Autant que pour les chapitres précédents, je reposte et corrige (un peu, je cherche toujours un Beta) des chapitres.
Comme d'habitude les personnages ne m'appartiennent pas, je vous invite à commenter car j'aime vous lire, et je cherche une Beta.
CHAPITRE III
Baby Jane
Rod Stewart
21 Novembre 1979 :
« Loïc Goethals; éventré. »
30 Novembre 1979
Leur nouvel appartement se trouvait au dernier étage d'un vieil immeuble à demi-caché par les arbres, donnant sur une des entrées de l'allée des embrumes. Ce quartier était l'un des plus malfamés du Londres sorcier, mais c'était aussi le moins cher. Bien que leur venue ne soit pas spécialement due à un problème d'argent, il était surtout auparavant le quartier des né-moldu. L'immobilier sorcier étant très rigide, peu de bien étaient sur le marché, or en cette période de crise sociale, seuls les biens de ces sorciers étaient disponibles.
Esther trouvait cela morbide.
La façade composée de vieilles briques rouges, n'attirait pas la lumière ; l'appartement baignait dans l'obscurité si l'on n'allumait pas les bougies. Fort heureusement étant dans le quartier moldu, il possédait l'électricité, mais aux normes des années trente. Le pommeau de douche envoyait de l'eau dans tous les sens et le frigidaire faisait, apparemment, le bruit d'une moissonneuse-batteuse ; selon Peter.
Esther avait démontré maintes fois à Sirius que leur logis passait plus pour la grotte de Platon que pour un appartement lambda. L'homme n'en avait cure et avait trouvé celui-ci sur un coup de tête en traversant la rue alors qui s'était perdu, dans Londres un soir de beuverie avec James, Peter et Remus.
La jeune mère détestait cet appartement, elle aurait mille fois préféré garder l'ancien ; un petit rez-de-chaussée éclairé et fleuri de toute part, ces trois-pièces qui lui étaient si chers, était tout à fait acceptable pour un jeune couple, mais trop petit pour accueillir le nouveau-né.
Remus y arriva trop rouge d'avoir marché si vite depuis son appartement, qui n'avait l'air pourtant, pas si loin sur le papier. Il savait qu'il n'était pas nécessaire de prévenir ou bien de s'arranger pour arriver à l'improviste chez ses amis, mais il savait aussi qui récolterait une remarque de la part des femmes qui serait présente.
Et puis après tout que cela pouvait-il bien faire, il n'avait personne à qui plaire.
En temps normal, il serait arrivé bien habiller, du moins avec les vêtements les plus correctes qu'il avait, comme une fleur et les poches remplis de chocolat. Pour lui, les temps étaient durs, le peu d'économie qu'il avait amassée durant son travail et ses missions pour l'ordre avaient été dilapidées, il y a de cela quelques semaines. Il avait maigri son col de chemise usé baillait, ses chaussures crottées n'avaient pas été cirées depuis des lustres, le bracelet de sa montre tombait en lambeaux et ses yeux rougis étaient encerclés de noir. Tout ce qui le connaissait savait qu'il en bavait. Les mauvaises langues de ses années d'école que Sirius avait entendues sur le chemin de traverse se demandaient comment se faisait-il, qu'il ne se soit pas mis à la bouteille avec tous ses malheurs.
Bien que Remus, soit sorti d'une famille ne quémandant ni des faveurs ni l'amitié, il était bien reconnaissant envers sa famille de substitution, qu'il aimait bien plus que ne le voulait lui-même.
Il y a de cela quelque temps, Maximilien lui avait trouvé un poste dans les bureaux du département des mystères. Cependant depuis la rafle, il alternait entre les petits boulots peu rémunérés et les tâches ingrates. Mais, même les tâches réservées aux invisibles lui étaient indisponibles.
Et son Esther dans tout cela ? Oh, son Esther, la seule chose qui montrait qu'elle lui appartenait encore un temps soit peut, c'était l'emploi du pronom lui-même qu'il utilisait uniquement dans ses pensées. Son Esther. Ah, quelle était belle, il y a un an. Ah, qu'il aurait aimé être à son bras et danser comme elle le faisait. Ah qu'il avait été bête, il y a des années en lui disant qu'il voulait sortir avec elle, même si ce n'était qu'un temps. Ah qu'il se sentait con.
Et aujourd'hui, elle avait une fille avec son ami. Merlin qu'il était con. Il adorait Sirius, mais il avait préféré s'éloigner pour se protéger. Il aimait Esther, mais c'était trop dur. Alors il avait préféré partir. C'est vrai, ça avait été tellement plus facile loin de tout, à ne penser qu'à la mission de Dumbledore. La vie près d'eux était tellement plus dure, mais tellement plus douce.
Ce fut le jour où il vit sa filleule pour la première fois qu'il s'en rendit pleinement compte. Cette petite chose qui semblait si vulnérable, il la détestait. Malgré les fiançailles, le mariage, le temps ; il ne réalisa qu'à cet instant. En voyant cette petite, si faible, né très prématurément, à la portée de tout danger, que sa relation était morte.
Ce bébé avait tué tout espoir. Et Remus était le garant de la sécurité de ce petit être. Il bouillonnait de rage. Une rage complètement insensée dirigée vers un nourrisson qui n'avait absolument rien demandé. Une rage tellement dévorante, qui le força à repousser Jane dans les bras de sa mère et de partir en claquant la porte.
