Les paroles suivantes que vous allez lire sont celles d'une chanson qui devait être dans le récit mais que j'ai dû supprimer pour des raisons de longueur et de cohérence. Je la laisse toutefois en intro ici afin que vous puissiez la voir.
Arwen
Immen dúath caeda (Une ombre plane entre nous)
Sui tollech gwanna(thach) ommen (Après être venu, tu t'éloignes de nous)
Boe naid bain gwannathar (Toute chose doit disparaître)
Boe cuil ban firitha (Toute vie est condamnée à s'éteindre)
Elrohir
D'un signe, tu t'éloignes de moi
Mon cœur est brisé, Plus de mots de toi
Tu verras que le monde n'est plus le même
Arwen
I amar prestar aen (Le monde a changé)
Elrohir
Et les arbres dehors
Se transforment tous en or
Le soleil disparaît
J'aimerais tellement te serrer
Avant que le temps nous éloigne
Arwen
Boe naid bain gwannathar (Toute chose doit disparaître)
Boe cuil ban firitha (Toute vie est condamnée à s'éteindre)
Maintenant que ce petit passage est terminé, je vous laisse profiter du chapitre.
Bonne lecture:)
Chapitre 6:Tracer le chemin
Le départ était prévu pour le lendemain. Sam ne voulait pas repartir dans sa chambre. Durant la nuit, Fondcombe était encore plus belle. Il n'était pas tard et personne n'était allé se coucher. Néanmoins, la jeune fille avait voulu s'isoler. Elle n'avait pas réfléchi quand elle s'était joint à l'expédition qui avait formé la Communauté de l'Anneau. Tout ce qu'elle avait voulu était rester auprès de Frodon. Pour tenir la promesse qu'elle avait fait. L'Anneau, l'avenir de la Terre du Milieu, ce qui arriverait aux autres races, ce n'était pas ses affaires. Certes, s'il leur arrivait des malheurs, elle serait très triste pour eux mais elle ne pourrait rien y faire. Alors, autant agir pour ceux qui lui étaient chers. Et celui qui lui était le plus cher, c'était Frodon. Elle ne pourrait pas encore le lui dire mais elle attendrait autant qu'il le faudrait pour le faire.
«-Pardonnez-moi mademoiselle Gamegie.»
Elle s'était faite apostrophée par Gimli, le Nain qui avait choisi de se joindre à ce qui était devenu la Communauté de l'Anneau.
«-Vous pouvez m'appelez Samelia ou Sam, Gimli.
-Vos yeux. Je trouve qu'ils ressemblent à ceux d'un hobbit dont j'ai vu le portrait dans les terres du Peuple de Durin. Mon père m'a dit que ce hobbit avait voyagé avec mon grand-père. Seulement, c'est impossible qu'il ait un lien de parenté avec vous puisque vous vous appelez Gamegie et lui s'appelle Bonenfant.
-S'appelait, Gimli.
-Quoi?
-Le vieux Bonenfant est mort depuis un certain temps. Je suis la fille de Bell Bonenfant, sa fille.
-Vous voulez dire que vous êtes la petite-fille de Bonenfant?
-Oui. Mon grand-père a voyagé avec les Nains. Il m'a souvent parlé d'eux. Mais je ne pensais jamais en voir dans ma vie.
-Et moi, je ne pensais jamais voir de personnes liées à celui qui a été un ami de ma famille dans le passé.
-Hinhin!
-Je regrette que ce soit de si tristes circonstances qui aies amené cette rencontre, Sam.
-Ne soyez pas triste, Gimli. Demain, nous partons détruire ce maudit Anneau. Dès que ce sera finit, nous pourrons échanger des choses réjouissantes et vous pourrez me dire tout ce que j'ignore sur le passé de mon grand-père.
-Je vous le promets, Sam.»
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Frodon se trouvait dans la chambre de Bilbon. Celui-ci était en train de lui donner des choses dont il pensait qu'il aurait besoin au cours de la dangereuse mission qu'il mènerait avec la Communauté. Et pas n'importe quoi. Il s'agissait de ce qu'il avait acquit au cours de ses aventures. Il les montrait avec enthousiaste et Frodon aimait pouvoir voir enfin ce que Bilbon avait rapporté de ses nombreux voyages. Notamment une chose que lui et Sam avaient souvent évoqué.
«-Ma vieille épée Dard. Prends-la.
-Elle est si légère.
-Forgée par les Elfes. Sa lame bleuit quand les Orques sont proches. A ce moment-là, tu devras être très prudent.
Voilà une jolie chose.»
Bilbon montra à Frodon un magnifique vêtement blanc. On aurait dit une chemise avec une texture d'armure. Elle brillait comme la lune scintillant pendant la nuit.
«-C'est du mithril. Léger comme une plume, dur comme l'écaille d'un dragon. Voyons si ça te va.»
Frodon commença à ôter sa chemise; mais alors qu'il la défaisait, Bilbon aperçut une chose qui attira son regard. Frodon portait à son cou autour d'une chaîne l'Anneau. Cet anneau qu'il avait eu pendant soixante ans en sa possession. Que Gamlad lui avait dit de laisser. Chose qu'il avait tant bien que mal. Mais à cet instant où il le revoyait, il eût comme un sentiment étrange.
«-Oh, mon vieil anneau, dit-t-il, J'aimerais tellement le tenir une dernière fois.»
Sachant que la chose était à éviter à tout prix, Frodon s'empressa de refermer sa chemise afin que son oncle ne se sentit pas attiré par le pouvoir de l'Anneau. Mais le temps qu'il termina son geste, Bilbon approcha dangereusement sa main de lui et poussa un cri. Ce n'était plus Bilbon mais une créature défigurée, effrayante voire dangereuse qui aurait été prête à lui sauter dessus voire lui faire du mal pour s'emparer de ce maudit anneau. En voyant cela, Frodon eut un sursaut de terreur et recula. Mais contre toute attente, la créature disparut vite. Bilbon était là, triste. Il tournait la tête mais regardait toujours son neveu.
«-Je suis désolé de t'avoir imposé ça. Pardonne-moi de t'avoir imposé un tel fardeau. Je suis désolé pour tout.»
Bilbon s'assit et commença à pleurer. Frodon ne supporta pas de le voir comme ça. Il ne pouvait pas lui en vouloir. Il savait qu'il n'avait jamais voulu lui faire de mal. Et il savait également que Bilbon ignorait ce qu'était réellement l'Anneau. Personne n'aurait pu prévoir une telle situation. Sans dire un mot, Frodon alla vers son oncle et mit tendrement une main sur son épaule. Celui-ci la prit et tous deux restèrent ainsi longtemps à se réconforter et à se consoler mutuellement.
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«-Le Porteur de l'Anneau part en Quête de la Montagne du Destin. Pour vous tous qui l'accompagnez, aucun serment, aucun engagement ne vous oblige à aller plus loin.»
Bien qu'il tentait de le cacher, tout le monde remarqua qu'il regardait particulièrement Arwen. C'était également le cas d'Elrohir. Les deux semblaient lui dire silencieusement qu'il était encore temps de reculer, qu'elle pouvait rester à Fondcombe. Cela semblait également être le cas d'Aragorn qui la regardait discrètement. Mais rien n'y fit. Arwen avait déjà sauvé Frodon une fois. Et depuis qu'elle considérait Samelia comme son amie, elle s'était promit de protéger celui qu'elle aimait. Selon elle, il était donc logique qu'elle continuât à veiller sur lui jusqu'à ce qu'il fut totalement hors de danger sinon son acte aurait été inutile. Par conséquent, elle ferait partie de cette Communauté quoiqu'il arrivât. Comprenant que ces regards silencieux et les mots qu'il avait prononcé n'avaient servis à rien, Elrond poursuivit.
«-Adieu. Ne vous détournez pas de votre but. Que la bénédiction des Elfes, des Hommes et des Gens Libres vous accompagne.
