Me revoilà avec la suite de cette fic. Je n'ai rien à dire alors bonne lecture:)
Chapitre 2:Un raccourci
«-Et bien, et bien, on dirait que deux personnes se sont bien amusées, cette nuit.»
Frodon et Sam se réveillèrent en sursaut. Pippin les avait regardé en ricanant. Ils se détachèrent l'un de l'autre embarrassés tandis que Pippin pouffa de rire. Merryl se tenait à ses côtés en souriant.
«-Pippin. On a le droit d'avoir d'avoir des doutes mais peut-être qu'ils se sont seulement endormis près du feu.
-Qu'est-ce que vous faites ici? demanda Frodon qui rougissait et avait envie de parler d'autre chose
-Les Sacquet de Besace sont là depuis ce matin, dit Pippin, Depuis que Bilbon a littéralement disparu, ils pensent qu'il a quitté la Comté et veulent savoir s'il a laissé quelque chose pour eux.»
A ces mots, Frodon baissa les yeux.
«-Qu'est-ce qui se passe? demanda Pippin
-Bilbon est vraiment parti, c'est ça? affirma Merryl plus qu'elle ne le demanda
-...
-Ca va aller, dit Pippin, On est là, nous.
-Ce n'est pas forcément ton argument le plus rassurant, dit Sam»
Frodon éclata de rire en entendant ces mots. Cela rassura Merryl. Elle se tourna vers la porte de Cul-de-Sac et, lorsque Frodon se calma un peu, dit:
«-Bon, on sait toujours pas ce qu'on va faire des Sacquet de Besace.
-S'ils voient Sam ici, ils vont dire répandre des mauvaises rumeurs sur elle, dit Frodon, Tu ferais mieux de ne pas te montrer.
-Je vais en profiter pour me changer.
-Désolée de devoir t'imposer ça, dit Pippin
-Au contraire, merci de ne pas m'infliger ces sales types.»
Une fois que Sam fut dans une autre pièce, les Sacquet de Besace entrèrent dans Cul-de-Sac. En tête, Lobelia. Cette pimbêche espérait sûrement qu'il y ait plus que quelque chose pour elle. Et elle n'hésita pas à le montrer.
«-Alors, qu'est-ce que Bilbon a laissé pour nous?»
Elle n'avait même prit la peine de dire «Bonjour» à Frodon à qui elle s'adressait, de demander si Bilbon était parti ou pas ou encore de savoir comment allait Frodon. Elle n'avait même pas fait attention à Merryl et Pippin présents dans la pièce. Frodon n'eût même pas envie de lui répondre. Il se contenta de tourner la tête avec dédain. Ce qui ne plut à Lobelia.
«-Frodon mon garçon, je t'ai posé une question.
-C'est Frodon tout court, maintenant, dit le concerné en se tournant à nouveau, Maintenant que je vis officiellement ici, je dois être appelé monsieur Sacquet, monsieur Frodon ou Frodon. L'un de ces termes mais plus mon garçon, Lobelia.»
Il avait bien insisté sur le dernier mot. Lobelia sembla en colère mais ne dit rien.
«-Frodon, dit-t-elle simplement, qu'est-ce que Bilbon a laissé pour nous?»
A nouveau, Frodon tourna la tête avec dédain. Lobelia voulut parler à nouveau mais Merryl s'interposa.
«-Lobelia, je crois que Bilbon a été clair quand il a décidé d'élever Frodon. Tous ce qui était à lui appartient maintenant à celui qui se trouve sous vos yeux. Il n'y a rien pour vous. Ni pour les autres Sacquet de Besace.
-C'est impossible! Bilbon n'aurait pas pensé à laissé quelque chose pour vous tant qu'il y était?
-Je n'en sais rien. C'est à Frodon de décider ça.
-Vous...Vous n'êtes même pas une Sacquet! Vous êtes qu'une Brandebouc!»
