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"Ne me laisse pas." Je murmurais d'un ton larmoyant.

De l'autre côté du téléphone je l'entendit me demander "Que se passe-t-il?" Tsurugi n'avait pas l'air alarmé, mais il y avait quand même une certaine inquiétude dans sa voix.

Je ne voulais pas lui raconter ma situation actuelle, alors j'optai pour une semis vérité "Je ne sais pas..."

Il souffla, puis me posa cette question "Tu veux que je fasse quoi?"

"Juste, parle moi." Je reniflais.

Il ricana "De toute les personnes bavardes que tu connais, tu as dû choisir la plus silencieuse pour parler."

"Ta voix me réconforte..." Je chuchotai le plus bas possible pour qu'il ne m'entende pas. Il ne réagis pas, j'en déduis qu'il ne m'avait pas entendu. Je repris "Tu es le seul qui sais... pour mes crises."

Tsurugi soupira à nouveau "Évidemment... Tu n'en as parlée à personne de plus compétent que moi..." Un moment de silence passa. "De quoi veux-tu que je parle?"

"Ce que tu veux." Je répondit sans attendre.

"Fantastique... Un devoir de math ça te vas?" Il demanda sarcastiquement.

"Euh... Ce que tu veux... Mais pas l'école."

"Bien... Ça réduit les possibilités. Dommage, moi qui suis tellement friands des conversations triviales."

Je ris légèrement. Quelque seconde passèrent, j'entendais des pages tournées de l'autres côté du téléphone. Cela attira ma curiosité "Tu fais quoi?"

"Tu aimes les samouraïs ou quelque chose comme ça, non? Je cherche dans un livre d'histoire un truc qui pourraient t'intéresser."

Mon attitude s'égaya "Tu t'en souviens!"

"Bien, lorsqu'on avait voyagé dans le temps pour trouver l'âme d'Okita Souji, une fois qu'on l'avait en face de nous, tu le regardais comme un lion qui n'avait pas été nourris depuis des mois."

Mon visage se réchauffa de honte et de colère à la comparaison "Ce-ce n'est pas vrai!"

Le bruit de page s'arrêta "Je ne pense pas trouver de fais réel que tu ne connaisses pas déjà sur l'histoire du Japon. Mais si tu veux je peux raconter une histoire."

"Quoi comme histoire?"

"Je ne sais pas. J'improviserai."

"Ok, alors." Je me réinstallai et concentrai toute mon attention vers sa voix.

Il toussa, puis commença à raconter "Dans une contrée lointaine, la famine faisait rage."

"Ça commence bien." Je dit avec sarcasme.

"Ne me coupe pas." Il ronchonna "Tu préfères faire l'histoire toi même?"

"Non,non vas y continu." Je répondit légèrement paniquée de peur qu'il s'arrête vraiment.

Il toussa à nouveau puis repris "Dans une contrée lointaine, la famine faisait rage. Pas une seule plante ne voulait pousser, pas un seule grain ne voulait pointer le bout de son nez. Les rivières étaient à sec, et la pluie n'était pas tombée depuis des semaines. Le peuple se mourrait peu à peu... Puis un jour une jeune femme dotée d'une beauté hors du commun arriva dans l'un des villages de ce royaume. Elle amena avec elle pluie et vents, rendant ainsi la terre de nouveau féconde et cultivable. Les villageois la remercièrent tous grandement, et lui dirent d'aller aider leurs voisins. Petit à petit, toute les terres du royaume se retrouvèrent revigorées... La jeune femme, la pluie et le vent la suivant toujours, alla chercher refuge chez le premier village qu'elle avait aidée. Revoyant leurs héros, les villageois l'accueillir avec plaisir. Seulement le lendemain matin ils la chassèrent. Sa pluie avait inondée les champs. Ils ne pouvaient pas la garder. Elle alla à un autre village, mais ils la chassèrent aussi. Elle avait fait tout le royaume, pas un seul ne voulait l'héberger. Voyant qu'elle n'était plus la bienvenue elle s'en alla construire sa maison sur la plus haute colline. Les jours passèrent, et la sècheresse revenus. Le royaume était catastrophé. "Il faut retrouver la dame des pluies!" S'exclamaient le peuple. Le roi fit comme demandé, il retrouva la jeune femme. Et il la supplia de les aider à nouveau. Elle dit au roi qu'elle les aiderait, que demain matin, au moment de son réveil, il n'aurait plus jamais à s'inquiéter de la sécheresse. Et ainsi en une nuit le royaume fut noyé sous l'eau... Fin."