Deux jours plus tard, il était revenu avec des mots d'excuse et son propre bavoir de naissance, en cadeaux. Désespéré ? Remus l'était un peu, mais le mot était plutôt partagé. Partagé entre une haine et un amour dévorant pour la fille d'Esther.
Ah que je suis con.
Alors, lorsque Remus passa la porte de l'appartement, ses amis n'eurent pour lui qu'un sourire triste, parce que même s'il ne leur avait rien dit, ils savaient.
1 DÉCEMBRE 1979 :
« Peter Fridrich, le capitaine de Quiditch de Poufsouffle ? Disparu depuis deux semaines »
Lorsque le mois de décembre débutait à Londres, comme dans la plupart des pays, les moldus commençaient à noter leur petite croix dans leurs calendriers, à acheter des décorations ou faisaient exploser les bénéfices des entreprises vendant des chocolats. Une forme d'allégresse emplissait leur cœur et leur tête. Bien que le temps ne s'y prêtât pas, se balader et prendre des photos des rues où les décorations fleurissaient sur chaque pan de mur libre était en soi une forme de petit safari, qui participait au bien-être général. Mais de l'autre côté du chaudron baveur, l'allégresse n'était pas la première chose que vivaient les habitants. Les sorciers commençaient à noter leur petite croix dans leurs arbres généalogiques, à acheter des décorations ou en faisant exploser les bénéfices des entreprises de pompes funèbres.
Sirius, lui, avait un mal de crâne carabiné. Entre le peu de sommeil, le surmenage et l'épuisement psychologique ; il était au bout. La tête entre les mains, les fesses sur un vieux coussin, un whisky sur la table basse, un grognement monta dans sa gorge. En plus de son manque de sommeil, du surmenage et de l'épuisement psychologique composé aléatoirement de la mort de son père, son frère ou de l'une des seules filles à qui avait un jour vraiment compté ; Jane pleurait tout le temps.
Depuis là où il était, Sirius surplombait la petite, installée à ses pieds qui gigotaient dans ses langes en hurlant. Sa femme lui avait confié le temps de sa douche, cela faisait déjà bien vingt minutes et il était presque sûr que si cela continuait, il allait shooter dedans. Afin d'éviter ces extrémités, il attrapa sa baguette et insonorisa le couffin ou le bébé était allongé. Mieux. Il s'appuya contre le dossier du canapé et vida d'une traite son verre. Pendant cinq minutes, il oublia tout. Le jeune homme était presque sûr qu'il s'était endormi, ou du moins était tombé dans une forme de transe où il ne ressentait rien. Jusqu'à ce qu'il entende les talons d'Ester dans le couloir.
« Eh bien, je ne sais pas ce que tu lui as fait, mais... SIRIUS PUTAIN ! » Le Gryffondor avait gardé les yeux clos se moquant bien de ce qu'elle pouvait bien dire. Il était presque sûr qu'elle s'était rapproché. D'un coup, il sentit deux mains fraiches sur ses joues et consentit enfin à ouvrir les yeux.
« Hum ? Esther était en face de lui, un air blasé sur le visage.
— Mais qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire de toi... » souffla-t-elle. Sirius grimaça, il n'avait jamais pu supporter l'odeur du dentifrice de la jeune femme.
C'est ce moment que choisit Remus pour apparaître dans leur salon, penchant la tête sur le côté observant la scène. Esther se redressa et tourna la tête.
« C'est à cette heure-là que tu arrives . Râla-t-elle. Le jeune homme était censé arriver, il y a plus d'une heure.
— Oui excuse-moi, j'avais un truc à régler. Se justifia-t-il alors que la serpentarde lui tendit sa joue pour qu'il l'embrasse, ce qu'il fit. Seulement Sirius partit en courant vers la salle de bain en se tenant la bouche. Euh... Qu'est-ce qu'il lui arrive au juste ?
— L'alcool. » Remus leva le sourcil droit alors qu'Esther fermait les yeux un peu trop fort et trop longtemps pour que ce soit normal. Elle se dirigea vers sa fille qu'elle prit dans les bras pour la calmer. Assise contre l'accoudoir du canapé elle regardait la porte de la salle de bain. « Il a passé la soirée à boire avec Peter. Il est rentré ce matin ivre mort et il a continué à boire seul ce matin. » Dit-elle d'un ton grave en plantant son regard sur la troisième bouteille de whisky qu'il vidait depuis le début de la semaine. « Hier soir, il est parti en trombe après avoir reçu un hibou de sa mère. Je ne me suis pas plus inquiété que cela, ça lui arrive souvent en ce moment. Avant d'aller me coucher hier, j'ai fait ma curieuse et j'ai lu la missive. » Esther planta son regard dans le sien. « C'était de Walburga, elle insultait Sirius, car il n'était pas venu à l'enterrement de son père. Il ne m'avait même pas dit qu'Orion était mort. Apparemment, cela fait trois jours qu'il le savait.
— Mais attend, personne ne t'a prévenue ?
— Non, ils devaient croire que Sirius me l'avait dit, je suppose. Bref, c'est pour ça que je t'ai appelé ce matin, je ne voulais pas le laisser seul, et puis je voulais pas non plus laisser Jane seul avec lui. En rentrant il s'est amusé à éclater des tasses par terre. » Puis elle se tue, voyant qu'elle ne réagissait pas Remus vint prendre le bébé. « Non, c'est bon t'inquiète » Il se ravisa.
— T'en fais pas trop, c'est sans doute qu'une phase.