Elle s'en alla en fulminant de rage. Les autres Sacquet de Besace ne tardèrent pas à la suivre tout aussi furieux. Lorsqu'elle fut sûre qu'ils furent loin, Sam s'autorisa à se montrer.
«-Quelle harpie!
-Oui, dit Frodon, Tu aurais dû te défendre Merryl.
-Pourquoi? Elle m'a fait un compliment.
-Hihi!
Bon, je dois vous laisser. J'ai du travail. Au revoir Merryl, Pippin. Frodon, si jamais ça va pas trop dans les jours à venir, tu pourras toujours venir me parler. Ah et viens plutôt à la forgerie. Ma famille pourrait se poser des questions si tu viens seul chez nous.
-D'accord. Merci Sam.»
Sam avait remis ses habits de forgeronne. Lorsqu'elle passa la porte, Frodon n'avait pas pu s'empêcher de la regarder en souriant tandis que Pippin avait soupiré. Merryl remarqua Frodon et ne put s'empêcher de le regarder pendant un certain temps amusée.
«-C'est une chic fille, pas vrai?
-Heu...oui, dit Pippin
-O...Oui, dit Frodon à son tour»
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Les jours qui suivirent, le soleil brilla et il ne fit ni trop chaud, ni trop froid. Sam venait souvent voir Frodon. Ce dernier n'avait pas cessé de suivre ses cours d'escrime. Merryl et Pippin, quand ils ne provoquaient pas de catastrophes, se joignaient également à eux. Ce soir-là, ils s'étaient rendus à l'auberge du Dragon Vert avec Hamfast dit l'Ancien, un ami de ce dernier, Bell et Anson. Merryl et Pippin dansaient et chantaient sur une table tandis que Sam dansait près de la table. Frodon, lui, apportait les chopes pour le groupe. Il riait et dansait un peu lui-même chaque fois qu'il passait devant Merryl, Pippin et Sam tout en faisant attention à ne pas renverser les chopes Il fallait dire qu'il était difficile de ne pas se laisser emporter par les paroles tant la chanson était entraînante.
«-Pour guérir mon cœur et noyer mon chagrin
Tombe la pluie, souffle le vent,
L'eau devra couler
Encore longtemps
Doux est le son de la pluie
Et le torrent qui descend d'en haut
Mieux que la pluie ou la rivière
C'est le Touque imbibé de bière!»
«-D'étranges individus parcourent la Comté, dit l'ami de l'Ancien
-Oui. On dit que c'est des Nains, des Gobelins ou des êtres pas plus recommandables, dit Anson, On les a vus dans les montagnes. Moi, je dis qu'une guerre se prépare.
-Ce sont des légendes d'ailleurs et des contes pour les enfants, dit Bell, Vous devenez comme le vieux Bilbon; complètement fous.
-En parlant des Sacquet, dit l'ami de l'Ancien, tu ne devrais pas laisser ta fille trop traîner avec le jeune monsieur Frodon. Il va perdre la boule comme le vieux Bilbon.
-J'en suis fier, dit Frodon en arrivant avec les bières
-Et moi, je traîne avec qui je veux comme vous dites, dit Sam en s'asseyant, Et puis, si perdre la boule implique d'avoir davantage de liens avec un ami, ce n'est pas si mal.
-Haha! Santé, l'Ancien, dit Frodon en s'asseyant à son tour, Sam.
-Quoiqu'il en soit, ce qui se passe au-delà des frontières ne nous regardent pas, dit l'Ancien, Mêlez-vous de vos affaires et il ne vous arrivera rien à tous les deux.»
Lorsque les dernières gorgées de bière furent bues et débarrassées, le groupe sortit. Sam avait insisté pour raccompagner Frodon à Cul-de-Sac. Il avait toujours du mal à s'habituer au fait qu'il n'y aurait personne une fois qu'il serait rentré et il avait envie, ou plutôt besoin, d'être raccompagné par quelqu'un. L'Ancien se montrait compréhensif mais il faisait de ces pères protecteurs qui n'aimaient pas que leurs filles traînent avec des garçons la nuit. Même s'il savait que Frodon était un gentil garçon, c'était plus fort que lui. Il avait fallu que Bell le raisonne longtemps avant qu'il finasse par céder. Néanmoins, il n'avait pas pu s'empêcher de dire:
«-N'oubliez pas jeune Frodon, si vous faites quoi que ce soit à ma fille, vous entendrez parler de moi!
