Note d'auteur.

Coucou ! J'espère que vous allez bien, moi je vous drop ce chapitre avant de partir en partiel pour toute la semaine prochaine ^^

J'ai pas vraiment relu, parce que well c'est toujours le même problème et J'AI PAS ENVIE DE TOUT SUPPRIMER vous comprenez ? Donc je fais l'aveugle

bref, encore du Bokuaka parce qu'on en aura jamais assez (hein? Kuroshou? Mais qui est la personne qui vous en avait promis ahahaha u fool)

Oubliez pas que je vous aime et que vous ne pourrez pas retrouver mon adresse pour venir m'assassiner

(je fais ma maline mais je suis pas du tout satisfaite du chap, bref)


Chapitre 5


L'air était frais à l'intérieur du gymnase, et les vitres en haut des murs étaient givrées. L'endroit était presque désert, uniquement occupé par quelque troisième année qui s'entraînaient en duo, et le terrain d'entraînement laissait largement la place pour quiconque aurait eu envie de venir s'exercer.

Akaashi et Bokuto se faisaient face depuis plusieurs minutes, et se regardaient dans les yeux. Le brun sentait la marque qu'il portait à la clavicule être irrémédiablement attirée par son meister, lui demandant de faire le nécessaire afin qu'il – lui tout entier – puisse s'exprimer librement. L'arme à l'intérieur de son âme rugissait de colère, entravée par la honte qu'engendrait son apparence, et même en se détendant au maximum, Keiji n'arrivait pas à la libérer.

Même le regard chaud et confiant de Bokuto n'y parvenait pas.

Ils s'étaient donnés rendez-vous ici, après avoir échangés leurs numéros de téléphone, afin de commencer leur entraînement ensemble. Créer ce lien qui devait faire d'eux de véritables partenaires.

Le lien était quelque chose qui pouvait être crée entre n'importe quelle arme et n'importe quel meister. Dans ces cas là, la marque importait peu ce n'était qu'une aide, après tout, qui guidait les élèves de l'Académie – qui était bien heureusement la seule qui proposait une telle formation – vers la personne que leur âme désirait. Si par hasard, avant que la rencontre avec la moitié portant la marque ait lieu, un élève trouvait son partenaire en la personne qui lui semblait le plus approprié, alors personne n'y pouvait rien.

Ainsi, un lien était quelque chose de naturel. Ce devait être la première réelle étape dans un partenariat : la création de cette connexion permettait aux deux âmes d'être relié par un pont. Un pont par lequel passaient leurs émotions, leurs souvenirs, leurs impressions. C'était cela qui rendait possible la communication entre une arme transformée et un meister.

Derrière Keiji, un élève se fit frapper par une cible, et fut obligé de reculer de plusieurs mètres.

Bokuto et lui s'étaient placés sur un coté, pour ne pas déranger. Après tout ils ne s'entraînaient pas vraiment ce n'était qu'un test, une avant première. Ils devaient se connecter, et pour cela Akaashi devait tout d'abord se transformer.

Ce qu'il ne parvenait pas à faire depuis plus d'une trentaine de minutes à présent.

Il baissa les yeux et rompit le contact visuel.

– Akaashi.. ?

Ce dernier prit une grande inspiration, mais il se sentait petit, ridicule. De tous cotés, des armes maîtrisaient leur transformation à la perfection, et lui ne pouvait seulement se convaincre de la laisser apparaître à la surface.

– Akaa –

– Je n'y arrive pas, souffla t-il. Je suis désolé.

Et il l'était.

Keiji n'osait plus relever la tête. Il posa une main hésitante sur sa clavicule, sa marque chauffant étrangement sous ses vêtements.

– Akaashi, l'interpella Bokuto d'un voix douce.

Il leva également la main, et le brun la vit arriver dans son champ de vision, jusqu'à aller se poser sur la sienne. Il manqua de sursauter.

– Bokuto-san ?

Cette fois, après avoir fixé la main qui avait envahi son espace vital, il fut obligé de relever la tête, et constata avec surprise que son partenaire souriait.

– Tout va bien, affirma t-il. C'est pas grave. On réessaye. Et on réessayera encore.

Sa voix était si...

Il ne me reproche rien ? Rien du tout ? Même si je lui fais perdre du temps ?

– Mais, si on ne s'entraîne pas, on ne...

– Hum ? Tu as un objectif particulier ? Un rêve ?

– Pas vraiment...

Le plus vieux pencha la tête.

– Alors pourquoi tu sembles aussi pressé ?

– Et bien, je –

Il se dandina sur place.

– Tu ne trouves pas que je te fais perdre du temps ? Réussit-il à demander. Que ça serait plus facile avec quelqu'un d'autre ?

Cette fois, Bokuto fronça les sourcils et reprit sa main. Il l'observa, en silence, tandis qu'autour d'eux les élèves commençaient à s'arrêter pour partir déjeuner. Le soleil entrait par les fenêtres du haut, nimbant le gymnase d'une lumière chaude.

– J'ai tout mon temps, affirma t-il. On est partenaire.

– Mais tu n'as pas envie d'être le meilleur ? De rattraper tes amis ? D'être diplômé avec les honneurs ?