"Fin?" Je questionnai surprise.

"Fin." Il répondit sans encombre.

"Elle est un peu-" mais je nus pas le temps de terminer ma phrase. La porte de ma prison s'ouvrait, grinçante et lourde. C'était mon père. L'angoisse et l'effroi que j'avais plus tôt perdus, remontèrent d'un coup en flèche. Mes dents commencèrent à claquer, mon estomac se noua, et je ne savais plus comment respirer. Nous nous regardions depuis un moment les yeux dans les yeux. Puis il tira un de mes bras. Voyant que son objectif était mon téléphone, je résistais et me mit à le supplier "S'il vous plaît, père,non. S'il vous plaît." Les larmes recommencèrent à couler. Cependant ma prise lâcha lorsqu'il m'assena un coup de pied dans le ventre. J'avais assez de conscience et de résistance pour mettre juste reculée d'une marche et mettre accrochée à la rambarde d'escalier. Je reprenais mon souffle, mais le temps que je le fasse mon père avait déjà refermé la porte. Par d'espoir je me précipitais sur la porte et la frappai avec mes poings. "S'il vous plaît, père. Père..." Mes pleurs ne s'arrêtèrent plus et était de plus en plus fort.

Les heures passèrent, et je ne savais pas combien de temps cela faisait depuis que mes cries et gémissements résonnaient dans la pièce. Au bout d'un moment la fatigue pris le dessus. Ainsi je m'assoupissais lentement sur les marches poussiéreuses de la cave.

Le lendemain je me réveillais au son grinçant des hélices qui servait à l'aération. Je m'étirais, relâchant un peu de la tension que mon corps avait accumulé durant la nuit. Je clignais des yeux m'habituant à la sensation d'être éveillé et me remémorant ce qui c'était ultérieurement passé, de pourquoi j'étais là, étouffant dans une pièce sombre et humide. Au coins de mes joues, je pouvais encore sentir les résidus de sel que mes larmes avaient laissées. Comme je n'avais rien d'autre à faire et rien d'autre pour le faire, je grattais avec mes ongles courts le sel de mes pommettes. Je reniflais puis toussais, dégageant une gêne dont je ne savais pas si elle était physique ou mental. Mon corps transpirait, j'avais chaud et froid. Je me sentais poisseuse, et je l'étais.

Le temps continua de passer. Je n'avais pas bougée. J'étais restée recroquevillée sur ma marche, le plus près possible de ma porte de sortie. J'avais faim et soif. Bizarrement cela me rappela une émission de télé. C'était un homme qui a chaque épisode se retrouvait perdu on ne sait où et nous apprenait à comment survivre dans cette situation. Un moment particulier me vain à l'esprit. Il se trouvais dans le désert et pour pouvoir boire il avait uriné dans la peau d'un serpent mort disant que la peau filtrerait son urine et la rendrait un peu plus potable. Dommage pour moi, je n'ai ni serpent, ni envie d'uriner. À peu de chose près j'aurais pu me désaltérer. Qu'est-ce que c'est bête.

Trois heures était au moins passée. Toujours aucune perspective de liberté en vue. La panique reprenait parfois le dessus. Je faisais de l'hyperventilation, mon ventre me faisait mal, mes bras et mes jambes étaient crispés, et dépassée un certain moment l'épuisement arrivais, mais il partait vite lorsque sans raison une autre vague d'angoisse faisait surface, m'empêchant de me reposer. C'est ainsi que mon week-end c'est terminé.

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Le lundi matin à 6h00 tapante notre deuxième gouvernante la Salamandre vient m'ouvrir la porte, puis elle me dit de son air lasse "Votre bain est prêt mademoiselle."

