comme elle aurait dû à cette heure tardive de la nuit. Toute de noir vêtue, elle traversa le corridor. Elle n'avait croisé personne. Pourtant, les vacances approchant, on sentait à Poudlard ces temps-ci un certain engouement, accompagné d'un momentané oubli des règles. Mais la jeune fille avait atteint le hall sans encombre. Passée la grande porte, la pleine lune la fit plisser des yeux. Le parc brillait d'une lumière nacrée, les arbres bruissaient au-dessus d'Esther, et les battements des ailes de chauves-souris se firent de plus en plus forts à mesure qu'elle approchait de l'orée des bois. Arrivée dans la forêt Interdite, elle s'approcha du plus gros chêne qu'elle vit. L'écorce était rugueuse sur ses petites mains d'enfant de 13 ans. Mais elle se lança, et agrippa la première branche. D'instinct la deuxième lui vint, et elle se retrouva peu à peu à plus de cinq mètres. Esther aimait bien monter aux arbres, elle avait cette impression de puissance, de supériorité sur la nature.

Jusqu'à ce que qu'un animal vienne grogner au pied de l'arbre. Lorsque la jeune fille vit le loup qu'elle surplombait, son cœur bondit. L'animal, rachitique, tendait son museau de tous côtés. Le sang d'Esther pulsait tellement fort qu'il lui en faisait mal. La bête reniflait fort. Ce son l'obséda jusqu'à qu'il n'y ait plus que cela. Tout l'air semblait en tension. La bête, elle, tous deux figés. Elle n'aurait su distinguer si une minute ou une heure s'étaient écoulées. Puis il s'éloigna. La jeune fille crut qu'elle s'était fait dessus, heureusement non, à 13 ans, ça aurait été triste. Alors que la Serpentard essayait de descendre de l'arbre, elle entendit un hurlement, puis un deuxième et un troisième. C'était à vous glacer d'effroi. De plus, sa marche semblait l'approcher des cris. Mais elle s'obstina. Ses pas la menèrent jusqu'à la cabane hurlante. Alors, par la fenêtre, elle vit alors son ami.

6 mai 1973

Lorsque Remus se réveilla à l'infirmerie, à sa droite se trouvait un petit pot rose, qui n'était pas là habituellement. Sur ce petit pot rose était collée une étiquette verte un peu tape-à-l'œil :

"Le chocolat merveilleux de Madame Ventripotent"

Pourquoi est-ce que Madame Pomfresh m'apporte ça ? Il retourna le pot où était collé une seconde étiquette..

"Ça aide pas les articulations mais c'est quand même vachement bon

PS: oui j'en ai mangé un peu

EW"

À partir de ce jour-là, chaque matin douloureux, le sourire lui vint plus facilement : le pot tint toujours son rôle.

1 décembre 1975 :

Esther se tenait droite à côté de Remus au coin du feu lorsque James et Sirius entrèrent comme des furies dans la salle. Ce dernier avait passé une journée effroyable. Il avait eu un T en potion, s'était engueulé avec sa fiancée au petit déjeuner, et avait fait perdre 40 points à Gryffondor. Non vraiment, c'était pas une bonne journée.

En plus, pour la première fois depuis qu'il était à Poudlard, il devait rentrer pour Noël ! Et ça, ça ne lui plaisait pas du tout, mais alors pas du tout ! À chaque fois il réussissait à éviter. Certes Esther rentrait, mais lui ne s'était jamais remis en question : il ne venait pas à Noël. Jamais.

Pourtant, sa présence était apparemment souhaitée, si ce n'était exigée. Sa mère le demandait pour le nouvel an du ministère auquel il était convié puisqu'il avait eu ses 16 ans. La grande fête, il s'en serait bien passée, d'autant plus qu'il serait seul puisque Esther, étant née en mars, n'avait pas 16 ans et n'était donc pas conviée.

En bref, il se retrouvait seul, sans même sa fiancée, dans un bal, avec ses parents… Ce noël serait certainement le pire de tous ceux qu'il avait vécus.

Alors pour représenter toute sa frustration, sa colère, sa rage pour sa mère, Sirius s'écroula sur le canapé en grognant.