— Je ne crois pas. Sirius a perdu le goût de l'eau depuis Regulus, tu sais combien de temps ça fait ? Ça va faire un an, en janvier. Et depuis la mort d'Isa ça s'est accéléré... » Ils entendirent des pas dans le couloir.
« Je suis frais comme un gardon ! Alors on y va ? » Demanda Sirius qui avait encore une trace de vomi au coin des lèvres.
10 DECEMBRE 1979 :
« Dessie Lowe a été violer il a trois semaine, par Mulciber, elle est enceinte »
14 DECEMBRE 1979 :
James, lui avait envoyé son hibou tôt ce matin lui demandant s'ils pouvaient passer dans la matinée, bien évidemment, elle n'avait pu dire non. Mais lorsqu'elle se détourna de la fenêtre, Esther se rendit compte que si ses amis passaient, il fallait bien que l'appartement soit présentable. Du regard, elle commença à scanner son salon. Était allongé dans le canapé ; Sirius la tête presque dans le vide au-dessus d'une bassine de vomi. Sur la table trônai ; la moitié de la vaisselle d'hier, le reste se trouvant dans l'évier. Par terre ; des jouets de Jane. Et l'appartement de manière générale sentait un mélange entre la nourriture indienne, le tabac froid et le scrougnougnou. Le scrougnougnou était un mot désignant l'odeur d'une chambre non aérer pendant plusieurs jours, était lui-même un mélange de l'odeur de Sirius et elle, un peu de transpiration et de couches salle de Jane. Bref, l'appartement n'était pas accueillant. D'un coup de baguette, elle envoya la vaisselle se faire d'elle-même et partit s'occuper de sa fille et d'elle-même.
Sous la douche, en regardant la petite taper dans l'eau et rire à cause des éclaboussures, Esther se dit que cette petite était l'une des choses les plus précieuses qu'elle avait, puis quand elle se mit à vomir son petit déjeuner dans le bain, elle se dit qu'elle avait une vie de merde. La serpentarde changea l'eau du bain puis installa Jane entre ses jambes pour la savonner, et alors qu'elle la frictionnait de partout elle se mit à penser à quel point cette petite ressemblait à sa belle-famille. Le peu de poils que sa fille possédait sur sa tête étaient d'un noir très caractéristique des Black, mais frisotait. L'avenir lui dirait si elle avait ceux de son mari ou de son père. Esther pouvait d'ores et déjà dire qu'elle avait les mains de Walburga, la manière se sourire d'Orion et les caprices de Sirius. Au moins la petite avait ses yeux, mais in fine, Esther se rendit compte que sa gamine la faisait flipper.
Lorsqu'elles revinrent au salon, son mari n'avait pas bougé d'un pouce, ou alors peut-être que sa tête s'était approché encore un peu plus de la bassine de vomi. Esther assit Jane dans son fauteuil le temps de transporter Sirius dans la baignoire, après l'avoir aspergé d'eau froide et lui demandait de se rendre présentable dans les quinze minutes. Elle sortit pour aérer et continuer de nettoyer.
« Tu es complètement barge qu'est-ce qu'il te prend, ce matin ?!
— Ils arrivent dans dix minutes, juste le temps pour que tu prennes ton café, ta clope et que tu te calmes. Et si tu n'es pas content, c'est pareil. Là ! »
Jane, qui, depuis sa petite chaise regardait ses parents se crier dessus, continuait de régurgiter le reste de son repas.
« Tu nous répètes ça s'il te plaît . » Demanda Peter, assis sur le canapé entre Remus et Sirius qui était tout sourire.
— Je. Suis. Enceinte. » Répéta Lily s'appuyant contre l'épaule de James, que personne n'avait vu aussi fier que depuis son mariage où il avait hurlé à son ami ''tu me dois dix galions, Patmol !'' Devant le mage, et où elle l'avait bien évidemment giflée.
Personne ne savait quoi dire. Un ange passa. Chacun regardait l'autre attendant que quelqu'un se lance.
« Et de deux potions de contraception oublier en un an, deux ! » Dit Esther avec cynisme en rentrant dans la cuisine pour aller remettre de l'eau à bouillir pour le second round de thé. La plupart des personnes levèrent les yeux au ciel.
Ils s'étaient mis à discuter joyeusement après cela. Remus prenait des nouvelles de Peter, que personne ne voyait depuis quelque temps. Apparemment, il avait trouvé un travail auprès d'huissiers, se chargeant de la paperasse essentiellement. James portait Jane dans ses bras en discutant avec Sirius qui buvait, mais pas de thé. Et Lily ? Elle avait essayé d'aider la maîtresse de maison à préparer le dîner, mais elle l'avait comme à son habitude envoyer paître. Alors celle-ci était retournée près de son mari.
« Sirius ? Demanda la rousse en récupérant le bébé sur ses genoux. Tu veux être le parrain ?
— Mais j'en serai ravie ma Lily. Répondit celui-ci en enroulant son bras autour de sa taille.
— Sirius calmos, grommela James, en voyant son ami n'était pas dans son état normal.
— Je me ressers, quelqu'un en veut . Proposa celui-ci en montrant son verre
— Non, c'est bon, c'est gentil merci. »
La rousse donna un coup de coude à son mari et retourna dans la cuisine.
« Esther ? L'appela Lily.
— Hum, bas les pattes Evans, tu touches à rien dans ici capisce .
— Bien sûr. » Dit-elle en levant les mains en signe de paix. Elle s'accouda au comptoir, elle aimait bien voir Esther tenter de se dépêtrer dans sa cuisine, où de toute manière, elle arrivait rarement à y faire un quelque chose de mangeable.