Il n'avait jamais rencontré personne qui ne possédait pas de telles ambitions, et dans un certain sens, il comprenait cela. Akaashi avait maîtrisé sa transformation jeune, ou en tout cas un peu en avance par rapport aux statistiques. Il s'était entraîné, seul, et s'était un jour planté dans le sol de sa chambre. La fierté dans les yeux de sa mère lui avait donné l'envie d'en faire plus, de la rendre fière, de rendre tout le monde fier. Mais à présent, il n'était même sûr de pouvoir répondre aux attentes de son meister.

– Pas vraiment.

Il haussa les épaules, et la mâchoire de Keiji se décrocha.

– Quoi ? Comment ça, « pas vraiment » ?

– Euh, et bien pas vraiment ? J'ai pas envie d'être le meilleur. Ni le plus fort. Je veux juste... je ne sais pas ? En fait je ne sais même pas ce que je veux faire, une fois diplômé, alors... On a le temps.

Il lui offrit un sourire, éclatant et rassurant, qui montra toutes ses dents. Ses yeux étranges le regardaient sans arrières pensées, comme s'il n'attendait rien de lui, rien qu'il ne puisse accomplir en tout cas.

C'était une sensation étrange, que de ne pas avoir l'impression qu'il pourrait encore décevoir quelqu'un.

Soudain, l'estomac de Bokuto gargouilla bruyamment et il se mit à rougir.

– Je crois... qu'on devrait aller déjeuner. T'as bien travaillé, affirma t-il en posant sa main sur les cheveux de Keiji pour les décoiffer.

Et quand il se détourna pour se diriger vers la cafétéria, le brun le regardait avec des yeux ronds.


Mika se laissa tomber sur le banc, entre Daishou et Akaashi, puis lâcha un immense soupir. Elle posa ses doigts sur ses yeux, appuya pour faire passer la migraine qui menaçait de la faire craquer, et lâcha un grognement sous le regard étonné des deux garçons.

Ils se penchèrent vers l'arrière pour que leurs yeux se croisent, et Akaashi articula silencieusement :

Demande lui ce qu'elle a.

Daishou secoua la tête d'un air outré.

Tu rigoles ou quoi ? Je veux pas mourir.

Mais c'est ton amie.

C'est un monstre dangereux, et là elle est énervée : je veux pas mourir.

Keiji grimaça, puis se racla doucement la gorge. Il posa une main sur la cuisse de la jeune femme, et lui offrit un sourire timide.

– Tout va bien... ?

La jeune femme le fixa sans rien dire, puis posa une main sur son front pour mimer un évanouissement théâtrale et laissa tomber sa tête sur ses genoux du brun.

– Tu es le soleil de ma vie, Keiji. Merci. Pour une fois que l'autre imbécile a servi à quelque chose.

L'« autre imbécile » afficha une expression profondément outrée, puis s'exclama :

– Quand c'est moi qui demande tu essayes de m'étrangler ! Ça s'appelle du favoritisme, je te signale.

– Petit un : arrête de crier, ta voix de crécelle renforce ma migraine. Petit deux : le visage et la voix angéliques de Keiji sont désormais nécessaire à ma survie, et il peut me parler quand il veut.

Suguru la regarda encore quelques secondes, et elle lui tira la langue – toujours sur les genoux du brun – en lui offrant un geste peu aimable avec son doigt.

– Alors, continua Akaashi qui n'osait désormais plus bouger, dure journée ?

– Dure journée, acquiesça Mika. Yachi s'est blessée en cours ce matin, et elle s'est sentie coupable de me faire louper l'entraînement du soir alors j'ai du lui faire comprendre pendant au moins toute la pause déjeuner que la santé de ma partenaire était plus important que le reste.

Le brun la fixa sans rien dire.

– Ensuite, je me suis fait botter le cul pendant mon premier cours de l'après-midi, et j'ai encore mal aux fesses.

Daishou étouffa un rire, mais soudain le pied de la jeune fille fut sur sa joue.

– Et pour finir : je viens de passer deux heures à réviser, et mon meilleur ami est un trou du cul.

– Dure journée, confirma alors Keiji en posant sa main sur les cheveux roux qui se trouvaient sur ses genoux.

Suguru se servit de sa manche pour enlever les morceaux de terre que le pied de Mika avait laissé sur sa joue, puis écarquilla les yeux en avisant quel élève s'approchait d'eux à grands pas.

– Alerte rouge, siffla t-il.

– Qu'est-ce qu'il raconte encore ?

– Alerte rouge, j'ai dit. Abruti à coupe de merde en approche.

Mais Kuroo était à présent devant eux, et haussa un sourcil devant l'insulte. Daishou lui offrit un sourire innocent et battit des cils.

– Je te manquais ?

– Seulement dans tes rêves.

Ils se fusillèrent du regard pendant un moment, jusqu'à ce qu'une certaine fille lève un pied entre eux et déclare :

– Choisissez un autre jour, vous deux, si vous voulez pas mourir.

Kuroo se racla la gorge.

– Bon. J'étais pas là pour ça de toute façon.

Il lança un dernier regard à Suguru, puis se décala quelque peu et alla se poster devant Akaashi.