" C'est ça ta parade nuptiale ?

- Ta gueule 'Sther c'est pas le moment" lui cracha-t-il en roulant contre le dossier. La jeune fille s'en alla, blasée.

"Qu'est ce que tu as Sirius ? demanda Remus en s'approchant de lui.

- Rien, c'est juste pas le moment de me chercher.

- Ses parents demandent à ce qu'il rentre pour Noël, répondit James à la place de son meilleur ami.

-Ah… C'est embêtant…

-Comme tu le dis Lunard..."

9 Janvier 1976 :

" ..." Tout se radicalise là-bas, je ne pouvais plus travailler, inscrire mon fils dans une garderie, voter, je n'y ai plus aucun droit " Evy, une ancienne habitante de Londres ayant émigré en Irlande..." Isobel soupira fortement et jeta le journal dans le feu.

-Je cite : "Mes parents ont émigré en Angleterre à cause des violences, et ils se demandent aujourd'hui s'ils ne vont pas faire le voyage inverse…"

- Mais on ne craint rien Iso'...

- C'est sur que ce n'est pas vous qui vous ferez tuer en premier. Marmonna Remus.

- J'ai entendu mes parents en parler l'autre jour, apparemment Dumbledore ferait son armée dans son coin, dit Sirius allongé dans le canapé.

- Ce n'est pas une mauvaise idée qu'il prenne les choses en mains, au moins là on pourra peut-être aboutir à autre chose qu'une guerre civile, répondit le loup-garou en s'adossant à la méridienne où était assise Esther avec le journal.

- Mais n'importe quoi ! Tu crois que si Dumbledore créait son armée et se battait contre Tu-Sais-Qui, ce ne sera pas la guerre civile ? Ce sera quoi alors?

- Bah ce sera une guerre idéologique !

- Mais il n'y aucune idéologie là-dedans ! Ce n'est qu'un concours de bistouquette monstrueux !

- Ça n'a rien d'un concours de bistouquette !

- Il n'y a aucune idéologie là-dedans, ils ne font que satisfaire leur ego. Dumbledore est un con manipulateur. Au même titre que Tu-Sais-Qui. Vous ne voulez pas voir la vérité en face car elle vous fait peur. Car elle vous fait mal !

- N'importe quoi !

- Non pas n'importe quoi ! Vous êtes aveuglés par la colère. Alors vous vous en remettez à quelqu'un qui, certes, ne s'en prend pas à vous, mais qui vous manipule. Alors tu préfères quoi ? Te faire manipuler ? Ou te faire buter ? En tant que Gryffondor, j'aurais cru que tu te sacrifierais …

- Mais justement, toi qui es si rusée, tu aiderais Dumbledore pour en arriver à ses fins. Ce serait plus Serpentard, ça, non ?

- Je n'aime pas me faire utiliser, je ne suis pas une Poufsouffle ! Soit j'utilise, soit c'est équitable ! Rien de plus.

- Soit mourir contre Tu-Sais-Qui. Soit mourir de la main de Tu-Sais-Qui. Mon choix est vite fait.

- Le mien aussi, je ne m'engagerai pas . Rester dans votre manichéisme. Ce sera sans moi. Je ne vous donnerai pas ma vie !

- Toi tu peux faire ce choix, pas nous. Nous, nous mourrons, nous ne pouvons pas nous permettre de ne pas nous battre !

- Si vous devez mourir, pourquoi se battre, si mourir est automatique pour vous ? Pourquoi se prendre la tête ?!

- Pour la même raison que toi quand tu dis 'ne pas vouloir te faire manipuler'. Se laisser vivre n'as pas de prix sur ta vie, mais pour ta conscience. comment vivrais-tu le fait que dehors des gens meurent pour tes libertés, alors que toi tu ne fais rien ?

- Faites vos truc, mais ne venez pas nous critiquer quand on n'aide pas votre gourou. Chacun sa vie ! Démerdez-vous !

- C'est beau la cohésion, c'est comme ça qu'aujourd'hui on se retrouve dans cette société ! Parfois je comprends vraiment la vision que mon père a de vous ! Vous êtes tellement égoïstes ! C'est bluffant ! Comment arrivez vous à dormir la nuit ?!