« James voudrait que tu sois la marraine, tu diras oui quand il viendra te demander ou je le dissuade ?
— Ce qui m'étonne, c'est que tu ne l'aies pas déjà fait. Esther se retourna un couteau sale dans une main l'autre poser sur sa hanche. Posant son ustensile, elle vint reprendre Jane pour la mettre dans son fauteuil.
— Ce qui m'étonne moi, c'est que tu n'as toujours pas compris que je l'aime. Et que s'il veut que sa meilleure amie soit la marraine, soit. De toute façon, tu sais autant que moi, que, quand il a une idée en tête, il la garde. Rigola la gryffondor tentant de s'approcher du plan de travail.
— Alors cela ne servira à rien que tu le résonnes. Lily fit un geste de la tête, approuvant. C'est oui, si tu ne fais pas de fausse couche avant. Insinua Esther en lui barrant la route, reprenant son travail.
— Charmant. »Il y eut de nouveau un silence entrecoupé des babillages du bébé. Esther allait lui dire de retourner auprès des autres quand Lily se décida à rouvrir sa bouche pour lui poser la question qui lui trottait vraiment derrière la tête.
« Bien. Dit moi, tu peux m'expliquer ce qu'a Sirius en ce moment ? James et moi, on s'inquiète vraiment. Elle cessa un moment de hacher les carottes.
— Pourquoi tu me demandes cela ?
— Ne me prends pas pour une cruche, il est au whisky alors que nous sommes au thé.
— J'aurais préféré que ce soit James qui vienne m'en parler. Grommela Esther. Elle n'aimait pas parler de cela, sa mère l'avait déjà cuisiné là-dessus, mais cacher que son mari passait son temps à descendre du whisky et vomir état plus compliqué que cela.
— James est persuadé que son ami va lui parler, il ne sait pas que je t'en parle.
— Soit. Sirius a un problème avec la bouteille.
— Et tu fais quoi .
— Tu veux que je fasse quoi ? Depuis plusieurs mois, il dort dans ce que devrait être la chambre de Jane. Maintenant, il traîne sur le canapé. Quoi que je puisse faire, c'est un adulte.
— Et je ne sais pas moi, l'aider ?
— Bah, vas-y passe-moi la recette, si tu l'as. Quand je ne suis pas au ministère, je vide ses bouteilles dans les toilettes et accessoirement, je m'occupe de ma fille, seule. Alors tes conseils, tu te les fous où je pense. La brunette était à bout de nerfs et préféra garder les yeux sur la nourriture plutôt que de se retourner.
— Très bien... »
25 DECEMBRE 1979
« Le professeur André Larouche a enfin été retrouver, il est à Sainte Mangouste en soin palliatif.
Joyeux Noël Adé' Schwartz »
30 DECEMBRE 1979
Assise en face de sa cheminée, Esther tentait bien que mal d'appeler Severus par cheminette. Son père l'avait convoqué le matin même pour sa première véritable affaire, elle avait intérêt à ne pas la foirer, sa crédibilité était en jeu. Elle devait faire ses preuves avec ce dossier. En soi cela ne devait pas être bien compliqué, les aurores avaient fait extraire une potion de Russie qui arrivait à faire guérir des brûlures dues à la magie noire. Son travail ? Gérer le groupe de recherche qui devait l'analyse la reproduire et la mettre aux normes pour pouvoir la commercialiser. Comme cela ça avait l'air simple. Mais ne serait-ce que constituer une équipe digne de ce nom était difficile.
Quand celui-ci se décida enfin à répondre il avait l'air plus qu'énervé.
« J'ai besoin de toi, absolument ! Pourquoi tu ne répondais pas ? Tu es occupé ?
— Bonjour à toi aussi...
— Tu faisais quoi .
— Quelque chose, que veux-tu ?— Mon père m'a chargé d'une affaire et j'ai besoin d'un potioniste.
— Je ne suis qu'apprenti, va chercher ailleurs Walsh !
— T'es le plus doué que je connaisse, s'il te plaît... Tu seras payé et tu pourras travailler dans l'aile de recherche du département des mystères. Ils ont même des systèmes moldus modifiés, s'il te plaît, Severus.
— Ok, mais tu m'en devras une énorme, IL est sur mon dos, j'espère que ça n'interfère pas dans son travail, je ne sais pas si je pourrai lui cacher.
— Non, t'inquiète pas et puis, le département des mystères est presque indépendant, on nous appelle peut pour de la politique intérieure.
— bien, je serai demain matin à ton bureau »
Cela avait le mérite d'être clair. Elle ne lui avait pas dit que la plupart des potionistes ne voulait pas travailler avec elle, la pensant, à tort ou à raison, pas assez qualifiée pour une affaire aussi importante. Travailler avec Severus était une plaie, il était exigeant, râleur, ne faisant jamais ce qu'on lui demandait et ne demandant jamais la permission pour faire ce qu'il estimait meilleur. Mais le travail une fois terminé était en général bien plus aboutie que ce qu'elle aurait fait elle-même. C'était peut-être un mal pour un bien, en somme.