-La Communauté attend le Porteur de l'Anneau, dit Gamlad»
C'était une lourde responsabilité pour le jeune hobbit d'être attendu de tous et de devoir partir en tête. Gamlad décida de partir derrière lui afin de mieux le guider. Peu avant de s'en aller en dernier, Aragorn voulant promettre qu'il ne négligerait pas celle qu'il aimait échangea un regard avec Elrond et Elhorir leur promettant ainsi, malgré la mission, de veiller sur Arwen sans prononcer un mot.
Lorsqu'ils furent assez éloignés de Fondcombe, la marche avait changé. Tout le monde savait qu'il était plus pratique, et surtout plus apaisant, pour les hobbits de ne pas avoir autant de responsabilités que les autres membres de la Communauté. Tous avaient déjà assez souffert comme cela et bien que pleins de bonnes intentions, ils ne voulaient pas laisser Sauron leur faire davantage de mal: leur trop grande ignorance du monde ne pouvant entraîner que cela, ils se chargeraient du plus gros du travail et laisseraient Frodon seulement jeter l'Anneau dans la Montagne du Destin une fois qu'ils y seraient.
En tête de la Communauté, on retrouvait Gamlad. Celle-ci était suivie d'Arwen avec derrière elle Gimli. Les quatre hobbits se trouvaient derrière eux: Frodon en tête suivi de Merryl, Pippin ainsi que de Sam guidant un poney nommé Bill transportant l'équipement de la Communauté. Ils étaient suivis de Boromir et pour finir d'Aragorn.
«-Progressons à l'ouest des Monts Brumeux pendant quarante jours, dit Gamlad, Si nous avons de la chance, la Trouée du Rohan nous sera accessible. Et là, nous prendrons à l'est vers le Mordor.»
Tandis qu'ils continuaient leur route, le groupe restait silencieux. Il fallait dire qu'ils se livraient à une dangereuse mission. Il fallait donc rester très sérieux. Seulement, ce sérieux ne donnait pas tellement envie de parler tout comme le fait qu'il fallait rester très prudent. Il fallait dire qu'ils transportaient l'Anneau Unique qui était capable de corrompre n'importe qui. Même les gens les plus puissants. Alors il était très difficile de ne pas avoir peur. Cependant, une personne dans le groupe ne supporta pas cette atmosphère silencieuse et pesante. Il fallait mettre un peu de bonne humeur de sorte à ce que tout le monde eu un peu confiance. Parce que si même Merryl et Pippin restaient silencieux (il fallait dire que, tout comme Frodon, Pippin était très inquiet que Sam fisse partie du voyage), cela voulait dire que la situation était vraiment trop angoissante. Sam fit alors la première qui lui passa par la tête pour donner un peu de joie au groupe, elle se mit à chanter.
«-Sam
Quand la route
Se trace devant vous.
Pas à pas
Suivez donc la voie
Les astres avec vous
Éclairent le chemin
Peu importe si c'est
Près ou loin
Ne vous retournez
Surtout pas
Suivez donc la voie
Loin de l'horizon
Sur la route
Partout dans le monde.
La route avance
Avance sans arrêt
Monts par monts
Dans les près
Par kilomètre
Même sous terre
Sam/Frodon
La route avance
Avance sans arrêt
Monts par monts
Dans les près
Par kilomètre
Même sous terre
Merryl/Pippin
La route avance
Avance sans arrêt
Sam
La route avance
Tous
Derrière le lointain horizon
Se cache un monde inconnu
Comme l'aube de chaque jour inconnu
Posant de nouvelles questions
Sam/Gimli
La route avance
Avance sans arrêt
Monts par monts
Dans les près
Par kilomètre
Même sous terre
La route avance
Avance sans arrêt
Sam/Arwen
Le chemin
S'éclaire
Nuit comme jour
Guidera
Chaque pas pour toujours
Sam/Boromir
La route avance/Derrière le lointain horizon
Avance sans arrêt/Se cache un monde inconnu
Monts par monts/Comme l'aube de chaque jour inconnu
A errer/Posant de nouvelles questions
Les hobbits
La route avance
Avance sans arrêt
Monts par monts
Dans les près
Par kilomètre
Même sous terre
La route avance
Avance sans arrêt
Tous
La route avance
Avance sans arrêt
Monts par monts
Dans les près
Par kilomètre
Même sous terre
La route avance
Avance sans arrêt
Sam
La route avance»
Si Sam savait que Frodon, Merryl, Pippin et Gamlad connaissaient les paroles, elle fut surprise que ce fut également le cas du reste de la Communauté. Néanmoins, cela n'était pas pour lui déplaire. Petit à petit, tous s'étaient joints à la chanson. Ils continuèrent à chanter pendant un long moment tout en continuant à suivre le trajet guidés par Gamlad. Il y eu bientôt une bonne humeur générale et tous se mirent à parler les uns avec les autres pendant le trajet oubliant pour quelques heures la menace pesant sur eux.
.
Les neuf compagnons avaient décidé de faire une halte. Sam cuisinait pour le groupe. Ce qui les enchanta.
«-Je maîtrise enfin la cuisine avec le bois, dit-t-elle à Frodon, Mais bon, le fer chauffé à blanc reste quand même bien plus efficace.
-Hahaha!
-Allez, tomates saucisses et bacon bien grillés. Arwen, je sais que c'est loin de la nourriture raffinée de Fondcombe mais je fais avec ce que j'ai sous la main.
-Je suis sûre que c'est très bon, Sam.
-Pfff! Les Elfes sont toujours polis. Mais dès qu'on a le dos tourné, ils crachent la nourriture qui ne vient pas de leurs jardins taillés avec précision. Croyez-moi Samelia, elle ne mérite pas votre nourriture, ni votre générosité.
-Gimli, si vous n'êtes pas gentil avec elle, vous n'aurez pas d'assiette, dit Sam avec sévérité, Je ne vais pas vous faire de traitement de faveur parce que vous êtes un Nain. Vous devez vous comportez correctement avec tout le monde. Et j'en connais un autre qui n'aimera sûrement pas votre attitude si vous êtes odieux envers Arwen.»
A ces mots, Gimli se retourna. Aragorn le fixait d'un regard que Gimli n'aima pas du tout. Il se calma et se contenta de prendre l'assiette que Sam lui tendait. Celle-ci se tourna vers l'homme.
«-Vous avez faim, Aragorn?
-Veuillez m'excuser, Sam. Je crois que je vais manger ailleurs, dit Gimli
«-Deux, un, cinq. Bien, très bien, dit Boromir alors qu'il entraînait Pippin et Merryl
-Bougez vos pieds.
-Bouge tes pieds.»
Aragorn et Sam avaient dit ça simultanément à Pippin.
«-Bien Pippin, dit Merryl
-Plus vite! dit Boromir
-Merryl, d'abord par-dessous ensuite par-dessus, dit Sam alors qu'elle fumait une pipe
-Pas mal, dit Boromir alors que Merryl paraît ses coups, Dites-moi Samelia, puisque vous semblez vous y connaître en escrime, j'aimerais vous voir en action.
-Vraiment? Dans ce cas, j'arrive. Tiens ça Frodon. Tu peux fumer quelque bouffées si tu veux.»
Sam dégaina son épée. Boromir prit la sienne. Tous deux commencèrent à se faire face. Boromir était impressionné par ce que la jeune fille était capable de faire. Elle bougeait bien ses jambes, connaissait plusieurs mouvements, n'était jamais distraite, avait de très bons réflexes...
«-Pas mal, avoua Boromir
-Merci, dit Sam, Aïe!»
La pointe de l'épée de Boromir avait heurté le haut de la paume lorsque celui-ci avait fait un compliment à Sam faisant ainsi moins attention à ses gestes.
«-Oh désolé.
-Les gars, tout le monde sur lui!Pour la Comté!»