– Je... est-ce que je peux te parler un instant ? Ça ne sera pas long.

Mika lâcha un cri étrange, à mi chemin entre le hurlement de rage et l'envie de meurtre :

– Essayes-tu de me voler mon oreiller, Kuroo Tetsurou ?

Il paniqua un instant, et étrangement, se tourna vers Daishou à la recherche de soutien – ce qui était une très mauvaise idée, même lui s'en rendit compte –.

– Je... pardon ?

Elle lâcha un immense soupir.

– Tu me le ramènes dans moins de dix minutes, c'est compris ?

– Compris.

Puis soudain, il eut l'idée de demander l'avis du concerné et releva les yeux avec un air penaud :

– S'il te plaît ?


Kuroo était gêné, et cela n'avait aucun rapport avec le fait qu'il devait trouver ses mots, et vite, sinon Mika lui arracherait les parties intimes avec un rire sadique et une musique épique en fond sonore. Non, en vérité il se sentait honteux, et admettre ses erreurs n'était pas quelque chose qu'il faisait très souvent – pour preuve, il n'en avait même pas le souvenir –.

Il se dandina sur place, sous les yeux surpris de Keiji, puis frotta sa nuque avant de lever les yeux vers le ciel. Le soleil se couchait. Quand il reposa son regard sur l'arme devant lui, il déclara de but en blanc :

– Tu peux me frapper un coup, si tu veux.

Le brun haussa un sourcil, pas vraiment sûr de comprendre.

– J'ai pas... envie de te frapper ?

Kuroo secoua la tête.

– Je te donne l'autorisation. Vas-y, fais toi plaisir.

Keiji le fixa en clignant des yeux, puis hasarda :

– Est-ce que ce sont... des excuses ?

Si ce n'était pas cela, alors il ne lui restait plus qu'à partir en courant.

– Oui. C'est ça. Pour la dernière fois, à la cafet'. Je ne voulais pas dire ça. En fait, j'étais...

Il ferma les yeux, et les mots suivant lui arrachèrent la bouche :

– Jaloux.

Quand il les rouvrit, le meister crut bon d'ajouter :

– Pas de toi, hein ? Enfin je voulais pas dire que j'enviais le partenaire de mon meilleur ami, juste que j'enviais... le fait que mon meilleur ami ait un partenaire.

– Et pas toi, termina Keiji.

– Et pas moi, confirma Kuroo.

Il grimaça, se racla une nouvelle fois la gorge, puis se souvint :

– Je suis désolé. C'est ça que je voulais dire. Je suis content que Bo' ait trouvé son arme. Il est content que ce soit toi.

– Il te l'a dit ?

– Tu rigoles ? Hier il a été piquer la crème pour visage d'Oikawa. Et il se l'ait appliqué en chantonnant. Et quand il dit ton nom ça fait un truc étrange comme « Akaaaashi ».

Puis soudain, Tetsurou lui fit un sourire et posa sa main sur son épaule.

– Bon, du coup en plus des excuses – euh, tu les acceptes mes excuses ?

– Oui, Kuroo-san. Tu es pardonné.

– D'accord. Très bien. Merci. Et du coup, je disais qu'en plus des excuses, je te souhaite bonne chance. Parce que bientôt, en plus de devoir supporter Daishou et Bo' – je l'aime, mais il est épuisant –, je sens que tu vas devoir subir Oikawa.

– Oikawa Tooru ? Le meilleur élément des deuxième année ?

– Lui même. Courage.

Puis soudain, il lui donna une petite tape sur l'épaule, et tourna les talons pour partir d'un pas sautillant en direction des dortoirs. Il fredonnait.


Journal d'impression, semaine des examens

Par Oikawa Tooru, Bokuto Kotaro, et Kuroo Tetsurou

Jour 1.

Aujourd'hui est le jour de notre mort. De notre renaissance. Les premiers examens me donnent l'impression d'être devenu bête – ce que je n'ai jamais été, qu'on soit d'accord – et je me suis rongé les ongles pendant la première épreuve. Bien heureusement, j'ai révisé et je connais mes cours sur le bout des doigts. Finalement, le point négatif de cette journée semble être mon mal de fesse qui ne veut pas passer. – O.

Coucou, aujourd'hui ça a été. J'ai répondu aux trois quart des questions, et Iwaizumi m'a dit que c'était pas mal. J'ai même eu le temps de faire une cocotte en papier avec le brouillon. C'était cool – B.

Je veux mourir. Laissez moi mourir. Je crois que même Bokuto a fait mieux que moi, ce qui veut dire que ma mère va me tuer. Heureusement que mon meilleur ami (je sais que tu vas lire après moi, je t'aime bro) m'a offert une cocotte en papier, même si la couleur est moche. – K.

Jour 2.

Je suis une bête, et j'ai assuré. Iwa-chan m'a rattrapé quand je lui ai sauté dessus à la fin de la dernière épreuve, et même si ça fait des jours qu'il boude, on a fait notre check secret des grandes occasions. Il m'a même laissé lui faire un bisou baveux sur la joue, ce qui veut dire que la terre va bientôt exploser. Mais c'est pas grave : j'ai assuré. – O.