- Tu sais pourquoi notre société est ce qu'elle est aujourd'hui ? Parce que les gens la fuit. Si les nés-moldus et les sang-mêlé ne partaient pas, il n'y aurait pas autant d'intolérance. On discrimine ceux que l'on voit le moins. Moins vous êtes, plus on vous discrimine !

- Attend, c'est ça ton excuse ? Ils ne partiraient pas si on leur laissait une chance ! Mais la société ne veut pas d'eux, pourquoi resteraient-ils ?

- Pour améliorer leur situation, faut savoir ce qu'ils veulent ! C'est pas mon problème ! Ils partent car ils ne sont pas satisfaits de quelque chose qu'ils pourraient améliorer, mais ils ne le font pas, ils ne peuvent s'en prendre qu'à eux-même !

- Ils se disent qu'ils ne peuvent rien changer à la force de leurs bras, et ils ont raison, eux, seuls, ne peuvent pas faire bouger grand chose.

- Eux seuls non, mais ils ne sont pas seuls puisqu'ils représentent une grosse partie de la population. Là, ils font le jeu de Tu-Sais-Qui ! Faire ça revient à se jeter un Avada sur le pied, ça n'amène à rien, si ce n'est la mort !

- Ça tu ne le comprends pas Esther, et tu ne le comprendras certainement jamais. Les nés-moldus sont dissidents de leur famille, ils s'y sentent seuls. Ils arrivent dans un monde qui déteste leur parents, où on leur y apprend à devenir comme nous. Mais en sortant de Poudlard, ils ne savent rien de plus que ce que le ministère a décidé de mettre dans le programme ou non. En plus c'est un ministère qui leur est hostile ! Après Poudlard, ils ne peuvent se raccrocher à rien ! Ils se sentent seuls car ils le sont ! Et après ça tu veux qu'il montent un parti et qu'ils deviennent ministre de la magie… Dans quel monde vis-tu Esther ?

- S'il ne veulent pas vivre dans notre monde qu'ils se cassent, je ne les retiendrai pas.

- Je n'en doute pas, et le ministère non plus, il font la politique de l'autruche, il ne feront rien non plus...

- Eh bien présentes-toi aux élection, tu changeras la face du monde !

- Un sang-mêlé, loup-garou, tu veux rire ?

- Effectivement, tu n'as aucune chance mon pauvre vieux, désolé de te le dire !

- Tu vois, rire de ce statut de sang est rentré dans les meurs, c'est même plus méchant, c'en est devenu une blague, et je sais pas ce qui est le pire ! Cette guerre est une guerre d'idéologie, que tu le veuilles ou non, ou ça en deviendra une.

- Tu repars là-dessus, mais c'est quoi tes arguments pour que ça en soit une ?

- Tout ce que l'on vient de dire ! Et toi c'est quoi tes arguments?

- Mes arguments ? Laisse-moi rire, le bon sens est avec moi, sérieusement, après la Shoah, vous croyez vraiment qu'il y a une idéologie dans votre concours de bistouquette ! Tu-Sais-Qui ne se sert de vous que pour occuper Dumbledore, les Nés-Moldu sont considérés comme les juifs durant la seconde guerre ! C'est juste des boucs émissaires !

- NON !...

- Vous sortez maintenant ! J'en ai marre de vous entendre gueuler pour un débat stérile, alors sortez ! Quand c'est pas avec Sirius, c'est avec Remus, que tu t'engueules Esther... Alors vous sortez ! Hurla James.

- C'est quoi une politique de l'autruche Patmol ? Chuchota Peter à l'oreille de son ami.

- C'est une politique qui court vite, c'est une politique qui fait des gros œufs, mon petit Queudver. »

22 Janvier 1976

Remus et Esther s'étaient glissé en pleine nuit dans la réserve. À la base James et Sirius devaient venir, mais apparemment la réserve ne valait pas la peine de perdre des points, alors à la sortie de la salle commune, les garçons étaient parti vers les cuisines. Ils ne savent pas ce qu'ils perdent !