Merryl, Pippin et Frodon ne se firent pas prier et suivirent l'ordre de Sam. Ils le rouaient de coups tels des enfants jouant au lit avec des oreillers en répétant «Vengeance!», «Vous allez nous le payer» ou «Pour l'honneur de la Comté!». Un «Oser blesser une pauvre demoiselle sans défense. Quelle honte!» se fit aussi entendre. Certes, Sam était loin d'être une demoiselle sans défense mais l'entraînement s'étant transformé en jeu infantile, Pippin répétait ce que la plupart des garçons disaient quand ils jouaient lorsqu'ils étaient enfants. Mais Sam ne s'en offusqua pas. Elle savait que les phrases stupides étaient souvent propres à Pippin tout comme elle n'ignorait pas non plus qu'il savait qu'elle était meilleure que lui à l'épée. Mais ce qu'elle ignorait, c'était que Pippin, que ce fut par jeu ou dans la réalité, réagissait toujours à sa manière face à ceux qui s'en prenaient à elle.
«-Mesdames, messieurs, vous allez vous faire mal, dit Aragorn qui, toutefois, ne pouvait pas s'empêcher de sourire
-Rabats-joie non-tolérés, dit Merryl qui fit tomber Aragorn à la renverse»
Trop tard. Le groupe s'était fait mal. Néanmoins, les bleus n'étaient rien comparé au spectacle qui s'était révélé sous les yeux des hobbits et Aragorn. Boromir se trouvait au-dessus de Sam. Celui-ci respirait très fort tandis que celle-ci tentait de se dégager. Mais l'homme ne sembla pas le voir. Frodon n'aima pas du tout ce qu'il vit. Pippin, lui, se renfrogna. Le Porteur de l'Anneau essaya de ne pas s'énerver mais une colère bouillonnait en lui. Il avait envie de se lever et d'ôter Boromir de là. Il hésitait d'ailleurs à le faire. Mais il n'en aurait pas besoin.
«-Re...le..vez-vous, dit Sam qui étouffait, Je...peux...plus...res...pi...rer.
-Oh! Excusez-moi, mademoiselle Samelia.»
L'homme du Gondor se releva tout confus de ce qu'il venait de faire. Lorsque Sam se fut relevée, Frodon vint auprès d'elle et mit une main sur son épaule.
«-Sam, est-ce que ça va? Demanda-t-il
-J'ai failli étouffer mais oui, ça va.
-Tu devrais t'asseoir un instant.»
Alors qu'il guidait son amie vers une pierre, Frodon ne put pas s'empêcher de fixer Boromir d'un regard pleins de reproches.
«-Même si ça n'intéresse personne, je dis qu'il faut passer par les Mines de la Moria, dit Gimli alors que le groupe avait presque fini sa halte. Gamlad, mon cousin Balin nous accueillerait comme des Rois. Pensez à la petite-fille de Bonenfant. Ca lui ferait tellement plaisir de voir d'autres Nains.
-Non Gimli. Je passerai par la Moria seulement si je n'ai pas d'autre choix.»
Arwen observait le chemin. Grâce à ses yeux d'Elfe, elle pouvait voir plus loin que la moyenne. Et ce qu'elle aperçut à cet instant ne la rassurait pas. Un gros nuage noir dans un immense nuage blanc n'était pas une chose normale pour elle. En particulier quand celui-ci bougeait dans le sens contraire du vent.
«-Qu'est-ce que c'est? demanda Sam qui aperçut la forme de loin sans être capable de voir ses mouvements tant elle était éloignée
-C'est rien qu'un petit nuage, dit Gimli
-Qui avance vite et contre le vent, dit Boromir
-Des Crébains du pays de Dun! S'exclama Arwen
-Cachez-vous! dit Aragorn
-Samelia! S'exclama Boromir, Oh!
-Frodon, Samelia, à couvert! dit Aragorn
-Merryl, Pippin, dit Boromir en entraînant les deux hobbits avec lui
-Arwen, dit Aragorn en emmenant l'Elfe à ses côtés»
Gamlad et Gimli se cachèrent individuellement. Avant de se cacher, le groupe dut enlever tous leurs accessoires le plus vite possible afin de ne pas laisser de trace de leur passage sur la route. Cela ne fut pas évider pour bien se dissimuler. Tout le monde était obligé de se serrer. Ayant peur plus pour Sam que pour lui-même, Frodon la tint fermement contre lui. Les Crébains volaient à toute vitesse et pourtant, ils surveillèrent longtemps le lieu. Ils étaient si bruyants, si proches. Tellement que le groupe craint d'être trouvé. Leur bruit était toujours audible. Leurs croassements, leurs battements d'ailes. C'était infernal. Ce n'était pas des oiseaux, c'était des bêtes.
Sam pouvait sentir la respiration agitée ainsi que le nez de Frodon contre son cou. Elle réalisa à cet instant à quel point les choses n'étaient plus les mêmes. Avant que toute ces événements n'arrivèrent, elle se répétait que Frodon méritait mieux qu'elle car il était un gentlehobbit et elle, une simple forgeronne. Et elle se demandait également s'il n'avait pas déjà des sentiments pour Rosie Chaumine, la jardinière des Sacquet. Et il était indéniable qu'elle était plus belle qu'elle. Mais il y avait peu, on lui avait dit qu'il fallait être sincère en amour et elle s'était décidée à avouer ses sentiments à Frodon une fois qu'ils seraient revenus de Fondcombe. Hélas, le fardeau de l'Anneau les avait poursuivit et elle n'avait pas eu l'occasion de se déclarer. Est-ce qu'elle viendrait? Si c'était le cas, est-ce que Frodon la repousserait, ne la voudrait plus comme amie? Ou alors, est-ce que l'occasion...Elle refusa d'envisager d'autres possibilités.
Frodon voulait garder Sam contre lui. Ces maudits rapaces qui menaçaient leur chemin! S'ils osaient toucher un seul cheveu de Sam, il le leur ferait payer. Il voulait protéger la jeune fille à n'importe quel prix, être près d'elle dès qu'il le fallait. Et surtout, la maintenir loin de tout danger. A cet instant, il oubliait même la gêne potentielle qu'aurait pu causer la si grande proximité, que des amis même très proches n'auraient pas eu, que les deux hobbits avaient à cet instant. Pourtant, il y avait encore à peine quelques jours dans la forgerie ou au coin du feu, ce genre de proximité embarrassait énormément aussi bien Frodon que Sam. Mais là, ça n'était plus le cas. La peur du danger et de perdre l'autre avaient prit le dessus sur les comportements raisonnables et rationnels.
Ce ne fut qu'au bout d'un moment que les Crébains partirent enfin. Lorsque leur son ne fut plus du tout audible, Gamlad s'autorisa à sortir de sa cachette suivie par le reste du groupe dont Frodon et Sam qui ne dirent pas un mot et ne se regardèrent pas dans les yeux.
«-Des espions de Saroumane! Le passage du sud est surveillé. Il faut passer par le Col de Caradhras.»
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«-Frodon.»
Ce dernier avait glissé dans la neige du chemin choisi par contrainte. Celui-ci était beaucoup moins facile que le précédent mais au moins, il n'était pas surveillé. Cependant, il n'était pas facile pour les hobbits non habitués à des chemins aussi glacials. Ce fut Aragorn qui le releva. Alors que le jeune hobbit s'ôtait la neige qu'il avait sur le corps, il sentit qu'il avait perdu l'Anneau. Boromir l'avait ramassé et le regardait avec fascination.
«-Boromir, dit Sam d'une voix inquiète
-C'est tellement étrange d'éprouver tant de crainte et de doute pour une si petite chose. Si minuscule.
-Boromir! dit Aragorn d'une voix ferme, Rendez l'Anneau à Frodon.»
Boromir semblait perdu dans ses pensées. Il écoutait à peine les voix de Sam et Aragorn. L'Anneau était la chose chose qui semblait l'intéresser. Il fallut plusieurs minutes avant qu'il ne se reprit et fît ce qu'Aragorn avait dit. Cependant, il était facile de voir que cela ne semblait pas être de gaieté de cœur.
«-Comme vous voudrez, dit-t-il amer»
Frodon reprit rapidement l'Anneau espérant que celui-ci ne provoquât pas pire que ce qui venait d'arriver.
«-Peu m'importe, dit Boromir sans toutefois paraître vraiment convaincu de ce qu'il disait»
Il caressa les cheveux de Frodon comme pour lui montrer un soutien moral et affectif. Cependant, cela ne rassura pas Frodon. Il baissa même les yeux l'air coupable pensant que l'Anneau commençait à manipuler les sentiments de quelqu'un à cause de lui.