-Arrête de dire n'importe quoi, papa, dit Sam agacée»
Il n'y avait pas vraiment de colère dans la voix de l'Ancien. Plutôt un brin de plaisanterie et d'inquiétude en même temps. D'un côté, il n'ignorait pas que Frodon était incapable de faire du mal à une mouche et, tout comme les autres pères qui avaient des filles, il aimait taquiner leurs amis garçons d'une manière embarrassante par pur jeu. De l'autre, même s'il aurait préféré voir sa fille mariée plutôt que mener un dur labeur, au fond de son cœur, il espérait que sa petite enfant ne disparût pas trop vite.
«-Ne vous faites pas trop voir, dit Bell, Les gens de la Comté pourraient parler.
-Ne t'inquiète pas, maman. Ah, donne ça à Mag. Je l'ai fait à la forge aujourd'hui et je n'ai pas eu le temps de lui donner.»
C'était un petit cheval en métal. Tout le monde fut impressionné. En particulier Bell Gamegie née Bonenfant.
«-Il est très beau. Elle va adorer, ma chérie.
-J'espère. Bon, je reviens tout à l'heure.»
Elle embrassa ses parents sur les joues tandis que son frère ne fit même pas un geste excepté un bref signe de la main. Sam ne se doutait pas que cette nuit-là, beaucoup de choses commenceraient à changer pour Frodon ainsi que pour elle.
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«-Bonne nuit, Sam.»
Lorsque Frodon entra dans sa maison, tout sembla calme. Il s'apprêta à aller se préparer pour se coucher. Pourtant, quelque chose le troubla. Il lui sembla entendre quelque chose grincer. Il ne sut pas comment réagir. Est-ce qu'il se trouvait dans une situation dangereuse? Il n'eût pas le temps de réfléchir davantage car une main l'agrippa. Il se retourna en sursautant mais fut vite rassuré en reconnaissant une grande silhouette ridée vêtue de gris aux longs cheveux blancs.
«-Est-t-il caché? Est-t-il en sûreté? demanda Gamlad»
Frodon avait dissimulé l'anneau de Bilbon au fond de son plus grand coffre. La magicienne jeta l'enveloppe dans le feu sous les yeux surpris de Frodon.
«-Qu'est-ce que vous faites?»
Gamlad ne répondit pas. Frodon fut encore plus ébahi de voir que l'anneau ne fondait pas. Gamlad finit par le sortir du feu et le tendit vers le hobbit qui fut dubitatif.
«-Prenez-le, Frodon.
-...
-Il est froid.»
Comme l'anneau n'avait pas fondu dans le feu, ce qui était une chose incongrue, Frodon fit confiance à Gamlad. L'anneau était en effet bel et bien froid.
«-Que voyez-vous? Voyez-vous quelque chose?»
Frodon regarda l'anneau attentivement. Il se demandait ce qu'il était supposé voir car l'anneau semblait resté dans un état normal malgré le fait qu'il n'avait pas fondu. Ce que le hobbit fit remarquer.
«-Rien. Il n'y a rien.
Attendez. Il y a des inscriptions. On dirait un écrit elfe. Je ne sais pas le lire.
-Peu de gens le peuvent. C'est le langage du Mordor. Je ne le prononcerai pas ici.
-Le Mordor?
-En langage courant, cela signifie «Un Anneau pour les gouverner tous, un Anneau pour les trouver, un Anneau pour les amener tous, et dans les ténèbres les lier.»