Coucou, aujourd'hui c'était pas trop ça. Je crois que je suis nul. J'ai croisé Akaashi, et il m'a dit que ça avait été. Il doit avoir de bonnes notes. Du coup, j'ai eu le temps de faire deux cocottes, alors je lui en ai donné une. J'espère qu'il a pas trouvé ça bête. – B.

Je commence à envisager un nouvel avenir. Peut-être que si je m'inscris dans une école de cirque, je pourrais utiliser mon entraînement. Ça sera toujours mieux que rien. Et par rien, j'entends le rien qui suivra mon assassinat par ma mère. Bo', merci pour la cocotte. Tu es la lumière de ma vie. – K.

Jour 3.

Ce matin, Bokuto m'a dit qu'on pourrait faire un sac à main avec les poches que j'ai sous les yeux, du coup vu que je sais qu'il va lire ça : sache que je l'ai mal pris. En ce qui concerne les examens, pour moi ça a été, j'ai appris toutes les œuvres par cœur. Par contre, pour Iwa-chan, ça a été un peu moins. En fait, là j'écris caché dans l'armoire, parce que apparemment la simple vue de ma personne lui donne envie de me frapper. Iwa-chan, sache que ton coup de pied à pas aidé mon mal de fesse. – O.

Coucou, j'ai commencé la journée avec de la confiture sur le t-shirt, parce que Oikawa a essayé de m'étrangler ce matin quand j'ai fait une remarque sur ses poches qui avaient elles mêmes des poches : avec Kuroo on s'est dit qu'en fait elles faisaient des enfants pendant la nuit et qu'à la fin de la semaine il marcherait dessus. Oh, et aujourd'hui ça a été. Je crois. En tout cas, j'ai pas eu le temps d'utiliser le brouillon pour faire une cocotte c'est dommage aujourd'hui la couleur était jolie. –B.

Je mourrais sous un pont. Assassiné par d'autres sans abris, ou noyé par la pluie qui aura englouti l'abri que je me serais trouvé. Je vais mourir seul et bête, telle est ma destinée. – K.

Jour 4.

Avant dernier jour : on en a profité pour faire un foot dans l'un des jardins après les épreuves, malgré le froid et la boue. Iwa-chan nous a botté les fesses, c'était pas beau à voir. Même Daishou et Mika nous ont rejoint, mais elle a arrêté quand Bokuto lui est tombé dessus au début du match. Akaashi nous a encouragé depuis le banc – enfin il encourageait Bo' quoi – mais quand il nous a rejoint, à la mi temps, j'ai cru que j'allais tomber à la renverse. Il a piqué le ballon à Iwa au moins trois fois. Pas mal petit ! – O.

Coucou, aujourd'hui c'était cool : on a joué au foot. J'étais dans l'équipe d'Iwaizumi, et on a gagné. En plus Akaashi est venu ! Super cool. Par contre, Kuroo et Daishou ont fini par se disputer (encore) et Mika nous a fait patienter plusieurs minutes avant de nous permettre de les séparer – ils se battaient dans la boue, et je crois qu'ils se tiraient les cheveux –. En tout cas, c'était une bonne journée, même si j'ai loupé une épreuve sur deux. – B.

Je vais tuer ce petit abruti : à cause de lui je suis resté trente minutes sous la douche pour essayer d'enlever la boue séchée de mes cheveux. Si je meurs, il partira avant moi, ça j'en fait la promesse. En attendant, ma mère va me faire la peau. – K.

Jour 5.

Maintenant que c'est fini je peux le dire : j'ai peut-être pas autant assuré que ce que je pensais. On aura les résultats à la rentrée, mais en attendant je ne peux plus rien faire. J'ai envie de dormir. Et Iwa-chan ne sera pas avec moi pendant les vacances. – O.

Coucou, enfin fini ! Comme d'habitude, je ne sais pas si ça a été, mais j'espère. Les cernes d'Oikawa sont devenues noires, du coup Kuroo a gagné le pari =( – B.

Je vais mourir jeune, avant d'avoir fait quoi que ce soit, assassiné par la personne qui m'a mis au monde, ou bien par un sans abri. Jeune, certes, mais plus riche de dix billets. On rentre chez nous dans quelques minutes, que le sort vous soit favorable, les gars. – K.


– Mes chers élèves, merci de vous être réunis ici en ce fin de journée, je me doute bien qu'elle n'a pas du être de tout repos. Les examens du premier semestre sont à présent terminés, et je vous souhaite de bonnes vacances : essayez de revenir en force. Si vous avez des questions qui ne peuvent attendre la rentrée, n'oubliez pas que la messagerie de l'école sera toujours ouverte, et que tous vos professeurs seront là pour vous répondre. Également, faites attention à vous, et je ne peux que vous conseiller de rester chez vous tant que le Soul Eater n'aura pas été attrapé. Vous êtes ici en sécurité, mais je ne peux malheureusement pas assuré la protection de toute la ville. Par contre, je sais que vos proches sauront faire le maximum. Je ne vais pas trop m'attarder, je sais aussi que vous mourrez d'envie de vous en allez, alors que je n'ajouterai qu'une chose : passez un joyeux noël, et je vous dis à l'année prochaine. Quelque chose me dit que nous aurons le droit à de la neige, cette fois.