12 Février 1980 :
« Teodosia Täsche est morte hier soir à Sainte Mangouste »
4 AVRIL 1980
Remus était bien installé dans le canapé de ses amis alors que Sirius lui avait fourré sa filleule dans les bras avec un biberon. Il supposa que ce n'était pas pour lui, et le donna à la petite qui buvait goulûment en écoutant avec son parrain, son père déblatérer des insultes envers le seigneur des ténèbres. Non pas que le loup-garou était offusqué devant de tels propos, mais il était presque sûr qu'une enfant d'à peine six mois n'avait pas à entendre ce genre de chose, surtout venant de son père. Lorsque son amie sortit de la cuisine, elle râla encore une fois sur son mari qui n'en avait rien à faire. Certaines choses ne changeront jamais. Puis elle vint récupérer sa fille pour lui faire faire son rot et l'installer dans son couffin.
« Esther, tu es sûre que tu ne veux pas que je la garde pendant que vous allez à la réunion, ça ne me dérange pas. Dit Remus en nettoyant sa manche tachée par un peu de lait.
— Non, tu n'es déjà pas venu à la dernière et tu me gardes Jane quand je suis au travail. Elle replaça les coussins du fauteuil. De toute manière, ma mère sait déjà que je la lui laisse. » Répondit-elle en faisant un revers aux manches de sa chemise.
« C'est vraiment un connard de première si je le croise, je lui arrache les yeux, je lui...
— Sirius, calmes-toi... »
Esther était fatiguée de sa soirée, la réunion avait duré beaucoup trop longtemps. Fol-œil ne cessait de lui lancer des piques, Sirius était dissipé à côté d'elle et Remus discutait avec une petite poule qui s'était assise à côté de lui. Une petite poule qui lui faisait les yeux doux. La serpentarde n'aimait pas cela, du tout. Elle aurait dû accepter et il serait resté chez elle et il n'aurait jamais revu Jelle Desdémone.
Jelle Desdémone était une poufsouffle qui, durant leur dernière année, traînait autour de son petit ami à l'époque, et déjà à ce moment-là Esther acceptait très moyennement.
Jelle Desdémone était une petite menue, très menue. À peu près autant qu'elle l'était avant sa grossesse. Jelle Desdémone était une petite blonde avec de grands yeux bleus. Elle n'était pas désagréable à regarder, mais c'était une beauté fade, selon elle. Jelle Desdémone n'était pas non plus bête, un peu -voire très- naïve, mais pas bête. Jelle Desdémone était une gamine maladroite et naïve à qui on disait "ma pauvre chérie" dès qu'il lui arrivait une misère. Jelle Desdémone était gentille, peu bavarde. Jelle Desdémone était tout ce qu'elle n'était pas. Et Jelle Desdémone faisait actuellement les grands yeux doux à Remus, son Remus et Esther était hors d'elle.
Lorsqu'elle remarqua que James et Sirius étaient déjà partie, elle s'approcha des deux autres qui étaient en train de parler.
« Ah ! Bonjour Esther, ça faisait longtemps ! Dit la Poufsouffle en lui souriant. Esther lui sourit faussement et se tourna vers Remus.
— Tu viens, le dîner nous attend, Sirius et James sont déjà partis.
— Hum oui, attend-moi à l'entrée, je finis. » Esther renfrognée se dirigea vers la porte en faisant un sourire de façade à la petite poule pendant que Jelle lui disait en revoir. Fol-œil essaya de lui parler, en vain, puisqu'elle fixait la blondinette en train de s'esclaffer au propos de son ami. Esther se demanda ce qui pouvait bien être si drôle pour qu'elle sourit autant cette pute.
Remus lui dit au revoir et se dirigea vers elle calmement, un petit sourire aux lèvres sous le regard de Jelle. La revoir lui avait redonné confiance en lui, ce n'était pas une fille compliquée, qui, le simple fait de la voire ne le faisait pas souffrir. Et pendant un instant, il avait tout oublié ; quand il lui avait raconté la blague sur le flaireur et les trois chameaux. Mais il ne pensa plus à cela, puisque lorsqu'il fut au niveau d'Esther, celle-ci l'embrassa. Elle l'avait fait sur un coup de folie, histoire de marquer son territoire devant la blondinette. Seulement le loup-garou qui ne s'y était pas attendu répondit, bien qu'un peu abasourdi. Le temps du choc passé, ils se séparèrent et Remus attrapa l'épaule de la jeune femme fermement, les faisant transplanés dans son entrée.
« C'était quoi ça ? Demanda-t-il énervé. Lui comme elle ne s'était pas rendu compte que James, Lily, Sirius et Peter les observaient depuis le salon.
— De ? Esther était un peu perdue, elle ne s'était pas attendu à ce qu'il transplane de cette manière, encore moins qu'il soit aussi en colère. En fait, elle s'attendait à pas-grand-chose puisqu'elle l'avait fait sur un coup de tête.
— Ne me prends pas pour un con Esther, pourquoi tu as fait ça ? Je dois espérer quelque chose ou c'est encore un de tes sauts d'humeur ?
— Je... Elle n'allait pas lui dire qu'elle était jalouse parce qu'il n'avait parlé à une autre qu'elle .
— Oui ? Je t'écoute . J'aimerais bien savoir… J'attends... Il la regarda dans les yeux les bras croisés, la vapeur lui montant peu à peu à la tête.
— Désolé. La serpentarde n'avait rien à dire. Elle se sentait comme une enfant prise la main dans le sac. Alors ses yeux regardèrent les pieds de Remus.
— C'est tout . Tu as quel âge, putain Esther !? Tu m'expliques pourquoi tu as fait ça ?
— Non. Esther se refusait de reconnaître à voix haute qu'elle avait fait une grosse connerie.