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Alors qu'elle s'était apprêtée à partir, Sam avait, malgré elle, entendu la voix de Gamlad. Trop impressionnée par ce qu'elle avait vu et entendu, elle n'avait pas osé interrompre la conversation. Elle s'était contentée de se cacher dans le jardin de Cul-de-Sac afin d'en savoir plus sur ce fameux Anneau et, surtout, comprendre pourquoi Gamlad qui était partie si soudainement était revenue aussi vite qu'elle était partie.
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«-C'est l'Anneau Unique forgé par Sauron, le Terrible Seigneur Noir dans les flammes de la Montagne du Destin. Isildur l'ôta de la main de Sauron.
-Bilbon le découvrit, comprit Frodon, Dans les grottes de Gollum.
-Oui. Pendant soixante ans, l'Anneau fut à Bilbon. Il a prolongé sa vie, retardant la vieillesse. Mais maintenant, ce n'est plus le cas, Frodon. Des forces obscures grondent au Mordor. L'Anneau s'est réveillé. Il a entendu son Maître l'appeler.
-Mais Sauron a été détruit!»
L'Anneau poussa comme un murmure. Malgré lui, Frodon commença à comprendre le sens des paroles de Gamlad. Mais il n'arrivait pas à le croire. Cependant, il allait devoir l'entendre.
«-Non, Frodon. L'esprit de Sauron a survécu. Sa force vitale est liée à l'Anneau et l'Anneau a survécu. Sauron est de retour. Ses Orques se sont multipliés. Sa forteresse de Barad-Dûr a été reconstruite. Avec et Anneau, il couvrira les terres de ténèbres. Il le cherche sans arrêt. Toutes ses pensées sont fixées sur lui. Et l'Anneau désire par-dessus tout retrouver la main de son Maître. L'Anneau et le Seigneur Noir ne font qu'un. Frodon, il ne doit jamais le trouver.
-D'accord, mettons-le de côté, cachons-le et ne parlons plus jamais de lui. Personne ne sait qu'il est là de toute façon.
…
N'est-ce pas, Gamlad?
-Un autre savait que Bilbon avait l'Anneau. J'ai cherché Gollum partout. Mais l'ennemi l'a trouvé avant moi. Je ne sais quelles horribles tortures il a enduré mais parmi les cris et les plaintes, ils ont entendu deux mots: la Comté, Sacquet.
-...
Alors, ils vont venir ici!
Prenez-le Gamlad!
-Non, Frodon.
-Prenez-le!
-Vous devez le prendre!
-Ne faites pas ça.
-Je vous le donne.
-Ne me tentez pas Frodon!
Je n'ose pas le prendre. Même pas pour le mettre en sûreté. Comprenez, Frodon. Je voudrais utiliser cet Anneau pour faire le bien. Mais à travers moi, il exercerait un pouvoir effroyable.
-Mais il ne peut pas rester ici!
-Non, en effet.
-...
Que dois-je faire?
-Vous devez partir vite.
-Pour où?
-Quittez la Comté. Allez à Bree.
-Et vous?
-Je vous attendrai à l'auberge du Poney Fringant.
-L'Anneau y sera en sécurité?
-Je l'ignore, Frodon. Je vais voir le supérieur de mon Ordre, il est sage et puissant. Faites-moi confiance, Frodon. Il saura quoi faire. Abandonnez le nom de Sacquet. Ce nom n'est pas sûr en dehors de la Comté. Ne voyagez que de jour. Et évitez les routes.
-Je voyagerai à travers les champs.
-Mon cher Frodon, les hobbits sont des êtres incroyables. On croit qu'un mois suffit à bien les connaître mais cent ans après, ils vous surprennent encore.»
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Frodon allait partir? Sam ne pouvait pas y croire. En plus, à ce qu'elle avait comprit, il allait être en danger. Peut-être même que...Elle ne pouvait pas le laisser faire ça. S'il partait, elle le suivrait de loin. Elle s'apprêta à s'en aller discrètement et à se cacher prêt de la route de Cul-de-Sac. Mais elle vit mal à cause de l'obscurité et ne parvint pas à bien exécuter le mouvement qu'elle voulait faire. Elle ne parvint qu'à faire craquer une branche.