Le gymnase était fermé pour les vacances, si bien qu'Akasshi et Bokuto se retrouvèrent dans l'un des jardins pour effectuer un dernier entraînement. Le plus jeune avait tenu à faire une nouvelle tentative, et avait demandé à son meister s'il acceptait de partir en vacances quelques heures plus tard. À présent les examens étaient terminés, et la plupart des élèves venaient de quitter l'Académie. Le directeur avait effectué son discours, et plus rien ne les retenait, sans même parler du fait que dans une heure, l'école fermerait ses portes.

Le brun inspirait et expirait doucement, face à Bokuto qui l'observait avec attention. Il avait toujours trouvé le phénomène de transformation incroyable, et à présent voir son propre partenaire essayer ainsi était quelque chose d'incroyable à ses yeux.

Il se rapprocha légèrement quand Keiji ferma les yeux, et lui prit délicatement les mains.

– Pas de stress, affirma t-il. Rien ne presse. Je suis sûr que peu importe ce qui se passera, ça sera parfait.

Le brun retint difficilement son sourire, et se concentra sur la sensation des paumes brûlantes de Bokuto dans les siennes. Sa présence réconfortante lui apparut alors, même avec ses yeux clos, et il haussa les sourcils.

Il la sentait, au fond de sa poitrine : cette émotion qui menaçait de s'échapper, celle que sa peur et sa honte avaient toujours retenue. Emprisonné, enchaîné, l'arme se débattait de rage et grattait sa cage. À présent, ici, dans ce jardin vide et désert, dans cette école où les trois quarts des élèves avaient disparu, il acceptait de la laisser s'échapper.

Dans son esprit, l'âme de Bokuto, brillante et chaude, se transforma en clé, et il s'en servit pour déverrouiller la porte.

Il ne te lâchera pas.

Il ne te dira rien.

Tu ne le décevras pas.

Et le brun se laissa submerger et transpercer. Son corps changea, se transforma, fut nimbé d'une lumière qui l'aveugla même derrière ses paupières closes, et la seconde d'après il sentit des mains fermes attraper le manche attaché à sa lame.

Il y eut une seconde de surprise avant que soudain Bokuto ne se mette à sauter sur place.

– Akaashi ! Tu as réussi !

Il fit agilement tourner l'arme dans ses mains, examina la lame noire affûtée, serra ses mains autour du large manche sombre de la claymore, puis déclara d'une voix émue :

– Tu es magnifique...

Et soudain, le lien apparut. Aussi simplement que ça une passerelle naquit entre leurs deux esprits, comme une voie directe aux sentiments de l'autre, et ils sursautèrent en même temps. La peur et l'angoisse de Keiji parvinrent vers Bokuto, et sa fierté et sa joie furent transmis au brun qui se replia mentalement sur lui même avec un sourire, le cœur battant à tout rompre.

Akaashi...

Il fit tournoyer l'épée dans le vent, heureux et excité, puis pensa avec toute l'honnêté dont il était capable :

Nous sommes partenaires ! Tu as réussi !

Les émotions ne cessaient d'aller et venir, puis tout à coup ce ne fut plus que de simples impressions mais également des images, nettes. Keiji écrivant à son bureau, seul dans sa chambre. L'air déçu de sa mère. Les remarques de Futakuchi. Bokuto recevant sa lettre pour l'Académie. Son air concentré lorsqu'il s'entraînait dans son jardin avec des bâtons. Sa rencontre avec Kuroo.

Ils gardèrent le silence, attendant patiemment que ces images s'éteignent, mais une dernière resta imprimé sur la vision du meister : une marque de rose, extrêmement semblable à celle de son meilleur ami, imprimé sur sa hanche de Daishou.

Presque aussitôt, Akaashi reprit sa forme humaine et lui lança un regard paniqué.

– Tu as vu ça ?

Mais Bokuto fut plus rapide car même alors que sa main droite était placée devant sa bouche, le choc s'étalant sur ses traits, il se mit à crier :

– Oh merde c'est Daishou qui – hhhmff !

Keiji posa rapidement sa main sur celle de son partenaire pour le faire taire, et ils échangèrent un regard paniqué :

– Tu ne peux pas lui dire !

– Mais c'est mon meilleur ami !

– Et moi j'ai fait une promesse !

Oh merde, pensèrent-ils au même instant tandis que le lien commençait enfin à se stabiliser. Les alentours étaient toujours aussi calmes, mais ils ne doutaient pas qu'un surveillant n'allait pas tarder à arriver pour leur dire de rentrer chez eux. Le chauffeur d'Akaashi devait d'ailleurs déjà l'attendre.

– S'il te plaît, demanda t-il. Promets moi que tu ne vas rien lui dire.

Il leva vers Bokuto un regard implorant, et même avec toute la bonne volonté du monde, ce dernier déglutit avant de capituler :

– Promis...

Il ne voulait pas cacher des choses à Kuroo, surtout que ce dernier savait très bien lorsqu'il mentait, mais d'un autre coté il ne pouvait pas interférer dans leurs histoires.