Alors que le groupe reprenait sa route, Frodon culpabilisait toujours silencieusement. Sam se pencha alors vers lui et murmura à son oreille.
«-Ce n'est pas de ta faute.»
Son amie avait lu en lui comme lui lisait toujours attentivement chaque page d'un livre. Il aurait tellement voulu être convaincu de ces paroles. Mais le fait d'être le Porteur de l'Anneau lui donnait le sentiment que les réactions des autres face à cette maudite chose étaient dues à sa présence. Et il ne pouvait qu'espérer que cela n'allait pas s'aggraver.
Avoir choisi le Col de Caradhras comme chemin était tout sauf une partie de plaisir. C'était un col enneigé dans lequel il régnait une tempête glaciale. En tant qu'Elfe, seule Arwen n'était pas touchée par le froid. Elle pouvait donc sans problème repérer les chemins accessibles malgré les intempéries et vers où il ne fallait pas aller malgré certaines apparences trompeuses.
«-J'entends une voix sinistre, dit l'Elfe»
Des rochers manquèrent de s'effondrer sur le groupe. Gamlad comprit alors ce qui se passait.
«-C'est Saroumane, dit-t-elle, Il provoque une avalanche
-Faisons demi-tour, dit Aragorn
-Non!»
Gamlad tenta d'affronter Saroumane à l'aide de sa propre magie afin d'empêcher l'avalanche qui menaçait d'ensevelir la Communauté. Cela semblait être efficace mais elle-même se demandait si elle y parviendrait. Ce n'était pas pour rien si elle se faisait appeler Gamlad la Grise et Saroumane, Saroumane le Blanc. Sa magie était plus puissante que la sienne. Et ce qui devait arriver arriva. L'avalanche se déclencha engloutissant le groupe sous le terrible démon blanc.
Leur survie n'avait pu être provoquée que par un miracle. Ils avaient tous très froids.
«-Frodon, dit Sam en extirpant ce dernier de la neige»
Merryl et Pippin et Frodon et Sam se serrèrent les uns contre les autres pour avoir chaud.
«-Descendons de la montagne, dit Boromir, franchissons la Trouée de Rohan et passons par l'ouest!
-Cela nous rapprocherait trop d'Isengard, dit Aragorn
-Si on ne peut pas franchir la montagne, passons par en-dessous, dit Gimli, Passons par les Mines de la Moria.»
Gamlad ne voulait absolument pas passer par cet endroit. Même pas l'envisager. Et elle ne voulait pas non plus le faire par contrainte. Cela était encore plus dangereux qu'une avalanche selon elle. Les Nains avaient creusé trop avidement et trop profondément. Ils ignoraient qu'ils avaient réveillé des forces dangereuses dans les ténèbres de Khazad-dûm les dépassant totalement. Et en tant que Nain, Gimli refuserait de fuir comme le ferait n'importe quel être raisonnable car les Nains étaient fiers et se jetaient aveuglément dans le danger car ils refusaient de croire qu'il pouvait exister plus puissant qu'eux dans le monde. Gamlad n'avait plus qu'une solution.
«-Laissons le Porteur de l'Anneau décider.»
En entendant ces mots, Frodon eut l'impression qu'il s'effondrait un poids encore plus glacial que l'avalanche qui avait précédé. Il se figea apeuré ne sachant pas quoi faire. Il ne connaissait pas beaucoup les chemins de la Terre du Milieu alors décider seul d'une route à prendre sans savoir si elle était sans danger ou périlleuse était plus que difficile.
«-On ne peut pas rester ici, dit Boromir, Les hobbits vont y rester.
-...
…
Passons par les Mines.
-...
Très bien.»
.
«-Frodon, venez soutenir une vieille femme. Comment va votre épaule?
-Mieux qu'avant.
-Et l'Anneau?
-...
-Vous sentez son pouvoir grandir, n'est-ce pas?
-Oui
-Je l'ai senti aussi. Vous devez être prudent. Le mal viendra à vous de l'extérieur de la Communauté. Et de l'intérieur.»
Frodon savait très bien qu'elle faisait allusion à Boromir. Il avait essayé de prendre l'Anneau au Conseil à Imladris et failli s'en emparer dans le Col de Caradhras. Si cela avait été nécessaire, Aragorn l'aurait attaqué pour qu'il le rendît au Porteur. Mais Frodon avait peur. Si l'Anneau pouvait l'influencer alors cela pouvait être également le cas des autres. Ce qui voulait dire que même...Pas elle! Il refusait d'envisager la possibilité que celle qu'il chérissait plus que tout au monde pouvait aussi le trahir. Ils s'étaient toujours entraidés et faisaient confiance l'un à l'autre. Cela ne pouvait pas être possible! Même s'il refusa de croire qu'elle pourrait lui faire du mal, il préféra tout de même demander conseil à Gamlad afin d'avoir plus d'assurance sur, non pas de qui il devait se méfier, mais comment il devait se comporter pendant le voyage.
«-En qui puis-je avoir confiance?
-Ne vous fiez qu'à vous-même. Et à vos forces.
-Que voulez-vous dire?
-Il y a maintes puissances du bien et du mal. Certaines sont plus puissantes que moi. Et je suis loin de les avoir toutes affrontées.»
Sam marchait aux côtés de Gimli. Ces deux derniers semblaient s'être beaucoup rapprochés depuis leur rencontre. Ils se parlaient comme des amis qui se connaissaient bien. Alors qu'ils se trouvaient non loin de Gamlad de Frodon, Gimli sembla réjoui.
«-Regardez Sam. Les portes de la Moria!»
Il faisait nuit. Personne ne voyait rien. Même pas une entrée. C'était à se demander si Gimli qui avait guidé le groupe jusqu'à la Moria ne s'était pas trompé. Heureusement, il s'expliqua.
«-Fermées, les portes des Nains sont invisibles.
-En effet, dit Gamlad, Même pour leurs propres maîtres s'ils les ont oubliées.
-Pourquoi ça ne m'étonne pas?
-Arwen, dit Sam sur un ton de reproche»
Ils se trouvaient dans une forêt peu rassurante. Les arbres morts ressemblaient à des saules pleureurs sans couleurs, la terre était boueuse, grisâtre et le lac était semblable à un marécage. Frodon regretta amèrement sa décision. Qui savait quel danger se cachait dans ce paysage effrayant? Et ils s'y trouvaient par sa faute. Il ne pouvait qu'espérer que la Communauté ne subit aucun malheur.
Ils arrivèrent devant un mur. Gamlad y mit sa main et y enleva la terre qui s'y était accumulé.
«-Voyons. De l'Ithildin. Ca ne reflète que la lumière des étoiles et de la lune.»
Heureusement, lorsque l'astre de la nuit apparut, il révéla la porte des Mines de la Moria. Mais pas uniquement, on pouvait y lire une inscription en elfique qu'Arwen ne tarda pas à traduire au groupe.
«-Il est écrit Les Portes de Durin, Seigneur de la Moria. Parlez ami, et entrez.
-Qu'est-ce que ça veut dire? demanda Merryl
-C'est très simple, dit Gamlad, Si vous êtes un ami dites le mot de passe et les portes s'ouvriront.»
Gamlad essaya de prononcer une incantation. Alors que tout le monde attendait à ce que les portes s'ouvrirent, rien ne se produisit. Elle en essaya une nouvelle mais cela ne marcha pas non plus.
«-Il ne se passe rien, dit Pippin
-J'ai oublié les incantations dans les langues des Elfes, des Hommes et des Orques, avoua Gamlad
-Qu'allez-vous faire?
-Cogner votre tête contre ces portes, Pirigrin! Si ça ne les brise pas, ça m'épargnera au moins vos questions idiotes!»
Cela faisait un certain temps que Gamlad avait essayé diverses incantations et mots de passe pour entrer dans la Moria. Mais rien n'y avait fait. Lassés, les membres de la Communauté s'étaient assis. Pippin, qui s'ennuyait, jetait des pierres dans le lac.