Ce qui fit que le Gryffondor et la Serpentard, se retrouvèrent sous la cape d'invisibilité de James, contre une bibliothèque en placage de bois noirci ; endormis comme des bienheureux.

23 Janvier 1976

Madame Pince aurait eu un drôle de tableau, si elle avait daigné regarder en leur direction. En effet, à une table isolé, Sirius Black était installé. Oui, Sirius black était bel et bien à la bibliothèque, vous ne rêvez pas ! Certes il n'était pas là de gaîté de cœur, mais il était là. Esther l'avait tiré jusqu'ici pour faire leur devoir commun de métamorphose. Ô Joie ! C'étaient joint à eux Lily et Remus qui lisaient, et puis qui disait Lily disait James. À part les soupirs de désappointement de Sirius, on pouvait entendre les mouches voler, ou du moins, jusqu'à ce que Bridget Clayton vienne faire de l'œil à Sirius.

« Qu'est ce qu'elle fait là celle là ? Râla la rousse en voyant le décolleté plongeant de cette dernière.

- Je me la tape, et elle adore ça ! » Ricana Esther, le nez toujours dans son livre. La jeune fille était d'une humeur massacrante dûe à sa courte nuit sur une vieille moquette. La grande blonde repartie quelque minutes plus tard en balançant ses hanches de manière à ce que le Gryffondor n'en rate pas une miette.

« Elle se casse enfin cette conne ! Grogna Esther.

- Tu l'aimes pas ? Demanda Lily.

- Non tu crois ? ironisa la brunette

- Après ça je suis tout chamboulé ! Rigola Sirius en faisant une petite moue. Esther, elle, leva les yeux aux ciel. Ce que les garçons peuvent être puérils !

- Dis-moi Esther, tu as l'air plutôt ouverte, ça te dit ? rétorqua son fiancé avec un sourire étrange.

- Bah oui bien sûr allons-y, je suis en pleine ovulation ! Railla-t-elle en claquant son livre.

- Ah oui non mais ça me tente plus trop… merci, murmura le jeune homme avec une moue amusée.

- Vous êtes dégueulasse ! Gémit la Gryffondor;

- Tu crois qu'ils t'ont fait comment, tes parents, la roukmout ? lança Esther, excédée.

- Par derrière vu le niveau ! hurla de rire Sirius.

- 'fin toi Sirius tu ferais mieux de la fermer, t'as dû être fini à la pisse ! » rétorqua Esther sur le même ton, s'attirant par la même occasion les foudres de l'austère bibliothécaire.

28 Janvier 1976 :

Assise en tailleur sur le canapé de la salle commune, face au feu, elle réfléchissait. Son fiancé trouvait qu'il était mauvais de réfléchir trop souvent, 'fin… Sirius disait aussi qu'il ne fallait pas retenir ses pets, car selon lui, ils remonteraient le long de la colonne vertébrale et donneraient des idées de merde. Donc l'un dans l'autre, s'il fallait écouter Sirius Black restait une question à débattre.

Severus vint s'asseoir à sa droite avec un gros livre.

« Qu'est ce que tu as à faire la tête ? s'interrogea le garçon

- Je fais pas la gueule, je réfléchis… maugréa la demoiselle.

- Oui bah on dirait pas… répondit Severus en ouvrant son ouvrage.

- Si tu devais sortir avec Remus, tu t'y prendrais comment ? lâcha-t-elle soudainement en se retournant vers son ami, le fixant dans l'attente d'une réponse.

- Je sortirai jamais avec Lupin. Ronchonna le garçon au cheveux longs.

- Mets toi à ma place… insista-t-elle.

-Je foncerais et je lui imposerais, sinon il se mettrait à négocier et il deviendrait vite chiant. Marmonna Severus en relevant la tête vers la cheminée.

- C'est pas super précis… » Mais Severus n'entendit pas puisqu'il était déjà partis vers son dortoir. Bientôt se fut le tour d'Isobel de venir l'interroger.

« Tu fais la gueule ? Interrogea-t-elle avec une moue mi-blasée mi concernée;

- Mais non putain, je réfléchissais ! Vous vous êtes ligués contre moi avec Severus ? S'énerva Esther.