Puis soudain, il réalisa :

– Oh merde, c'est Daishou ? Son partenaire est Daishou Suguru ?

Même Keiji laissa échapper une grimace. Il souffla, puis s'assit sur le banc le plus proche pendant que Bokuto continuait :

– Je ne veux pas être là quand il va l'apprendre. En fait je pense que je vais changer de pays. Son arme est Daishou.

Il eut un instant l'idée de se laisser tomber à genoux pour rajouter un coté dramatique, mais changea d'avis en avisant le sol plein de boue. Ses jambes le portèrent jusqu'au banc et il s'assit à coté d'Akaashi.

– Tu as réussi. Bravo.

Une rougeur de fierté apparue sur les joues du brun, et il hocha la tête. Il n'eut même pas besoin de lui demander s'il n'avait pas été déçu de son apparence, de cette immense épée à double main, de cette lame noire il savait que ce n'était pas le cas. Il le sentait, l'entendait, le comprenait.

Bokuto était heureux.


Kuroo lança un coup d'œil rapide en direction de l'horloge derrière le visage de son père, et constata qu'il était bientôt vingt-trois heures. Ils en étaient au dessert, et le brun sentait le regard de plus en plus insistant de sa mère sur sa personne, comme si elle était à deux doigts de prendre la parole mais repoussait sans cesse le moment.

Au bout de quelques minutes, elle reposa ses couverts et essuya le coin de sa bouche avec une serviette, puis laissa un sourire étrange prendre place sur ses lèvres.

– Tetsurou ?

– Mmmh, oui maman ?

Il le sentait mal, mais elle n'allait tout de même pas l'assassiner à table, si ? Dans le pire des cas, il s'enfuirait par la porte qui était derrière lui et compterait sur son père pour calmer le monstre qu'il avait épousé.

– Je crois me souvenir que le petit Kenma est rentré à l'Académie, non ?

Kuroo manqua de laisser échapper un grand soupire, mais se retint et força un sourire.

– Oui, c'est vrai. Il est interne.

– Et tout va bien ? Tu lui as parlé ? Je crois que vous vous entendiez bien quand vous étiez petits.

Il hocha la tête, pas vraiment à l'aise. Certes, il était content que Kenma soit de nouveau dans son école, car son ami d'enfance était toujours important pour lui, mais il savait également où cette conversation allait se diriger.

– Il va bien, affirma t-il.

– C'est un garçon intelligent, est-il dans la section technique ?

– Non, c'est un meister.

Sa mère haussa les sourcils et son père sembla enfin s'intéresser à leur conversation.

– C'est vrai ? Ça veut dire qu'il trouvera son partenaire à l'Académie alors. Je suis certaine qu'il le trouvera rapidement.

Kuroo répondit d'un petit « ouais » peu enthousiaste, et elle semble le remarquer.

– Tu ne crois pas ?

– Si. En fait, il a déjà trouvé son arme.

Il attendit la réaction, et elle ne se fit pas prier :

– Oh c'est vrai ? Mais c'est un premier année, quelle chance ! Tu devrais prendre exemple, Tetsu. C'est une bonne personne ?

Sa remarque lui arracha une grimace, et le brun fit la moue.

– Quelle bonne idée, je n'y avais pas pensée. Et oui, c'est une bonne personne. C'est le partenaire de Kenma, après tout.

En remarquant que son fils était vexé, elle regretta un peu ses paroles et tendit sa main.

– Allez, donne moi ton assiette. Comme c'est noël tu as le droit à une deuxième part de gâteau.

Il la regarda, étonné, puis compris les excuses muettes et lui tendit l'objet sans protester. Son père hocha la tête pour lui montrer son soutien, puis affirma :

– Je suis sûr que ça arrivera bientôt.

Et Kuroo ne put retenir le petit sourire qui étira à son tour ses lèvres.

– Le gâteau est super bon, commenta t-il. Tu as mérité ton cadeau, maman.

Elle lui envoya un coup de pied sous la table.

– Fils indigne.


Le bruit des couverts claquant contre les assiettes devenait presque assourdissant dans le silence de la pièce. Daishou était assis en face de sa mère, tête basse, et mangeait son repas en silence. Derrière lui, le pendule de l'horloge en bois ne cessait de se balancer bruyamment, et elle avait sonné vingt-trois heures quelques minutes plus tôt.

Soudain, la femme arrêta ses mouvements et déposa sa fourchette sur le coté.

– Suguru, tu ne m'as pas donné de nouvelles depuis longtemps, lui reprocha t-elle. Tu ne réponds plus à mes appels.

Il continua de manger mais fronça les sourcils, irrité.

– Suguru, insista t-elle. Est-ce qu'il y a du nouveau ?

– Non. Rien de nouveau. Pas de meister.

Le repas aurait du avoir bon goût, il le savait, pourtant la nourriture était fade. Sa mère claqua sa langue, irritée. Son regard dériva vers les deux chaises vides, de chaque coté de la table, et il eut envie de lui hurler d'arrêter de les regarder. De laisser le passé là où il était, et de se concentrer sur son fils qui lui n'était ni parti, ni mort.