Lentement je me relevais, et je titubais pour me rendre jusqu'à ma terre promise. Une fois dans la salle de bain je me précipitais vers le lavabo et prenait de grande gorgée d'eau. Ce n'est pas bon de boire ainsi après avoir été à jeune pendant un moment, mais j'avais trop soif pour penser clairement. Après mettre désaltérée je m'essuyais la bouche grossièrement et me regardais dans le miroir. Je n'avais ni bleu, ni coupure pouvant être vue sur mon visage, seulement de profonde cerne sous les yeux. Je soupirais, puis commençait à me laver et me préparer pour la journée.

Lorsque je sortais de ma maison pour me diriger vers mon vélo mon frère m'arrêta. "Pas la peine Midori. Aujourd'hui tu prends la voiture avec moi." À sa proposition je fus hésitante. Seulement j'étais trop fatiguée pour hésiter longtemps. Alors me voilà assise à côté de mon frère la tête basse et mon corps crispé. Je savais qu'il ne ferait rien en la présence de Jii-san. Pourtant ça ne m'empêchais pas de trembler.

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À 7h40 j'étais au lycée. Je marchais péniblement sans trop savoir où j'allais. Mes pieds savais où aller par habitude, je pouvais leur faire confiance. C'est comme ça que je me suis retrouvée devant mon casier enfilant lentement mes chaussures. Puis d'un coup sec mon casier se referma. Le bruit de métal se refermant brusquement avait alerté la plupart des élèves au alentours. Ils me regardaient à présent. Enfin... plutôt nous regardaient. C'était Tsurugi qui avait causé toute cette agitation.

"Il faut qu'on parle." Il déclara d'un ton sec.

Lasse je lui répondit "Plus tard. J'ai cour."

Il fronça les sourcils et m'attrapa par le poignet "Non. Maintenant."

Je me dégageait violemment de son emprise "Non, mais tu te prend pour qui? J'ai dit plus tard." Puis là, à la surprise de tout le monde, sans ménagement, il me souleva. Et comme si je n'étais qu'un gros sac de farine, il me posa sur son épaule. "Eh! Tsurugi! Repose moi!" Je commençais à paniquer. Le susnommé ne pris pas la peine de m'écouter. Il marchais avec moi sur son épaule sans problème. Je ne voyais même pas où on allait, la seule chose que je voyais c'était des visages cachant leur rire. En revanche je sentais très bien mes joues se colorer de ma honte.

Au bout d'un moment j'ai arrêté de me battre, et mollement je lui demandai "Tu peux me dire où on va au moins?" Ma réponse arriva plus vite que prévue lorsque j'entendis une porte grincer et qu'il me posa nonchalamment sur le parquet. "Aïe! Tu pourrais faire attention!" Je m'énervais contre lui. Sa seule réaction fus de s'asseoir devant moi, son regard percent me traversant. Je soupirais "Bien. Qu'est-ce que tu veux?"

"Savoir." Tsurugi déclara nette.

Je soufflais à nouveau "Super. Ça en dit long."

Il fronça à nouveau les sourcils "Arrête de tourner autour du pot." Un silence passa. Puis il repris "Qu'est-ce qu'il c'est passé lors de notre dernier appel?"

Je ne le regardais pas, et triturais ma jupe pour me distraire. "Rien... Juste une dispute familial."

Il se rapprocha, doucement il posa sa main sur le haut de ma tête, lentement il la fit descendre jusqu'à mon cou, puis gentiment il m'obligea à le regarder "Midori, s'il te plaît dis moi."

Sans violence je repoussais sa main avec la mienne,. Des larmes c'étaient formées aux coins de mes yeux. Son geste m'avait ému. Une si douce caresse sur la tête, seulement ma mère m'en avait offerte deux ou trois fois. Mes yeux se dirigèrent de nouveau à leur insu loin de l'or. "Et qu'est-ce que ça changerai?" Il pris mes mains dans les siennes. Cette fois je les retirais violemment "Arrête!" Je criais agacée. Puis du revers de ma main je me débarrassais de l'eau qui décorait mes yeux. "Juste... arrête."