«-Un poney n'a rien à faire dans une mine, Sam, dit Arwen, Même s'il est courageux.
-Au revoir Bill.
-Va, dit Aragorn»
Alors que le poney s'en allait sous les yeux tristes de Sam, Aragorn se pencha vers elle
«-N'ayez crainte, Samelia, dit-t-il, Il connaît le chemin du retour.»
Voyant ce que Pippin faisait, Aragorn se dirigea vers lui. Il ignorait ce qu'il pouvait éveiller en faisant cela. Il n'aurait sans doute rien le temps de lui dire alors il fit ce qu'il put.
«-Ne trouble pas l'eau, dit-t-il simplement sur un ton calme mais convaincant
-Rien ne se passe, dit Gamlad lasse»
Plus Gamlad tentait de prononcer des incantations, plus cela retardait le groupe. Frodon ne disait rien. Mais il se sentait responsable du ralentissement du groupe. C'était lui qui les avait indirectement amené ici. Et ils étaient tous retardés à cause d'une porte! Tout ça parce qu'ils n'étaient pas capables d'entrer à cause de mots qu'ils ne trouvaient pas. De mots?Des mots. Il y en avait devant eux. Et il était dit qu'il fallait parler en tant qu'amis pour rentrer. Parler en tant qu'amis...Mais bien sût!
«-C'est une énigme, dit Frodon, Parlez ami et entrez. Comment dit-t-on ami en elfique?
-Mellon, dirent Arwen et Gamlad en même temps»
A ces mots, Gimli et Sam furent les premiers à entrer. Malgré la situation grave, la jeune hobbit ne pouvait s'empêcher d'être enthousiaste à l'idée de rencontrer ceux dont son grand-père lui avait tant parlé. Gimli guidait ses pas, trop heureux à l'idée de présenter les siens à ceux qui l'accompagnaient et qui n'avaient jamais vus de Nains. Plus particulièrement à la petite-fille de celui dont on lui avait parlé.
«-Vous apprécierez bientôt la légendaire hospitalité des Nains, Sam. Un bon feu, une bière de malt, une viande rôtie à l'os! Ceci est la demeure de mon cousin Balin. Et ils appellent ça une mine?Une Mine!»
Quelque chose n'allait pas. Si Gimli disait la vérité, la Communauté aurait dû être accueillie peu après leur entrée dans la Mine. Mais ça n'était pas le cas. Personne n'était venu. Et surtout, l'endroit était trop silencieux. Comme s'il n'y avait aucune présence dans le lieu. Gamlad se risqua à allumer un peu de lumière.
«-Ce n'est pas une mine, dit Boromir, C'est un tombeau.»
Il y avait des squelettes à perte de vue sous les yeux de la Communauté. On pouvait voir de la poussière ainsi que des restes de chair sur les os indiquant qu'ils étaient en décomposition il n'y avait pas si longtemps. Des flèches dans leurs corps et des armes dans leurs mains indiquaient qu'ils s'étaient battus après avoir été attaqués. Gimli poussa une exclamation de terreur. Arwen regarda les flèches en question et comprit qui était à l'origine de ce massacre.
«-Des Gobelins! dit-t-elle
-Allons à la Trouée de Rohan, dit Boromir, On n'aurait jamais dû venir ici.»
Alors qu'ils reculaient pour sortir, terrorisés, Frodon sentit quelque chose lui agripper la jambe et cria.
«-Frodon! s'exclama Sam
-Sam! Aragorn! s'exclama Frodon»
C'était une créature tentaculaire qui avait été réveillée par les nombreuses pierres que Pippin avait envoyé dans l'eau. Ainsi, voilà quelle était la raison pour laquelle Aragorn avait demandé au hobbit de ne pas troubler cette dernière; le Guetteur des Eaux se réveillait dès qu'il pensait sentir ou entendre la présence d'intrus et les attaquait sans merci. C'était trop tard. Le monstre s'apprêtait à dévorer le Porteur de l'Anneau. Sam coupa la tentacule qui avait agrippé Frodon mais cette horreur aquatique en avait trop.
«-Arwen! Aragorn! appela-t-elle
Lâche-le! répétait-t-elle en tentant de couper les tentacules de la créature
-Lâche-le! dit Merryl
-Lâche-le! dit Pippin»
Sam coupa une autre tentacule tandis que Merryl et Pippin essayèrent de tirer Frodon en arrière. Mais cette maudite chose avait d'autres tentacules et poussa Sam, Merryl et Pippin. Elle s'empara à nouveau de Frodon et tenta de le dévorer. Arwen tira une flèche dans l'œil de la chose tandis qu'Aragorn et Boromir coupèrent les tentacules de la créature en se rapprochant davantage de l'eau. La bête aquatique rapprocha davantage Frodon de sa bouche et s'apprêta à le dévorer. Celui-ci était terrifié. Aragorn parvint enfin à trouver la tentacule où Frodon était retenu captif et la coupa. Cela le libéra et le fit tomber dans les bras d'Arwen qui l'incita à fuir vers Sam.
«-Arwen, murmura Frodon peu avant de fuir»
Pour être sûre qu'elle ne les trouvât pas, Arwen tira une flèche dans l'autre œil de la créature tentaculaire. Mais même aveugle, elle pouvait toujours les entendre. Elle les suivit grâce à son ouïe.
«-Dans les mines! dit Gamlad
-Courez! cria Boromir»
Frodon alla en sûreté près de ses amis hobbits. Sam le tira par le bras et le fit entrer tandis que les autres fermaient la marche, ou plutôt la course. Arwen et Aragorn s'étaient mis chacun un bras autour de l'autre inquiets. Sam tenait Frodon par les épaules en le collant contre son torse. Celui-ci se laissa faire trop effrayé par ce qui se passait pour réagir. Le Guetteur des Eaux, aveugle, les suivait maladroitement mais les entendait respirer fortement. Mais le fait de ne pas les voir le mena à sa perte; car la roche de la Mine s'effondra sur lui, tandis qu'il tentait d'entrer, le tuant sur le coup.
«-Nous n'avons plus le choix, dit Gamlad, Nous devons affronter les ténèbres de la Moria.»
Elle alluma sa lumière.
«-Soyez sur vos gardes. Il y a des êtres plus anciens et répugnants que les Orques dans les profondeurs du monde.»
.
«-Soyons silencieux, murmura Gamlad, La traversée va durer quatre jours. Pourvu que nous passions inaperçus.»
Plus personne ne disait un mot. La Moria était un lieu rocailleux sombre, sans lumière, sans paysage, froid. Aucun son ne s'en dégageait. Il n'y avait ni les chants d'oiseaux des Monts Brumeux, ni le vent du Col de Caradhras. Et cette fois-ci, personne ne pouvait chanter pour mettre le groupe de bonne humeur car c'était trop dangereux. C'était sinistre.
«-La richesse de la Moria ne vient pas de l'or, ni des joyaux mais du mithril. Bilbon avait une cotte en maillons de mithril, donnée par Thorin.
-Oh!Cadeau royal! s'exclama Gimli
-Oui. Je ne lui ai jamais dit que sa valeur dépassait celle de la Comté entière.»
Frodon fit de son mieux pour ne pas sursauter ou pousser une exclamation en entendant ces mots. Néanmoins, il ne put s'empêcher d'ouvrir grand les yeux trop surprit par ce qu'il venait d'entendre. Heureusement, personne ne semblait l'avoir remarqué.
Ils montèrent un escalier. Celui-ci se révéla être glissant car l'un des membres de la Communauté manqua de tomber.
«-Pippin, dit Merryl en le retenant»
Au plus ils parcouraient les lieux, au plus ils faisaient tout pour se déplacer en catimini. Gamlad semblait parfaitement se repérer au fur qu'elle avançait. Parfaitement. Du moins jusqu'à un lieu.
«-Je ne me rappelle pas de cet endroit.»
«-On est pas perdus?
-Je crois que si. Gamlad réfléchit.
-Merryl, j'ai faim.»