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«-Baissez-vous.»
Gamlad alla vers la fenêtre. Si un ennemi était déjà arrivé à la Comté, elle ferait tout pour protéger Frodon. Même y laisser la vie. D'une main, elle attrapa celui qu'elle ne pouvait pas voir afin de s'en débarrasser au plus vite pour que Frodon puisse fuir le plus vite possible. Celui ou plutôt celle.
«-Parbleu!Samelia Gamegie! Tu nous épiais?
-Moi? Oh non, pas du tout. Je me suis rappelée que j'avais oublié un manuel que j'avais laissé dans le jardin où j'avais lu un jour où il faisait beau et j'ai voulu le récupérer.
-Au beau milieu de la nuit?
-D'accord, d'accord. C'est une excuse stupide. Écoutez, je vous ai entendu gueuler comme des sagouins...
-A quel sujet? Parle!
-Ben à part d'un anneau, d'un Seigneur Noir et de la fin du monde, pas grand-chose. Mais ça veut dire que tout va bien, pas vrai?»
Elle avait eu un ricanement nerveux. Sam n'était pas idiote. Elle savait ce que signifiait les mots. Et c'était également une nerveuse de la lame doublée d'une amie dévouée. Si Gamlad ne l'avait pas surprise, elle aurait sûrement suivi Frodon de loin et aurait tenté de le défendre à tout prix.
Sam ne le montrait pas mais elle se sentait mal. Elle qui avait toujours été fière et digne devant Frodon, se retrouver comme ça dans une position de faiblesse comme une enfant qu'on punissait devant lui était humiliant. Néanmoins, elle tentait de garder le contrôle d'elle-même.
«-Gamlad, restez pas comme ça. Dites quelque chose ou faites un truc. J'en sais rien mais au moins, réagissez. Ou alors si vous avez en tête de me transformer en un animal ou je sais pas quoi, faites-le vite qu'on en finisse.
-Non, dit Gamlad qui avait apprécié l'honnêteté de la jeune fille, J'ai pensé à autre chose pour toi.»
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Tout était prêt pour le départ. Chose imprévue, Sam se joignait à Frodon pour aller jusqu'à Bree. Ce dernier n'approuvait pas cette idée. Il en parla à Gamlad.
«-Vous êtes sûre que c'est une bonne idée d'impliquer Sam là-dedans?
-Oui, Frodon.
-C'est ma meilleure amie. Je ne veux pas qu'il lui arrive quelque chose à cause de moi.
-Elle a tout entendu, Frodon. Si elle est loin de vous et incertaine de votre sort, elle vous cherchera partout et cela la mettra davantage en péril. Si elle reste près de vous en sachant que vous êtes sauf, elle sera bien plus rassurée.»
Frodon ne trouva rien à dire. Peut-être que Gamlad avait raison mais l'idée de mettre la personne qui comptait plus que tout au monde pour lui en danger le dégoûtait de lui-même. Cependant, plus Sam s'était préparée, plus elle avait manifesté l'envie de partir. Cela ne l'avait pas fait moins culpabiliser mais il était plus sûr de sa résistance face au danger et semblait un peu rassuré.
Quand ils arrivèrent sur le chemin, Gamlad se tourna vers Frodon:
«-Soyez prudents tous les deux. L'ennemi a de nombreux espions. Oiseaux, bêtes et plus.
Est-t-il en sûreté?»
Frodon montra sa poche.
«-Ne le portez jamais. Son pouvoir attirerait les cavaliers du Seigneur Noir. N'oubliez pas, Frodon, l'Anneau essaie de revenir vers son Maître. Il veut être trouvé.»
Sur ces mots, Gamlad s'en alla laissant les deux hobbits seuls.
Frodon et Sam marchèrent un long moment. C'était l'aube. Malgré elle, Sam s'arrêta. Frodon se tourna vers son amie
«-Qu'est-ce tu as?