- Encore avec ce type ? Fait gaffe à ce type, c'est un futur mangemort, je lui fais pas confiance… chuchota Isobel avec des regards autour d'elle.

- Et alors, c'est mon ami. Se renferma Esther.

- Il est nocif, tu l'as déjà écouté parler ? s'impatienta la blonde.

- Bien sur, mais si tu n'es pas capable d'aller plus loin que les idées politiques, souffla Esther.

- C'est bien plus que des idées politiques !

- Chacun ses idéaux, moi je suis pas amie avec Sev pour ça.

- Fais gaffe quand même. Rajouta quand même Isobel.

- On verra…

- Sinon tu réfléchissais à quoi ? Reprit-elle sur le ton de la conversation.

- Rien qui ne te concerne » répondit-elle en quittant la salle.

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Où est-ce qu'elle avait bien pu mettre ce livre ? Quinze minutes qu'elle le cherchait. Quinze minutes qu'elle se disait que finalement ce livre n'était peut être pas si bien que cela. Il était dans ce tiroir de la commode… Merde ! Comment récupérer ce bouquin ? Il faut une technique sans magie… Une technique moldue… James Bond ! Sirius lui avait montrer les films durant les vacances, et il fallait les mettre à profit !

C'est accroupie devant le meuble avec une épingle à cheveux dans une serrure -tout cela en tirant la langue- que James la découvrit :

" Heu… tu as vu Sirius ?

- Oui dans ce tiroir, je fais un sauvetage ! James s'approcha et s'appuya sur un angle de la commode. D'un coup le tiroir s'ouvrit, donnant ainsi un coup dans le nez de la demoiselle.

- Hey ! Mais ça fait super mal ! James n'eut pour seul réponse qu'un ricanement.

- Donc, tu ne sais pas où est Sirius ?

- Pas dans le tiroir, répondit-elle.

- Je m'en doute puisqu'il est ouvert, je vois dedans aussi je te signale.

Esther ronchonna.

-Je sais que je suis lourd avec ça, mais tu vas faire quoi pour Remus ?

- Je pense lui écrire un mot.

- C'est lâche.

- Je suis à Serpentard ; tu t'attendais à quoi venant de moi…

- D'un autre côté ça fait romantique, tu tournes au Poufsouffle, Esther. Ironisa le jeune homme en se redressant.

- Faut savoir, c'est lâche, ou romantique ? Demanda-t-elle tout en fouillant le tiroir.

- Ce qui te plaît. D'ailleurs rien à voir , tu vas les couper quand tes cheveux ?

- Je ne les couperai jamais, je les aime à cette longueur. Répondit-elle en se relevant.

- T'es au courant que ça pousse les cheveux ?

- Je suis pas con, merci, je les couperai pour qu'il reste à cette longueur et puis tressé, ils ont l'air plus courts. Dit Esther en passant une main dans sa chevelure.

- Bientôt, tu ressembleras aux serpillières de Rusard ! se moqua son ami.

- Je resterai sur le lâche. » Dit-elle, clôturant ainsi la conversation.

2 Février 1976

Bridget Clayton était pleinement heureuse en ce jour froid de février. Elle s'était réveillée ce matin avec un grand sourire, puis elle avait entendu James Potter et Sirius Black, et ce quelle avait entendu lui plaisait beaucoup ! Il lui fallait absolument prévenir Evelyn ! Car Evelyn Brown pourrait répandre la rumeur. Personne ne remettait en cause ce que disait Evelyn Brown en matière de commérage.

« Eva, j'ai un putain de scoop pour toi ! Devine ! Accosta Bridget.

- Accouche, j'ai pas l'temps, faut que j'aille voir Mcgo. Dit l'autre demoiselle en continuant de marcher.

- Tu fais chier … Bon bah Lupin sort avec Walsh… lâcha la blonde à forte poitrine.

- C'est pas la nouvelle de l'année… Répondit Evelyn, un peu excédée par le manque de nouveauté dans les commérages de Poudlard.

- Peut-être, mais ce que tu pouvais pas deviner, c'est qu'elle est fiancée. S'excita Bridget.

- Tu déconnes ! Hurla presque son amie en se stoppant net au milieu du couloir.