Frodon se retourna. Il ne savait pas si c'était son imagination mais il avait l'impression que quelqu'un s'était approché d'eux. Il ne rêvait pas. Une créature à quatre pattes suivait le groupe. Il alla vers Gamlad pour le lui dire trop inquiet par ce qui se passait. Si ça se trouvait, la Communauté était en danger.
«-Il y a quelque chose en bas.
-C'est Gollum.
-Gollum?
-Il nous suit depuis trois jours.
-Il s'est échappé de Barad-dûr?
-Soit il s'est échappé, soit il a été relâché. C'est l'Anneau qui l'a attiré ici. Il sera toujours dépendant de lui. Il hait et aime l'Anneau. Autant qu'il s'aime et qu'il se hait. La vie de Smeagol est une triste histoire. Oui. On l'appelait Smeagol avant que l'Anneau ne le trouve et ne le rende fou.
-Quelle pitié que Bilbon ne l'ait pas tué quand il en a eu l'occasion!
-Pitié? C'est la pitié qui a retenu la main de Bilbon. Beaucoup de vivants méritent la mort et des morts méritent la vie. Pouvez-vous la leur rendre? Ne condamnez pas et ne jugez pas trop hâtivement. Même le plus sage ne voit pas tout. Mon cœur me dit que Gollum a un rôle à jouer en bien ou en mal; avant que tout ceci ne se s'achève. Beaucoup d'avenirs peuvent dépendre de la pitié de Bilbon.
-...
Je voudrais que l'Anneau ne soit jamais venu à moi. Je voudrais que rien de tout ceci ne soit arrivé.
-On ne peut pas contrôler tout ce qui nous arrive. Et quand nous vivons de dures épreuves, nous devons les affronter à l'aide du temps qui nous est imparti.»
Un sourire se dessina sur le visage de Frodon. En plus du réconfort, il venait de retrouver un peu d'espoir. En plus d'être une puissante magicienne au grand savoir et la force immense, Gamlad avait un cœur tendre capable d'offrir une grande chaleur humaine et c'était tout ce dont Frodon avait besoin pour avoir confiance en lui.
«-Oh! C'est par là, dit-t-elle
-Elle se souvient, dit Merryl
-Non. Mais l'air empeste moins par ici. En cas de doute Merryala, suivez toujours votre flair.
Je vais prendre le risque d'éclairer davantage.
Regardez. Voici le Grand Royaume et la cité des Nains de Cavenain.»
Cela ressemblait à de gigantesques tunnels de colonnes. On pouvait voir des motifs taillés dans la pierre. Ces derniers ressemblaient à d'immenses oiseaux. L'endroit était majestueux. La Cité entière était semblable à une suite de couloirs sans fin. Le groupe entier se sentit bien petit face à ce gigantisme. Pour des Nains, les habitants avaient vu haut.
«-Incroyable! s'exclama Sam»
Ils marchèrent longtemps dans la Cité. Gamlad ne se risqua pas à faire davantage de lumière afin d'éviter tout danger. Le groupe eu du mal à ne pas marcher lentement tant ils étaient impressionnés par ce qu'ils voyaient. Ils avaient tellement envie de rester sur le lieu pour l'explorer. Ils en oubliaient presque la menace qui pesait sur eux. Presque. Jusqu'à ce que Gimli remarqua que quelque chose n'allait pas.
Près d'une petite pièce, on pouvait voir des squelettes semblables que ceux devant l'entrée de la Mine. Cela alerta le Nain de la Communauté qui se précipita dans la pièce.
«-Gimli! avertit Gamlad»
Mais celui-ci ne l'écoutait pas. Les autres membres de la Communauté furent obligés de le suivre. Ce qu'ils virent en entrant dans la pièce les figea. Devant eux se trouvait une tombe. Gimli pleurait. Était-ce encore une attaque? Gamlad se rapprocha afin d'éclaircir ce qui s'était passé.
«-Ici gît Balin. Fils de Fundin, Seigneur de la Moria. C'est ce que je craignais.»
En voyant Gimli pleurer, Sam s'approcha de lui et mit une main sur son épaule. Au bout d'un certain temps, le Nain la prit dans la sienne touché par la gentillesse de la jeune hobbit.
«-Il ne faut pas s'attarder ici, murmura Arwen à Aragorn»
Mais avant qu'Aragorn n'ait pu réagir, Gamlad s'empara d'un livre rédigé par Balin avant qu'il ne meure et lut pou éclaircir le mystère de ce que la Communauté voyait.
«-Ils ont prit le pont puis la deuxième salle. Nous avons barricadé les portes mais cela ne les retiendra pas très longtemps. Le sol tremble. Les tambours viennent des profondeurs. Une ombre s'avance dans le noir. Nous ne pouvons plus sortir.
Ils arrivent.»
Alors qu'ils avaient tous le dos tourné, Pippin toucha la main d'un squelette se trouvant près d'un puits. Celui-ci perdit sa tête et tomba dans ce dernier. Il fut bientôt suivi par le reste de son corps ainsi que la chaîne et le sceau du puits. Le puits étant vide, la chute raisonna dans toute la Mine. C'était épouvantable! Si des ennemis étaient trop proches. Ils avaient sûrement entendus ceci. Comprenant ce qu'il avait fait, Pippin ferma les yeux culpabilisant. Par chance, rien ne se fit entendre. Cela soulagea le groupe. Mais si elle était rassurée comme les autres, Gamlad perdit son sang-froid. Elle tourna la tête vers Pippin et le regarda l'air sévère.
«-Crétin de Touque! Jetez-vous dedans la prochaine fois! Ca nous débarrassera de votre stupidité!»
Tout à coup, des murmures se firent entendre. D'abord presque inaudibles, leur son devint de plus en plus intense. Il fut très proche. La Communauté fut très inquiète.
«-Frodon? demanda Sam qui savait qu'il posséda la fameuse lame»
Celui-ci avait déjà placé sa main sur son épée. Quand il la dégaina, sa couleur révéla la présence des créatures dont son oncle lui avait parlé. Il comprit. Des flèches furent tirées sur la porte de la salle où le groupe se trouvait.
«-Les Orques! s'exclama Arwen
-Restez près de Gamlad, dit Aragorn»
Boromir s'empressa de fermer l'entrée. Néanmoins, cela ne serait pas suffisant. Les Orques étaient forts. De plus, ils n'étaient pas seuls.
«-Ils ont un troll des cavernes, dit Boromir qui avait aperçu la créature en fermant l'entrée»
Tandis que le reste du groupe barricadait l'entrée, les hobbits dégainèrent leurs épées. Après ce qui s'était passé à Amôn Sul, même avec la plus grande protection, ils savaient qu'ils n'étaient pas à l'abri d'une grave attaque. Ils devaient être prêts à se défendre à n'importe quel moment. C'était pourquoi ils auraient toujours l'épée à la main même si on les mettait dans une position d'êtres à protéger. Bientôt, le reste de la Communauté préparèrent leurs armes à leur tour.
«-Qu'ils viennent! dit Gimli fier, Ils verront qu'un Nain respire encore dans la Moria!»
Tout le monde savait que même barricadée, la porte finirait par céder. Et c'est ce qui arriva. Tandis que les trolls entrèrent, ou plutôt foncèrent, dans la salle, les coups partirent. Les flèches partirent, les épées s'entrechoquèrent, les sorts s'enchaînèrent, les corps des Orques chutèrent sous la détermination de la Communauté soudée ainsi que Gimli déterminé à venger son peuple...Par chance, aucun membre de la Communauté ne fut blessé ou tué.
Soudain, une immonde gigantesque entra également dans la pièce. Celle-ci était enchaînée et dirigée par les Orques. C'était le troll des cavernes dont Boromir avait parlé. L'horrible bête se dirigea vers le groupe armé d'une immense massue. Il tenta d'écraser Sam mais celle-ci se glissa entre ses jambes et il ne parvint pas à la toucher. Malheureusement, celle-ci se trouva face à un mur alors que le troll était toujours derrière elle sur le point de littéralement l'écraser. Il était bien trop grand pour qu'elle put, ne serait-ce que le blesser avec son épée. Que pouvait-t-elle faire?