Se fus à son tour de soupirer "Je te demande la même chose. Arrête. Si tu ne voulais pas d'aide tu ne m'aurais pas appelée. Si tu n'avais pas besoin d'aide tu ne serais pas en train de pleurer."

Je ricanais "Je te trouve bien intelligent pour un footballeur."

Tsurugi leva les yeux au ciel. "Et je te trouve bien idiote."

"Pour...?" Je questionnais

"Pour rien. Tu es juste idiote." Il répondit franchement. Ma réaction fus un éclat de rire sec, avant de continué à regarder autour. Il repris "Tu sais que tu ne sortira pas d'ici avant d'avoir parlé."

Cette fois je connectais mes yeux avec les siens "Et pourquoi?"

"Parce-que tu es une imbecile qui s'obstine à ne pas vouloir parler de ses problèmes." Il déclara sans embûches.

Je ricanais à nouveau "Venant de toi c'est un comble."

"C'est justement parce que ça viens de moi que tu devrais t'en inquiéter." Il s'exclama.

Je soupirais pour la énième fois aujourd'hui, puis me levais "J'en ai marre. Je m'en vais."

Il me rattrapa "Midori-"

Mais je m'enlevais encore de sa prise "J'ai dit, je m'en vais!" Je criai.

Mais lui aussi cria "Reste! Et parle moi! Je ne peux pas resté ici à rien faire lorsqu'un ami se fais battre par son propre père!" Et ce qu'il cria avait beaucoup plus d'impact.

À cette déclaration c'était comme si le temps avait ralenti pour moi. "Et qu'est-ce qui te faire dire ça?" Je demandais la voix tremblante.

Tsurugi repris son ton normal "Au téléphone. Je t'entendais pleurer. Tu priais ton père. Après il y a eu un bruit sourd, et je t'entendais allaiter pour l'air." Il pris une pause dans sa narration. "Je ne suis pas stupide. De plus... il n'y a pas si longtemps que ça tu avais encore des cicatrices sur les mains. Des cicatrices étranges, comme si on t'avais fouetté..."

"Parce que bien sûr tu sais à quoi ressemble des coups de fouet." Je m'exclamais avec sarcasme.

Il me répondit sans sourciller "Les enfants qui ont étaient en relation avec le 5ème secteur, savent en général très bien à quoi ça ressemble."

Tout d'un coup je me sentais honteuse d'avoir dit un t'elle commentaires.

Les yeux de Tsurugi ne me quittèrent pas une seconde, et d'une voix plus douce que je ne lui connaissait il me demanda "La morsure de la dernière fois... c'est lui aussi?"

Mon souffle se relâcha un peu sachant que finalement il ne savait pas tout "Non. Non ce n'est pas lui."

En quelque sorte je pouvais voir ses épaules légèrement se détendre. Il m'adressa le sourire le plus petit que je n'avais jamais vue. Mais, bon. Comme c'est lui c'était attachant et réconfortant. Après cela il alla ouvrir la porte et dit "Tu n'as rien dit toi même. Mais tu n'as pas une seul fois dit que j'avais tord. Je prend donc pour acquis ce que j'ai compris."

Une petite vague de panique monta en moi et d'en une tentative désespérée de lui faire croire qu'il avait tout faut je m'exclamait "Je n'ai jamais dit que tu avais vus juste!"

De son air narquois il me répondit "C'est trop tard, il fallait y penser avant. Et passe devant. Je ne vais pas te tenir la porte toute la journée."

Je rougis légèrement de gêne puis passé précipitamment la porte en murmurant un petit merci.

"Bien. Nous nous revoyons au club. À plus." Et avec cette dernière phrase de sa part il s'en est allé.

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Voilà ce seras tout pour aujourd'hui.
Merci d'avoir lu et de suivre mon histoire.
J'espère que ce chapitre vous auras plus. N'hésitez pas à laisser un commentaire qu'il soit négatif ou positif ils aides à s'améliorer et encourage à continuer.
J'espère vous voir au prochain chapitre. À la prochaine.