- Même pas ! Elle doit se marier avec Black ! Continua l'autre d'une voix toujours plus aiguë.

- 'Tin, je voyais pas Regulus fiancé… s'étonna la commère.

- Pas Regulus couillonne ! Sirius ! Rigola la blonde.

- Nan ! D'où tu tiens ça ? C'est dingue ! Ça, c'est un scoop !

- De la bouche de Black et Potter , et oublie pas un truc, si Walsh est plus là, la place est libre… Susurra la poupée Barbie.

- Tu va te le taper ? Interrogea son amie d'un sourire entendu.

- Je vais me le retaper ! » Dit Bridget en retournant à son dortoir dans une envolée de cape.

6 Mai 1976

Severus rentra dans la salle commune des Serpentards, les lèvres liées et l'estomac noué. La mine morose, il ferma la porte d'un coup de talon. La salle était vide, les autres étaient partis dîner dans la grande salle. Alors, la mort dans l'âme il traversa la salle en regardant ses pieds, ne voyant pas son amie dans le canapé.

- Sev', ça va ? Le jeune homme sursauta, puis lentement il se retourna vers son amie, lentement, il acquiesça en réponse à sa question. Tu l'as fait, hein ?

- Hum, mais s'il te plaît tais toi, Lily m'a déjà fait la leçon cet après midi. J'ai dis des choses que je ne pensais pas et je ne réitérerai pas.

- Il s'est passé quoi ? demanda la jeune femme en s'approchant de lui.

- J'ai pas envie d'en parler, je suis à son service. Point. En parler ne changera rien, alors autant ne pas le faire.

- Severus, promets-moi juste une chose. Si tu dois tuer, fais-le pour une raison qui te semble juste, à toi et non à celui que tu sers. Fais-le pour toi, pas pour lui. Que tu veuilles monter les échelons, que tu sois en quête de pouvoir, qui ne le serait pas ? Mais ne le fais pas au détriment des autres, ou du moins de leurs vies. Si tu dois tuer, fais-le au nom de tes valeurs. Si tu dois tuer, fais-le, mais arranges-toi pour que trois autres vivent. Ou plus. Moins il y aura de morts, mieux ce sera. Fais-le pour ta grandeur et non celle de Tu-Sais-Qui. Demanda son amie, les larmes au yeux en lui saisissant les épaules.

- Tu es bien naïve Esther, si je dois tuer, je tuerai. Elle souria tristement.

- Je ne crois pas l'être, j'ai peur pour toi Sev'. J'ai peur que tu te prennes pour Icare. Je ne veux pas que tu te fasses tuer par un de ses excès de colère. Je sais pourquoi tu le fais, tu n'as jamais cru en ces idéaux, et j'espère que tu n'y croiras jamais. Fais attention, ne fais rien que tu pourrais regretter. Esther pleurais doucement dans ses bras, ses larmes coulaient sur ses joues, indépendamment de sa volonté. Je ne veux pas que tu te fasses mal. Tu saisis pas a quel point c'est dangereux ! Severus ne l'avait jamais vu dans cet état-là. La jeune femme qui pleurait à grosses larmes dans son cou, n'était pas un exemple de sensiblerie.

- Calme toi… Non décidément, il était vraiment nul, pour réconforter.

- À la sortie de Poudlard, c'est la mort qui t'attends. Esther renifla.

- J'espère qu'elle m'accueillera avec un bouquet de chrysanthème. Souria gauchement le jeune homme.

- C'est même pas drôle. Rigola faiblement la brune

- Pour mes funérailles, des fleurs blanches, si tu peux, je ne veux pas que ça ressemble à un rassemblement de clowns, continua-t-il sur un ton badin.

- Ta gueule… râla la jeune fille. Elle lui déposa un baiser hésitant au milieu de la joue et retourna sur le canapé où elle serra un oreiller contre elle. Severus l'observa, lorsqu'il fût sûr qu'elle soit bien installée, il remonta à son dortoir, les pas lourds du poids qui pesait maintenant sur sa vie et sa conscience. Mais il était sûr, sûr de lui.

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En espérant que ce chapitre vous ait plu, le titre du prochain sera «I'm not yours» de Angus et Julia Stone.