Voyant ce qui se passait, Boromir se précipita vers l'immonde créature et Sam. Il tira sur la chaîne du troll de toutes ses forces. Ce ne fut que par miracle qu'il parvint à éloigner la bête de la jeune hobbit. Celle-ci très surprise regarda ce qui venait de se passer. Cet homme était venu sauver sa vie? Il avait risqué sa vie pour elle alors qu'il la connaissait à peine?
Alors que le troll se trouvait face à lui, Boromir ne sut pas quoi faire. Il avait simplement agi en voyant Samelia en danger. Cependant, il n'avait pas réfléchi à un moyen de se battre. Voyant que l'homme ne pouvait rien contre lui, le troll le jeta contre un mur et il tomba sur le sol. Un troll le vit et s'apprêta à le poignarder. Par chance, Aragorn s'aperçut de ce qui se passait. Il envoya son épée sur le troll qui mourut aussitôt. Voyant ce qu'Aragorn avait fait pour lui, Boromir échangea un regard avec l'autre homme semblant signifier «merci» mais toutefois ne dit rien.
Gimli tentait de combattre le troll mais il ne parvenait qu'à se prendre des coups. Arwen, elle, sachant qu'elle ne pouvait pas le combattre, conserva ses forces contre les Orques. Tout comme Gamlad.
«-Wow! J'ai bien fait de m'entraîner, dit Sam
-Et moi, j'ai eu un très bon professeur, dit Frodon»
Petit à petit, les Orques tombèrent. Lorsque les hobbits constatèrent qu'ils en étaient pratiquement débarrassés, ils virent l'horrible créature géante tenter de les écraser avec sa masse: ils ne lui échappèrent que de justesse. Ils comprirent qu'ils n'étaient pas assez forts contre le troll. Frodon étant trop dangereux à exposer aux adversaires les plus puissants en tant que Porteur de l'Anneau, Sam et ses cousins le dissimulèrent le plus possible au troll des cavernes.
Bientôt, le reste de la Communauté n'eût plus le choix, il fallait attaquer le troll même si c'était un adversaire redoutable. Arwen sauta sur sa tête et visa sa tête à l'aide d'une flèche. Cependant, cela ne marcha pas. Le troll avait le crâne aussi dur que de la pierre. Il repoussa Arwen.
L'inévitable finit par arriver. Le troll trouva la trace de l'Anneau et, par conséquent, des hobbits. Il s'empara de Frodon qui hurla de terreur.
«-Aragorn! Aragorn! appela-t-il terrifié»
Tandis que le désigné se précipita vers le troll, Frodon parvint à légèrement blesser la main de ce dernier à l'aide de Dard. Il le lâcha et Frodon tomba brutalement sur le sol tandis qu'Aragorn se précipita vers le troll en portant une immense lance que ce dernier avait fait tomber dans la mêlée. Il le combattit avec sa propre arme espérant le tuer, en vain. Le troll repoussa Aragorn comme les autres. Le descendant du Gondor gisait sans connaissance. Effrayé, Frodon se précipita auprès de lui et le secoua. Dans sa hâte, il ne vit pas le troll se diriger vers lui. Il n'eut que le temps de se retourner et voir la monstrueuse bête tandis qu'elle lui enfonça sa lance dans le ventre. Il n'avait même pas eu le temps d'être surprit que son souffle s'arrêtait déjà sous les yeux du reste de la Communauté. Personne ne pouvait y croire. Celui qu'ils s'étaient tous de protéger.
«-Frodon! dit Sam terrifiée»
Avant que quelqu'un n'ait pu ajouter un mot de plus, Frodon tomba sur le sol sans faire le moindre mouvement. Furieux, les hobbits se jetèrent sur le troll sans réfléchir. Ils commencèrent à lui transpercer le crâne mais le monstre tomba à nouveau sur le sol. Cependant, il sembla étourdi. En effet, en lui ayant fendu l'arrière du crâne, Sam avait, sans le vouloir, touché un point vulnérable du troll. Arwen comprit alors comment vaincre le monstre géant: ses parties les plus minuscules étaient les parties vulnérables. Elle s'empressa de lui tirer une flèche sur la langue ainsi que sur sa paupière droite. Enfin, il mourut sur le coup et tomba comme une masse sur le sol.
Hélas, ce fut une victoire amère. Ils se précipitèrent vers Frodon qui ne s'était pas relevé. Aragorn avait reprit connaissance. Lui et Sam furent les premiers à se précipiter vers Frodon.
«-Oh non, murmura Aragorn tandis que Sam était sur le point de pleurer»
Mais alors qu'Aragorn soulevait ce qui semblait être le corps du hobbit, la jeune fille et l'homme s'aperçurent que ce dernier respirait de grandes goulées d'air. Sam poussa un soupir de soulagement.
«-Il est vivant, dit-t-elle aux autres d'une voix rassurée
-Tout va bien, dit Frodon en se touchant le torse, Je n'ai rien.
-Vous devriez être mort, dit Aragorn, Cette lance transpercerait un sanglier.»
Face aux regards interrogateurs autour de lui, Frodon préféra révéler le mystère du «miracle» qui avait sauvé sa vie. Il ôta sa chemise montrant le cadeau que son oncle lui avait fait la veille de leur départ. Lorsqu'ils comprirent, Gimli ne cacha pas sa surprise.
«-Le mithril de Bilbon!
-J'aurais dû m'en douter, dit Gamlad
-Les Sacquet sont pleins de surprises, dit Gimli»
Un autre bruit se fit entendre. Cela n'annonçait rien de bon. Le groupe ne préféra pas attendre davantage d'ennuis. Gamlad la première qui s'était jurée de guider le groupe.
«-Au pont de Khazad-dûm, dit-t-elle»
Ils coururent dans les Mines espérant pouvoir en sortir avant de croiser davantage d'Orques ou autres ennemis dangereux. S'ils se battaient davantage, ils s'épuiseraient trop et l'ennemi profiterait de leur fatigue afin de mieux les achever et récupérer l'Anneau. Malheureusement, les Orques venaient de partout. Et ils étaient très nombreux. Trop nombreux. La Communauté fut encerclée par une foule d'Orques. Sans issue. Sans échappatoire. Sans avoir aucune possibilité de trouver du secours.
Soudain, un immense bruit se fit entendre. Ou plutôt un rugissement. Ce dernier fut si bruyant qu'il effraya les Orques qui s'enfuirent. Gamlad, elle-même, sembla inquiète en entendant ce bruit. Lorsque tous les Orques furent partis, de la lumière se révéla. Boromir comprit au son que cela n'était pas bon signe.
«-Quel est ce nouveau maléfice? Demanda-t-il à Gamlad»
Elle ne répondit pas. La magicienne semblait se concentrer tandis que le silence s'était fait dans le groupe effrayé à l'idée de ce qui pouvait arriver de pire après le troll des cavernes. Ils respirèrent avec angoisse tandis que Gamlad révéla enfin la réponse à la question de Boromir:
«-Un Balrog. Un démon de l'ancien monde. Il est trop fort pour vous.
Courez!»
La Communauté ne se fit pas prier. Mais alors qu'ils fuyaient, l'un des membres remarqua que la magicienne restait en arrière.
«-Guidez-les, Aragorn. Le pont est tout près.
-...
-Faites ce que je dis! Les épées sont inutiles.»
Même s'il connaissait les risques et qu'il était attaché à Gamlad, Aragorn savait également que le plus important était d'arriver jusqu'au Mordor avec l'Anneau pour le détruire. Il n'aima pas l'idée de partir sans Gamlad mais il savait ce qu'il avait à faire. Il partit avec le reste de la Communauté qui courrait déjà.
Les Orques tiraient de toutes parts. Arwen protégeait le reste de la Communauté à l'aide de son arc et ses flèches. Les escaliers qu'ils prirent commencèrent à s'effondrer. Arwen agrippa Merryl et Pippin.
«-Accrochez-vous, dit-t-elle aux deux hobbits»
Elle sauta avec eux tandis qu'ils criaient effrayés. Boromir, lui, se dirigea vers Sam.