-C'est étrange. J'ai toujours rêvé de partir. Aller loin de chez moi. Faire un voyage. Prendre une route qui puisse m'amener autre-part. Et maintenant que ça arrive, ça me fait peur. Je ne sais pas pourquoi. Comme si j'étais en train de faire quelque chose de très dangereux.
-Viens Sam. Bilbon disait toujours «Il est dangereux de franchir ta porte. Si tu empreintes la route sans te soucier de la direction, impossible de savoir où tu te retrouveras.»»
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Ils avaient marchés toute la journée. Les deux hobbits s'étaient décidés à manger. Sam faisait cuire le dîner tout en fumant du Toby. Frodon fumait également sa pipe en haut d'une branche d'arbre.
«-C'est long, râla Sam, Le feu des branches, il s'éteint trop facilement avec le vent et y a presque pas de chance d'avoir des braises.A la forge, les repas cuisent beaucoup plus vite sur du fer chauffé à blanc. Ca s'éteint jamais.
-Ne te plains pas. Tu devrais au contraire être fière de toi puisque tu as réussi à maintenir le feu allumé. Regarde, le dîner est bientôt prêt.
-...
C'est pas faux.
-Hihi!»
Alors qu'ils continuaient à fumer, un petit chant presque inaudible se fit entendre. Seul Frodon le perçut Sam étant trop absorbée dans sa cuisine pour y faire attention. Il l'alerta.
«-Sam.
Des Elfes des Bois.»
Ils se laissèrent guider à leurs oreilles et parvinrent à arriver vers une procession d'Elfes vêtus de couleurs lumineuses tantôt sur des chevaux, tantôt marchant. Ils les observèrent. Cette marche semblait tellement mélancolique.
«-Ils vont aux havres au-delà des Tours Blanches, dit Frodon, Vers les Havres Gris.
-Ils quittent la Terre du Milieu, dit Sam
-Pour ne jamais revenir, acheva Frodon
-Je ne sais pas pourquoi mais ça me rend triste, dit Sam»
«-Bonne nuit, Sam.
-Bonne nuit, Frodon.»
La jeune hobbit ne s'endormit pas sur le coup. Elle se rappela d'une conversation qu'elle avait eu avec Gamlad peu avant le départ. Elle s'était fait une promesse. Et elle voulait à tout prix la respecter.
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«-Ne l'abandonne jamais Samelia Gamegie. Promets-le.
-Je le promets, Gamlad. Je ne l'abandonnerai jamais. Je le jure.»
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Elle se tourna vers Frodon endormi. Il semblait tellement paisible. Il avait aussi l'air encore plus beau. Sam sourit en le regardant. Ses yeux étaient pleins de tendresse. Elle le fixa longuement. Après un long moment de contemplation, elle murmura:
«-Je serai toujours là.»
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Le jour suivant, Frodon et Sam traversaient la ferme du vieux Maggot1. Celle-ci était gigantesque et il était compliqué de s'y repérer. Sam se retrouva seule. Ce n'était pas très habituel chez elle mais elle perdit le contrôle d'elle-même.
«-Frodon? Frodon!»
Celui-ci se montra après avoir entendu l'appel de Sam.
«-Je croyais t'avoir perdu.
-De quoi tu parles? demanda Frodon étonné par le manque d'assurance de son amie. Cela ne lui ressemblait pas
-C'est..., bégaya-t-elle elle-même surprise par son attitude, c'est juste que j'ai fait une promesse à Gamlad. Je ne dois pas te perdre de vue.»
Elle avait volontairement minimisé le propos afin de ne pas paraître ridicule. Sinon, non seulement, Frodon allait se moquer d'elle mais en plus...Elle préféra ne pas se demander si un jour, il pourrait se douter qu'elle le voyait comme plus qu'un ami.
«-Alors, je dois absolument faire en sorte que ça n'arrive pas.
-Sam, nous sommes encore dans la Comté. Qu'est-ce qui pourrait arriver?»