— Je vois, et on fait quoi maintenant hein ? Tu divorces de Sirius, tu lui laisses Jane et on se remet ensemble en vivant d'amour et d'eau fraîche ? Tu restes vivre ici et on se revoit pour une baise de temps en temps ? Je continue à t'attendre de loin ? Dis-moi bordel ! Dis-moi à quoi je dois m'attendre avec toi ? Alors une réponse ou c'est un monologue ?
— Non.
— Non quoi ? Non ; au divorce ? Non ; à l'adultère ? Non ; à me laisser choir ? Non ; je n'aurai pas de réponse ? Son mutisme l'énervait d'autant plus. Il avait besoin de se défouler, mais il n'avait pas envie de lui montrer à quel point elle pouvait l'énerver quand elle se comportait comme une gamine capricieuse.
— Je sais pas... Les larmes lui montaient aux yeux. Jamais Remus ne s'énervait comme ça, encore moins contre elle. Il se taisait, car ils se comprenaient, mais ce soir, ce n'était plus le cas.
— Écoute, reviens me voir quand tu auras une réponse.
— Remus... Reviens. Esther essaya sa grande conviction d'attraper la main de son ami, mais elle savait que cela ne servait à rien.
— Bonne soirée Esther. » Il transplana chez lui. Elle s'effondra contre la porte, le ventre gargouillant de Peter résonnait dans la pièce.
25 Avril 1980 :
« António Mota a disparu »
12 MAI 1980
Alors qu'Esther donnait sa compote à Jane, Isobel transplana dans son salon avec la tête des mauvais jours.
« Mauvaise nouvelle. Dit son amie, en s'installant dans le canapé en caressant les cheveux de sa filleule qui lui souriait avec ses deux incisives.
— Il n'y a plus de chocolat à la framboise au chaudron baveur ? Isobel fit non de la tête. Tu as croisé Walburga ? Elle répéta son geste. Evans attend des jumeaux ? Walburga est enceinte du fantôme de son mari ? Tu es enceinte ? Je suis enceinte ?
— Pire.
— Jane est enceinte . Répondit la serpentarde en regardant sa fille mettre les doigts dans son dessert puis les lécher. Elle s'en occuperait plus tard.
— Ce que je vais te dire ne va pas du tout te plaire… Il fallait qu'elle y aille par élimination. Si cela avait un lien avec la guerre ou l'ordre soit Sirius lui aurait dit soit elle aurait reçu une missive de fol-œil et puis Isobel ne trainerait pas comme cela. Ça devait être assez quelconque.
— Vas-y accouche.
— J'ai appris par James que Remus sortait avec Jelle Desdemone.
— Bien. Une colère sourde monta dans sa gorge. Après un mois à l'ignorer, il sortait avec cette poule . Si elle avait pu, elle aurait tout cassé, mais elle préféra garder la face devant son amie.
— C'est tout ? Isobel était choquée. Comment ça, c'était tout ? Pendant des années, elle lui parlait de Remus comme l'amour de sa vie, qu'ils vivaient une tragédie shakespearienne et maintenant qu'il l'ignorait et qu'il sortait avec une autre, elle s'en foutait ? Non, elle n'y croyait pas pour un sou.
— C'est un grand garçon, il fait ses propres choix. Tu peux finir de lui donner faut que j'aille voir un truc. »
Elle acquiesça et commença par nettoyer les bêtises de Jane, qui pendant leur échange en avait mis partout. Quand Isobel regarda de plus près, elle se rendit compte que le bavoir taché était le cadeau de naissance de Remus et fit un petit sourire. Qu'elle agrandit en entendant le bruit caractéristique que quelqu'un essayant d'étouffer des hurlements dans un oreiller.
18 JUIN 1980
Adélaïde se tenait en plein milieu du salon de son amie l'air perdue. Isobel tenait Jane sur ses jambes, Esther apportait le thé et Sirius enfilait sa veste en la regardant avec des yeux de mérou. Elle leur avait envoyé un message ce matin avec écrit "faut qu'on parle". Depuis les deux autres, se demandaient ce que l'Allemande pouvait bien leur vouloir. Cela faisait plus d'un an qu'elle était repartie dans son pays d'origine et tenait ses distances avec elles, ne revenant sur le sol britannique que très rarement. C'était un petit phénomène en soi de voir Adélaïde.
« Les filles, faut que je vous dise, j'espère qu'on soit toujours ami après ça mais faut que je le dise à quelqu'un. Voilà, j'aime les filles. Dit-elle paniquée ne sachant comment ses amies allaient le prendre.
— On le savait déjà, tu peux me passer mon paquet de clopes s'il te plaît ? Demanda Esther d'un ton détachée.
— Pardon ?
— Tu peux me passer mon paquet de clopes s'il te plaît ? L'Allemande lui tendit hésitante, alors que son ami partait vers la fenêtre.
—Depuis quand vous le savez ?
— Je dirais depuis notre cinquième année, dans ces eaux-là. Sirius ? Qu'est-ce que c'est que cette moustache ? C'est nouveau... Dit Isobel en essayant d'empêcher sa filleule de jouer avec son nez.
— Et c'est pas beau. Rajouta sa femme.
— Attendez ça fait des années que vous saviez et que vous ne me l'avez pas dit ? Et moi qui vous évitais ces derniers mois, car j'arrivais plus à vous regarder en face... Sirius rase ça, c'est vrai que c'est laid.
— Je ne raserai rien du tout, et moi aussi, je le savais.