– Tu ne fais aucun effort, n'est-ce pas ? commenta t-elle. Tu devrais être facilement capable de trouver ton partenaire, et si cela continue je vais devoir intervenir.

– Intervenir ?

– Et bien oui. Prendre des photos de cette marque, affirma t-elle pointant son doigt sur lui, et les distribuer dans ton école serait un jeu d'enfant.

Suguru serra le poing, à deux doigts de se lever pour partir se retrancher dans sa chambre, mais abandonna au dernier moment. À la place, il cracha :

– Je vois que la leçon ne t'a pas suffi apparemment.

Elle releva les yeux, foudroyant, et ses cheveux lisses et bien coiffés tombèrent légèrement devant son visage. Ses lèvres rouges étaient tordues dans une grimace.

– Je te demande pardon ?

Il pointa la chaise de droite.

– Elle ne t'a pas servi de leçon ? Sérieusement ? Même après ça tu veux me jeter dans les griffes de n'importe quel meister venu, juste parce que tu ne veux pas qu'on – enfin que je finisse comme toi ?

– Suguru ! cria t-elle en frappant la table avec ses paumes.

– Quoi ? Tu vas me dire que j'ai tord ?

– Je vais te dire d'aller dans ta chambre, rétorqua t-elle. Je ne veux plus te voir pour la soirée, et tu attendras un peu pour ouvrir tes cadeaux, demain.

Il se leva, presque heureux d'avoir été congédié.

– Bah tiens. Courage, fuyons, n'est-ce pas ?

Puis sans attendre, il tourna les talons et claqua la porte de la salle à manger derrière lui.


Oikawa Tooru écoutait la conversation de ses parents d'une oreille distraite. Il observait sa sœur boire son thé en silence, et au bout d'un moment elle releva les yeux et lui lança à voix basse :

– Tu as quelque chose à me dire, frérot ?

– En fait, j'étais en train de me demander si le cadeau que tu vas m'offrir sera suffisant pour te faire pardonner.

Elle leva les yeux au ciel, et lui demanda l'air de rien :

– Tu veux un chocolat ?

Tooru soupira, hocha la tête, mais une fois qu'il eut avalé la sucrerie précisa :

– Ce n'est pas comme ça que tu vas m'acheter.

Il fit la moue.

– Tu ne devrais pas ignorer mes appels.

– Tu ne devrais pas m'appeler deux fois par joue, espèce de malade.

– Tooru ? l'appela soudain sa mère.

Il tourna la tête dans la direction de ses parents, et eut le temps d'apercevoir l'aiguille de l'horloge tomber sur le douze.

– Comment se sont passés tes examens ? demanda t-elle en buvant doucement son café et en l'observa par dessus sa tasse.

Le châtain déglutit, et sa sœur ricana discrètement.

– Bien... je crois.

– Tu crois ?

– Oui, ça a été, rectifia t-il.

– Bien.

Elle reprit sa conversation avec son mari, mais Chiaki déclara soudain :

– Et si on ouvrait les cadeaux ? Il est minuit, non ?

Leur mère désapprouva en faisant la moue, mais ils n'attendirent pas de réponse et Tooru entraîna sa sœur en direction du sapin.


Bokuto Kotaro [00H24] : joyeux noël akaashi !

Akaashi Keiji [00H24] : Joyeux Noël à toi aussi, Bokuto-san.


La nuit était sombre et froide, et les rues étaient recouvertes d'une fine couche de flocons blancs. Il s'était mis à neiger en début de soirée, des heures après le coucher du soleil, et à présent elle tenait parfaitement sur la route et les trottoirs.

Au milieu de ce silence presque paisible, la respiration erratique de la petite fille résonnait entre les murs en béton tandis qu'elle courait à en perdre haleine. Ses petits pieds glissaient à de nombreuses reprises sur le col gelé, et elle tomba plus d'une fois, laissant quelques gouttes de sang tacher la blancheur de la neige lorsqu'elle s'écorchait les genoux. Derrière elle, son frère était toujours là pour la relever, et s'assurait qu'elle avance suffisamment vite pour survivre.

Soudain, quelque chose – ou plutôt quelqu'un – sauta de l'immeuble sur leur gauche et atterri devant eux, leur bloquant le chemin.

– Natsu, demi-tour !

Il lui prit la main, et la poussa à s'arrêter pour l'entraîner dans la direction opposée. Il fallait qu'ils s'échappent, si bien que lorsqu'il avisa une ruelle déserte qui coupait sur leur droite, et n'hésita qu'un instant avant de pousser sa petite sœur devant lui.

Quand leur mère lui avait demandé d'aller la chercher chez son amie, Hinata s'était exécuté de bon cœur en affirmant qu'ils seraient tous les deux de retour avant que quiconque n'ait eu le temps de mettre la table. Le repas de noël était quelque chose qui se faisait en famille, chez eux, et sa mère n'avait pas voulu laissé sa petite fille rentrer seule par des temps pareils.

Mais à présent, il aurait tout donné pour retourner dans le passé, et convaincre sa mère d'aller la chercher en voiture.