Raté! Il avait comprit sa peur et s'en moquait. Gentiment mais il s'en moquait quand même. Cela la vexa. Elle s'apprêta à le montrer mais elle n'eût pas le temps car ils furent bousculer par deux silhouettes. Merryl et Pippin se trouvaient aussi dans la ferme du vieux Maggot. Pippin était tombé sur Sam tandis que Merryl était tombée sur Frodon.
«-Sam! Salut Sam! Dit Pippin tout souriant
-Dégage! dit Sam en donnant un coup de pied sur le visage du hobbit en question
-Salut Frodon, dit Merryl en reconnaissant l'autre hobbit»
Frodon ne partagea pas l'enthousiasme de la jeune hobbit et la repoussa avant de se relever. En ayant vu Pippin sur Sam, de la jalousie était apparue dans son regard. Après avoir repoussé Pippin, Sam s'était relevée à son tour. Les deux hobbits ramassèrent des légumes qu'ils avaient fait tomber en ricanant. En voyant ces derniers, Sam comprit.
«-Vous avez chapardé la ferme du vieux Maggot! S'exclama-t-elle»
Ce dernier était parvenu à rattraper les hobbits. Il les poursuivait avec son chien en répétant «Quand je vous attraperai espèces de...» ainsi que d'autres mots incompréhensibles. Les quatre hobbits comprirent alors qu'ils n'avaient pas d'autre choix que de s'enfuir.
«- Il exagère, dit Merryl, Ce ne sont que quelques carottes.
-Et des choux, dit Pippin, Et trois sacs de patates de la semaine dernière. Et des champignons de la semaine dernière.
-Oui Pippin. Ce que je veux dire, c'est qu'il surréagit.
-Courrez.»
Mais alors qu'ils étaient sur le point d'échapper au vieux Maggot, ils se retrouvèrent au bord d'un gouffre. Ils n'eurent pas le temps que l'un des hobbits qui courrait moins vite que les autres heurta le reste du groupe, ce qui leur fit tous dévaler la pente. Par chance, celle-ci n'était pas profonde et ne comportait rien qui aurait pu leur trancher la chair ou faire le moindre mal au corps. Ils firent une chute brutale mais pas fatale.
«-Ouf! C'était juste, dit Pippin
-Oh, je crois que j'ai cassé quelque chose.»
En effet, l'une des carottes volées avait été cassée en deux. Bien que cela aurait pu être elle, Merryl ne sembla pas réjouie de ne pas avoir été blessée, seulement triste d'avoir perdu une partie de son butin.
«-Vous êtes vraiment une plaie! dit Sam exaspérée
-Oh, c'était juste un raccourci, dit Merryl
-Ah oui? Vers où? demanda Sam à la fois agacée et sarcastique
-Des champignons! S'exclama Pippin»
Alors que Merryl et Pippin se rendaient vers leur précieux nouveau butin, Frodon et Sam constatèrent quelque chose d'inquiétant. A cause des catastrophes de Merryl et Pippin, ils étaient revenus sur la route, l'endroit que Gamlad leur avait dit d'éviter. Frodon se tourna alors vers le duo infernal.
«-Je pense qu'on devrait quitter la route.»
Mais avant qu'il n'ait pu ajouter un mot de plus, il entendit comme un cri étrange tandis que le vent se mit à souffler. Trop occupés avec les champignons, Merryl et Pippin ne l'entendirent pas. Sam, elle, l'entendit et fut effrayée.
«-Quittez la route! Cria Frodon»
Cette fois-là, Merryl et Pippin entendirent. Les quatre hobbits se cachèrent sous les racines d'un arbre. Et ils firent bien. Une silhouette encapuchonnée morbide spectrale sans visage venait d'apparaître. Il avait une épée et un cheval noir. Elle s'arrêta au pied de l'arbre comme si elle venait de sentir quelque chose. Le Cavalier avait des mains squelettiques. Il semblait être tout sauf humain. Il se mit à renifler. Des araignées, asticots vinrent se poser sur les épaules du groupe comme si ces bestioles étaient elles-mêmes terrifiées par cette horrible présence.