— Hein ?! Mais combien de personnes savent ? Attends comment tu sais ? Adélaïde était pourtant certaine qu'elle était discrète. Comment se faisait-il qu'autant de personnes soient au courant.
— Une fois, je t'ai vu regarder dans le décolleté de Lily, tu n'es plus avec ton fiancé et surtout, surtout, surtout, je t'ai vu rouler une pelle à Smith en sixième année.
— Bah merde alors… Elle s'était potentiellement attendue à ce qu'ils ne veuillent pas la voir, mais pas à ce qu'il soit déjà informé et qu'il s'en moque comme de l'an quarante.
— Comme tu dis, bon allez, salut » répondit Sirius en passant sa cheminée.
5 AOUT 1980
Cela faisait six jours qu'ils avaient reçu le patronus de James leur disant que Harry James Potter était né. Sirius avait couru à Sainte Mangouste à la seconde, Esther avait attendu le deuxième jour. Depuis elle cherchait ce qu'elle pouvait bien offrir à ce bébé, qui, connaissant son meilleur ami, serait pourri gâté. Elle avait opté pour une petite chaîne et une médaille sur lesquels elle avait fait graver son prénom, c'était banal, classique, elle était sûre de ne pas faire de boulette.
Alors qu'elle allait partir chez James afin de fêter la naissance de son fils, Severus transplana dans son entrée.« Pour Lily, tu lui donneras de ma part s'il te plaît » Elle hocha la tête en attrapant le bouquet de Lys et entra dans la cheminée bien chargée avec sa fille dans les bras. Avant de partir elle le vit faire un petit signe de la main, l'air grave. Elle savait qu'en langage Severus, cela voulait dire merci.
Lorsqu'elle arriva dans le salon des Potter, Esther tomba nez à nez avec Lily qui avait l'air absolument éreinté, ce qui la fit sourire, avant de dire fort qu'elle était arrivée. Elle posa Jane à ses pieds qui rampa jusqu'au canapé. Sirius arriva dans son champ de vision tenant Harry dans ses bars qui ne cessait de pleurer.« Sirius donne-moi mon fils.
— Non, je veux le garder un peu...
— Je ne t'ai jamais vu tenir notre fille, mais par contre celui des Potter, tu le lâches plus. Rigola la jeune femme en cherchant sa fille du regard qui s'était allongé sur le tapis
— Faut croire qu'on fait des bébés plus beaux que toi Esther ! Rigola James en récupérant son fils
— C'est pas que la mienne, je vous rappelle... » Esther leva les yeux au ciel avant d'aller dans la cuisine où elle chercha un vase pour le bouquet. La cuisine des Potter n'était pas très grande, mais elle était fonctionnelle. Elle farfouilla un peu partout et finit par le trouver dans un placard.
La maîtresse de maison la rejoignit et la remercier pour le bouquet, la serpentarde répondit simplement qu'il n'était pas d'elle, mais de Severus. Elle n'eut pas pour réponse de sourire triste.
Esther aida Lily à apporter les plats au salon afin de ne pas avoir à trop discuter. Lorsqu'elles revinrent ; trois personnes de plus étaient installées. Peter, ses cheveux gras et un sac à main étaient assis dans le fauteuil à discuter avec Sirius. Tandis que de l'autre côté du salon, Jelle tenait Harry dans ses bras encadrés par James qui rigolait et Remus qui la regardait en souriant, la main sur sa taille.
C'était ce moment-là qu'Isobel transplana dans le salon, détournant l'attention le temps d'une seconde, puis les discussions reprirent de plus belle. La nouvelle arrivée alla dans la cuisine avec le reste des femmes.
« Pourquoi est-elle là ? Demanda Isobel en s'adossant au plan de travail.
— James n'a pas pu s'en empêcher, je lui avais dit pourtant, mais il ne voulait pas vexer Remus.
— Evans, une fois que t'as petite fête sera fini, j'ai droit de lui arracher les globes oculaires à la petite cuillère ? Quémanda Esther qui tenait une louche dans la main droite.
— Non.
— Esther ne fait pas de scène, aujourd'hui.
— Une Cène, tu veux dire ?
— Ce n'est pas drôle. Tu as intérêt à te tenir à carreau. » Seul un grognement répondit à la blonde.
Esther rongeait son frein en finissant de nourrir sa fille qui gigotait dans tous les sens, Jane aujourd'hui était plus que dissipée ce qui n'arrangeait pas ces affaires. Isobel à sa droite discutait avec Lily qui avait toujours l'air aussi fatigué, à propos de thé et d'infusion. James et Peter riaient grâce à la maladresse de Sirius qui avait renversé son verre au niveau de son entrejambe. Ces deux-là ne cessaient de faire des blagues à propos de son incontinence, plier en deux sur le canapé. Remus et Jelle discutaient, heureux dans les fauteuils près de la cheminée avec Harry qui dormait non loin.
Si on ne prêtait attention à cette fête que dans sa globalité, elle se passait assez bien, en façade les gens se souriaient, buvaient et mangeaient. Mais personne n'était dupe, ils savaient très bien que s'ils avaient le dos tourné, il y aurait un mort, voire deux. La serpentarde n'avait pas adressé ne serait-ce qu'un regard au nouveau couple depuis leur arrivée, elle les évitait soigneusement, vaillant à toujours être en pleine discussion ou être occupé. Elle voyait bien que Remus faisait de même, voire même, il en jouait. Elle était persuadée qu'il avait fait exprès d'embrasser sa poule devant elle. Jelle, se rendait compte de rien, elle était occupée à être joyeuse. Jelle était la quintessence, l'essence même de la joie de vivre, et cela sembler suffire à Remus pour le rendre heureux pour l'instant. Ce qui ne cessait pas d'énerver Esther, évidemment.