Au départ, quand il s'était rendu compte qu'ils étaient suivis, le rouquin avait simplement décidé de tenter de le semer en empruntant des petites rues, puis en tournant de plus en plus fréquemment. Mais les pas se rapprochaient, encore et encore, alors ils s'étaient mis à courir et à présent il sentait bien que sa petite sœur n'en pouvait plus.

Cela devait bien faire une heure qu'il courait sans jamais réussir à s'approcher de chez eux, et maintenant il en était certain : la personne qui les poursuivait – et il ne se faisait aucune illusion quand à son identité – essayait de les éloigner le plus possible. Il jouait avec eux.

Soudain, Natsu chuta au sol, la tête dans sa neige, et se mit à tousser. Sa respiration était chaotique, et Shoyo s'agenouilla à ses cotés pour essayer de la relever.

– Je... peux pas...

Son petit corps ne pouvait décidément courir plus longtemps, alors le grand frère la prit par le bras et la fit basculer sur son dos. Il irait bien moins vite, mais il n'avait pas d'autres solutions.

Reprenant sa course alors qu'il était lui même épuisé, le rouquin tenta une dernière fois de tourner vers chez lui, en sortant de la ruelle. Mais alors que son corps pivotait pour prendre le chemin le plus cours vers sa maison, quelque chose appuya contre son flanc et il sentit ses pieds se séparer du sol tandis que le cri de Natsu résonnait à ses oreilles.

Le corps chaud présent dans son dos disparu, et le choc qui résonna en lui lorsque sa tête et ses épaules entrèrent en contact avec le poteau électrique le fit grimacer et gémir. Des larmes de douleur montèrent, mais il les balaya quand il essaya de se relever. Son vision tremblante tenta de repérer sa sœur, et il la trouva de l'autre coté, une immense épée plantée dans la poitrine et un corps habillé en noir au dessus d'elle.

L'arme reprit sa force humaine, pendant que lui restait immobile, les yeux écarquillés. Il la vit se pencher sur sa sœur, ses longs cheveux tombant devant son visage alors qu'elle se rapprochait de plus en plus, et puis soudain une décharge le secoua de la tête aux pieds et il hurla :

– Natsu !

Sa voix éraillée attira l'attention du meister qui se retourna vers lui. Ses épaules trapues étaient camouflées sous un large manteau bleu foncé, presque noir, et ses cheveux, coupés courts, laissaient parfaitement entrevoir son regard sombre.

– Lâchez la ! recommença t-il en s'élançant vers eux malgré la douleur de sa chute. Lâchez la, ne vous approchez pas !

Mais le temps qu'il arrive près d'eux, la femme s'était déjà retransformée en cette immense épée et l'homme fonça sur lui. Il ne le transperça pas tout de suite, et lui luxa l'épaule d'un coup de pied avant de l'envoyer au sol. Pour le maintenir, il appuya sa chaussure contre son membre douloureux et Hinata laissa échapper un cri de douleur.

Il tenta de se dégager, donna des coups de pieds, tenta d'invoquer sa propre lame, mais la douleur, celle qui lui repassait sans cesse le corps immobile de sa petite sœur, non loin de là, l'empêchait de se concentrer et finit bien vite par s'étouffer avec ses propres sanglots.

– Lâchez la, répéta t-il à travers ses larmes, tout en sachant très bien qu'il n'y avait plus rien à lâcher.

Le Soul Eater l'observait en silence, puis chuchota d'une voix si basse qu'Hinata n'en fut pas certain :

– C'est un élève de l'Académie, tu penses que c'est une bonne idée ?

Personne ne lui répondit, mais le rouquin savait très bien à qui il s'adressait vraiment. Il fit glisser son regard jusqu'à l'épée, puis leva les yeux vers le ciel.

Maman...Kenma...

– Comme tu veux.

Et la seconde d'après, la lame s'enfonça lentement dans sa poitrine, juste en dessous de sa cage thoracique, et Hinata hurla à plein poumons. Il se demanda rapidement Mais n'y a t-il personne ici ? Personne qui vit ? Puis la réponse lui apparue d'elle même : ils étaient tous en train de fêter noël, et personne ne viendrait.

La lame continuait de s'enfoncer, encore et encore, et bientôt il n'eut même plus la force de crier tant la douleur l'aveuglait. Il avait l'impression que du feu liquide se trouvait attaché à l'arme qui était en train d'avaler sa vie.

Encore fichée dans sa poitrine, la jeune femme reprit son apparence, et cette fois ce fut sa main qui replaça sa lame. Il la sentit farfouiller là dedans, enserrer ses organes, et les larmes redoublèrent même si la rue était désormais silencieuse.

Elle se pencha sur lui, murmura quelque chose qu'il n'entendit pas, puis il ressentit quelque chose d'étrange : le feu de sa douleur se figea et un grand froid le fit trembler tout entier. Il pensa soudain que ses muscles se cristallisaient, et que son cœur s'arrêtait de battre – il crut l'entendre se stopper –.

Ses paupières, si lourdes, se fermèrent doucement, et son âme se fit arracher.

La dernière sensation que son corps perçut fut un flocon, froid, qui se déposa sur sa joue.


ZOUBIS ZOUBIS !