Frodon perdait le contrôle de lui-même comme si cette chose le possédait. Il ne savait pas pourquoi mais il avait envie de mettre l'Anneau. Malgré lui, il le sortit de sa poche. Le cavalier leva la tête. On aurait dit qu'il venait de trouver quelque chose. Non! Il devait lutter. Il ne devait pas laisser le Seigneur Noir gagner. Avec une grande force de volonté, il s'empara de l'Anneau à l'aide de son poignet alors qu'il s'apprêtait à le mettre sur son doigt et le remit dans sa poche. Sam, après avoir réfléchi, lança une couverture au loin afin d'attirer la présence du cavalier vers un autre chemin. Cela fonctionna. Quand l'horrible présence eût disparu, le groupe put enfin s'enfuir.
«-Qu'est-ce que c'était? demanda Merryl»
C'était trop tard. Ils étaient déjà sur ses traces. Mais ce n'était pas le pire. L'Anneau avait essayé de s'emparer de lui. Il avait été capable de résister mais il ne savait pas pour combien de temps. Pour l'instant, tout ce qu'il pouvait faire était de se cacher en attendant de trouver un autre moyen pour aller à Bree sans se faire repérer. Mais comment faire sans que ces forces ne s'en prirent à Merryl et Pippin?
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La nuit était tombée. Le groupe faisait toujours tout son possible pour échapper au cavalier. Ils se cachaient dans la forêt. Merryl et Pippin ne posaient pas de questions mais Frodon et Sam voyaient bien qu'ils se demandaient ce qui se passait. Ils restaient derrière les arbres. Frodon faisait le guet.
«-Tu vois quelque chose? demanda Sam
-Non, rien, répondit Frodon
-Que se passe-t-il? Finit par demander Pippin frustré et agacé
-Ce cavalier noir cherchait quelque chose ou quelqu'un, dit Merryl qui avait semblé un peu comprendre la situation même si ce n'était pas dans sa globalité, Frodon?
-Baissez-vous! S'exclama Sam en apercevant le cavalier
-...
Je dois quitter la Comté. Sam et moi devons aller à Bree.
-D'accord, dit Merryl, Prenons le bac de Châteaubouc. Suivez-moi!»
Mais à peine eurent-t-ils le temps de sortir de leur cachette que le cavalier noir se montra. Ils tentèrent de lui échapper du mieux qu'ils purent en s'aidant de leurs jambes.
«-Courrez! dit Pippin
-Par ici! dit Merryl, Suivez-moi!»
Ils parvinrent au bac de Châteaubouc.
«-Larguez l'amarre, dit Merryl»
Ils détachèrent le radeau et s'apprêtèrent à partir. Le cavalier noir ne les suivrait pas dans l'eau. Sauf que...
«-Frodon! s'exclama Sam»
Il n'était pas là. Le cavalier noir le poursuivait toujours. Il tenta de courir vers le radeau qui partait déjà.
«-Non! hurla-t-il
-Frodon! hurla Sam
-Saute Frodon! hurla Merryl
-Plus vite! hurla Pippin
-Saute! hurla Sam»
Frodon n'eut pas le choix. Ce ne fut que la chance qui guida son saut jusqu'au radeau. Le cavalier noir ne put pas le suivre. Il respira de grandes goulées d'air tandis que Sam vint près de lui et lui tint les épaules tout en regardant le cavalier noir qui s'éloignait.
«-Où est le prochain pont? Demanda Frodon
-A Brandevin, répondit Merryl, A quarante kilomètres.»
Alors que le cavalier s'éloignait, le groupe constata avec horreur qu'il y en avait plusieurs. Ils avaient peut-être réussi à s'éloigner d'eux temporairement mais qu'arriverait-t-il par la suite. Savaient-t-ils où ils se rendaient? Qu'allaient-t-ils leur faire? Est-ce que Gamlad saurait comment réagir une fois qu'ils seraient à Bree?
1Je n'ai pas trouvé son nom en français. Désolée.