De leur côté James et Isobel essayaient de les éloigner le plus possible, tant bien que mal. Surtout mal, puisqu'elle avait à plusieurs reprises essayé d'ensorceler le verre de la poufsouffle. Puis Remus s'amusait à rire de manière peu discrète pour la narguer. La blonde et le brun n'en pouvaient plus, ils crurent les étriper, à plusieurs reprises, de manières très douloureuses. Il n'y avait pas qu'eux, qui avait remarqué ce concours de bistouquette puérile, mais les autres préférait passer outre.
En dernier recours, lorsqu'elle sentit que c'était trop, elle alla saluer les autres, prétextant la sieste de sa fille. Arrivée au niveau de Jelle, Esther se retint de l'étrangler, elle lui dit simplement au revoir avec le strict minimum en matière de politesse, alors que celle-ci voulait discuter. La jeune femme était devant la cheminée, Jane pleurant dans son couffin qu'elle tenait d'une main, elle allait prendre de la poudre de cheminette lorsqu'on appuya sur son épaule gauche. Tous regardaient espérant que cela ne se finisse pas un combat de coqs.
« Faudrait, peut-être qu'on parle, on ne va pas s'éviter indéfiniment comme des enfants, si .
— Tu m'as demandé de venir te voir quand j'aurai une réponse, non ? Je n'en ai pas. Dit-elle en se retournant posant le couffin pour croiser les bras, alors que la fillette était toujours en train de pleurer et entraînant avec elle Harry qui ne dormait plus.
— Je pense que si, au contraire.
— Tu as fait ton choix, j'ai fait le mien.
— Oh merci tu m'éclaires. Donc on s'ignore gentiment jusqu'à ce que l'un de nous y passe ? Tu veux vraiment que cela se finisse comme ça ? »
Grogna-t-il, ce qui fit réaliser aux autres ce qui était en train de se passer. James jura dans sa barbe. Lily partit se réfugier dans la cuisine. Sirius et Peter étaient saouls et gloussaient sur le canapé. Jelle assise sur un fauteuil rougissait. Et Isobel se demandait se qu'elle pouvait faire, elle finit par se dire que de toute manière, elle et James n'avait fait que repousser une échéance qui devait tomber.
Esther avait un don pour s'engueuler avec absolument la terre entière et tout le temps. Elle et Remus même en couple se chicanaient, se lançaient des piques, c'était une forme de jeu. Cela pouvait être drôle pour eux, mais pour leur ami c'était parfois énervant, cela créait une atmosphère pesante. Mais là, ils avaient tous deux dépassé le simple stade du « qui aura le mot de la fin ».
« Parce que tu tiens vraiment à avoir cette discussion ? Moi pas. Au revoir. Elle allait se pencher pour récupérer sa fille à ses pieds quand il surenchérit.
— Donc finalement James et Sirius avaient raison, prendre des décisions, ce n'est pas ton truc, tu préfères en vouloir à ceux qui le font, toujours aussi lâche.
— Et c'est ça la défense des Gryffondor ? L'insulte ? Jolie repartie bravo, j'applaudis. Ce qu'elle fit dans une tentative de se donner contenance. Tu peux bien penser ce que tu veux je m'en cogne.
— Qui essayes-tu de convaincre ? Tu sais tout comme moi que c'est faux. »
Son ton était acerbe. Il savait qu'il avait touché un point sensible. Il la connaissait finalement pas si mal que cela. Il savait qu'elle ne savait plus où elle en était, qu'elle ne savait plus quoi penser de leurs relations, d'où la tentative ratée de le récupérer il y a quelques mois. D'où le fait qu'elle l'ignorait car elle ne pouvait lui donner une réponse. C'était aussi pour cela qu'il avait accepté les avances de Jelle. Certes elle lui plaisait, mais c'était surtout et essentiellement pour la faire réagir. Il n'en était pas fier, ce n'était pas très Gryffondor. C'est aussi pour cela qu'il était venu la voir après le repas quand il avait vu qu'elle faisait la tournée des au-revoir. Il fallait qu'il sache à quoi s'en tenir. Pas comme elle.
« Où est parti le timide petit loup-garou que je connaissais ? Rit Esther avec un sourire mauvais. C'était elle qui était une Serpantarde, elle voulait lui montrer qu'il ne gagnerait pas cette fois. Tu es un vrai vicelard maintenant ! Je dirai presque hargneux. Elle se tourna vers Jelle qui avait le regard de celle qui avait compris, elle avait le regard d'un lapin pris dans les phares. Dans un dernier coup théâtral, Esther plaça sa main devant sa bouche, mimant la candeur de quelqu'un ayant fait une gaffe. Ô oups désolé elle ne savait pas ? Tu m'en vois vraiment désolé … Tu vois il n'y a pas que toi qui sais jouer au méchant Serpantard. » Esther récupéra le couffin, et passa la cheminée dans la stupeur générale. Elle avait gagné, elle avait eu le mot de la fin.
En espérant que le chapitre vous ait plu n'hésitez pas à laisser des commentaires, je ne mange toujours pas d'enfant au petit déjeuné. Le prochain chapitre sera "voir un ami pleurer" Jacques Brel. Je vous attends dans les commentaires.