«-Samelia venez, dit-t-il»
Il la prit sous son bras et sauta avec elle sous les yeux renfrognés de Frodon. Aragorn s'apprêta à prendre Gimli dans ses bras mais celui-ci ne l'entendit pas de cette oreille.
«-Personne ne lancera un Nain, dit-t-il»
Cependant, il avait été trop sûr de lui. Alors qu'il avait sauté seul, il manqua de chuter. Heureusement pour lui, Arwen le rattrapa et le maintint en équilibre. Il fut reconnaissant qu'elle eu sauvé sa vie quoiqu'il n'eut pas aimé la façon dont elle l'avait pas fait.
«-Pas la barbe, avait-t-il grommelé»
Mais alors qu'ils avaient presque tous réussi à passer de l'autre côté, le reste de l'escalier manqua de s'effondrer. Aragorn et Frodon n'étaient toujours pas passé de l'autre côté. Sam et Frodon se fixèrent. Ce dernier voulut sauter vers celle qui l'aimait1 mais fut stoppé par Aragorn.
«-Ne bougez pas, dit-t-il»
Sam avait peur. Si Aragorn tentait quelque chose de trop risqué, Frodon pouvait très bien...Non! Elle avait failli le perdre une fois. Pas question que...Le Balrog était de plus en plus proche et des ruines s'écroulaient sous son poids menaçant de faire s'écrouler les escaliers. Frodon avait peur. Il ne savait pas ce qu'Aragorn avait en tête. Et si c'était quelque chose de trop incertain, il en subirait les conséquences. Aragorn le cala contre lui. Comme pour lui faire attendre quelque chose. Arwen posa une main rassurante sur l'épaule de Sam comme pour lui faire comprendre qu'Aragorn savait ce qu'il faisait mais cela ne sembla pas la rassurer. Sam fixait toujours Frodon terrorisée.
Au bout d'un moment, les escaliers commencèrent à tanguer.
«-Penchez-vous en avant, dit Aragorn à Frodon»
Gamlad arriva juste derrière Frodon et Aragorn tandis que ces deux derniers sautèrent alors que l'escalier était sur le point de s'effondrer. Sam attrapa Frodon tandis qu'Arwen attrapa Aragorn. Gamlad arriva de justesse à sauter sur l'escalier par elle-même mais personne ne sembla remarquer qu'elle avait frôlé un geste fatal. Sam semblait trop occupée à étreindre Frodon tandis qu'Arwen avait l'air trop préoccupée à échanger un baiser avec Aragorn. Ce ne fut que lorsqu'ils entendirent le lourd bruit de l'escalier s'effondrant qu'ils revinrent à la réalité.
«-Prenez le pont! dit Gamlad, Vite!»
A nouveau, Gamlad resta en arrière. Une immense créature enflammée, dix fois plus grande que le troll des cavernes, s'était révélée face à elle. Tandis que le reste du groupe continuait à fuir, elle fit face au terrible monstre sortant probablement des flammes de l'Enfer. Ce qu'elle ignorait, c'était que Frodon avait vu ce qu'elle avait fait. Il regardait la scène horrifié et terrifié.
«-Vous ne pouvez pas passer.
-Gamlad!
-Je suis la Servante du Feu Secret. Je détiens la flamme d'Anor. Le feu sombre ne vous servira à rien, flamme d'Udûn! Retournez vers l'ombre!
VOUS NE PASSEREZ PAS!»
A ces mots, Gamlad se servit de sa baguette et d'une épée et y mit toute sa puissance. Cela suffit pour détruire le pont et le faire s'écrouler à l'endroit la terrible monstruosité enflammée. Alors qu'elle s'enfonçait dans le gouffre, Gamlad s'apprêta à rejoindre le groupe. Hélas, elle n'avait pas prit garde au fait que le Balrog avait un fouet. Avant que celui-ci n'acheva sa chute, il la prit par le pied voulant l'entraîner avec lui vers sa fin. Se sentant attirée vers le gouffre, Gamlad s'accrocha à la paroi. Voyant et comprenant ce qui risquait d'arriver, Frodon se précipita vers le pont. Mais c'était trop dangereux. Trop d'Orques les avait poursuivit. Et Frodon portait l'Anneau. S'il tentait de passer, il se ferait tuer et le Seigneur Noir s'en emparerait. Ils ne pouvaient pas le laisser y aller.
«-Non! Non! dit Boromir en le retenant
-Gamlad! S'écria Frodon»
La magicienne tentait tant bien que mal de s'accrocher à la paroi. Mais elle ne parvenait qu'à glisser. Et le reste de la Communauté l'attendait. Cela pouvait vouloir dire que deux choses. D'abord, elle les retardait. Et après...Il n'y avait rien à faire; sauf le geste qu'elle s'apprêtait à accomplir.
«-Fuyez, pauvres fous!»
Elle ne tint pas plus longtemps. Elle lâcha la paroi et fit une longue chute. Si longue que personne ne sembla comprendre ce qui se passait. Ce ne fut que lorsque la silhouette de la vieille dame disparut totalement dans l'obscurité qu'une personne sembla réaliser ce qui venait de se passer.
«-NON! hurla Frodon»
Il refusa d'y croire et tenta de retourner vers le pont. Boromir le retint et l'emmena avec lui. Sam, elle, secoua la tête refusant de croire ce qu'elle venait de voir.
Aragorn était en état de choc. Gamlad! Elle! L'une des plus puissantes magiciennes au monde. C'était impossible!
«-Aragorn! appela Boromir»
Ils étaient toujours visés par les Orques. Le reste de la Communauté fit sortir les hobbits tant bien que mal tant ils refusaient de s'en aller refusant d'admettre ce qui s'était passé. Par chance, ils parvinrent à tous les éviter et ils ne furent bientôt plus suivis par leurs ennemis qui avaient perdus leur trace.
Enfin, ils étaient sortis de la Moria. Hélas, cette victoire était horriblement triste. Gamlad était morte. Sam s'effondra en larmes. Elle connaissait Gamlad depuis si longtemps et avait beaucoup d'affection pour elle. Boromir voulut la consoler mais elle ignora son geste. Pippin pleurait dans les bras de Merryl. Elle-même était en sanglots. Gimli, lui, s'était prit la tête entre ses mains.
Arwen réalisa pleinement la conséquence de son choix. Alors, c'était ça mourir? Disparaître totalement sans laisser la moindre trace dans ce monde à part le souvenir que les autres avaient de soi? Ainsi, Gamlad avait totalement disparu de ce monde. Et c'était pour cela que tous pleuraient. Mais étrangement, ce n'était pas de la peur pour elle-même à l'idée de mourir un jour qu'elle éprouvait, plutôt une douleur bien réelle en réalisant le malheur qu'éprouvaient ceux qui perdaient ceux qui leur étaient chers. Ca devait être cela être humain.
«-Arwen, relevez-les.
-Laissez-leur au moins un instant de répit, supplia Boromir
-Quand il fera nuit, ces collines grouillerons d'Orques. Nous devons aller aux bois de Lothlòtirien. Venez, Boromir. Arwen, Gimli, relevez-les.
-Viens, Sam, dit Arwen
-Frodon? Frodon!»
Frodon avait tenté d'aller un peu plus loin. Il avait semblé vouloir être seul. Hélas, sa tentative avait échoué. Comprenant qu'il ne pourrait pas avoir un instant de répit car une situation quelconque exigeait un départ précipité, il s'apprêta à revenir vers le groupe. Mais il fut incapable de faire un pas et se contenta de tourner la tête. Son visage exprimait toute sa tristesse, sa détresse face à ce qui venait d'arriver à la femme qui avait été là pour lui depuis son enfance. Une larme coula sur sa joue tandis qu'il regardait Aragorn incapable de faire le moindre mouvement.
1Ne voyez là aucun sous-entendu^^
Je dédie ce chapitre à tous ceux avec qui j'ai crié «You shall not pass!» en levant les bras au Grand Rex lors du Marathon Seigneur des Anneaux le 30 janvier 2011.
